Archives de Catégorie: C. Ile-de-France

18ème. Nattier, beau-père de Tocqué

Deux portraitistes du 18ème siècle. Jean-Marc Nattier (1685-1766), beau-père de Louis Tocqué (1696-1772).

Les lignées familiales de peintres ne sont pas rares au 18ème siècle. Jean-Marc Nattier (1685-1766) est le fils du portraitiste Marc Nattier et de la miniaturiste Marie Courtois, et frère du peintre Jean-Baptiste Nattier.

Le père de Louis Tocqué (1696-1772), peintre de portraits médiocre, destinait son fils à la même carrière que lui. Resté orphelin à l’âge de 10 ans, le jeune Louis fut recueilli par Nattier, qui lui fit faire des copies de portraits.

La lignée familiale s’élargit par une sorte d’adoption. Elle se poursuit par un mariage. Jean-Marc Nattier devient le beau-père de Louis Tocqué : celui-ci épouse sa fille aînée en 1747.

Les deux peintres ont aussi en commun d’être des portraitistes célèbres. Sous le long règne de Louis XV, ils ont obtenu régulièrement des commandes de la famille royale. Cf. les réponses au Quiz : 2 peintres et 2 portraits

Enfin, ils ont tous les deux peint l’autre.

1739. Nattier peint le portrait de Tocqué.

Source : Wikipédia. Cliquer sur les images pour les agrandir

1740. Tocqué peint Nattier.

Source : Wikipédia

Toutefois, une différence importante les a séparés en fin de vie : Nattier est mort dans la misère. Tocqué abandonna entièrement la peinture pour jouir tranquillement de la fortune que lui avaient procurée ses ouvrages.

A. Jean-Marc Nattier. Source : larges extraits de l’article de Wikipédia

« Nattier eut un talent précoce : à quinze ans il remporta le premier prix de dessin de l’Académie.

Jouvenet, son parrain, sollicita pour lui une place vacante à l’Académie de France à Rome, mais le jeune lauréat préféra rester à Paris.

1702-1704. Nattier. L’Éducation de Marie de Médicis, Estampe, Bibliothèque nationale de France, Paris. Le tout jeune Jean-Marc Nattier a obtenu l’autorisation de dessiner et de faire graver les vingt-quatre tableaux peints par Rubens entre 1621 et 1625 et représentant l’Histoire de Marie de Médicis (1575-1642). Ces tableaux retracent des épisodes de la vie de la Reine en les associant à des thèmes mythologiques.

En 1713, il fut reçu membre agréé de l’Académie. Deux ans plus tard, cédant aux instances de l’envoyé de Pierre Ier le Grand à Paris, il consentit à se rendre à Amsterdam, d’où il devait passer en Russie à la suite du tsar. il revint sur sa détermination première, et étant revenu à Paris ne put se décider à quitter son pays, la France.

Portraitiste officiel de la famille d’Orléans puis de la cour de Louis XV en 1748, il peignit tous les personnages marquants de son temps, et parmi eux le maréchal de Saxe (musée de Dresde), l’impératrice Marie-Thérèse (musée de Bruxelles), la reine Marie Leszczyńska ; mesdames Henriette et Adélaïde, filles du roi, qui figurèrent au salon de 1758.

Portrait de Marie-Adélaïde de France, fille de Louis XV, 1750-1751, musée Cognacq-Jay

Agréé en 1713, il avait été élu membre de l’Académie le 29 octobre 1718, sur la présentation d’un tableau de Phinée et ses compagnons pétrifiés par la tête de Méduse (musée de Tours).

Le 26 mars 1746, il fut nommé professeur. Mélangeant réalisme et fantaisies en insérant des personnages mythologiques dans ses œuvres, il exposa aux différents salons de 1737 à 1763 et figure aujourd’hui comme l’un des plus grands portraitistes du XVIIIe siècle.

Portrait de la Comtesse Tessin, 1741, Musée du Louvre

Autant le début de sa carrière avait été brillant, autant les dernières années de Nattier furent remplies de chagrin. Bien avant que d’être hors d’état de pouvoir toucher le pinceau, il fut malheureux. La guerre, le fléau des arts, l’inconstance du public, le goût de la nouveauté, tout se réunit pour lui faire éprouver le plus triste abandon… Aux chagrins qu’il ressentit de l’abandon du public et de ses anciens protecteurs vint se joindre une douleur plus grande encore… Six mois après son arrivée à Rome, son fils se noya en se baignant dans le Tibre.

Les trois filles de Nattier avaient épousé, deux d’entre elles les peintres Challe et Tocqué, la troisième, Brochier, secrétaire d’ambassade. Réduit à un état voisin de la misère, ayant échoué à obtenir une pension qu’il avait sollicitée le 27 juin 1754, ressentant les premières atteintes du mal qui le retint au lit pendant les quatre dernières années de sa vie. Vieux, pauvre et malade, Nattier fut recueilli par son gendre Challe, chez lequel il mourut, en 1766, à l’âge de 81 ans« .

Liste des peintures de Jean-Marc Nattier

Lire aussi. Revue universelle des arts, Nécrologie des artistes et des curieux : Nattier, pp. 118-122.

B. Louis Tocqué. Source : larges extraits de l’article de Wikipédia.

« Resté orphelin à l’âge de 10 ans, le jeune Louis Tocqué fut recueilli par Nattier, qui lui fit faire des copies de portraits que l’on doit aux plus grands maîtres en ce genre. Tocqué acquit ainsi une manière belle, large, et parvint à donner à ses copies la même perfection que les originaux…

Ses ouvrages, quoiqu’ils se distinguent par une touche franche, spirituelle, et par une belle marche de lumière, se ressentent du goût de son temps ; ses poses ont quelque chose de prétentieux et d’affecté qui donne à ses personnages un air théâtral et tout à fait opposé au naturel.

1731. Agréé à l’Académie, sur présentation de la Famille de Peirenc de Moras, il y fut reçu en même temps que Boucher, au commencement de 1734, avec des portraits en trois-quarts de Louis Galloche et de Jean-Baptiste Lemoyne (aujourd’hui au Louvre).

1737 à 1759. Tocqué exposa à presque tous les Salons sans voir son succès fléchir.

1739-1740. Il eut à peindre, en 1739, le portrait du grand dauphin, l’an d’après celui de la reine Marie Leczinska (Paris, musée du Louvre). Toutefois le portrait de celle-ci est ici la pièce maîtresse du peintre, la reine en pied et debout, le corps un peu tourné à gauche, la tête de face, la main droite désignant la couronne royale posée sur une console dorée ; la robe est de satin blanc fleuri de pavots rouges, de feuillages verts et d’or. D’une coloration souple et puissante qui n’exclue ni la force, ni la douceur, elle a un air de majesté aimable, d’autorité souriante qui fait de cette peinture, du plus incontestable mérite.

Portrait en pied de Marie Leczinska, 1740. Ce tableau, copié plusieurs fois, est conservé en plusieurs exemplaires se trouvant au Musée du Louvre, au Musée des châteaux de Versailles et des Trianons, à L’Assemblée nationale, et au musée chinois du musée national du château de Fontainebleau.

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Ile-de-France, D. Italie, E. Arts Lettres Langues, E. Mobilité internationale

1765. Façade de St-Thomas-d’Aquin

Saint-Thomas-d’Aquin, Paris (de 1683 à 1765). Architecte Pierre Bullet, pour l’ensemble de l’église. Père Claude Navan pour la façade (1765).

Diaporama de 23 photos (Pierre Dubois, septembre 2021).

A. Source : citations de Patrimoine – Histoire – Paris.

« En 1632, au cœur du faubourg Saint-Germain, les Dominicains installèrent le noviciat général de l’ordre de Saint-Dominique. Une chapelle dédiée bien sûr au saint patron de leur ordre fut édifiée. La population du quartier s’accroissant et les largesses du cardinal de Richelieu s’ajoutant à celles des fidèles, c’est tout un monastère qui fut construit en 1682.

Cliquer sur les images pour les agrandir

La construction de la nouvelle église commença dès 1683 sur les plans de l’architecte Pierre Bullet (1639-1716), ingénieur du Roi et de la ville de Paris. Elle est de style classique, d’inspiration baroque italien. Sous une voûte en berceau, la nef est séparée des bas-côtés par des arcades en plein-cintre. Les piliers sont ornés de pilastres surmontés de chapiteaux corinthiens.

La chapelle Saint-Louis est ajoutée en 1722.

Le plafond est décoré de la peinture de François Lemoyne (1688-1737) : La Transfiguration.

La façade n’est élevée qu’en 1765 selon les dessins d’un religieux du couvent, le père dominicain Claude Navan (1697-1774). De style classique, elle présente un ordre dorique en bas et ionique en haut.

Le tympan du fronton est une œuvre de François-Charles Butteux (1732-1788). Intitulée La Religion, elle est datée de 1769. Appuyée sur la Vérité, elle fait face aux tables de la Loi.

Bas-relief : la Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique de Théodore-Charles Gruyère (1814-1885). Œuvre de 1867.

À la Révolution, les ordres et les congrégations sont supprimés, les religieux expulsés. Le couvent devient manufacture d’armes, puis musée d’Artillerie. L’église est érigée en paroisse en 1791 et dédiée à saint Thomas. Dépouillée de ses biens, elle est confiée au club des Jacobins en 1793 et devient Temple de la Paix.

L’église Saint-Thomas-d’Aquin est rendue au culte catholique en 1803. Aux XIXe et XXe siècles, ses richesses perdues furent remplacées par de nombreuses œuvres d’art données par la Ville de Paris ».

B. Source : citations du site de la paroisse.

« L’église du couvent des dominicains a été construite en 1631 sur l’ancien emplacement du jardin de la reine Margot. Elle n’est pas «orientée» et se trouvait alors dans l’axe d’une allée de tilleuls, face à l’Hôtel de LUYNES. Couvent et église sont démantelés en 1791. L’église est rendue au culte en 1803 et devient la paroisse Saint Thomas d’Aquin mais elle ne sera de nouveau consacrée par Monseigneur FELTIN qu’en 1950.

Le mur de l’abside de l’église s’étant effondré en 1722, les dominicains décident de créer leur propre chœur. Ils confient la réalisation de la Transfiguration sur le plafond de leur chapelle à François LEMOYNE (1688-1737). La statue de la chapelle de la Vierge est de Gilles GUÉRIN (qui a réalisé les chevaux du bassin d’Apollon à Versailles). 

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AF. Histoire 16-17èmes siècles, AH. Histoire 19-20èmes siècles, BA. Photos, C. Ile-de-France, D. Italie, E. Arts Lettres Langues, E. Ingénierie, Architecture

Quiz. 2 peintres et 2 portraits

Au 18ème siècle, le portrait est à la mode.

Ce quiz est l’occasion de découvrir deux peintres français qui ont peint deux femmes appartenant au Royaume de France.

Félicitations et merci à JMJ pour sa bonne réponse :
Louis Tocqué, Marie Leszczynska, reine de France, musée du Louvre

Question 1. Qui sont ces deux femmes nobles ? Ont-elles un lien de parenté?

Question 2. Par quel peintre français la plus âgée a-t-elle été peinte en 1740?

Question 3. Et la plus jeune, par qui son portrait a-t-il été peint en 1750-1751?

Félicitations et merci à JMJ pour sa bonne réponse :
Nattier, portrait de Marie-Adélaïde de France, fille de Louis XV, dite Madame Adélaïde, musée Cognacq-Jay

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, BF. Quiz, C. Ile-de-France, E. Arts Lettres Langues

L’Encyclopédie. Diderot, D’Alembert

Parmi les 33 salles dédiées au 18ème siècle, le musée Carnavalet / Histoire de Paris en consacre trois au siècle qui portera le nom de Siècle des Lumières :

  • L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1751). Page 1.
  • Paris, capitale des Lumières. Page 2.
  • Le Rayonnement international de Paris. Page 3.
  • Nicolas de Condorcet. Page 4.

Diaporama de 33 photos.

A. L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1751)

Cliquer sur les images pour les agrandir. Source : Musée Carnavalet

Six chroniques du blog sur Denis Diderot (novembre 2019)

Portrait de Denis Diderot par Jean-Simon Berthélémy, 1784

Jean Le Rond d’Alembert (1717-1783). Source : Wikipédia. Deux chroniques du blog :

Portrait de Jean Le Rond d’Alembert par Catherine Lusurier, 1777

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Ile-de-France, E. Arts Lettres Langues, E. Sciences, E. Sciences humaines et sociales

Beaumarchais l’insolent (1732-1799)

Le Musée Carnavalet / Histoire de Paris consacre une salle à Pierre-Augustin Caron, né en 1732. Celui-ci prendra le nom De Beaumarchais en 1756. Partisan de la Révolution, il s’exilera cependant sous la Terreur, avant de revenir à Paris. Il mourra en 1799, dans la gêne. Il avait 67 ans.

Diaporama de 21 photos

Beaumarchais en 1773, eau-forte d’Augustin de Saint-Aubin

Cliquer sur les images pour les agrandir

S’appuyant sur les œuvres du Musée, cette chronique n’évoque que certaines des périodes de la vie de Beaumarchais : A. L’horlogerie. B. L’opéra Tarare (1787), C. L’Hôtel particulier proche de la Bastille, confié de 1787 à 1789 à l’architecte Lemoine le Jeune.

Se référer à l’article de Wikipédia pour une biographie complète. Beaumarchais l’insolent est La référence filmique pour une biographie fondée sur des faits réels. Comédie d’Édouard Molinaro, en 1996, Fabrice Luchini jouant avec brio le rôle de Beaumarchais. Bande annonce du film (1’52). Musique originale (2’40). Film à la demande (VOD).

A1. Beaumarchais et l’horlogerie. Source : extraits de Wikipédia

« Pierre-Augustin, après des études dans une école d’Alfort de 1742 à 1745, entre en apprentissage dans l’atelier paternel à l’âge de 13 ans. Il donne du fil à retordre à son père, qui le chasse quelque temps de la maison familiale, mais finit par devenir un artisan compétent, puisqu’il invente, en 1753, un nouveau mécanisme d’échappement, dit « à hampe » ou « à double virgule » (peu utilisé aujourd’hui du fait des problèmes de frottement) ; ce sera l’occasion d’une première controverse : l’horloger du Roi Jean-André Lepaute s’attribue l’invention et Beaumarchais doit faire appel à l’Académie des sciences pour que lui soit reconnue la propriété de l’invention. Il devient fournisseur de la famille royale. Il ne tarde toutefois pas à abandonner l’horlogerie ; Jean-Antoine Lépine qui le remplace dans l’atelier paternel, devait épouser sa sœur Fanchon et devenir l’associé en 1756, puis le successeur d’André-Charles Caron.

Il prend le nom de Beaumarchais en 1756. Il épouse Madeleine Catherine Aubertin, de dix ans son aînée. La mort de celle-ci, un an plus tard, marque le début d’une longue série de conflits juridiques ».

A2. Bibliothèque Nationale de France (BNF), Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Article Horlogerie, réveil à poids.

« Pierre-Augustin Caron apprend le métier auprès de son père, grand horloger parisien. Ingénieux, il invente à 21 ans un nouveau système qui améliore l’exactitude des horloges (c’est l’échappement à double virgule). Or Jean-André Lepaute, horloger du roi, s’en attribue le mérite dans Le Mercure de France. Pierre-Augustin Caron lui intente un procès, fait appel à l’Académie des sciences et obtient gain de cause.

Il est maintenant connu à la Cour et nommé Horloger du roi.

Horloge de Caron / Beaumarchais

En 1759, faveur insigne, il est nommé professeur de harpe de Mesdames, les quatre filles du roi Louis XV, qui résident à la cour.

Il perfectionnera par la suite le mécanisme des pédales de harpes« .

A.3. Musée Carnavalet, Harpe à pédales. Jean-Henri Naderman (1734-1799)

« Originaire de Westphalie, Jean-Henri Naderman s’installe à Paris dès 1762. Luthier, éditeur et marchand de musique à partir de juin 1773, il devient luthier ordinaire de Madame la Dauphine puis luthier de la Reine. Naderman fait preuve d’un sens artistique développé qui le démarque de ses confrères. Il produit un type de harpe à l’ornementation sculptée, peinte, vernie ou dorée, d’un grand raffinement, qui dès lors fait de la harpe un objet de luxe et un élément décoratif important de l’ameublement des maisons élégantes ».

A.4. Beaumarchais, aventurier, espion… et avant tout horloger, par Judikael Hirel, Le Figaro, 3 septembre 2019.

« Avant d’être auteur à succès, éditeur, espion, créateur des droits d’auteur, Pierre-Augustin Caron, devenu de Beaumarchais par la suite, était avant tout horloger et fils d’horloger. Le seul garçon d’André-Charles Caron et de Louise Pichon naît en 1732, et son destin semble tout tracé : prendre la relève de cette lignée d’horlogers huguenots. Son père, maître horloger, abjure le protestantisme en 1721. Mais c’est surtout, plus que cette conversion forcée, son invention de la première montre squelette que l’histoire horlogère a retenue.

Vers 1760, sans doute inspiré par la pensée des Lumières, il imagine que les amateurs de garde-temps aimeraient en découvrir les arcanes, être éclairés sur leur fonctionnement. Il a alors l’idée d’en dévoiler les rouages complexes via une montre squelette, permettant d’admirer la complexité du mouvement. C’est finalement à Jean Antoine L’épine, qu’il forme au métier d’horloger et deviendra son gendre, qu’il s’associe, et non à son fils. Ce sera un disciple talentueux puisqu’il contribuera à affiner les montres en inventant le calibre qui porte son nom, et que ses complications horlogères feront de lui l’horloger du Roi Louis XV, à qui il présentera une montre astronomique associant équation du temps et quantième perpétuel.

Dépossédé de son invention par… l’horloger du Roi. Pour autant, en tant qu’horloger, Pierre Augustin Carton n’était pas, lui non plus, dénué de talent. Entré en apprentissage chez son père dès ses 13 ans, il invente en 1753, un nouveau mécanisme d’échappement, dit à hampe ou à double virgule, améliorant la précision des montres. Une invention qui le portera jusqu’à la cour, pour ne pas s’être laissé faire, malgré son âge : quand l’horloger du Roi en personne, Jean-André Lepaute s’attribue son invention, le jeune homme de 20 ans ne se laisse pas déposséder et en appelle à l’Académie des Sciences. Non seulement cette découverte horlogère lui est attribuée, mais il devient ainsi fournisseur de la famille royale. En 1755, il remplace même Lepaute comme horloger du Roi.

Son ascension sociale commence, mais ce n’est pas à ses montres, plutôt à sa musique puis à ses mots que celui désormais nommé Beaumarchais la devra : Qu’étais-je donc? Je n’étais rien que moi, et moi tel que je suis resté, libre au milieu des fers, serein dans les plus grands dangers, faisant tête à tous les orages, menant les affaires d’une main et la guerre de l’autre, paresseux comme un âne et travaillant toujours ; en butte à mille calomnies, mais heureux dans mon intérieur, n’ayant jamais été d’aucune coterie, ni littéraire, ni politique, ni mystique, n’ayant fait de cour à personne, et partant repoussé de tous. Un homme libre, qui survivra à la Terreur, mort à Paris en 1799, maître en son temps du temps comme du en même temps« .

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Ile-de-France, E. Arts Lettres Langues, E. Sciences

Paris, 18ème. Enseignes de boutiques

Paris, 18ème siècle. Enseignes de boutiques.

Parcours historique dans les 31 salles du Musée Carnavalet qui concernent le 18ème siècle. Dans certaines, ont été remontées des boiseries et apportés des plafonds peints. Les regroupements et subdivisions majeurs pour la période sont les suivants : Paris de 1715 à 1740, Paris de 1751 à 1788, Claude Nicolas Ledoux (chronique de ce blog), Paris au siècle des Lumières.

Diaporama de 33 photos (Pierre Dubois, 24 septembre 2021).

A. Histoire du musée Carnavalet / Histoire de Paris, le plus ancien musée de la Ville de Paris. « Il ouvre au public le 25 février 1880. Il est aujourd’hui composé de deux hôtels adjacents dans le quartier historique du Marais.

Cliquer sur les images pour les agrandir

Au 23 rue de Sévigné, l’Hôtel des Ligneris (dit Carnavalet) est, avec la Cour carrée du Louvre, l’un des rares témoins de l’architecture de l’époque Renaissance à Paris. Construit au milieu du 16e siècle (1548-1560) pour Jacques des Ligneris, président au parlement de Paris. À partir de 1660, le célèbre architecte François Mansart surélève le porche de l’hôtel et crée deux nouvelles ailes.

Au 29 rue de Sévigné, l’Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau est construit entre 1688 et 1690, sur les plans de Pierre Bullet (1639-1716), architecte du Roi et de la Ville, pour le compte de Michel Le Peletier de Souzy (1640-1725).

En octobre 2016, le musée a fermé au public pour engager un grand chantier de rénovation, mené par l’architecte en chef des Monuments historiques François Chatillon« .

Après plus de 4 années de travaux, le Musée est ré-ouvert. Source : extraits du site : Le nouveau Musée.

« Les donations constituent le mode d’acquisition principal. Depuis la création du musée, des dizaines de milliers de donateurs ont ainsi contribué à la constitution et l’enrichissement des collections,

Le musée rassemble plus de 625 000 œuvres, de la préhistoire à nos jours. Peintures, sculptures, maquettes, enseignes, dessins, gravures, affiches, médailles et monnaies, objets d’histoire et de mémoire, photographies, boiseries, décors et pièces de mobilier.

Escalier de l’ancien Hôtel de Luynes, élevé en 1660-1661 par l’Architecte Pierre Le Muet pour la duchesse de Chevreuse. Première grande demeure de la rue Saint-Dominique, cet hôtel reçoit en 1747 un imposant décor pour son escalier. Paolo Antonio Brunetti (1723-1783), spécialiste de la perspective, y déploie une architecture en trompe-l’œil animée d’une élégante assemblée, incarnant les thèmes de l’amour et de la musique.

B. Visite des salles concernant le 18ème siècle (Source : citations des cartels à l’entrée de certaines salles).

« Enseignes parisiennes. La première salle des enseignes du musée est inaugurée le 4 juillet 1914 ; elle remporte un succès public immédiat. La commission du Vieux Paris a joué un rôle important dans les acquisitions, signalant au musée les enseignes pittoresques menacées de disparition. Une majorité d’entre elles provient de la rive droite de la Seine, où l’activité marchande était plus largement implantée.

L’enseigne placée en devanture d’un commerce a pour fonction de le signaler ; elle facilité aussi le repérage dans la ville, à une époque où les adresses ne sont pas encore individualisées. Tout au long du 18ème siècle, des dispositions successives fixent les dimensions, la hauteur et la pose, saillante ou non, des enseignes.

Peintes, sculptées, forgées ou émaillées, les enseignes peuvent être composées en différents matériaux : pierre, bois, plomb, fer, toile, céramique… Leurs formes, couleurs et messages sont variés. Leurs thèmes montrent également une grande diversité, évoquant un roi, portant le nom d’une ville, d’un saint, figurant un animal, un personnage, un symbole. Certaines indiquent clairement le type de commerce, tandis que d’autres sont présentées sous formes de devinette ou de rébus. Un corps de métier concentré dans une rue peut lui donner son nom.

Les noms des rues étaient parfois inscrits sur des plaques, mais celles-ci ne sont devenues obligatoires à Paris qu’à partir du 30 juillet 1729″.

C. Enseignes à travers les âges : fruits d’une inspiration goguenarde égayant maisons et rues. Source. Extraits d’après Le Petit Journal. Supplément du dimanche, paru en 1914.

« Même, la fureur des grandes enseignes parlantes prend à cette époque un développement considérable. Chacun veut avoir une enseigne plus volumineuse que celle de son voisin. Et tous ces attributs gigantesques qui se balancent en avant des maisons, au bout de longues potences, ne vont pas sans quelques inconvénients.

Si bien qu’au XVIIIe siècle, le lieutenant de police Antoine de Sartine (1759-1774) se résolut à mettre ordre à cet abus. Par ordonnance de 1766, il prescrivit la suppression de ces potences menaçantes et ordonna que les enseignes seraient dorénavant appliquées en tableaux sur les murs, scellées de plâtre et cramponnées en haut et en bas. Le pittoresque y perdit, mais la sécurité des passants y gagna.

Mercier, dans son Tableau de Paris, a applaudi à cette réforme. Les enseignes, écrit-il, sont maintenant (1780) appliquées contre le mur des maisons et des boutiques ; au lieu qu’autrefois elles pendaient à de longues potences de fer ; de sorte que l’enseigne et la potence, par les grands vents, menaçaient d’écraser les passants dans les rues. Quand le vent soufflait, toutes ces enseignes, devenues gémissantes, se heurtaient et se choquaient entre elles ; ce qui composait un carillon plaintif et discordant… De plus, elles jetaient, la nuit, des ombres larges qui rendaient nulle la faible lueur des lanternes.

Ces enseignes avaient pour la plupart un volume colossal, et en relief. Elles donnaient l’image d’un peuple gigantesque, aux yeux du peuple le plus rabougri de l’Europe. On voyait une garde d’épée de six pieds de haut, une botte grosse comme un muid, un éperon large comme une roue de carrosse, un gant qui aurait logé un enfant de trois ans dans chaque doigt, des têtes monstrueuses, des bras armés de fleurets qui occupaient toute la largeur de la rue. La ville, qui n’est plus hérissée de ces appendices grossiers, offre pour ainsi dire, un visage poli, net et rasé.

Et Mercier termine son article par un brillant éloge d’Antoine de Sartine, qui supprima impitoyablement le pittoresque des enseignes à potence. D’ailleurs, dès cette époque, les rues portaient des noms inscrits sur des plaques de tôle à toutes les encoignures ; de ce fait, les enseignes étaient moins indispensables qu’auparavant. Mais les maisons n’étaient pas encore numérotées. Une ordonnance de 1768 avait bien prescrit ce numérotage, mais les habitants n’en avaient guère tenu compte ; et ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que, dans les voies les plus importantes de la capitale, les maisons portèrent régulièrement des numéros ».

D. La boutique à Paris au XVIIIe siècle

Source. Extraits de Natacha Coquery, La boutique à Paris au XVIIIe siècle, Histoire, Université Paris I Panthéon Sorbonne, dossier en vue de l’obtention d’une habilitation à diriger des recherches, 26 juin 2006.

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Ile-de-France, E. Economie Gestion, E. Ingénierie, Architecture

C-N. Ledoux, architecte néoclassique

Histoires d’universités : 6 chroniques et 97 photos sur Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), architecte néoclassique.

1762. Les lambris du Café militaire (album de 12 photos).

Cliquer sur les images pour les agrandir

1771. Ledoux a 35 ans. Œuvres de jeunesse (album de 24 photos).

1763. Château de Mauperthuis

1773. Il entre à l’Académie royale d’architecture

1774-1779. La Saline royale de Chaux, dite d’Arc-et-Senans (album de 30 photos).

1775-1784. Le Théâtre de Besançon : les innovations (album de 11 photos).

Il devient Architecte de la Ferme générale.

1784. Construction du Grenier à sel de Compiègne (album de 22 photos).

La gabelle ayant été officiellement supprimée en mai 1790, les bâtiments servant de grenier à sel ont été soit aliénés soit réemployés à d’autres usages administratifs. 

1784-1787. Construction des Barrières de Paris, pour taxer les marchandises entrant dans la capitale (album de 16 photos).

Les travaux sont suspendus en 1787, une des raisons étant leur coût excessif. Ledoux est révoqué de ses fonctions. Le 23 mai 1789, il est définitivement suspendu par Necker.

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Bourgogne Franche-Comté, C. Ile-de-France, E. Ingénierie, Architecture, Non classé

1762 Ledoux. Décor de Café militaire

Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), architecte néoclassique. Décor de Café militaire. Source : citations du Musée Carnavalet, Histoire de Paris. Son œuvre la plus accomplie : la saline de Chaux, dite d’Arc-et-Senans. Une de ses premières commandes (1762) : à Paris, un décor de café réservé aux militaires.

Diaporama de 12 photos.

Claude-Nicolas Ledoux par Michel Martin Drolling, vers 1785, Huile sur toile

Cliquer sur les images pour les agrandir

A venir. Six chroniques et 97 photos sur l’œuvre de Claude-Nicolas Ledoux, publiées à ce jour sur Histoires d’Universités.

« La mode du café se répand à la fin du 17e siècle et, dès le 18e siècle, on voit se développer à Paris les fameuses Maisons de café. On y goûte – pour les hommes du moins – – hors d’un cadre familial ou social bien défini, une liberté toute nouvelle.

Élevé en 1762, le café militaire occupait le rez-de-chaussée d’un immeuble de la rue Saint-Honoré, entre l’Oratoire et la place du Palais-Royal. La boutique est louée le 12 octobre 1762 à Henri Alexandre Godeau, marchant distillateur, et Marie charlotte Bauland, son épouse. Ils ouvrent un établissement réservé aux officiers.

Son décor est l’une des premières commandes parisiennes du jeune architecte Claude-Nicolas Ledoux. Il a alors 26 ans (né en 1736, mort en 1806). La conception inédite de l’espace et la précision du vocabulaire ornemental sont remarquables ».

« Il imagine un décor à thème guerrier, inspiré de l’Antiquité : couronnes de lauriers, trophées d’armes, étendards, bouclier d’Athéna avec la tête de la Méduse, dépouille du lion de Némée, foudre de Jupiter, évoquant la force, la générosité, la rapidité et l’invincibilité ».

« L’exécution est réalisée en bois sculpté peint et doré, selon les dessins de Claude-Nicolas Ledoux ».

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Ile-de-France, E. Médecine Pharmacie

1745. Fontaine des Quatre-saisons

Edme Bouchardon (1698-1762), Fontaine des Quatre-saisons (1739-1745), Paris, 57 et 59 rue de Grenelle.

Quatrième chronique d’Histoires d’universités sur Edme Bouchardon, sculpteur du roi (cf. ci-dessous : partie C).

Diaporama de 23 photos. Comme on peut le constater, le monument n’est guère entretenu : les sculptures des deux fleuves placés de chaque côté de Paris, au centre du monument, sont abimées ; de la végétation s’introduit dans les fissures. Les putti des bas-reliefs sont recouverts d’une couche de pollution grise. Cette fontaine, la plus coûteuse en son temps, est aujourd’hui indigne de Paris. Quand son ravalement est-il prévu ?

A. Source 1. Extraits de l’article de Wikipédia : Fontaine des Quatre-saisons (1739-1745)

« Édifiée sur un terrain donné par le couvent des Récolettes, la fontaine a fait l’objet d’un marché public passé le 1739. La construction représenta un très grand chantier entrepris par la Ville de Paris, sous la responsabilité de Michel-Étienne Turgot, prévôt des marchands et père du ministre de Louis XVI. Elle était destinée à procurer de l’eau au quartier mais aussi à être un monument commémoratif en l’honneur du roi Louis XV. Son coût a été considérable (plus de 139 000 livres). Le maître d’œuvre et l’ensemble de son décor sculpté sont confiés à Edme Bouchardon. Les travaux sont terminés en 1745.

L’importance du projet dans une si étroite rue suscita des réactions dont celle de Voltaire dans une lettre au Comte de Caylus en 1739 dans laquelle il raille le gigantisme et la prétention du projet pour un si petit service rendu. Cependant Michel-Étienne Turgot fut très satisfait du travail de Bouchardon et lui fit accorder une pension annuelle de 1500 livres.

La fontaine des Quatre-Saisons, nommée ainsi tardivement en raison des quatre bas-reliefs et des quatre statues représentant les saisons qui la décorent, est une fontaine unique à Paris de par son ampleur, son décor et son architecture. Elle se présente comme une façade de palais de style classique d’une dizaine de mètres de hauteur et qui se développe sur près de vingt mètres au long de la rue de Grenelle »…

B. Le chantier de la fontaine des Quatre-Saisons par Dominique Massounie, Livraisons de l’histoire de l’architecture, 16 | 2008, Openedition.

« L’histoire de la fontaine des Quatre-Saisons est sans conteste l’épisode le plus prestigieux de la carrière du sculpteur qui en réalisa le décor, Edme Bourchardon, qualifié par la Ville, le commanditaire de ce monument royal d’un nouveau genre, de Phidias moderne. L’exceptionnelle qualité des rondes-bosses du corps central et des niches latérales ainsi que des bas-reliefs a relégué au second plan l’étude de la construction de l’édifice dont les dimensions et le coût le classent également parmi les exceptions.

Les archives du bureau de la Ville et les archives notariales nous permettent de comprendre dans quelles circonstances il a vu le jour. Elles nous renseignent sur l’achat des terrains, celui des marbres statuaires et des pierres de Tonnerre, sur les émoluments de l’artiste, la nature des ouvrages de maçonnerie, le prix des mascarons de bronze et la rémunération de l’inspecteur des travaux.

Si la qualité des ouvrages est parfaitement connue, le coût global de la construction ne peut qu’être l’objet d’une estimation. En effet, le marché passé le 3 juin 1739 avec Jacques Mégrelin, sur la base du devis rédigé par Jean-Baptiste-Augustin Beausire, comporte uniquement le prix de la toise fixé pour chacun des ouvrages. En l’absence du toisé, est-il possible d’évaluer la dépense ? Elle a été considérable puisque ce chantier s’élevait déjà, hors paiements des ouvrages de maçonnerie et de plomberie, à plus de 139 000 livres. Elle fait de ce monument public, à la fois fontaine et monument commémoratif, vraisemblablement l’édifice le plus coûteux jamais construit pour l’embellissement des villes à l’époque moderne.

Entre 1739 et 1745, Edme Bouchardon, sculpteur du roi, travaille à la réalisation du décor de la nouvelle fontaine du faubourg Saint-Germain.

En 1902, dans un article consacré à l’édifice, Alphonse Roserot expliquait le caractère exceptionnel de cette commande par l’amitié qui liait à l’artiste le commanditaire, le prévôt des marchands Michel-Étienne Turgot, et par l’attention que le cardinal de Fleury, premier ministre, auteur de l’inscription du frontispice, porta à l’érection de ce monument. Ce chantier se signalait effectivement déjà par la qualité des acteurs, commanditaire et artiste, mais aussi par l’intérêt qu’il suscita, jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir.

Le troisième traité de Vienne, signé le 18 novembre 1738, qui mettait fin à la guerre de succession de Pologne, inspira sans doute une modification du programme. L’événement est signalé sur la table de marbre noir qui surmonte la figure de la Ville.

Deux des dispositions de ce traité :

  • L’Électeur de Saxe, devenu en 1733 roi de Pologne sous le nom d’Auguste III, est maintenu sur le trône de Pologne, son rival Stanislas Lezczyński, aussi élu en 1733, abandonnant toutes ses prétentions, tout en conservant le titre de roi de Pologne.
  • En dédommagement, Stanislas reçoit les duchés de Lorraine et Bar à titre viager ; à sa mort, ils seront réunis au royaume de France (ce qui surviendra en 1766).

Poster un commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Ile-de-France, E. Arts Lettres Langues, E. Ingénierie, Architecture

L’Arc de triomphe, Wrapped

L’Arc de triomphe, Wrapped, Paris, 1961-2001. Longue et émouvante histoire d’une œuvre artistique contemporaine. Pour Christo et Jeanne Claude, une Histoire de vie commencée il y a 40 ans, et une Exposition de deux semaines, dans l’espace public. Une Histoire longue qui, le temps d’une exposition temporaire, devient courte et qui finit bien ! Clap de fin : 3 octobre 2021.

Cliquer sur les images pour les agrandir

Quand Christo meurt en mai 2020, il sait, depuis 2018, que les différentes autorités compétentes françaises ont donné leur feu vert pour la mise en œuvre du projet du couple.

Au final :

  • Un sublime cadeau posthume pour Christo & Jeanne Claude.
  • Un hommage à la France et à son histoire républicaine : les trois couleurs de l’enveloppe de tissu blanc-bleu et les cordes rouges rendent encore plus fascinant l’immense drapeau tricolore qui virevolte dans tous les sens.
  • Une assurance de visibilité accrue de la France dans son soutien à l’art contemporain.
  • Une des premières manifestations d’un courage audacieux : multiplier les œuvres éphémères et les garder en vie par l’Intelligence artificielle. L’espace public et l’espace muséal ne sont pas indéfiniment extensibles pour l’Art.
  • Un rappel historique : la France doit demeurer une terre d’accueil pour les exilés politiques. Christo a fui la Bulgarie en 1958, à l’âge de 23 ans.

Diaporama de 47 photos, prises par Pierre Dubois, dimanche 26 septembre 2021.

Biographie. L’univers de Christo & Jeanne Claude. Une brève histoire de leur art, par Jacob Baal-Teshuva, Éditions Taschen, 2020, 96 pages.

Source 1. Citations de L’Arc de triomphe, Wrapped, Paris, 1961-2001.

« L’équipe Christo et Jeanne-Claude a réalisé le projet selon le vœu de Christo qui souhaitait la poursuite du projet après sa disparition, survenue le 31 mai 2020.

Visible pendant 16 jours, du samedi 18 septembre au dimanche 3 octobre 2021, l’œuvre nécessite 25 000 mètres carrés de tissu recyclable en polypropylène argent bleuté et 3000 mètres de corde rouge de la même matière.

Le Centre des monuments nationaux, qui assure au nom de l’État la conservation et l’ouverture au public de l’Arc de triomphe, se félicite de la réalisation d’un projet qui témoigne de son engagement en faveur de la création contemporaine et de la mise en valeur de l’un des monuments les plus emblématiques de Paris et de France. 

Comme tous les projets artistiques de Christo et Jeanne-Claude, L’Arc de Triomphe, Wrapped, Paris (1961-2021) sera entièrement autofinancé grâce à la vente des œuvres originales de Christo : collages, dessins de ce projet et d’autres ainsi que des maquettes, œuvres des années cinquante-soixante et des lithographies. Il ne bénéficiera d’aucun autre financement public ou privé.

Histoire du projet. En 1961, trois ans après leur rencontre à Paris, Christo et Jeanne-Claude commencent à concevoir et créer des œuvres éphémères pour l’espace public. L’idée d’empaqueter l’Arc de triomphe voit le jour cette même année. Christo réalise, en 1962-63, un photomontage de cet empaquetage, vu depuis l’avenue Foch, puis, en 1988, un collage, avant de reprendre et développer ce projet à partir de 2017. 60 ans plus tard, ce projet sera concrétisé. 

Le projet a été présenté au Centre des monuments nationaux par le Centre Pompidou et reçoit le soutien de la Ville de Paris. En 2020, le Centre Pompidou a présenté l’exposition Christo et Jeanne-Claude. Paris ! qui retraçait la période parisienne de Christo et Jeanne-Claude, de 1958 à 1964, ainsi que l’histoire du projet Le Pont-Neuf empaqueté, Projet pour Paris, 1975-1985« .

Source 2. Larges extraits de deux articles  du Monde : Les visiteurs découvrent l’Arc de triomphe empaqueté par Jeanne-Claude et Christo, 18 septembre 2021.

« Le rêve de jeunesse de Christo et Jeanne-Claude se réalise : jusqu’au 3 octobre, l’Arc de triomphe est empaqueté dans 25 000 mètres carrés de tissu.

Poster un commentaire

Classé dans AH. Histoire 19-20èmes siècles, BA. Photos, C. Ile-de-France, E. Arts Lettres Langues, E. Mobilité internationale