Jean-Joseph de Laborde (1724-1794)

Partie 3. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Jean-Joseph de Laborde apprend le métier auprès de son cousin, de 1734 à 1739, puis prend sa succession quand il décède en 1748. Il contacte alors de nombreux grands négociants et acquiert, en 1751, le monopole de la fourniture de piastres espagnoles à la Compagnie des Indes, ce qui est indispensable au commerce des indiennes de coton. Au second semestre de 1758, il rencontre à Paris l’abbé Bernis, chargé de la diplomatie française.

Il devient le chef d’un véritable empire commercial international, ce qui lui permettra de financer presque à lui seul la guerre de Sept Ans et porter au même moment sur ses épaules le ministère de son ami proche, le duc de Choiseul, qui a, lui, épousé l’héritière d’Antoine Crozat, première fortune de France.

Il participe à la traite négrière, approvisionne les colonies en matières premières et rapporte les produits les plus intéressants financièrement : fruits tropicaux, arbre d’essence rare. L’un des bâtiments qu’il arme, l’Utile, connaît un destin tragique en 1761 dans l’Océan indien. Il possède près de 1 500 hectares de terres à Saint-Domingue, qu’il fait exploiter pour le sucre, et sur lesquelles travaillent 1400 esclaves.

Les placements immobiliers. Devenu conseiller de Louis XV, il acquiert de nombreux domaines outre-mer et sept seigneuries sur le sol français, puis devient fermier général (1759-1767) sur proposition du duc de Choiseul et enfin banquier de la couronne, succédant ainsi à Jean Pâris de Monmartel. Il excelle dans les spéculations immobilières, en province comme à Paris, où il achète le 6 juin 1761 l’hôtel du fermier général Étienne-Michel Bouret. Installé aussi en 1764 dans le château de La Ferté-Vidame, qu’il fait reconstruire fastueusement et aménager à son goût, pour la somme de 14 millions de livres, en s’entourant de nombreux artistes. Il y reçoit en 1781 Joseph II, futur empereur d’Autriche »…

Partie 4. France Bleu Béarn. Affaires classées racontées  par Thierry Sagardoytho, L’affaire Jean -Joseph de Laborde : riche comme Crésus, ennemi du peuple, janvier 2021.

« La prise de la Bastille déclenche de vibrants mouvements populaires, à Paris et en province. En attendant que le calme revienne, Jean-Joseph de Laborde vit reclus à l’ombre de son somptueux château de Méréville, dans l’Essonne. Restons sereins, se dit le béarnais qui verrait d’un bon œil davantage de libéralisme, histoire d’arranger ses affaires. L’un de ses fils, François, s’aventure même aux côtés des révolutionnaires.

Mais, les nuages commencent à s’amonceler au-dessus du richissime béarnais. Une foule en colère, armée de piques et de hallebardes, s’approche du château de Versailles. En Janvier 1793, le Roi Louis XVI est guillotiné. Une dénonciation atterrit sur le bureau du Comité de Surveillance. Des fanatiques, proches de Clément Marat, reprochent à de Laborde d’avoir été le banquier du Roi. Selon les révolutionnaires, il serait même un conspirateur. L’heure est venue de rabattre du beau gibier pour la guillotine.

Ce 7 novembre 1793, Jean-Joseph de Laborde est arrêté et emprisonné au Palais du Luxembourg. Ses voisins de cellule sont des magistrats, des marquis, des comtes et plusieurs maréchaux qui pourraient bien finir sur la guillotine. Les Juges reprochent à l’illustre béarnais ses voyages d’affaires et ses relations d’argent qui feraient de lui un agitateur, un spéculateur  En somme, un ennemi du peuple. Ses châteaux sont confisqués.

Le 18 avril 1794, de Laborde comparaît devant le tribunal révolutionnaire. Peu importe ce qu’il dira pour sa défense. Fouquier-Tinville réclame sa mort ! Il l’obtient. L’après-midi même, Jean-Joseph de Laborde est livré au bourreau Samson. Sa tête finit dans une corbeille en osier. En Béarn, peu de souvenirs subsistent de lui, sinon une élégante demeure : le Château de Bielle en Ossau ».

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