Université de Dole. La guerre l’a tuée

Les guerres du 17ème siècle ont tué l’université de Dole (Jura). Chroniques sur Dole.

Partie 1. 1287. Une université est fondée à Gray. Source : Histoire de Gray.

« Gray fut au 13ème et 14ème siècle une ville d’importance dans l’Europe d’alors. Si en 1287 il semble que le comte Othon IV de Bourgogne ait fondé une petite institution littéraire à Gray, la ville devint les années qui suivirent un pôle universitaire majeur par l’entremise de Nicolas IV (pape de 1288-1292, né en 1227 à Ascoli) également fondateur par la bulle Quia Sapientia des universités de Montpellier, d’Ascoli et de Macerata.

Située à un emplacement stratégique, aux confins de la Bourgogne et de la Franche-Comté, entre les deux métropoles régionales de Besançon et Dijon, la ville de Gray constitue un des principaux pôles économiques et urbains du département de la Haute-Saône.

En 1423, Philippe le Bon transféra l’université à Dole, à partir de quoi la ville de Gray perdit de son rayonnement ».

Partie 2. 1423-1636. L’université de Dole. Source : Archives départementales du Doubs, Besançon.

« L’Université de Dole fut autorisée et créée par une bulle de Martin V et des lettres patentes du duc Philippe le Bon, en 1423. Elle fut dotée par les États de la Province, la ville de Dole et les Comtes de Bourgogne. Elle suscita les rivalités des villes de Gray et de Besançon.  

Blason de l’université de Dole. De gueules à un bras de carnation, paré d’or et tenant un livre du même, issant d’une nuée d’argent mouvant du chef.

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En 1423, le duc assembla les États à Salins pour le vote d’un subside de plus de 9000 francs garantis par le revenu des salines. Alors Philippe le Bon engagea le recrutement des professeurs et informa les territoires proches pour recruter des étudiants. Ces derniers arrivent dès 1424. Le duc veilla au respect des statuts, à un bon enseignement.

1432. Ses statuts, analogues à ceux de l’Université de Paris, et ses privilèges (exemption de charges et d’impôts) furent confirmés par les Comtes en 1483, 1531.

1479-1484. Après le siège et la prise de la ville, en 1479, le roi Louis XI fit transférer l’université à Besançon en 1481, puis à Poligny en 1483, mais elle n’eut pas d’exercice réel. C’est le roi Charles VIII sollicité par les Dolois, conseillé par Guillaume de Rochefort (qui avait étudié à Dole) qui la rétablit en 1484.

1537. La faculté de théologie fut érigée par une bulle de 1537.

En 1570, le Roi, Comte de Bourgogne, interdit par lettres patentes aux Comtois d’aller étudier en dehors de la province, sauf à Rome. La chaire d’anatomie fut dotée par les archiducs en 1619.

L’Université comprenait 5 facultés : théologie depuis 1537; droit canon et droit civil, médecine, arts. Elle était administrée par un collège composé du recteur, de professeurs, des procureurs. Les étudiants, à l’origine, participaient à l’administration. Les distributeurs s’occupaient de la police, de la comptabilité ».

Partie 3. Des professeurs. Source : Wikipédia, Louis Gollut.

D’illustres professeurs enseignèrent à Dole dont V. A. Beaune et J. d’Arbaumont.

« 1570-1595. Louis Gollut est un historien, enseignant et homme politique franc-comtois du 16ème siècle né en 1535 à Pesmes et mort le 22 octobre 1595 à Dole. Il est considéré comme le premier véritable historien de la Franche-Comté. Il est également maire de Dole de 1591 à 1595.

Très jeune, avec sa famille il part vivre dans la capitale comtoise, là d’où sa mère était originaire. Il commence ses études au collège puis les poursuit à l’université de Dole, il y fait la connaissance de Claude de la Baume, futur archevêque de Besançon. Il devient ensuite l’élève de Gilbert Cousin à Nozeroy. Ensemble, avec également son camarade de la Baume, ils passent plusieurs années vers 1559 en Italie. Il décide au cours de ce voyage de partir seul pour l’Espagne avant de regagner la comté.

À son retour, il étudie le droit et exerce la profession d’avocat au parlement. Dans l’exercice de sa fonction, il jouit alors d’une grande renommée qui parvient jusqu’à Madrid. En 1570, il est nommé à la chaire de littérature latine de l’université de Dole créée pour lui par Philippe II d’Espagne ».

1562. Source : article de Wikipédia. « Dole compte 268 étudiants, dont 45 comtois et 223 étrangers, ainsi que plusieurs professeurs flamands et italiens, ce qui montre le rayonnement international de l’université de Dole, en cette fin du Moyen Âge.

1613. Les enseignants, désireux de transformer leur université en un Magisteruniversität, à l’instar de celles de Louvain et de Douai, députent un émissaire auprès du couple ducal, en résidence à Bruxelles, afin d’en formuler la requête, qui leur est accordée par plusieurs édits de 1616 à 1618″.

Partie 4. Une université à Dole : le saviez-vous ?

« Les responsables de l’Université doloise achètent une maison près de l’hôpital Notre-Dame d’Arans, non loin de la tour de la ville et du couvent des Cordeliers. Les locaux étant insuffisants, il est probable que des cours ont pu se dérouler chez des professeurs bien logés« .

Ancien portail d’entrée de l’université (32 rue des arènes, Dole) ?

« La turbulence des étudiants n’est pas une légende. De nombreuses affaires surgissent à Dole dès 1424 à l’ouverture de l’établissement et se poursuivra. Un jour de mai 1669, une troupe d’étudiants se procurèrent un âne et accompagnés de musiciens s’introduisirent dans la cour du collège de l’Arc en dansant. Les cours étant dispensés à ce moment là, ils visitèrent les classes les unes après les autres avant de repartir à travers la ville. Souvent, des rixes éclataient entre étudiants. Pourtant, afin d’éviter les désordres, l’université de Dole détenait certaines prescriptions. Il était interdit de jouer au ballon dans les salles sauf autorisation du recteur ou encore de fréquenter les lieux publics ».

Partie 5. 1636-1691. Un demi-siècle de guerres en Europe

Hôtel-Dieu, siège de la médiathèque et des Archives municipales

1636. « Le Siège de Dôle par les Français est la première grande bataille de la guerre de Dix Ans, épisode franc-comtois de la guerre de Trente Ans, au cours duquel Dole, alors capitale comtoise, fut assiégée pendant plus de 80 jours (28 mai –15 août) par les troupes du roi de France Louis XIII. Cette bataille a opposé les troupes d’Henri II de Bourbon-Condé aux troupes comtoises de Louis de la Verne.

1636, 14 août. Alors qu’une armée de secours composée de l’armée franc-comtoise, de mercenaires lorrains et de troupes du Saint-Empire, commandée par Charles IV de Lorraine est en approche de Dole, Condé reçoit l’ordre de lever le siège pour conduire ses troupes en Picardie contre les Espagnols. 15 août. Les troupes françaises évacuent : la ville est sauvée.

1668 (10-14 février). Le siège de Dole oppose les troupes françaises de Louis XIV et les troupes bourguignonnes. Celle-ci capitulent au bout de quelques jours..

Par le traité d’Aix-la-Chapelle du 2 mai 1668, la France doit restituer Dole et le reste de la Franche-Comté aux Habsbourg d’Espagne.

Le siège de 1674. Source : Dole plein de culture. La guerre de Hollande. Louis XIV inquiet de la puissance commerciale de la hollande attaque tour à tour les alliés des Provinces-Unies. C’est le cas de la Franche-Comté espagnole, l’Espagne étant un allié des Provinces-Unies ».

1673 (12 octobre). La déclaration de Guerre espagnole.

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