Dole, Doubs, Canal Rhône au Rhin

Quatre voies d’eau interconnectées à Dole (Jura) : le Doubs, le Canal Charles Quint, le Canal du Rhône au Rhin, le Canal des Tanneurs.

Le Canal du Rhône au Rhin relie la Saône au Rhin, par la vallée du Doubs et son prolongement en Haute Alsace jusqu’à Niffer.

Diaporama de 39 photos (mai 2022).

Lire aussi sur le blog : Le canal du Midi, Le canal de Sète au Rhône.

Source 1. Le Canal Charles Quint (source : projet Babel).

Préfiguration Louis X1, puis Philippe II. Commencé vers 1530, mis en service dans la 1ère moitié du 16ème  siècle.

Canal de dérivation du Doubs, en amont de Dole, cote : 200 mètres, pas d’écluse, longueur : 1 kilomètre.

Ce canal à l’origine à vocation militaire a servi par la suite de port en communication directe avec le canal du Rhône au Rhin. Il est toujours accessible dans ses premiers mètres par les bateaux de plaisance, notamment pour aller s’amarrer devant le restaurant voisin.

Le pont du canal Charles Quint est détruit le 6 septembre 1944. Sa reconstruction démarre dès le début 1945.

Ouvrage remarquable, à proximité du canal Charles Quint : le pont roman en pierre. Ses vestiges sont les plus anciens de la ville.

Ce pont date du 13ème siècle et comportait historiquement 17 arches. Tableau du siège de Dole en 1668 peint par Adam Frans Van der Meulen.

Une arche a été totalement reconstruite en 2020.

Source 2. Le Canal du Rhône au Rhin. Prémices et tergiversations au 16ème et 17ème siècles

« En 1554, le Comte de Montbéliard, puis le roi de France, proposèrent le principe de rendre le Doubs navigable, idée soutenue par le fait que le Comté de Montbéliard demeurait une enclave. La conquête de l’Alsace puis de la Franche-Comté en 1678, par Louis XIV ouvrit la question de la navigation sur le Doubs.

Un large débat fut ouvert en France sur la navigabilité des rivières et sur les canaux de jonction. La mauvaise qualité des routes et le coût élevé des transports terrestres, opposés à l’économie et à la sécurité des transports fluviaux mettaient ceux-ci en tête des préoccupations des dirigeants.

L’intendant de Franche-Comté, détracteur du projet, donna en 1698 deux bonnes raisons pour écarter la possibilité d’aménager le Doubs:
– la défense de Besançon sera affaiblie,
– le coût de la régulation des cours du Doubs entre Besançon et Montbéliard, et de son endiguement entre Dole et Verdun sur le Doubs est dissuasif.

L’intérêt de rendre le Doubs navigable sans liaison avec le Rhin est aussi mis en doute, car en l’absence de marchandises à transporter, mis à part le bois pour la marine, la concurrence des autres voies de transports serait trop forte. Si l’intendant de Franche-Comté restait persuadé du manque d’intérêt à aménager le Doubs, la ville de Dole au contraire en était convaincue. Elle obtint en 1705, par arrêt du conseil d’état, l’autorisation de faire les travaux nécessaires pour rendre le Doubs navigable. C’est alors que furent réalisés les premiers aménagements ».

Source 3. Le Canal du Rhône au Rhin : son histoire au 18ème siècle.

Le canal du Rhône au Rhin relie la Saône, affluent navigable du Rhône, au Rhin, par la vallée du Doubs et son prolongement en Haute Alsace jusqu’à Niffer sur le Rhin, un autre prolongement rejoignant Strasbourg par la canalisation de l’Ill.

L’idée de relier le bassin du Rhône à celui du Rhin par des voies navigables est ancienne puisque Colbert et Vauban l’avaient évoquée sous Louis XIV après l’annexion de la Franche-Comté et de l’Alsace, mais c’est au 18ème siècle que le projet prend forme.

Le canal du Rhône au Rhin commence à Saint-Symphorien-sur-Saône (Côte d’Or) pour finir à Niffer (Haut-Rhin), soit un parcours de 236 kms et 114 écluses.

Les travaux de la jonction entre la Saône et le Doubs de Saint-Symphorien-sur-Saône en Côte-d’Or à Dole dans le Jura sont réalisés avec des temps d’arrêt liés à la Révolution entre 1784 et 1802 par l’ingénieur Philippe Bertrand. Ils sont poursuivis avec des interruptions de 1804 à 1832 en direction du Rhin sous la direction de Joseph Liard.

Au début du 18ème siècle, Dole qui cherche à permettre les échanges avec Lyon s’attache à rendre navigable la partie inférieure du Doubs jusqu’à Verdun-sur-le-Doubs mais elle se heurte à diverses oppositions (péages, villes défendant leur octroi, sociétés de coches) qui font cesser le trafic. Pour contourner les difficultés, un magistrat de la ville avance alors en 1719 l’idée d’un canal entre Dole et Saint-Jean-de-Losne.

Le Doubs à Dole

L’idée est reprise quelques décennies plus tard par Claude-Quentin La Chiche, né à Dole le 31 octobre 1719, mort général de brigade à Paris le 15 octobre 1803. Il observe dès 1744 que le bassin du Doubs peut facilement être relié au bassin du Rhin à Valdieu-Lutran où se situe la ligne de partage des eaux et que le Doubs aménagé peut permettre la liaison de la Saône au Rhin. Des ingénieurs alsaciens confirment ces observations dans un rapport en 1754.

Le 21 octobre 1758. La Chiche fait parvenir un mémoire à M. de Beaumont, intendant de Franche-Comté, dans lequel après avoir indiqué le point de partage et le tracé du canal jusqu’au Doubs, près de Montbéliard, il s’étend principalement sur les avantages d’un canal de dérivation qui relierait directement la ville de Dole à la Saône, à la hauteur de Saint-Jean-de-Losne, débouché dès lors assigné au futur canal de Bourgogne. Il lui est répondu que ces travaux ne seraient profitables qu’à Dole tant que l’ensemble ne serait pas réalisé et que les finances publiques ne permettaient pas d’envisager un tel chantier. Un deuxième mémoire envoyé à Choiseul en 1765 ne donne pas de meilleurs résultats.

Mais l’idée est maintenant dans l’air et Philippe Bertrand, chef du service des ponts et chaussées de Franche-Comté, arrive aux mêmes conclusions concernant une liaison entre la Saône (et donc le Rhône) et le Rhin. Il établit, sans connaître les travaux de La Chiche, en 1774 puis en 1777, plusieurs rapports favorables à l’utilisation du cours du Doubs entre Dole et Montbéliard en mettant en avant la priorité à accorder au canal de dérivation de Saint-Symphorien à Dole.

Finalement la décision concernant ce canal de dérivation est prise le 20 janvier 1783 : Bertrand est chargé des travaux en Franche-Comté et Émiland Gauthey en Bourgogne, province qui prend en charge un tiers des coûts. Le 25 septembre 1783, un arrêté du Conseil du Roi confirme ces engagements et l’adjudication des travaux du canal de Franche-Comté a lieu au début de 1784 pour 610 000 livres tournois.

Dole, le port sur le Canal du Rhône au Rhin

Le Canal des Tanneurs. « Dans le quartier du Prélot, la rue Pasteur, l’une des plus anciennes de la ville puisqu’il en est fait mention dès 1274, voit ses maisons tournées vers le canal en particulier les caves qui étaient d’anciennes tanneries. Les caves des maisons du bord de l’eau possédaient de larges ouvertures donnant directement sur le canal, à titre d’exemple : la maison natale de Louis Pasteur« .

De son côté Claude-Quentin La Chiche poursuit ses études sur l’ensemble de la liaison Saône-Rhin et revendique la paternité du projet dans de nombreux mémoires de 1778 à 1791

Louis V Joseph de Bourbon-Condé, gouverneur de Bourgogne, inaugure le 24 juillet 1784 à Saint-Jean-de-Losne en même temps les travaux du tronçon-est du canal de Bourgogne qui devait relier la Saône à la Seine (partie Saône – Dijon, 30 km) et du canal de Franche-Comté qui reçoit la dénomination de Canal de Monsieur  en l’honneur du gouverneur que l’on dénommait Monsieur le Prince.

Arrêtés au début de la Révolution, les travaux sont relancés en 1792 : Philippe Bertrand est nommé à directeur du canal du Rhône au Rhin et promu en 1798 directeur en chef du projet du canal de jonction du Rhône au Rhin.

Poursuivis de manière intermittente, les travaux entre Saint-Symphorien-sur-Saône et Dole sont à peu près achevés en 1802/1803 sous le Consulat quand l’ingénieur Aimable Hageau réalise l’écluse de Dole. L’inauguration a lieu le 20 octobre 1802.

Il faut attendre 1804 (décret du 5 mai 1804, complété par celui du 11 avril 1806) pour que les travaux se poursuivent en direction du Rhin : Philippe Bertrand assure le contrôle général du projet.

Grand pont sur le Doubs à Dole : construction au 18ème siècle

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