Mme du Barry, guillotinée fin1793

1774 (10 mai). « Dès la mort de Louis XV, son petit-fils et successeur Louis XVI, probablement influencé par sa femme, la jeune reine Marie-Antoinette et ses tantes, fait délivrer une lettre de cachet contre la comtesse du Barry. Le duc de La Vrillière est chargé de la faire conduire de nuit à l’abbaye du Pont-aux-Dames à Couilly ».

Louis XVI annule la réforme du système judiciaire introduite par Maupéou de 1770 à 1774. Il rappelle donc tous les Parlementaires.

Dans cette chronique, des développements sont également consacrés à des personnalités qui ont joué un rôle important dans les 19 dernières années de la vie de Madame du Barry (1774-1793).

  • Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac, son protecteur et son amant ;
  • Elisabeth Vigée Le Brun qui a peint par 3 fois son portrait ;
  • Antoine Fouquier-Tinville, président du Tribunal révolutionnaire qui l’a condamnée à mort ;
  • Charles-Henri Sanson, bourreau qui l’a guillotinée.

Source 1. Madame du Barry de 1774 à 1793 : extraits de l’article de Wikipédia.

1775 (avril). Jeanne du Barry est autorisée à quitter l’abbaye du Pont-aux-Dames.

1776 (octobre). Le comte de Maurepas obtient du roi qu’elle retourne au château de Louveciennes. Elle y mène une vie paisible et heureuse, marquée par sa longue liaison avec Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac (comte puis duc de Cossé-Brissac)

Sources 2. Madame Du Barry et le duc de Cossé-Brissac. « Né à Paris le 14 février 1734, assassiné à Versailles le 9 septembre 1792. Pair et grand panetier de France, capitaine-colonel des Cent-Suisses de la garde du roi, maréchal de camp en 1780, gouverneur de Paris de 1775 à 1791 ».

Carole Blumenfeld, L’amant de la Du Barry en majesté, Gazette-Drouot,18 janvier 2018.

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« 1783. Dans les Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des Lettres en France, chronique des événements s’étant produits entre 17;62 et 1787, on affirmait déjà en 1783 que depuis longtemps on parle de la passion violente dont M. le duc de Cossé s’est trouvé épris pour Madame la comtesse du Barry.

1791. Cossé-Brissac est nommé commandant en chef de la Garde constitutionnelle du Roi Louis XVI.

1792. Le 29 mai, l’Assemblée décrète la dissolution de ce corps soupçonné d’opinions contre-révolutionnaires, accuse son chef d’en être responsable et d’avoir fait prêter à ses hommes le serment d’accompagner le roi partout où il se rendrait.

Brissac est alors accusé d’avoir introduit ou laissé introduire dans cette garde un esprit inconstitutionnel et contrerévolutionnaire et d’avoir ainsi attenté à la sûreté de l’État.

Emprisonné à Orléans en attendant d’être jugé par la Haute-Cour, Brissac est transféré à Versailles. Au cours de ce transfert, les prisonniers sont séparés de leur escorte, et livrés le 9 septembre à une bande d’égorgeurs qui les réclamaient. Homme de grande force et de grand courage, il résista longtemps à ses assassins, reçut plusieurs blessures et fut finalement tué par un coup de sabre. Son cadavre est mutilé et dépecé. Son cœur arraché est promené dans les rues de Versailles, et sa tête ensanglantée est lancée de l’extérieur dans le salon de la comtesse du Barry, sa maîtresse, à Louveciennes ».

Sources 3. Madame du Barry Elisabeth et Elisabeth Vigée Le Brun

1781-1782. Mme Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842) rend régulièrement visite à Madame Du Barry. Elle devient son amie et laisse d’elle trois portraits.

« Née en 1755 à Paris et morte dans la même ville en 1842, Élisabeth Vigée Le Brun est considérée comme une grande portraitiste de son temps. Fervente royaliste, elle sera successivement peintre de la cour de France, de Marie-Antoinette et de Louis XVI, du Royaume de Naples, de la Cour de l’empereur de Vienne, de l’empereur de Russie et de la Restauration. La Révolution la fera émigrer dès octobre 1789″.

Trois portraits de Madame du Barry.

Élisabeth Vigée Le Brun, une vie d’artiste au féminin, La Tribune de Louveciennes, 10 août 2012.

1781 et 1782. 1er et 2ème portraits.

1789 (septembre). Le troisième portrait, « je l’ai commencé vers le milieu de septembre 1789. De Louveciennes, nous entendions des canonnades à l’infini, et je me rappelle que la pauvre femme me disait : si Louis XV vivait, sûrement tout cela n’aurait pas été ainsi. J’avais peint la tête et tracé la taille et les bras, lorsque je fus obligée de faire une course à Paris ; j’espérais pouvoir retourner à Louveciennes pour finir mon ouvrage ; mais on venait d’assassiner Berthier et Foulon ».

« Mon effroi était porté au comble, et je ne songeais plus qu’à quitter la France ; je laissai donc ce tableau à moitié terminé. Je ne sais pas par quel hasard M. le comte Louis de Narbonne s’en trouva possesseur pendant mon absence ; à mon retour en France, il me l’a rendu, et je viens de le terminer... Il a en effet été achevé en 1814, soit 25 ans plus tard ».

Source 4. Jeanne du Barry sous la Révolution. Wikipédia

« Son ancienne condition de maîtresse royale fait de la Comtesse  du Barry une cible de choix pour certains révolutionnaires.

1791. Dans la nuit du 10 au 11 janvier, grâce à une échelle trouvée à proximité, des cambrioleurs venus de Paris s’introduisent dans son château de Louveciennes, et emportent ses diamants et bijoux. Elle en retrouve la trace à Londres où elle fait quatre séjours successifs pour tenter en vain de les récupérer.

1793. Après l’exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793, à la veille de la déclaration de guerre avec la Grande-Bretagne, Madame du Barry revient précipitamment en France pour éviter l’apposition des scellés sur sa propriété de Louveciennes.

1793 (17 septembre). Malgré une pétition signée en sa faveur par cinquante-neuf habitants de Louveciennes, elle devient Suspecte dès le vote de la Loi des suspects. Ses séjours en Angleterre sont dénoncés comme une aide aux émigrés contre-révolutionnaires. Dénoncée par son ancien page Zamor, qu’elle avait renvoyé, déclarée ennemie de la Révolution, elle est emprisonnée à Sainte-Pélagie le 22 septembre.

1793 (décembre). Son procès s’ouvre le 6 devant le Tribunal révolutionnaire présidé par Fouquier-Tinville. Le 7 décembre, elle est condamnée à mort. Elle est guillotinée le 8 décembre« .

Source 5. Antoine Fouquier-Tinville (1746-1795). Source : Wikipédia. « Né le 10 juin 1746 et mort guillotiné à Paris en place de Grève le mai 1795. Homme de loi et révolutionnaire français, accusateur public du Tribunal révolutionnaire.  

Fouquier-Tinville écrivit ces dernières lignes : Je n’ai rien à me reprocher : je me suis toujours conformé aux lois, je n’ai jamais été la créature de Robespierre ni de Saint-Just ; au contraire, j’ai été sur le point d’être arrêté quatre fois. Je meurs pour ma patrie et sans reproche. Je suis satisfait : plus tard, on reconnaîtra mon innocence« .

Estampe de François Bonneville, Paris, BnF, département des estampes et de la photographie, 1796.

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