Sélestat. Collège jésuite. Chaire

Sélestat en Alsace n’est pas seulement célèbre pour son école latine et sa bibliothèque humaniste. Elle l’est également pour le devenir de son église Sainte-Foy au 18ème siècle ; affectée aux jésuites et à leur collège (1623-1765), elle accueille une splendide chaire baroque (1733), décrite dans la partie 2 de cette chronique.

Diaporama de 35 photos.

Le Lion qui représente l’évangéliste Saint Marc (chaire de Sainte-Foy)

Partie 1. Histoire des collèges jésuites en Alsace de 1580 à 1765. Source 1 : extraits d’un article de la BNUS.

« La Société de Jésus, fondée par Ignace de Loyola, est reconnue par Paul III en 1540. Aux trois vœux traditionnels d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, les jésuites ajoutent celui d’obéissance au pape. Pierre Canisius (1521-1597), premier jésuite allemand, est appelé en 1551 par le Grand Chapitre de Strasbourg pour prêcher à la cathédrale, mais la venue ne se concrétise pas.

Ce n’est qu’à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle que les jésuites s’installent en Alsace où ils ouvrent sept collèges : Molsheim en 1580, Haguenau en 1604, Ensisheim en 1614, Sélestat en 1623, Rouffach en 1656, puis après le rattachement à la France, Strasbourg en 1685, Colmar en 1698.

Les collèges jésuites de Strasbourg, Colmar et Ensisheim sont confiés à la province jésuite de Champagne et les régents y donnent les leçons également en allemand et en français. Ils sont sous le gouvernement d’un provincial français. Les quatre autres collèges jésuites de Sélestat, Rouffach, Molsheim et Haguenau continueront d’être confiés à la province d’Allemagne avec pour siège Mayence, qui les avait fondés. En 1722, le plan de réunir au sein d’une même congrégation les établissements des deux provinces échoue. Aux sept collèges cités, il est possible d’ajouter un huitième, Bouquenom, fondé en 1630.

Les jésuites offrent ainsi, à partir du XVIIe siècle, un réseau éducatif de haut niveau face à celui qu’a constitué la bourgeoisie protestante des grandes villes d’Alsace avec ses gymnases et son Université. L’organisation stricte des collèges jésuites, avec leur encadrement administratif et pédagogique, leurs enseignants qui ont subi une formation longue et variée, développe ce que le P. Delattre considère comme le caractère original de l’enseignement de la Compagnie : une progression annuelle par classes de niveau, de la Cinquième, Quatrième, Troisième avec la grammaire, des Humanités en Seconde et de la Rhétorique en Première, le tout en latin, qui est la seule langue pratiquée dans ces établissements, et imposée jusque dans les cours de récréation.

Un grand nombre d’élèves était pensionnaire et subissait la règle d’une discipline toute religieuse que viennent seulement interrompre des grandes vacances inaugurées par la cérémonie de la distribution des prix et la représentation d’une pièce de théâtre : à cette occasion seule, le collège s’ouvre au public.

C’est  l’archiduc Léopold qui favorise l’installation des jésuites à Sélestat. Ils arrivent le 15 janvier 1615. L’archiduc leur remet la lettre de fondation le 23 mars 1616, laquelle met à leur disposition l’ancien prieuré bénédictin de Sainte-Foy en même temps qu’une propriété épiscopale, appelée Schnellenbühl  et située dans le ried local. Le 27 août 1616, il y ajoute le prieuré de Saint-Valentin à Rouffach. Le pape ratifie la fondation et les dotations en 1618.

Le collège ouvre ses portes en 1623. Le pape donne son assentiment officiel en 1629. L’enseignement est confié à des magistri, maîtres-professeurs, jeunes religieux qui, au sortir du noviciat de deux ans, s’adonnent durant deux ans à des études littéraires, puis pendant trois ans à des études philosophiques. Ils instruisent les élèves du collège durant plusieurs années, puis se consacrent pendant quatre années aux études théologiques qui aboutissent à l’ordination sacerdotale. En 1623, il y a à Sélestat deux maîtres ; en 1630, six« .

Source 2 sur l’histoire du collège jésuite de Sélestat : article de Marie-Philippe Scheurer dans Wikipédia.

« Les jésuites, installés à Sélestat depuis 1615, ouvrent une école en 1621 en demandant un terrain de construction au magistrat qui tente de résister malgré l’insistance de l’archiduc Léopold, protecteur des jésuites ; en 1623 le magistrat achète deux maisons et fait détruire la chapelle Saint-Jean-Baptiste pour aménager une cour sur son emplacement ; un bâtiment d’école est construit en 1687.

En 1731, les jésuites voudraient construire une école plus vaste et demandent l’autorisation à l’intendant qui refuse ; en 1737 une nouvelle demande est acceptée ; un projet et un devis sont dressés par l’architecte communal Jean Martin Diringer.

Il est revu en 1740 et la construction est entreprise en 1742 après que l’inspecteur principal des ponts et chaussées, M. François, ait examiné le projet et revu le devis ; les travaux de maçonnerie, de plâtrage et de couverture sont confiés à l’entrepreneur Gallay de Strasbourg ; les travaux se poursuivent de 1742 à 1745. L’école est inaugurée le 28 juillet 1745 ; elle comprend 3 salles de classe au rez-de-chaussée, 4 salles à l’étage et une salle de théâtre au 2e étage.

Il ne reste aujourd’hui que la cage d’escalier du 18e siècle : d’après Alexandre Dorlan, la rampe en fer forgé serait signée par le ferronnier Michel Schultz et datée de 1743.

L’école est fermée en 1765 lors du départ des jésuites.

Le bâtiment abrite le tribunal de 1791 à 1800, puis le collège communal de 1803 à 1806 et de nouveau le tribunal de 1806 à 1870. De 1872 à 1921, il abrite l’école normale d’institutrices, puis la cité administrative.

Un campanile avait été ajouté sur le toit au 19e siècle et a été supprimé au 20e siècle ».

Partie 2. 1733 : la chaire baroque de l’église Sainte-Foy. Source : article de Wikipédia.

« La chaire, en bois polychrome, est réalisée en 1733, d’après le programme iconographique du père jésuite Ignace Saint-Lô, mais le sculpteur est inconnu » (à suivre page 2).

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