Archives de Catégorie: D. Allemagne

1744. Treize chroniques du blog

18ème siècle, année 1744. La guerre de succession d’Autriche, commencée en 1740, est à un tournant. Les troupes royales françaises commencent à prendre le dessus dans les Pays-Bas autrichiens.

Treize chroniques du blog sur l’année 1744.

22-23 février. Bataille du cap Sicié près de Toulon entre les flottes franco-espagnole et britannique.

15 mars. Louis XV déclare la guerre à la Grande-Bretagne et à l’Autriche.

26 mars. Maurice de Saxe est promu maréchal de France, « passant devant huit lieutenants-généraux plus anciens que lui ».

10 avril. Celui-ci se rend à Valenciennes où il prend la tête de l’armée destinée à attaquer les Pays-Bas autrichiens. Il s’agit de mener une guerre de sièges.

3 mai. Louis XV quitte Versailles pour prendre le commandement de l’armée de Flandre. Au cours du trajet, il prie devant l’image de Notre-Dame de Grâce à Cambrai. 

12-14 mai. Premier voyage de Louis XV à Lille, par Aristote Crapet, Revue du Nord, Année 1914, n°17, pp. 1-10.

5 juin. Traité de Versailles. Deuxième alliance franco-prussienne.

7 juin. Le roi entre à Menin sur la Lys après la prise de la ville. « Celle-ci assure à l’armée des subsistances prélevées en Flandre intérieure et ouvre une suite de sièges destinés à conduire le roi jusque sur la côte de la Flandre maritime, afin au moins de gêner les anglais dans leur passage de troupes sur le continent ».

25 juin. Prise d’Ypres.

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1727. A-G. de Rohan et R. de Cotte

1727. Décision de construire un Palais à Strasbourg, devenue française en 1681. Ce palais, c’est l’affaire du prince-évêque, Armand-Gaston de Rohan (1674-1749), et du premier architecte du Roi, Robert de Cotte (1656-1735).

Source. Cabinet des Estampes et des Dessins de Strasbourg

Source 1. La décision de construire un Palais. Citations de Noblesse & Royautés.

« C’est en 1727 seulement qu’il fut question de construire, dans l’ancienne ville libre du Saint-Empire romain germanique rattachée à la France en 1681, un palais digne du rang qu’occupait, dans l’Alsace désormais province française, un des plus grands seigneurs de son temps : Armand-Gaston-Maximilien de Rohan-Soubise, prince-évêque de Strasbourg depuis1704, et en tant que tel landgrave de Basse-Alsace et prince du Saint-Empire, cardinal depuis 1712, grand aumônier de France en 1713, grand commandeur de l’Ordre du Saint-Esprit.

Armand-Gaston, cinquième fils de François de Rohan (prince de Soubise, lieutenant général des armées du roi) et d’Anne de Rohan-Chabot, laissait volontiers courir la rumeur, rapportée par tous les mémorialistes du temps, d’une liaison de sa mère avec le roi l’année précédant sa naissance, ce qui aurait expliqué la protection exceptionnelle que Louis XIV lui accordait et notamment son accession aux plus hautes charges ecclésiastiques du royaume. Prince avec toute sa famille par la grâce du roi et la beauté de sa mère, c’est ainsi que Saint-Simon résumait la situation.

Ayant obtenu en 1727, par lettres patentes du roi, l’autorisation de prélever un impôt sur les habitants de l’évêché pour la construction du nouveau palais épiscopal, c’est à Robert de Cotte que le cardinal en demanda les plans.

La mission qui incombait à l’architecte était complexe, dans la mesure où il fallait traduire dans la pierre la vocation à la fois ecclésiastique et politique de la fonction du prince-évêque. De par sa situation dans une province française de date assez récente et sa position aux marches du royaume, le palais Rohan se devait de signifier la puissance et le rayonnement artistique français, par-delà le goût très sûr du brillant prélat et homme de cour qu’était Le grand cardinal. Il fallait par ailleurs marquer avec éclat le retour du culte catholique dans une ville où il avait été réduit à la clandestinité depuis plus d’un siècle. Soulignons, enfin, que le palais allait être la résidence du premier prince-évêque français de Strasbourg ».

Source 2. Robert de Cotte, citations d’Archi-Wiki.

« Robert de Cotte architecte français, né en 1656, fils de Charles de Cotte, architecte du roi, et mort le 14 juillet 1735 à Passy, à l’âge de 79 ans.

Il fut l’un des grands architectes français dans la lignée des Mansart. Il sera l’élève de Jules Hardouin-Mansart, avant de devenir son beau-frère (par son mariage avec Catherine Bodin) et son principal collaborateur.

1687 (31 ans). Admis à l’Académie Royale d’Architecture.

1689 (33 ans). Nommé architecte du Roi et départ en Italie pour un voyage d’études.

1699 (43 ans). Nommé directeur de l’Académie Royale d’Architecture, directeur artistique de la manufacture des Gobelins.

1700 (44 ans). Intendant et ordonnateur des bâtiments.

1702 (46 ans). Anobli.

1708 (52 ans). A la mort de Mansart, Premier Architecte du Roi, jouissant à partir de cette époque d’une réputation européenne ».

Robert de Cotte peint par Hyacinthe Rigaud et par Nicolas de Largillière

« En Alsace, il fut le principal initiateur de l’art de cour versaillais et parisien, caractérisé par une solide tradition classique, mais aussi par une certaine concession au goût du jour, à savoir au style rocaille, surtout dans le décor intérieur.

A Strasbourg, il donna des plans pour le collège des Jésuites (non exécutés), pour la transformation du chœur de la cathédrale, pour l’hôtel du Grand Doyenné (l’actuel évêché), pour l’hôtel de Hanau-Lichtenberg (actuel hôtel de ville) et surtout, entre 1727 et 1731, pour son chef d’œuvre en Alsace, le palais épiscopal (palais Rohan), que Joseph Massol exécuta en retouchant certains détails.

Le plan établi par Robert de Cotte est celui des grands hôtels parisiens de l’époque, disposés entre cour et jardin. La construction du palais, sous la direction de Joseph Massol (1706-1771), s’échelonna de 1732 à 1742. Élevés sur un terrain trapézoïdal descendant en pente vers l’Ill depuis la cathédrale, les bâtiments sont disposés autour d’une vaste cour d’honneur ».

Source 3. Construction du Palais Rohan (1732-1742), citations de l’article de Wikipédia. Lire la suite page 2 de la chronique.

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Vœux 2022. 63 adorations des mages

2022. Les meilleurs vœux de Pierre Dubois (Blog Histoires d’universités)

Visite virtuelle d’une trentaine de Musées des Beaux-arts en France et en Europe

Art sacré, médiéval et moderne. Œuvres choisies pour la période de Noël et Épiphanie

Carte de vœux n°1 (chronique du 24 décembre 2021) : Vierge allaitant ou allaitante ou au lait

Carte de vœux n°2 (chronique du 31 décembre 2021. 63 Adorations des Mages (dans onze musées)

Cartes de vœux n° 3 et 4, à venir. Massacre des Innocents ; Fuite ou repos pendant la fuite en Égypte.

« Selon l’évangile de Mathieu, des mages (astronomes) se présentent devant Hérode, en Judée, à la recherche d’un nouveau-né dont une étoile leur a indiqué la naissance et le destin royal. Hérode les dépêche à la recherche de l’enfant. Suivant l’étoile, les mages arrivent près de Jésus qu’ils adorent et auquel ils offrent l’or, l’encens et la myrrhe. Puis, divinement avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnent leur pays par un autre chemin (2, 12). Source Wikipédia : Adoration des mages.

Source Wikipédia : Rois mages. Ayant appris la naissance de Jésus, les rois mages viennent de l’Orient guidés par une étoile pour rendre hommage au Roi des Juifs et lui apporter à Bethléem des présents d’une grande richesse symbolique : or, myrrhe et encens ».

Quiz du Nouvel an : où ai-je photographié cette adoration des mages en 2005 ?

« Le texte évangélique ne mentionne pas leur nombre, pas plus que leurs noms et ne les qualifie pas de rois. L’idée de leur origine royale apparaît chez Tertullien au début du IIIe siècle et celle de leur nombre est évoquée un peu plus tard par Origène. Certaines traditions chrétiennes, dont témoigne pour la première fois vers le VIIIe siècle l’Excerpta Latina Barbari, les popularisent sous les noms de Melchior, Gaspard et Balthazar.

  • Melchior, appelé le roi de Perse, est souvent représenté à genou comme un homme âgé, aux cheveux blanchis et à la barbe longue. Il apporte l’or qui est le symbole du caractère royal de Jésus.
  • Gaspard est originaire de l’Inde. C’est le plus jeune des rois mages. Il apporte l’encens représentant l’offrande faite à un Dieu.
  • Balthazar est le roi mage dont la peau est de couleur noire. Il vient d’Afrique et amène avec lui la myrrhe qui est une résine parfumée. Elle représente l’aspect mortel de Jésus ».

Strasbourg. 14 Adorations des Mages

Strasbourg arrive en tête dans ma collection d’Adoration des mages. Diversité des lieux (Cathédrale, Œuvre Notre-Dame, Beaux-arts) et des supports (peintures sur bois ou sur toile, bois sculptés et peints, vitraux, sculptures en pierre, tapisseries). Trois diaporamas (un par lieu) et 75 photos. Une chronique répartie sur 4 pages.

Strasbourg, cathédrale Notre-Dame, portail Saint-Laurent, gothique flamboyant, 1505

Karlsruhe. 9 Adorations des Mages

Neuf adorations des mages (46 photos) au Staatliche Kunsthalle Karlsruhe, datées du milieu du 15ème siècle au début du 17ème. Elles appartiennent aux Collections du musée ou ont été prêtées pour l’exposition dédiée fin 2019 à Hans Baldung Grien, Sacré / Profane.

Albrecht Dürer, vers 1503

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Schwäbisch. 4 adorations des mages

Schwäbisch Hall. Quatre adorations des mages et diaporama de 23 photos (cartels, œuvres dans leur encadrement, détails).

Peter Murer, L’adoration des trois rois mages, vers 1465

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Septembre 2019. Escapade à Schwäbisch Hall (Bade-Wurtemberg), découverte de l’histoire millénaire d’une ville moyenne au cœur de l’Europe, d’une ville libre d’Empire pendant plus de 500 ans… Lire la suite de la chronique du blog : Ville libre d’Empire (1280 à 1803).

Saint Michel terrassant le dragon, saint patron de Schwäbisch Hall. Dans l’église éponyme, il n’y a pas moins 14 représentations de cet archange, l’un des sept majeurs (avec Gabriel et Raphaël notamment) des religions abrahamiques… Lire la suite de la chronique du blog

Schwäbisch Hall et l’entreprise Würth. « Fondée en 1945, elle est devenue une multinationale présente dans 80 pays. Würth France à Erstein regroupe 4 000 salariés (dont les 3/4 de commerciaux) et revendique 250 000 clients et 30 000 références. Elle est le leader mondial des matériels de montage et de fixations pour l’artisanat et l’industrie, pour les vis, les chevilles, les équipements de protection intérieure, l’équipement lourd dans diverses industries, la haute technologie, les produits chimiques et techniques, les ferrures, les machines, l’outillage à main ». Pour aller plus loin : Histoire de l’entreprise.

Mais les Würth sont aussi des collectionneurs et des mécènes. Un premier tableau est acheté en 1972. Leur idée est que chaque création d’usine soit accompagnée par la fondation d’un musée. Il en existe même deux à Schwäbisch Hall. Reinhold Würth a souhaité que l’entrée y soit gratuite.

Le plus petit des deux musées est issu de la reconversion de l’église des Chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (Johanniterkirche), ancienne église du couvent du XIIe siècle.

Retabel der Marienkirche in Riden, Brussel oder Löwen, um 1449/50

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Vœux 2022. Musée, visite virtuelle

2022. Les meilleurs vœux de Pierre Dubois (Blog Histoires d’universités)

Visite virtuelle d’une vingtaine de Musées des Beaux-arts en France et en Europe

Art sacré, médiéval et moderne. Œuvres choisies pour cette période de Noël et Épiphanie

Vierge allaitant ou allaitante ou au lait,

Adoration des Mages,

Massacre des Innocents,

Fuite ou repos en Égypte,

Retables et vitraux comprenant plusieurs des scènes précédentes.

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1er thème : La Vierge allaitant

La maternité dans l’iconographie mariale. Les Vierges enceintes ou allaitantes dans l’art chrétien, par M. Christian Jouffroy, 34 pages, 2007.

Lille, Caen, Dijon, Metz, Paris le Louvre, Strasbourg, Toul, Tours (musées des Beaux-arts), 11 vierges allaitant, de 2014 à 2021.

Caen. Rogier van der Weyden (1400-1464), La vierge à l’Enfant, musée des Beaux-arts

Dijon, Maître au brocart d’or, seconde moitié du 15ème, Vierge à l’enfant, Musée des Beaux-arts

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Angers, Musée des Beaux-arts, 7 vierges allaitantes, 27 août 2016.

Gand, Musée des Beaux-arts, 4 Vierges allaitant, 23 janvier 2018.

KarlsruheHans Baldung, Vierge / Vénus, 9 février 2020.

Musées divers, La Vierge allaitant, 16 peintures, 21 décembre 2020.

Rome, 6 Vierges allaitantes, 21 décembre 2020.

Catalogne, 4 vierges allaitant, 25 décembre 2020.

Dijon, Musée des Beaux-arts, 4 vierges allaitant, 29 mai 2021.

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1744. Charles Alexandre de Lorraine

« Charles Alexandre de Lorraine, né le 12 décembre 1712 à Lunéville et mort le 4 juillet 1780 au château de Tervueren, près de Bruxelles, fils du duc Léopold Ier de Lorraine et frère de l’empereur François Ier, est un prince lorrain au service de l’Autriche, qui a été gouverneur général des Pays-Bas autrichiens (de 1741 à 1744 et de 1749 à 1780) ». Source 1. Biographie pour les années 1740-1749 : extraits de l’article de Wikipédia.

« 1740. Le prince Charles-Alexandre est fait Maréchal d’Autriche.

1744. Il épouse l’archiduchesse Marie-Anne d’Autriche (1718-1744) à Vienne le 7 janvier, sœur cadette de l’impératrice Marie-Thérèse. Charles-Alexandre de Lorraine devint ainsi, à double titre, le beau-frère de Marie-Thérèse puisqu’il était à la fois le frère de son époux et le mari de sa sœur. Marie-Anne d’Autriche accouche d’une fille qui ne vivra pas. Elle-même s’éteindra en décembre 1744 quelques jours avant la duchesse douairière de Lorraine. En quelques jours, Charles-Alexandre perd sa fille, sa femme et sa mère.

1740-1748. Pendant la guerre de Succession d’Autriche, il est l’un des principaux commandants de l’armée autrichienne.

1741 (avril). Il est désigné comme successeur aux Pays-Bas de la gouvernante générale, l’archiduchesse Marie-Élisabeth.

1744 (juillet et août). Il attaque la ligne de fortifications de la Lauter – Wissembourg au nord de l’Alsace ; il ne réussit à s’en emparer que durant une journée. Le 23 août, il doit repasser le Rhin, après sa défaite.

Diaporama de 31 photos (source : estampes et dessins du Cabinet éponyme de Strasbourg).

1745-1748. L’invasion, puis l’occupation française des Pays-Bas empêchent Charles-Alexandre de Lorraine de remplir sa fonction sur place.

1746 (octobre). Il est  battu par Maurice de Saxe à la bataille de Roccoux.

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Duc de Boufflers (1706-1747)

Joseph Marie duc de Boufflers (1706-1747), pair de France. Source 1. Article de Wikipédia.

« Quand Louis XV vient à Lille, du 12 au 14 mai 1744, prendre le commandement de l’armée de Flandre, le duc de Boufflers a 38 ans. Il atteint le sommet de sa carrière militaire au cours de la Guerre de Succession d’Autriche (1740-1748).

En 1744, il est lieutenant général des armées du Roi, gouverneur des Flandres et du Hainaut, gouverneur et souverain bailli des ville, citadelle et châtellenie de Lille, gouverneur et grand bailli de Beauvais.

Nattier réalisa le portrait de Joseph Marie de Boufflers, alors qu’il était gouverneur et lieutenant général des provinces de Flandre et du Hainaut. Cette œuvre, sur laquelle il arbore l’écharpe bleue de l’ordre du Saint-Esprit est conservée dans les collections du Musée des Beaux-Arts de Valenciennes ».

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En fait, de Boufflers n’a pas eu à faire le choix du métier des armes. Celui-ci était induit par sa naissance : la Noblesse d’épée se transfère par la famille ; il a été doté d’un régiment d’infanterie, d’une charge de gouverneur dès la mort de son père et de son frère aîné en 1711 (il avait alors 5 ans).

Source 2 en ligne : Dictionnaire historique et biographique des généraux français, tome II, 1821, pages 492-494.

Ce n’est cependant qu’en 1727 (il a 21 ans) que le duc de Boufflers va exercer le métier des armes sur le terrain. La guerre… se déplace, imposant une mobilité géographique presque constante au niveau d’une partie de l’Europe (France – Alsace et Flandre -, Bavière, Autriche, Bohème, Empire romain germanique, Pays-Bas Autrichiens, République de Gênes).

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1744 (12-14 mai). Louis XV à Lille

1667. Conquête de Lille par Louis XIV, lors de la guerre de Dévolution. Le visage de la ville est profondément modifié par l’introduction du style classique français. Vauban édifie de 1667 à 1670 la Reine des citadelles.

1744. Guerre de Succession d’Autriche. Le maréchal de Noailles conseille au Roi de conquérir les Pays-Bas autrichiens. Deux armées commandées l’une par Noailles, l’autre par Maurice de Saxe entrent en Flandre.

1744 (mai). Louis XV a 34 ans quand il décide de se rendre à Lille pour prendre le commandement de l’armée de Flandre, pour suivre les opérations sur le terrain.

Histoire des conquêtes de Louis XV. Tant en Flandre que sur le Rhin, en Allemagne & en Italie, depuis 1744, jusqu’à la paix conclue en 1748. Ouvrage enrichi d’estampes

Aristote Crapet, alors professeur à l’École normale de Douai, met en scène l’arrivée, le séjour et le départ du roi. Source. Larges extraits d’un article en ligne : Le premier voyage de Louis XV à Lille (12-14 mai 1744), Revue du Nord, Année 1914, n°17, pp. 1-10.

Répartition des rôles entre d’une part les représentants du roi dans la province (Intendant, Gouverneur, Baillis), et d’autre part le Magistrat et les bourgeois de la ville. Problèmes de préséance dans la présentation des uns et des autres au roi, de la signature des serments de fidélité, du financement des dépenses (logement, repas, fêtes somptueuses). Et puis… la favorite de Louis XV, Madame de Châteauroux, est favorable au voyage à Lille et veut être présente aux côtés du Roi. Elle ne parviendra à ses fins qu’en juin, lors d’un autre séjour du Roi à Lille ; la question est socialement et religieusement plus que délicate.

Mai. Louis XV quitte Versailles pour prendre le commandement de l’armée de Flandre, en suivre les opérations.

Maurepas fit entendre à Louis XV que sa présence était nécessaire à l’armée pour ranimer le courage du soldat.

Madame de Châteauroux approuva le projet d’occuper le Roi du soin de ses affaires, pour éloigner du prince Maurepas qui était alors le ministre de confiance, et pour se donner la réputation de concourir à la gloire du Roi et de l’Etat. Elle voulait tirer le Roi de son apathie, le ressusciter. Elle crut qu’en arrachant le Roi à son indolence, et en le plaçant à la tête de ses armées, elle s’attirerait l’estime et l’affection du public.

Elle pensait pouvoir suivre le Roi jusque dans le camp. Maurepas, qui avait pénétré ses intentions et qui redoutait son séjour à l’armée, persuada au Roi qu’il fallait, pour «jouir… de l’affection de ses sujets… la laisser à Paris. » Louis XV se rendit à cet avis, mais le duc de Richelieu et la favorite obtinrent que Maurepas n’accompagnerait pas le Roi non plus. Richelieu engagea alors Madame de Châteauroux à se soumettre, en lui assurant qu’il prenait sur lui de la faire venir à l’armée sous peu (cf. infra : mois de juin).

3 mai. Louis XV part de Versailles le dimanche 3 mai, à trois heures un quart du matin. Il couche à Péronne. Le 4 mai, il est à Valenciennes, d’où il visite Condé, Le Quesnoy et Maubeuge. D’Argenson écrit le 10 mai : Le Roi fait merveille à l’armée. Il s’applique, il se donne de grands mouvemens pour savoir et pour connoître, il parle à tout le monde. La joie est grande parmi les troupes, et parmi les peuples en Flandre. Aurions-nous donc un Roi ?

Le 11 mai, après s’être arrêté à Bouchain, il se rend à Douai, qu’il quitte le 12, à onze heures, pour gagner Lille. Il y arrive le 12 et y séjourne une première fois du 12 au 14.

Le Magistrat de la Ville indique à l’intendant, M. de Séchelles, que l’arrivée du Roi lui occasionne des dépenses considérables qu’il ne lui est pas possible de supporter ; ainsi, il proteste contre les demandes  de bougie, de charbon, de bois et de chandelle, d’ustensiles de cuisine pour la maison du Roi. De même, les bourgeois de Lille qui occupent des terres dans les villages environnants font tout ce qu’ils peuvent pour ne pas payer leur quote-part dans la contribution des trèfles et des herbes qu’on fournit à la maison du Roi.

Le 12 mai, les membres du Magistrat, en robe, se rendent à pied, vers midi à la première barrière de la porte des Malades. Ils vont attendre, sous une marquise dressée sur le glacis à gauche en entrant, l’arrivée de Sa Majesté.

M. de Boufflers, gouverneur militaire (chronique à venir), les rejoint à deux heures. A deux heures et demie arrivent en carrosse le comte de Glermont, le duc de Penthièvre et le duc de Chartres. A trois heures un quart apparaît enfin le carrosse du Roi, précédé d’un détachement de gardes du corps ; il s’arrête à cent pas de la barrière. Louis XV en descend, monte à cheval  ainsi que les princes et seigneurs de sa suite, et s’avance jusqu’à l’endroit où se tient le Magistrat.

Là se trouvaient M, de Boufflers et son état-major, M. Lespagnol, premier conseiller pensionnaire de la ville, le mayeur, et, derrière eux, le Magistrat sur deux rangs. Tout le monde mit genou en terre et M. Lespagnol complimenta Sa Majesté en un bref discours de sept à huit lignes. Boufflers présenta alors au Roi le bassin de vermeil dans lequel on avait mis les clefs de la ville. Le Roi les prit et les donna au duc d’Ayen qui les remit ensuite dans le bassin.

Puis le Roi entra dans la ville au bruit du canon et des acclamations du peuple criant Vive le Roi ! et au son de toutes les cloches qui carillonnèrent pendant deux heures.

Le sieur Patou prononça les paroles suivantes : Sire, les baillis des États de Lille viennent vous rendre leurs hommages ; nous devons aux soins de Votre Majesté le repos dont nous jouissons depuis plus de trente ans. Cette tranquillité qui fait le bonheur des peuples paraît un peu troublée par les appareils de guerre qui nous environnent, mais, Sire, la présence de Votre Majesté nous rassure et nous fait espérer que ces nuages seront bientôt dissipés ; guerre ou paix, Sire, nous supplions Votre Majesté d’être persuadés de notre zèle et de notre fidélité.

Le clergé et la noblesse eurent leur audience immédiatement après. Ils prétendaient être présentés avant les baillis, mais ceux-ci, la veille, étaient allés voir Boufflers et lui avaient rappelé que lors du voyage de Louis XIV en 1670, ils avaient été présentés avant les ecclésiastiques et les nobles : le Roi en avait décidé ainsi sur le rapport de M. de Louvois à qui on avoit justifié par titre l’ancien usage.

C’était pour les Lillois une question très importante que celle du serment de respecter les privilèges de la ville. Le Magistrat en avait délibéré dans l’assemblée du 4 mai et il avait été d’avis que le Roi devait prêter le serment.

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1744 (juillet). Combats sur la Lauter

Suite des chroniques sur la Guerre de succession d’Autriche (1740-1748).

Combats 1er & 5 juillet 1744. Combats sur les Lignes de la Lauter (dites aussi Lignes de Wissembourg ou Lignes de Lauterbourg). Les troupes impériales s’en emparent le 1er juillet ; elles sont reprises par les troupes royales le 5 juillet. Sources : extraits de l’article de Wikipédia ; gravure du Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg.

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« Les lignes de la Lauter sont des anciennes lignes de fortifications située sur la rivière Lauter en Alsace.

Cette ligne de défense était une levée de terre couvertes de palissades, renforcée d’une cinquantaine de redoutes afin d’assurer la protection des hommes et aménagée d’une trentaine de digues avec de petits bassins hydrographiques destinés à organiser un obstacle naturel non guéable et inondable pour inonder la vallée.

D’une longueur de 20 km environ, elle débutait, sur la gauche, à l’Ouest de Wissembourg, à partir d’une redoute située au col du Pigeonnier, puis descendait sur la Lauter, dont elle suivait ensuite la rive droite jusqu’au Rhin en s’appuyant sur des places fortes comme Wissembourg, Altenstadt, le château de Saint-Rémy, le moulin de Bienwalde, Scheibenhard, Lauterbourg et la rive gauche du Rhin.

1706. Pendant la guerre de Succession d’Espagne, les Français ont commencé la construction de cette chaîne de fortifications sous les ordres du maréchal de Villars.

1744. Pendant la guerre de succession d’Autriche, le roi de France Louis XV, à la tête d’une armée de 90 000 hommes, envahit les Pays-Bas autrichiens et capture Menin et Ypres ».

1744 (1er juillet). « En réplique, les troupes commandées par Charles Alexandre de Lorraine, Franz de Trenck et le général Nádasdy franchissent le Rhin à Philippsburg et lancent une opération en Alsace en s’emparant des lignes de la Lauter.

1744 (5 juillet). Le maréchal de Coigny rassemble alors toutes les troupes françaises dispersées le long du Rhin et marche jour et nuit pour gagner les lignes de Lauterbourg en se portant sur Wissembourg où après un dur combat les autrichiens sont contraints de se replier« .

Deux des participants aux combats.

1. Friedrich Heinrich von Seckendorf (1673-1763). Suite page 2.

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1744. Louis XV part en guerre

1740-1748. Guerre de Succession d’Autriche et Traité d’Aix-la-Chapelle. Année 1743 : cf. cette chronique.

Année 1744. Source : Wikipédia. En caractères gras, évènements, objets d’une chronique du blog, et/ou d’une illustration, et/ou d’une source en ligne non encore exploitée.

22-23 février : bataille du cap Sicié près de Toulon entre les flottes franco-espagnole et britannique

15 mars : Louis XV déclare la guerre à la Grande-Bretagne et à l’Autriche.

26 mars : Maurice de Saxe est promu maréchal de France.

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10 avril : il se rend à Valenciennes où il prend la tête de l’armée destinée à attaquer les Pays-Bas autrichiens.

mai : Louis XV (il a 34 ans) quitte Versailles pour prendre le commandement de l’armée de Flandre. Au cours du trajet, il prie devant l’image de Notre-Dame de Grâce à Cambrai.

12-14 mai : premier voyage de Louis XV à Lille, par Aristote Crapet, Revue du Nord, Année 1914, n°17, pp. 1-10. chronique à venir.

5 juin : traité de Versailles. Deuxième alliance franco-prussienne.

7 juin : le roi entre à Menin après la prise de la ville.

25 juin : prise d’Ypres.

1er juillet : Charles de Lorraine franchit le Rhin et envahit l’Alsace à la tête des armées autrichiennes. Louis XV part à sa rencontre avec une partie de l’armée.

5 juillet : Plan de l’attaque des lignes de la Lauter par les armées Impériales et Française (gravure).

Gravure du Cabinet des dessins et estampes de Strasbourg

10 juillet : prise de Furnes. Médaille Louis XV, pour la prise de Furnes,

19 juillet : bataille de Pierrelongue (Piémont).

Le Roi partant pour l’Alsace laisse le commandement de l’armée de Flandre au Maréchal Comte de Saxe (médaille commémorative).

Gravure du Cabinet des dessins et estampes de Strasbourg

7 août : le roi de France, en visite aux armées, tombe malade à Metz.

13 août : sa maîtresse Madame de Châteauroux doit fuir sous les huées. Le parti dévot pousse Monseigneur de Fitz-James, premier aumônier, à exiger du roi, pour lui donner l’absolution, une confession publique de ses fautes dans laquelle il déclare être indigne du nom de roi Très Chrétien. Répandue par le clergé, cette confession stupéfie le peuple.

23 août : Charles de Lorraine, poursuivi par les troupes françaises du maréchal de Noailles, repasse le Rhin au sud de Fort-Louis pour aller au secours de la Bohème. Chronique à venir : Gravures et Peinture.

Peinture de Johann Tobias Sonntag (Musée historique de Strasbourg)

26 août : rétablissement du roi.

30 août : les troupes françaises du maréchal de Coigny, après avoir franchi le Rhin, mettent le siège devant Fribourg.

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