1779. Expédition ratée en Angleterre

Le 8 juillet 1778, la flotte française sort de Brest avec l’ordre de chercher le combat. Sous le commandement du comte d’Orvilliers, la bataille d’Ouessant, le 27 juillet 1778, est indécise mais montre l’esprit combatif de la Marine royale française, beaucoup mieux préparée que pendant la guerre précédente.

Louis Guillouet, comte d’Orvilliers (1710-1792) est un officier de marine et aristocrate. Il sert pendant cinquante ans au sein de la Marine royale pendant la guerre de Succession d’Autriche et la guerre de Sept Ans. Lieutenant général des armées navales et Commandeur de Saint-Louis il se distingue particulièrement pendant la guerre d’indépendance des États-Unis et notamment à la bataille d’Ouessant en juillet 1778,

D’Orvillers avec ses insignes d’amiral et montrant du doigt la flotte anglaise qui fuit

Partie 1. Calendrier de l’alliance franco-espagnole en 1779. Source : article de Wikipédia.

12 avril. Traité d’Aranjuez. Renouvellement du Pacte de famille entre les Bourbons. La France promet à l’Espagne de recouvrer Gibraltar, Minorque, Mobile et Pensacola.

Été. La dysenterie dans l’ouest de la France fait 175 000 morts.

16 juin. Charles III d’Espagne déclare la guerre à la Grande-Bretagne.

L’entrée en guerre de l’Espagne est saluée avec joie par des neutres comme le Danemark et la Suède. Au printemps 1779, la Grande-Bretagne est totalement isolée sur le plan diplomatique. Lord Sandwich peut écrire au roi George III : nous n’avons aucun allié ou ami pour nous assister : au contraire, tous ceux que nous tenions pour nos amis, excepté le Portugal, agissent contre nous et fournissent à nos ennemis les moyens d’équiper leurs flottes

24 juin : début du siège de Gibraltar par la France et l’Espagne (fin le 6 février 1783).

25 juin. Une flotte franco-espagnole de 66 vaisseaux et de 14 frégates se réunit à la Corogne sous les ordres du comte d’Orvilliers. Elle croise en Manche pendant trois mois sans être inquiétée, mais doit se retirer face à la tempête, la disette et l’épidémie; Elle rentre à Brest le 14 septembre.

juillet-septembre : tentative d’expédition en Angleterre.

Partie 2.  L’Armada de 1779. Source : article de Wikipédia.

« L’Armada de 1779 fut une entreprise d’invasion de la Grande-Bretagne par des navires français et espagnols en 1779, lors de la guerre franco-anglaise issue de la guerre d’indépendance des États-Unis. L’objectif de cette invasion était la prise d’abord de l’île de Wight puis de la ville de Portsmouth en Angleterre. Cette invasion forcerait les Britanniques à divertir leurs ressources à la défense de leur propre territoire, loin des théâtres militaires d’outre-mer. Finalement, aucune bataille n’a eu lieu dans la Manche ».

Partie 3. L’Espagne dans la guerre d’indépendance. Tentative d’expédition en Angleterre. Source : extraits de l’article de Wikimonde.

« Les Français voulaient, avant la fin de l’été, mener un débarquement en Angleterre avec le concours des Espagnols ; une autre attaque était prévue contre Gibraltar. 40 000 hommes de l’armée française sont rassemblés sur les côtes de Bretagne et Normandie. Le lieutenant général Louis Guillouet d’Orvilliers commande la flotte française, forte de 30 vaisseaux et 10 frégates, rassemblée dans la rade de Brest : il met la voile vers les côtes d’Espagne pour faire la jonction avec l’escadre espagnole mais celle-ci n’est pas au rendez-vous. C’est seulement le 2 juillet que l’escadre venue de La Corogne, 8 vaisseaux et 2 frégates sous le lieutenant général Antonio González de Arce, se présente au point prévu, suivie, le 22 juillet, par la flotte de Cadix, 28 vaisseaux, 2 frégates, 2 corvettes et 8 brûlots, sous le lieutenant général Luis de Córdova. 20 vaisseaux espagnols se mettent sous les ordres de d’Orvilliers, les autres, commandés par Luis de Córdova, accompagnent à distance comme escadre d’observation. Celle-ci comprend 15 vaisseaux dont la Santísima Trinidad, vaisseau amiral de 110 canons, et 2 frégates.

Ce retard est lourd de conséquences car les Français n’ont pas prévu de provisions pour une longue croisière. En outre, ils viennent trop tard pour intercepter un convoi britannique venu des Antilles qui arrive en Angleterre le 4 août. La flotte combinée se rassemble devant Ouessant et fait voile vers la baie de Torbay dans le Devon mais les équipages manquent déjà d’eau et de vivres et sont affectés par une épidémie. À partir du 17 août, la manœuvre est gênée par des forts vents d’est ; le conseil d’état-major décide que la croisière ne doit pas être prolongée au-delà du 8 septembre. Les Espagnols étaient d’avis de débarquer les troupes sans attendre, l’Angleterre étant alors mal préparée pour une telle attaque, mais l’amiral français voulait d’abord livrer bataille à la flotte adverse et la détruire. Avec 50 000 soldats, la force de débarquement franco-espagnole aurait largement surclassé les 10 000 soldats de l’armée britannique disponibles en Angleterre à cette date.

Le 31 août, la flotte combinée arrive en vue de la flotte britannique, comptant 43 vaisseaux (38 selon William Coxe) sous le commandement de l’amiral Charles Hardy : celui-ci, ne se trouvant pas en force, bat en retraite ; les Franco-Espagnols restent en attente pour surveiller une autre escadre signalée à l’est, qui se trouve être un convoi marchand hollandais venant de Surinam. Huit jours plus tard, conformément aux décisions prises, la flotte combinée se retire vers Ouessant, puis Brest où elle arrive le 14 septembre avec un grand nombre de malades. Le 9 septembre, Luis de Córdova quitte Brest avec 15 vaisseaux et 2 frégates, laissant le reste à Brest sous le lieutenant général Miguel Gastón. Les Espagnols avaient perdu 3 000 hommes par les maladies et les Français au moins autant. Le seul gain de cette campagne est la capture d’un vaisseau anglais de 64 canons, le HMS Ardent, qui s’était aventuré par erreur au milieu de la flotte franco-espagnole en la prenant pour des compatriotes.

L’approche de l’armada franco-espagnole avait provoqué une panique en Angleterre ; cependant, celle-ci prend conscience du danger et entreprend de renforcer les défenses de l’île. L’armée britannique crée plusieurs nouveaux régiments de troupes régulières et de défense territoriale (en Écosse, les Fencibles ). Sur 71 000 hommes de troupes terrestres en Grande-Bretagne à la fin de l’été 1779, beaucoup sont des nouvelles recrues, ou mal encadrées, et leur valeur tactique est incertaine ».

Partie 4. Patrick Villiers, Quand l’épidémie de 1779 sauve l’Angleterre ou la tentative franco-espagnole de débarquement en Angleterre de 1779.

« Une partie des retards français s’explique par les problèmes d’équipage en France. Comme souvent, les équipages basés à Brest ont été frappés par la maladie pendant l’hiver. Fin mars, il manquait quatre mille matelots, c’est-à-dire l’élite des marins. Pour disposer d’un nombre de matelots suffisant par vaisseau, d’Orvilliers a décidé de désarmer plusieurs bâtiments et d’embarquer deux mille soldats pour servir de matelots de pont et bien entendu de recruter de nouveaux marins : les novices.

Dans un premier temps, les maladies semblent avoir disparu. La correspondance échangée au cours du mois de juin entre d’Orvilliers et Sartine ne signale pas de problèmes spécifiquement liés à la santé des équipages ».

Buste d’Antoine Gabriel de Sartine par J-B. Defernex, château de Versailles, 1767

« Cependant, début juillet, la Ville de Paris, le Bien-Aimé, l’Auguste, le Caton, le Saint-Esprit et la Couronne signalent un nombre important de malades. Le commandant en chef ordonne d’envoyer successivement ces navires au repos à la Corogne. Dans ce port, le chef d’escadre Ternay signale sur le Saint-Esprit 130 malades et 87 à bord du Bien-Aimé soit près de 15% de l’équipage.

La pathologie des maladies à bord des vaisseaux est relativement bien connue. Outre les maladies respiratoires, c’est évidemment le scorbut qui domine le plus souvent. Les marins du XVIIIe siècle ont tous remarqué que les premiers symptômes apparaissent au bout de 40 jours de confinement. Le départ ayant eu lieu le 3 juin (mais les marins sont à bord depuis au moins 15 jours) les 40 jours sont largement dépassés le 12 juillet. C’est logiquement que d’Orvilliers envoie les vaisseaux en repos à la Corogne et embarque des vivres frais.

La situation sanitaire s’aggrave à partir du 15 juillet mais d’Orvilliers pense pouvoir la juguler. Le 20 juillet, il propose une nouvelle organisation des malades à bord pour pouvoir combattre la flotte anglaise compte-tenu du nombre élevé de malades ».

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