Besançon et Dijon : vers un EPE ?

Rififi dans les universités de Bourgogne et de Franche-Comté : supprimer la COMUE et créer un établissement public expérimental (EPE) ? Les EPE sont aujourd’hui très tendance : ils permettent de supprimer la démocratie universitaire telle qu’elle a été fondée fin 1968 par la loi Faure, les élus enseignants, BIATSS et étudiants perdant  la majorité au Conseil d’administration au profit des présidents ou directeurs de chacun de établissements membres de l’EPE et de personnalités, éventuellement désignées par les ministères de tutelle.

Source : article d’Isabelle Brunarrius, France Info Bourgogne Franche-Comté, 28 avril 2022. Signalement par Michel Abhervé, Blog Alternatives Économiques.

« L’avenir de la COMUE, communauté d’universités et d’établissements, est au cœur d’une bataille qui risque d’affaiblir le financement de la recherche pour les deux universités de Bourgogne et de Franche-Comté. Explications.

En politique, le timing est une carte maîtresse. Juste entre les deux tours de l’élection présidentielle, ce moment suspendu où les ministères sont dans un entre-deux, Vincent Thomas, le président de l’université de Bourgogne intervient, le 14 avril 2022, devant les élus de Dijon Métropole. L’universitaire réitère sa volonté d’obtenir un « double siège » pour l’université de Bourgogne-Franche-Comté au nom de l’« équilibre territorial ».

Lors de la fusion des deux régions en 2015, il avait été convenu que le siège de l’université de Bourgogne-Franche-Comté et des instances éducatives comme le Rectorat et le Crous seraient à Besançon, et d’autres instances auraient leurs sièges à Dijon. Aujourd’hui l’université de Bourgogne veut un siège chez elle, en plus de celui octroyé à Besançon.

  • Soit nous obtenons un double siège, une demande très importante d’équilibre entre les deux villes Dijon et Besançon et, auquel cas, nous poursuivons avec moins pour poursuivre cette collaboration dans le cadre de la COMUE. Si nous n’obtenons pas ce double siège (et nous attendons une réponse du gouvernement avant le 31 mai 2022), nous avons pris la décision de transformer la COMUE en convention de coordination territoriale. Vincent Thomas, Président de l’université de Bourgogne .

Cette volonté des « deux sièges » est soutenue par François Rebsamen, le président de Dijon Métropole.  Depuis l’attribution à Besançon du siège de la COMUE, la gouvernance n’a jamais vraiment fonctionné. Un sentiment unanimement partagé.

  • Quand les deux partenaires ne veulent pas se mettre d’accord sur un lieu unique, la moindre des choses aurait été de le faire sur deux sites en même temps. François Rebsamen, président de Dijon Métropole .

A noter que Vincent Thomas s’exprime en utilisant un «nous » qui pourrait faire penser que cette demande émane des sept membres de la  COMUE mais le président de la COMUE, Dominique Grevey, se refuse à tout commentaire.

Un peu plus tard dans son intervention devant les élus de Dijon Métropole, le président de l’université de Bourgogne admet qu’il y a des « résistances » à son projet.

Vincent Thomas veut aller plus loin et c’est ce qui inquiète Anne Vignot, la présidente du Grand Besançon.

La convention territoriale qui pourrait prendre la place de la COMUE serait finalement une étape avant la création d’un établissement public expérimental unique.

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