Réattu, Suzanne et les vieillards

A. Biographie de Jacques Réattu (1760-1833), prix de Rome en 1790. Source 1 : Citations du site du Musée Réattu (Arles).

« Jacques Réattu est né en Arles en 1760. Dès 1775, il entre à l’académie royale de peinture et de sculpture. Il se destine à la carrière de Peintre d’histoire, le plus noble des Genres dans la classification donnée alors à la peinture.

Cette ambition passe par l’obtention du Grand Prix de Rome attribué par concours, auquel il participe dès 1782. Il n’obtiendra le succès tant espéré, qu’en 1790 pour son œuvre Daniel faisant arrêter les vieillards accusateurs de la chaste Suzanne. Le prix lui ouvre les portes d’un séjour en Italie en tant que pensionné du Roi ».

Diaporama de 44 photos, prises par Pierre Dubois au Musée Réattu à Arles en avril 2019.

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  • Suzanne et les vieillards (ou Suzanne et les deux vieillards ou encore Suzanne au bain) est un épisode biblique relatant l’histoire d’une jeune femme, Suzanne qui, observée alors qu’elle prend son bain, refuse les propositions malhonnêtes de deux vieillards. Pour se venger ceux-ci l’accusent alors d’adultère et la font condamner à mort. Mais le prophète Daniel, encore adolescent, intervient et prouve son innocence. Il fait condamner les vieillards. L’épisode se trouve au chapitre 13 du livre de Daniel. Robert Gauthier, Suzanne et les vieillards, Galerie des Arts.

« Malheureusement le contexte politique ne lui permettra pas de séjourner comme prévu quatre années dans la capitale pontificale.

Ce séjour sera néanmoins l’occasion pour Jacques Réattu de réaliser une œuvre majeure, Prométhée protégé par Minerve et élevé au Ciel par le Génie de la Liberté dérobe le feu (1792), première œuvre à discours révolutionnaire de l’artiste (cf. source 2).

De retour en France en 1793, il séjourne d’abord à Marseille où il obtient en 1795 la commande pour le décor du Temple de la Raison de huit tableaux monumentaux peints en grisaille à l’imitation de bas reliefs illustrant les idéaux révolutionnaires.

En 1798, il revient définitivement en Arles où il acquiert la commanderie de Saliers, puis la totalité des lots du Grand Prieuré de l’Ordre de Malte dont les biens furent confisqués et vendus dès 1793. C’est là qu’il installe son atelier dans un face à face intime avec le Rhône.

De 1802 à 1819, Jacques Réattu se consacre à la gestion de son patrimoine foncier.

Il ne reprend ses pinceaux qu’à partir de 1819 pour entamer l’une des périodes les plus productives de sa carrière avec de grands projets de décors en particulier de théâtres et hôtels de Villes à Marseille, Nîmes et Lyon. A côté des grandes productions allégoriques de la période, Jacques Réattu renoue également avec des œuvres d’inspiration mythologique.

Enfin à partir de 1826, il entreprend son premier et seul grand décor religieux pour l’église St Paul de Beaucaire mais l’artiste décède en 1833 n’ayant eu le temps de réaliser que trois des œuvres sur les cinq prévues ».

B. La figure de Prométhée dans l’œuvre de Jacques Réattu : Prométhée protégé par Minerve et élevé au Ciel par le Génie de la Liberté dérobe le feu. Citations de Claude Badet, Presses Universitaires de Rennes, Books Open Edition.

« En Italie, sa vie est celle d’un élève studieux. C’est à l’automne de 1792 que nous avons les témoignages de son engagement pour les idées de la Révolution, de sa solidarité avec les autres pensionnaires ainsi que de la rencontre avec le peintre Topino-Lebrun qui travaille dans la capitale romaine à ce moment-là. Le procès puis la mort du Roi entraînent des violences qui rendent la situation dangereuse pour les pensionnaires. Le peintre est d’ailleurs, comme ses camarades, parti à Naples se mettre à l’abri. Enfin, il quitte l’Italie en novembre 1793, et débarque, désargenté, à Marseille.

Avant de commencer la peinture du Prométhée, le peintre a réalisé un certain nombre de travaux préparatoires : au moins deux dessins et une esquisse peinte.

La comparaison entre ce dessin préparatoire et la composition finale fait apparaître un certain nombre de modifications opérées par l’artiste. Le vêtement de Minerve traité dans le dessin d’une manière plutôt baroque est désormais d’une facture néo-classique.

La tête de Prométhée n’est plus tournée vers le soleil, vers le haut. Le regard se porte désormais vers le feu dérobé.

Ces différences semblent indiquer que Réattu a voulu changer le moment de la scène. Sur le dessin, l’effort fait par les personnages tend à montrer qu’il s’agit du moment où Prométhée va toucher le feu du ciel, nous nous trouvons encore dans une phase ascendante. La composition peinte, de son côté, montre l’instant précis où Prométhée vient de dérober ce feu…

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