J-J. Henner, prix de Rome en 1858

Jean-Jacques Henner (1829-1905), prix de Rome en 1858.

Diaporama de 10 photos (Pierre Dubois, octobre 2021).

Cliquer sur les images pour les agrandir. Colonne de droite : les autres candidats au Prix

Source 1. Extraits de l’article de Florian Siffer, L’élève et ses maîtres, in Les Saisons d’Alsace, Jean-Jacques Henner. Un maître alsacien, Hors-série, octobre 2021, pp. 21 et 22.

« Lorsqu’il intègre l’atelier de François-Édouard Picot en 1851, Jean-Jacques Henner est en fin de formation. Maîtrisant déjà les principes de la peinture d’histoire, il est disposé à atteindre l’objectif ultime de son apprentissage : le prix de Rome qui octroie une bourse d’étude à la Villa Médicis (Rome) et qui est l’aboutissement naturel de la formation artistique au 19ème siècle.

Sa première tentative intervient en 1855. Il est alors opposé à 19 candidats et le sujet consiste à représenter La mort de Saphire, femme d’Ananie, thème puisé dans le Nouveau Testament. Henner échoue. Même s’il semble satisfait de sa production, ce revers le plonge dans le doute.

Il rentre durant un an sur ses terres natales avant de retrouver la force de revenir à Paris afin de retenter sa chance en 1857 ; le sujet du concours est alors La résurrection de Lazare.

Mais il doit encore patienter une année avant d’obtenir enfin cette récompense en 1858 avec le tableau Adam et Eve trouvant le corps d’Abel. Henner pourra alors enrichir son imaginaire avec la lumière italienne et débuter une carrière prometteuse ».

Source 2. Citation de l’article de Wikipédia. En 1858 et après deux tentatives infructueuses, le jury de l’École des beaux-arts composé de trente-et-un membres, parmi lesquels Abel de Pujol, Jean-Victor Schnetz, François-Joseph Heim, Picot, Jacques Raymond Brascassat, Hippolyte Flandrin, Eugène Delacroix et Léon Cogniet, lui décerne le prix de Rome pour sa composition Adam et Eve trouvant le corps d’Abel, ce qui lui ouvre les portes de la villa Médicis à Rome pendant cinq ans de 1859 à 1864. Il y côtoie notamment le sculpteur Falguière et le compositeur Bizet. Les portes d’une carrière officielle lui sont ouvertes.

Source 3. Caïn et Abel in Genèse 4.1-15.

Adam eut des relations conjugales avec sa femme Eve. Elle tomba enceinte et mit au monde Caïn. Elle dit: J’ai donné vie à un homme avec l’aide de l’Éternel.
Elle mit encore au monde le frère de Caïn, Abel. Abel fut berger et Caïn fut cultivateur.
Au bout de quelque temps, Caïn fit une offrande des produits de la terre à l’Éternel.
De son côté, Abel en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande, mais pas sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité et il arbora un air sombre.
L’Éternel dit à Caïn: Pourquoi es-tu irrité et pourquoi arbores-tu un air sombre? Certainement, si tu agis bien, tu te relèveras. Si en revanche tu agis mal, le péché est couché à la porte et ses désirs se portent vers toi, mais c’est à toi de dominer sur lui.
Cependant, Caïn dit à son frère Abel: Allons dans les champs et, alors qu’ils étaient dans les champs, il se jeta sur lui et le tua.
L’Éternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère?

Dieu dit alors: Qu’as-tu fait? Le sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi. Désormais, tu es maudit, chassé loin du sol qui s’est entrouvert pour boire le sang de ton frère versé par ta main. Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus toutes ses ressources. Tu seras errant et vagabond sur la terre.
Caïn dit à l’Éternel: Ma peine est trop grande pour être supportée. Voici que tu me chasses aujourd’hui de cette terre. Je serai caché loin de toi, je serai errant et vagabond sur la terre, et toute personne qui me trouvera pourra me tuer.
L’Éternel lui dit: si quelqu’un tue Caïn, Caïn sera vengé sept fois et l’Éternel mit un signe sur Caïn afin que ceux qui le trouveraient ne le tuent pas.

Source 4. Commentaire de l’œuvre sur le site du Musée Henner. « Le peintre décrit lui-même son œuvre en ces termes : Mon Abel est couché tout le long, sur le premier plan. Ève à genoux s’élance vers lui Adam lui semble plutôt reculer, car il a deviné tout de suite, tandis qu’Ève pourrait encore douter.

Ce tableau est conservé à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il en existe une esquisse peinte à Paris au musée national Jean-Jacques Henner, ainsi qu’une seconde au musée des beaux-arts de Mulhouse. Une autre esquisse ou répétition appartient à une collection privée parisienne réunissant une série d’esquisses pour le concours de Rome.

En 1858, après deux échecs, Henner remporte le Grand Prix de Rome de peinture avec Adam et Ève trouvant le corps d’Abel. Dans l’esquisse du musée, le peintre met en place tous les éléments du grand tableau. Le sujet du concours s’inspire de la Genèse : Adam et Ève découvrent le corps sans vie de leur fils Abel, tué par son propre frère Caïn.

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