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1733. Belle-Isle, Gouverneur de Metz

Biographie de Belle-Isle (1684-1761), de sa naissance à sa nomination comme gouverneur militaire de Metz-Trois-évêchés en 1733 (il le sera jusqu’en 1756 – chronique à venir), puis comme Maréchal de France en 1740. Il commence tôt la carrière militaire et en a franchi avec succès toutes les étapes.

Source 1. Extrait de la notice d’Encyclopédie Universalis

« Petit-fils du surintendant Fouquet, Belle-Isle est le fils de Louis Fouquet, marquis de Belle-Isle (1661-1738) et de Catherine Agnès de Lévis (1660-1728). Il est apparenté à la plus haute aristocratie française. Par sa seconde femme, une Béthune, il devient cousin issu de germains de l’électeur de Bavière et proche parent d’une multitude de princes allemands.

Un véritable métis social donc, ce qui explique sans doute une formidable ambition et la variété des moyens employés pour la satisfaire. Avec son frère, le chevalier de Belle-Isle, tout dévoué à l’aîné de la maison, il entreprend une longue ascension ».

Source 2. Extraits de Pierre d’Echérac. La jeunesse du maréchal de Belle-Isle (1684-1726), compte rendu par Cordey  Jean, Bibliothèque de l’École des chartes, Année 1909, 70, pp. 127-128.

« Belle-Isle étudie au collège de Sorèze en même temps que son frère, Louis Charles Armand Fouquet de Belle-Isle, qui sera par la suite son conseiller.

1701 (17 ans). Il entre aux Mousquetaires du Roi. Il se distingue sous Louis XIV dès le début de la guerre de Succession d’Espagne.

1702 (18 ans). Il obtient une commission de capitaine au Royal-cavalerie, dont sa grand-mère, la surintendante, acquitte le prix.

1705 (21 ans). Grâce à sa bonne conduite et à la générosité de Mme Fouquet, il obtient d’être mestre de camp d’un régiment de cavalerie. Il part aussitôt pour l’Italie. Il combat sous les ordres du duc de Vendôme, puis du duc d’Orléans, jusqu’à l’échec de Turin.

1708 (24 ans). Au siège de Lille, il donne la mesure de son courage. Il est blessé d’un éclat de grenade et gagne le grade de brigadier.

1709 (25 ans). Sa valeur réelle l’ayant fait connaître à la Cour, la rancune du roi contre Fouquet le grand père diminue. Mme de Maintenon s’intéresse au petit-fils et la charge importante de mestre de camp général des dragons lui est accordée.

1713 (29 ans). Portrait par Hyacinthe Rigaud

Catalogue raisonné de Hyacinthe Rigaud, Portraits

1715-1723. Sous la Régence, il cède Belle-Isle, terre qui ne rapporte rien, contre le comté de Gisors et d’autres domaines valant 80 000 livres de revenu annuel.

1718 (34 ans) à 1720. Il sert dans la guerre de la Quadruple Alliance. Son enthousiasme à combattre lui vaut le grade de maréchal de camp lors de la courte guerre franco-espagnole.

1721 (37 ans). Il épouse Henriette-Françoise de Durfort de Civrac (1678-1723).

1723 (39 ans). A la mort du cardinal Dubois puis du Régent, Belle-Isle, détesté, jalousé, et sans appui, compromis dans le procès de l’extraordinaire des guerres, tombe dans une complète disgrâce. Embastillé, la haine de la marquise de Prie le retint longtemps en prison. Il n’en sortit que pour l’exil.

1726 (42 ans). La chute du duc de Bourbon (et de la marquise de Prie) met fin à ses malheurs. La fortune lui revient. Il reprend  aussitôt à la Cour son rang, ses emplois et son appartement ».

Source 3 : extraits de Guillaume Lasconjarias, Garder la frontière.  Le comte de Belle-Isle dans les Trois-Évêchés, de la crise de 1727 à l’ouverture de la guerre de Succession de Pologne (1733-1738), Hypothèses, 2005/1, 8, pages 107 à 118.

1727 (43 ans). « Il est nommé commandant dans les trois évêchés (Metz). Il reçoit de Versailles un cadre d’ordres qui l’amène à se rendre dans la première semaine de mars à Strasbourg auprès de Du Bourg. Le maréchal a vu ses prérogatives militaires étendues sur la Franche-Comté et sur les Évêchés.

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1697, Ryswick : Louis XIV restitue

Les traités, signés les 20-21 septembre 1697 à Ryswick, ville hollandaise des faubourgs de La Haye, mirent fin à la guerre entre Louis XIV et la ligue d’Augsbourg.

A. La guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« À la suite de la guerre de Hollande de 1678, Louis XIV, devenu le souverain le plus puissant d’Europe, avait agrandi le territoire du royaume, mais il restait insatisfait. En usant d’une combinaison d’agressions, d’annexions et de moyens quasi légaux, dont le paroxysme fut la brève guerre des Réunions (1683 – 1684), Louis XIV chercha immédiatement à étendre ses gains pour stabiliser et renforcer les frontières du royaume. La trêve de Ratisbonne qui en résulta garantissait l’extension des frontières de la France pour 20 ans.

Toutefois les actions de Louis XIV, en particulier la révocation de l’édit de Nantes en 1685 et ses tentatives d’expansion au-delà du Rhin, entraînèrent une détérioration de sa domination militaire et politique. La décision royale de franchir le Rhin et d’assiéger Philippsburg en septembre 1688 était destinée à empêcher une attaque contre la France par l’empereur Léopold Ier et à forcer le Saint-Empire romain germanique à accepter les revendications françaises. Cependant, l’empereur et les princes allemands étaient déterminés à résister et après que le Parlement hollandais et Guillaume III eurent déclaré la guerre à la France, Louis XIV devait faire face à une puissante coalition résolue à restreindre ses ambitions.

Les combats principaux eurent lieu aux frontières françaises : dans les Pays-Bas espagnols, la Rhénanie, le duché de Savoie et la Catalogne. Le conflit fut dominé par des batailles de siège comme à Mons, Namur, Charleroi et Barcelone, tandis que les batailles rangées comme à Fleurus ou à La Marsaille furent plus rares.

Ces engagements tournèrent souvent à l’avantage des armées françaises, mais à partir de 1696 la France dut faire face à une grave crise économique. Les puissances maritimes (Angleterre et Provinces-Unies) étaient également ruinées ; lorsque la Savoie quitta l’Alliance, toutes les parties furent d’accord pour trouver un compromis ».

B. Les traités de Ryswick (1697). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

Carte de l’Europe en 1700 après le traité de Ryswick et avant la guerre de succession d’Espagne (source : Wikipédia)

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« Le diplomate suédois Nils Lillieroot remplit la fonction de médiateur entre les belligérants. Les négociations traînaient en longueur. Louis XIV fit un ultimatum aux coalisés. La paix devait être signée avant le 20 septembre. Un délai supplémentaire fut accordé à l’Empereur Léopold Ier.

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1680. Le Royaume s’étend à l’Est

1648-1680-1697. Le Royaume de France s’étend à l’Est. Louis XIV veut son pré carré.

Analyse d’une carte instructive, bien faite : trois couleurs (vert, bleu, violet).

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1648 : traités de Westphalie. La France s’étend à l’Est, en Lorraine, en Alsace et dans d’autres principautés de l’empire romain germanique.

1679-1684. Politique des réunions et Guerre des Réunions. Strasbourg est annexée en 1681.

1697 : traités de Ryswick. La France restitue certain des territoires.

A. Couleur vert-clair. Territoires réunis à la France en 1680 et restitués en 1697. Il en est de deux types.

Territoires restitués en totalité ou en partie. Situés dans l’Empire, au nord de l’Alsace, ils sont vastes : Principauté de Nassau-Usingen, Duché de Palatinat-Deux-Ponts, Comté Hanau-Lichtenberg en partie.

D’autres territoires sont plus petits, disséminés au cœur de l’Alsace. Ils résisteront à la France tout au long du 18ème siècle, mais seront intégrés à la Révolution. Ils ont déjà fait l’objet d’une chronique du blog et seront associés dans une nouvelle chronique à venir : Dabo, Salm, Hôtel de Hanau-Lichtenberg dans Strasbourg.

B. Couleur bleu-clair. Territoires réunis à la France avant 1680 et le restant après les traités de Ryswick (1697). Il s’agit essentiellement des anciens Trois évêchés.

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Près de la Croix, Marie et Jean

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

11ème chronique. Au pied de la Croix, les peintres ont représenté parfois Marie, la mère de Jésus, Marie, sa sœur et femme de Clopas, et Marie de Magdala, ainsi que Jean, le disciple bien aimé. Les trois Marie sont quelquefois appelées Les saintes femmes.

Lucas Cranach l’Ancien, vers 1515. Cliquer sur les images pour les agrandir

Près de la croix (Évangile de Jean 19 : 25-28). Source : Biblegateway.com

25. « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.

26. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait (Jean), dit à sa mère: Femme, voilà ton fils.

27. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.

28. Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l’Écriture fût accomplie : J’ai soif ».

Diaporama de 12 photos. Deux groupes sculptés au pied de la Croix (1470-1480) : celui de la Vierge, de saint Jean et des saintes femmes, celui du centurion avec Nicodème et Joseph d’Arimathie, Musée de l’œuvre Notre-Dame, Strasbourg.

Commentaire de la Scène sur le blog Vie chrétienne.catholique.org. « Dans ce passage saint Jean nous raconte un des derniers instants avant la mort de Jésus. Jésus est en train de mourir sur la croix. C’est le moment culminant de sa mission, où son amour pour nous le mène à nous donner sa vie jusqu’à la dernière goutte de son sang. Il nous a tout donné. Mais comme si ce n’était pas suffisant, Il veut nous laisser son dernier grand « cadeau » : sa Sainte Mère.

On peut dire que tout ce qui était sien, Il nous l’a donné. Dieu nous connaît bien, il connaît notre besoin de tendresse, d’affection maternelle et de soutien inconditionnel, c’est pourquoi Il a voulu nous donner la même mère que celle qu’Il a choisie pour son Fils. De la même façon que la Sainte Vierge a pris soin de son Fils, l’a éduqué, l’a soutenu, l’a consolé, l’a aimé de tout son cœur de mère et ne l’a jamais abandonné jusqu’au moment de sa mort, elle le fait avec chacun d’entre nous. Quelquefois il est difficile de le voir car, comme nous le montre l’Évangile, elle agit avec beaucoup de discrétion.

Elle ne veut pas faire ombrage à son Fils, mais elle est bien là, comme elle l’a toujours été avec Jésus au cours de sa vie mais de différentes façons suivant ses besoins. Tout ce qu’elle a fait pour Jésus, elle le fera pour nous ; car son cœur de mère est pour tous. C’est profondément touchant et presque « scandalisant » de voir que tout ce que Dieu le Père a donné à son Fils unique, Il veut aussi nous le donner : Il nous fait ses fils à l’image de son Fils unique, Il nous fait participer de sa vie divine au travers des sacrements, Il nous fait don du Saint Esprit, qui demeure dans notre cœur, et Il nous donne Marie pour mère… Dieu est vraiment fou d’amour pour chacun d’entre nous »…

Près de la croix, se tenaient la mère de Jésus, Marie, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala, ainsi que Jean.

Diaporama de 40 photos (avec des détails de la plupart des œuvres). Toiles de

Mathias Grünewald, Le Christ sur la croix avec Marie et Jean, vers 1525, Musée des Beaux-arts de Karlsruhe

Mathias Grünewald, scène de la crucifixion, retable d’Issenheim, Colmar, Musée Unterlinden

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St-Pierre-le-Jeune : 3 Passions

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

10ème chronique. Les trois Passions de l’église protestante Saint-Pierre-le-Jeune (Strasbourg). Sources : citations de Wikipédia, du Guide de visite, des documents du CRDP.

Album de 21 photos (Pierre Dubois, mars 2021).

L’église, commencée dans la seconde moitié du 13ème siècle par le chœur, est consacrée en 1320. Des chapelles s’ajoutent aux 14 et 15èmes siècles. Les fresques murales sont réalisées à la même période.

Crucifixion, fresque murale. Cliquer sur les images pour les agrandir

En 1524, l’église passe à la Réforme. Toutes les peintures intérieures sont recouvertes d’une épaisse couche de badigeon, renouvelée en 1707, 1753 et 1822.

Flagellation et Portement de la croix. On remarquera l’anachronisme : les soldats portent un « chapeau pointu infamant en forme de cône ou d’entonnoir renversé, blanc ou jaune, porté par les Juifs dans l’Europe médiévale« .

En 1682, Louis XIV restaure une paroisse catholique à laquelle il donne le chœur ; un mur de séparation prenant appui sur le Jubé sépare alors le chœur de la nef.

Au cours de la période allemande, après la défaite française de1870, le mur de séparation entre les deux confessions chrétiennes est supprimé lorsque, en 1898, après la construction de l’église catholique Saint Pierre le Jeune, toute l’église redevient protestante.

Lors de la restauration de la fin du 19ème siècle, sous la direction de Karl Schäfer, les couches de badigeon sont éliminées et on tente de reconstituer le décor du Moyen-âge sur les murs : grandes briques rouges séparées par un liseré blanc coupé par une rainure noire. Certaines fresques sont repeintes avec le même sujet, d’autres sont éliminées et remplacées par de nouveaux sujets.

Les fresques restaurées retracent, au sud, une généalogie de Jésus-Christ, à l’ouest et au nord des épisodes de la Passion du Christ.

Le chœur de Saint-Pierre le Jeune date du 13ème siècle. Les huit nervures au fond de la voûte sont réunies en une seule clef de voûte. Les boiseries baroques et la chaire ont été ajoutées au milieu du 18ème siècle. Le panneau central du retable dédié à la passion du Christ est daté de 1518.

Karl Schäfer, architecte, professeur, restaurateur

  • Né le 18 Janvier 1844 à Kassel et décédé le 5 Mai 1908 à Carlsfeld. Il était fils de Johannes Schäfer, couturier et aubergiste.
  • De 1858 à 1862, il a poursuivi des études d’ingénieur et d’architecte à Kassel. Il a ensuite séjourné successivement à Munich (1867-1868), à Kassel (1868-1871), à Marbourg (1871-1878), à Berlin (1878-1894) et à Karlsruhe (1894-1908).
  • Il a publié de nombreuses études sur l’architecture gothique, sur la peinture et le vitrail médiévaux, sur l’ornement et les objets d’art.
  • De 1897 à 1901 / 1902, il a restauré l’église protestante Saint-Pierre-le-Jeune à Strasbourg.
  • Schäfer fut professeur d’architecture à Berlin et plus tard auprès de l’école supérieure technique de Karlsruhe.
  • Dans l’ouvrage Strasbourg, de la Grand-Ile à la Neustadt, on peut lire « Schäfer était réputé pour son enseignement à première vue conservateur et illustré par des exemples médiévaux, ayant tout de même une influence moderne sur ses élèves étant donné qu’il accentuait les liens entre fonction, construction, matériel et forme« .
  • Ainsi il développa auprès de ses élèves sa pensée sur le Heimatstil, le style régionaliste, et sur l’alliance entre art et artisanat. Parmi eux, on trouve les architectes strasbourgeois Théo Berst, Gustave Oberthur, et pour l’administration municipale, Édouard Schimpf et Fritz Beblo.

La restauration en cours. Source des citations : église Sainte-Pierre-le-Jeune

« Toutes les trois générations, il faut restaurer les merveilleuses peintures.

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Crucifixion par Baldung Grien

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

9ème chronique : Hans Baldung Grien (1485-1545) : Crucifixion, Descente de Croix, Déploration.

Diaporama de 27 photos. Exposition de Karlsruhe, Hans Baldung Grien, Sacré / Profane (2009-2010). Scènes de la vie du Christ, œuvres réalisées entre 1506 et 1517.

Lieux de séjour d’Hans Baldung Grien.

  • 1503-1508 : il travaille dans l’atelier de Dürer à Nuremberg
  • 1509-1512 : il est à Strasbourg.
  • 1512-1516 : séjour à Fribourg-en-Brisgau. Exécution du maître-autel de la cathédrale.
  • 1517. Il acquiert pour la seconde fois le droit de bourgeoisie à Strasbourg. Il y travaillera jusqu’à sa mort.

Les scènes de la Vie du Christ sont des œuvres de jeunesse, réalisées entre 18 et 32 ans. Scènes religieuses d’avant les thèses de Luther (1517), d’avant la diffusion de la Réforme (à partir des années 20), d’avant la brève période d’iconoclasme (vers 1524-1525 à Strasbourg).

Crucifixion avec Marie de Magdala, saint Jean et la Vierge, vers 1510-1512,

Gravure sur bois en clair-obscur réalisée au moyen de deux bois, Musée Royal, Amsterdam

Notice de l’exposition. La Bible rapporte qu’au moment de la Crucifixion, le ciel s’est obscurci. Pour restituer cet élément du récit, Baldung a utilisé une planche de teinte sombre qui fait ressortir les personnages et leur donne plus de plasticité.

La souffrance se lit sur le visage du Christ dont le regard est tourné vers le sol. La croix semble placée non pas dans l’image, mais au devant de celle-ci, ce qui rapproche la scène de l’observateur.

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La Cène dans la peinture

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

5ème chronique. Cinq Cènes peintes entre 1303 et 1520, dont celles de Giotto, de Schongauer, de Léonard de Vinci.

« Au moyen âge, la représentation de la Cène a d’abord une valeur pédagogique. Utilisée au Moyen Âge central comme instrument de lutte contre les hérésies qui rejettent l’Eucharistie, elle ne devient un thème iconographique majeur qu’à la Renaissance.

Le renforcement de la doctrine et de la doctrine eucharistique de l’Église à partir du concile de Latran IV (1215) ne réussit pas à imposer la Cène comme une des grandes images chrétiennes : elle demeure loin derrière, par exemple, le Lavement des pieds, qui la jouxte dans les programmes où elle est présente » (source Wikipédia)

1.1303-1306. Les fresques de la chapelle Scrovegni à Padoue. Source Wikipédia : Giotto de Bondone.

« Giotto di Bondone, dit Giotto (1266 ou 1267 -1337), est un peintre, sculpteur et architecte florentin du Trecento.

Les fresques qu’il a peintes à Florence (basilique Santa Croce), à Assise (basilique Saint-François) et à Padoue (chapelle des Scrovegni dans l’église de l’Arena) figurent parmi les sommets de l’art chrétien.

Il a probablement autour de quarante ans quand il commence la décoration de la chapelle : les cinquante-trois fresques qui sont considérées comme son chef-d’œuvre. Il les termine dans un temps étonnamment court qui ne peut s’expliquer que par la totale maîtrise technique à laquelle il était parvenu.

La dernière Cène par Giotto, 1303-1306

Source Google Images, Ciné club de Caen. Cliquer sur les images pour les agrandir

Commandé par le banquier padouan Enrico Scrovegni, ce cycle iconographique réunit dans un même espace les scènes de la vie de Joachim, de la Vierge et du Christ, une synthèse quasi inédite dans l’art occidental.

Le bleu profond utilisé par le peintre dans l’ensemble de ses fresques, contrastant avec l’or également très présent (utilisé notamment pour les auréoles des personnages saints et les étoiles de la voûte) constitue une des caractéristiques marquantes de l’œuvre de Giotto ».

« Le 15ème siècle, puis la Contre-Réforme donnent au Dernier Repas une place de choix dans l’art occidental : il suffit de penser à la production quasi industrielle de représentations de la Cène par le Tintoret à Venise ».

2. Vers 1480. La cène dans le retable de Martin Schongauer, dédié à la Passion du Christ. Source : chronique de mon blog.

« Schongauer n’a que 30 ans quand lui et son atelier livrent aux dominicains un retable en 24 panneaux représentant la Passion du Christ (seize panneaux en intérieur) et les Sept Joies de la Vierge (huit peintures extérieures). C’est sa destination qui finira par lui donner son titre, le Retable des Dominicains, exposé aujourd’hui dans le Musée Unterlinden de Colmar.

Album 1 : 13 photos de Pierre Dubois. De l’entrée du Christ dans Jérusalem (les Rameaux) à sa condamnation à mort, en passant par la Cène (deux photos ci-dessous).

Album 2 : 18 photos de Pierre Dubois. Du chemin de croix vers le Golgotha à l’Ascension du Christ en passant par sa Crucifixion et sa Résurrection.

Le retable ouvert donne à voir seize scènes de la Passion depuis l’Entrée à Jérusalem jusqu’à la Pentecôte, incluant le Noli me tangere et l’Incrédulité de Saint-Thomas. Certains panneaux s’inspirent directement des gravures de Martin Schongauer tels que l’Arrestation du Christ ou le Christ devant Caïphe ».

3. 1485. La cène dans la Passion du Christ, église Saint-Pierre le Vieux, Strasbourg. Source Wikipédia.

« C’est en 1130 qu’il est fait pour la première fois mention publique de son nom. Construite le long de l’une des plus importantes voies romaines de la ville, la Strata Superior, l’église comporte, en effet, certains vestiges datés de l’époque mérovingienne.

1382. La construction gothique est édifiée.

La passion du Christ. Dix scènes peintes par Henri Lutzelmann (1473-1505), et insérées dans les boiseries du chœur. Source : Commons Wikimédia.

Parmi ces scènes, la Dernière Céne, Jésus avec ses disciples. Photos de Pierre Dubois

En 1529, l’église Saint-Pierre-le-Vieux passe dans le giron luthérien.

En 1683, deux ans après la conquête de Strasbourg, Louis XIV ordonne la restitution du chœur de l’église aux catholiques, et fait construire un mur au niveau du jubé, pour limiter le culte protestant à la nef.

4. 1495-1498. La cène de Léonard de Vinci. Source Wikipédia.

« Le Dernier Souper de Léonard de Vinci est une peinture murale à la détrempe de 460 × 880 cm, pour le réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie à Milan.

La Cène est le nom donné par les chrétiens au dernier repas que Jésus-Christ pris avec les Douze Apôtres le soir du Jeudi saint, avant la Pâque juive, peu de temps avant son arrestation, la veille de sa Crucifixion. Depuis le Moyen Âge les murs des réfectoires monastiques sont illustrés de la Cène. Ainsi, durant leur repas, les moines avaient-ils sous les yeux l’image de celui que partagea leur Seigneur pour la dernière fois.

Source : Wikipédia. Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Le commanditaire en est sans aucun doute le duc de Milan, Ludovic Sforza. La Cène est indissociable du projet qu’il mène dès 1492, pour faire de Santa Maria delle Grazie, le mausolée des Sforza.

Le programme iconographique du réfectoire fait d’ailleurs clairement référence à Ludovic Sforza : outre les trois blasons qui surmontent la fresque, une main anonyme a rajouté sur la Crucifixion de Giovanni Antonio Donato Montorfano, les figures agenouillées et de profil  de Ludovic Sforza et Béatrice d’Este, accompagnés de leurs deux fils.

La technique de la buon fresco consistait à appliquer directement les pigments sur l’enduit encore frais, ce qui assurait une excellente conservation à l’œuvre. L’artiste fixait chaque jour une partie de la fresque à peindre, une giornata. Léonard ne pouvait se satisfaire d’une telle contrainte. Il a donc appliqué une technique personnelle qui lui permettait de peindre quand il le souhaitait et autorisait les retouches.

Léonard a d’abord étendu sans doute en une seule fois  sur le mur l’intonaco (l’élément préparatoire qui va protéger les pigments) composé de 30 % de sable fluvial, et 70 % de quartz. Il a dessiné directement dessus le dessin préparatoire au pinceau avec de la terre rouge (la sinopia).

Il a ensuite appliqué un enduit (composé de carbonate de calcium et de magnésium). Puis il a appliqué, comme il le faisait pour ses tableaux, une fine préparation blanche, exaltant la luminosité des couleurs grâce à sa base blanche (l‘imprimatura). Il a ensuite peint à sec probablement en émulsionnant des huiles avec des œufs ».

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La Cène selon les évangiles

Chroniques sur la semaine sainte dans l’Art :

Chronique 4, première partie : La dernière Cène selon les évangiles (source des citations Wikipédia). La seconde partie de la chronique présentera d’autres cènes dans l’Art (dont celle de Giotto et celle de Léonard de Vinci).

Église d’Antigny (Vienne), La cène, fresques de la chapelle Sainte-Catherine, 15ème siècle

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Selon Matthieu (26, 26-28) : Pendant le repas, Jésus prit du pain et, après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit ; puis, le donnant aux disciples, il dit : Prenez, mangez, ceci est mon corps. Puis il prit une coupe et, après avoir rendu grâce, il la leur donna en disant : Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés.

La dernière cène, Bâle, Cathédrale Notre-Dame, élément de retable, vers 1525

Selon Jean : Avant le repas proprement dit, Jésus lave les pieds de ses disciples. Cette action n’est pas mentionnée dans les autres évangiles. Jésus ne prononce pas les paroles qui instituent l’Eucharistie, Prenez, mangez, ceci est mon corps.

Il donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres, Jean (13, 34). Dans ce que l’on appelle le Discours de la Cène (Jean, chapitres 14 à 17) : Jésus transmet une sorte de testament sur les commandements à garder par les disciples qu’il considère, non plus comme ses serviteurs, mais comme ses amis. C’est cette partie de la Cène qui est la seule relatée par Jean dans son évangile.

Selon les quatre évangiles (Matthieu 26, 20-25, Marc 14, 17-21, Luc 22, 21-23, Jean 13, 21-30), Jésus annonce ensuite que l’un des disciples va le trahir : Judas. Celui-ci quitte la pièce.

Selon les quatre évangiles également (Matthieu 26-34, Marc 14-30, Luc 22-34, Jean 13-8), Jésus dit à Pierre qu’il le reniera par trois fois avant que le coq ne chante.

Le reniement de Pierre par Ribera (Expo 2015, Galerie Heitz, Strasbourg, Beaux-Arts, Ribera à Rome)

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Révolution à Strasbourg : 1789-1795

Georges-Daniel Arnold, né le 18 février 1780 à Strasbourg et mort dans cette même ville le 18 février 1829. Juriste et homme de lettres alsacien. Comment suivre des études de droit et devenir professeur des universités dans une période « agitée » ?

Sources. Citations de Wikipédia et de la Biographie de la Fédération des Sociétés d’Histoire et d’Archéologie d’Alsace.

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1787 (7 ans). Études au gymnase protestant de Strasbourg, interrompues à la suite de la fermeture dudit gymnase en 1794. Il souhaite poursuivre des études à la faculté de droit de Strasbourg.

1795 (15 ans). Il adhère aux idées libérales de la Société des jeunes amis de la Constitution. Alors que ses amis étudiants, dont Ehrenfried Stoeber, poursuivent leurs études en Allemagne à Tübingen ou à Erlangen, Georges Daniel trouve un emploi en 1795 à la Préfecture en qualité de sous-chef de bureau de la guerre et de l’administration départementale du Bas-Rhin. Il en profite pour écrire une Chronique de la Révolution à Strasbourg de 1789 à 1795.

1801-1803 (21-23 ans). Séjour d’études à Göttingen : droit, langues anciennes et modernes, philosophie, antiquités, beaux-arts, sciences naturelles, sciences exactes. Voyages pendant les vacances en Allemagne du Nord (Brême, Hambourg, Lübeck, Berlin, Dresde, Iéna ; à Weimar, il rend visite à Goethe.

1803 (23 ans). A l’automne, il rejoint son maître et professeur Koch (membre du Tribunat) à Paris pour parfaire ses études de droit. Koch l’introduit auprès de Chabot, Sédillez, Cuvier.

1804 (24 ans). Il attend sa nomination comme professeur à l’une des nouvelles Hautes écoles de droit, créées par ordonnance impériale.

1806 (26 ans). Le 1er septembre, par décret impérial, il est nommé professeur de code civil à la Faculté de droit de Koblenz et appelé comme conseiller juridique auprès de Lezay-Marnésia, préfet du département de Rhin-et-Moselle. Il écrit la même année ses Notices littéraires et historiques sur les poètes alsaciens.

1807-1808 (27-28 ans). Cours de pédagogie à l’École normale.

1809 (29 ans). Rentré en Alsace à la suite de Lezay-Marnésia, il est nommé titulaire de la chaire d’Histoire à l’Académie. Les projets audacieux exposés en 1809 en font le précurseur de l’École Historique du Droit dont la faculté de Droit de Strasbourg sera le porte-parole français jusqu’en 1870.

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Les Fontaines de Trèves

Chroniques sur les fontaines du 18ème siècle : fontaines de Nancy, d’Aix-en-Provence, de Rochefort, de Trèves (siège d’un archevêché dont le titulaire était prince-électeur) .

Diaporama de 17 photos. Trois fontaines dans cette ville que traverse la Moselle, mais une seule est datée du 18ème siècle : Saint-Georges sur la place du Marché aux grains. La fontaine Saint-Pierre est antérieure (1595) et la fontaine des Artisans est contemporaine.

Fontaine Saint-Georges. Cliquer sur les images pour les agrandir

Source : article de Wikipédia. « Prince-évêque (Fürstbischof) est le titre que portaient les évêques du Saint-Empire romain germanique qui, en plus d’administrer leur diocèse, régnaient sur un domaine temporel ou principauté ecclésiastique jouissant de l’immédiateté impériale. Ils étaient membres des États impériaux et siégeaient à la diète d’Empire. Les pouvoirs qu’ils exerçaient étaient équivalents à ceux des princes laïcs.

Le pouvoir politique des évêques est notamment lié au combat entre l’autorité centrale de l’Empire et les maisons princières puissantes. Au Moyen Âge central, les rois des Romains avaient commencé à conférer des droits souverains aux évêques désignés par eux. Les dignitaires religieux sont ainsi devenus des alliés essentiels et loyaux dans la lutte contre l’influence des grandes dynasties.

Les princes ecclésiastiques d’Empire les plus puissants étaient les trois archevêques électeurs de Mayence, Cologne et Trèves« .

« Le palais du Prince-électeur (source : article de Wikipédia) a été la résidence des électeurs de Trèves, depuis le XVIIe siècle jusqu’en 1794…

1629. « Trèves étant devenue dangereuse pendant la Guerre de Trente ans, les électeurs avaient déménagé leur résidence à Coblence.

1647. Fut achevée la Tour rouge, un bâtiment carré massif abritant la chancellerie et les archives, au Nord-ouest du château inférieur. Ce n’est que sous l’électeur suivant, Karl Kaspar von der Leyen, que la construction du palais fut entièrement achevée. Cependant, le nouveau bâtiment était rarement utilisé.

1757-1761. Johann Philipp von Walderdorff  chargea Johannes Seiz, un élève de Balthasar Neumann, de convertir et d’agrandir l’aile Sud du palais selon le goût du rococo. Les sculptures ont été réalisées par Ferdinand Tietz, qui avait entre autres travaillé pour Balthasar Neumann à Wurtzbourg.

La nouvelle aile Sud, de couleur rose, devait dépasser des deux côtés du château précédent. Un avant-corps central a été construit, et des risalites d’angle auraient encore dû subdiviser la longue aile des deux côtés. Cependant, le projet n’a jamais été complètement achevé ».

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