1689-1728. La médecine bernée

Suite de la publication d’estampes du 18ème siècle, archivées au Cabinet des dessins et estampes de Strasbourg. 1689-1728. La médecine bernée pendant 39 ans.

Diaporama de 13 photos.

A. Strasbourg, une fille phénomène, Anne-Marie Salomé Erdrich (source : Canalblog).

« Portrait authentique de la nommée Anne-Marie-Salomé Erdrich, décédée célibataire à Strasbourg le 24 février 1728, dans la 64e année de son âge, et qui a, de son vivant, mystifié le monde savant pendant environ 39 ans par un formidable ventre« .

« Cy l’on peut voir, en image exacte et véridique, la femme dépravée opprobre de son sexe, qui pendant près de 40 ans, a berné sans vergogne le monde, d’habitude si défiant. Nul n’y soupçonnait malice ni tromperie ; son travestissement lui attirait partout compassion, alors que son gros ventre, arsenal d’une rare fourberie, n’était qu’imposture et artifice. Messieurs les médecins épiaient le moment où ils découvriraient un nouveau phénomène dans ce sac à chiffons. N’ayant jamais supposé la ruse, le sac à chiffons les a rendus rouges de confusion. Ô sac, ô paquet de vermine, il semble que rien ne te manque, car les poux peuvent bien s’y compter par millions. Fi ! le vilain son que ça rend ! Est-ce là l’avorton qui en sort ? Oh ! Oh ! écartez-en les mains ».

« Les lignes qui précèdent sont la traduction littérale du titre et de la légende de la gravure … Cette planche allait être mise en vente, quand l’Académie, instruite de la chose et confuse du résultat d’une autopsie à laquelle avaient procédé trois de ses illustres professeurs, Jean Saltzmann, Jean Boecler et le vieux Valentin Scheid, assistés de tous leurs disciples et d’un grand nombre de médecins de la ville, obtint par l’influence du comte Du Bourg, gouverneur d’Alsace, non seulement la destruction des épreuves déjà tirées, mais même celle de la planche« .

  • Destruction des épreuves ? Peine perdue : les gravures sont facilement reproduites et circulent à grande vitesse. Destruction de la planche ? Peine perdue : quatre caricatures différentes dans cette chronique sourcée auprès du Cabinet des estampes ; il devait y en avoir d’autres.

« Cependant l’Académie ne put empêcher la divulgation de sa singulière déception, malgré le mémoire que publia Jean Boecler pour se disculper ; les périodiques de l’époque en firent des gorges chaudes en la relatant tout au long, et c’est ainsi que Barbier, avocat au Parlement de Paris, la consigna dans son célèbre journal ».

Chronique de la Régence et du règne de Louis XV (1718-1763) au Journal de Barbier. Voici, en effet, ce qu’on y lit sous la date de mai 1728, t. II, p. 43″ :

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