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De Rohan n°1, 30 ans en 1704

Armand Gaston Maximilien de Rohan-Soubise (30 ans en 1704) est le premier des quatre Rohan qui se sont succédé au 18ème siècle comme princes évêques de Strasbourg. Trois parties dans cette chronique du blog.

  • A. Anne Julie de Rohan-Chabot, la mère d’Armand Gaston (page 1).
  • B. La carrière exceptionnelle du jeune Armand Gaston de Rohan-Soubise ; discours lors de son élection à l’Académie française en 1703 (page 2).
  • C. Armand Gaston de Rohan-Soubise succède à Guillaume-Egon de Fürstenberg comme prince-évêque de Strasbourg en 1704, à l’âge de 30 ans (page 3).
Hôtel des Rohan à Soubise. Photo de Pierre Dubois (2015)

A. 1674. Naissance à Paris. Source des citations : Wikipédia

  • Anne Julie de Rohan-Chabot (1648-1709). « En 1663, alors qu’elle n’est âgée que de quinze ans, elle épouse le lieutenant général François de Rohan. Elle transmet son titre à son époux. Le couple portera le titre de Prince et Princesse de Soubise à partir de mars 1667, après l’élévation de Soubise au rang de principauté par lettres patentes du Roi Louis XIV.
Louis XIV, Musée des Arts décoratifs, Palais Rohan, Strasbourg
  • La mère du futur cardinal de Rohan reçoit une excellente éducation pour l’époque. Elle jouit à l’époque d’une grande beauté, avec des cheveux roux, un teint pâle et frais et des yeux en amande.
  • En 1669, Anne devient un temps la maîtresse de Louis XIV, lorsque ce dernier séjourne au château de Chambord.
  • En janvier 1674, Anne devient Dame du palais auprès de la Reine Marie-Thérèse d’Autriche. Il était alors de notoriété générale qu’Anne et le roi étaient amants. Elle donnera naissance à Armand-Gaston-Maximilien de Rohan, dont on pense qu’il est le fils illégitime de Louis XIV et non pas celui de Monsieur de Soubise, mais que ce dernier a cependant reconnu. Si rien ne fut prouvé, Louis XIV n’en alloua pas moins une forte somme d’argent au mari complaisant, « en considération de ses services ». Dans les portraits de l’époque, la ressemblance entre Armand et le roi est manifeste. Le mari d’Anne devint rapidement riche.
  • Les relations du couple illégitime prennent fin en 1675 après avoir duré pendant pas moins de six ans ».

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1704. Fürstenberg, prince-évêque

Guillaume-Egon de Fürstenberg (Wilhelm Egon, Fürst von Fürstenberg-Heiligenberg), dit le Cardinal de Fürstenberg, né le 2 décembre 1629 à Heiligenberg (aujourd’hui dans le Bas-Rhin), et mort à Paris le 10 avril 1704), 88e évêque de Strasbourg de 1682 à 1704.

Guillaume-Egon de Fürstenberg a 19 ans à la fin de la guerre de 30 ans (1618-1648). Sa carrière, étonnante car en dents de scie, suit les péripéties de l’évolution du contexte politique et religieux (germanophone et francophone : un atout important).

  • Suite aux Traités de Westphalie (1648), l’Alsace est réunie au Royaume de France. En 1681, Strasbourg est annexée, la cathédrale rendue à la religion catholique et Guillaume de Fürstenberg en devient le prince-évêque (1682-1688)
  • entre temps, il avait été élu évêque de Metz (1663), élection refusée par le Pape.
  • il était intervenu dans la Guerre de Hollande et avait été fait prisonnier à Cologne et transféré en prison à Vienne (1674).
  • il devient cardinal en 1686.
  • en 1688, Louis XIV veut l’imposer comme prince-évêque de Cologne, mais le roi-soleil échoue après avoir été vaincu à la fin de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg (1697).
  • prince-évêque catholique de Strasbourg, puis cardinal, il termine sa carrière en beauté : il est nommé abbé de Saint-Germain-des-Près (1697-1704) et en tire de des revenus supplémentaires. Une rue du quartier porte encore aujourd’hui son nom.

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1722 (25 octobre). Sacre de Louis XV

Le jeune Louis XV est sacré et couronné à Reims le 25 octobre 1722. Il atteint sa majorité (13 ans) l’année suivante et est déclaré majeur lors du lit de justice du 22 février 1723. Celui-ci met fin à la Régence du duc d’Orléans. Louis XV gouverne désormais personnellement, prend la tête du Grand Conseil.

Le déplacement du Roi, pour son sacre à Reims, dura près d’un mois (16 octobre  – 8 novembre 1722).

Album de dix photos (photographies de la cathédrale de Reims et de l’abbatiale de Saint-Remi par Pierre Dubois).

Sources.  1. Jean-Christian Petitfils, Louis XV, Perrin, 2014, pp. 100-107. 2. Le Sacre de Louis XV, Roy de France et de Navarre, dans l’Église de Reims, le Dimanche XXV Octobre MDCCXXII, Collections de gravures numérisées de la bibliothèque de l’INHA.

Départ de Versailles le 16 octobre 1722, première nuit passée aux Tuileries à Paris, puis deux étapes, la première à Villers-Cotterêts (domaine privé du Régent), la seconde à Soissons (visite de deux abbayes), puis direction Fismes pour l’arrivée à Reims en début d’après-midi le 22 octobre. 

Le prince de Rohan, gouverneur de Champagne, était allé à sa rencontre, accompagné des édiles municipaux, pour lui remettre les clés de la ville. Le roi traversa la ville en fête, au milieu d’une foule nombreuse, gagna la cathédrale où l’attendait l’archevêque duc de Reims, Monseigneur de Rohan. Les deux bourdons sonnaient à pleines volées. Un Te Deum fut chanté. Le lendemain, plusieurs messes à Saint-Nicaise, puis à Saint-Pierre aux Nonnains.

Dimanche 25 octobre, cérémonie du sacre dans la cathédrale : les serments, l’onction, le couronnement. Un sacre de pas moins de six heures. « Antique rituel à valeur hautement symbolique, l’émouvante cérémonie du sacre était un acte politique et religieux qui consacrait le mariage du roi et de la France. Au fil des ans, le rituel avait évolué, de même que sa signification. Conçue au début pour soumettre le pouvoir royal au contrôle ecclésiastique, cette cérémonie se transforma à partir de Louis XIII et Louis XIV en acte sacralisant l’autorité légitime et accroissant la puissance de l’État. Le roi devenait lors du sacre l’Oint du Seigneur, le représentant de Dieu sur terre, investi par le Ciel pour régner en maître absolu sur ses sujets soumis et adulateurs. Les conséquences de la théorie du droit divin étaient redoutables : désobéir au roi revenait, en principe, à commettre un sacrilège ».

Puis festin au Palais du Tau. « Louis mangea seul à une table, placée sur une estrade surmontée d’un dais. On y avait placé sur des coussins, la couronne de Charlemagne, le sceptre et la main de justice ».

26 octobre, Cavalcade traditionnelle à l’abbaye de Saint-Rémi : Louis XV put y contempler la sainte ampoule. Il y retourna le 29 pour y toucher et guérir les écrouelles de quelque 2000 scrofuleux. 700 prisonniers furent libérés et crièrent « Vive le Roi ».

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« En rentrant à Paris, le Régent retint le roi deux jours dans sa propriété de Villers-Cotterêts pour le régaler de fêtes, d’illuminations, de collations, d’une battue au sanglier, d’une foire, de manèges et de loteries dans le parc. On y aurait débouché 80 000 bouteilles de vin. A Chantilly, le duc de Bourbon offrit une nouvelle débauche de divertissements, chasse au cerf, pêche dans l‘étang, collations, buffets avec leurs pyramides de friandises, concert, comédie, feu d’artifice ».

Dimanche 8 novembre, « Louis rentre à Paris, après s’être incliné devant la châsse de Saint-Louis et la sépulture de Louis XIV en l’église abbatiale de Saint-Denis. Il reçut un accueil délirant dans la capitale ».

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Erasmus + au service des doctorants

Université Paris Saclay, Newsletter, mai 2020

Graduate Spirit : Un projet Erasmus+ au service des doctorants

« Ce projet qui favorise la collaboration des écoles doctorales est un excellent exemple de l’apport des projets de coopération européens financés par Erasmus+. Jacques Pothier, Professeur émérite au Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaines de l’Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, engagé dans ce projet,  nous livre les résultats.

Depuis deux ans et demi l’école doctorale n°578 (SHS) est associée à huit autres ED européennes de sciences humaines et sociales de sept pays différents. Ensemble, ils ont monté un projet de partenariat Stratégique  « Graduate Spirit »  visant à échanger et promouvoir les bonnes pratiques en matière de formation doctorale sous l’angle de l’internationalisation, de l’interdisciplinarité et de l’intersectorialité.

Après un inventaire des organisations et pratiques diverses des écoles et collèges doctoraux et une exploration critique de la littérature sur le sujet, le consortium a lancé un site web www.gradspirit.eu . Il s’est agi d’abord de dresser et mettre en ligne une boîte à outils de « tips and tricks » et d’en dégager les meilleures idées.

Vient maintenant le temps des innovations:

  • d’un avis commun, la formation à l’encadrement des recherches est apparue comme la piste d’amélioration la plus prometteuse. Elle rejoint les efforts du Collège Doctoral dans ce sens. Une nouvelle formation, en association avec l’ABG, est d’ailleurs proposée les 21, 22, 23 avril

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1661-1711. Louis de France

Source 1. Citations de Wikipédia. 1661-1711. Louis de France, Monseigneur, le Grand Dauphin, fils de Louis XIV.

Enfance. Louis de France, fils aîné de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche, naquit le 1er novembre 1661 au château de Fontainebleau. Le 5 juin 1662, un grand carrousel est donné en l’honneur de sa naissance devant le Palais des Tuileries.  Il est baptisé dans la religion catholique avec pour parrain le pape Clément IX et pour marraine la reine mère d’Angleterre Henriette de France. Jusqu’à 7 ans, il eut pour gouvernante Madame de la Motte.

Éducation et jeunesse de l’héritier du trône. Il eut pour gouverneur le très sévère duc de Montausier, et pour précepteur l’évêque de Condom, puis de Meaux, Jacques-Bénigne Bossuet.

  • « L’Histoire de Charles IX que Bossuet fit rédiger au Dauphin, dans le cadre d’un Abrégé de l’Histoire de France relatant soixante-quatorze règnes. Les fragments conservés illustrent la manière dont Bossuet faisait travailler son élève : de chaque épisode historique était tirée une maxime avec rapprochement d’évènements contemporains. Les ratures, erreurs, confusions grammaticales et fautes d’orthographe prouvent que le Dauphin avait des difficultés à se concentrer et à suivre, voire à comprendre parfaitement les leçons de Bossuet » (Jean-Pierre Maget).

Ses précepteurs lui transmettent le goût des antiquités (médailles, inscriptions, sculpture).

Monseigneur semble se tenir à l’écart des affaires politiques mais se montre enthousiaste dans son rôle militaire. Opposé à la révocation de l’édit de Nantes (1685), il se signala par sa bravoure au combat, notamment pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg (de 1688 à 1697).

  • « En 1688 [Monseigneur a 27 ans)], Louis XIV lui confia le commandement de l’armée du Rhin. Le Dauphin s’y montra fin stratège au point, en quelques jours, de faire capituler les places fortes de Philippsbourg, Mannheim et Frankenthal. La grande réputation qu’il s’acquit après ses rapides victoires, incita le roi à ne plus lui confier aucun commandement de crainte, semble-t-il, que le renom de son fils n’entachât sa propre réputation » (Jean-Pierre Maget)

Le 6 septembre 1690, le Grand Dauphin loge à Sélestat en cette maison.

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1715. Louis XV a 5 ans

Suite des chroniques du blog sur le 18ème siècle en France et en Europe.

Louis XIV meurt le 1er septembre 1715, à l’âge de 77 ans. Quand le Roi Soleil meurt, son arrière-petit-fils, le duc d’Anjou, a 5 ans et demi (il est né le 15 février 1710 et il n’est pas alors le dauphin). L’arbre généalogique ci-dessous montre qu’en 1710 son accès à la royauté – sous le nom de Louis XV – est même fort improbable.

Plusieurs héritiers ont en effet la priorité sur lui et sont encore bien vivants à cette date : un fils de Louis XIV (Monseigneur le Grand Dauphin, âgé de 49 ans) ; trois petits fils du même Louis XIV (Louis, duc de Bourgogne, âgé de 28 ans, Philippe, futur roi d’Espagne, âgé de 27 ans, Charles, duc de Berry, âgé de 25 ans) ; et même un arrière petit-fils de Louis XIV, Louis, second duc de Bretagne, âgé de 3 ans.

En 4 ans (de 1711 à 1714), tous les successeurs potentiels meurent. La voie est « dégagée » pour le futur Louis XV, mais il n’est évidemment pas responsable de cette hécatombe. Mais certains proches parents seront soupçonnés – à tort – d’empoisonnement.

Dans cette hécatombe, les causes de mort furent diverses, sachant que le dernier né de Marie-Adélaïde de Savoie et de Louis, duc de Bourgogne, a failli mourir lors de sa naissance. La mortalité infantile demeure importante au 18ème siècle.

in François Bluche, Louis XV, Perrin, Tempus, page 15

Louis XIV meurt « d’une ischémie aiguë du membre inférieur, causée par une embolie liée à une arythmie complète, compliquée de gangrène«  (Wikipédia).

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ParcourSup. 6 500 dossiers hackés

Faïza Zerouala et Jérôme Hourdeaux, Parcoursup. 6 500 dossiers confidentiels d’élèves ont été diffusés sur Internet, Médiapart, 19 mai 2020.

Ce n’est pas comme si la Cour des comptes n’avait pas prévenu (chronique du Blog : ParcourSup épinglé par la Cour)

  • « Le dispositif présente ainsi un risque de rupture de service. Il n’est pas non plus à l’abri d’une intrusion comme en témoigne un autre audit de sécurité du code source, réalisé en juillet 2018 à la demande du ministère, et qui souligne un risque de sécurité très élevé pour l’application ».

Introduction de l’article de Médiapart. « Plusieurs milliers de lycéens candidats à une classe préparatoire au lycée Janson-de-Sailly, à Paris, ont vu leur dossier pour Parcoursup fuiter, selon nos informations. Toutes leurs données confidentielles ont été visibles par des tiers.

Près de 950 000 élèves de terminale, étudiants en réorientation et reprise d’études ont découvert mardi s’ils étaient admis, refusés ou en attente d’une place dans l’enseignement supérieur – c’est la première phase de Parcoursup qui démarre.

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Qu’avez-vous fait Mme la Présidente?

A propos des examens en ligne et de l’égalité de traitement entre les candidats. Chroniques du blog sur l’adaptation des modalités de contrôle des connaissances durant le confinement.

Lettre ouverte de Gildas Loirand, enseignant-chercheur, à Madame Sylvie Retailleau, Présidente de l’Université Paris-Saclay, à la suite de la suspension du professeur Jean-Pierre Dubois au motif de graves manquements à ses obligations d’universitaire fonctionnaire (7 pages).

Extraits de la Lettre de 7 pages.

« Par une décision en date du 13 mai 2020, vous avez pris le parti de prononcer à titre conservatoire une suspension de toute activité professionnelle à l’encontre du Professeur Jean-Pierre Dubois, spécialiste de droit constitutionnel, au motif de graves manquements à ses obligations de fonctionnaire. Jean-Pierre Dubois, qui aurait proposé une épreuve simplifiée à ses étudiants et modifié frauduleusement les paramétrages informatiques d’une épreuve dématérialisée aurait alors de ce fait méconnu « l’obligation de préserver l’égalité entre les candidats, conformément à la législation en vigueur ». La faute disciplinaire reprochée au Professeur Jean-Pierre Dubois dans votre décision serait donc d’avoir organisé par ses pratiques potentiellement coupables une rupture d’égalité de traitement entre les candidats. Rien d’autre.

Il semble d’ailleurs que vous ayez fini par vous persuader vous-même de la faiblesse ou de la fragilité des charges retenues contre Jean-Pierre Dubois puisqu’on a appris, par suite du recours gracieux déposé devant vous par l’intéressé, que vous renonciez finalement à la mesure de suspension qui le visait. À moins que la pression syndicale et le bon millier de signatures recueillies en moins de deux heures par une pétition dédiée vous aient amenée à plus de mesure, pour ne pas dire ramenée à la raison.

Si je m’autorise à prendre parti dans cette sordide affaire, c’est que j’ai moi-même été suspendu de toutes mes fonctions d’enseignant-chercheur pour une durée de quatre mois, en mai 2018, pour des faits que j’ai contestés avec la plus grande vigueur et que je dois encore continuer de contester deux ans après les événements qui m’avaient valu les poursuites engagées par le président de mon université d’exercice. Dès lors, je peux me prévaloir d’une expérience toute personnelle et intime des effets délétères d’une suspension professionnelle tant sur le moral et la santé psychologique de celui qui en a fait l’objet que sur sa famille, ses proches, ses relations de travail habituelles, sa réputation et sur l’exercice même de son métier au quotidien…

… De ce florilège non exhaustif il ressort sans nul doute, comme il l’était clairement prévu et dénoncé par plusieurs enseignants-chercheurs, que l’organisation d’épreuves dématérialisées en ligne a par elle-même introduit et généralisé de manière inédite une immense rupture d’égalité entre les candidats. Sans reprendre l’ensemble des arguments largement développés ailleurs, il est certain qu’aucune épreuve en ligne n’a permis de garantir en quoi que ce soit l’égalité prescrite, quelles qu’en aient été les précautions techniques prises en la matière. Cela pour la simple raison que l’égalité de traitement lors d’un examen s’apprécie nécessairement et en tout, de la toute première seconde de chaque épreuve jusqu’à la remise des copies aux surveillants. Or, nulle modalité dématérialisée d’examen ne permet de satisfaire cette exigence cardinale fixée par la loi et dont le respect incombe formellement aux établissements. Et non pas aux étudiants eux-mêmes comme a pourtant tenté de le faire admettre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche en prescrivant aux établissements…

Aussi, la question des motivations et des mobiles qui vous ont conduit à prendre une décision de suspension s’impose-t-elle à moi avec force. Je n’entends pas chercher à y répondre en tout mais je me trouve nécessairement conduit, au regard de la démonstration qui précède, à adhérer fortement à la vision des choses cultivée par le SNESUP-FSU, syndicat qui « se demande dans quelle mesure l’attaque portée à Jean-Pierre Dubois n’a pas vocation à servir d’exemple et à dissuader les enseignant·es et les enseignant·es – chercheur·es de faire preuve d’humanité dans un contexte de crise difficile pour toutes et tous. »…

Le second élément qui plaide en faveur d’une volonté de faire un exemple nous ramène à un passé encore relativement récent. En 2017 vous avez été saisie d’une dénonciation visant un professeur de l’Université de Paris Sud-Orsay que vous présidiez à ce moment. Preuves fournies à l’appui, celui-ci y était mis en cause pour plusieurs infractions graves au cumul des emplois et des rémunérations. Par suite des poursuites que vous avez diligentées à son encontre, il s’est confirmé que l’intéressé – finalement faiblement sanctionné par une interdiction d’exercice de ses fonctions d’enseignement durant un an à mi-traitement – avait durant près de dix années doublé frauduleusement le montant de son traitement annuel de professeur. Ceci en se livrant à des activités d’enseignement et de recherche dans divers établissements supérieurs privés proposant des formations directement concurrentes de celles dans lesquelles il était investi dans l’université publique que vous présidiez alors. Pour le dire autrement et plus brutalement, en vendant sa force de travail à des écoles supérieures privées, le professeur d’université en cause avait en quelque sorte illégalement « soustrait » à son employeur public une somme totale d’environ 850 000 euros, faute d’avoir sollicité et obtenu les autorisations de cumul requises…

Tout me porte à penser que vous avez usé d’une mesure de suspension pour « punir » un enseignant-chercheur qui n’avait pas dû manquer d’exprimer – en vous déplaisant sans doute – des réserves responsables à l’adresse des épreuves dématérialisées que vous aviez pris le parti d’organiser dans votre établissement en dépit des problèmes bien identifiés qu’elles posaient. En tout état de cause, et en prenant acte des positions exprimées par Jean-Pierre Dubois sur le thème des examens en ligne, il m’apparaît que vous ayez pu tenter de le contraindre par force à changer sa position optant ainsi pour un pouvoir arbitraire plutôt que de chercher à faire autorité

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Le rouge, c’est pour longtemps !

Dans ma chronique du 7 mai, Covid-19. Critères et Indicateurs, j’écrivais :

  • « quels indicateurs pour le 3ème critère d’accès au déconfinement en vert : la capacité de couverture des besoins en tests !
  • quant aux malades asymptomatiques, il faut tester pour en repérer. Et pour tester, il faut avoir des tests. Au début de l’épidémie, il n’y en avait guère. Et aujourd’hui ?
  • Si les « brigades d’anges gardiens » sont très rapidement performantes, la diffusion du virus se ralentira à terme, mais dans l’immédiat, il pourrait y avoir une accentuation des tensions sur les tests ».

Les 4 régions en rouge vont le rester longtemps car la capacité de couverture des besoins en tests est actuellement très mauvaise comme le révèle une enquête assassine de la cellule investigation de Radio France.

11 mai 2020. Dépistage du Covid-19 : pourquoi la France est encore loin de l’objectif de 700 000 tests virologiques par semaine ?

Extraits. « Pour réussir le déconfinement, le gouvernement table sur 700 000 tests virologiques par semaine. L’enquête de la cellule investigation de Radio France montre que cet objectif sera très difficile à atteindre. Révélations sur les véritables chiffres du dépistage, et sur des robots de test chinois installés dans la plus grande improvisation.

« Testez, testez, testez. » Depuis le 16 mars 2020, c’est le message très clair martelé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Mais en France, les retards s’accumulent dans l’organisation de ce dépistage, poussant même le gouvernement à mandater un cabinet privé afin de l’assister « dans le développement des capacités de production nationale » de tests. Le 28 avril 2020, le Premier ministre, annonce « 700 000 tests virologiques à partir du 11 mai » et la mise en place de « brigades » dans chaque département, chargées d’identifier les contacts des personnes présentant des symptômes du coronavirus Covid-19. « À la sortie du confinement, nous serons en capacité de massifier nos tests », assure Édouard Philippe. Mais qu’en est-il réellement ?

« Le nombre de dépistages a connu de fortes fluctuations au cours des dernières semaines. Il varie entre 200 000 et 270 000 tests par semaine », assure le ministère de la Santé à la cellule investigation de Radio France. Mais sur quoi reposent ces chiffres ? Difficile de le savoir »…

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Covid-19. Critères et Indicateurs

Rouge ou Vert ? La carte du déconfinement.

France Info, 7 mai. Déconfinement : quatre régions et Mayotte restent en rouge sur la carte sanitaire présentée par le gouvernement. « Nous sommes en mesure de valider le déconfinement sur l’ensemble du territoire métropolitain » à partir du 11 mai, a annoncé le Premier ministre, Édouard Philippe, lors d’une conférence de presse, jeudi 7 mai. 

Le ministre de la Santé a dévoilé la dernière version de la carte sanitaire de la France. Tous les départements de quatre régions restent en rouge : Ile-de-France, Hauts-de-France, Bourgogne Franche-Comté et Grand Est.

Problème. Premier Ministre (dans la séance de questions-réponses au gouvernement) et Ministre de la Santé confondent Critères et Indicateurs.

Olivier Véran. « Cette carte articule les trois indicateurs de circulation du virus, de tension hospitalière, de capacité de couverture des besoins en tests »

Les trois indicateurs qu’il énonce sont en fait des critères ; le troisième n’a d’ailleurs été annoncé par Édouard Philippe qu’avant hier. Pour les critères, la transparence aurait exigé de préciser ce que veut dire « articulation » : 1. Les critères ont-ils la même pondération (celui de la tension hospitalière est-il deux fois plus important que chacun des deux autres critères ?) 2. Pour être au vert, faut-il que les trois critères le soient, ou seulement deux d’entre eux ou seulement un ?

Tout critère doit pouvoir s’appuyer sur plusieurs indicateurs, c’est-à-dire des batteries de mesures, de données chiffrées.

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