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1793. Quand Dabo devint français

A. Histoire de Dabo du 10ème siècle à la Guerre de Trente ans. Source : extrait de la notice de Wikipédia.

Diaporama de 35 photos

« Le comté de Dabo (en Alsace) resta terre d’Empire jusqu’en 1793. Il jouissait de l’immédiateté impériale.

10ème et 11ème siècles. Le comté de Dabo appartint aux Étichonides, Hugues Ier, comte du Nordgau (Alsace), puis à son fils Eberhard IV vers 934. C’est à cette époque que fut construit le château de Dabo, au sommet du rocher éponyme. Des murailles encerclaient tout le pourtour du rocher.

La petite-fille d’Eberhard apporta le comté à son époux Hugues VII, comte d’Eguisheim (mort en 1048). Le plus illustre représentant de cette branche d’Eguisheim-Dabo fut leur fils Brunon, évêque de Toul puis pape, canonisé en 1087 (saint Léon IX).

1234. Le comté passa à la famille de Linange lorsque l’héritière du comté, Gertrude de Dabo, laissa veuf son troisième époux, Simon de Linange. Les Linange-Dabo régnèrent sur le comté jusqu’à la Révolution.

B. D’une occupation française à l’autre

1648 (24 octobre). A la fin de la guerre de Trente ans, l’Alsace fut cédée à la France par les traités de Westphalie. A ce titre, le comté devait y être rattaché.

1672. Les comtes de Linange-Dabo refusèrent allégeance à Louis XIV engagé dans la politique des Réunions, et prirent les armes contre lui.

1677 (13 mars). Après un long siège, le château de Dabo dut capituler.

1679. Il fut détruit  sur ordre de Louis XIV et de Louvois, son ministre d’État.

1681 (Septembre). Capitulation de Strasbourg. La ville libre d’empire devint française.

1697. Le traité de Ryswick rendit le comté aux Linange-Dabo, principauté germanique dès lors enclavée entre le duché de Lorraine redevenu indépendant et l’Alsace devenue française.

1793. Les Linange-Dabo comptèrent parmi les princes possessionnés que la Convention nationale déposséda, afin de réunir leurs seigneuries à la France. Le comté de Dabo fut alors rattaché au département de la Meurthe.

1801 (9 février). Le traité de Lunéville, conclu entre Bonaparte et le Saint-Empire romain germanique, octroya aux Princes de Linange, en compensation de leurs pertes territoriales en France, des compensations en Allemagne, en particulier Amorbach en Bavière ».

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2000 vins pour garder goût et odorat

Gardons le sourire en cette période de pandémie ! Une exposition et une conférence bienvenues à la BNUS !

Deux mille vins. Exposition à partir du 18 septembre 2020

Rions un peu. Boire 2000 vins pour garder ou retrouver le goût et l’odorat ?

Article sur la Covid 19. « Les symptômes de perte d’odorat (anosmie) et de goût (agueusie) ont été mis en évidence par de nombreuses études. La plus récente, publiée dans le Journal of Intern Medicine, mi-avril 2020, indique qu’il s’agit bien de « symptômes spécifiques » qui pourraient être en partie liés à une obstruction ou un écoulement nasal.  Mais les troubles olfactifs et gustatifs pourraient aussi être liés au potentiel neuro-invasif du virus ».

« La perte du goût ne serait pas seulement la conséquence d’une obstruction nasale ou d’une rhinorrhée (écoulement nasal) ». 

« La capacité de la Covid-19 à envahir le bulbe olfactif et, par conséquent, le système nerveux central, est probablement une piste » pour expliquer l’anosmie, relèvent les chercheurs ».

Conférence de la BNU.  L’évolution de la dégustation des vins et la consécration de l’odorat au 20e siècle. Avec Olivier Jacquet. Mardi 22 septembre 2020 à 18h30. BNUS,  Auditorium 1er étage. Entrée libre, sur réservation.

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1741. Strasbourg. Hôpital civil

Histoire résumée de l’Hôpital civil de Strasbourg, insistance étant mise sur le long bâtiment construit après l’incendie de 1716. Travaux de reconstruction effectués en deux temps entre 1717 et 1741. Cette chronique fait partie de la saison 8 du blog : Histoire du 18ème siècle.

1119. « La première trace écrite mentionnant l’existence d’un hôpital à Strasbourg date de 1143. Il s’agit de la charte de l‘évêque Burcard, situant la fondation en l’année 1119. Une confrérie religieuse, suivant probablement la règle de Saint Augustin, était chargée des soins des malades et des mendiants ».

1200-1250. Construction de la Tour, dite Porte de l’hôpital.

1398. L’hôpital devenu civil (fondé et agrandi par le magistrat-municipalité de Strasbourg) est définitivement installé sur les terrains qu’il occupe encore aujourd’hui dans la ville.

1428. La construction de la chapelle gothique est achevée. De l’hôpital de cette époque, il subsiste la belle cave à colonnes.

1537. Fondation de l’ancienne pharmacie, composée de trois bâtiments (source Archi-Wiki). La date figure au-dessus de la porte d’entrée (photo). L’imbrication de ces bâtiments s’explique par la création de passages de communication internes. Le bâtiment central (vers 1530) devait servir au départ à stocker des denrées dans sa cave voûtée et au rez-de-chaussée, avec des appartements pour religieuses à l’étage.

1673. « La Tour-Porte est remaniée au 17e siècle. De la terrasse, se faisaient les observations du ciel. En raison des intempéries, Julius Reichelt (1637-1719), alors titulaire de la chaire de mathématiques, s’en plaignit à la Municipalité, qui finalement, en 1673, protégea la tour par un toit à quatre pans muni d’une tourelle octogonale d’où pouvaient se faire les observations ».

1716. « Le 4 novembre, un incendie se déclare dans la chambre des copeaux, où une laveuse était allée chercher des copeaux avec une chandelle. Le feu s’étend de façon incontrôlable et tout le grand édifice est en cendres. A grand peine, on réussit à sauver les maisons situées face au bâtiment principal, l’économat, la chancellerie, la boulangerie, les écuries, le chœur polygonal gothique de la chapelle Saint Erhrard et enfin la cave, qui avait commencé à brûler, mais dont on a pu éteindre le feu avec de la bière (source CHRU).

1717. La ville entreprend la reconstruction de l’hôpital, qu’elle confie au chef des travaux de la ville, François-Rodolphe Mollinger, architecte.

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1736. Strasbourg. Hôtel de ville

Chroniques sur l’Histoire du 18ème siècle. Suite de la chronique Princes possessionnés en Alsace

1728. Régnier III de Hanau-Lichtenberg décide la construction d’un nouvel hôtel à Strasbourg. Celui-ci prendra le nom de Hanau.

1731-1736. L’hôtel est édifié par Joseph Massol (1706-1771), architecte de l’Évêché et du Grand Chapitre. Les  plans, élaborés par Robert de Cotte (1656-1735), premier architecte du Roi, ont été modifiés par Massol.

Trois albums sur l’Hôtel de Hanau (Hôtel de ville de Strasbourg. 69 photos

  • Le portail (rue Brûlée) et la façade de la Cour intérieure: 32 photos
  • La façade et ses 17 fenêtres (place de Broglie) : 14 photos
  • Les salons de l’étage : 23 photos.

Source principale du texte : citations de Maryla Boutineau, Bernard Rohfritsch, A la découverte de l’Hôtel de Ville de Strasbourg, L.D. L’Édition, 2017, 113 pages.

Le plan du palais s’apparente à celui d’un grand hôtel parisien du style Régence de la première moitié du 18ème siècle. La vaste demeure en forme de fer à cheval est située entre la cour d’honneur rectangulaire et un espace libre qui servait principalement de marché aux chevaux (place de Broglie aujourd’hui).

Le portail (rue Brulée aujourd’hui)

La Cour d’honneur est fermée au sud par un mur concave, percé en son milieu d’un portail solennel surmonté du blason de la Ville de Strasbourg.

Il est entouré d’armes et de drapeaux, d’ailes, de tambours, de boucliers et de trompettes ; l’ensemble évoque la force militaire, la victoire, le courage et la renommée.

Deux trophées militaires et deux vases sont posés sur le parapet. L’un d’entre eux est composé d’une armure romaine, d’un casque à panache, de haches, d’un faisceau de licteur, de piques, d’un bouclier…

Les trophées d’applique, célébrant la chasse et la guerre, encadrent le portail. Sur le bas-relief de gauche, des flèches, un arc et un carquois. Sur celui de droite, une épée, un sabre, une hache et une masse d’armes.

Corps de logis principal

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Princes possessionnés en Alsace

Les princes possessionnés « étaient des princes allemands qui avaient conservé des fiefs enclavés dans le Royaume de France après l’annexion de l’Alsace par Louis XIV (traités de Westphalie de 1648 et traité de Ryswick de 1697) ». Parmi eux, les Hanau-Lichtenberg et les Hesse-Darmstadt étaient princes possessionnés à Strasbourg, propriétaires successifs de l’Hôtel de Hanau (aujourd’hui Hôtel de ville de Strasbourg, donnant sur la rue Brûlée et la place Broglie).

« À la Révolution française, la République voulut établir l’unité du territoire national. Ces sujets ou princes de l’Empire s’attachèrent alors à défendre légalement leurs propriétés, souvent d’importantes seigneuries, face aux initiatives révolutionnaires ».

Source essentielle des citations de cette chronique. Maryla Boutineau, Bernard Rohfritsch, A la découverte de l’Hôtel de ville de Strasbourg, L.D. L’Édition, 2017, 113 pages.

Dès le XIIIe siècle, la famille des Ochsenstein possédait un hôtel sur l’emplacement de l’actuel no 9, rue Brulée.

1573. Le Comte Philippe de Hanau, seigneur de Lichtenberg, devient propriétaire de cet hôtel.

1618-1648. La guerre de Trente Ans se solde par un affaiblissement du Saint Empire romain germanique. Louis XIV en a profité pour mettre en œuvre la politique des Réunions ; l’Alsace devient française. Le Comté de Hanau Lichtenberg (capitale Bouxwiller) se retrouve à cheval entre la France et l’Empire germanique, et le comte (landgrave) reçut le statut de prince possessionné. En Royaume de France, il possédait cent trente-six villages, regroupés en 6 bailliages. Cinq autres bailliages se trouvaient du côté allemand.

Le dernier descendant de la famille est Régnier III de Hanau-Lichtenberg (1665-1736). Il a reçu une formation correspondant à son rang. Après des études à Strasbourg, il entreprend un Grand tour, en compagnie de son frère, comme nombre de jeunes aristocrates de son époque. Ils visitent la Suisse, l’Italie, la Hollande, l’Angleterre et l’Autriche. Ils s’imprègnent des goûts et des manières du grand monde qui, à cette époque, était résolument francophile.

Peinture photographiée au Musée Historique de Strasbourg

1731-1736. L’hôtel de Hanau est édifié par Joseph Massol (1706-1771), architecte de l’Évêché et du Grand Chapitre.

1736. Régnier III de Hanau-Lichtenberg meurt sans descendant mâle. Sa fille Charlotte (1700-1726) épousa Louis VIII de Hesse-Darmstadt (1691-1768).

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18ème siècle. Abbaye Saint-Étienne

Chroniques sur l’Histoire du 18ème siècle. En 1687, l’église de l’abbaye Saint-Étienne de Strasbourg est rendue au culte catholique. En 1718, les Visitandines y ouvrent un pensionnat pour l’éducation des jeunes filles nobles (chronique à venir).

Quatre albums (photos en grand format)

718. « Fondation du monastère Saint-Étienne (Strasbourg) par le duc d’Alsace Adalbert, frère de sainte Odile, décédé en 722. Celle-ci en devient la première abbesse. 12ème siècle (3ème quart). Les reliques de sainte Attale, fille d’Adalbert et première abbesse du lieu, attiraient tant de pèlerins que leurs dons permirent de reconstruire l’église durant le dernier quart du 12e siècle ». Source, Route romane d’Alsace, église Saint-Étienne

Vues générales de l’abbaye, hier et aujourd’hui. 16 photos

15ème siècle, deux tapisseries. 1450 (vers). Tenture de la vie de sainte Attale, laine et lin. 1470-1480. Tenture de la vie de sainte Odile, laine et lin.

15ème siècle. Tapisseries de sainte Odile et de sainte Attale. 29 photos

« Bâle et Strasbourg ont constitué au XVe siècle les deux grands centres de production de tapisserie du Rhin Supérieur. L’art réputé de la tapisserie strasbourgeoise subsiste en particulier à travers les longues bandes conçues pour l’ornementation des chœurs, des autels ou des stalles des églises. Les tentures de chœur, accrochées lors des jours de fête, relatent généralement l’histoire du saint patron de l’église. Par leurs dimensions considérables, elles se prêtent à d’importants développements narratifs.

Ces deux séries provenant de l’église Saint-Étienne de Strasbourg, un couvent de chanoinesses nobles, sont consacrées à la vie de sainte Odile et à celle de sainte Attale, nièce d’Odile et fille du duc Adalbert, le fondateur de l’abbaye. Au-dessus des scènes qui décrivent les différents épisodes de la vie des saintes, des phylactères portent des inscriptions qui en expliquent le sens.

Les deux tentures, d’une seule pièce à l’origine, ont été séparées en deux par la suite. La tapisserie de sainte Attale raconte par le texte et par l’image l’histoire de la fondation du couvent au début du VIIIe siècle et celle des reliques qu’il possède. Celle de sainte Odile, plus tardive, présente différentes scènes de sa vie. Elle témoigne d’une évolution stylistique : son arrière-plan n’est plus purement ornemental, mais présente des décors architecturaux et paysagers qui tendent à plus de réalisme ».

Pour aller plus loin : Xavier Ohresser, Les tapisseries de l’église Saint-Étienne de Strasbourg, Lyon, 1968.

1501. Déploration du Christ par Nicolas de Haguenau

16ème siècle. Déploration du Christ. 9 photos

17ème et  18ème siècles. Schlaefli Louis, Cent cinquante images de Saint-Étienne à Strasbourg, Imprimerie Scheuer, 2011, 64 pages.

« Les dessins de J. J. Arhardt et de Silbermann, les lithographies de Sandmann ou d’A. Straub permettent de se faire une idée de l’église romane et de l’abbaye aux XVIIe et XVIIIe siècles.

1661. La crucifixion. Source : citation du cartel du tableau. Toile commandée en 1661 à un maître resté anonyme par la prieure du couvent saint Marguerite et Agnès. Restaurée en 1820 par un dénommé Diebold, elle a été acquise par l’abbé Mühe pour l’église Saint-Etienne.

17ème siècle. Crucifixion. 12 photos

S’inspirant de Rembrandt et de Dürer, l’artiste y présente plusieurs scènes différentes de la mise en croix du Christ dans lesquelles se répartissent une cinquantaine de personnages.

1687. Après la capitulation de Strasbourg en 1681, l’abbaye est rendue au culte catholique par la France. Des Antonins s’y installent.

1702. Ils sont remplacés par des Visitandines.

1710. Un orgue est attesté. 1716. Construction d’un orgue neuf par André Silbermann.

1718. Les Visitandines ouvrent un pensionnat pour l’éducation des jeunes filles nobles. Pour aller plus loin : Chantal Grell et Arnaud Ramière de Fortanier, L’éducation des jeunes filles nobles en Europe, XVII – XVIIIèmes siècles, Presses de l’université Paris-Sorbonne, 2004.

1792. Les Visitandines sont expulsées.

1944. Les bâtiments romans sont détruits au cours d’un bombardement aérien. Le transept et le chœur, moins endommagés, sont restaurés. La nef est moderne (1961).

Déjà très endommagée au cours du 19e siècle alors qu’elle servait de salle de spectacle, l’église romane fut victime des bombardements aériens de 1944. Seuls subsistent le transept et le chevet à trois absides voûtées en cul de four. Un beau linteau roman représentant deux dragons affrontés est visible dans le croisillon sud.

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De Rohan n°1, 30 ans en 1704

Armand Gaston Maximilien de Rohan-Soubise (30 ans en 1704) est le premier des quatre Rohan qui se sont succédé au 18ème siècle comme princes évêques de Strasbourg. Trois parties dans cette chronique du blog.

  • A. Anne Julie de Rohan-Chabot, la mère d’Armand Gaston (page 1).
  • B. La carrière exceptionnelle du jeune Armand Gaston de Rohan-Soubise ; discours lors de son élection à l’Académie française en 1703 (page 2).
  • C. Armand Gaston de Rohan-Soubise succède à Guillaume-Egon de Fürstenberg comme prince-évêque de Strasbourg en 1704, à l’âge de 30 ans (page 3).
Hôtel des Rohan à Soubise. Photo de Pierre Dubois (2015)

A. 1674. Naissance à Paris. Source des citations : Wikipédia

  • Anne Julie de Rohan-Chabot (1648-1709). « En 1663, alors qu’elle n’est âgée que de quinze ans, elle épouse le lieutenant général François de Rohan. Elle transmet son titre à son époux. Le couple portera le titre de Prince et Princesse de Soubise à partir de mars 1667, après l’élévation de Soubise au rang de principauté par lettres patentes du Roi Louis XIV.
Louis XIV, Musée des Arts décoratifs, Palais Rohan, Strasbourg
  • La mère du futur cardinal de Rohan reçoit une excellente éducation pour l’époque. Elle jouit à l’époque d’une grande beauté, avec des cheveux roux, un teint pâle et frais et des yeux en amande.
  • En 1669, Anne devient un temps la maîtresse de Louis XIV, lorsque ce dernier séjourne au château de Chambord.
  • En janvier 1674, Anne devient Dame du palais auprès de la Reine Marie-Thérèse d’Autriche. Il était alors de notoriété générale qu’Anne et le roi étaient amants. Elle donnera naissance à Armand-Gaston-Maximilien de Rohan, dont on pense qu’il est le fils illégitime de Louis XIV et non pas celui de Monsieur de Soubise, mais que ce dernier a cependant reconnu. Si rien ne fut prouvé, Louis XIV n’en alloua pas moins une forte somme d’argent au mari complaisant, « en considération de ses services ». Dans les portraits de l’époque, la ressemblance entre Armand et le roi est manifeste. Le mari d’Anne devint rapidement riche.
  • Les relations du couple illégitime prennent fin en 1675 après avoir duré pendant pas moins de six ans ».

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1704. Fürstenberg, prince-évêque

Guillaume-Egon de Fürstenberg (Wilhelm Egon, Fürst von Fürstenberg-Heiligenberg), dit le Cardinal de Fürstenberg, né le 2 décembre 1629 à Heiligenberg (aujourd’hui dans le Bas-Rhin), et mort à Paris le 10 avril 1704), 88e évêque de Strasbourg de 1682 à 1704.

Guillaume-Egon de Fürstenberg a 19 ans à la fin de la guerre de 30 ans (1618-1648). Sa carrière, étonnante car en dents de scie, suit les péripéties de l’évolution du contexte politique et religieux (germanophone et francophone : un atout important).

  • Suite aux Traités de Westphalie (1648), l’Alsace est réunie au Royaume de France. En 1681, Strasbourg est annexée, la cathédrale rendue à la religion catholique et Guillaume de Fürstenberg en devient le prince-évêque (1682-1688)
  • entre temps, il avait été élu évêque de Metz (1663), élection refusée par le Pape.
  • il était intervenu dans la Guerre de Hollande et avait été fait prisonnier à Cologne et transféré en prison à Vienne (1674).
  • il devient cardinal en 1686.
  • en 1688, Louis XIV veut l’imposer comme prince-évêque de Cologne, mais le roi-soleil échoue après avoir été vaincu à la fin de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg (1697).
  • prince-évêque catholique de Strasbourg, puis cardinal, il termine sa carrière en beauté : il est nommé abbé de Saint-Germain-des-Près (1697-1704) et en tire de des revenus supplémentaires. Une rue du quartier porte encore aujourd’hui son nom.

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Les prince-évêques au 18ème siècle

Saison 8 du blog. Histoire du 18ème siècle en France et en Europe. Chronique sur les prince-évêques (citations d’extraits de l’article de Wikipédia).

« Prince-évêque (Fürstbischof) est le titre que portaient les évêques du Saint-Empire romain germanique qui, en plus d’administrer leur diocèse, régnaient sur un domaine temporel ou principauté ecclésiastique jouissant de l’immédiateté impériale. Ils étaient membres des États impériaux et siégeaient à la diète d’Empire. Les pouvoirs qu’ils exerçaient étaient équivalents à ceux des princes laïcs.

Le pouvoir politique des évêques est notamment lié au combat entre l’autorité centrale de l’Empire et les maisons princières puissantes. Au Moyen Âge central, les rois des Romains avaient commencé à conférer des droits souverains aux évêques désignés par eux. Les dignitaires religieux sont ainsi devenus des alliés essentiels et loyaux dans la lutte contre l’influence des grandes dynasties

Les princes ecclésiastiques d’Empire les plus puissants étaient les trois archevêques électeurs de Mayence, Cologne et Trèves. Le premier était l’archichancelier pour la Germanie et le plus important des électeurs : la Bulle d’or, établie par l’empereur Charles IV en 1356, stipulait qu’il était le président de l’assemblée électorale à Francfort et le dernier des sept à voter ; sa voix était donc déterminante en cas de partage à égalité des six premiers votes.

La matricule d’Empire, arrêtée à la diète de Worms en 1521, recense les trois électeurs ecclésiastiques et quatre États impériaux au rang de princes-archevêques : à Magdebourg, Salzbourg, Besançon et Brême. De plus, elle connaît au total 46 princes-évêques catholiques, par exemple à Bâle, Cambrai, Genève, Hildesheim, Liège, Münster, Paderborn, Sion, Strasbourg, Trente et Utrecht, ainsi que les Trois-Évêchés lorrains de Metz, Toul et Verdun.

Le nombre de prince-évêques a été réduit considérablement au cours de la réforme protestante.

Les grands dignitaires étaient souvent des chefs temporels plus que spirituels et il n’était pas rare qu’ils ne fussent même pas prêtres. Ainsi Ferdinand de Bavière, frère du duc Maximilien Ier de Bavière qui fut prince-archevêque de Cologne au temps de la guerre de Trente Ans, était également évêque de Freising, de Hildesheim, de Liège, de Münster et de Paderborn, mais n’était pas prêtre ». Par contre, pour être créé « cardinal », il faut être prêtre.

« Au siècle des Lumières, la légitimation du pouvoir temporel des évêques a pris fin face au rationalisme et à l’Aufklärung, notamment sous l’effet de la Révolution française. La totalité des principautés ecclésiastiques restantes fut supprimée à la suite de la paix de Lunéville au début du XIXe siècle » ».

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1685. Père Dez et Collège Royal

1685-1687. Strasbourg, le Père Jean Dez (1643-1712) et le Collège Royal Louis le Grand. Ouvrage publié en 1686, La Réunion des Protestants de Strasbourg à l’Église romaine.

Source principale des citations ci-dessous : Jean-Marie Valentin, Collège royal, collège épiscopal. Strasbourg et la pratique du théâtre de 1681 à 1765, p. 301-313.

« 1681. Le roi de France considère, comme Louvois d’ailleurs, que la sécurité du royaume face aux Habsbourg nécessite la mise en place d’une sorte de cordon, à l’est et au nord. L’Alsace entre dans ce plan désigné du terme de « réunions » (Reunionspolitik) que l’on peut – c’est plus brutal, mais ce serait plus approprié – qualifier tout aussi bien d’annexions successives. Louis, maître d’une bonne partie de la province, estime qu’il pourra rendre définitive cette cession en s’emparant de Strasbourg, cité prestigieuse, dont la conquête fait progresser l’idée de frontière naturelle et constitue un enjeu décisif dans la politique confessionnelle toujours plus agressive du souverain. La complicité, plus ou moins marquée, de l’évêque Franz Egon de Fürstenberg, désireux de retrouver son siège, lui permettra de faire son entrée dans la cité « argentine » louée par Érasme, sans vraiment coup férir, le 30 septembre 1681.

Ville désormais française, Strasbourg va devenir très vite ville catholique. Si Franz Egon meurt le 1er avril 1682, ce qui l’empêche d’agir en ce sens, son frère Guillaume qui lui succède s’aligne sur les mêmes principes politiques et religieux.

Le roi et Louvois, conformément à l’esprit qui va conduire en 1685 à la révocation de l’Edit de Nantes (« une foi, une loi, un roi »), tenteront d’abord d’imposer la conversion aux habitants de Strasbourg. Mais s’ils sont agréablement surpris par le caractère plus souple des luthériens alsaciens que celui des calvinistes auxquels ils se heurtaient en France, en deçà des Vosges donc, ils doivent prendre en compte la parfaite osmose qui s’est opérée, avec le temps, entre le luthéranisme, la société urbaine, la vie intellectuelle et l’école.

1682-1683. Une série de dates fait bien voir l’intérêt qu’attache la monarchie française à ces différents changements. En 1682, est fondé un séminaire qui ouvre effectivement en 1683. La France sait la politique adoptée précédemment en Haute-Alsace anciennement habsbourgeoise, à Ensisheim : on se détourne des oratoriens, jugés trop proches du cartésianisme et d’un augustinisme austère, pour donner la préférence aux jésuites. De surcroît, face au délicat problème des subdivisions administratives de l’Institutum Jesuiticum, on se détermine pour un rattachement à la province de Champagne aux dépens de celle du Rhin. Il est vrai que Molsheim demeurera dans l’orbite germanique. Mais de toute évidence, l’important ici était de permettre aux enfants des administrateurs venus de l’« intérieur », comme l’on dit, d’acquérir la maîtrise des deux langues dans une région où l’allemand était l’instrument de communication de la quasi-totalité de la population. La francisation avait donc ses limites comme le donne clairement à entendre l’adjonction, au personnel d’encadrement du séminaire, de prédicateurs de langue allemande (concionatores germanici) qui interviennent en ville, mais aussi dans les missions villageoises. Au demeurant, on ne saurait oublier qu’il s’agit, dans l’esprit du Concile de Trente, de former des prêtres aptes à arracher Strasbourg et le monde protestant alsacien à l’espace où régnaient en maîtres les pasteurs et leurs ouailles.

C’est le Père Jean Dez (1643-1712) qui est chargé de la nouvelle institution, la signature du contrat entre Dez et Guillaume de Furstenberg intervenant le 25 août (fête de saint Louis).

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