1774. Le commerce des grains 

Deux chroniques successives.

  • 1. La libéralisation du commerce des grains (1774) : Mably contre Turgot
  • 2. La guerre du blé (1775). Cliquer ici.

23 mars 2022. La sécurité alimentaire est en jeu en Ukraine. France Culture, Le Journal, 12 minutes. « Reportage dans la principale usine de farine de Kiev, qui tourne encore, près d’un mois après le début de l’invasion russe ». Elle traite 450 tonnes de farine par jour. Comment serait qualifié un  bombardement pour arrêter la production de l’usine au prix de morts civils ?

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Partie 1. La libéralisation du commerce des grains sous Louis XV et Louis XVI

Source 1. Louis-Paul Abeille (1719-1807), Principes sur la liberté du commerce des grains, 1768. Gallica BNF.

Source 2. L’édit de Turgot du 13 septembre 1774. Extraits de l’article de Wikipédia sur La libéralisation du commerce des grains sous l’Ancien Régime.

« La libéralisation du commerce des grains sous l’Ancien Régime est une politique économique menée en France à partir de 1763 qui visait la libre circulation des denrées. Aboutissement politique du développement de la pensée des Physiocrates, c’est l’une des premières tentatives de libéralisation de l’économie française, comparable à celles menées en Angleterre, en Espagne ou en Toscane à la même époque ».

Louis XV meut le 10 mai 1774 ; Louis XVI lui succède. « Turgot, proche des physiocrates, est nommé ministre des finances. Son édit du 13 septembre 1774, peu à peu complété par d’autres arrêts, restaure la déclaration de 1763. La liberté du commerce des grains devient quasi complète à l’intérieur du royaume, et il est en projet de restaurer jusqu’à l’édit de 1764 autorisant l’exportation ».

« Le raisonnement est simple : les années ou les régions qui auront connu de bonnes récoltes permettront de créer des réserves qui seront utiles dans les mauvaises années ou aux régions dont la récolte aura été insuffisante. Le stockage et le transport sont donc encouragés, contre l’avis des réglementaristes, qui veulent lutter contre l’accaparement et la spéculation…

De l’expérience menée par Choiseul, Turgot a retenu qu’il est indispensable d’anticiper une éventuelle disette en cas de mauvaise récolte et de cherté des produits céréaliers. Si la situation l’exige, l’État organisera donc des ateliers de charité, grâce auxquels les ouvriers qui auront perdu leur travail, faute de grains à broyer, trier ou nettoyer, pourront, même avec un salaire modeste, continuer à se nourrir et à acheter, ce qui évitera les troubles publics et l’arrêt ou le ralentissement brutal de l’économie. Ces ateliers sont pour Turgot non pas une forme d’assistance humanitaire conçue isolément, mais un des instruments de la politique céréalière…

Le stockage et le transport des grains doivent, dans l’esprit du ministre, être aussi à l’avantage des producteurs. Les profits de ces derniers diminuent en effet dans deux cas de figure : une très faible production qui entraîne une hausse des prix sans que celle-ci compense celle-là, et une production très élevée, qui entraîne une baisse des prix, sans que celle-là compense celle-ci. Dans le premier cas, les stocks seront mobilisés afin de faire tomber les prix ; dans le second cas, le transport vers les régions souffrant de la pénurie résoudra le problème de la surproduction — que Turgot appelle, par un bel oxymore, la misère de la surabondance, et permettra de vendre un peu plus cher. Les exploitants ont donc un intérêt à réguler leur production et à fixer des tarifs raisonnables.

L’édit de Turgo s’inscrit aussi dans une politique économique globale : production céréalière et prix des grains jouent sur l’évolution des salaires, ces derniers baissant automatiquement dans les deux cas de figure évoqués plus haut. Par la libéralisation du commerce des grains, Turgot ne cherche pas moins qu’à donner à la France les moyens de la prospérité générale ».

Source 3. Un opposant à l’édit de Turgot : Gabriel Bonnot de Mably (1709-1785). Extraits d’un article de Wikipédia.

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