Peindre l’histoire de Toulouse

La collection de peintures du musée du Vieux-Toulouse (environ 450 œuvres) a été constituée pour l’essentiel par dons.

Dans la chronique qui suit, il est insisté sur les peintures du XVIIIème ou ayant pour sujet des évènements ou des personnalités de ce siècle. Sources : livret du Musée, notices accompagnant les toiles, articles de Wikipédia) ».

« Les deux plus anciennes toiles de la collection, toutes deux anonymes (un portrait du jurisconsulte Jacques Cujas et un autre du président du Parlement Antoine de Lestang) sont datées de la fin XVIe – début XVIIe siècle ».

Diaporama de 35 photos.

Peinture 1. Anonyme, Jean-Étienne Duranti, XVIIIe siècle, huile sur toile, copie de l’original de la Cour d’appel de Toulouse.

« Jean-Étienne Duranti (1534-1589)  exerce d’abord la profession d’avocat. Il est élu capitoul en 1563. Il devient avocat général vers 1568. Le 4 septembre 1581, il est nommé premier président du parlement de Toulouse par Henri III« .

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« Il est le cofondateur, avec le cardinal Georges d’Armagnac, de la Compagnie royale des Pénitents bleus de Toulouse en 1576. Il est l’auteur d’un volume de questions juridiques.

À la fin de 1588, l’assassinat du duc de Guise déclenche la fureur des partisans de la Ligue contre l’autorité royale. Au début de l’année 1589, Duranti est assailli par une foule alors qu’il sort du palais du Parlement. Il réussit à s’échapper et à se réfugier dans la Maison commune de la ville, puis au couvent des dominicains…  Les ligueurs toulousains ayant retrouvé sa trace, ils le poussent à sortir. Le 10 février 1589, Duranti apparaît face à ses opposants dans ses habits de fonction. Il prononce un discours pour expliquer son point de vue, mais il est victime d’un coup d’arquebuse mortel. Son corps est traîné dans les rues de la ville et pendu à un gibet de la place Saint-Georges.

Peinture 2. Anonyme, d’après Antoine Rivalz, Portrait de Jean de Branque, capitoul en 1709.

Peinture 3. Anonyme, Jeanne-Christine de Lamoignon, vers 1715. Portrait de l’épouse du marquis Joseph-Gaspard de Maniban.

« Le marquis de Maniban (1686-1762) est pourvu d’une charge de conseiller au parlement de Toulouse. Il se marie le 4 juillet 1707 avec Marie-Christine de Lamoignon, fille de Chrétien-François de Lamoignon, marquis de Basville et président à mortier du parlement de Paris.

Il va atteindre, grâce à son alliance avec le milieu de la noblesse de robe parisien et l’appui politique qu’elle lui donne, la fonction de premier président du parlement de Toulouse en 1722. Devenu chef de famille, il va aider les membres de celle-ci : son cousin, François Honoré de Casaubon de Maniban (1729-1743), archevêque de Bordeaux, ou sa cousine, Marie de Maniban, mariée au poète Jean-Galbert de Campistron.

En 1712 il est mainteneur des Jeux floraux, le 22 août 1714 il est nommé président à mortier du parlement.

Sa fortune est estimée à un million de livres provenant essentiellement de terres qu’il a reçues en héritage, dans le bas et le haut Armagnac. Il est marquis de Maniban (titre reçu en 1681), marquis de Campagne et d’Ayzieu. Il tire de ses terres environ 60 000 livres de revenu annuel. Cependant, ses revenus importants suffisent juste à soutenir les dépenses de représentation que sa fonction l’oblige à faire.

Il a acheté en 1748 le château de Blagnac. Par mimétisme social, il est membre de la confrérie des Pénitents bleus.

Premier président du parlement de Toulouse, il va essayer de jouer un rôle de modération en maintenant la paix à l’intérieur du parlement et dans ses relations avec les autres institutions du royaume. Il se montre ferme quand on attaque les privilèges du parlement qu’il dirige ou les siens propres. Il demande l’obéissance aux magistrats.

À partir de 1730, les problèmes religieux ont compliqué sa tâche. Le jansénisme et le gallicanisme vont être des questions qui s’imposent. Il cherche à limiter les discussions sur ces questions à la Grand-Chambre et cherche à éviter la tenue d’une assemblée des chambres pour traiter de ces questions. Si nécessaire, il fait traîner en longueur le traitement des affaires épineuses pour permettre aux esprits de se calmer.

Il défend le parlement de Toulouse face aux ingérences du pouvoir royal et se pose en protecteur des lois du royaume. Il défend l’indépendance de la Couronne face au pape quand elle est critiquée par certains évêques du Languedoc.

À la fin de sa vie, il voit le début des attaques des différents parlements contre la Compagnie de Jésus à laquelle il est personnellement hostile. À partir de 1759, sa maladie va le tenir éloigné du parlement ».

Peinture 4. Arrestation de Calas le 13 octobre 1761 à 22 heures. « Casimir Destrem, peintre toulousain, livre en 1879 sa vision du moment où la vie de Jean Calas, protestant au sein d’une ville restée profondément catholique, va basculer. Nous sommes dans l’arrière-boutique de son magasin d’étoffes, au 50 rue des Filatiers ».

« A gauche gît le corps de Marc-Antoine Calas, retrouvé mort par strangulation, portant une corde autour du cou. Au centre, de dos, se tient Jean Calas. Le geste de ses bras ballants rend admirablement à la fois le désespoir du père venant de perdre son fils aîné et l’incompréhension devant l’accusation injuste portée contre lui.

Le capitoul David de Baudrigue, désignant Jean Calas d’un geste vindicatif, procède immédiatement à l’arrestation de celui-ci, persuadé que le père a tué son fils qui voulait se convertir au catholicisme. Mais cette accusation est également portée par tout le peuple de Toulouse rassemblé derrière le capitoul et au premier rang duquel on remarque un religieux de l’Église catholique romaine ».

Jean Calas meurt supplicié de la Roue : Cinq roués célèbres au 18ème siècle.

Peinture 5. Pierre Joseph Wallaert, Le Pont neuf à Toulouse (vers 1790).

« Ce tableau est une des rares vues connues de Toulouse à la fin du XVIIIe siècle. Il offre une évocation très pittoresque de la vie au bord de la Garonne. On peut aussi y voir un certain nombre des monuments et aménagements réalisés à Toulouse entre la Renaissance et les Lumières ».

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