1765-1774. Catafalques royaux

En France, dans la seconde moitié du 18ème siècle, la mort du roi ou de la reine peut donner lieu à des hommages délocalisés dans le Royaume : la construction de catafalques temporaires dans les églises.

A Strasbourg, deux catafalques ont été érigés pour la mort de Monseigneur le Dauphin, Louis de France, fils de Louis XV et de Marie Leszczynska, l’un par les catholiques dans la cathédrale, l’autre par les réformés de la Confession d’Augsbourg dans l’église Saint-Thomas.

Diaporama de 22 photos. Source : photographies des estampes des collections du Cabinet des dessins et des estampes de Strasbourg.

Catafalque élevé dans le chœur de l’Église cathédrale de Strasbourg avec ses décorations à l’occasion du service solennel, que le grand chapitre a fait faire pour le repos de l’âme de feu monseigneur le Dauphin, le 18 Janvier, 1766. Striedbeck, Jean. Graveur
Représentation du catafalque élevé dans l’Église Neuve de la Confession d’Augsbourg de la ville de Strasbourg pour la cérémonie qui s’est faite à l’occasion de la mort de Monseigneur le Dauphin

Pour aller plus loin : Romain Condamine, Entre héritage fonctionnel et renouveau décoratif, les pompes funèbres de Michel-Ange Challe (1718-1778) dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, Europa Moderna. Revue d’histoire et d’iconologie, Année 2014, 4, pp. 58-85. Fait partie d’un numéro thématique : Pour une histoire sociale et symbolique des objets (XVIe-XVIIIe siècle). Source : Persée.

A. Le dauphin Louis de France et la dauphine Marie-Josèphe de Saxe et meurent dans la fleur de l’âge, à 36 ans. Ils n’ont pas eu l’occasion de régner,  

1765 (20 décembre). Mort du dauphin Louis de France (1729-1765), fils de Louis XV (source : citations de Wikipédia).

« Jusqu’au printemps 1765, la santé du dauphin ne donne pas de signe d’inquiétude. Ainsi, au mois de juillet, la Cour se rend à Compiègne pour assister aux manœuvres militaires annuelles. Le prince chevauche avec prestance à la tête du régiment Dragons-Dauphin dont il est colonel. Cependant, au mois d’août, il s’enrhume après s’être échauffé au cours d’un de ces exercices guerriers alors qu’il rejoint le Conseil sans avoir pris le temps d’ôter ses habits mouillés. Pris de fièvre, il doit s’aliter. Guéri quelques jours plus tard, il ne cesse cependant de tousser.

En septembre, de retour à Versailles, le dauphin est en proie à une crise de dysenterie et toujours sujet à une forte toux. Louis XV lui envoie son premier médecin, le docteur Jean-Baptiste Sénac, mais ce dernier est éconduit par le prince. Il refuse l’offre de son père qui lui propose d’annuler le séjour d’automne à Fontainebleau.

Cependant, il apparaît de plus en plus clairement que le dauphin est atteint aux poumons ; on pense à une bronchite chronique ou une pneumonie, voire à la tuberculose. Louis tousse sans arrêt, crache du sang, respire avec une difficulté croissante. Il semble condamné à court terme.

Le 1765, le dauphin, au plus mal, demande à recevoir les derniers sacrements.

Le 19 décembre, les médecins condamnent sa porte aux proches. Le dauphin Louis meurt de tuberculose à 36 ans, le 1765, à huit heures vingt-trois minutes du matin, assisté par son ami le cardinal Paul d’Albert de Luynes, archevêque de Sens.

Selon les dernières volontés du prince, sa dépouille fut inhumée à la cathédrale de Sens, tandis que son cœur était porté à Saint-Denis. Sa femme, qui l’avait veillé pendant sa maladie, contracta son mal et le suivit deux ans plus tard dans la tombe ».

1767 (13 mars). Mort de Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767), seconde femme du dauphin Louis de France, mort le 20 décembre 1765. Source : citations de Wikipédia.

« En 1765, la princesse fut à nouveau confrontée à la maladie de son mari. Pendant des manœuvres militaires, le dauphin prit froid et contracta la tuberculose. Marie-Josèphe soigna et veilla elle-même son mari jusqu’à la fin et, veuve, suivit scrupuleusement les consignes maritales en matière d’éducation de leurs enfants,

Diplomate et ne partageant pas l’animosité ouverte de la première dauphine à l’égard de la marquise de Pompadour (à qui elle devait son mariage), elle contribua également à rapprocher le roi de son fils. Louis XV adorait sa belle-fille, en qui il avait grande confiance.

Son fils aîné, le duc de Bourgogne, enfant précoce, la comblait de fierté. Elle débordait pour lui d’amour maternel. De même que le dauphin, son mari, elle ne pouvait s’empêcher de le préférer à ses autres enfants (ce dont le futur Louis XVI souffrit). Sa mort, en 1761, fut pour elle une épreuve que, seule, sa piété lui permit d’accepter. Ses trois fils survivants montèrent sur le trône de France (les trois derniers rois de France). Opposée au rapprochement entre la France et l’Autriche, la dauphine n’était pas favorable au projet de mariage de son fils aîné avec l’archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche ».

B. Les Parents de Louis de France lui survivent.

1768 (24 juin). Mort de Marie Leszczynska (1703-1768), sa mère

Source : citations de La mort de Marie Leszczynska. Cérémonial et liturgie des funérailles à l’abbaye de Saint-Denis.

« Nous est parvenue une relation des funérailles de Marie Leszczynska rédigée par le cérémoniaire de l’abbaye en cent cinquante pages réparties en trois cahiers…

Toute une ville éphémère est bâtie dans les temps requis. L’administration des Menus plaisirs est parfaitement adaptée.

Le cérémoniaire de l’abbaye est l’interlocuteur naturel du Grand maître des cérémonies, des officiers du roi et de la reine et des prélats qui officient. À plusieurs reprises la relation fait état de la tradition dans l’organisation des cérémonies mais aussi des archives du cérémoniaire. Tout événement lié au service de la monarchie est relaté minutieusement.

Le texte laisse percevoir les sentiments de curiosité devant tant de solennités, de respect, de tristesse et de fidélité à la reine défunte.

La reine meurt le 24 juin à Versailles.

Catafalque de Marie Marie Leszczynska

La ville de Saint-Denis vit au rythme des si nombreuses volées de toutes les grosses cloches de l’abbaye entre le 25 juin et le 19 septembre 1768. La célébration des messes, des vêpres et des prières s’enchaîne sans interruption pendant quatre-vingt sept jours.

Les funérailles se structurent en plusieurs séquences. 

  • 25 juin 1768, premier service solennel célébré à l’initiative de l’abbaye, comme il est d’usage,
  • 3 juillet, réception du corps embaumé, des entrailles et du cœur de la reine ; dépôt dans le chevet pendant 40 jours,
  • 10 août, dépôt du cœur dans la chapelle Saint Eustache,
  • 11 août, messe solennelle des funérailles, puis inhumation dans le caveau des Bourbons,
  • 19 septembre, après un office, le Premier aumônier accompagne le cœur de la reine qui, selon sa volonté, doit être inhumé à Notre-Dame de Bonsecours à Nancy, auprès de son père, le roi Stanislas, duc de Lorraine et de sa mère Catherine Opalinska ».

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