1712. Victoire de Villars à Denain

Le 24 juillet 1712, le maréchal-duc Claude de Villars (1653-1734) remporte à Denain une victoire inespérée sur les Austro-Hollandais commandés par le prince Eugène.

Extraits de l’article d’Alban Dignat, 24 juillet 1712. Victoire inespérée de Villars à Denain, Hérodote-net, juillet 2022.

« La bataille de la dernière chance. Située sur l’Escaut, dans le Hainaut français, entre Douai et Valenciennes, Denain est une place forte à partir de laquelle les forces coalisées contre la France menacent Landrecies, dernière place forte française avant… Paris. Elles sont fortes de 130 000 hommes.

Pour mettre fin à l’interminable guerre de la Succession d’Espagne, Louis XIV confie sa dernière armée au duc de Villars. Au total 70 000 hommes. Le souverain de 72 ans, accablé par les deuils et les revers militaires, fait à Marly, le 16 avril 1712, des adieux émouvants à son vieux maréchal, tout de même déjà âgé de 59 ans.

Villars apprend de source diplomatique que le prince Eugène, qui commande les forces ennemies, a prévu une attaque le 31 juillet. Il en a prévenu le Grand Pensionnaire de Hollande Heinsius. Dans le même temps, le Parlement anglais et la reine Anne se montrent désireux d’arrêter les frais et seraient disposés à une suspension d’armes avec la France… Ces dissensions vont servir les Français.

En attendant, les coalisés font le siège du Quesnoy, entre l’Escaut à l’ouest et la Sambre à l’est. La place forte se rend le 3 juillet sans résistance excessive («honteusement» au dire du maréchal). Le 18 juillet, désireux de hâter la bataille, Villars fait battre la générale et déploie son armée sur la rive gauche (ouest) de l’Escaut. Mais le prince Eugène préfère consolider ses positions en faisant le siège de la dernière place forte à lui résister, Landrecies, sur la Sambre.

Par un plan audacieux et qu’il ne déroule qu’au fur et à mesure à son état-major, le maréchal fait traverser la Sambre à son armée, de nuit, en faisant mine de se diriger vers Landrecies. Les 21 et 22 juillet, le prince Eugène rejoint sans attendre la place forte avec ses troupes d’infanterie. Mais le maréchal de Villars laisse Landrecies sur sa droite, traverse très vite l’Escaut et attaque par le côté nord le camp retranché de Denain, défendu par seulement 17 bataillons soit 14.000 hommes. Le maréchal-comte Pierre de Montesquiou (72 ans) mène l’opération avec 40 bataillons (plus de 30.000 hommes). 

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