Archives de Catégorie: C. Ile-de-France

18ème. Brasser à Strasbourg, Paris

18ème siècle. Brasseries à Strasbourg et Paris.

Partie 1. Brève Histoire de la Bière, du 15ème au 19ème siècle. Sources : blog Brewnation et Wikipédia.

Du développement de l’activité brassicole. L’année 1446 est décisive pour la bière. Jusque là la bière était avant tout considérée comme un substitut au vin produit en quantité en Alsace. Si le vin venait à manquer, le public se tournait logiquement vers la bière.

La bière continue donc son développement et, au 16ème siècle, on compte six brasseries dans la ville de Strasbourg. Elles produisent 1 300 hectolitres de bière.

Au 18ème siècle, on recense jusqu’à 300 brasseries artisanales en Alsace.

1775. De la culture du Houblon (source). Les premiers plants de houblon domestique sont apparus en Alsace, dans le secteur d’Oberhofen-sur-Moder vers 1775, sous l’impulsion d’un ecclésiastique féru de botanique : le pasteur Charles Ehrenpfort. Il crée du même coup un véritable marché local. Mais c’est François Derendinger, un brasseur allemand du Pays de Bade voisin installé à Haguenau, qui va lancer les houblonnières modernes en Alsace. Après plusieurs tentatives avec des houblons bavarois, c’est finalement un houblon de la région de Saaz qui sera retenu. Derendinger rapporte 800 plants de Bohême, qui vont constituer la souche initiale du houblon alsacien. Les premières parcelles apparaissent à Haguenau en 1808.

De la distribution de la bière (source). Chacune des brasseries disposait d’un débit pour la vente directe de bière. Elle était vendue sur place ou dans les débits de boisson à proximité de la brasserie.

De la corporation des brasseurs (source). Vers le milieu du 17ème siècle, la rumeur publique prétendit que la levure de bière que les brasseurs vendaient aux boulangers était mauvaise et empoisonnait le pain. Mais les brasseurs sortirent vainqueurs et ils continuèrent à avoir le monopole de la vente de la levure… On pouvait interdire de brasser les années de disette pour garder les céréales pour l’alimentation: en 1693 par exemple. En temps ordinaire, on ne pouvait faire par jour, dans chaque brasserie, qu’un seul brassin de quinze setiers de farine maximum. Le brasseur devait, à chaque brassin, avertir le commis de la perception de l’heure où il mettait le feu sous la chaudière, sous peine d’amende et de confiscation… A la fin du 18ème siècle, la corporation était dirigée par trois jurés ou gardes. L’apprentissage durait 5 ans, faire trois ans de compagnonnage et réaliser un chef-d’œuvre avant de devenir maître… À partir de 1783, les brasseurs sont autorisés à brasser toute l’année.

De la révolution : elle établit la liberté de brasser. Cela tente apparemment pas mal de Strasbourgeois puisque entre 1789 et 1795, 24 nouvelles brasseries se créent.

La brasserie devient le fruit de l’activité de grandes familles protestantes (une cinquantaine alors). Dès lors, la recherche de bénéfices allait promouvoir le secteur.

19ème siècle. Deux évènements majeurs vont révolutionner la distribution de la bière: l’invention de la fermentation basse grâce au travail sur les levures de Louis Pasteur et le développement des moyens de transport.

Partie 2. Trois Brasseries fondées au 18ème siècle

Schutzenberger : fondée en 1740 dans le quartier de la Krutenau à Strasbourg, elle devient brasserie royale sous Louis XV et Louis XVI.

La Révolution la renomme Grande brasserie de la Patrie.

Brasserie de l’Espérance : fondée en 1746 à Strasbourg;

Source. Nicolas Stoskopf, Les Hatt, une dynastie de brasseurs strasbourgeois de 1664 aux années 1980.Vandelle Éditions, 2018, 9. Hal Open Science

« Le second fils de Jérôme V et Catherine Goll, Jean Hatt (1720-1753), est le fondateur en 1746 de la Brasserie de l’Espérance (Zur Hoffnung). Quand Jean a, conformément à la tradition – et devançant d’un an son frère aîné – réalisé et présenté son chef-d’œuvre en tonnellerie, il postule à la maîtrise en 1745. Sa requête est une première fois rejetée en août de la même année au prétexte qu’il ne possédait pas de brasserie, puis finalement satisfaite le 20 janvier 1746.

C’est qu’il a entre-temps, le 20 décembre 1745, acquis d’Anne Catherine, née von Herff, veuve d’Antoine Vogler, intendant général de la Commanderie des chevaliers teutoniques à Andlau, un immeuble situé à l’angle de la rue des Veaux et de la rue de la Pierre-Large pour un montant de 2 250 livres de Strasbourg. Constitué d’une maison sur rue, d’une autre sur l’arrière, de deux cours et d’une ferme, Jean y a obtenu du Conseil des XV un permis d’installation d’une brasserie contre versement de deux contributions pour un total de 120 livres. Quelques jours auparavant, le 4 décembre 1745, Jean Hatt vendait à Marie Ève. Cousteau, épouse du lieutenant d’artillerie Antoine Cousteau, la maison de l’Oie d’or, place Saint-Étienne, et une maison mitoyenne avec cour sur la rue des Pucelles, l’ensemble pour 1 228 livres de Strasbourg. La maison mitoyenne était d’ailleurs une acquisition récente dont l’achat remontait seulement au 29 juillet de la même année. Tout porte à croire que cette vente est directement motivée par l’acquisition de l’immeuble de la rue des Veaux, sans doute mieux adapté à son projet de brasserie.

Le 12 novembre, Jean emprunte auprès du brasseur strasbourgeois Jean-Georges Klein 1 750 livres de Strasbourg à 4 % d’intérêt. Le débiteur donne en gage la Brasserie de l’Espérance avec tout son matériel et les droits attachés. Son beau-frère, le forgeron strasbourgeois Jean Conrad Heyl, se porte caution solidaire sur ses biens propres.

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Maurepas, exilé par Louis XV

Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas (1701-1781).

 Il fut secrétaire d’État à la Marine de Louis XV de 1723 à 1749. Après une longue disgrâce, il devint ministre d’État à l’avènement de Louis XVI en 1774 jusqu’à sa mort en 1781. Maurepas (né en 1701) est à peine plus âgé que Louis XV (né en 1710). Il est par contre nettement plus âgé que Louis XVI (né en 1754). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

Portrait. Maurepas était doué d’une intelligence vive et d’une grande finesse, mais il était frivole et égoïste, ainsi que le note par exemple Mme de Tencin. Ironique, mordant, sarcastique, voire facétieux, il n’était pas ce que l’on appelle méchant, écrit le baron de Besenval, mais il ne résistait jamais au plaisir d’un bon mot. De figure banale et de petite taille, il essayait de compenser la médiocrité de son physique par le soin de sa mise et une affectation de raideur et de gravité. S’il n’était pas très cultivé, il était doué d’une mémoire prodigieuse et d’un véritable talent pour la conversation. Intuitif, d’après l’abbé de Véri, son jugement sur les hommes était rarement mis en défaut, mais il lui manquait souvent de s’y tenir lui-même.

Première chronique. Du secrétariat à la Maison du Roi en 1715 (date de la mort de Louis XIV et du début de la Régence) à l’exil en 1749. A venir, une seconde chronique : Maurepas, mentor de Louis XVI, faisant fonction de Ministre principal (de 1774 à 1781).

Partie 1. Maurepas sous la Régence (1715-1723)

1715 (14 ans). Fils de Jérôme Phélypeaux, comte de Pontchartrain, secrétaire d’État à la Marine et à la Maison du Roi, Maurepas, âgé de seulement quatorze ans et demi succéda, dans la seconde de ces charges, à son père, que l’on avait fait démissionner en sa faveur pour s’en débarrasser.

1718 (17 ans). Le marquis de La Vrillière se chargea de gérer le département tout en faisant l’éducation du jeune homme, qui devint en outre son gendre en épousant le 19 mars 1718 sa fille Marie-Jeanne Phélypeaux de La Vrillière (1704-1793).

Maurepas prit ses fonctions à la Maison du Roi, avec supervision des affaires du Clergé et de Paris en 1718, à l’âge de dix-sept ans.

Partie 2. De 1723 (début du règne personnel de Louis XV, né en 1710) à 1748 (fin de la Guerre de succession d’Autriche).

1723 (22 ans). Maurepas devint également secrétaire d’État de la Marine le 16 août, à la place de Fleuriau de Morville, nommé aux Affaires étrangères en remplacement du cardinal Dubois qui venait de mourir. Il le resta jusqu’au 23 avril 1749. C’est durant cette fonction de secrétaire d’État à la Marine qu’un fort français de la Nouvelle-France fut nommé en son honneur, le Fort Saint Frédéric. Il utilisa le négociant Vincent de Gournay, en pleine guerre pour faire de l’espionnage en Angleterre, en Hollande et dans les États allemands.

1730-1740 (29-39 ans). Authentiquement intéressé par les questions scientifiques, ami du malouin Maupertuis, il l’envoya en Laponie faire une série de relevés et d’études. Il fit travailler les meilleurs esprits pour améliorer les techniques de navigation et de construction navale. Il fut un ministre de la marine discret mais très efficace, battant des records de longévité. C’est avec beaucoup de talent qu’il utilise des crédits insuffisants pour moderniser la Marine royale des années 1730-1740. Il visite les ports, rencontre les constructeurs et favorise l’émergence de nouvelles techniques de construction.

De Maurepas en 1730. Portrait par l’Atelier de LM Van Loo

1737 (36 ans). Il devient franc-maçon en 1737. Il fut aussi un membre très influent de la haute noblesse franc-maçonne. Il contribue à l’arrêt de poursuites contre des francs-maçons.

1741-1748 (40-47 ans). Guerre de Succession d’Autriche. Maurepas fait remonter peu à peu les effectifs des vaisseaux et des frégates, restés longtemps à un très bas niveau (depuis 1708) à cause de la grave crise financière de la fin du règne de Louis XIV. C’est à lui que l’on doit l’apparition des vaisseaux de 74 canons qui surprennent la Royal Navy par leur puissance de feu et leur manœuvrabilité.

1745 (44 ans). Défaite de Louisbourg. Maurepas gère au mieux la marine pendant ce conflit alors que la Royal Navy garde malgré tout un fort avantage en nombre d’unités, de presque 2 pour 1. Le début de la guerre est marqué par une défaite française : la prise de la forteresse de Louisbourg en 1745 qui défend l’entrée du Saint-Laurent et du Canada. La place s’est laissée surprendre par un débarquement improvisé.

Maurepas décide aussitôt d’envoyer une puissante escadre reprendre Louisbourg : 55 (ou 60) bâtiments portant 3 500 hommes de troupe escortés par 10 vaisseaux, 3 frégates et 3 navires à bombarde, commandés par le duc d’Anville. Le plan, très ambitieux, prévoit aussi de reprendre Port-Royal, l’ancienne capitale de l’Acadie devenue Annapolis et rien moins que la destruction de la ville de Boston.

1746 (45 ans). Mais l’expédition se traîne dans une interminable traversée de l’Atlantique (du 22 juin au 12 septembre 1746) où elle est bousculée par une terrible tempête lorsqu’elle arrive sur place. Elle tourne ensuite à la catastrophe sanitaire. Le scorbut, puis une toxicose liée à la mauvaise qualité des vivres, se déclare et décime les équipages. 800 soldats et 1 500 matelots décèdent en quelques jours. La Jonquière décide de rentrer. Les vaisseaux, réduits à l’état d’hôpitaux flottants, rentrent en ordre dispersé. L’escadre a été vaincue par la maladie sans même avoir rencontré l’ennemi. Louisbourg restera entre les mains des Anglais jusqu’à la fin de la guerre et sera échangée contre Madras, grosse place anglaise en Inde dont les Français de Dupleix se sont emparés.

Cet échec ne doit pas faire oublier la très bonne tenue de la marine pour maintenir ouvertes les routes commerciales. Lors de ce conflit, Maurepas organise de grands convois marchands escortés par la marine royale pour protéger ceux-ci des attaques anglaises. La réussite de cette tactique assure le maintien du commerce colonial français et les chambres de commerce félicitent même les capitaines français pour leur efficacité.

1747 (46 ans). Il faut attendre 1747 pour que la Royal Navy, tirant l’expérience de ses échecs, réussisse à reprendre le dessus lors des terribles batailles du cap Ortegal (mai 1747) et du cap Finisterre (octobre 1747).

1748 (47 ans). La paix signée à Aix-La-Chapelle assure le succès global de la marine royale qui a su résister pendant l’essentiel de la guerre à la pression anglaise. Maurepas supprime les galères. La Royal Navy, surprise par la qualité des vaisseaux français, intègre immédiatement dans ses rangs les unités qu’elle a capturées lors des batailles de 1747 et se met aussi à les copier.

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Biscuits, expo Manufacture de Sèvres

Suite des chroniques du blog Histoires d’universités sur les faïenceries au 18ème siècle.

Partie 1. Sèvres – Manufacture et Musée nationaux. Communiqué de presse. Biscuits, exposition du 18 janvier au 1 avril 2023.

« L’exposition de soixante-dix sculptures, du XVIIIème siècle à nos jours, met en lumière la variété, la finesse et la virtuosité du modelé des biscuits de Sèvres, qui participent à la légende de la Manufacture.

Inventé en 1752 à Sèvres pour se démarquer des autres productions de Meissen en Saxe ou de Chine, émaillées et peintes, le biscuit désigne une pâte de porcelaine qui, contrairement à ce que laisse supposer son nom bis-cuit ou cuit deux fois, ne subit qu’une seule cuisson à haute température et ne reçoit ni émail ni décor. Le terme dérive de l’italien biscotto qui, dans les faïenceries italiennes de la Renaissance, désignait la pâte avant cuisson dont l’aspect épais et grumeleux rappelait sans doute la pâte à biscuit des pâtissiers.

Cette invention, révélant la blancheur de la matière et les détails les plus fins qui ne sont plus aplanis par la couche d’émail, rencontre rapidement le succès auprès de membres de la Cour et incite l’institution à développer cette production. Réalisation du modèle en argile crue, travail du plâtre pour confectionner des moules, nouvelle technique de moulage par estampage et contrôle de la cuisson délicate de la porcelaine à sa plus haute température révélant cet effet unique évoquant le marbre blanc : la technique est encore à l’œuvre dans les ateliers de la Manufacture.

Depuis 1740, Sèvres – Manufacture et Musée nationaux préserve, enrichit et révèle un patrimoine matériel et immatériel unique au monde. Lieu de vie hors du commun, Sèvres célèbre la passion de la matière, le respect des gestes séculaires des artisans céramistes et la beauté des œuvres d’art qui traversent les âges. Maison de création, de transmission et d’inspiration, Sèvres offre des expériences singulières à vivre, à partager et à offrir.

Le décor de la table bénéficie tout particulièrement de ce renouveau de la sculpture à Sèvres et les biscuits, en compositions de plusieurs éléments, de la simple paire faisant échos à la symétrie alors en vogue dans les décors Rocaille au plus large surtout, mettent en scène les nouvelles salles à manger. Ces nouveaux objets décoratifs et la pratique des cadeaux diplomatiques sous les règnes successifs de Louis XV et Louis XVI vont, dès lors, largement participer à la grande diffusion des biscuits à travers l’Europe, à leur reprise par les différentes manufactures européennes et à l’association durable du biscuit au goût et au savoir-faire français dans les arts décoratifs.

L’exposition Biscuit(s) réunit un groupe de figures emblématiques créées à Sèvres du XVIIIème siècle à aujourd’hui : elle présente ainsi le travail d’artistes illustres du siècle des Lumières, membres de l’Académie royale et amenés à diriger les ateliers de la Manufacture : les sculpteurs Jean-Jacques Bachelier, Étienne Maurice Falconet ou Louis-Simon Boizot et des biscuits reproduits d’après des gravures du peintre François Boucher« . Chronique du blog Histoires d’universités : François Boucher, 30 ans en 1733.

Exposition Zu Tisch! Die Kunst des guten Geschmacks, Alte Sammlung, Sarrebruck, 2022

Partie 2. Le bouquet de Delphine (1787). Chronique d’Histoires d’universités

Le bouquet de Delphine de Sabran (1770-1826), Manufacture de Niderviller, 1787. Matière et technique : porcelaine, modelage, assemblage, pastillage, biscuit. Musée du Pays de Sarrebourg. Diaporama de 11 photos.

Histoire de la Faïencerie de Niderviller (1735-1793). « Le biscuit est une porcelaine, tendre ou dure, cuite sans glaçure à haute température (de 1200 à 1400 °C).

Créé au sein de la manufacture de Niderviller par les ouvriers, selon l’histoire orale de la manufacture, pour être offert à la Comtesse de Custine, Delphine de Sabran (1770-1826) ».

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1725. 1ère loge maçonnique à Paris

Source. Extraits de l’article de Frédéric Salin, Franc-maçonnerie, Petite histoire d’un Ordre méconnu. Herodot.net, 1 janvier 2023.

« La franc-maçonnerie moderne est née en Grande-Bretagne dans les premières années du XVIIIe siècle. Elle s’est très vite diffusée dans l’ensemble du monde occidental, accompagnant partout la démocratie et la tolérance religieuse.

Le 24 juin 1717, à l’occasion de la Saint Jean, naît à Londres la Grande Loge de Londres et de Westminster. C’est l’acte fondateur de la franc-maçonnerie moderne. Il se produit dans une taverne au nom pittoresque : L’oie et le gril« .

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« À Paris, une première loge maçonnique anglaise aurait vu le jour en 1725, rue des Boucheries. Elle est restée dans les annales sous le nom emblématique de Saint-Thomas au Louis d’Argent. Elle reçoit en 1732 une patente de la Grande Loge de Londres.

Ne perdons pas de vue que les encyclopédistes et les grands philosophes qui ont valu à notre XVIIIe siècle d’être surnommé plus tard le Siècle des Lumières avaient fréquenté assidument les membres de la Royal Society de Londres et entretenu avec eux des échanges fructueux. Pour l’anecdote, nous pouvons citer Charles de Montesquieu qui avait été reçu maçon en mai 1730 dans une loge londonienne en présence de son compatriote exilé et anglicisé Jean-Théophile Désaguliers.

La franc-maçonnerie prend en France une coloration particulière qui l’éloigne peu à peu de la tutelle londonienne. En quelques années, les affiliés français supplantent les Anglais à l’origine de la première loge parisienne. À l’initiative du duc Anne Charles Sigismond de Montmorency-Luxembourg, plusieurs loges se fédèrent au sein d’une nouvelle obédience, le Grand Orient de France.

Le 22 octobre 1773, le duc de Chartres Louis-Philippe d’Orléans, futur Philippe-Égalité, en devient le Grand Maître, avec essentiellement un rôle de représentation.

Paris et quelques autres grandes villes de France voient croître leurs loges à la porte desquelles se pressent dans l’espoir d’y être admis à peu près tout ce qu’on y compte de notabilités. Les aristocrates, les bourgeois de qualité, certains membres du haut clergé et tous ceux qui se piquent de philosophie  envahissent les loges françaises qui, de ce fait, se multiplient et deviennent un lieu privilégié d’échanges intellectuels. Même engouement dans le reste de l’Europe. À Prague, le divin Mozart offre à la franc-maçonnerie un chef-d’œuvre, La Flûte enchantée

Le célèbre Voltaire mérite une mention particulière : il fut reçu franc-maçon dans une loge parisienne dite des Neuf Sœurs (loge d’écrivains et d’artistes fondée par Helvetius) le 7 avril 1778, soit deux mois avant sa mort. Eu égard à son grand âge, les épreuves d’admission furent allégées pour lui et on imagine bien que, en recevant cet illustre vieillard de quatre-vingt-quatre ans, la loge pensait surtout à donner davantage de lustre à sa matricule ».

Voltaire, d’après un modèle de Jean-Antoine Houdon, vers 1780, Petit Palais.

« À ce propos, notons que les dictionnaires maçonniques ont la fâcheuse habitude d’enrôler sans vergogne des personnalités célèbres en leur temps mais qui n’ont entretenu avec la franc-maçonnerie que des relations distantes et même parfois inexistantes…

Mais on ne saurait faire l’impasse sur une personnalité maçonnique hors du commun : le marquis de La Fayette, né en 1757, reçu en maçonnerie en 1774 (à l’âge de dix-sept ans) dans le sein d’une loge militaire stationnée à Metz et général à moins de vingt ans.

En 1777, il s’embarque pour l’Amérique où, sur la recommandation de son ami et frère Benjamin Franklin, il est nommé major par George Washington (également franc-maçon) et prend le commandement des insurgents désireux d’échapper à la tutelle britannique et de prendre leur indépendance ».

Buste de Benjamin Franklin d’après un modèle de Jean-Antoine Houdon, 1778, Terre cuite, Petit Palais.

« Il ne serait pas excessif d’affirmer, sans réduire le mérite des politiques, que l’indépendance américaine et la Constitution des premiers États-Unis de Philadelphie furent en grande partie une création maçonnique.

Chef de la garde nationale en 1789, député et bardé de tous les honneurs, La Fayette joua un rôle de premier plan dans les périodes révolutionnaire et postrévolutionnaire, professant des idées libérales et sans jamais renier son appartenance à la franc-maçonnerie jusqu’à sa mort en 1834 au soir d’une existence d’une exceptionnelle richesse ».

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Chardin, œuvres entre 1725 et 1740

Jean Siméon Chardin (1699-1779). Source : extraits de l’article de Wikipédia. « Il est considéré comme l’un des plus grands peintres français et européens du XVIIIe siècle. Il est surtout reconnu pour ses natures mortes, ses peintures de genre et ses pastels ».

Chardin n’a pas eu l’occasion de faire le Voyage à Rome. Il n’a peint ni scènes religieuses, ni paysages, ni Grands de la Cour

« Il naît à Paris le 2 novembre 1699, d’un père artisan, fabricant de billards.

1724 (25 ans). Mis à part le fait qu’il a été l’élève du peintre d’histoire Pierre-Jacques Cazes et qu’il a peut-être été conseillé par Noël Nicolas Coypel, on n’a aucune certitude à propos de sa formation avant le 6 février 1724, date à laquelle il est reçu à l’Académie de Saint-Luc avec le titre de maître.1728 (29 ans). Il est probable que deux de ses tableaux, la Raie et Le Buffet, ont été remarqués par deux membres de l’Académie royale à l’Exposition de la Jeunesse en 1728 : Louis de Boullogne, Premier peintre du Roi, et Nicolas de Largillierre un des meilleurs peintres français de natures mortes.

Ces deux tableaux sont les morceaux de réception de Chardin à l’Académie royale. Il devient ainsi peintre académicien dans le talent des animaux et des fruits, c’est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres reconnus ».

Partie 1. Liste des 70 tableaux de Jean Siméon Chardin peints entre 1725 et 1740. Source Wikiwand.

Neuf œuvres photographiées en septembre 2021 (8 au musée du Louvre et une au musée Cognacq-Jay).

 Diaporama de 32 photos (œuvres avec et sans cadre, cartels, détails).

1725-1726 (26-27 ans). La Raie, Musée du Louvre.

« Chose rare chez Chardin, un animal vivant figure dans la Raie comme dans le Buffet. L’artiste peint très lentement, revient sans cesse sur son travail, ce qui n’est guère compatible avec la représentation d’animaux vivants.

Le tableau est divisé verticalement en deux parties : le vivant à gauche (chat, huîtres) et l’inanimé à droite (pichet, marmite et autres ustensiles), la raie faisant la transition entre ces deux parties. La composition du tableau est faite de pyramides imbriquées. La raie forme la première grande pyramide, tandis que le chat d’une part, les ustensiles d’autre part, forment deux petites pyramides imbriquées dans la grande.

Un angle sortant vertical apparait sur le mur, en contradiction avec le premier plan. Le manche du couteau suspendu au bord de la table semble sortir du tableau. Ces détails donnent une grande profondeur à la composition.

Le chat hérissé, les reflets sur les ustensiles, la raie sanguinolente sont autant de « flashs » qui attirent l’œil et donnent du rythme au tableau ».

1728 (29 ans). Le Buffet, Musée du Louvre

« Que voit on ? Par exception, l’Académie agréa et reçut Chardin le même jour, au vu de cette toile et de La raie. Ambitieuse par ses dimensions et l’accumulation d’objets de texture différente, cette œuvre se situe dans la tradition des buffets de Desportes. La description d’animaux vivants – un chien et un perroquet – est un fait rare chez l’artiste ».

1731 (32 ans). « L’année 1731 est marquée par des événements particulièrement importants. Il épouse Marguerite Saintard sept ans après un contrat de mariage passé avec elle. Le père de l’artiste meurt peu après, et son fils Jean Pierre naît en novembre. Cette même année, sous la direction de Jean-Baptiste van Loo (1684-1745), il participe à la restauration des fresques de la galerie François Ier du château de Fontainebleau ».

1733 (34 ans). Mais l’artiste est mis au défi de peindre autre chose que des natures morte. Il débute les premiers tableaux à figure en 1733.

1734-1735 (35-36 ans). Le jeune homme au violon. Portrait de Charles Théodose Godefroy (1718-1796), fils aîné du joaillier Charles Godefroy.

1735, vers (36 ans). Nature morte au chaudron de cuivre (Paris, Musée Cognacq-Jay). Notice :

« Cette petite nature morte assemble dans un arrangement rigoureux, quasi géométrique, quelques ustensiles de cuisine posés sur une table. Ces objets de ménage, tirés de la propre cuisine de Chardin, se retrouvent dans de nombreuses œuvres de ce peintre. Quelques grandes lignes rythment ainsi cette composition ordonnée avec la plus grande économie de moyens : à l’horizontale de la table répondent la verticale du pilon et le cercle du chaudron de cuivre. Comme dans La Raie, Chardin s’est servi du motif du couteau posé en biais sur le bord de la table pour créer un effet de profondeur. Considérée comme le pendant de la Table de cuisine du musée du Louvre, cette huile sur bois résulte d’une recherche constante de simplicité ».

1737 (38 ans). Le jeune dessinateur taillant son crayon, exposé au Salon de 1738 avec pour pendant Une jeune ouvrière en tapisserie (disparu).

« Passé en ventes aux enchères entre 1741 et 1828 à Londres et certainement acquis par Auguste Casimir Périer (1811-1876), quand il était secrétaire de l’ambassadeur de France à Londres »

1738 (39 ans). L’enfant au toton (toupie).

Cartel du Louvre : « portrait d’Auguste-Gabriel (1728-1814), fils cadet du joaillier Charles Godefroy. Image intemporelle de l’enfant absorbé dans son monde de jeux et de rêves. Il évoque l’intérêt nouveau accordé au 18ème siècle à l’enfance par les artistes et les écrivains tel Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) ».

1739 (40 ans). La pourvoyeuse.

Musée des Beaux-arts du Canada. « Une servante dépose ses provisions, attentive à la fois à sa tâche et à la conversation se dé roulant dans l’autre pièce. Réputé pour ses tableaux de la vie domestique au sein de la bourgeoisie parisienne, Chardin traite ces sujets avec une rigueur remarquable, mettant à profit sa fine observation du vêtement de ses contemporains comme de leurs manières. Il privilégie les scènes intimes et paisibles et nous invite à y prendre part. Les connaisseurs appréciaient son sens des matières et des techniques picturales, qui s’exprime par une touche riche et généreuse. Quoiqu’inspiré de l’art hollandais du XVIIe siècle, le style de Chardin lui est propre ».

Vers 1739-1740 (40-41 ans). Le singe peintre

Filippo Villani, au XIVe siècle, s’exclamait Ars simia naturæ. La formule donnera lieu à l’expression de singe peintre, qui désignait ou la stupidité de l’imitation ou le mensonge sur lequel était fondée sa réussite (Daniel Arasse, Le Détail, p. 126-138).

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19 peintures de Jean-Baptiste Greuze

Jean-Baptiste Greuze (1725-1805) : trois diaporamas

Montpellier, Musée Fabre, 4 œuvres et 13 photos (dont cartels et détails) dans la chronique du 27 août 2017 : Jean-B. Greuze, 30 ans en 1755.

Besançon, Nancy, Nantes, Paris (Petit-Palais et Cognacq-Jay), 5 œuvres et 19 photos.

Paris, Musée du Louvre, 10 œuvres et 35 photos.

et un 20ème tableau au MBA de Strasbourg : Portrait de Pierre-Alexandre Wille, enfant

Liste des tableaux de Greuze (source Wikipédia).

Partie 1. 1725-1762. Source : citations de l’article de Wikipédia.

1725. Jean-Baptiste Greuze naît le 21 août à Tournus en Saône-et-Loire. Fils d’un entrepreneur et architecte, Jean-Baptiste Greuze fut dès sa plus tendre enfance attiré par le dessin, malgré la volonté de son père qui le destinait au commerce. Il fut soutenu dans sa vocation par le peintre lyonnais Charles Grandon, dont il sera l’élève.

1750 (25 ans). Greuze suit son professeur à Paris où il s’installe. Il devient l’élève de Charles-Joseph Natoire à l’Académie royale de peinture et de sculpture, professeur avec lequel il eut des démêlés.

1755 (30 ans). Ses débuts au Salon furent un triomphe. Son Père de famille lisant la Bible à ses enfants connaît un grand succès. Il devient membre associé de l’Académie.

Le petit paresseux, Musée Fabre, Montpellier.

1755-1757 (30-32 ans). Il part étudier à Rome et il y peint Les Œufs cassés peu de temps après son arrivée.

« Aux couleurs claires et lumineuses, à l’attitude légère de la peinture du XVIIIe siècle, Greuze introduit un réalisme d’influence néerlandaise dans la peinture de genre et le portrait français. Par des expressions faciales vives et des gestes dramatiques, ces peintures moralisantes illustrent l’idée selon laquelle la peinture doit se rapporter à la vie. Il capture les détails des décors et des costumes, parle au cœur, éduque les observateurs et cherche à les rendre vertueux ».

1759 (3 février) (34 ans). Il épouse Anne-Gabrielle Babuty, fille d’un libraire du quai des Augustins, François Babuty,

1761 (36 ans). Il en expose le portrait. Cette même année, il suscite l’engouement du public et de la critique au Salon, avec son Accordée de village.

1762 (37 ans). Le 16 avril, à Paris, son épouse donne naissance à une première fille qu’ils prénomment Anna-Geneviève. Elle embrassa la carrière de son père qu’elle soutiendra jusqu’à sa mort.

Partie 2. 1769-1805. Source : Encyclopédie Larousse

1769 (44 ans). Greuze rêve des lauriers du peintre d’histoire et se brouille avec l’Académie quand celle-ci ne le reçoit que comme peintre de genre, malgré son Septime Sévère et Caracalla (Louvre), inspiré de Poussin.

1769 (vers). Autoportrait.

1773 (48 ans). Il donne la Cruche cassée, d’une sensualité ambiguë.

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Meilleurs vœux de Pierrot !

Jean-Antoine Watteau, Pierrot, dit autrefois Gilles, vers 1718-1719

Musée du Louvre, Diaporama de 38 photos (11 œuvres de Watteau, cartels, détails). Cliquer sur les images pour les agrandir

Chronique du 5 septembre 2021. Watteau meurt à l’âge de 37 ans. 2021 est donc l’année du tricentenaire de sa mort. La grande exposition qui lui sera consacrée est celle de Berlin

L’Enseigne de Gersaint, l’une des œuvres majeures de Watteau, sera au cœur de l’exposition. Acquise en 1756 par Frédéric le Grand (1712-1786), cette peinture est considérée comme un chef-d’œuvre depuis sa création. Elle a été créée à l’origine pour servir de panneau publicitaire à la galerie parisienne du marchand Gersaint,

Chronique du 6 septembre 2021. Trois tableaux de Watteau (1684-1721) : Arlequin empereur dans la lune (Nantes),  L’écureuse de cuivres (Strasbourg), La Chute d’eau (Valenciennes).

Antoine Watteau a 23 ans quand il peint, vers 1707, Arlequin empereur dans la lune.

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SurréAlice. Invisible Victor Brauner ?

Deux parties dans cette chronique. 1. L’exposition SurréAlice au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg (jusqu’au 26 février 2023). 2. L’exposition Victor Brauner du Musée d’Art Moderne de Paris (en 2021).

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Victor Brauner (1903-1966) est né en Roumanie. Au cours de sa vie, il a presque toujours eu une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Opprimé, il a combattu par ses œuvres pour la liberté.

L’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés) rend compte de cet acharnement. Exilé à Paris dès les années 1930, Brauner n’est naturalisé français qu’en 1963, trois ans avant sa mort.

Des œuvres de Victor Brauner sont-elles présentées dans l’exposition du MAMCS Lewis Caroll et les Surréalistes ?

Oui, 15 d’entre elles le sont ! Elles sont introduites par ce seul cartel, pauvre en information.

Les œuvres proviennent presque exclusivement de dons de la femme de l’artiste au MAMCS (en 1984 et 1988), au MAMC de Saint-Étienne Métropole (en 1987).

Première partie de l’expo : diaporama de 41 photos (œuvres, cartels, détails).

Seconde patrie : diaporama de 32 photos.

 

Les œuvres de Brauner sont présentes, mais elles sont rendues invisibles car elles sont réparties dans plusieurs salles sans lien apparent avec les thèmes de chacune d’entre elles.

Pas de mention du nom de Brauner dans le texte de présentation de l’expo (ci-dessous), dans la vidéo de 6’20. Au rez-de-chaussée du MAMCS, une quarantaine d’affiches mettant en scène les expositions organisées par le MAMCS depuis sa création en 1998 : aucune ne lui a été consacrée.

Seulement 24 mots dans le dossier de presse (25 pages) : chez Victor Brauner, l’inventaire des morphologies se définit suivant des processus d’hybridation entre corps, objets, fluides et forces invisibles… Des langues sont imaginées par Brauner.

SurréAlice : présentation sur le site du MAMCS. « L’exposition Lewis Carroll et les surréalistes présente plus d’une centaine d’œuvres, peintures, photographies, dessins, estampes mais aussi collages ou éditions couvrant la période allant de 1919 jusqu’à la fin des années 1960.

L’exposition aborde la question des changements d’échelle, des liens texte-image, de la notion de passage, de transgression et d’autorité, de la connivence des mondes animal et humain mais aussi du jeu, de cartes ou d’échecs. Elle interroge les figures d’Alice telle que les artistes femmes ont pu l’appréhender. Leur regard permet d’élargir les points de vue, à la fois sur la figure carrollienne mais également sur les représentations de la femme au sein de l’univers surréaliste.

La scénographie originale et surprenante inclut des spécimens du Musée Zoologique de Strasbourg pour incarner le bestiaire de Lewis Carroll et des surréalistes ». Quiz : Nom de ce petit animal ? Histoire de sa découverte ?

« Le préambule de l’exposition, tout aussi étonnant, a été confié à l’artiste Monster Chetwynd.

Commissariat : Barbara Forest, conservatrice en chef du Patrimoine au MAMCS et Fabrice Flahutez, professeur à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne et spécialiste du surréalisme ».

J’ai pu photographier en 2019 trois autres œuvres de Brauer, prêtées au Musée Wurth de Schwäbisch Hall par le Musée d’Art Moderne de Paris lors de sa fermeture pour travaux. Ce sont des œuvres de jeunesse : 1930, 1932, 1934;

Diaporama de 10 photos (3 œuvres, cartels, détails)

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1787. L’Assemblée des Notables

Louis XVI et Charles-Alexandre de Calonne, l’Assemblée des Notables (février – mai 1787).

Chronique en 4 parties. Partie 1. L’Assemblée des Notables, décision de Louis XVI pour soutenir les réformes de Calonne. Partie 2. Calonne, Contrôleur général des finances (1783-1787). Partie 3. L’Assemblée des Notables  : accès à certaines des sources originelles publiées sur Gallica bNF. Partie 4. Un chapitre de livre et deux articles sur l’Assemblée des Notables.

Partie 1. L’Assemblée des Notables. Source : article éponyme sur Wikipédia.

« L’Assemblée des notables convoquée par Louis XVI eut lieu en deux temps : une première réunion du 22 février au 25 mai 1787 et une seconde du 6 novembre 1788 au 12 décembre suivant.

Louis XVI convoqua la première assemblée le 29 décembre 1786 dans le but de soumettre le programme de redressement financier proposé par son ministre Calonne. Le projet, exposé par ce dernier au roi le 20 août 1786, prévoyait de combler le déficit en établissant un impôt, la subvention territoriale, s’appliquant sur les terres jusqu’alors libres de droits. Le programme comprenait aussi l’impôt du timbre et la suppression des corvées. Le parlement refusa au préalable d’enregistrer ces mesures, prétextant qu’aux États généraux seuls appartenait le droit de les établir. Ce refus entraîna la convocation de l’Assemblée des notables.

L’assemblée des notables, dont les membres sont nommés par le roi, comprenait les 7 princes du sang majeurs (le comte de Provence , le comte d’Artois, frères du roi, le duc d’Orléans, le prince de Condé, son fils, le duc de Bourbon, son petit-fils, le duc d’Enghien, le prince de Conti), 7 archevêques, 7 évêques, 6 ducs et pairs, 6 ducs non pairs, 8 maréchaux de France, des intendants, des parlementaires, des députés des pays d’États, des représentants des corps de ville des plus grandes cités du royaume, soit au total 147 personnes. Composée de propriétaires, elle était très majoritairement hostile aux réformes projetées ».

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« Prévue initialement le 29 janvier 1787, l’assemblée ne va tenir sa première réunion dans l’hôtel des Menus-Plaisirs de Versailles que le 22 février 1787 en raison d’une indisposition de Calonne, ce qui laisse le temps à l’opposition aux réformes de s’organiser. L’assemblée constitue sept bureaux pour examiner le plan du ministre. Un seul bureau l’approuve, celui que préside le comte d’Artois ».

« Le premier bureau, présidé par le comte de Provence, le déclare « inconstitutionnel ». Les autres, sans rejeter les réformes, les déclarent inapplicables, et présentent des contre-propositions qui les dénaturent. Tous feignent de découvrir l’ampleur du déficit et s’en insurgent à plaisir. Calonne, irrité, fait imprimer ses rapports, ce qui achève de lui aliéner la Cour. »Le premier bureau, présidé par le comte de Provence, le déclare « inconstitutionnel ». Les autres, sans rejeter les réformes, les déclarent inapplicables, et présentent des contre-propositions qui les dénaturent. Tous feignent de découvrir l’ampleur du déficit et s’en insurgent à plaisir. Calonne, irrité, fait imprimer ses rapports, ce qui achève de lui aliéner la Cour.

De tous les partis, c’est le clergé qui se montre le plus virulent. Les gazetiers et les libellistes, de leur côté, raillent l’assemblée de notables, accusée d’être à la solde du pouvoir, piquant l’amour-propre de certains députés, encouragés dès lors à faire preuve d’indépendance.

Des caricatures circulaient dans lesquelles Colonne Cuisinier (comme singe) à un comptoir Buffet de la Cour déclare devant un troupeau de volailles : mes chers administrés, je vous ai rassemblés pour savoir à quelle sauce vous voulez être mangés – Mais nous ne voulons pas être mangés du tout !!! – Vous sortez de la question …« 

« Calonne soutenu seulement par le comte d’Artois et le clan Polignac, haï par Marie-Antoinette, est lâché par Louis XVI le 10 avril. L’assemblée des Notables est également remerciée  le 25 mai« .

Partie 2. Charles-Alexandre de Calonne, Contrôleur général des finances, ministre d’État. Source : extraits de l’article Calonne sur Wikipédia.

« Calonne, Contrôleur général des finances depuis novembre 1783, va se trouver acculé à entreprendre des réformes de fond au moment même où il a perdu le soutien de l’opinion. En 1786, la situation des finances apparaît en effet catastrophique : avec la disparition du troisième vingtième, le déficit prévu pour 1787 excède 100 millions, alors que les parlements refusent tout nouvel emprunt.

Le 20 août 1786, Calonne adresse à Louis XVI le Précis d’un plan d’amélioration des finances dans lequel il propose de « revivifier l’État entier par la refonte de tout ce qu’il y a de vicieux dans sa constitution ». Il s’agit notamment de supprimer les douanes intérieures, de supprimer les traites, de réduire la taille, de remplacer les corvées par une prestation en argent, de transformer la Caisse d’escompte en une banque d’État et surtout de créer de nouveaux impôts en taxant les propriétés de la noblesse et du clergé.

Le point central du projet de réforme est en effet la création d’une subvention territoriale, impôt unique qui remplacerait les anciens vingtièmes, et qui devrait surtout frapper tous les revenus fonciers sans distinction de privilèges. À la différence des vingtièmes, en principe provisoires, la subvention territoriale doit être perpétuelle. D’autre part, alors que les vingtièmes ménageaient des possibilités de rachats, d’abonnements et d’exemptions, la subvention territoriale serait payée par tous sans exception. Enfin, alors que les vingtièmes étaient assis sur les déclarations des contribuables, la subvention serait répartie par des assemblées provinciales. Celles-ci seraient au sommet d’une pyramide d’assemblées locales (assemblées paroissiales et municipales, assemblées de districts) élues par les contribuables. Les assemblées seraient élues par les propriétaires, sans distinction de statut social et aideraient l’intendant à répartir l’impôt.

Au départ, Louis XVI a soutenu fermement son ministre. Il a approuvé tous les plans soumis à l’assemblée des notables et n’a cessé d’encourager le contrôleur général. Pourtant, il va brutalement lui retirer son soutien : le 10 avril 1787, sans qu’aucun signe avant-coureur ne l’ait laissé pressentir, Calonne est remercié ; en juin, il se décide à l’exil, dans les Pays-Bas autrichiens, puis à Londres.

Plusieurs explications ont été avancées au brusque revirement de Louis XVI : on a évoqué la perte du soutien de Vergennes, mort le 13 février ; l’hostilité du baron de Breteuil, avec qui Calonne vient de se brouiller ; l’intervention de Marie-Antoinette, qui n’a jamais beaucoup apprécié le contrôleur général ; l’accusation portée par le marquis de La Fayette, d’avoir vendu des domaines de la couronne pour deux millions, sans en avertir Louis XVI. Mais sans doute la principale cause de la disgrâce de Calonne doit-elle être recherchée dans la clameur de l’opinion publique.

De fait, lorsque la nouvelle de son renvoi se répand, la joie est générale à Paris, où l’on accusait Calonne de vouloir augmenter les impôts et où on l’avait surnommé Monsieur Déficit. En réalité son plan audacieux de réformes aurait peut-être pu sauver la monarchie s’il avait été soutenu jusqu’au bout par le Roi. Mais il ne l’aurait fait qu’au prix d’une transformation en profondeur de son esprit, avec la remise en cause de la division en trois Ordres« .

Partie 3. L’Assemblée des Notables : accès à certaines des sources originelles, publiées in extenso sur Gallica BNF.

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Art sacré, Noël et Épiphanie

Dans ma collection de photos d’Art sacré, j’ai choisi, pour présenter, aux lectrices et lecteurs du blog, mes vœux pour Noël et l’année nouvelle, quatre évènements liés à la naissance de Jésus : la Vierge Allaitant, l’Adoration des Mages, le Massacre des Innocents, la Fuite en Égypte.

Ces quatre épisodes pris en compte par les évangélistes illustrent encore les paradoxes du monde contemporain. D’un côté, la joie de pouvoir fonder une famille et d’être respecté par les plus riches. D’un autre côté, l’horreur de la violence au quotidien, le massacre des innocent(e)s, la folie de l’exil forcé.

En février 2022, dans le seul musée des Beaux-arts de Besançon, j’ai eu l’opportunité de pouvoir photographier deux Vierges Allaitant, une Adoration des Mages, un Massacre des Innocents, trois Fuites en Égypte.

Diaporama de 26 photos (œuvres, cartels, détails). Cliquer sur les images pour les agrandir.

Le Louvre possède un tableau d’Orazio Gentileschi (vers 1628) qui associe deux des quatre scènes mentionnées : lors du repos de la Sainte Famille pendant la fuite en Égypte, la Vierge allaite Jésus..

Collections des années passées, publiées sur le blog :

Six chroniques sur la Vierge Allaitante (dite aussi la Vierge du lait, Galaktotrophousa, ou encore Madonna del latte ou Maria che allatta).

Andrea di Bartolo, dit Solario, La Vierge Marie allaitant l’enfant, vers 1507-1510, Le Louvre (photo d’octobre 2022)

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