Dole, Notre-Dame,15-18ème

Partie 2. Histoire de la Collégiale Notre-Dame au 18ème siècle. Source : larges citations du site Patrimoine – Histoire de la Franche-Comté.

« Le magnifique orgue de tribune, construit de 1750 à 1754, est l’œuvre du facteur allemand Karl-Joseph Riepp. L’orgue comprend 3500 tuyaux.

Le buffet est attribué à Michel Devosge (1711-1800).

La collégiale Notre-Dame possédait, dans le transept sud, un premier orgue installé au XVIe siècle. Vers 1750, le Conseil de la Ville passa commande d’un nouvel orgue à Karl-Joseph Riepp (1710-1775), installé à Dijon, et qui avait construit les orgues de la cathédrale Saint-Bénigne dix ans plus tôt. Contre la façade occidentale de la collégiale se trouvait une chapelle dite du Jubé au-dessus d’une belle tribune Renaissance due à Denis le Rupt. Les propriétaires de la chapelle récupérèrent tous leurs meubles (tableau, stalles et statues) afin que place soit faite au nouvel instrument et à son buffet. La tradition attribue ce buffet à Michel Devosge (1711-1800), mais aucun document ne vient le confirmer.

Laurent Pécheux (1729-1821) est un peintre français né à Lyon et formé à Paris. Dès 1753, il se fixe à Rome et fera toute sa carrière dans la péninsule italienne. Reconnu comme portraitiste et peintre d’histoire, il est sollicité par les grandes familles aristocratiques européennes et les têtes couronnées. Pécheux participe à la décoration du palais Borghèse, du palais Barberini et de l’église Sainte-Catherine de Sienne. En 1777, il s’installe à Turin et se met au service de la famille de Savoie. Il occupera les fonctions de directeur de l’Académie des Beaux-Arts et de peintre officiel du roi Victor-Amédée III.

C’est à Rome, vers 1762-1763 que Laurent Pécheux reçoit commande, en plusieurs étapes, de douze grands tableaux sur la vie de Jésus pour la collégiale de Dole. La première toile commandée est la Crucifixion, une toile originale qui vaudra à son auteur la reconnaissance du milieu artistique romain : on y voit sainte Marie-Madeleine essayant de s’opposer à la lance de Longin qui, comme dans la toile de Rubens, est à cheval. Il est aisé de connaître la succession des toiles réalisées pour la nef et le chœur de l’église car le peintre indique clairement la date d’achèvement au bas de chacune d’entre elles. Les deux dernières toiles, Jésus parmi les docteurs et la Descente de croix, seront installées en 1781.

Sous le Directoire, l’église sera rouverte au culte et les toiles retrouveront leur place initiale en 1796.

Gustave Duhem, dans son article sur la collégiale Notre-Dame (Congrès archéologique de France, Franche-Comté, 1960) se montre très critique envers ces œuvres qui, à ses yeux, ne sont pas toutes de grande valeur. La plupart ne sont que des copies de grands-maîtres italiens comme la Transfiguration, copiée de Raphaël, la Descente de croix, copiée de Daniele da Voltera ou la Résurrection de Lazare, copiée de Salvatore Rosa… Ces douze toiles constituent l’un des rares ensembles de peinture religieuse du XVIIIe siècle encore in situ

« Deux modifications intéressantes survenues dans l’église dans le dernier quart du XVIIIe siècle. Une pratique médiévale consistait à acheter le droit d’être enterré dans l’église de sa paroisse : dans une chapelle latérale quand on en avait financé la construction, ou plus simplement dans la nef. Mais les pierres tombales de la nef, en se multipliant, rendaient le sol inégal. D’où le risque, en marchant, de buter contre un coin de pierre sortant de la surface du sol et de se blesser en tombant.

Pour sécuriser le sol, le Parlement de Besançon, en 1776, défend d’inhumer les corps dans l’église de Dole. Il parle d’un abus qu’il faut réprimer. Le Conseil de la ville est lent à réagir : ce n’est qu’en 1787 qu’il décidera de faire poser un nouveau pavé. Conséquence malheureuse pour l’historien : la plupart des dalles funéraires de la collégiale vont disparaître, dont certaines possédaient des effigies et des armoiries sculptées.

Une deuxième modification va suivre : le pavé neuf, une fois mis en place, fait ressortir la saleté noirâtre des piliers de la nef ! Au début de 1788, on décide de les blanchir à coups de badigeons ».

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