Universités. Le Grand capharnaüm

Billet d’humeur en trois parties. Partie 1. Opposition entre deux projets. Partie 2. 19 chroniques du blog sur les regroupements d’établissements d’enseignement supérieur et leur contexte. Partie 3. L’Étudiant / Educpros soutient la politique du Grand capharnaüm.

Partie 1. Opposition entre deux projets. Un Grand capharnaüm versus 15 à 20 universités de recherche en France (dédiées au Master et au Doctorat) et 500 à 600 Instituts d’Enseignement Supérieur de proximité, dédiés au 1er cycle en trois ans, intégrant dans des établissements nouveaux les classes supérieures des lycées, les IUT et les licences.

Le Grand capharnaüm. Le classement de Shanghai, les investissements d’avenir, le financement de la recherche sur projets ont incité les gouvernements (de droite comme de gauche) à décréter l’impératif de regroupement des universités dans des Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES), puis dans des fusions d’universités d’une même ville (Strasbourg en a été le pionnier en 2009, suivie par Aix-Marseille), puis dans des Communautés d’Universités et d’Établissements (COMUE), puis dans des Établissements Publics Expérimentaux (EPE), incluant éventuellement des établissements-composantes.

Une nouvelle phase s’enclenche : l’accès des EPE au statut de Grand établissement.

Ces mammouths des temps modernes vont-ils survivre dans l’enchevêtrement des crises sanitaires, climatiques, politiques, économiques, énergétiques ? Rien n’est moins sûr. Les décrets de création sont extrêmement bavards, tentent de couvrir toutes les situations possibles. Effet inverse à celui recherché : ce sont des nids potentiels de conflits. Chacun sait pourtant, depuis Michel Crozier, qu’on ne gouverne pas la France par décret.

Le pire à venir ne serait-il pas une nouvelle réduction du nombre de semaines d’enseignement en présentiel (actuellement 24 semaines en moyenne sur 52), avant d’en arriver à un enseignement entièrement à distance généralisé, recourant à l’intelligence artificielle et supprimant tout face à face entre maîtres et élèves. Cette situation signerait la mort des universités.

Les Instituts d’Enseignement Supérieur en 20 propositions (6 janvier 2012). L’idée est née du mouvement universitaire de l’hiver 2008 et du printemps 2009. Les IES sont devenus le combat du blog.

Ils constituent quatre défis pour la France : faire progresser l’accès et le succès des enfants des classes populaires dans l’enseignement supérieur ; permettre à une majorité de jeunes diplômés du supérieur et aux jeunes enseignants de commencer à travailler plus tôt et avec un contrat stable ; donner la chance à une quinzaine d’universités, résultant de fusions (et seulement de fusions), d’être compétitives, attractives et lisibles dans le monde ; utiliser mieux l’argent public, actuellement gaspillé dans un enseignement supérieur de premier cycle éclaté et moribond.

Depuis 2009, j’ai publié 222 chroniques sur les IES.

Partie 2. Billets d’humeur d’Histoires d’universités sur les regroupements entre universités et autres établissements d’enseignement supérieur et leur Contexte. A noter que n’y figurent pas Besançon-Dijon, Bordeaux-Poitiers, Lyon Saint-Étienne, Rennes, Toulouse, Tours-Angers.

Budget 2023 (Enseignement supérieur et recherche) : la Conférence des Présidents d’Université a voté OUI au CNESER, en dépit d’importantes réserves (15 novembre 2022).

Université de Lille, nid de conflits (1 novembre 2022)

L’université de. Lille craque de partout (25 octobre 2022)

Présider durant 2/3 de sa vie active (10 mai 2022)

Besançon et Dijon : vers un EPE ? (3 mai 2022)

EPE Université Paris Cité (7 mars 2022)

Université de Lille : encore un EPE ! (12 février 2022)

Rennes Université : la désunion (27 janvier 2022)

Université de Paris, bureaucratie +++ (6 janvier 2022)

L’université Paris Sciences & Lettres (PSL) a déjà le statut de Grand établissement (janvier 2022). Elle était un EPE depuis 2019.

Université de Paris Quartier Latin (3 janvier 2022)

Nantes Université (1er janvier 2022). Nouvel établissement créé par Centrale Nantes, Université de Nantes, CHU de Nantes, Inserm, École des beaux-arts de Nantes Saint-Nazaire, École nationale supérieure d’architecture de Nantes, IRT Jules Verne.

Expérimentation et Technocratie (5 juin 2020)

Université Coté d’Azur (janvier 2020). Exemplarité oblige quand on est la ministre de l’ESR, fondatrice de l’EPE. Frédérique Vidal, l’arroseuse arrosée.

Université Grenoble Alpes est un EPE depuis janvier 2020. Les universités de Grenoble avaient fusionné en 2015).

Université Paris-Saclay (création et statuts, 5 novembre 2019). Elle n’est pas un EPE mais un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel. L’Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement (Agro Paris Tech), Centrale Supélec, l’École normale supérieure Paris-Saclay et l’Institut d’Optique en sont des établissements-composantes.

Fusion et EPE. Cergy Paris Université (29 octobre 2019)

Des rapprochements à la carte (12 octobre 2018)

Université de Lorraine (décret du 22 septembre 2011). Création de l’université de Lorraine sous le statut de Grand établissement, après fusion des universités de Nancy 1, Nancy 2, Metz, et de l’Institut National Polytechnique de Lorraine (INPL).

Partie 3. L’Étudiant / Educpros soutient la politique du Grand capharnaüm

Après la phase d’expérimentation, quatre EPE s’engagent pour devenir Grand établissement, par Camille Jourdan, 24 novembre 2022.

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