Université de Dole. La guerre l’a tuée

1674. « Le Roi de France décide de faire le siège de Dole, il arrive le 06 juin 1674 avec le Maréchal de France Vauban pour mener le siège. Aucun secours n’est plus possible depuis la Lorraine à la différence de 1636. Les Francs-Comtois espèrent une armée de secours venue du milanais et mènent des négociations avec les Suisses pour autoriser le passage des troupes.

En 1674, de grandes batailles sont menées à Gray par le Duc de Navailles, maréchal de France. Si Gray capitule le 28 février 1674, la Suisse apporte enfin son aide en envoyant hommes et munitions et les comtois ne lâchent rien contrairement à 1668. Les comtois ont pris la mesure de la valeur de leur liberté. Besançon capitule le 15 mai 1674, ainsi il faut presque trois mois à Louis XIV pour conquérir les places. Ce dernier, très surpris, rencontre des difficultés face à cette préparation et cette résistance comtoise.

1674. Le siège de Dole. Malgré leurs remparts relevés, leurs 3000 hommes et l’absence d’artillerie les français progressent difficilement. Ils s’installent près de la porte de Besançon. Plusieurs mines ouvrent des brèches dans les fortifications. L’attaque française est intense, Dole a perdu la moitié de ses effectifs quand, le 6 juin, les parlementaires sont envoyés au roi. Au total six mois de campagne sont nécessaires à Louis XIV pour décrocher la capitulation. La fin de la conquête se termine avec la chute de Salins et Arbois, le 19 juin. Le Roi rentre à Versailles où des fêtes majestueuses sont données pendant plusieurs jours pour célébrer cette conquête.

1678 (17 septembre). Le grand perdant de la guerre est l’Espagne. Par le Traité de Nimègue, elle doit céder à la France la Franche-Comté, ainsi qu’une dizaine de places fortes (Cassel, Bailleul, Ypres, Wervick et Warneton, ainsi que Aire, Saint-Omer, Cambrai, Bouchain, Condé-sur-l’Escaut, Bavay, Maubeuge et Valenciennes) ».

Partie 6. Mai 1691. « Par lettres patentes, Louis XIV ordonne le transfert de l’université de Dole à Besançon, centre et capitale de la Province, fréquentée par beaucoup d’étrangers à laquelle, disait-il, nous voulons donner cette marque de satisfaction pour la fidélité qu’elle a témoignée et témoigne journellement à notre service« .

1691. Suite à la conquête française en 1678, Dole perd son rôle de capitale de Franche-Comté au profit de Besançon. Louis XIV transfère l’université dans la nouvelle capitale en 1691″.

Cloître de l’Hôtel Dieu

Partie 6. Création de l’université de Dijon en 1722. Source : Histoire de l’INSERM, les lieux.

« Les écoles publiques de Dijon jouissent au Moyen Âge d’une grande réputation. Aussi, la création de l’université de Dole (alors Dôle), en 1422, vont leur porter gravement atteinte, car elles se voient privées d’étudiants et surtout des étrangers.

À la demande du maire et des échevins appuyés par Georges de la Trémoille, gouverneur de la province de Bourgogne, François Ier de France (1515-1547) institue à Dijon une université avec quatre facultés en 1516, mais cette décision reste lettre morte, même si les patentes royales sont très flatteuses pour les Dijonnais.

Le Collège des Martinots ou des Martin (1531), dans l’actuelle rue du Vieux-Collège, puis le collège jésuite des Godrans, fondé en 1581 en exécution du testament d’Odinet Godran, président du Parlement de Bourgogne, tentent avec plus ou moins de succès de pallier cette situation.

Le transfert de l’université de Dôle à Besançon, en 1691, incite les États de Bourgogne à solliciter du roi de France la création d’une université à Dijon. Les deux villes deviennent alors rivales. Sous l’influence du Prince de Condé, gouverneur de Bourgogne, le 17 avril 1722, Louis XV accorde à Dijon une université avec quatre facultés. Besançon réplique par une véritable coalition avec l’université de Paris et plusieurs universités provinciales. Le roi hésite alors et, la même année, décide donc de n’établir à Dijon qu’une faculté de droit (civil, canon et français), inaugurée le 24 novembre 1723. Soutenue financièrement par la Ville et la Province, cette faculté s’installe au couvent des Jacobins et jouit d’une certaine notoriété, en dépit du peu d’étudiants, dont le nombre ne dépassera jamais 200. Le couvent des Jacobins sera démoli en 1874 et il n’en reste plus aucun vestige.

La tourmente révolutionnaire emporte l’université de Dijon, qui ferme en 1792 et, avec elle, l’académie des sciences, des arts et belles-lettres ».

Chronique à venir. Des universités à Besançon et Dijon. Pour l’enseignement supérieur, Dole est-elle définitivement hors-jeu ? La réponse à la question dans la prochaine chronique.

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