Saint Georges, roué de coups

La roue, en tant qu’accessoire, est utilisée depuis l’antiquité comme moyen de torture, les premiers chrétiens ont notamment été torturés avec des machineries comprenant des roues diverses, qui écrasaient, lacéraient ou déchiquetaient.

Le supplice décrit dans la vidéo en deux parties (4’14) est plus récent et au début la lourde roue de chariot était également utilisée par le bourreau pour briser les membres, le condamné recevait au total entre 9 et 11 coups pour briser les os. Illustrations dans la vidéo.

On trouve parfois la représentation d’un roué pour évoquer Saint Georges de Lydda, comme sur la fenêtre de l’église de Tübingen ou sur les armoiries de la ville de Molsheim, en Alsace ».

Source 3. Le sceau médiéval de Molsheim. Extrait d’un article de Thomas Brunner, Le martyre de saint Georges sur la roue, Revue d’Alsace, 144, 2018, p. 367-420.

« Étude des sceaux médiévaux de la ville de Molsheim. La constitution d’un corpus de 90 empreintes a permis de repérer cinq types successifs (deux à l’époque médiévale, trois à l’époque moderne) qui, de matrice en matrice, reprennent la même image d’un homme roué ».

« L’apparition du sceau au milieu du XIIIe siècle s’inscrit dans le contexte régional d’une efflorescence sigillaire parmi les communautés urbaines, notamment celles de taille moyenne comme Molsheim, qui a contribué à leur affirmation politique. Ainsi s’explique sans doute ici la conservation sur la durée de cette image représentant de manière réaliste une scène du martyre de saint Georges. Irrégulier dans la région au Moyen Âge, le culte de ce saint connaissait un ancrage local profond : l’ancienne église romane de Molsheim, dont le tympan figurait la même scène, lui était en effet dédiée.

Ce sceau est l’héritier d’une iconographie savante qui s’est diffusée autour du diocèse de Constance au Moyen Âge central. Pour les bourgeois de Molsheim, faire le choix de l’image du martyr et non du saint chevalier revêtait certainement aussi une fonction apotropaïque, les vertus de Georges étant censées protéger la communauté.

Celle-ci se reconnaissait tellement bien dans ce symbole sigillaire sans équivalent connu qu’on peut s’interroger sur son caractère ambivalent, renvoyant tout à la fois au saint, et par, la présence de la roue, à un possible jeu de mot étymologique sur Molsheim et mola (moulin). Révélatrice de certains ressorts des identités urbaines médiévales, cette étude de cas en appelle d’autres afin de reconstituer le paysage sigillaire urbain du Rhin supérieur médiéval ».

Les Armoiries de Molsheim (signalement par un fidèle lecteur du blog). « Elles se blasonnent d’azur à une roue d’or aux rais de laquelle est attaché et lacé un homme nu de carnation nimbé d’or. Une couronne murale timbre l’écu ».

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