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Fin 18ème. Le monde du médicament

35ème chronique du blog Histoires d’universités sur l’Histoire de la médecine au 18ème siècle.

Source de la chronique : texte de l’article de Pascale Gramain, Au temps de la Société Royale de Médecine, INSERM, Med Sci, Juillet 2013.

  • Le texte reprend de larges extraits de sa thèse de doctorat, Le monde du médicament à l’aube de l’ère industrielle : les enjeux de la prescription médicamenteuse de la fin du xviiie au début du xixe siècle. Thèse de doctorat, directeur Michel Morange, Université Paris 7, 1999.

« Le paysage de la santé publique en France à la fin de l’Ancien régime

L’enseignement de la médecine avait lieu dans les facultés et collèges, et les facultés de médecine de Paris et de Montpellier dominaient.

Les médecins ne soignaient qu’une petite partie de la population, essentiellement citadine et aisée. Dans les campagnes, les soins étaient officiellement assurés par des chirurgiens, dont les compétences relevaient plus du parcours et des qualités personnelles des praticiens que d’une formation validée. La coopération entre médecins et pharmaciens, rendue nécessaire par le circuit de la prescription médicamenteuse, induisait une rivalité entre ces deux corps, les pharmaciens n’acceptant pas d’être de simples auxiliaires. Ceux-ci avaient plusieurs atouts : le contact avec le public, qui sollicitait leur avis, et leur aisance financière, qui n’avait rien à envier à celle des médecins dans de nombreux cas.

Enfin, les charlatans sévissaient en tous lieux, et sur toutes les catégories sociales. Ils étaient d’ailleurs très divers, allant de l’escroc à l’illuminé en passant par le rebouteux expérimenté ou le religieux dévoué. Un seul point leur était commun : leur activité était illégale.

Les prescripteurs étaient, légalement, les médecins et les chirurgiens (pour ce qui est des remèdes externes). Les remèdes étaient prescrits le plus souvent sous forme de formules que préparaient les pharmaciens. Certains remèdes, qualifiés de « secrets », étaient des préparations vendues avec l’approbation des autorités – diverses de fait jusqu’à la mise en place de la Société Royale de Médecine (SRM) -, ou « à la sauvette » lors des foires notamment.

La législation sanitaire n’était que très incomplètement appliquée, mais elle connut des avancées remarquables avec la création de la SRM. L’existence de la SRM a représenté un indéniable progrès dans la prise en compte de la santé publique par le gouvernement, notamment sous l’angle de la validation des remèdes secrets.

La Société Royale de Médecine. L’élite de la profession médicale

La Société Royale de Médecine (SRM), créée par un arrêt du Conseil d’État du 29 avril 1776 et enregistrée au Parlement de Paris le 1er septembre 1778, avait pour objet de s’occuper « de tous les faits de médecine théorique et pratique, et essentiellement de tout ce qui peut avoir rapport aux maladies épidémiques […] et épizootiques ». Elle devint l’interlocuteur du gouvernement pour les problèmes de santé publique et, au-delà, la référence pour la nation. L’élite intellectuelle, à laquelle appartenaient les membres de la SRM, vit, dans les premiers temps de la Révolution, l’accomplissement des Lumières, une possibilité formidable de faire aboutir en pratique et rapidement des idées dégagées des contraintes de l’Ancien régime : « elle [la SRM] a courageusement banni de l’art de guérir un despotisme qui n’était guère moins homicide que celui dont l’Assemblée nationale vient de nous délivrer ». La reconnaissance de cette fonction administrative était la première voie vers un ministère de la Santé à part entière.

La SRM était la structure la plus à même d’avoir une vision de la santé publique, du fait de ses relations avec les praticiens et de ses actions de terrain. Cette vision n’était sans doute pas exhaustive et comportait probablement de nombreuses lacunes, du fait notamment du manque d’outils statistiques, mais elle était la plus complète possible dans son contexte historique.

Vicq d’Azyr  en fut le secrétaire perpétuel depuis sa création. Médecin anatomiste célèbre, proche de l’Académie des sciences, travailleur acharné, il a été l’âme de la SRM ; elle s’est pratiquement éteinte en même temps que lui. Elle fut en effet dissoute en 1793 comme toutes les sociétés savantes ; il mourut en 1794 (le 2 messidor de l’an II). Le fonctionnement de la SRM était largement inspiré de l’Académie des sciences, dont plusieurs de ses membres faisaient partie. Mais elle fut en bute dès sa création à l’hostilité de la Faculté de médecine de Paris qui voyait en elle une concurrente et donc une menace pour son pouvoir.

  • Félix Vicq d’Azyr (1748–1794), médecin et anatomiste. Il n’existe pas à ce jour de bibliographie réellement complète, la somme de ses travaux étant considérable en quantité et en thèmes traités : anatomiste, il est l’un des pères de l’anatomie comparée. Membre de l’Académie des sciences, il fut envoyé par le gouvernement en 1775 pour endiguer une épizootie grave dans le sud-ouest de la France. À son retour, il organisa la Société Royale de Correspondance de Médecine, qui devint la Société Royale de Médecine dont il fut le Secrétaire perpétuel. Il fut élu en 1788 à l’Académie Française (il a rédigé de nombreux éloges) et devint premier médecin de la reine Marie-Antoinette en janvier 1789.
  • Lire aussi les chroniques du blog sur Vic-d’Azyr, la Société Royale de Médecine.

La SRM était constituée de personnes, le plus souvent issues de la bourgeoisie, peu de la noblesse ; quelques-unes avaient une origine modeste. Lorsqu’elles accédaient au second ordre, c’était par leur mérite ou leur fonction, et non par l’achat de charge (savonnette à vilains). Il n’y avait pas d’hégémonie parisienne parmi ses 179 membres associés : la moitié étaient issus de la province, et un tiers de l’étranger (médecins célèbres, surtout d’Europe septentrionale avec une ouverture au monde oriental). Plus de 400 correspondants étaient associés, dont une large majorité de médecins. Les membres, tous élus, constituaient l’élite de la profession médicale, ce qui leur autorisait une réelle autonomie intellectuelle, personne n’étant au-dessus d’eux dans leur domaine. Il est à noter que les critiques de leurs avis s’appuyaient sur des considérations non scientifiques.

Les assemblées de la SRM se tenaient deux fois par semaine sans exception ni vacance depuis 4 h et demie jusqu’à 6 h et demie. Il y eut notamment une séance le 14 juillet 1789 au cours de laquelle les membres présents s’interrogèrent sur l’opportunité de continuer leur travail, et décidèrent de ne pas interrompre leurs activités, dans la mesure du possible, ce qu’ils firent effectivement.

Une communication efficace avec le pouvoir, la presse, les praticiens

Outre le compte rendu régulier de ses activités au roi (Louis XVI s’intéressait aux activités de la SRM, en augmenta les revenus et prit parti pour la SRM contre la Faculté de médecine de Paris), aux ministres et aux proches du pouvoir, il faut citer le rôle très important joué par le lieutenant général de police de Paris, Jean-Charles Pierre Lenoir (Figure 2).

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David. Serment du Jeu de Paume

David et le Serment du Jeu de Paume (20 juin 1789).

Le Serment du Jeu de paume, 20 juin 1789, esquisse commandée en 1790 au peintre Jacques-Louis David par la Société des amis de la constitution pour la salle des séances de l’assemblée nationale et réalisée en 1791 (plume et encre brune, avec reprises en certains endroits à la plume et encre noire, lavis brun et rehauts de blanc sur traits de crayon).

Source, L’Histoire par l‘image. Texte et Vidéo de 3’40.

Photo RMV – Grand Palais. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

« Cet événement fondateur de la Révolution française constitue une étape symbolique dans la destruction de l’absolutisme.

L’ouverture des états généraux avait suscité une querelle de procédure : le tiers état souhaitait la réunion des trois ordres ainsi que le vote par tête, le vote par ordre donnant nécessairement la majorité au clergé et à la noblesse. Face au refus du roi, le tiers état se proclama Assemblée nationale et appela les deux autres ordres à le rejoindre. Louis XVI fit fermer la salle de réunion des députés. Ces derniers se portèrent alors dans la salle du Jeu de paume. Le 20 juin 1789, ils prêtèrent serment de ne jamais se séparer avant d’avoir rédigé une Constitution.

La scène prend place dans la salle du Jeu de paume dont David (1748-1825) dessina l’architecture in situ. Dans la composition d’ensemble connue par le grand et magnifique dessin de Versailles exposé au Salon de 1791, les députés sont regroupés au-delà d’une ligne fictive comme sur la scène d’un théâtre, laissant ainsi au public l’illusion d’appartenir à l’autre moitié (invisible) des spectateurs de la scène. Cette théâtralité est encore relevée par la gestuelle des députés prêtant serment.

Sur la toile inachevée, la nudité suggérée sous les vêtements concourt encore à l’idéalisation de la scène à laquelle David n’assista pas, mais qu’il souhaita hisser au rang d’acte universel. Tous les regards convergent vers Bailly, maire de Paris, ébauché sur la toile au crayon blanc, comme l’ensemble des figures encore nues. C’est Bailly, doyen du tiers état, qui répond au marquis de Dreux-Brézé, émissaire du roi : Je crois que la nation assemblée ne peut pas recevoir d’ordres. Sur ces dessins à l’anatomie parfaite, héroïque, sont esquissés les habits à la peinture grise, puis les corps sont à nouveau, toujours nus, remodelés à la peinture grise ombrée de bistre.

Le grand fragment de la toile inachevée de David présente quatre portraits presque finis : Barnave, Michel Gérard, Dubois-Crancé et Mirabeau. Parmi les personnages ébauchés, on distingue Robespierre, Dom Gerle, l’abbé Grégoire, Rabaud-Saint-Étienne, le docteur Guillotin et Treilhard. Quant au grand dessin d’ensemble, même si plusieurs personnages, dont Bailly, y sont déjà reconnaissables, le livret du Salon de 1791 précisait curieusement que l’Auteur n’a pas eu l’intention de donner la ressemblance aux membres de l’Assemblée. David n’en avait pas moins commencé à peindre quelques têtes.

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1771. La Monnaie, Antoine, Huvé

1771-1775. Hôtel des Monnaies à Paris. Architectes, Antoine et Huvé

Jean-Jacques Huvé (1742-1708) travaille auprès de Jacques-Denis Antoine entre 1767 et 1773. Là encore, il est le principal collaborateur de l’architecte. Le projet est de premier ordre puisqu’il s’agit de construire le nouvel hôtel des Monnaies.

« La première pierre fut posée par l’abbé Terray le 1771. La façade sur le quai, longue de 117 m, fut achevée en 1773 et le gros œuvre, ainsi que l’essentiel du décor, en 1775. Cet édifice, très admiré, valut à Antoine d’entrer en 1776 à l’Académie royale d’architecture.

Hôtel des Monnaies, quai de Conti, Anonyme, 19ème siècle

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Huvé participe à la réalisation des plans de l’édifice, puis à la construction du bâtiment en tant qu’inspecteur des travaux..

A. Source principale de la chronique : larges extraits du résumé de la thèse de Sébastien Chaufour, Jean-Jacques Huvé, architecte. Retour à Palladio

Jean-Jacques Huvé par Suvée, 1775 (source Wikipédia)

Première partie. Les années de jeunesse et d’apprentissage (1742-1773). La jeunesse et la formation théorique

« L’entrée de Jean-Jacques Huvé dans la carrière d’architecte est étroitement liée à la protection de la famille Savalette, des fermiers généraux qui emploient le père d’Huvé comme régisseur de leur domaine de Magnanville, près de Mantes. Les Savalette permettent à Huvé de développer son talent pour le dessin et l’envoient à Paris suivre l’enseignement de l’École des Arts de Jacques-François Blondel (1705-1774).

Là, Huvé bénéficie de la meilleure formation de l’époque en architecture. Étienne-Louis Boullée (1728-1799), Richard Mique (1728-1794), Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), Alexandre-Théodore Brongniart (1739-1813) ont été les élèves de Blondel. Celui-ci a été le premier à mettre en place une institution qui rassemble toutes les disciplines permettant de former un architecte honnête homme. L’enseignement se partage entre des cours théoriques, des visites de monuments, des leçons de danse et d’escrime.

Chez Blondel, Huvé est formé au grand goût du style Louis XIV. Le maître est un partisan du classicisme de François Mansart (1598-1666) et de Claude Perrault (1613-1688). En 1763, lorsqu’il devient professeur à l’Académie royale d’architecture, Huvé le suit. L’intérêt de l’école de l’Académie ne réside pas tant dans son enseignement que dans la reconnaissance que peut apporter le succès aux concours.

Les sujets proposés s’inscrivent parfaitement dans l’actualité politique ou artistique comme la réorganisation militaire du pays ou le développement des loisirs urbains. Huvé remporte ainsi deux prix sur des projets d’établissements de bains, puis le Grand Prix, en 1770, sur un projet d’arsenal.

Rétrospectivement, l’architecte minore l’influence que Blondel a pu avoir sur lui. Il dénonce le conservatisme du vieux professeur et valorise au contraire l’enseignement de son adjoint Julien-David Leroy (1724-1803). L’auteur des Ruines des plus beaux monuments de la Grèce (1758) a régénéré l’architecture en introduisant parmi les élèves de l’Académie le goût de l’antique ».

L’apprentissage pratique

« La formation des architectes est longue et laborieuse. L’école de l’Académie réunit un vivier d’élèves particulièrement brillants. Tous concurrents, ils ne remportent le Grand Prix que tardivement.

Le travail sur les chantiers leur permet de patienter tout en leur apportant une formation pratique. Huvé débute cette formation en 1762, avant même son entrée à l’école de l’Académie. Il travaille pour le cercle d’architectes qui s’est constitué autour de Jacques-François Blondel. Les projets sur lesquels il est employé sont liés aux préoccupations architecturales de l’époque : la reconstruction de bâtiments monastiques en rapport avec la réforme des ordres, l’aménagement des places royales et des centres urbains en rapport avec l’embellissement des villes.

D’abord employé par Samson‑Nicolas Lenoir (1726-1810) au château de Pouilly-lès-Dijon, Huvé travaille de nouveau auprès de lui sur le projet de reconstruction de l’abbaye de Cîteaux, entre 1762 et 1764, puis sur celui de l’abbaye de Saint-Antoine à Paris en 1765. Dans le même temps, il est employé par l’architecte François II Franque (1709-1794) pour aménager la place du Peyrou, à Montpellier ».

Enfin, entre 1765 et 1766, Huvé est le principal collaborateur de Blondel sur les projets d’urbanisme de Metz (chroniques  du blog Histoires d’universités) et de Strasbourg (chroniques  du blog Histoires d’universités).

Jean-Jacques Huvé travaille auprès de Jacques-Denis Antoine entre 1767 et 1773.

« Là encore, il est le principal collaborateur de l’architecte. Le projet est de premier ordre puisqu’il s’agit de construire le nouvel hôtel des Monnaies. Huvé participe à la réalisation des plans de l’édifice, puis à la construction du bâtiment en tant qu’inspecteur des travaux.

Dans ses souvenirs, l’architecte insiste particulièrement sur l’importance de sa formation auprès d’Antoine. Elle lui a permis de suivre les différentes étapes de la construction d’une œuvre, d’apprendre à traiter avec les commanditaires et les entrepreneurs, de faire face aux imprévus d’un chantier.

L’influence d’Antoine se remarque très clairement chez Huvé. Le maître est issu d’une famille de maçons rompus aux règles de l’appareillage, il a donné à son élève le goût de la solidité et de la performance technique. Ses leçons se traduisent chez Huvé par une recherche d’austérité qui puisse rivaliser avec l’architecture des Anciens. Afin de suivre le chantier de la Monnaie, Huvé a repoussé son départ pour l’Académie de France. Ses fonctions ayant pris fin en 1773, il peut partir pour Rome »…

Deuxième partie. Le voyage en France et en Italie (1773-1776).

« Les maîtres de la Renaissance, au premier rang desquels Huvé place Palladio (1508-1580), doivent permettre de retourner aux principes qui guident l’architecture antique. Huvé considère Palladio comme le meilleur connaisseur de l’architecture des Anciens, et comme celui qui a su adapter leur architecture aux besoins de la vie moderne. Huvé trouve dans les œuvres de Palladio, et notamment dans ses villas, la dignité et la simplicité de l’antique qu’il recherche tant. Il les trouve également dans les temples grecs de la Sicile. Chez lui, la volonté de remonter toujours plus loin aux sources de son art est une obsession ».

Vicence, Palladio, Villa Rotonda, 1566-1571. Photos de Pierre Dubois, avril 2012

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1694-1793. Enseigner l’architecture

A. Création de l’École de l’Académie royale d’architecture (suite de la chronique : Académie Royale d’Architecture, fondée en 1671).

1694. L’Académie royale d’architecture décide d’organiser un enseignement sous la forme de leçons, programmes et de concours accordés tous les mois.

1701. Des prix et des médailles sont décernés à partir de 1701.

1720. Un grand prix de l’Académie est accordé chaque année ; c’est l’ancêtre de ce qui va devenir le prix de Rome. Le lauréat se voit octroyer une bourse pour un séjour à l’Académie de France à Rome.

Des professeurs sont institués en plus des académiciens.

Années 1740. L’école de l’Académie se voit concurrencée par les cours particuliers qu’organisent certains architectes chez eux. C’est le cas de Jean-Laurent Legeay ou encore de Jacques-François Blondel qui, en créant une école indépendante, l’École des arts, parvient à monopoliser avec ses élèves la plupart des grands prix de l’Académie.

À la Révolution, la Convention nationale décide de confier l’enseignement de l’architecture à l’École polytechnique, avec comme professeur Jean-Nicolas-Louis Durand. L’enseignement est ensuite progressivement reconstitué au sein de la nouvelle école des beaux-arts.

B. 1743. Création de l’école des Arts par Jacques-François Blondel. Source : extraits de Wikipédia. Une première fois refusé par l’Académie royale d’architecture, il compense en ouvrant une école privée d’architecture, qui fermera deux fois, puis rouvrira (1747 et 1754) avant d’être mise en faillite en 1754. Elle rouvrira en 1755 et son enseignement est élogieusement cité comme étant dans la continuation des anciens… L’école ne fermera définitivement qu’à partir du moment où Blondel est, enfin, professeur de l’Académie (soit fin 1761).

  • Suivant le récit de Pierre Patte : Avant 1740, il n’y avoit pas d’École à Paris où un jeune Architecte pût se former, & apprendre tout ce qu’il lui importoit de savoir, le Dessin de l’Architecture, de l’Ornement & de la Figure, la Perspective, les Mathématiques, la Coupe des Pierres, le Toisé, & enfin tous les détails qui concernent la construction des bâtimens. Il falloit qu’il se transportât successivement chez différents Maîtres pour s’instruire de chacun de ces objets, ce qui allongeoit beaucoup ses études, & faisoit, qu’après l’exercice du dessin, il négligeoit le plus souvent tout le reste. Ce furent ces réflexions qui engagerent M. Blondel à former une École des Arts…  Avertissement à la publication du tome V du Cours d’Architecture de J-F. Blondel, Paris, 1777.

Cours d’architecture, ou Traité de la décoration, distribution et construction des bâtiments : contenant les leçons données en 1750 et les années suivantes. Tome 1

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1755. Enfin reçu à l’Académie royale d’architecture , Jacques-François Blondel deviendra le professeur de l’École de l’Académie en 1762, succédant à l’architecte Louis-Adam Loriot. Cette reconnaissance institutionnelle lui ouvre les portes de la commande publique : aménagements à Metz des abords de la cathédrale (chroniques du blog), plans d’aménagement de la ville de Strasbourg (chroniques du blog).

Le rédacteur de l’article de Wikipédia n’est pas particulièrement tendre pour l’enseignement de Jacques-François Blondel.

  • « Il souhaitait moderniser l’enseignement de l’architecture, le moins qu’on puisse dire est que ses références sont pour le moins archaïques. Son architecte de référence est François Mansart, mais rien n’est dit, par exemple, à propos des architectes contemporains, comme Jacques-Germain Soufflot dont les projets et travaux pour l’église Sainte-Geneviève (futur Panthéon) sont contemporains de son professorat. De même, rien n’est dit sur Laugier. Il est un autre moyen d’arriver à l’excellent ; il consiste à remonter à la source, en imitant François Mansart, en étonnant comme Perrault, en créant comme Jules Hardouin-Mansart, en plaisant comme Bullet, & non en affectant le faste des ornements arabes ou égyptiens, & une similitude de membres d’Architecture, souvent si peu faits pour aller ensemble. S’ils parviennent à goûter ces vérités, ils se persuaderont bientôt, qu’on peut faire encore, sinon du neuf, du moins des productions très-estimables. On ajoutera à cette collection certes tout à fait respectable, mais, encore une fois, un peu datée, François Blondel, Germain Boffrand et Libéral Bruant. Autrement résumé, Blondel arrête son corpus de référence, tant théorique qu’édificiel, en 1730. C’est d’ailleurs une des choses que lui reprochera son élève le plus connu, Claude Nicolas Ledoux, dans les pages centrales de L’Architecture considérée…

C. Laure Chabanne, L’École des arts de Jacques-François Blondel ou l’invention d’une pédagogie, vidéo Youtube, 1 heure 41′ 24 mai 2018.

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Mme Roland, guillotinée à 39 ans

8 novembre 1793. Manon Roland (1754-1793) est guillotinée à l’âge 39 ans.

Sources.

A. Biographie 1791-1793. « Acquise aux idées des Lumières, Manon Roland (1754-1793) écrit des articles politiques pour le Courrier de Lyon.

1791. La Révolution, qui l’enflamme d’un ardent patriotisme, lui donne l’occasion de mettre un terme à sa vie terne et monotone. En raison de l’ascension politique du mari, le couple s’installe à Paris en décembre 1791 à l’hôtel Britannique. Enthousiasmée par le mouvement qui se développe, elle se jette avec passion dans l’arène politique ».

L’égérie des Girondins

« Manon Roland décide d’accueillir dans son salon de nombreux hommes politiques influents, dont Brissot, Pétion, Robespierre« .

Cliquer sur les images pour les agrandir (source : Gallica Bnf in Wikipédia)

1792. « Grâce à ses relations au sein de la Gironde, Jean-Marie Roland (1734-1793) devient ministre de l’Intérieur le 23 mars. Dès lors, dans l’hôtel ministériel de la rue Neuve-des-Petits-Champs, Manon Roland devint l’égérie du parti girondin. Barbaroux, Brissot, Louvet, Pétion, et aussi Buzot auquel la lie une passion partagée, assistent aux dîners qu’elle offre deux fois par semaine. Manon Roland, cependant, reste fidèle à son mari, ce vénérable vieillard qu’elle chérit comme un père« .

« À ses côtés, elle joue, au ministère de l’Intérieur, un rôle essentiel, rédigeant notamment la lettre dans laquelle Roland demande au roi de revenir sur son veto, lettre qui provoque son renvoi le 13 juin 1792. Lorsque son mari retrouve son portefeuille après la prise des Tuileries, le 10 août, Manon Roland dirige plus que jamais ses bureaux.

Après les massacres de Septembre, elle voue à Danton une haine féroce. Dans une lettre en date du 9 septembre, elle écrit sans illusions : Danton conduit tout ; Robespierre est son mannequin, Marat tient sa torche et son poignard ; ce farouche tribun règne et nous ne sommes que des opprimés, en attendant que nous tombions ses victimes. Danton lui réplique : Nous avons besoin de ministres qui voient par d’autres yeux que ceux de leur femme. Manon Roland, dès lors, devient furieuse. Les Montagnards multiplient les attaques contre les Girondins, en particulier contre Roland.

1793. Lassé des attaques, le ministre de l’Intérieur démissionne le 23 janvier 1793. Son épouse et lui s’éloignèrent du pouvoir, sans renoncer à jouer dans l’ombre, un rôle politique ».

La prison, le procès, l’exécution

« Le 31 mai 1793, lors de la proscription des Girondins, elle ne fuit pas, comme elle aurait pu le faire et comme le font, entre autres, son mari et Buzot. Son époux s’échappe vers Rouen, mais Manon Roland se laisse arrêter le 1er juin 1793 à son domicile ; elle est incarcérée dans la prison de l’Abbaye. Elle ressent son arrestation comme un soulagement qu’elle décrit à Buzot dans une de ces pages de la correspondance passionnée et déchirante qu’ils échangent alors : Je chéris ces fers où il m’est libre de t’aimer sans partage. Relâchée le 24 juin, pendant une heure, elle est à nouveau arrêtée et placée à Sainte-Pélagie puis transférée à la Conciergerie où elle reste cinq mois.

En prison, certains privilèges lui sont accordés. Elle peut ainsi avoir de quoi écrire et recevoir des visites occasionnelles de ses amis. C’est à la Conciergerie qu’elle écrit son Appel à l’impartiale postérité, mémoires destinés à sa fille Eudora.

Elle est jugée le 8 novembre 1793. Tout de blanc vêtue, elle se présente devant le Tribunal révolutionnaire. La sentence est mise à exécution le soir même, en même temps qu’un autre condamné, Simon-François Lamarche, ancien directeur de la fabrication des assignats ».

« Quand la charrette arriva devant Saint-Roch, des forcenés les accablèrent d’injures, leur montrant le poing et criant : À la guillotine ! La charrette s’arrêta au pied de l’échafaud à 5 heures et quart. Elle est exécutée ».

Les Mémoires de Mme Roland (1793)

« Ils se situent à la croisée du public et du privé, de l’Histoire et de l’intime. Elle les a rédigés lors de son incarcération à la prison de l’Abbaye en 1793. Ils sont divisés en deux parties très ­distinctes : d’une part des Mémoires proprement historiques (Notices historiques, Interrogatoire de Mme Roland, Portraits et anecdotes, Brissot, Danton, Premier ministère, Second ministère, Seconde Arrestation, Anecdotes) ; d’autre part des Mémoires particuliers qui sont une chronique de la vie privée de la moyenne bourgeoisie parisienne entre 1760 et 1780, et fournissent un document socio-historique précieux sur la sensibilité, les mœurs, les idées et le goût à la fin de l’Ancien Régime, tout en permettant d’entrer dans l’intimité de la jeune Marie-Jeanne dite Manon Philipon ».

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La salonnière et les philosophes

Source des extraits cités dans la chronique : Cécile Berly, Trois femmes, Madame du Deffand, Madame Roland, Madame Vigée Le Brun, Passés composés, 2020.

La salonnière et épistolière Madame du Deffand (1696-1780) n’aime ni les Encyclopédistes, ni l’Encyclopédie, « un ouvrage ennuyeux à en mourir« .

« Le 18ème siècle est le siècle de l’écriture de soi. La salonnière Madame du Deffand écrit ainsi pour fuir son ennui, véritable maladie de l’âme. Baignée de culture aristocratique, mondaine, elle incarne la société d’Ancien Régime dans ce qu’elle a de plus frivole, de plus mélancolique aussi.

Source : Projet Voltaire, les salons littéraires. Cliquer sur les images pour les agrandir

Page 29. 1747, après un séjour à Forges les Eaux, Madame du Deffand retrouve Paris et le Président Hénault. Au fil du temps, les deux amants deviennent amis. L ‘appartement qu’elle occupe est bien trop petit pour accueillir une société nombreuse mais choisie. Hénault l’aide financièrement et par ses conseils pour choisir le lieu idéal afin d’y tenir salon. Ce sera un appartement loué au couvent Saint-Joseph, situé rue Saint-Dominique, autrefois occupé par Madame de Montespan.

Madame du Deffand est âgée de 50 ans et est en train de perdre la vue. L’hôtesse de la rue Saint-Dominique est considérée comme une figure exemplaire de ce qu’est le bel esprit à la française« …

Pages 42-44. « Julie de Lespinasse se rapproche de Jean Le Rond d’Alembert. Tous deux sont des enfants abandonnés, des adultes blessés, fréquentant les élites. Julie l’admire profondément. A la fin novembre 1754, il est enfin élu à l’Académie française. Cette élection marque le triomphe de Madame du Deffand, qui a tant œuvré pour défendre celui qu’elle considère comme son protégé et ami.

Dans les salons parisiens, la présence des philosophes est devenue commune. Ils ont besoin de la protection, y compris financière, des élites. Chez la marquise, d’Alembert introduit ses amis philosophes et pousse l’audace jusqu’à lire des articles rédigés pour l’Encyclopédie. Les nouveautés philosophiques amusent Madame du Deffand. Elles la distraient de son ennui mais ne la convainquent pas.

Elle finît même par prendre ses distances avec ces penseurs qui font de la raison pure l’unique moyen pour accéder à la connaissance. Et c’est là que la marquise exercé, quand elle converse ou quand elle écrit, toute l’indépendance de son esprit. Si elle partage le scepticisme matérialiste de nombreux philosophes, elle dénonce, dans le même temps, leur arrogance. Non, ils ne sont pas les seuls tenants de la lumière.

Elle se montre très intéressée par une approche sensualiste, développée par Condillac ; pour elle, il n’y a rien en dehors des sens.

En revanche, elle ne supporte pas le discours messianique de ces nouveaux penseurs. Non, la nature n’est pas au-dessus de tout. D’ailleurs, la nature ne l’intéresse absolument pas et elle juge bien bête un naturaliste comme Buffon qui se consacre, pour l’essentiel, à l’étude de la terre et des animaux.

Elle s’oppose à l’idée que le bonheur terrestre dépend de la fin des superstitions, elle qui n’a pourtant aucune foi religieuse. Elle envie même les croyants, car leurs pratiques de dévotion les sauvent peut-être de l’ennui. Avec les philosophes, elle n’hésitera pas à se quereller. Pire, à ses yeux morts, l’Encyclopédie est un ouvrage ennuyeux à en mourir.

Source : Wikipédia et Bibliothèque interuniversitaire de santé

Madame Du Deffand ne peut s’entendre avec Diderot, comme elle l’écrit à son complice d’Alembert. Avec Rousseau, l’antipathie est réciproque, sévère et implacable… Dans la querelle qui l’oppose à Voltaire, il sait pertinemment quelle est la position, tranchée de la salonnière.

Rousseau écrira dans ses célèbres Confessions : j’avais d’abord commencé par m’intéresser fort à Madame du Deffand que la perte de ses yeux faisait aux miens un objet de commisération ; mais sa manière de vivre, si contraire à la mienne que l’heure du lever de l’un était presque celle du coucher de l’autre, sa passion sans bornes pour le petit bel esprit, l’importance qu’elle donnait, soit en bien soit en mal, aux moindres torche-culs qui paraissaient , le despotisme et l’emportement de ses oracles, son engouement outré pour ou contre toutes choses, qui ne lui permettait de parler de rien qu’avec des convulsions, ses préjugés incroyables, son invincible obstination, l’enthousiasme de déraison où la portait l’opiniâtreté de ses jugements passionnés, tout cela me rebuta bientôt des soins que je voulais lui rendre.

Je la négligeai ; elle s’en aperçut ; ce fut assez pour la mettre en fureur ; et quoique je sentisse assez combien une femme de ce caractère pouvait être à craindre, j’aimai mieux encore m’exposer au fléau de sa haine qu’à celui de son amitié« …

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Camille Brès : Coloration Maison

Site de l’artiste : à propos. Peintures. Textes. Expositions. Contact.

« La Galerie Ariane C-Y a présenté en décembre 2020 six œuvres de Camille Brès, marquant l’entrée de l’artiste à la galerie. Ce printemps, une plus large sélection regroupe principalement des gouaches peintes entre 2018 et 2021.

En 2018, l’artiste opère un changement dans sa pratique en passant de la peinture à l’huile sur toile à la gouache sur papier. Ce medium lui impose de nouvelles contraintes : maîtrise de la charge en eau, des craquelures, reprises différentes de celles autorisées par l’huile… C’est toute une technique que l’artiste s’approprie au fil des mois. L’exigence de la gouache affirme son style. Une palette vive, de larges aplats vibrants, une touche lisse, des compositions rigoureuses, une place laissée par endroit au motif : tout ceci constitue les lignes de force du style de Camille Brès.

Il y a quelques mois, la peintre opère le mouvement inverse et reprend la pratique de l’huile sur toile. Coloration maison est l’une des premières huiles de cette nouvelle génération. Elle donne son nom à l’exposition. La coloration ou l’action par laquelle un corps devient coloré (Littré) résume en un mot la peinture. Celle de Camille Brès est « maison», à la fois intime et profondément révélatrice de notre époque ».

2020. Retour en vidéo (3’27) sur la fresque participative réalisée à l’entrée du 2b rue de Brantôme au Neuhof à strasbourg,  avec Sherley Freundenreich et Camille Brès, en partenariat étroit avec l’Agate Neuhof et Ophéa la semaine du 22 juin 2020.

2017. Chronique du blog Histoires d’universités : Galeristes, peintres, critiques d’art. Camille Brès ou les perspectives quotidiennes, Galerie Jean-François Kaiser, Strasbourg

2013. J’ai découvert Camille Bres dans son atelier du Bastion 14 à Strasbourg. Un coup de cœur pour une de ses premières peintures, La boxe. Je l’ai achetée. C’était la première fois de ma vie que j’acquérais une toile d’un « vrai peintre ». Aider une jeune diplômée de l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg (devenue aujourd’hui HEAR)… Mécène d’un instant ! Mécène, un métier incontournable dans le marché de l’Art.

2015. Je suis retourné aux Ateliers ouverts du Bastion 14. En 2015, Camille commençait sa série intitulée les Plateaux. Des grands tableaux. J’ai adoré celui de droite en particulier.

2016. Nouvelle visite au Bastion 14 (chronique du blog et photos). En parallèle à la série Plateaux, Camille peint également une autre série en format plus petit : Lavabos. Marché de l’art et taille des appartements obligent !

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Vigée Le Brun, 30 ans en 1785

Élisabeth Vigée Le Brun, 30 ans en 1785. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Née en 1755 à Paris et morte dans la même ville en 1842, Élisabeth Vigée Le Brun est considérée comme une grande portraitiste de son temps. Fervente royaliste, elle sera successivement peintre de la cour de France, de Marie-Antoinette et de Louis XVI, du Royaume de Naples, de la Cour de l’empereur de Vienne, de l’empereur de Russie et de la Restauration. La Révolution la fera émigrer dès octobre 1789.

Elle a été comparée à Quentin de La Tour ou Jean-Baptiste Greuze. Le démarrage de sa carrière a été fulgurant. La majorité de son œuvre, 660 sur 900 tableaux, est composée de portraits.

1767 (elle a 12 ans). Son père, Louis Vigée, pastelliste et membre de l’Académie de Saint-Luc, fut son premier professeur. Après le décès de ce dernier en 1767, c’est un autre peintre, Gabriel-François Doyen qui l’encourage à persévérer dans le pastel et dans l’huile ; conseil qu’elle suivra.

1769 (14 ans). Elle se rend chez le peintre Gabriel Briard, membre de l’Académie royale de peinture. Au Louvre, elle fait la connaissance de Joseph Vernet, artiste célèbre dans toute l’Europe. Elle peint de nombreuses copies d’après les maîtres. Elle va admirer les chefs-d’œuvre du palais du Luxembourg. De plus, la renommée de ces peintres lui ouvre toutes les portes des collections d’art privées princières et aristocratiques. Elle écrit : on pouvait exactement me comparer à l’abeille, tant j’y récoltais de connaissances

1770 (15 ans). Elle peint son premier tableau reconnu, un portrait de sa mère, Madame Le Sèvre, née Jeanne Maissin« . Les yeux de la mère disent son étonnement, sa fierté, et peut-être sa peur. Que deviendras-tu, ma fille, quand tu auras 20 ans ?

Source des tableaux : Wikipédia. Cliquer sur les images pour les agrandir

1773 (18 ans). « Élisabeth dit avoir peint vingt sept tableaux, l’année de ces 18 ans. Une peinture toutes les deux semaines !

1774 (19 ans). Ayant à son âge peu d’espoir d’intégrer l’Académie royale de peinture et de sculpture, institution prestigieuse mais conservatrice, elle présente plusieurs de ses tableaux à l’Académie de Saint-Luc. Elle en devient officiellement membre le 25 octobre 1774.

1776 (21 ans). Elle épouse dans l’intimité Jean-Baptiste-Pierre Lebrun qui exerce les professions de marchand et restaurateur de tableaux, d’antiquaire et de peintre. Libertin et joueur, il a mauvaise réputation, et le mariage est formellement déconseillé à la jeune artiste.

Elle reçoit sa première commande de la Cour du comte de Provence, le frère du roi puis, le 30 novembre, elle est admise à travailler pour la Cour de Louis XVI.

1778 (23 ans). Elle devient peintre officielle de la reine et est donc appelée pour réaliser le premier portrait de Marie-Antoinette d’après nature. Portraits de la reine.

1780 (25 ans). Elle donne naissance à sa fille Jeanne-Julie-Louise, qui sera le sujet de nombreux portraits.

1781 (26 ans). Elle voyage à Bruxelles avec son mari pour assister et acheter à la vente de la collection du défunt gouverneur Charles-Alexandre de Lorraine.

1782 (27 ans). Inspirée par Rubens qu’elle admire, elle peint son Autoportrait au chapeau de paille« .

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Casanova, 30 ans en 1755

Giacomo Casanova (1725 – 1798). Bourreau des cœurs , par Pénélope Pélissier, Hérodote.net, avril 2021.

Extraits de la 1ère partie de l’article. « De tous les libertins de l’Ancien Régime, Giacomo Casanova est le plus célèbre. C’est au point que son nom est devenu un mot commun pour désigner un séducteur à la fois aimable et troublant. Sa vie exubérante, sa curiosité et ses talents ne sauraient cependant se réduire à ce cliché.

Giacomo Girolamo Casanova est né le 2 avril 1725 à Venise dans une famille de comédiens. Il est élevé par sa grand-mère dans un milieu de femmes et reçoit une éducation soignée.

Le jeune homme mène ses études avec sérieux. Il se consacre au droit et à la théologie de 1735 à 1742, obtient son doctorat à l’université de Padoue et se prépare à devenir abbé : il prononce ses vœux et officie à l’église San Samuele.

Après en avoir été chassé pour cause d’ivresse, il profite de la protection du sénateur Malipiero et du cardinal Acquaviva pour continuer à prêcher à Venise, Naples et Rome. Ses aventures féminines sont alors mises au grand jour ; il doit abandonner ses habits de prêtre pour se tourner vers une autre voie : celle d’aventurier ».

Casanova par Francesco Narici (source Wikipédia). Cliquer sur l’image pour l’agrandir

« Dès lors, Casanova enchaîne les petits boulots à travers le monde : marin, violoniste, (faux) guérisseur, il reçoit l’appui de la famille Grimani. Il joue beaucoup aux casinos et a des aventures avec de nombreuses femmes, 142 selon ses dires.

Contrairement à l’image laissée par le personnage de Don Juan, Casanova n’est pas un cynique ou un dominant. Chaque conquête renouvelle son désir et sa passion. Chaque rupture est ressentie comme un échec. Sans doute est-ce qui lui vaut d’être apprécié par les soubrettes comme par les princesses »… 

Lire aussi l’article de Wikipédia. Giacomo Girolamo Casanova

« Né le 1725 à Venise et mort le juin 1798 à Dux en Bohême. Aventurier, il est tour à tour violoniste, écrivain, magicien (dans l’unique but d’escroquer Madame d’Urfé), espion, diplomate, puis bibliothécaire, mais revendique toujours sa qualité de Vénitien »…

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L’industrie du nourrisson parisien

Nourrices (XVIIIe – XIXe siècle). L’industrie du nourrisson parisien

Pour lire l’article de Christian de la Hubaudière, s’abonner à Hérodote.net, Le media de l’Histoire (20 euros par an).

« Au XVIIIe et XIXe siècles, les nouveau-nés de la bourgeoisie citadine ne vivent pas avec leurs parents mais avec leur nourrice, à la campagne. Ces séjours peuvent se prolonger jusqu’à l’âge de deux ans, lors du sevrage. Ce phénomène prend une telle ampleur qu’il va déboucher sur une pratique professionnelle que l’administration royale devra réglementer.

Cette pratique sociale a eu un impact économique considérable par ses flux financiers entre milieux urbains et ruraux. Une contribution méconnue mais bien réelle à l’unification économique du pays ».

Lire également le roman de Christian de la Hubaudière Au Sein de Paris narrant l’histoire exemplaire de Marguerite, nourrice normande, de 1743 à 1791, année de sa mort.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

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