18ème. Gravures de camp militaire

Deux gravures de Striedbeck, photographiées en novembre 2021 au Cabinet des Estampes de Strasbourg

Diaporama de 11 photos : Plan du Camp d’Erstein en Alsace (1753) et Carte du Camp de Blopsheim en  Alsace (1754), villes distantes de 10 kms.

Partie 1. Que nous apprennent ces gravures ? Quelles questions posent-elles ?

Les légendes des gravures livrent le nom et les titres de ceux qui commandaient l’inspection des camps. Il s’agit de deux figures de la Noblesse d’épée.

Erstein. Plan commandé par Mr le Marquis de St. Pern (1716-1795), Lieutenant Général des Armées du Roy, Commandeur de l’Ordre Royal et militaire de St. Louis, Inspecteur Commandant du Corps de Grenadiers de France et Inspecteur Général d’Infanterie.

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Blopsheim. Carte commandée par Mr le Comte de Maillebois (1715-1791), Lieutenant Général des Armées du Roy, Inspecteur Général d’Infanterie, Gouverneur de la Ville et Citadelle de Douay, et Maître de la Garde-robe du Roy.

Les gravures classent les troupes en plusieurs catégories et les symbolisent par des logos, qui indiquent leur emplacement sur le terrain : postes d’infanterie, sentinelles, gardes de cavalerie, vedettes (bateaux), canons, gardes du camp, hussards, chapelle.

Partie 2. Les gravures des camps d’Erstein et de Plobsheim ont-elles été portées à la connaissance de l’intendant et du gouverneur de l’Alsace ?

Jacques Pineau de Lucé a été Intendant de la Généralité d’Alsace de 1753 à 1764, année de sa mort, à l’âge de 55 ans. Il a été seigneur de Viennay, président au Grand Conseil, maître des requêtes, intendant à Tours, intendant de Hainaut, puis conseiller d’État en 1761.

Source. Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, Sans cela une ville ne peut être heureuse : le rôle des gouverneurs et des commandants dans l’aménagement des villes-frontières au XVIIIe siècle, par Guillaume Lasconjarias dans Persée.

« Strasbourg, en 1732, les contrôles de troupes font état de dix bataillons d’infanterie accompagnés d’un bataillon d’artillerie et d’une compagnie d’ouvriers, soit près de six mille hommes. Encore en 1776, cette forte présence militaire est toujours attestée : il n’y a pas moins de onze bataillons (dont un d’artillerie) et six escadrons dans la cité alsacienne, sans compter un détachement de quatre cent quinze soldats formant la garnison de fort Louis.

Une partie conséquente de ces éléments est affectée à des tâches de surveillance et dans la première moitié du siècle, il monte journellement sept cent quatre-vingt-dix hommes dont trente-cinq sergents et cinq capitaines et onze lieutenants. Pas moins d’un cinquième des troupes prend part aux gardes, aux contrôles et aux patrouilles, souvent une fois la nuit tombée.

Dans la cité alsacienne, outre la garde des portes et des lieux les plus dignes d’intérêt et de conservation (l’hôtel de ville, le pont principal sur le Rhin, les hôtels du gouverneur et du commandant…), des éléments militaires patrouillent dans tous les quartiers.

En théorie, on pourrait imaginer une séparation entre monde civil et monde militaire. Il n’en est rien, ne serait-ce que parce que les troupes se répartissent entre la ville et la citadelle, en théorie interdite aux civils ».

Partie 3. Le contexte politico-militaire : entre la guerre de succession d’Autriche (1740-1748) et la guerre de Sept Ans (1756-1763).

Les deux gravures des camps d’Erstein et de Blopsheim (en 1753 et 1754) me paraissent des outils militaires de faible utilité pour le déroulement et l’issue de la guerre qui arrive. Une des raisons est que la guerre se déroulera ailleurs qu’en Alsace, ailleurs que sur le Rhin.

« La guerre de Sept Ans est un conflit majeur de l’histoire de l’Europe, le premier qui puisse être qualifié de guerre mondiale. Elle concerne en effet les grandes puissances européennes de cette époque, regroupées en deux systèmes d’alliance, et a lieu sur des théâtres d’opérations situés sur plusieurs continents, notamment en Europe, en Amérique du Nord et en Inde.

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