Musée National de la Récupération

Deux expositions, en cours à Strasbourg, concernent la seconde guerre mondiale, l’Allemagne nazie. celle qui fait l’objet de cette chronique (Passé, Présent, Avenir d’œuvres récupérées en Allemagne en 1945), celle de la BNUS (Face au nazisme, le cas alsacien). Une autre exposition de la BNUS est un hommage à Fritz Beblo, architecte allemand, auteur de nombreux bâtiments de Strasbourg entre 1903 et 1918.

De son côté, les Dernières Nouvelles d’Alsace publient un numéro des Saisons d’Alsace, consacré aux Malgré eux. L’incorporation de force (1942-1945) : un crime contre l’Alsace-Moselle.

Partie 1. Passé, Présent, Avenir d’œuvres récupérées en Allemagne en 1945. Les MNR des Musées de Strasbourg.

Exposition du 22 octobre 2022 au 15 mai 2023, Galerie Heitz, Palais Rohan.

Diaporama de 39 photos (œuvres, cartouches, détails)

Commissariat. Thibault de Ravel d’Esclapon, maître de conférences à l’Université de Strasbourg, et Dominique Jacquot, conservateur en chef du Musée des Beaux- Arts. Deux vidéos Youtube : 2’44 et 2,20.

Partie 2. Exposition MNR. Entretien avec Paul Lang, Directeur des Musées de Strasbourg, RCF Radio Alsace, 24/10/2022. 

« Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, 61 000 œuvres et objets d’art spoliés par les nazis ont été retrouvés en Allemagne, 2200 n’ont pas été réclamés. 27 font l’objet d’une exposition à Strasbourg, jusqu’au 15 mai 2023. Des œuvres dites MNR : Musée National de la Récupération, qui appartenaient principalement à des familles juives.

Nous avons un programme d’accompagnement autour de cette explosion avec une série de conférences, de projections, de visites. C’est le fruit d’une collaboration, d’un partenariat d’associations même avec l’université de Strasbourg. Mais le point d’orgue de ce programme d’accompagnement se tiendra en juin dans le cadre d’un symposium international. C’est une exposition qui n’est pas figée parce que dans un monde idéal, à la fin de l’exposition, le 15 mai, elles devraient avoir retrouvé leurs légitimes propriétaires. Ça, c’est c’est un peu utopique puisque depuis qu’ils nous ont confié la situation est absolument inchangée, alors que d’autres œuvres classées MNR ont pu retrouver leurs propriétaires depuis 1950. Ce n’est pas encore le cas pour les œuvres confiées au Musée de la ville de Strasbourg ».

La création du monde par Melchior Bocksberger, 1570-1580

Partie 3. Rose Valland, 43 ans en 1941 (chronique du blog Histoires d’universités, 9 mars 2019).

Conférence d’Emmanuelle Polack, Rose Valland sur le front de l’art (1940-1944), organisée par Denise Borlée et Hervé Doucet, ARCHE, Faculté des Sciences Historiques, Strasbourg, 5 mars 2019.

« Travailleuse précaire devenue Femme d’exception. Une trajectoire inouïe.

Paradoxe. C’est en 1941, sous l’occupation allemande, que Rose Valland (1898-1980) obtiendra enfin un travail stable et un statut dignes de ses compétences en Histoire de l’Art. Elle n’était, durant les années 30, qu’une travailleuse bénévole.

Après son rôle décisif et internationalement reconnu dans la récupération des œuvres d’art spoliées par les Nazis, elle bénéficiera après-guerre de plus de considération de la part de la France !

Entre les deux guerres, Rose Vallant suit des formations supérieures, obtenant plusieurs diplômes prestigieux dans le champ de l’Art. Et pourtant, elle ne parvient pas à obtenir un travail rémunéré stable. En 1932 (elle a 34 ans), elle ne devient qu’attachée bénévole à la Galerie du Jeu de Paume.

1940 (42 ans). A partir du 30 octobre, à la demande du directeur des Musées nationaux, Jacques Jaujard, elle demeure en activité au Musée de Jeu de Paume, officiellement comme attachée de conservation, officieusement chargée par Jaujard de lui rendre compte des agissements des Allemands qui viennent de réquisitionner le musée pour y stocker les œuvres d’art spoliées à des collectionneurs privés.

1941 (43 ans). Rose Valland est enfin salariée et titularisée »…

Partie 4. Rose Valland, une vie à  l’œuvre.

Ophélie Jouan , Jacqueline Barthalay, Alice Buffet, Olivier Cogne (Préface) Jean-Pierre Barbier (Préface), Une vie à l’œuvre , novembre 2019, Essai.

François-Xavier Vispre (1730-1790). Nature morte aux prunes

« Rose Valland compte parmi ces discrètes et méconnues ouvrières de l’Histoire, dont l’action force l’admiration à mesure qu’on la découvre. Sa résistance est isolée et singulière : c’est pour la protection des œuvres d’art françaises privées et pour rendre justice à leurs propriétaires dépossédés que cette brillante historienne de l’art dauphinoise s’engage à partir de 1940. Le jour de ses 42 ans, l’attachée de conservation voit s’installer dans « son » musée du Jeu de Paume un service de spoliation nazi d’une redoutable efficacité, l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg.

Dès lors, observation, mémoire et patience deviennent ses armes pour espionner les rouages de ce pillage légal ordonné par Hitler lui-même et servi par des Allemands et des Français complaisants. Prises au péril de sa vie, les nombreuses notes clandestines de Rose composeront une importante documentation qui permettra de structurer les recherches et les restitutions de l’après-guerre ».

Anonyme (France), style Louis XV, Console d’applique

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