Mobilier français du 18ème siècle

Mobiliers Régence, Rocaille (Rococo, Louis XV), Néoclassique.

Deux diaporamas : Strasbourg, Antiquités Bastian et Musée des Arts décoratifs.

Strasbourg, Antiquités Bastian : 17 photos.

Strasbourg, Musée des Arts décoratifs : diaporama de 15 photos.

Partie 1. Le meuble français du XVIIIème siècle. Source : introduction du livre publié par Gallica.

« Au XVIIème siècle, le faste pouvait être encore la démonstration emblématique d’un « charisme » de la royauté ou de la noblesse ; au XVIIIème siècle, l’objet de luxe n’est que la présence sensible de la richesse transmuée en chose ; son éclat ne renvoie à aucun antécédent spirituel ; il n’est pas l’expression diffractée d’une autorité qui rayonne dans le monde des apparences. [… ] Le luxe du XVIIIe siècle exploite, en les modifiant, les formes diverses dans lesquelles le langage de l’autorité s’était manifesté, mais ces formes ne désignent plus rien qu’elles-mêmes, elles ne correspondent plus au contenu qui avait été le leur; l’artiste peut en jouer capricieusement pour le plaisir de la variété.

Jean Starobinski, dans la Découverte de la liberté, 1700-1789 (1964), évoque ainsi l’avènement du style « rocaille », résumant magistralement les mutations d’une société française qui passe peu à peu du Grand Siècle au siècle des Lumières. En ce qui concerne les arts décoratifs, le cartouche apparaît comme le symbole de cette évolution : jadis destiné à recevoir le blason ou la devise, ce n’est plus désormais qu’un élément d’ornementation détourné de sa signification profonde. A la majesté a succédé l’hédonisme. L’emblème s’est fait décor…

En ce début de siècle, la figure hiératique du Roi Soleil, autour de laquelle s’ordonnaient les immenses perspectives architecturales érigées à sa gloire, n’est plus qu’une ombre fantomatique. Disparus la rigide étiquette qui scandait chaque heure dans les salons fastueux et glacés de Versailles, le protocole intransigeant et minutieux qui régissait les rapports entre les courtisans. Les allégories grandioses de la puissance royale laissent la place à une ambiance intime et raffinée. L’aimable liberté des mœurs envahit la décoration. Bérain et Lepautre vont être les initiateurs de ce style brillant et aérien, qui va s’imposer avec Gilles-Marie Oppenord (élève de Mansart) et qui culminera avec la fantaisie allègre d’un Pineau, d’un Meissonnier ou d’un Cuvillés ».

  • Gilles-Marie Oppenord (1672-1742) était un dessinateur, graveur, décorateur et architecte français. Né à Paris, il est le fils et l’élève de l’ébéniste néerlandais Alexandre-Jean Oppenord. Après des études à Rome de 1692 à 1699 comme pensionné royal, il devient l’élève de Jules Hardouin-Mansart. Il participe à la décoration du Palais-Royal à Paris et contribué à la formation du style rocaille. Il est remarqué par le Régent et œuvre à l’amélioration du château de Villers-Cotterêts. Il meurt à Paris. Il a comme élève Jacques-François Blondel (6 chroniques du blog Histoires d’universités sur Blondel)

« Corbeilles de fleurs, flèches et carquois maniés par des amours rieurs, déesses chinoises qui ont la grâce des Parisiennes, élégants mandarins, bergères, arlequins et pierrots, et surtout coquilles aux capricieuses volutes animent de leur ronde fantasque les murs, les panneaux des meubles, les porcelaines et les étoffes. Aux arabesques nacrées du coquillage répondent la préciosité douillette des boudoirs et les formes contournées des fauteuils. Les profils se galbent, la ligne courbe est reine, et le mouvement triomphe de la noble symétrie du dessin, qui doit être libre, fluide et léger, puisant son inspiration dans les tourbillons ondoyants de la vague et de la flamme ».

Partie 2. L’art en Alsace au XVIIIe siècle. Catalogue de l’exposition de 2022, Antiquités Bastian, 24 place de la Cathédrale à Strasbourg, 77 pages.

Suite de la chronique : L’art en Alsace au XVIIIe siècle.

  • En architecture, la modénature est le « traitement ornemental de certains éléments structurels de la façade d’un édifice pour la protéger du ruissellement des eaux de pluie et en valoriser l’architecture. On appelle modénature les proportions et dispositions de l’ensemble des éléments d’ornement que constituent les moulures et profils des moulures de corniche ainsi que les proportions et dispositions des membres de façade constituant le style architectural ».

Le catalogue distingue trois styles :  Régence, Louis XV ou Rocaille, Néoclassique.

« Sous la Régence, les aristocrates proches de la cour recherchent plus d’intimité et de raffinement, plus de soirées à thème (lecture, orchestres, etc.). Des salons se tiennent dans lesquels on rencontre des écrivains, des poètes, des philosophes. Le thème de l’amour rencontre un vif succès. On met en avant la galanterie : éducation et esprit.

Le mobilier. Les principaux matériaux utilisés sont le chêne, le hêtre, le noyer, le sapin, le peuplier, le poirier noirci, les bois exotiques, asiatiques et africains importés par la compagnie des Indes.

Le placage, la marqueterie, la dorure à feuille d’or et les bronzes dorés au mercure sont les techniques classiques de cette période ».

Style Louis XV. De nombreux ouvrages font référence à ce style sous le nom de rocaille ou rococo, surtout quand il s’agit de projets complets de décoration intérieure faits par des ornemanistes.

Partie 3. Strasbourg, Musée des Arts Décoratifs. Mobilier : deux exemples

Armoire, vers 1745. Chêne. H. : 243 cm, L. : 215 cm, P. : 85 cm.

Commentaires fermés sur Mobilier français du 18ème siècle

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Arts Lettres Langues, E. Ingénierie, Architecture

Les commentaires sont fermés.