Archives de Catégorie: C. Outre-Mer

1717 (janvier). La Triple-Alliance

La Triple-Alliance est le nom donné à l’alliance signée à La Haye le 4 janvier 1717, conclue entre les états généraux des Provinces-Unies, Georges Ier, roi de Grande-Bretagne, et Philippe d’Orléans, régent du royaume de France.

Aimé Richard, La Régence 1715-1723, Tallandier, Sciences humaines et sociales, 2003, 333 pages. Bonnes feuilles de l’ouvrage, chapitre IX, pages 101 à 106.

La Triple-Alliance : diaporama de 8 photos.

Source de la citation : La Triple Alliance (Wikipédia). « Cette alliance a été scellée contre les projets ambitieux du ministre d’Espagne Albéroni qui voulait revenir sur les traités d’Utrecht, de Baden et de Rastatt et rendre à l’Espagne la totalité de ses anciennes possessions. La France s’engage à soutenir la succession en Angleterre de l’électeur de Hanovre, Georges 1er.

Alliance conclue à La Haye, contre l’Espagne, entre la France, l’Angleterre et les Provinces-Unies pour le maintien des traités d’Utrecht et de Rastatt (1714), et qui se transforma en Quadruple-Alliance en 1718 avec l’adhésion de l’Autriche ».

Portraits des 5 principaux protagonistes de l’Alliance

Philippe d’Orléans (1674-1723), Régent du Royaume de France à la mort de Louis XIV (Septembre 1715).

Peinture de Jean-Baptiste Santerre, 1717

Guillaume Dubois (1656-1723). La Régence marque le début de l’apogée de la carrière de Dubois. Il devient Premier ministre du Régent et est fait Cardinal.

Peinture de Hyacinthe Rigaud, 1723

George Ier (1660 -1727), roi de Grande-Bretagne du 1er août 1714 jusqu’à sa mort. Il fut antérieurement élevé à la condition de duc de Brunswick-Lunebourg (Hanovre) et de prince-électeur du Saint-Empire romain germanique à partir de 1698.

Peinture par Godfrey Kneller, 1714

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Cinq roués célèbres au 18ème siècle

Cinq roués célèbres au 18ème siècle. Source : extraits d’un article d’Académic.com.

Lire également la chronique du 15 mai 2022, Le supplice de la roue : Catherine d’Alexandrie

et celle du 16 mai 2022, Saint Georges, roué de coups.

« Le supplice de la roue procédait de la façon suivante : le condamné était attaché sur une croix de Saint-André pourvue d’encoches sur la longueur. À ces endroits, le bourreau frappait les membres avec une barre de fer pour les briser. Puis il défonçait la poitrine d’un grand coup. Il attachait alors le supplicié, bras et jambes repliés sous lui, sur une roue montée sur un essieu et le laissait ainsi exposé jusqu’à ce que mort s’en suive.

Utilisé en Europe à partir du XVIe siècle, ce supplice fut réservé aux criminels depuis environ 1535 en France ; auparavant, ils étaient exécutés sur le bûcher qui, à partir de cette époque, fut réservé aux hérétiques. La roue fut le supplice réservé aux brigands, dont un exemple peut être Louis Mandrin en 1755.

Le 6 octobre 1791, l’Assemblée nationale votera le code pénal qui dispose, dans ses articles 2 et 3 de son titre premier, que « La peine de mort consistera dans la simple privation de la vie, sans qu’il puisse jamais être exercé aucune torture envers les condamnés » et que « Tout condamné à mort aura la tête tranchée », abolissant ainsi définitivement l’usage de la roue ».

Roués célèbres au 18ème siècle

1721 : Louis Dominique Cartouche, chef de bande de la cour des miracles, roué vif en place de Grève.

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1755 : Louis Mandrin, célèbre brigand, roué vif à Valence.

1762 : Jean Calas, accusé (à tort) d’avoir assassiné son fils, roué vif place Saint-Georges à Toulouse.

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Le Maréchal De Lévis (1719-87)

Avril 1760, François Gaston de Lévis (1719-1787) vainc les Anglais à Sainte-Foy, près de Québec en Nouvelle-France.

Source 1 (Wikipédia). François Gaston de Lévis. Né le 1719 à Ajac (dans le Languedoc), mort le novembre 1787 à Arras.. Chevalier, puis duc de Lévis, militaire français qui s’est notamment illustré en Nouvelle-France. Il est élevé en 1783 la dignité de maréchal de France pour l’ensemble de sa carrière au sein des armées.

Le Duc de Lévis avec son bâton de maréchal de France (source Wikipédia)

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Partie 1 et Source 2. Extraits de la version abrégée de l’article d’Hélène Morot-Sir, Victoire du Chevalier de Levis à Sainte-Foy, Hérodote-net, avril 2022,

« Victoire remportée par les Français sur les Anglais à Sainte-Foy, près de Québec, en avril 1760. L’historien britannique Francis Packman l’a qualifiée de « plus grande victoire française en Amérique, parce qu’elle a fait un jour trembler le sort de la ville de Québec et de ce fait, trembler toute l’Amérique ».

Pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763), sous les règnes de Louis XV, George II et George III, Français et Anglais s’affrontèrent sur tous les continents et en particulier en Amérique du Nord où les seconds s’emparèrent de la ville de Québec après la bataille des plaines d’Abraham et la mort de Montcalm, le 13 septembre 1759.

Malgré cette défaite, la colonie de la Nouvelle-France restait toujours à la France ! Le gros des forces françaises n’avait pas été engagé dans la bataille des plaines d’Abraham. C’est alors qu’intervint le chevalier de Lévis… 

L’hiver qui suivit la défaite de Montcalm dans les plaines d’Abraham fut rude pour les colons mais plus encore pour les soldats du général James Murray enfermés dans Québec, qu’ils avaient dévastée et saccagée, y compris les provisions mises de côté pour passer l’hiver.

De petits détachements de miliciens français ou indiens empêchaient la garnison de se ravitailler à l’extérieur. Mais pour les Anglais, le pire fut le froid, auquel se rajouta le scorbut. La garnison tomba de sept mille cinq cents hommes à quatre mille, à peine valides.

Côté français, le chevalier François Gaston de Lévis, un militaire languedocien de quarante ans, prend alors le commandement des opérations à Montréal.

De Lévis réorganise les troupes en vue d’attaquer au printemps la garnison de Québec. Ayant tiré les leçons de la défaite des plaines d’Abraham, il intègre les miliciens canadiens et les Amérindiens aux troupes régulières

Le matin du 27 avril, son avant-garde s’établit sur la route de Sainte-Foy et découvre les Anglais à peine à deux cents toises de là.

Bataille de Sainte-Foy (source Wikipédia)

Mais James Murray, averti de l’approche ennemie, expulse de Québec les bouches inutiles, femmes, enfants, vieillards, sans excès de commisération pour les malheureux livrés au froid et à la disette. Renonçant à tenir Sainte-Foy, il fait sauter l’église du village et replie in extremis ses troupes sur les hauteurs de Québec.

Puis, le général laisse des troupes dans la ville pour en assurer la défense et se porte au-devant des Français, en terrain marécageux, avec 3.000 hommes, vingt-deux canons et des obusiers.

La bataille s’engage. Les Anglais tentent d’enlever le moulin Dumont, près de Sainte-Foy. Les Français qui l’occupent se replient vers un bois avant de repartir à l’offensive avec les colons et les Sauvages.

Le feu devient très vif, les miliciens canadiens se couchent pour recharger leurs armes et fusillent les canonniers sur leurs pièces.

Armés de leurs baïonnettes, ils fondent alors sur les Anglais, traversent leurs rangs et les mettent en fuite, leurs alliés amérindiens terrifiant particulièrement les Anglais avec leurs peintures de guerre et leurs cris effrayants, tomahawks brandis.

Le chevalier de Lévis, témoin de la débandade de l’adversaire, pousse son avantage. La déroute des Anglais est totale.

Ils trouvent moyen de se replier dans la ville de Québec mais laissent aux mains des vainqueurs leur artillerie, les munitions, les outils de retranchement, mais aussi leurs morts et la plus grande partie de leurs blessés, près de mille deux cents au total, ce qui fait plus du tiers de leur armée.

Les Français ont quant à eux plus de huit cents tués ou blessés. Les Indiens, comme toujours à la fin des combats, se précipitent pour scalper les ennemis, en dépit des instructions du chevalier de Lévis.

Reste à concrétiser la victoire. Le chevalier de Lévis compte sur l’arrivée des renforts de France pour chasser enfin les Anglais de Québec. De son côté, le général Murray espère également en l’arrivée de secours.  Chaque camp scrute le Saint-Laurent…

Le 9 mai 1760, tous les regards se tournent vers le fleuve au moment où se présente une première frégate. Elle arbore un pavillon anglais ! Les Français, trompés dans leur attente, doivent lever le siège de Québec.

L’avantage passe aux Anglais qui attaquent Montréal et contraignent la ville à la capitulation le 8 septembre 1760. Dans la nuit qui précède, le chevalier de Lévis choisit de brûler les drapeaux des régiments français plutôt que de les voir tomber entre les mains ennemies. C’en est désormais fini de la Nouvelle-France« .

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Jean-Joseph de Laborde (1724-1794)

Jean-Joseph Laborde, par la suite marquis de Laborde, né près de Jaca en Aragon le 27 janvier 1724 et mort guillotiné à Paris le 18 avril 1794, est un négociant, un banquier et un planteur esclavagiste. Quatre parties dans cette chronique.

Jean-Joseph de Laborde, par Ange Laurent Lalive de Jully

Partie 1. Source : citations et captures de pages, extraites de François d’Ormesson et Jean-Pierre Thomas , Jean-Joseph de Laborde (1724-1794), Banquier de Louis XV, mécène des Lumières et inventeur des jardins de Méréville, Édition Tallandier, septembre 2021, 480 pages.

4ème de couverture. « Encore trop peu connu, le destin de Jean-Joseph de Laborde est fascinant. Ce Béarnais, né en Espagne, placé à dix ans dans une maison de commerce de Bayonne, responsable à vingt ans d’une société internationale, est à trente ans à la tête d’un véritable empire commercial et l’un des hommes les plus riches de France.

Banquier de la Cour, portant sur ses épaules le ministère de Choiseul, finançant presque à lui seul la guerre de Sept Ans et, plus tard, celle d’Amérique, Laborde conseille Louis XV, la haute noblesse et même Voltaire dans la gestion de leurs portefeuilles financiers, tout en manifestant, dans ces diverses opérations, une intégrité sans faille.

Cet Européen avant la lettre s’impose non seulement comme l’un des promoteurs du nouvel urbanisme parisien, mais encore comme un véritable entrepreneur, inventeur des exceptionnels jardins de Méréville et l’un des principaux mécènes privés de son époque. Le couperet de la guillotine met tragiquement fin à sa vie en 1794″.

Extraits : table des matières, pages 11 et 12 : Une puissance venue de presque rien

Partie 2. Source en ligne. Jean-Joseph de Laborde (1724-1794), par Françoise Kermina dans Cairn info, Heurs et malheurs des grands argentiers, 2018, pages 147 à 170.

« La carrière de Jean-Joseph de Laborde commence de manière peu banale : il ne s’écrie pas, comme le fera plus tard le Rastignac de Balzac, A nous deux Paris ! Au contraire, on lui propose en haut lieu de s’installer dans la capitale, et il se fait prier. C’est alors un négociant prospère. Basque d’origine familiale mais né à Jaca en Aragon où son père, un modeste commerçant, avait cherché un meilleur sort, il a fait sa fortune seul, grâce à son intelligence, sa ténacité, son sens aigu des affaires. Il pratique à Bayonne, ville alors très florissante, le Grand commerce, c’est-à-dire le commerce d’exportation, particulièrement avec l’Espagne dont il parle couramment la langue.

Les appuis dont il y dispose auprès d’investisseurs potentiels ont fait de lui aux yeux des ministres du roi le grand argentier idéal, à savoir le personnage le plus apte à drainer des fonds de l’étranger vers le Trésor public. C’est donc un homme à avoir près de soi. Le cardinal de Bernis, Premier ministre, et le contrôleur général des Finances, Tavernier de Boullongne, en sont convaincus et le relancent avec insistance.

Laborde hésite. Pourquoi hésite-t-il devant la chance ? Parce qu’il est très attaché à son empire de Bayonne, et parce qu’il est amoureux de la princesse Léopoldine de Lorraine. Jeune femme mélancolique et fragile, elle fait de fréquentes cures thermales à Bagnères-de-Bigorre où Jean-Joseph l’accompagne. Mais finalement c’est elle qui l’écarte, ils se quittent et il part pour Paris en septembre 1758. Ils ne se reverront plus car elle meurt quelques mois plus tard »…

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Michel Adanson, 30 ans en 1757

Michel Adanson (1727-1806), naturaliste, explorateur du Sénégal.

Source A. Extraits de Wikipédia. « Michel Adanson, né le 7 avril 1727 à Aix-en-Provence et mort le 3 août 1806 à Paris, est un naturaliste français d’ascendance écossaise. Il a exploré des régions peu connues des Européens, comme le Sénégal ou les Açores. Principalement botaniste, systématicien original, auteur d’un mémoire célèbre sur le baobab, il a aussi apporté des contributions à la zoologie, à la géographie, à l’ethnographie et aux recherches sur l’électricité.

Jacques, le grand-père paternel de Michel Adanson, appartenait à ces familles écossaises qui suivirent en France Jacques II d’Angleterre, détrôné en 1688. Son père, Léger Andanson, natif de Villejacques, en Auvergne, époux d’une Aixoise, Marthe Buisson, était écuyer de Mgr de Vintimille, archevêque d’Aix-en-Provence. Michel Adanson avait un frère cadet, Jean-Baptiste, qui allait être drogman et chancelier de France en Orient.

Mgr de Vintimille ayant été nommé au siège épiscopal de Paris, la famille Adanson le suivit dans la capitale, où le jeune Michel fut un des plus brillants élèves du collège Sainte-Barbe. Remarqué par le célèbre John Turberville Needham, il reçut de lui un microscope, avec ces paroles : Puisque vous avez si bien appris à connaître les ouvrages des hommes, vous devez maintenant étudier ceux de la nature. Il avait alors quatorze ans ; Georges Cuvier écrit : il n’eut point de jeunesse ; le travail et la méditation le saisirent à son adolescence, et pendant près de soixante-dix ans tous ses jours, tous ses instants furent remplis par les recherches laborieuses d’un savant de profession.

Adanson suivit les cours de Ferchault de Réaumur et de Bernard de Jussieu au Jardin du roi, ancêtre du Muséum national d’histoire naturelle.

1749-1754. Désirant voyager et explorer, il se décida pour le Sénégal, la mauvaise réputation de son climat en ayant éloigné les autres naturalistes. Il fit donc, à ses frais, un voyage dans ce pays (du 20 décembre 1748 au 18 février 1754) ; Jussieu lui obtint un poste, très modeste, de commis à la Compagnie des Indes. Durant la traversée, malgré son mal de mer, il visita les Açores et les Canaries.

Au Sénégal, il décrivit un nombre considérable de plantes et d’animaux nouveaux, mais fit aussi beaucoup d’observations géographiques et ethnographiques. Il observa un poisson électrique, le rapprochant de la bouteille de Leyde.

D’Afrique, il envoya à Réaumur les minéraux et les collections zoologiques qu’il avait recueillis ; à l’astronome Le Monnier, ses observations astronomiques et météorologiques ; et à Jussieu ses collections botaniques, classées suivant une méthode naturelle.

Après cinq ans, il ramena d’importantes collections botaniques, dont plus de mille récoltes ainsi que plus de trois cents plantes vivaces qu’il acclimatera au Jardin du Roi à Versailles. Il rapportait également trente-trois espèces d’oiseaux qui sont décrites par Mathurin Jacques Brisson dans son livre Ornithologie ou méthode contenant la division des oiseaux en ordres, sections, genres, espèces et leurs variétés (tome 1 en 1760).

1757. Adanson publia le compte rendu de son voyage sous le titre : Histoire naturelle du Sénégal. Cet ouvrage contient le récit de son voyage et la description des coquillages observés et récoltés.

  • Histoire naturelle du Sénégal. Coquillages. Avec la relation abrégée d’un voyage fait en ce pays pendant les années 1749, 50, 51, 52 et 53, Paris, 1757. Cet ouvrage est particulièrement intéressant en raison de son essai sur les coquillages, qui le termine, où Adanson proposa sa méthode universelle, un système de classification différent de ceux de Buffon et de Linné. Il fondait sa classification de tous les êtres organisés sur la considération de chaque organe. Comme tous les organes donnaient naissance à de nouvelles relations, il établit un nombre correspondant d’arrangements arbitraires. Ceux des êtres possédant le plus grand nombre d’organes similaires étaient rapportés à une division principale, et la relation était considérée comme plus lointaine à proportion de la dissemblance des organes (Encyclopædia Britannica, 1911).

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Toussaint Louverture, St. Domingue

18ème siècle. Saint-Domingue, une colonie disputée entre la France, l’Espagne et l’Angleterre, riche de ses cultures vivrières (sucre et café en particulier), cultivées par plus de 400 000 esclaves en 1788.

Saint-Domingue et ses conflits. 1800, Toussaint Louverture, général en chef de la colonie.

Le Conflit-clé. Législation Pour ou contre l’abolition de l’esclavage (chronique du blog : 1685-1802. De l’esclavage)

Conflits et guerres entre trois puissances coloniales : la France, l‘Espagne, l’Angleterre ; dans le dernier quart de siècle, dans les conflits commerciaux, intervient un quatrième acteur, les États-Unis, qui se sont déclarés indépendants de l’Angleterre en 1776 et qui ont gagné la Guerre d’indépendance (1775-1783). Chronique du blog.

Conflits entre différents groupes sociaux : conflits entre les 3 Ordres de l’Ancien Régime (ordres qui sont interdits à Saint-Domingue), conflits entre sujets de l’intérieur du Royaume et colons blancs, entre colons et esclaves, entre esclaves et esclaves affranchis, entre troupes expédiées du continent et troupes recrutées sur place.

Conflits de personnalités entre militaires blancs, noirs, et mulâtres.

Plan de cette chronique

  • La colonie de Saint-Domingue : page 1
  • Saint-Domingue au XVIIIe siècle : l’apogée économique : page 2
  • L’assistance militaire aux États-Unis et l’apparition d’officiers de couleur : page 3
  • La période de la Révolution française : page 4
  • Toussaint Louverture et les généraux mulâtres : page 5
  • Saint-Domingue sous l’autorité de Toussaint Louverture (1800-1802) : page 6.

A. La colonie de Saint-Domingue, située sur la partie occidentale de l’île d’Hispaniola, a été officiellement une possession française du 20 septembre 1697 (traité de Ryswick) au 1er janvier 1804, date de son indépendance sous le nom d’Haïti avec pour premier chef d’État un collaborateur de Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines.

Traité de Ryswick ou Traité de Nimégue (17 septembre 1678) ? Les droits de la France sur la colonie de Saint Domingue et le traité de Ryswick par François Blancpain, Outre-Mers. Revue d’histoire, Année 2007, 354-355, pp. 305-329.

De plus dès la fin des années 1620, les Français étaient déjà présents dans l’ouest d’Hispaniola, sous le ministère de Richelieu, notamment dans l’île de la Tortue. Jusqu’au début des années 1680, Saint-Domingue est principalement un repaire de flibustiers.

Entre 1680 et 1700, les gouverneurs français désarment progressivement ces flibustiers afin de développer une économie de plantation. Saint-Domingue va prendre une place de premier plan dans la production sucrière française et même mondiale comptant en 1788 plus de 400 000 esclaves et 22 000 affranchis.

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1685-1802. De l’esclavage

Législation Pour ou Contre l’abolition de l’esclavage

  • 1685. Le Code noir : condition juridique des esclaves et des affranchis.
  • 1794. Décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises.
  • 1802. Napoléon Bonaparte légalise l’esclavage dans les colonies sucrières.

A. Mars 1685. Le Code noir est le titre donné à l’Ordonnance royale de Louis XIV touchant la police des îles de l’Amérique française,

Condition juridique des esclaves et des affranchis. « Les articles 2 et suivants organisent le primat de la religion catholique, en la rendant obligatoire aux esclaves (art. 2 et 3), interdisant aux maîtres protestants de leur imposer leur religion ou des commandeurs appartenant à leur religion (art. 4 et 5). Le dimanche est un jour chômé (art. 6), le mariage (art.10) et la sépulture des esclaves baptisés (art.14) doivent se faire selon le rite catholique et le droit français. Le concubinage entre le maître et l’esclave est interdit, sous peine d’amende et de confiscation, mais le maître peut épouser sa concubine et l’affranchir par ce moyen (art. 9). Le maître doit consentir au mariage de ses esclaves mais ne peut pas le leur imposer (art.11).

Dépourvu de personnalité juridique, l’esclave est légalement approprié par son maître et soumis à sa volonté. Il ne peut rien posséder en propre et appartient au patrimoine de son maître (art.28). En tant qu’objet de propriété, l’esclave est transmis héréditairement, en principe à titre de bien meuble (art. 44 et s.). Le maître peut non seulement l’obliger à travailler gratuitement et le punir en cas de désobéissance (art. 42), mais aussi le vendre, le louer ou le prêter. Le prix de l’esclave mis à mort par décision de justice doit être remboursé à son maître non complice du crime commis (art. 40), lequel doit en revanche réparer les dommages causés par son esclave à autrui (art.37), mais aussi le représenter en justice et défendre ses intérêts, tant en matière civile que criminelle (art. 31).

Enfin, les esclaves sont soumis à un statut social héréditaire (par voie matrilinéaire – art.13), discriminatoire et humiliant au sein de la société coloniale, destiné à garantir leur soumission. Le Code Noir leur interdit de porter des armes (art. 15), de s’attrouper (art. 16), de faire du commerce sans la permission de leur maître (art.18, 19 et 30), ainsi que d’agir et de témoigner en justice (art. 30 et 31). Il punit sévèrement les vols (art. 35 et 36), l’agression contre des personnes libres (art. 34) — et plus durement encore celle contre les maîtres et leur famille (art. 33) —, ainsi que la fuite des esclaves (art. 38), qu’on appellera en pratique le marronnage, bien que ce terme recouvre des réalités fort diverses.

Cependant, l’esclave est par ailleurs protégé par la loi, qui oblige son maître à le nourrir (art. 22), le vêtir (art. 25) et ne pas l’abandonner, même en cas d’incapacité provisoire ou définitive de travail par « maladie, vieillesse ou autrement » (art. 27), et à ne pas le mettre à mort, le torturer, le mutiler (art. 42 et 43) ou lui infliger de traitements « barbares et inhumains » (art. 26).

En ce qui concerne l’affranchissement, hormis le cas déjà mentionné du mariage entre le maître et sa concubine (art. 9), le maître peut affranchir l’esclave soit de son vivant, soit par testament (art. 55). De plus, l’esclave sera considéré comme affranchi s’il est désigné par son maître, légataire universel, exécuteur testamentaire ou tuteur de ses enfants (art. 56).

En principe, l’affranchi possède les mêmes droits que les personnes nées libres (art. 59). Néanmoins il devra conserver un respect particulier à son ancien maître et à sa famille (art. 58). Toutefois il ne s’agit que d’un respect moral, l’ancien maître ne pouvant pas exiger de son ex-esclave des services ou des privilèges économiques en qualité de patron (art. 58) ».

Ile de Saint-Domingue en 1764 (source Wikipédia)

B. 26 août 1789. Adoption par l’Assemblée constituante de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Représentation, par le Barbier, de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. La Monarchie, tenant les chaînes brisées de la Tyrannie, et le génie de la Nation, tenant le sceptre du Pouvoir, entourent la déclaration. Source Wikipédia

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C. 15 mai 1791. Par décret de l’assemblée constituante, l’esclavage est confirmé, l’égalité des droits politiques est accordée aux mulâtres libres de deuxième génération.

D. 24 mars 1792. Par décret de l’assemblée législative, mesures en faveur de l’égalité politique de tous les libres.

E. 4 février 1794. « Le décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, voté à l’unanimité par la Convention, confirme la déclaration des droits de l’homme de 1789. Il décide l’abolition de l’esclavage des Nègres (mais pas explicitement la traite) dans toutes les Colonies. Il suit et confirme l’initiative des commissaires civils de Saint Domingue, Sonthonax et Polverel, et prend valeur de loi générale.

Le texte ne prévoit d’indemnisation pour aucune des catégories sociales. Inégalement appliqué, il a été abrogé par la loi du 20 mai 1802″.

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Toussaint Louverture, 1743-1803

Napoléon et l’esclavage. A l’occasion du Bicentenaire de sa mort, republication de la chronique du 6 août 2018, Toussaint Louverture, mort à Joux en 1803.

Extraits de Toussaint Louverture (1743–1803), L’héritier noir des Lumières, Blog Hérodote.net

Diaporama de 28 photos (juillet 2018) : cellule de Toussaint Louverture au Fort de Joux et exposition au Musée municipal de Pontarlier.

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 … « La colonie française, troublée par la guerre civile, se voit, qui plus est, assaillie par les Espagnols et par les troupes de Toussaint Louverture d’un côté, par la flotte anglaise de l’autre. Le général en chef Étienne Laveaux obtient de la Convention qu’elle consente enfin à voter le décret d’abolition de l’esclavage qui permettra de rallier les Noirs. C’est chose faite le 16 pluviôse An II (4 février 1794).

Toussaint comprend que les Espagnols ne sont pas prêts à libérer les esclaves, choisit de rejoindre le camp républicain avec ses hommes.

Il combat désormais aux côtés du général Laveaux avec le grade de général de division. Il chasse les Anglais, devient le gouverneur de la colonie, encourage les planteurs à revenir et oblige ses frères de couleur à travailler comme salariés dans les plantations dont ils étaient auparavant les esclaves.

Fort de ses succès, il s’empare de la partie espagnole de l’île et se désigne Gouverneur général à vie le 8 juillet 1801, avec le droit de désigner son successeur. N’ayant plus qu’un lien virtuel avec l’ancienne métropole, il administre son île en toute indépendance et conclut même des accords de commerce avec les États-Unis et la Grande-Bretagne…

À Paris, le Premier Consul Bonaparte n’accepte pas les velléités autonomistes de Toussaint Louverture et son irritation déborde quand il reçoit de celui-ci une lettre intitulée : Du Premier des Noirs au Premier des Blancs. Décidé à le remettre à la raison, il lui envoie une puissante armée de 25 000 hommes sous les ordres de son beau-frère Leclerc.

Le 2 mai 1802, peu après la capitulation de la forteresse de Crête-à-Pierrot, Toussaint Louverture, traqué, propose sa soumission à Leclerc. Il obtient de se retirer sur l’une de ses plantations. Mais il est arrêté le 7 juin suivant, à la suite d’une dénonciation de son lieutenant Jean-Jacques Dessalines, et incarcéré au fort de Joux, dans le Jura, l’un des endroits les plus froids de France.

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1711. Duguay-Trouin prend Rio

21 septembre 1711. Duguay-Trouin s’empare de Rio de Janeiro, Alban Dignat, Hérodote.net, avril 2021.

Extraits de la 1ère partie de l’article. « Ancien corsaire de Saint-Malo, René Duguay-Trouin (1673-1736) est devenu officier de la Royale. Confronté à une coalition européenne dans le cadre de la guerre de la Succession d’Espagne, Louis XIV  lui confie une flotte de 15 vaisseaux et 6000 hommes en vue de s’emparer de Rio de Janeiro…

Source Wikipédia : Duguay-Trouin par Antoine Graincourt. Cliquer sur les images pour les agrandir

L’escadre quitte La Rochelle le 9 juin 1711. Elle entre dans la baie de Rio le 12 septembre. Les hommes entament le siège de la ville. Ils livrent l’assaut final le 21 septembre 1711…

Ce succès réconforte le roi à un moment crucial de la guerre. Il lui rapporte un colossal butin : 1,35 tonne d’or et 1,6 millions de livres de marchandises ».

Au final, la prise de Rio est plus une incursion pour s’emparer de butins qu’une conquête pour s’établir durablement sur un territoire

Source 2. Extrait de Wikipédia. La guerre de Succession d’Espagne (1702-1713). Duguay-Trouin : la grande expédition de Rio (1711). Le corsaire devenu capitaine de la marine royale. Le précédent de Duclerc et son échec. Une préparation minutieuse. Une expédition menée tambour battant. 92 % de profit et les félicitations du roi.

Duguay-Trouin devant Rio (source Wikipédia)

Source 3. Extrait de Wikipédia. L’ascension du corsaire : la guerre de la Ligue d’Augsbourg (1689-1697)

« La capture de l’amiral Wassenaër et l’entrée dans la Marine royale. En 1696, commandant un groupe de deux vaisseaux et trois frégates, Duguay-Trouin attaque un convoi hollandais, fait prisonnier l’amiral Wassenaër et prend trois vaisseaux et douze navires marchands…

Cet exploit lui vaut d’être admis dans la Marine royale comme Capitaine de frégate en avril 1697 (à l’âge de 24 ans) alors que se termine la guerre de la Ligue d’Augsbourg ».

Source 4. Extrait de NordNumérique-Université de Lille, Vie de monsieur Du Guay-Trouin, avec une introduction de Henri Malo, Paris, Éditions Bossard, 1922.

Pour aller plus loin : trois excellents articles (en ligne). Lire la suite page 2…

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2015. L’Hermione, le voyage aux USA

Chroniques sur Rochefort, son arsenal et ses radoubs, son jardin des plantes, son hôpital militaire, son école de médecine navale. Chronique sur la Guerre d’indépendance américaine. En 2015, la nouvelle Hermione a fait le voyage aller et retour aux USA. Depuis son retour à Rochefort, elle a fait un déplacement mouvementé à Sète : vidéo de 28’38. Son port d’attache est le radoub Napoléon III.

Diaporama de 24 photos (Pierre Dubois, octobre 2015).

2012 (6 juillet). Dossier de Presse. « 50 000 personnes sont attendues à Rochefort pour fêter la sortie de l’Hermione de la cale de construction, la double forme de radoub de l’arsenal de Louis XV où la coque était en chantier depuis 15 ans.

Tirée par quatre vedettes de remorquage du service des lamaneurs de l’Atlantique, la coque de l’Hermione, non mâtée, sortira de la double forme de radoub ouverte pour la première fois depuis la 2ème guerre mondiale à la navigation grâce à la réalisation à l’initiative de la ville de Rochefort d’un tout nouveau bateau-porte pour remplacer celui détruit en 1944 par les troupes d’occupation.

Reconstruire l’Hermione, c’est bâtir un navire de plus de 65 m de long hors tout, portant trois mâts et 2 200 m² de voilure de route. C’est concevoir une coque entièrement en chêne, avec des épaisseurs pouvant atteindre 70 cm, inimaginables aujourd’hui mais conçues au 18ème siècle pour résister aux boulets ennemis.

  • 1993-1996 : études préparatoires
  • 1997-2000 : construction de l’ossature de la charpente.
  • 2000-2008 :  construction des ponts et des superstructures.
  • 2009-2011 : bordage et calfatage de la coque ; début mâture, gréement, voiles.
  • 2012-2013 : suite mâture, gréement, voiles, montages et finitions.
  • 2014 : suite des essais en mer.
  • 2015 : départ pour le voyage transatlantique

1997 (août). Début de la reconstruction de la frégate historique  : pose de l’arcasse

« C’est au tour de l’arcasse et de l’étambot d’être révélés au public. Une fois relevé, cet ensemble complexe de plus de 4.5 tonnes de chêne est fixé sur l’extrémité arrière de la quille. L’étambot recevra plus tard le gouvernail ».

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