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1717 (janvier). La Triple-Alliance

La Triple-Alliance est le nom donné à l’alliance signée à La Haye le 4 janvier 1717, conclue entre les états généraux des Provinces-Unies, Georges Ier, roi de Grande-Bretagne, et Philippe d’Orléans, régent du royaume de France.

Aimé Richard, La Régence 1715-1723, Tallandier, Sciences humaines et sociales, 2003, 333 pages. Bonnes feuilles de l’ouvrage, chapitre IX, pages 101 à 106.

La Triple-Alliance : diaporama de 8 photos.

Source de la citation : La Triple Alliance (Wikipédia). « Cette alliance a été scellée contre les projets ambitieux du ministre d’Espagne Albéroni qui voulait revenir sur les traités d’Utrecht, de Baden et de Rastatt et rendre à l’Espagne la totalité de ses anciennes possessions. La France s’engage à soutenir la succession en Angleterre de l’électeur de Hanovre, Georges 1er.

Alliance conclue à La Haye, contre l’Espagne, entre la France, l’Angleterre et les Provinces-Unies pour le maintien des traités d’Utrecht et de Rastatt (1714), et qui se transforma en Quadruple-Alliance en 1718 avec l’adhésion de l’Autriche ».

Portraits des 5 principaux protagonistes de l’Alliance

Philippe d’Orléans (1674-1723), Régent du Royaume de France à la mort de Louis XIV (Septembre 1715).

Peinture de Jean-Baptiste Santerre, 1717

Guillaume Dubois (1656-1723). La Régence marque le début de l’apogée de la carrière de Dubois. Il devient Premier ministre du Régent et est fait Cardinal.

Peinture de Hyacinthe Rigaud, 1723

George Ier (1660 -1727), roi de Grande-Bretagne du 1er août 1714 jusqu’à sa mort. Il fut antérieurement élevé à la condition de duc de Brunswick-Lunebourg (Hanovre) et de prince-électeur du Saint-Empire romain germanique à partir de 1698.

Peinture par Godfrey Kneller, 1714

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Saint Georges, roué de coups

Saint Georges, roué de coups. Suite de la chronique : Supplice de la roue : Sainte Catherine d’Alexandrie.

Hans Baldung Grien, Le martyre de Saint-Catherine, vers 1504, panneau de résineux

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Source A. Georges de Lydda : extraits de l’article de Wikipédia dédié à la Légende dorée.

« La Légende de Saint Georges est mentionnée vers 1265 ou 1266 sous la plume de l’archevêque dominicain de Gênes, Jacques de Voragine, dans son célèbre ouvrage intitulé la Légende dorée.

Georges de Lydda naît en Cappadoce, dans une famille chrétienne. Militaire, il devient officier dans l’armée romaine ; il est élevé par l’empereur Dioclétien aux premiers grades de l’armée.

Un jour il traverse la ville de Silène dans la province romaine de Libye, sur son cheval blanc. La cité est terrorisée par un redoutable dragon qui dévore tous les animaux de la contrée et exige des habitants un tribut quotidien de deux jeunes gens tirés au sort. Georges arrive le jour où le sort tombe sur la fille du roi, au moment où celle-ci va être victime du monstre ».

Hans Baldung Grien et son Atelier, Saint Georges, vers 1528-1530, panneau de tilleul

« Georges engage avec le dragon un combat acharné ; avec l’aide du Christ, et après un signe de croix, il le transperce de sa lance. La princesse est délivrée et le dragon la suit comme un chien fidèle jusqu’à la cité. Les habitants de la ville ayant accepté de se convertir au christianisme et de recevoir le baptême, Georges tue le dragon d’un coup de cimeterre, car il les effrayait toujours puis le cadavre de la bête est traîné hors des murs de la ville, tiré par quatre bœufs.

Après la publication des édits de Dioclétien contre les chrétiens, Georges est emprisonné. Sa foi ne pouvant être ébranlée, il y subit un martyre effroyable : livré à de nombreux supplices, pelé vivant, ébouillanté, supplicié de la roue et écartelé. Il survit miraculeusement et finit par être décapité le 23 avril 303″.

Source 2. Rouer de coups : extraits du site Horore Humanum Est.

« Le supplice à l’origine de cette expression française est institué sous François Premier pour punir les bandits de grand chemin.

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Supplice de la roue : C. d’Alexandrie

Supplice de la roue : Catherine d’Alexandrie. Deux œuvres exposées au Musée de l’Œuvre Notre-Dame (Strasbourg).

Diaporama de 30 photos (2 œuvres, notices, détails).

Conrad Witz. Sainte Madeleine et sainte Catherine, Bâle, vers 1440, Huile sur panneau de sapin

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Anonyme, Le martyre de sainte Catherine, Rhin Supérieur, vers 1450, Huile sur panneau de bois

Le supplice de la roue (source : Wikipédia)

« Dans La Légende dorée, Jacques de Voragine fait le récit du supplice qu’aurait subi Ca »therine d’Alexandrie pour avoir repoussé les avances de l’empereur romain Maxence au début du IVe siècle :

Alors un officier de l’empereur lui conseilla de faire faire quatre roues garnies de lames de fer et de clous très aigus, afin de la mettre en pièces, qu’un supplice aussi cruel effrayât les autres chrétiens. Et l’on disposa les roues de façon que deux tournaient dans un sens et deux dans un autre, afin que les unes déchirassent ce que les autres auraient épargné. 

Le récit de Voragine contient de telles invraisemblances (Et un ange brisa cette machine, et la fit éclater avec tant de force, que ses débris tuèrent quatre mille gentils) qu’on peut douter qu’une telle machine ait été un jour fabriquée et utilisée. L’existence historique de Catherine d’Alexandrie elle-même est très contestée, au point que, malgré sa popularité, l’Église catholique l’a officiellement retirée de son calendrier liturgique en 1969 au motif que le peuple chrétien ne peut être invité à une prière officielle que dans la vérité« …

… « La roue est un moyen de supplice utilisé depuis l’Antiquité jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Au cours de l’histoire, ce supplice a revêtu différentes formes.

Dans l’Antiquité, on attachait les condamnés aux rayons d’une roue pour les torturer ou les faire tourner parfois jusqu’à la mort.

Les hagiographies légendaires des martyrs chrétiens des premiers siècles font état de roues de fer garnies de pointes destinées à déchirer les chairs, dont l’histoire ne semble cependant pas avoir gardé de traces.

Au milieu du Moyen Âge, apparaît un nouveau mode d’exécution au cours duquel le condamné à mort, après avoir eu les membres et la poitrine brisés en étant écartelé sur le sol ou sur une croix en bois, reste exposé sur une roue jusqu’à ce que mort s’ensuive. Selon la résistance du patient, l’agonie sur la roue pouvait durer de quelques instants à plusieurs jours. Les juges atténuaient parfois la sentence par un retentum, enjoignant au bourreau d’étrangler le patient à un moment donné ».

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La Résurrection du Christ dans l’Art

Pâques. La Résurrection du Christ dans l’Art. Suite des chroniques sur la Semaine sainte dans l’art : Passion et Résurrection du Christ.

Représentations de la Résurrection. Par la suite, Jésus partage un repas avec deux disciples à Emmaüs ; Incrédulité de Saint-Thomas (il veut toucher les stigmates) ; Noli me tangere adressé à Marie-Madeleine.

Diaporama n°1 : 36 photos (10 œuvres, notices, et détails).

Besançon, Église Saint-Jean, Résurrection par Carle Van Loo.

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Brou, Monastère Royal, Le repas à Emmaüs.

Colmar, Musée Unterlinden. Le retable de Schongauer : Résurrection, Saint-Thomas, Marie-Madeleine (chronique : Noli me tangere).

Dijon, Musée des Beaux-arts. Saint-Sépulcre ; Résurrection par Pierre-Paul Rubens.

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Sélestat. Collège jésuite. Chaire

Sélestat en Alsace n’est pas seulement célèbre pour son école latine et sa bibliothèque humaniste. Elle l’est également pour le devenir de son église Sainte-Foy au 18ème siècle ; affectée aux jésuites et à leur collège (1623-1765), elle accueille une splendide chaire baroque (1733), décrite dans la partie 2 de cette chronique.

Diaporama de 35 photos.

Le Lion qui représente l’évangéliste Saint Marc (chaire de Sainte-Foy)

Partie 1. Histoire des collèges jésuites en Alsace de 1580 à 1765. Source 1 : extraits d’un article de la BNUS.

« La Société de Jésus, fondée par Ignace de Loyola, est reconnue par Paul III en 1540. Aux trois vœux traditionnels d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, les jésuites ajoutent celui d’obéissance au pape. Pierre Canisius (1521-1597), premier jésuite allemand, est appelé en 1551 par le Grand Chapitre de Strasbourg pour prêcher à la cathédrale, mais la venue ne se concrétise pas.

Ce n’est qu’à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle que les jésuites s’installent en Alsace où ils ouvrent sept collèges : Molsheim en 1580, Haguenau en 1604, Ensisheim en 1614, Sélestat en 1623, Rouffach en 1656, puis après le rattachement à la France, Strasbourg en 1685, Colmar en 1698.

Les collèges jésuites de Strasbourg, Colmar et Ensisheim sont confiés à la province jésuite de Champagne et les régents y donnent les leçons également en allemand et en français. Ils sont sous le gouvernement d’un provincial français. Les quatre autres collèges jésuites de Sélestat, Rouffach, Molsheim et Haguenau continueront d’être confiés à la province d’Allemagne avec pour siège Mayence, qui les avait fondés. En 1722, le plan de réunir au sein d’une même congrégation les établissements des deux provinces échoue. Aux sept collèges cités, il est possible d’ajouter un huitième, Bouquenom, fondé en 1630.

Les jésuites offrent ainsi, à partir du XVIIe siècle, un réseau éducatif de haut niveau face à celui qu’a constitué la bourgeoisie protestante des grandes villes d’Alsace avec ses gymnases et son Université. L’organisation stricte des collèges jésuites, avec leur encadrement administratif et pédagogique, leurs enseignants qui ont subi une formation longue et variée, développe ce que le P. Delattre considère comme le caractère original de l’enseignement de la Compagnie : une progression annuelle par classes de niveau, de la Cinquième, Quatrième, Troisième avec la grammaire, des Humanités en Seconde et de la Rhétorique en Première, le tout en latin, qui est la seule langue pratiquée dans ces établissements, et imposée jusque dans les cours de récréation.

Un grand nombre d’élèves était pensionnaire et subissait la règle d’une discipline toute religieuse que viennent seulement interrompre des grandes vacances inaugurées par la cérémonie de la distribution des prix et la représentation d’une pièce de théâtre : à cette occasion seule, le collège s’ouvre au public.

C’est  l’archiduc Léopold qui favorise l’installation des jésuites à Sélestat. Ils arrivent le 15 janvier 1615. L’archiduc leur remet la lettre de fondation le 23 mars 1616, laquelle met à leur disposition l’ancien prieuré bénédictin de Sainte-Foy en même temps qu’une propriété épiscopale, appelée Schnellenbühl  et située dans le ried local. Le 27 août 1616, il y ajoute le prieuré de Saint-Valentin à Rouffach. Le pape ratifie la fondation et les dotations en 1618.

Le collège ouvre ses portes en 1623. Le pape donne son assentiment officiel en 1629. L’enseignement est confié à des magistri, maîtres-professeurs, jeunes religieux qui, au sortir du noviciat de deux ans, s’adonnent durant deux ans à des études littéraires, puis pendant trois ans à des études philosophiques. Ils instruisent les élèves du collège durant plusieurs années, puis se consacrent pendant quatre années aux études théologiques qui aboutissent à l’ordination sacerdotale. En 1623, il y a à Sélestat deux maîtres ; en 1630, six« .

Source 2 sur l’histoire du collège jésuite de Sélestat : article de Marie-Philippe Scheurer dans Wikipédia.

« Les jésuites, installés à Sélestat depuis 1615, ouvrent une école en 1621 en demandant un terrain de construction au magistrat qui tente de résister malgré l’insistance de l’archiduc Léopold, protecteur des jésuites ; en 1623 le magistrat achète deux maisons et fait détruire la chapelle Saint-Jean-Baptiste pour aménager une cour sur son emplacement ; un bâtiment d’école est construit en 1687.

En 1731, les jésuites voudraient construire une école plus vaste et demandent l’autorisation à l’intendant qui refuse ; en 1737 une nouvelle demande est acceptée ; un projet et un devis sont dressés par l’architecte communal Jean Martin Diringer.

Il est revu en 1740 et la construction est entreprise en 1742 après que l’inspecteur principal des ponts et chaussées, M. François, ait examiné le projet et revu le devis ; les travaux de maçonnerie, de plâtrage et de couverture sont confiés à l’entrepreneur Gallay de Strasbourg ; les travaux se poursuivent de 1742 à 1745. L’école est inaugurée le 28 juillet 1745 ; elle comprend 3 salles de classe au rez-de-chaussée, 4 salles à l’étage et une salle de théâtre au 2e étage.

Il ne reste aujourd’hui que la cage d’escalier du 18e siècle : d’après Alexandre Dorlan, la rampe en fer forgé serait signée par le ferronnier Michel Schultz et datée de 1743.

L’école est fermée en 1765 lors du départ des jésuites.

Le bâtiment abrite le tribunal de 1791 à 1800, puis le collège communal de 1803 à 1806 et de nouveau le tribunal de 1806 à 1870. De 1872 à 1921, il abrite l’école normale d’institutrices, puis la cité administrative.

Un campanile avait été ajouté sur le toit au 19e siècle et a été supprimé au 20e siècle ».

Partie 2. 1733 : la chaire baroque de l’église Sainte-Foy. Source : article de Wikipédia.

« La chaire, en bois polychrome, est réalisée en 1733, d’après le programme iconographique du père jésuite Ignace Saint-Lô, mais le sculpteur est inconnu » (à suivre page 2).

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Cartes de l’Europe au 18ème siècle

Les cartes de l’Europe en 1700, 1715, 1748, 1772, 1795, 1799 montrent une très importante évolution des frontières en Europe orientale (disparition de la Pologne et de la Lituanie, recul de l’Empire Ottoman, forte progression de l’Empire de Russie), et en Europe centrale (progression du Royaume de Prusse, stabilisation de l’Empire d’Autriche, affaiblissement du Royaume de Suède – repli dans ses frontières contemporaines).

1795-1799. Carte de la France en Europe

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1772, 1793, 1795. Pologne et Lituanie partagées entre la Russie, la Prusse et l’Autriche.

1772. La République des deux nations (Pologne et Lituanie)

1772. Le Premier partage

1795. Le troisième partage fait disparaître la Pologne et la Lituanie.

1748. Carte de l’Europe (chronique du blog)

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La Pologne partagée, 1772,1793,1795

Suite de la chronique Pierre 1er le Grand et Catherine II : accéder à la mer Noire et à la mer Baltique.

Territoire de la République des Deux Nations (royaume de Pologne et grand-duché de Lituanie, près d’un million de kilomètres carrés) avant le premier partage, celui de 1772.

Lors du deuxième partage de la Pologne et de la Lituanie en 1793, la Russie annexe l’essentiel de la Biélorussie et l’Ouest de l’Ukraine.

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Partages de la Pologne. Source : larges extraits de l’article de Wikipédia.

« La formule Partages de la Pologne désigne les annexions successives subies par le territoire de la République des Deux Nations (royaume de Pologne et grand-duché de Lituanie) à la fin du XVIIIe siècle (1772, 1793 et 1795) du fait de l’Empire russe, du royaume de Prusse et de l’empire d’Autriche.

Affaiblie à l’intérieur par l’anarchie nobiliaire, conséquence du Liberum veto, proie facile pour ses voisins qui attisent ses divisions internes, la République des Deux Nations ne parvient pas à sauver son indépendance malgré les réformes entreprises dans l’esprit des Lumières par la Grande Diète, sous le règne du roi Stanislas II.

Affaiblissement politique et économique du pays. L’union de Lublin entre le royaume de Pologne et le grand-duché de Lituanie signée le 1er juillet 1569 a fait de la République des Deux Nations l’une des principales puissances européennes, dont le territoire s’est étendu à son apogée sur près d’un million de kilomètres carrés au cœur de l’Europe centrale ; ses frontières méridionales bordant l’Empire ottoman et ses frontières orientales se trouvant à 400 kilomètres seulement de Moscou.

Mais son système politique, unique pour le temps qui avait fait sa fortune, fera également son malheur. En effet, le régime repose sur un parlement composé de nobles qui représentent 15 % de la population totale et qui élisent le roi. Ces nobles ont, au cours des années, accumulé de telles garanties que le roi ne possède aucun moyen de se défaire de leur emprise. En élisant des souverains étrangers pour éviter que des rois polonais puissent être tentés de changer les choses, les nobles ont exposé la République à des conflits d’intérêts qui se résoudront par des interventions militaires fatales à l’Union.

La république des Deux Nations aborde le XVIIIe siècle épuisée. Les invasions russes et surtout l’invasion suédoise passée dans les mémoires comme Déluge suédois ont sabordé l’économie du pays qui n’a plus les moyens de résister face à l’ingérence des monarchies absolues qui se sont constituées à ses frontières. La fin du siècle oscillera entre déclin de la noblesse corrompue, qui se réfugiera dans un mysticisme des origines de la nation polonaise (sarmatisme), et une ouverture au siècle des Lumières, avec l’aide du dernier roi de Pologne Stanislas Auguste Poniatowski.

Les souverains impliqués dans les partages sont :

Premier partage, 1772

« En 1764, les troupes russes entrent en Pologne et imposent l’élection de Stanisłas Antoine Poniatowski, ancien amant de Catherine II avant qu’elle ne devienne impératrice de Russie en 1762.

Le 29 février 1768, un groupe de nobles réformateurs forme une ligue, la confédération de Bar. Ils s’opposent au roi Stanislas, qu’ils considèrent comme un dirigeant faible, sans volonté d’indépendance et de lutte contre l’influence russe en Pologne. Les confédérés s’emparent de plusieurs forteresses et villes et remettant en cause l’autorité du monarque, mais leur cause ne fait pas l’unanimité. D’autres aristocrates polonais demandent le soutien de la Russie et de la Prusse, tandis que les confédérés demandent l’aide de l’Autriche et de la France, les deux grands vaincus de la guerre de Sept Ans (la France intervient militairement quoique de façon mineure). Cela donne à tous ces pays l’occasion d’une intervention militaire. La guerre civile durera jusqu’en 1772 et s’achève par la défaite des confédérés.

Le 5 août 1772, un traité de partage est conclu à Saint-Pétersbourg entre la Russie, l’Autriche et la Prusse. La Pologne passe alors de 733 000 à 522 000 km2, perdant 4 500 000 habitants sur un total initial de 11 400 000 :

  • la Russie annexe les territoires biélorusses à l’est de la ligne formée par la Dvina et le Dniepr. Sont entre autres comprises les villes de Połock, de Vitebsk, d’Orcha, de Moguilev et de Gomel ;
  • la Prusse annexe la riche région de la Prusse royale et la partie nord de la Grande-Pologne ;
  • l’Autriche s’empare de la Petite-Pologne (Małopolska), du Sud du bassin de la Vistule et l’Ouest de la Podolie.

Le traité, qui ampute la Pologne-Lituanie d’un tiers de sa population et de 30 % de son territoire, est ratifié le 30 septembre par la Diète« .

21 ans plus tard : Deuxième partage, 1793.

« L’humiliation du partage a pourtant une conséquence positive : la prise de conscience que la Pologne se trouve au bord d’un gouffre et engendre un important mouvement de renouveau intellectuel. Les années suivantes voient la création du premier ministère de l’Éducation dans le monde (Commission de l’ Éducation Nationale), alors qu’en 1788, la Grande Diète entame des travaux consacrés à une refonte de l’État, dont la Constitution du 3 mai adoptée en 1791 est un aboutissement. C’est une tentative unique d’introduction de formes d’un État moderne, alliant la démocratie nobiliaire à un fort pouvoir central et à une monarchie héréditaire. La Constitution accorde des droits à la bourgeoisie et la protection de l’État à la paysannerie. C’est le deuxième texte fondamental en Europe après les Statuts de Saint-Marin (et le troisième dans le monde après la Constitution américaine).

Mais cette innovation a surtout pour effet l’opposition de la grande aristocratie, soucieuse de protéger ses privilèges. Les Confédérés de Targowica, qui signent leur alliance le 4 mai 1792, réclament une nouvelle intervention de la Russie et de la Prusse.

Les deux puissances n’hésitent pas et procèdent en 1793 à un deuxième partage de la Pologne. Elle est maintenant réduite à un peu plus de 200 000 km2 et à environ 3 millions d’habitants.

  • L’Autriche, étant à ce moment-là en guerre avec la France, n’y participe pas.
  • La Russie annexe l’essentiel de la Biélorussie et l’Ouest de l’Ukraine.
  • La Prusse s’empare notamment des villes de Gdansk et Toruń, du reste de la Grande-Pologne et d’une partie de la Mazovie ».

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1773. Pfeffel, Académie militaire

Théophile Conrad Pfeffel (né et mort à Colmar, 1736-1809) y fonde en 1773 une Académie militaire. Six sources présentées selon l’ordre chronologique.

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Source 1. Seconde moitié du 19ème siècle. Madame Beck-Bernard, Gallica BNF, Biographies alsaciennes avec portraits en photographie (ci-dessus).

Source 2. Biographie résumée dans Wikipédia

« Pfeffel est un auteur alsacien de langue allemande. Protestant luthérien, pédagogue, librettiste, dramaturge, écrivain, poète, auteur de la période des Lumières allemandes, aussi appelée l’Aufklärung.

Fils de Jean Conrad Pfeffel, il était le frère cadet du jurisconsulte et diplomate Christian-Frédéric Pfeffel. Il a étudié à Halle. Il perdit la vue à l’âge de 22 ans.

Il fonde l’Académie militaire de Colmar en 1773. Il s’agit en fait d’un lieu ne s’adressant qu’à des enfants protestants, nobles le plus souvent, et qui leur permettait de se destiner à une carrière militaire. Il en dira : Notre établissement n’est pas une école d’élite pour des soldats ou des commerçants, mais une pépinière pour tous ceux qui veulent émerger du vulgaire. L’école a accueilli 288 élèves en vingt ans ».

Source 3, 1997. Gabriel Braeuner, Pfeffel, l’Européen : Esprit français et culture allemande en Alsace au siècle des lumières.

Source 4, 2000. Claude Muller, Colmar au XVIIIe siècle, Éditions Coprur, novembre 2000, 176 pages.

4ème de couverture. « Espace clos et ville ouverte. Voilà comment se présente Colmar au début du XVIIIème siècle. Espace clos : une ville enserrée dans ses murs, une communauté luthérienne riche et prospère qui étend l’emprise de la ville sur la campagne. Ville ouverte : l’installation du Conseil souverain et son cortège de fonctionnaires royaux catholiques modifie l’ordre des choses, remet en cause la prédominance luthérienne. La coexistence, voire l’affrontement, entre les deux communautés, provoque une formidable émulation. Les belles demeures colmariennes du XVIIIème siècle suscitent l’admiration de tous les visiteurs. La vie culturelle, symbolisée par Pfeffel, amène l’Europe à Colmar. C’est cet affrontement, source de richesse, que se propose de relater cette étude, avec des pans inédits de recherche.

Le prestige de Pfeffel, pages 26 à 40.

  • un homme de lettres renommé,
  • l’académie militaire de Pfeffel,
  • la pensée de Pfeffel,
  • du protestantisme au rationalisme : la Société de Lecture ».

A suivre : page 2.

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1747. 2nd mariage du dauphin Louis

Le 23 février 1745 dans la chapelle du château de Versailles, Louis-Ferdinand, dauphin de France (1729-1765), épouse Marie-Thérèse, infante d’Espagne (1726-1746). Le cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg, grand aumônier de France, est l’officiant.

Deux sources principales pour cette chronique sur le second mariage du dauphin :

Partie A. « Veuf inconsolable de sa première épouse morte en 1746, le dauphin de 17 ans ne convole une seconde fois qu’avec la plus grande réticence.

Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767), fille d’Auguste III roi de Pologne et de Marie-Josèphe d’Autriche, devient dauphine grâce à l’entregent de son oncle, le maréchal de Saxe, le vainqueur de Fontenoy, qui avait circonvenu la marquise de Pompadour, favorite royale ; celle-ci profita de son influence sur son royal amant pour favoriser une princesse moins fière qui ne pourrait que lui être reconnaissante de son élévation ».

« Pour le Maréchal, la Saxe-Pologne qui est opposée à la France pendant la guerre de Succession d’Autriche qui dévaste l’Europe centrale depuis 7 ans, le mariage saxon permettrait une réconciliation entre la Saxe-Pologne et la France. La France, alliée de la Pologne, retrouverait son influence dans l’est de l’Europe dominée par l’Autriche et la Russie qui devenait une grande puissance ».

1747 (27 au 29 janvier). Passage de Marie-Josèphe de Saxe à Strasbourg.

1747 (9 février). Elle épouse, à peine âgée de 15 ans, Louis de France, dauphin du Viennois, fils aîné de Louis XV et de Marie Leszczyńska.

Marie-Josèphe de Saxe par Nattier (1751)

Partie B. « Parmi les grandes fêtes royales du règne de Louis XV, les deux mariages du Dauphin furent l’occasion d’un déploiement de fastes qui mirent Versailles à l’honneur.

Défilé des chars à Versailles. Cliquer sur les images pour les agrandir

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1745. La marquise de Pompadour

Biographie. Les 28 premières années de Jeanne-Antoinette Poisson (1721 à 1749). Devenue la nouvelle favorite de Louis XV, elle est promue Marquise de Pompadour en 1745.

Deux sources principales pour cette chronique de 4 pages : larges extraits de l’article de Wikipédia et bonnes feuilles du livre de Robert Muchembled, Madame de Pompadour. Deux autres sources pour aller plus loin (en page 4).

1721 (29 décembre). Naissance de Jeanne-Antoinette Poisson, future marquise de Pompadour, fille de François Poisson, écuyer de Son Altesse royale Monseigneur le duc d’Orléans, et de Louise-Madeleine de La Motte, son épouse.

Jeanne-Antoinette doit ses prénoms à son parrain, Jean Pâris de Monmartel, et à la nièce de ce dernier, Antoinette Justine Pâris, sa marraine. François Poisson, fils de tisserands, s’est marié trois ans plus tôt, le 11 octobre 1718, avec Madeleine de La Motte qui appartient à une famille plus élevée. De cette union naîtront deux autres enfants : Françoise Louise Poisson (15 mai 1724) et Abel-François (18 février 1727).

1727. François Poisson a débuté comme conducteur dans le service des vivres. Remarqué par les frères Pâris, des financiers liés à la famille de La Motte, il a rendu de grands services en Provence, au moment de la peste. Mais, chargé comme commissaire aux vivres du ravitaillement de Paris pendant la disette de 1725, il est accusé de trafics et ventes frauduleuses, et est contraint de quitter le pays ; il s’exile en Allemagne. Une commission du Conseil le déclare débiteur pour la somme de 232 430 livres. Le 12 août de la même année, une sentence du Châtelet de Paris décide la séparation de biens avec son épouse, mais leur maison rue Saint-Marc est saisie.

L’étonnant activisme financier des années 1718-1726. Les frères Pâris et François Poisson.

1727. Avant son départ, François Poisson confie sa fille Jeanne-Antoinette, qui a 5 ans, au couvent des Ursulines de Poissy. Ce couvent est connu pour l’éducation des jeunes filles issues notamment de la bourgeoisie. La santé de Jeanne-Antoinette est fragile. Mais elle souffre aussi moralement d’une double absence : celle de son père exilé, et celle de sa mère qui mène une vie pour le moins mouvementée.

1730. Jeanne-Antoinette est reprise par sa mère à Paris. Elle reçoit alors une éducation soignée et l’enseignement des arts d’agrément, tels que le dessin, la musique, la peinture, la gravure, la danse, les cours de chant mais aussi de déclamation. Dans ce cadre, elle découvre le salon littéraire de Madame de Tencin, une amie de sa mère, qui deviendra la marraine de sa fille, puis se lie d’amitié avec la jeune voisine de celle-ci, Marie-Thérèse de La Ferté-Imbault. C’est dans ce cercle que la jeune fille va apprendre l’art de la conversation et les valeurs de l’esprit.

Pendant l’éloignement de François Poisson, sa femme Madeleine de La Motte a, entre autres amants, le riche fermier général Charles François Paul Le Normant de Tournehem, célibataire et amateur d’art. L’infidélité notoire de Madeleine a fait naître l’hypothèse d’une liaison plus précoce avec Jean Pâris de Monmartel ou Le Normant de Tournehem, d’où la suspicion que Jeanne-Antoinette soit leur fille naturelle.

1741 (mars). Mariage de Jeanne-Antoinette. Le Normant, après avoir veillé à l’éducation des deux enfants de sa maîtresse, la fait épouser dès qu’elle eut 19 ans, son neveu et héritier Charles-Guillaume Le Normant d’Étiolles, âgé de 24 ans.

Le contrat de mariage

Le couple a un fils, Charles Guillaume Louis, né le 26 décembre 1741, qui meurt dans sa première année.

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