Dijon. Passion et Résurrection

La Semaine Sainte dans l’Art : Passion et Résurrection du Christ. Premier musée visité : Dijon, Musée des Beaux-arts, Chapelle des Élus, Église Saint-Étienne.

Diaporama de 39 photos (14 œuvres, notices, et détails).

  • Évènements de la Semaine sainte. L’Entrée du Christ à Jérusalem. Le lavement des pieds. La cène. Au jardin des oliviers. Devant le grand prêtre. Les outrages et la trahison de Pierre. La flagellation. Le couronnement d’épines. La condamnation à mort. Ecce homo. Le portement de la croix. Le voile de Véronique. La crucifixion. Le Christ et les deux larrons. La descente de croix. la Pietà. La mise au tombeau. La déploration.  La résurrection. Le Christ et les pèlerins d’Emmaüs. Le Christ à Thomas : Noli me tangere.

A. Le retable de Saint Rombault de Malines. L’entrée à Jérusalem et le lavement des pieds, par Rubens, 1632.

« Les deux petits panneaux de L’Entrée du Christ à Jérusalem et du Lavement des pieds formaient autrefois la prédelle, c’est à dire la partie inférieure, d’un grand retable où figurait, comme scène principale, une grande Cène aujourd’hui conservée à la Pinacothèque de la Brera à Milan.

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Cet ensemble fut commandé en 1632 par Catherine Lescuyer pour orner la chapelle du Saint-Sacrement de l’église Saint-Rombault de Malines où son père était enterré. L’iconographie de ces trois tableaux est très cohérente et traite de scènes de la vie du Christ précédant immédiatement la Passion : l’arrivée à Jérusalem le dimanche des rameaux, puis le lavement des pieds qui prend place immédiatement avant la Cène, dernier repas partagé entre le Christ et ses disciples.

L’exécution des deux panneaux sur chêne de la prédelle, plus rapidement brossés que le tableau central, peint sur toile, a parfois fait pencher les historiens en faveur d’une intervention de l’atelier dans leur réalisation. Aujourd’hui, cette exécution assez libre, surtout dans le panneau de L’Entrée du Christ à Jérusalem, semble plutôt plaider en faveur de la main de Rubens lui-même ».

B. Retable de la crucifixion. Retable des saints et martyrs. Notice de Sophie Jugie, musée des Beaux-arts de Dijon, 2002.

Jacques de Baerze (sculpteur), Melchior Broederlam (peintre), à partir de 1392, Bois peint et doré, et peinture à l’huile sur bois. Hauteur : 167 cm ; Largeur de la partie centrale : 252 cm ; Largeur de chaque volet : 125 cm.

« Le Retable de la Crucifixion, comme son pendant le Retable des saints et martyrs, qui porte les armoiries de Philippe le Hardi et de Marguerite de Flandre, provient de la chartreuse de Champmol.  

Les sculptures de Jacques de Baerze, presque entièrement dorées, offrent une vision somptueuse, qui emprunte à l’orfèvrerie la dentelle des architectures, la moulure ornée de fleurettes ou les plis comme métalliques des drapés, rivalisant avec les émaux sur ronde-bosse d’or alors en vogue. Les rehauts de polychromie sont très soignés : visages peints au naturel et riches brocarts.

Ce triptyque de bois sculpté et doré compte parmi les plus anciens exemples conservés de ces retables flamands dont les villes de Bruxelles, Anvers et Malines se sont fait une spécialité tout au long du XVe siècle et au début du XVIe siècle.

Le fond or relevé de motifs poinçonnés, les couleurs éclatantes parmi lesquelles se détache le pigment le plus cher, le bleu outremer, font des peintures de Melchior Broederlam un travail raffiné et précieux.

Par leur exceptionnelle qualité, ces peintures sont des jalons essentiels de la peinture de la fin du XIVe siècle. Melchior Broederlam fut le peintre attitré du comte de Flandre Louis de Mâle, puis de son gendre Philippe le Hardi. Son activité est documentée de 1381 à 1410. Le Retable de la Crucifixion est sa seule œuvre conservée.

Encore marqué par l’art gothique international, le peintre témoigne de sa connaissance de la peinture italienne, perceptible dans le fond or et les rochers de tradition byzantine, mais aussi dans la composition de la « Présentation au Temple », qui dérive de modèles siennois. Il doit aussi beaucoup à l’art parisien pour l’élégance des gestes et des drapés ».

C. Retable de Saint-Georges. Dijon, milieu 15e siècle, Anonyme bourguignon, Peinture à l’huile sur bois transposé sur toile marouflée sur panneau. Hauteur : 161,5 cm ; Largeur : 211,5 cm. Notice de Sophie Jugie, l’Art à la cour de Bourgogne : Le mécénat de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur (1364-1419).

« Le parallèle est évident entre le Retable de Saint Georges et le Retable de Saint Denis. Jusqu’à sa mise en dépôt à Dijon, en 1968, leur histoire les lie.

Les circonstances exactes de la commande du Retable de saint Georges nous échappent : la présence d’un chartreux sur le tableau laisse penser qu’il s’agit, plutôt que d’une commande ducale, de l’offrande d’un des religieux désireux de compléter un décor demeuré incomplet. On peut préciser leur emplacement d’origine, car on sait que deux tableaux de sujets identiques, peints en 1741 par Carle Van Loo, furent installés dans le chœur des convers, de part et d’autre de la porte qui donnait accès au chœur des pères. C’est sans doute à cette date que les deux retables quittèrent Champmol.

Un certain nombre de détails invitent à situer la réalisation du Retable de saint Georges au milieu du XVe siècle, comme la solidité des figures, les drapés aux plis cassés du manteau de la Vierge et de la veste du bourreau, ainsi que le traitement naturaliste de la végétation entre les figures. On peut rapprocher également les visages de la Vierge et des saintes femmes de fragments de vitraux provenant de la Sainte-chapelle de Dijon, qui datent du milieu du XVe siècle »…

… « Ces caractéristiques contradictoires rendent le tableau difficile à dater et le peintre difficile à situer dans une production bourguignonne du XVe siècle.  Le peintre n’est pas exempt d’une certaine maladresse, comme en témoignent le dessin peu heureux des mains, la sécheresse de certains drapés et l’entassement des figures dans un espace trop étroit. Mais il faut reconnaître chez lui la robustesse, la vigueur expressive et l’efficacité narrative qui font la saveur de la peinture bourguignonne à l’époque où le mécénat ducal s’est effacé ».

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