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1773. 27 évènements, 12 chroniques

Suite des chroniques sur le 18ème siècle, année par année. Sources : articles de Wikipédia.

1773. 27 évènements et 12 chroniques dédiées à 1773.

Quiz. Cet édifice strasbourgeois a été construit entre 1772 et 1775. Comment s’appelle-t-il et quel est son architecte ? Indice : une chronique du blog lui est consacrée.

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Partie 1. L’Europe : quelles alliances et quels rapports de force entre les nations ?

En 1773, en France, Louis XV vit sa dernière année de règne ; il a osé confier la réforme de la Justice à Maupeou et exilé les membres du Parlement de Paris. Bannis du pays, les jésuites voient leur Ordre dissout par le Pape. Le jeune duc de Berry, un des petits-fils de Louis XV, sait qu’il va devoir régner. Il a 19 ans et sera Louis XVI. Son mariage avec Marie-Antoinette en 1770 incarne l’alliance de la France et de l’Autriche. Ces deux pays ne sont pas en guerre.

En 1773, l’Angleterre n’est pas en guerre non plus. Elle s’assure de la maitrise du trafic colonial par le Tea Act. Elle confie à Cook une exploration maritime lointaine. Début des troubles dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord. Angleterre et France vont bientôt s’affronter dans la guerre d’indépendance des États-Unis.

En 1773, à l’est de l’Europe, la guerre entre la Russie et la Turquie reprend. Son enjeu : le  contrôle de l’accès à la mer Noire. La Prusse a réussi à se faire une place reconnue dans le concert des nations européennes.

En 1773, la Pologne ratifie le traité de Saint-Pétersbourg de 1772 sous la menace de nouvelles amputations. Cela ne suffit pas ; elle disparaîtra après les partages de 1792 et 1795 entre la Russie, La Prusse et l’Autriche.

En 1773, l’Espagne et la Suède n’ont plus l’influence qu’elles avaient en Europe un siècle plus tôt.

Partie 2. 1773, les évènements, mois par mois. Références aux 10 chroniques du blog déjà publiées.

17 janvier. L’expédition Cook passe le cercle polaire Antarctique. 17 février. Il observe sa 1ère aurore australe dans l’Océan Indien. 16 août : Il passe par Tahiti. Grâce à la méthode de calcul par les distances lunaires puis grâce à la mise au point des chronomètre, le travail des navigateurs va se trouver facilité à la fin du XVIIIe siècle, à partir de 1770.

31 janvier. Frédéric II de Prusse crée par décret la province de Prusse-Occidentale.

13 février. Beaumarchais lit sa comédie « Le Barbier de Séville » chez le fermier général Lopès : « Un vieillard amoureux prétend épouser demain sa pupille mais un jeune amant plus adroit, le jour même, en fait sa femme ».

Chronique du blog (1). Beaumarchais l’insolent (1732-1799). Pierre-Augustin Caron prendra le nom de Beaumarchais en 1756.

20 février. Début du règne de Victor-Amédée III de Sardaigne (1726-1796).

24 février. Arrêt du conseil réorganisant le recouvrement de la capitation bourgeoise de Paris. Les loyers sont recensés par l’intendant Bertier et l’imposition est calculée de manière proportionnelle ; le rendement de l’impôt passe de 850 000 livres à 1 400 000 livres.

8 mars. Condorcet est élu « pensionnaire surnuméraire, adjoint avec survivance » au Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, Grandjean de Fouchy

22 mars. Rupture de la conférence de Bucarest. Reprise de la guerre russo-turque.

  • 7 juin : victoire des Russes du général Weissmann d’Alexandre Souvorov sur les Turcs à Karasou en Bulgarie.
  • 21-27 juin : les troupes russes de Piotr Alexandrovitch Rumyantsev passent le Danube.
  • 21 juillet : Le général russe Weissmann est tué par les Turcs à Kaïnardji. Piotr Alexandrovitch Roumiantsev est battu par les Ottomans à Silistrie et doit repasser le Danube.
  • 20 novembre : Pougatchev assiège Orenbourg. Les Cosaques de l’Oural, les serfs et les ouvriers de Bachkirie, Mordovie, Oudmourtie, de Touva, les Tatars et les Mariis se rallient. Catherine II de Russie charge Bibikov (dictateur de l’Est) de réprimer le soulèvement.
  • 21 octobre : échec des Russes devant Varna.
  • 21 novembre : Pougatchev subit un échec à Berda.
  • 26 décembre : Pougatchev bat les troupes régulières russes de Tchernychev sur les bords de la Sakmara.

7 avril. Paris : les loges maçonniques françaises sont réorganisées au sein du Grand Orient de France dans un vaste système relationnel hiérarchisé par les affiliations. Au nombre de 200 en 1773, elles passent à 300 en 1778, plus de 600 en 1789 avec 40 000 adeptes estimés.

27 avril. Vote du Tea Act, qui prend effet le 10 mai. La métropole tente de rétablir le régime de l’exclusive. Tout le trafic colonial passe sous contrôle britannique.

9 mai. Émeutes de la faim à Bordeaux.

11 juin. Diderot quitte Paris pour La Haye. Il est logé à l’ambassade de Russie, chez le prince Galitzine. 20 août, il arrive à Saint-Pétersbourg. Du 8 octobre au 5 mars 1774 : Diderot séjourne cinq mois à Saint-Pétersbourg à l’invitation de Catherine II de Russie. Il rédige à sa demande un projet pour l’organisation de l’enseignement en Russie.

Huit chroniques sur Diderot, dont chronique (2) : Diderot, dessine-moi une université ! Plan d’une université pour le Gouvernement de Russie (1775-1776), projet réalisé à la demande de Catherine II, impératrice.

13 juin. Espagne : le comte d’Aranda quitte ses fonctions de président du conseil de Castille sous l’influence du haut clergé pour devenir ambassadeur à Paris.

21 juin. Le Regulating Act prend force de loi. Il place les acquisitions indiennes sous l’autorité du parlement britannique. Calcutta devient la capitale des Indes britanniques.

3 juillet. La Comédie française reçoit la comédie Le Barbier de Séville de Beaumarchais, dans une version en 4 actes.

21 juillet. Le pape Clément XIV prononce la dissolution de la Compagnie de Jésus par le bref Dominus ac Redemptor. Il aurait été élu sur ordre des monarchies Bourbon en échange de l’engagement de supprimer la Compagnie. 

« Il y a alors 23 000 Jésuites, prêtres et frères, répartis en 39 provinces, en 1 600 résidences et 800 établissements d’enseignement. 15 000 d’entre eux se trouvent ramenés à l’état séculier et deviennent prêtres diocésains. Ils doivent abandonner leur postes d’enseignants.

Les collèges jésuites en Autriche sont attribuées aux piaristes, tandis que l’université de Prague en Bohême passe aux mains du clergé régulier. La Bibliothèque de Vienne, jusqu’alors entre les mains des jésuites, est donnée à l’université.

En Hongrie, on compte 7 collèges et 41 gymnases jésuites ainsi que plusieurs facultés à l’université de Nagyszombat et aux académies de Kassa et de Kolozsvár.

Frédéric II de Prusse (calviniste) et Catherine II de Russie (orthodoxe) refusent que le décret papal soit promulgué dans leurs États. Les collèges jésuites continueront à y fonctionner jusqu’au rétablissement de la Compagnie en 1814″.

Histoire de la chute des jésuites au dix-huitième siècle (1750-1782).

Chronique du blog (3). 1759-73. La fin des Jésuites ? La suppression de la Compagnie de Jésus, ordre religieux fondé par Ignace de Loyola en 1540, est prononcée par le pape Clément XIV en 1773.

Septembre. Le cardinal de Bernis est chargé de faire pressentir à Rome s’il serait possible de faire annuler le mariage de mademoiselle de Vaubernier avec le comte Guillaume Dubarry, sans succès. Le projet de mariage entre Louis XV et Madame du Barry échoue.

Chronique du blog (4). Mme du Barry, guillotinée fin1793. Dès la mort de Louis XV, son petit-fils et successeur Louis XVI, probablement influencé par sa femme, la jeune reine Marie-Antoinette et ses tantes, fait délivrer une lettre de cachet contre la comtesse du Barry.

11 septembre. Soufflot est nommé contrôleur général des bâtiments et embellissements de la ville de Lyon.

Chronique du blog (5). Paris. Soufflot, architecte de l’École de droit, construite de 1771 à 1773, ouverte en 1774 et inaugurée en 1783.

17 septembre. Le chef Cosaque Pougatchev (1742-1775) se proclame tsar sous le nom de Pierre III et promet aux paysans l’abolition du servage. Début de la Guerre des Paysans russes.

19-20 septembre. Révolte populaire à Palerme. Menacé, le vice-roi Fogliani quitte la ville. Ferdinand IV de Naples confie aux corporations le maintien de l’ordre public à Palerme. Un gouvernement provisoire est institué sous la présidence de l’archevêque Serafino Filangieri.

30 septembre. La Diète de Pologne ratifie le traité de Saint-Pétersbourg de 1772 sous la menace de nouvelles amputations. Tadeusz Reytan tente d’empêcher la légalisation de la première partition.

Chroniques du blog (6 et 7). La Pologne partagée, 1772, 1793, 1795. Suite de la chronique Pierre 1er le Grand et Catherine II : accéder à la mer Noire et à la mer Baltique.

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L’Aisne, le canal des Ardennes

Asfeld : l’Aisne et le canal des Ardennes, l’église baroque Saint-Didier, le cimetière militaire allemand.

Diaporama de 23 photos (novembre 2007).

Partie 1. Le canal des Ardennes est un canal à bief de partage au gabarit Freycinet reliant les vallées de l’Aisne et de la Meuse. Source : article de Wikipédia. Autres chroniques et photos du blog portant sur les canaux construits au 18ème et 19ème siècles.

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« Long de 87,779 kilomètres, il comporte 44 écluses (37 sur le versant Aisne et 7 sur le versant Meuse), et un tunnel à Saint-Aignan.

Les premiers projets de canal datent de 1684, sous le ministère de Louvois et consistaient à utiliser et prolonger le cours de la Bar, alors navigable. Différentes propositions sont faites au cours des décennies, et des lettres patentes de juin 1776, presque un siècle plus tard, accordent au prince de Conti le privilège de sa construction et de son exploitation. Le prince décède peu de temps après et rien ne se fait.

Survient la Révolution de 1789. L’assemblée constituante, relance le projet, mais faute de retrouver les études précédentes et compte tenu des événements, le sujet n’avance pas. En l’an VIII (1800), les conseillers généraux rappellent le projet au gouvernement. Le préfet Joseph Frain les appuie et argumente sur l’intérêt du canal, sur la base d’un nouveau tracé, dans un rapport du 4 octobre au ministre de l’intérieur, Lucien Bonaparte. Le successeur de celui-ci, le scientifique Jean-Antoine Chaptal, accepte d’entreprendre la construction, mais n’accorde que des fonds très réduits. Les travaux commencent lentement.

Ils ne prennent vraiment d’importance que sous la seconde Restauration, avec le lancement en 1820 d’un emprunt pour financer ce projet.

L’ouverture du canal se fait entre 1827 et 1835, modernisation entre 1842 et 1846″.

Partie 2. L’église baroque Saint-Didier d’Asfeld. Source : article de Wikipédia.

« Vers les années 1680, Jean-Jacques de Mesmes, comte d’Avaux, nouveau maître des lieux, célèbre pour avoir participé à la signature du traité de Nimègue, décide de reconstruire l’église d’Asfeld.

L’érudit, aimant les voyages, particulièrement en Italie, est tombé amoureux de l’art baroque, ce qui le poussera à souhaiter l’édification d’un monument de ce style et à en confier la réalisation à un architecte connu à l’époque pour avoir résolu des problèmes techniques liés à la reconstruction du Pont Royal à Paris : le frère dominicain François Romain.

Ainsi, le comte d’Avaux lui demande-t-il de s’inspirer de ce nouvel art au XVIIe siècle et de créer un édifice ayant la forme d’un instrument de musique afin que les chants et les prières soient mieux portés encore vers le ciel.

C’est ce concept qui conduit le frère François Romain à établir ses plans en s’inspirant de la viole de gambe« .

Partie 3. Le Cimetière militaire allemand d’Asfeld. Source : Ardennes Patrimoine culturel.

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Bouilleurs de cru au 18ème

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Suite de la chronique d’hier : Fromages du 18ème et d’aujourd’hui. Quatre parties dans cette nouvelle chronique.

Partie 1. Eaux-de vie de cerises. Source : deux photos prises en randonnée (septembre 2022).

« La fabrication d’eaux de vie de cerises a été octroyée, en 1726, à tous les citoyens par le cardinal Armand-Gaston de Rohan dans la partie de son évêché située sur la rive droite du Rhin, en particulier à Oberkirch (Bade-Wurtemberg) ».

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Partie 2. Distiller les cerises à Fougerolles aux XVIIIe et XIXe siècle.  Source : extraits de l’article d’Abdelhak El Mostain dans la Revue d’histoire des techniques, e-Phaïtos, VI-1, 2017-1018.

« Fougerolles est la capitale française du kirsch, une des plus anciennes eaux-de-vie de fruits en France, issue d’un savoir-faire ancestral en matière de distillation et de culture du cerisier et qui bénéficie depuis 2010 de l’Appellation d’Origine Contrôlée. D’abord activité complémentaire de l’agriculture fougerollaise, la production du kirsch s’est semi-industrialisée dès le début du XIXe siècle en faisant émerger de véritables entrepreneurs qui vont marquer le marché des alcools de bouche en France jusqu’au milieu du XXe siècle.

Le développement de la distillation alcoolique à travers le produit phare, le kirsch, est d’abord le résultat du savoir-faire et de la volonté tenace des paysans de ce pays particulier qui, malgré les obstacles, ont apprivoisé le cerisier et se sont lancés dans la production et la commercialisation de l’eau-de-cerise et dont quelques-uns ont joué historiquement, dès la fin du XVIIIe siècle, un rôle de charnière entre le bouilleur de cru traditionnel et le nouvel industriel dont la pratique sera plus lucrative. Enfin, la réussite de l’activité de distillation est la conséquence de l’évolution des techniques de production utilisées allant de la distillation à feu nu jusqu’à la distillation à la vapeur en passant par le procédé de distillation au bain-marie »…

Fougerolles, le pays de la cerise et la capitale du kirsch

Le cerisier, l’eau-de-cerise… et le kirsch

Du paysan-distillateur au distillateur de profession

De la cerise au kirsch : un savoir-faire et des techniques de distillation

De la cueillette des cerises au kirsch

De l’alambic à feu nu à la distillation à la vapeur

L’avènement de la distillation à la vapeur

« Issu de la distillation de deux variétés principales au sein de l’espèce Prunus avium, les merises et les guignes, le kirsch est l’une des plus anciennes eaux-de-vie en France. Reconnu en 2010 appellation d’origine contrôlée, le kirsch de Fougerolles est le premier alcool de fruit à obtenir une AOC en France. Actuellement, l’aire géographique de l’AOC Kirsch de Fougerolles compte plus de 10.000 cerisiers produisant annuellement 500 tonnes de cerises et 35.000 litres d’eau-de-vie. C’est la plus petite zone AOC en France ».

Partie 3. Du schnaps et des bouilleurs de cru et de ce qu’il en reste dans la mémoire alsacienne. Source : extraits de l’article de Paul Eschbach, Revue d’Alsace, 137, 2011, pp. 185-197.

« Inventé en Egypte, il y a plus de deux mille ans, introduit en Europe par les Arabes, l’art de la distillation a été porté en Alsace à un haut degré de raffinement. Il est à l’origine d’une vaste gamme d’eaux-de-vie de fruits dont la fabrication et la consommation ont engendré les rites et les traditions d’un riche folklore. Des abus aussi, que les ligues antialcooliques ont combattus en exigeant la suppression du privilège des bouilleurs de cru. À présent, une vaine campagne ! D’origine fermière ou professionnelle, les eaux-de-vie blanches n’ont plus la cote et les distillateurs alsaciens se mettent eux-mêmes à produire whiskys et vodkas. Au village cependant quelques nostalgiques s’obstinent à maintenir la tradition ».

Un facteur de prospérité : le Brandwinn des Brennherren de Colmar

Les bouilleurs de cru prennent la relève

Passe et repasse

De la rincette matinale au Bethipserle

Boire n’est pas déguster

Ne pas confondre privilège et droit de distiller

Chez nous, écrivait Jean Egen, tous les fruits sont appelés aux béatitudes de l’alambic, et de la quetsche au gratte-cul, ils sont tous élus. Pour nous exprimer plus prosaïquement que l’auteur des Tilleuls de Lautenbach, disons que l’Alsace – et sa sœur la Lorraine – forment la région en Europe où l’on produit la plus grande variété d’eaux‑de‑vie de fruits. Et les meilleures, de surcroît.

Cette particularité a une histoire : elle est née des faveurs d’un terroir, elle a généré des traditions, un folklore, des rites, mais aussi des abus. On serait enclin à dire qu’il y avait une culture de la goutte, ou du schnaps, comme il y a une culture du vin. Au reste, dans un passé plus lointain, et s’agissant plus spécialement de l’Alsace, le vin et l’eau‑de‑vie avaient déjà fait cause commune. Avant de distiller les fruits, c’est du vin – et du vin exclusivement – que l’on tirait en quantités significatives les premières eaux‑de‑vie à vocation alimentaire »…

« Les bouilleurs de cru prennent la relève. 5 500 hectolitres en 1672 et… plus rien un siècle plus tard, à en croire Schoepflin, qui note en 1761 qu’à Colmar, le commerce jadis si florissant des eaux‑de‑vie a complètement cessé. L’Alsace ayant été rattachée à la couronne de France, la perte des débouchés en pays germaniques n’était pas étrangère à ce déclin, mais elle ne l’expliquait pas totalement. Les Brennherren de Colmar avaient certes déserté le Brennbaechlein, mais en d’autres lieux, et plus particulièrement à la campagne, d’autres distillateurs avaient pris le relais. Au fil des temps, l’alambic s’étant banalisé, la distillation avait intégré l’activité propre aux gens de la terre producteurs de la matière première. Une matière première qui ne se limitait dès lors plus au vin, mais qui comprenait aussi les marcs des viticulteurs, puis progressivement les fruits, et pour commencer la cerise ».

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Mechanisches Musikkabinett

Croisière sur le Rhin et la Moselle. Escale à Rüdesheim am Rhein (kilomètre 514 depuis le lac de Constance). Tour dans les vignes (cépage Riesling) en petit train. Visite du Siegfried’s Mechanisches Musikkabinett.

Diaporama de 40 photos. Cinq parties dans cette chronique :

  • Musée des Instruments de Musique Mécaniques
  • Histoire des automates et des androïdes
  • Jacques de Vaucanson (1709-1782)
  • Pendule à orgues. Le Concert de singes
  • Réhabiliter les automates français.

Partie 1. Rüdesheim. Musée des Instruments de Musique Mécaniques. Source : site du musée.

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« Vous n´allez pas en croire vos oreilles. Bienvenue au Musée des Instruments de Musique Mécaniques, le premier du genre en Allemagne.

Réjouissez-vous à l´idée de : 

  • Découvrir environ 350 instruments de musique mécaniques des 3 derniers siècles (du 18e s. au 20e s.), de la simple boîte à musique au piano-orchestrion-concert faisant jouer jusqu’à 15 instruments.
  • Faire une visite guidée de 45 minutes tout en écoutant de la musique
  • Profiter de visites guidées proposées en 9 langues.

Venez nous rendre visite au Brömserhof, une demeure qui date du 15ème siècle, située en haut de la fameuse Drosselgasse à Rüdesheim sur le Rhin ».

Histoire de Rüdesheim am Rhein.

« Siegfried Wendel (1935-2016), collectionneur allemand d’instruments de musique mécaniques et opérateur de musée ». Source : article de Wikipédia.

« Lorsque Siegfried Wendel a visité un musée en plein air près de Los Angeles lors de sa lune de miel au milieu des années 1960, qui exposait également un certain nombre de pianos mécaniques et d’autres machines à musique, cela l’a inspiré à fonder le premier musée allemand des instruments de musique mécaniques le 17 octobre 1969. Les locaux devinrent bientôt trop petits et, en 1975, il s’installa au Brömserhof. Depuis lors, il dirige le cabinet de musique mécanique de Siegfried avec l’aide de son fils Jens Wendel .

En 1975, Wendel est membre fondateur de la Society for Self-Playing Musical Instruments.  Il a inventé le terme stockage de données – instruments de musique et a ainsi placé les disques et les bandes utilisés dans les machines à musique dans la lignée ancestrale des supports de stockage assistés par ordinateur modernes ».

Partie 2. Histoire des automates et des androïdes. Source : site Automates et Boîtes de musique.

« Selon le dictionnaire Larousse, un automate est une machine qui, par le moyen de dispositifs mécaniques, pneumatiques, hydrauliques, électriques ou électroniques, est capable d’actes imitant ceux des corps animés. Par ailleurs, on désigne par le terme « androïde » tout automate à figure humaine. Dans sa forme la plus aboutie, l’androïde est doté de mouvements et de dimensions qui copient étroitement la nature.

Le XVIIIème siècle, époque des androïdes et des animaux artificiels. Les véritables automates sont nés en plein siècle des lumières avec l’art de l’horlogerie. Cette époque, dominée par l’esprit scientifique, et, plus précisément, par la conception biomécanicienne de l’être humain, voit naître de nombreuses créatures artificielles qui tentent de copier trait pour trait la nature : androïdes et animaux mécaniques sont ainsi réalisés par des horlogers-mécaniciens attirés par la médecine et les sciences naturelles. Leur but n’est pas de divertir mais de faire progresser la science en s’entourant de médecins et de chirurgiens dans l’élaboration des différents organes artificiels.

Les grands automatistes de cette époque sont : Vaucanson, Friedrich Von Knauss, le Baron Von Kempelen, Pierre et Louis Jaquet-Droz, l’abbé Mical, et Kintzing.

Chacun des êtres artificiels réalisés au XVIIIème siècle était généralement une pièce unique qui résultait d’un long et fastidieux travail d’élaboration. Mais le résultat était impressionnant : de nombreux androïdes, souvent très complexes et remplissant des fonctions bien réelles, furent construits : automates écrivains, dessinateurs ou musiciens.

Les animaux artificiels, nés, eux aussi, de cette philosophie, avaient un comportement qui copiait presque parfaitement le monde animal : paons, insectes, chiens, cygnes, grenouilles, éléphants, écrevisses et canards constituaient, entre autre, le bestiaire de ces créateurs – zoologistes ».

Partie 3. Jacques de Vaucanson (1709-1782). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Jacques Vaucanson, ou Jacques de Vaucanson, est un inventeur et mécanicien français. Il a créé des automates dont le canard de Vaucanson ».

« Il suit à Paris, de 1728 à 1731, des études de mécanique, physique, anatomie et musique.

À partir de 1733 ou 1735 et jusqu’en 1737 ou 1738, il construit son premier automate, le flûteur automate, qui joue de la flûte traversière. Il semblait être grandeur nature, habillé en sauvage et jouant assis sur un rocher. Il fait forte impression au public, qui peut le voir à la foire de Saint-Germain, puis à l’hôtel de Longueville.

Une grande partie du mécanisme de l’automate était placée dans un piédestal ; celui-ci, entraîné par un poids, consistait en un cylindre de bois couvert de picots, qui, par l’intermédiaire de quinze leviers et de chaînes et de câbles, pouvait modifier le débit d’air, la forme des lèvres, et les mouvements des doigts. Le flux était produit par neuf soufflets de puissances différentes, une sorte de langue artificielle ouvrait ou fermait le passage. La flûte n’est pour l’automate qu’un instrument remplaçable par un autre, et ce sont les mouvements des lèvres, doigts, et le contrôle du souffle qui lui permettent de jouer de la musique, comme un humain. Le flûteur automate a disparu au début du XIXe siècle ».

Le canard de Vaucanson. Sources : extraits de l’article de Wikipédia et Youtube de 16’56.

Créé vers 1734 et présenté au public en 1739, célèbre tant pour le naturel, la complexité et la diversité de ses mouvements que pour la manière réaliste dont il simule la digestion et la défécation.

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Musée. Imprimerie et Carte à jouer

Grevenmacher (Luxembourg). Musée de l’imprimerie et de la Carte à jouer.

4 parties dans cette chronique :

  • Partie 1. Grevenmacher. Musée luxembourgeois de l’Imprimerie et de la carte à jouer. Diaporama de 33 photos.
  • Partie 2. Cartes à jouer et cartiers à Angers.
  • Partie 3. Histoire des cartes à jouer en Europe et en France.
  • Partie 4. Grevenmacher. Nouvelle exposition permanente sur l’histoire de l’imprimerie. Diaporama de 19 photos.

Partie 1. Grevenmacher. Musée luxembourgeois de l’Imprimerie et de la carte à jouer. Source : exposition sur le cartier Jean Dieudonné.

« Le musée du jeu de cartes est dédié à Jean Dieudonné, né vers 1720 aux environs de Thionville, fondateur d’une dynastie de cartiers qui s’est installée à Grevenmacher en 1754. Le musée reconstitue son atelier du début du XIXe siècle, avec la presse telle qu’elle fonctionnait alors, ainsi que les pochoirs, clichés et autres outils utilisés pour la fabrication des cartes ».

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« Les produits de la manufacture Dieudonné étaient surtout destinés au marché étranger, les avantages fiscaux au Luxembourg créant un contexte favorable pour cet artisanat florissant. Les successeurs de Jean Dieudonné continuèrent la manufacture jusqu’en 1880, date à laquelle Jean-Paul Dieudonné décida l’abandon de la production de cartes.

L’histoire de la manufacture est intimement liée aux mutations politiques qui ont jalonnée son existence. Ainsi, à la suite de la Révolution française et de l’annexion du Luxembourg en 1795, il fut interdit de représenter des têtes couronnées sur des cartes de jeux, et lorsqu’en 1797, le gouvernement français introduisit la taxe sur les jeux de cartes, il fallut toute l’intelligence commerciale des Dieudonné pour assurer la survie de l’entreprise.

Le gouvernement néerlandais qui succéda aux Français abolit la taxe, et ce n’est que bien plus tard, en 1905, que le gouvernement luxembourgeois décida de la rétablir ; à cette époque, les manufactures Dieudonné avaient déjà cessé d’exister ».

Partie 2. Cartes à jouer et cartiers à Angers. Source : extraits des Archives d’Angers.

« Angers fut pendant quatre siècles le siège d’une importante industrie cartière, maintenue jusqu’en 1952 par la fabrique Dieudonné qui dût fermer à la suite de la loi de 1946 accordant liberté totale de fabrication des cartes à jouer à tous les imprimeurs ».

« Les cartes de Jacques Rousseau, maître cartier documenté entre 1689 et 1695, constituent la plus ancienne trace des productions angevines. La première feuille, caractéristique des cartes au portrait de Paris très répandu en France du nord, de l’est et de l’ouest, présente la série complète des dames (Judic dame de cœur, Palas dame de pique, Argine dame de trèfle, Rachel dame de carreau), un fragment du valet de trèfle et le valet de pique Hogier, traditionnellement accompagné d’un petit chien dressé contre sa jambe gauche. Les personnages portent les noms actuels, fixés vers la fin du XVIIe siècle. Ceux de la seconde feuille, gravés en revanche selon le portrait de Guyenne, ne portent aucun nom. Toutes deux ne présentent aucune enseigne (pique, trèfle…) : celles-ci étaient peintes après l’impression.

Les registres paroissiaux livrent en 1674 le nom d’Étienne Madigné, tige d’une dynastie de « marchands cartiers » qui se poursuit jusqu’à la Révolution. Le 4 juin 1675, Simon Helboult, marchand cartier, épouse Marie Joret appartenant à une autre dynastie de cartier. Les Archives d’Angers conservent un spécimen d’enveloppe de jeu de Simon Elbout (orthographe la plus commune) marquée : A bon jeu, bon argent. Cartes très fines à batons faite par Simon Elbout rus du Beuf Couronné à la Bonne Renommée à Angers. Gros marchand, Simon Elbout, mort en 1708, paie vingt livres de capitation en 1694. Le cartier Quitteboeuf a un commerce encore plus considérable puisqu’il est taxé à cinquante livres.

Au XVIIIe siècle, les maîtres cartiers d’Angers sont huit à dix en moyenne. Dès les années 1680-1690, leur production très soignée fait rude concurrence aux cartiers nantais. Le métier, regroupé avec les cartonniers, est libre. N’étant pas constitué en corporation, il n’a pas de statut. Seuls de grands centres comme Nantes, Toulouse, Rouen, Paris ou Lyon purent obtenir le groupement en corporation.

Les cartiers angevins ne sont plus que six en 1789 (quatre à Toulouse, huit à Lyon), mais produisent environ 105 300 jeux de piquet par an. Le plus actif d’entre eux, Pierre Sigogne, taxé à soixante-quatorze livres de capitation, fait partie des Angevins les plus imposés. Il rédige le cahier de doléances des cartiers-cartonniers en 1789″.

Partie 3. Brève histoire des cartes à jouer. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Les cartes à jouer sont apparues en Europe au XIVe siècle (leur présence est attestée en Catalogne en 1371, en Allemagne et à Florence dès 1377, en Espagne entre 1377 et 1381 et en France en 1381) ; elles y sont peut-être arrivées par l’intermédiaire des Arabes ou par les échanges marchands avec les Mongols le long de la Route de la soie, deux hypothèses retenues par Joseph Needham ou par Thomas T. Allsen.

Le jeu de tarots apparaît dans les années 1440 en Italie du Nord. Très tôt sa structure se fixe : quatre couleurs composées de dix cartes numérales de l’as au dix, quatre figures (valet ou fante, cavalier, reine et roi) ; à ces quatre séries est ajoutée une cinquième série de cartes (les triomphes qui seront plus tard désignés comme atouts) de vingt-deux cartes ».

« En France, l’énorme demande pour ce nouveau jeu de hasard va pouvoir être satisfaite grâce à la gravure sur bois, un procédé innovant qui permet la multiplication mécanique des images. Lyon, ville de l’impression sur étoffes utilise déjà ce mode de fabrication de motifs en gravant des figures sur une plaque de bois qui va servir de tampon. Après encrage, les plaques impriment leurs motifs par pression sur le papier. Puis le contre-collage de quatre feuilles de papier rigidifie le tout pour lui donner une texture cartonnée, d’où le nom de cartes. Elles sont alors peintes à la main, puis découpées avant d’être recouvertes de savon, et enfin passées au lissoir afin de faciliter une bonne manipulation du jeu.

Les cartiers de Lyon présentent leurs cartes avec des caractéristiques propres : les rois portent un sceptre à la fleur de lys, le roi de cœur tient un perroquet, le roi de trèfle un globe surmonté d’une croix, la dame de carreau une fleur de tournesol, le valet de carreau une hallebarde.

Sous l’Ancien régime, les cartes sont soumises à des droits qui provoquèrent parfois la colère des cartiers.

C’est en 1704 que le père jésuite François Ménestrier (1631-1705), enseignant au collège de la Trinité à Lyon, considère que le jeu de cartes représente un état politique composé de quatre corps: les ecclésiastiques, gens de cœur; la noblesse militaire et ses armes, les piques ; les bourgeois aux maisons pavées comme des carreaux et les trèfles revenant tout naturellement aux paysans. Louis XIV en profite, aussitôt, pour lever un impôt sur chaque jeu.

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18ème. Gravures de camp militaire

Deux gravures de Striedbeck, photographiées en novembre 2021 au Cabinet des Estampes de Strasbourg

Diaporama de 11 photos : Plan du Camp d’Erstein en Alsace (1753) et Carte du Camp de Blopsheim en  Alsace (1754), villes distantes de 10 kms.

Partie 1. Que nous apprennent ces gravures ? Quelles questions posent-elles ?

Les légendes des gravures livrent le nom et les titres de ceux qui commandaient l’inspection des camps. Il s’agit de deux figures de la Noblesse d’épée.

Erstein. Plan commandé par Mr le Marquis de St. Pern (1716-1795), Lieutenant Général des Armées du Roy, Commandeur de l’Ordre Royal et militaire de St. Louis, Inspecteur Commandant du Corps de Grenadiers de France et Inspecteur Général d’Infanterie.

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Blopsheim. Carte commandée par Mr le Comte de Maillebois (1715-1791), Lieutenant Général des Armées du Roy, Inspecteur Général d’Infanterie, Gouverneur de la Ville et Citadelle de Douay, et Maître de la Garde-robe du Roy.

Les gravures classent les troupes en plusieurs catégories et les symbolisent par des logos, qui indiquent leur emplacement sur le terrain : postes d’infanterie, sentinelles, gardes de cavalerie, vedettes (bateaux), canons, gardes du camp, hussards, chapelle.

Partie 2. Les gravures des camps d’Erstein et de Plobsheim ont-elles été portées à la connaissance de l’intendant et du gouverneur de l’Alsace ?

Jacques Pineau de Lucé a été Intendant de la Généralité d’Alsace de 1753 à 1764, année de sa mort, à l’âge de 55 ans. Il a été seigneur de Viennay, président au Grand Conseil, maître des requêtes, intendant à Tours, intendant de Hainaut, puis conseiller d’État en 1761.

Source. Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, Sans cela une ville ne peut être heureuse : le rôle des gouverneurs et des commandants dans l’aménagement des villes-frontières au XVIIIe siècle, par Guillaume Lasconjarias dans Persée.

« Strasbourg, en 1732, les contrôles de troupes font état de dix bataillons d’infanterie accompagnés d’un bataillon d’artillerie et d’une compagnie d’ouvriers, soit près de six mille hommes. Encore en 1776, cette forte présence militaire est toujours attestée : il n’y a pas moins de onze bataillons (dont un d’artillerie) et six escadrons dans la cité alsacienne, sans compter un détachement de quatre cent quinze soldats formant la garnison de fort Louis.

Une partie conséquente de ces éléments est affectée à des tâches de surveillance et dans la première moitié du siècle, il monte journellement sept cent quatre-vingt-dix hommes dont trente-cinq sergents et cinq capitaines et onze lieutenants. Pas moins d’un cinquième des troupes prend part aux gardes, aux contrôles et aux patrouilles, souvent une fois la nuit tombée.

Dans la cité alsacienne, outre la garde des portes et des lieux les plus dignes d’intérêt et de conservation (l’hôtel de ville, le pont principal sur le Rhin, les hôtels du gouverneur et du commandant…), des éléments militaires patrouillent dans tous les quartiers.

En théorie, on pourrait imaginer une séparation entre monde civil et monde militaire. Il n’en est rien, ne serait-ce que parce que les troupes se répartissent entre la ville et la citadelle, en théorie interdite aux civils ».

Partie 3. Le contexte politico-militaire : entre la guerre de succession d’Autriche (1740-1748) et la guerre de Sept Ans (1756-1763).

Les deux gravures des camps d’Erstein et de Blopsheim (en 1753 et 1754) me paraissent des outils militaires de faible utilité pour le déroulement et l’issue de la guerre qui arrive. Une des raisons est que la guerre se déroulera ailleurs qu’en Alsace, ailleurs que sur le Rhin.

« La guerre de Sept Ans est un conflit majeur de l’histoire de l’Europe, le premier qui puisse être qualifié de guerre mondiale. Elle concerne en effet les grandes puissances européennes de cette époque, regroupées en deux systèmes d’alliance, et a lieu sur des théâtres d’opérations situés sur plusieurs continents, notamment en Europe, en Amérique du Nord et en Inde.

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De Rohan, abbés commendataires

Louis-René de Rohan (1734-1803), prince-évêque de Strasbourg de 1779 à 1790, a bénéficié, au cours de sa vie, d’abbayes commendataires : Sauxillanges, La Chaise Dieu, Montmajour, Saint Vaast.

L’abbaye commendataire n’est pas une charge royale (elle ne s’achète, ni ne se vend). Elle est souvent associée à une position dans la hiérarchie de l’église : des évêques coadjuteurs, des évêques, des archevêques, des cardinaux obtiennent des abbayes commendataires.

Elle est, pour le Clergé noble ou anobli, une marque de confiance royale, une récompense pour services rendus ou attendus. Ce qui veut dire que, quand la confiance n’existe plus, la commende est retirée (ce sera le cas pour Louis-René de Rohan au moment de l’affaire du Collier de la Reine, en 1784).

La commende constitue une source de revenus fort variable, entre 1 000 livres et 130 000 livres par an (ce dernier montant est celui de l’abbaye de Saint-Germain des Près quand le cardinal Charles-Antoine de la Roche-Aymon en obtint la commende en 1771). Ce revenu est cumulable avec d’autres commendes (le montant de la dernière obtenue étant plus élevé que celui de l’avant-dernière). J’ai noté 25 commendes dont le revenu est égal ou supérieur à 40 000 livres par an.

Les commendes ne constituent pas la seule source de revenus de Louis-René de Rohan. Il faut y ajouter le poste d’ambassadeur à Vienne durant deux ans, la principauté épiscopale de Strasbourg à partir de 1779, le provisorat de Sorbonne, l’Hôpital des Quinze-Vingts…

Autre avantage financier pour le Clergé : la non–imposition. Mais, à partir de Louis XIV, le don gratuit, contribution aux finances royales, devient coutumier et est exigé à chaque assemblée du clergé. Le montant des sommes versées a été très variable. Entre 1715 et 1788, le clergé aurait contribué pour 288 millions de livres, soit 2,7 % des revenus du Trésor royal d’après Necker.

L’Almanach Royal annuel existe depuis 1699 (une quinzaine d’années sont consultables à la BNU de Strasbourg). Celui de 1777 recense plus de 700 abbayes commendataires pour hommes.

De gauche à droite : année de la nomination du titulaire de la commende; nom de l’abbaye; nom du titulaire; nom du diocèse où se trouve l’abbaye; montant, en florins, de la somme versée à Rome pour la nomination; montant, en livres, du revenu annuel de l’abbaye.

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L’Almanach de 1777 recense près de 300 abbayes commendataires pour « filles ». La plus importante est l’Abbaye Royale de Fontevraud. Julie Pardaillon d’Antin, abbesse depuis 1766, est la 36e et dernière abbesse. L’Almanach affiche un revenu de 80 000 livres. Sept autres revenus d’abbayes féminines se situent entre 30 000 et 55 000 livres. Les Abbesses commendataires sont-elles pénalisées financièrement par rapport aux Abbés ? Je ne sais !

1789-1790. L’Assemblée nationale prend  les décisions qui mettent un terme à la vie monastique, et, de fait, au système de la commende. « Le 2 novembre, les biens ecclésiastiques sont mis à la disposition de la Nation ; le 13 novembre, les communautés doivent déclarer leurs biens mobiliers et immobiliers. Le 13 février 1790, les vœux monastiques sont interdits et les ordres religieux supprimés. En 1792, la République décide la vente des biens nationaux ».

Parties 1 à 4 : les commendes de Louis-René de Rohan. Cette chronique ne dit rien – hélas – de l’investissement personnel de l’abbé commendataire dans chacune d’entre elles. Revenus annuels : Sauxillanges (non mentionné dans l’Almanach), La Chaise Dieu (10 000 livres), Montmajour (20 000), Saint Vaast (40 000). En 1715, Armand-Gaston de Rohan, prince-évêque de Strasbourg, était abbé commendataire de Saint-Vaast ; le revenu annuel était déjà de 40 000 livres.

Partie 1. 1745 (11 ans). Louis-René de Rohan nommé prieur commendataire du monastère de Sauxillanges en Auvergne.

Source : Le prieur clunisien de Saxillanges

« L’histoire de Sauxillanges est liée à la puissante abbaye de Cluny, fondée en 910 par Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine et comte d’Auvergne. Monastère important qui accroît son patrimoine grâce aux donations de l’aristocratie locale : 41 églises, mais aussi champs, vignes et terres forment un important réseau de dépendances religieuses et de revenus agricoles. Le cartulaire est un inestimable recueil de 979 actes, précieuse ressource documentaire sur la vie de la communauté et le réseau clunisien.

L’empreinte monastique. De forme rectangulaire, la place centrale du bourg traduit toute l’emprise du monastère, autrefois bordée des bâtiments des moines, écuries, hôtellerie, infirmerie, dortoir, salle capitulaire, château du prieur. Si l’abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul a disparu, une partie de l’ancien cloître est intégrée dans une propriété privée. La chapelle Notre-Dame du Bois du 15e siècle, conserve des clefs de voûtes aux armes de France, de Cluny et de prieurs de Sauxillanges.

Au pied du monastère, un bief dérive l’eau de la rivière Eau-Mère pour irriguer les jardins, alimenter les moulins fariniers et fournir force motrice à tout un quartier d’artisans, tanneurs, tisserands, qui ont fait la richesse du bourg au 18e siècle ».

Partie 2. Nommé évêque coadjuteur en 1759, le dernier des Rohan reçoit du roi Louis XV, en commende, l’abbaye de La Chaise-Dieu en Auvergne.

Sources : extraits du site de l’Abbaye de la Chaise-Dieu et de l’article de Wikipédia.

« Devenu roi en 1515, François Ier (1494-1547) signe un an plus tard, à Bologne, un concordat avec le Pape Léon X par lequel le roi de France peut nommer les évêques et abbés. Les rois abusent rapidement de cette facilité pour récompenser des proches, en particulier à La Chaise-Dieu. Les abbés nommés par le roi n’étaient pas tous ordonnés. S’ils venaient à La Chaise-Dieu au moins une fois pour prendre possession de leur charge, ils ne s’intéressaient guère à l’abbaye et se faisaient représenter par un vicaire général. Ainsi Henri d’Angoulême, fils naturel d’Henri II, fut abbé de 1562 à 1586.

Le cardinal Richelieu, devenu abbé commendataire de la Chaise-Dieu en 1629, a décidé en 1640 d’attacher les monastères sous la Chaise-Dieu à la Congrégation de Saint-Maur, qu’il avait fait créer en 1618, mais en gardant pareillement l’ancienne communauté, qui était autorisée d’y rester. Il s’agissait d’une réforme liturgique avec ce que les Mauristes ont apporté, à savoir le bréviaire de Saint-Maur approuvé par le pape Paul V et le missel romain tridentin de Pie V.

En même temps, ils entreprenaient de remettre en état l’abbatiale ravagée par les huguenots. Le tombeau du pape Clément VI fut reconstruit au milieu du chœur et le gisant put y être replacé. Le maître-autel, ceux des chapelles latérales ainsi que les retables datent de cette époque

La doctrine du jansénisme apparaît en 1640. L’abbaye devint un foyer d’accueil pour les jansénistes. Elle accueillit notamment Jean Soanen, évêque de Senez, l’un des plus farouches appelants, qui avait été suspendu de ses fonctions épiscopales et que le roi avait contraint à se retirer à La Chaise-Dieu, où il vécut de 1727 à sa mort en 1740 à l’âge de 93 ans.

L’abbé Hyacinthe Serroni fit construire un orgue, qui fut amélioré au début du XVIIIe siècle.

1695. Un incendie a détruit la plupart des bâtiments conventuels. Ils ont été reconstruits aux XVIIe et XVIIIe siècles.

1759. Devenu évêque-coadjuteur de Strasbourg, Louis-René de Rohan reçoit en commende La Chaise-Dieu. Il en devient le dernier abbé.

1785-1786. Il est mêlé à l’affaire du collier de la reine Marie-Antoinette. Valeur estimée de ce collier : 1 600 000 livres payables par tranche en deux ans.

En dépit de l’arrêt du 31 mai 1786 le déchargeant de toute accusation, il est exilé à la Chaise Dieu. En fait, son séjour n’a duré que trois mois et demi. A la Chaise, on ne voulait pas de lui. Dès lors, les moines lui donnent la maison qu’on voit encore près de l’escalier qui mène à l’église.

Arrêté en raison de sa compromission dans l’affaire du collier, il démissionne également de sa charge de grand aumônier. La charge en est transmise le 9 juin 1786 à Louis-Joseph de Montmorency-Laval, évêque de Metz.

1789. L’abbaye de La Chaise-Dieu compte encore une quarantaine de moines à la Révolution. Elle ne lui a pas survécu.

1790. La fermeture de l’abbaye de la Chaise-Dieu se fit sans incident en février 1790. Le dernier prieur, dom Pierre Terrasse, et tous les moines furent relevés de leurs vœux. La plupart se dispersèrent. Dom Pierre Terrasse fut désigné maire. Il veilla à ce que l’Inventaire fut établi en mars 1790 dans le calme. Il organisa la dispersion de l’importante bibliothèque de 5 853 volumes soit à l’évêché de Saint-Flour soit à la municipalité de Brioude. Le 3 mai 1790, jour de la prise de possession du monastère par le corps municipal, il demanda de s’abstenir des fonctions municipales.

1793. Si l’église abbatiale fut relativement protégée par la population de La Chaise-Dieu, en revanche les bâtiments abbatiaux, abandonnés, furent pillés. En 1793, la plupart furent vendus aux enchères à des habitants du pays, dont certains moines rendus à la vie civile.

1801. Le Concordat signé en 1801 par le Premier Consul Bonaparte et le Pape Pie VII permet de rétablir une relative sérénité ».

Partie 3. 1759. Nommé évêque coadjuteur, Louis René  reçoit du roi Louis XV, en commende, l’abbaye de Montmajour en Provence.

Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« L’abbaye Saint-Pierre de Montmajour est une abbaye bénédictine fondée en 948, à environ quatre kilomètres du centre historique d’Arles.

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Louis-René de Rohan, de 45 à 69 ans

Louis-René de Rohan : sa vie de 45 à 69 ans, prince-évêque de Strasbourg de 1779 à 1790, exilé à Ettenheim (pays de Bade) de 1790 à 1803. Source principale de la chronique : extraits de l’article de Wikipédia.

1779 (45 ans). « Louis-René de Rohan est ordonné évêque de Strasbourg le 11 mars. Il devient ainsi prince-évêque, à la mort de son grand-oncle, Louis-Constantin de Rohan-Guéméné (1697-1779) ».

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1779. « Le château de Saverne, d’abord château médiéval, est transformé en résidence princière par Robert de Cotte au XVIIIe siècle.

Il est détruit par un incendie le 8 septembre 1779. Louis-René de Rohan décide de le faire reconstruire en résidence plus fastueuse. Il fait appel à l’architecte Nicolas-Alexandre Salins de Montfort, pour concevoir les plans du nouveau palais ».

1782 (48 ans). Source : Les Rohan, Histoire d’une grande famille, page 98. « Pour les Rohan Rohan, les choses tournent mal à la fin du siècle. Le Prince de Guéméné, criblé de dettes fait une faillite retentissante, dépose le bilan d’une banque qu’il a fondée à Brest, et ruine un grand nombre de ses créanciers. Les Guéméné et les Soubise s’unissent pour tenter de rembourser les dettes selon un plan de liquidation dont ils confient la direction au cardinal René-Louis René de Rohan. Le roi vient à la rescousse en rachetant les droits séculaires de la famille sur le port de Lorient ».

1783 (49 ans). Source : blog Histoire de l’Europe. » Jeanne de Valois Saint-Rémy fait un voyage à Saverne pour rejoindre une amie qui lui présente Louis-René de Rohan. Elle fait appel à lui pour sortir de la misère avec laquelle elle continue de se débattre plus ou moins, puis devient sa maîtresse ».

1784-1786 (50-52 ans). Source : article de Wikipédia. « Arrêté en août 1785 en raison de sa compromission dans l’affaire du collier de la Reine, le prince-évêque doit démissionner de sa charge de grand aumônier. Celle-ci est transmise le 9 juin 1786 à Louis-Joseph de Montmorency-Laval, évêque de Metz.

En dépit de l’arrêt du 31 mai 1786 le déchargeant de toute accusation, le roi exile de Rohan en son abbaye de la Chaise-Dieu.

1788 (54 ans). Ce n’est qu’au bout de trois ans, le 17 mars que le roi l’autorise à retrouver son diocèse de Strasbourg ».

1788. Source : blog Haspres et son histoire. « Par un arrêt du 20 décembre, le conseil d’état établit le séquestre des biens et revenus de la prévôté d’Haspres et place les religieux sous l’autorité et l’administration de Louis Marie Joseph Liger, directeur des économats au département d’Artois.

Cet arrêt ordonne la mise sous scellé des titres, papiers, vases sacrés et effets de la dite prévôté. Il est également spécifié aux religieux ainsi qu’au Cardinal de Rohan alors abbé commendataire de Saint Vaast de ne pas troubler le Sieur Liger dans sa mission d’économe séquestre de la prévôté. Cet arrêt provoque de vives réactions chez les religieux de la prévôté.

Louis XVI appuie son arrêt sur le fait que l’abbaye est de fondation royale transmise par ses ancêtres. Il semble que cet arrêt ait été sollicité par le cardinal de Rohan, qui vise par ce moyen l’augmentation de ses propres revenus. D’ordinaire l’abbé commendataire touche le tiers des revenus de l’abbaye ».

1789 (55 ans). Source : extraits de l’article de Wikipédia. « Le nouveau château et son parc sont pratiquement achevés. L’architecte Nicolas-Alexandre Salins de Montfort n’a pas pu terminer complètement son œuvre puisqu’il a émigré en Allemagne en 1790, pour participer activement à la contre-révolution.

Louis-René est élu député de l’Assemblée nationale aux États Généraux par le clergé de Haguenau-Wissembourg, et à l’Assemblée constituante le 23 juillet. Il refusa la constitution civile du clergé, ne reconnut donc pas comme successeur l’évêque constitutionnel François-Antoine Brendel. Il s’opposa également à l’abolition de la monarchie.

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De Rohan, 4ème prince-évêque

Louis René Édouard de Rohan (Paris, 25 septembre 1734 – Ettenheim, 17 février 1803), quatrième Rohan, prince-évêque de Strasbourg au 18ème siècle, de 1779 à 1790.

Louis-René-Édouard est le fils de Hercule-Mériadec de Rohan-Guéméné et de Louise de Rohan-Soubise, et le petit-neveu du cardinal Louis-Constantin de Rohan-Guéméné (1697-1779).

Blason des Rohan-Guéméné

Cette chronique est divisée en trois parties. La maison de Rohan au 17ème et au 18ème siècle. Les prince-évêques au 18ème siècle. Louis-René de Rohan, de la naissance en 1734 à l’accession à la principauté épiscopale de Strasbourg en 1779.

  • Cette chronique est aussi l’occasion de définir ou de redéfinir les positions sociales existant dans l’Église catholique romaine.
  • Par ailleurs, il n’est pas inutile de rappeler que « la capitulation de Strasbourg est le nom de l’acte par lequel la ville impériale libre de Strasbourg s’est placée sous la protection des rois de France, le 30 septembre 1681« . Les Institutions du Saint-Empire et du Royaume de France coexistent en Alsace au 18ème siècle.

Partie 1. La maison de Rohan au 17ème et au 18ème siècle. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« La famille de Rohan à partir du 17ème siècle utilise sa généalogie et sa puissance à la Cour pour obtenir le rang de prince étranger passant ainsi juste après les princes du sang et avant l’ensemble des ducs et pairs. Le but est de prouver que les anciens rois de Bretagne ont bien été souverains et que les Rohan descendent d’eux en ligne directe. Ces deux assertions ne sont à l’époque pas évidentes à démontrer… Plusieurs fois, les Rohan doivent passer en force avec des faux (pratique courante dans ces familles aristocratiques sous l’Ancien Régime) ».

  • Chronique du blog du 23 juin 2020, De Rohan n°1, 30 ans en 1704. Armand Gaston Maximilien de Rohan-Soubise (30 ans en 1704) est le premier des quatre Rohan à se succéder au 18ème siècle comme prince-évêque de Strasbourg. Trois parties : Anne Julie de Rohan-Chabot, la mère d’Armand Gaston ; La carrière exceptionnelle du jeune Armand Gaston de Rohan-Soubise ; discours lors de son élection à l’Académie française en 1703.

« Armand Gaston de Rohan-Soubise succède à Guillaume-Egon de Fürstenberg (1629-1704) comme prince-évêque de Strasbourg en 1704, à l’âge de 30 ans ».

Partie 2. Les prince-évêques au 18ème siècle. Source 1 : chronique du blog du 20 juin 2020.

« Prince-évêque est le titre que portaient les évêques du Saint-Empire romain germanique qui, en plus d’administrer leur diocèse, régnaient sur un domaine temporel ou principauté ecclésiastique jouissant de l’immédiateté impériale. Ils étaient membres des États impériaux et siégeaient à la diète d’Empire. Les pouvoirs qu’ils exerçaient étaient équivalents à ceux des princes laïcs ».

La principauté épiscopale de Strasbourg, État du Saint-Empire romain. Source 2 : extraits de l’article de Wikipédia.

« Relevant à l’origine du duché de Souabe, les évêques de Strasbourg obtinrent l’immédiateté impériale par une charte de l’empereur Otton II émise à Salerne en 982. Devenus prince-évêques, ils pouvaient alors rendre la justice, battre monnaie, et exercer une autorité politique sur la principauté épiscopale comme seigneurs temporels.

Lors des traités de Westphalie de 1648, le royaume de France obtint des revendications territoriales sur la Basse-Alsace. La principauté fut alors rattachée au territoire français et intégrée à la province d’Alsace le 9 août 1680, à l’exception des terres situées sur la rive droite du Rhin. Les princes-évêques conservèrent le titre de landgrave jusqu’à la Révolution française et l’abolition de la noblesse en 1790″.

Quatre Rohan se succèdent comme prince-évêque de Strasbourg au 18ème siècle. Le 4ème, celui que concerne cette chronique – Louis-René-Edouard – le deviendra en 1779, à l’âge de 45 ans. Coadjuteur de son grand-oncle, il était certain d’obtenir cette nomination, mais il a dû en attendre la mort.

Il sera prince-évêque de Strasbourg durant 11 ans. En 1790, il émigre dans les terres allemandes de son diocèse, à Ettenheim. Il y mourut en 1803.

Partie 3. Louis-René de Rohan. De la naissance en 1734 à l’accession à la principauté épiscopale de Strasbourg en 1779. Sources : extraits d’articles de Wikipédia.

« 1743 (9 ans). Nommé chanoine du Chapitre de Strasbourg à l’âge de 9 ans, Louis-René eut une carrière météorique au sein de l’Église de France, accompagnée d’une progression continue de sa richesse.

1745 (11 ans). Nommé prieur commendataire du grand monastère de Sauxillanges en Auvergne.

  • Dans le régime de la commende, un ecclésiastique (abbé ou prieur « commendataire ») ou un laïc tient une abbaye ou un prieuré in commendam, c’est-à-dire en percevant personnellement les revenus, et, s’il s’agit d’un ecclésiastique, en exerçant aussi une certaine juridiction sans toutefois la moindre autorité sur la discipline intérieure des moines.

1756 (22 ans). Ordonné prêtre après avoir fait le séminaire à Saint-Magloire à Paris,

1759 (25 ans). Nommé évêque coadjuteur de son oncle, le prince-évêque Louis-Constantin. À ce titre, il reçoit du roi Louis XV, en commende, les abbayes de La Chaise-Dieu en Auvergne et de Montmajour en Provence.

  • Un évêque ou archevêque coadjuteur est un évêque nommé aux côtés d’un évêque diocésain, avec droit de succession immédiate sur le siège de l’évêque à qui il est adjoint, après la démission ou le décès de ce dernier.

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1636. Siège de Dôle par les Français

Le siège de Dole de 1636 est la première grande bataille de la guerre de Dix Ans, épisode franc-comtois de la guerre de Trente Ans, au cours duquel Dole, alors capitale comtoise, fut assiégée pendant plus de 80 jours (28 mai – 15 août) par les troupes du roi de France Louis XIII. Cette bataille a opposé les troupes d’Henri II de Bourbon-Condé aux troupes comtoises de Louis de la Verne.

Issue. Une victoire comtoise qui n’a pas changé le cours de l’histoire sur le long terme. En 1678, le Traité de Nimègue entérine la conquête et l’annexion de la Franche-Comté par la France (source : article de Vincent Bousrez, décembre 2015, Louis XIV et la Franche-Comté : une conquête).

Sources de la chronique sur le siège de 1636. A. Larges extraits de l’article de Wikipédia : le siège de Dole en 1636. B. Tableau de Nicolas Labbé, huile sur toile peinte après 1637, exposé au Musée des Beaux-arts de Dôle. Photographies : l’œuvre, détails de celle-ci, cartel explicatif.

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« Richelieu concentre depuis quelque temps à Auxonne (frontière entre la Bourgogne et la Franche-Comté) une armée, composée de plus de 25 000 hommes, dont il confie le commandement au prince de Condé.

Extraits de Wikipédia. « 27 mai 1636. Avec 20 000 hommes, Condé franchit la frontière et s’empare le même jour de Pesmes. En face, les Comtois ne sont que 9 000 hommes commandés par Gérard de Watteville, assisté de Jean Girardot de Nozeroy. Des soldats impériaux et lorrains sont attendus en renforts mais dans le camp comtois personne ne sait où ils se situent ni quand ils seront sur place.

Les Comtois ne savent pas vers quel objectif, entre Dole et Gray, les Français se dirigent. De plus, en large infériorité numérique, aucune action ne peut être entreprise frontalement. Dès que Watteville est averti que la ville de Dole va être assiégée, il organise ses troupes afin que les Français ne puissent pas atteindre les autres villes comtoises et mise sur une arrivée rapide des troupes alliées.

Un trompette français se présente devant la capitale comtoise. Ce dernier est conduit devant le gouverneur de la Comté, Ferdinand de Rye et somme la ville de se rendre sur-le-champ. Les élites doloises sont partagées : certains préconisent de négocier avec les Français et les autres de résister. Mais le gouverneur tranche rapidement en faveur des partisans de la résistance.

28 mai. Le prince Henri II de Bourbon-Condé divise son armée en trois groupes : il installe son quartier général avec le premier à Saint-Ylie.

29 mai. Louis de la Verne et ses 800 hommes tentent une sortie pour s’emparer, avant l’ennemi, du pont sur le Doubs. Il y arrive en même temps que les Français et, au terme de plusieurs heures de combats, il parvient à prendre possession du pont sur le Doubs et le conservera durant toute la durée du siège.

1er juin 1636. Le régiment de Picardie ouvre la tranchée.

13 juin. Il emporte la contrescarpe après un rude combat. Mais, au moment où le régiment de Picardie était relevé de tranchée par le régiment d’Enghien, les assiégés attaquent avec furie. Picardie qui n’avait plus de poudre, vole cependant au secours du régiment d’Enghien à l’arme blanche et reprend tous les postes. Le régiment d’Enghien avait tellement souffert que Picardie dut rester dans les tranchées.

14 juin. Cinq cents hommes, appuyés par Enghien, attaquent la demi-lune de la porte d’Aran. Après une lutte acharnée qui dura quatre heures, ils parviennent à s’en emparer mais, abandonnés à eux-mêmes, ils ne peuvent s’y maintenir.

24 juin. 2 000 Français quittent Dole pour attaquer Quingey, qu’ils parviennent à prendre mais à leur retour, ils sont interceptés par l’armée comtoise qui les repousse lors d’une bataille aux environs de Ports-Lesney.

16 juillet 1636. Christophe de Raincourt tente d’introduire de nouvelles troupes et des munitions dans Dole en passant par la forêt de Chaux et le gué du Temple mais, l’alarme ayant été donnée dans le camp français, il doit rebrousser chemin.

Les travaux de sape et de mine continuent. De nouvelles batteries sont érigées et pilonnent le vieux château de Dole jugé comme le principal point faible de la défense doloise.

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