Archives de Catégorie: AA. Histoire 18ème siècle

1746. Créer une papeterie royale

Jean-Frédéric Schoepfflin de Colmar, petit frère de Jean-Daniel, professeur d’histoire à l’université de Strasbourg, observe en 1742 qu’il n’y a pas en Alsace de papier qui soit employable pour l’écriture ou l’imprimerie et qu’il faut en importer, de Bâle en particulier. Il crée cette entreprise dans la vallée de Saint-Grégoire près de Munster, dépense beaucoup d’argent pour la construction du bâtiment et pour l’achat des ustensiles nécessaires. Le papier produit est de fort bonne qualité. Il est prêt à investir davantage si le Roi Louis XV en son Conseil d’État accepte ses deux requêtes.

La première est que son entreprise soit reconnue comme Manufacture royale de papier. La seconde est que soit interdite et pénalisée l’exportation de vieux linges, drapeaux et chiffons, drilles et pates, rogneures de peaux et parchemins.

Schoepfflin de Colmar indique qu’il a d’ailleurs le soutien de François-Mathias Müller, conseiller au Conseil souverain d’Alsace, Préteur royal de Colmar et subdélégué de l’Intendant de la dite province.

Gravure photographiée au Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg

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Le Conseil d’État, par son arrêt du 16 juillet 1746, autorise le recours à la mention Manufacture Royale de Papier, à la charge par ledit Sr. Schoepfflin de se conformer aux Règlements pour les différentes sortes de papier qui se fabriquent dans le Royaume.

Par ailleurs, sous peine de confiscation et d’une amende de trois mille livres, il lui est rappelé que, selon les règlements en vigueur, il est interdit d’amasser et de convoyer au-delà de la frontière du Royaume toutes les matières usagées qui pourraient servir à la fabrication du papier.

Il est intéressant de noter que l’initiative de créer une manufacture royale peut être suscitée par le marché, mais que sa création comme telle est régie par une décision d’État. Il s’ensuit que, pour la protéger de la concurrence du marché intérieur et extérieur, des règles de fabrication, volontiers tatillonnes (cf. infra point B), sont édictées d’en haut et peuvent nuire aux innovations de produits et de techniques. Ce reproche est également fait aux corporations de métiers et sera utilisé comme argument, au début de la Révolution, pour les supprimer.

B. Arrêt du Conseil d’État du roi du 18 septembre 1741, en interprétation de l’arrêt du conseil du 27 janvier 1739, portant règlement pour les différentes sortes de papiers qui se fabriquent dans le royaume. Source : Citation in extenso des registres du Conseil d’État.

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38 Fuites en Égypte

Fuites en Égypte ou Repos pendant la fuite en Égypte, œuvres associées ou non à une autre scène de l’enfance de Jésus.

4ème et dernière carte de Vœux pour 2022. Art sacré, médiéval et moderne, pour la période de Noël et de l’Épiphanie. Les trois autres cartes : Vierges allaitant, Adorations des Mages, Massacres des Innocents.

Repos pendant la fuite en Égypte, Rome, Musée Doria Pamphilj, Le Caravage, vers 1595.

La fuite en Égypte. Source : article de Wikipédia. « L’évangéliste Matthieu raconte qu’à Bethléem, sous le règne du roi Hérode, Marie, femme de Joseph, mit au monde son fils Jésus, conçu de l’Esprit Saint, et que les mages d’Orient reconnurent en lui le roi des Juifs. Ils vinrent alors l’adorer et lui offrir des présents (Matthieu 1, 18-2, 12).

L’évangéliste poursuit : Après leur départ, voici que l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte ; restes-y jusqu’à nouvel ordre, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Égypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode (Matthieu, 2, 13-15).

Joseph et sa famille restèrent alors en Égypte, jusqu’à ce que l’ange lui ordonnât, après la mort d’Hérode : Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et mets-toi en route pour la terre d’Israël (…) Joseph se leva, prit avec lui l’enfant et sa mère, et il entra dans la terre d’Israël (Matthieu 2, 20-21).

Cependant, comme le fils d’Hérode, Archélaüs, régnait sur la Judée à la suite de son père, par prudence, Joseph s’installa avec sa famille à Nazareth en Galilée ».

Deux parties dans cette chronique. Dans la seconde, les Fuites en Égypte publiées en janvier 2021 ou avant. Dans la première, des œuvres inédites sur ce blog. Classement par ordre alphabétique de communes.

A. Première partie de la chronique

Archignac (Dordogne). Un prieuré du 12ème en Périgord. La vie de Jésus sur le mur gauche de la nef de l’église. Diaporama de 12 photos : nativité, adoration des bergers, adoration des mages, fuite en  Égypte.

« C’est peut-être pour régler une dette d’amitié profane envers le curé que Marcel Deviers, peintre paysan réalise une série de 18 tableaux et, en plus, une « descente de croix » (en mortiers) sur la vie de Jésus. Il en fait don à la commune d’Archignac en 1983″.

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Gand (Belgique). Le repos pendant la fuite en Égypte, vers 1650-1655, Musée des Beaux-arts, par Jacob Jordaens (1593-1678), peintre baroque flamand.

Moissac (Tarn-et-Garonne), Église abbatiale Saint-Pierre (1120-1130), Portail de l’Apocalypse, reproduit à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine (Paris), Galerie des moulages. « Ce portail marque l’apogée du décor monumental sculpté languedocien à l’époque romane. Il sert le thème de l’Apocalypse. Le sculpteur a traduit dans la pierre la vision prophétique de l’Apocalypse selon saint Jean (Apocalypse, 4, 1-8). Au tympan, le Christ en majesté est entouré des symboles des évangélistes. Bas-relief sur le mur latéral de droite : l’Enfance du Christ, Adoration des mages et Fuite en Égypte ».

Montpellier (Hérault), Musée Fabre, Retable de l’École de Bruges, 1563. Le repos pendant la fuite en Égypte (Vierge allaitant) et l’Adoration des mages.

Suite de la première partie : page 2

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1745 (11 juillet). Siège de Gand

A. Histoire de Gand à l’époque médiévale et moderne. Ville au confluent de la Lys et de l’Escaut (source : article de Wikipédia).

Diaporama de 30 photos (Pierre Dubois, janvier 2018).

Gand au 18ème siècle. Cliquer sur les images pour les agrandir

1500. Jeanne de Castille donna naissance à Charles Quint, futur empereur romain germanique et roi d’Espagne. Quoique natif de Gand, celui-ci prit des mesures brutales pour réprimer la révolte de 1539, exigeant que les notables de la ville défilent pieds nus avec une corde autour du cou : depuis cette époque, les Gantois sont surnommés Stroppendragers, les garrotés.

1678. La ville est prise par Vauban.

B. Guerre de succession d’Autriche. Prise de Gand par les troupes royales françaises (11 juillet 1745)

Source 1. Les deux premières pages de la Relation exacte de la prise de Gand.

Source 2. Citations de l’article de Wikipédia.

« La prise de Gand a lieu le 11 juillet 1745 lorsqu’une armée française de 5 000 hommes placée sous le commandement du comte de Lowendal surprend et capture la ville de Gand aux Pays-Bas autrichiens. La garnison alliée offre une faible résistance et la citadelle se rend le 15 juillet.

Le siège a lieu deux mois après la victoire française à Fontenoy, et la perte de Gand est un nouveau coup dur pour les Alliés. La ville avait été convertie en importante base pour l’armée habsbourgeoise depuis qu’elle avait été mobilisée en 1742. Gand est alors utilisé comme point de ravitaillement et les stocks qui y étaient entreposés étaient à leur niveau maximum.

Un régiment britannique, dans lequel était James Wolfe, quitte la ville peu de temps avant sa chute et échappe de peu à la détention. Une colonne de 4 000 à 5 000 Britanniques, Hanovriens, Hollandais et Autrichiens envoyés en renfort par le duc de Cumberland est battue par les Français à la bataille de Melle et seuls 1 000 hommes parviendront jusqu’à Gand.

La ville est investie par les armées françaises et tombe le 11 juillet. Lowendal ouvre des tranchés et place des sapes sous les murs de la citadelle. Sans plus aucun espoir de recevoir des recevoir des renforts et face à l’armée de Lowendal portée à 15 000 hommes, le moral de la garnison de la citadelle chute rapidement, jusqu’à ce qu’un coup de main du 15 juillet précipite la chute de la place. Quelque 3 000 Alliés sont faits prisonniers ainsi que d’importantes stocks d’armes et de ravitaillement.

L’année suivante (1746), Gand sert de point de départ pour la percée française qui culmine avec le siège de Bruxelles« .

C. Le 18ème siècle, âge d’or de l’architecture civile à Gand, Jean-Jacques Duthoy, Revue du Nord, Année 1971, 211, pp. 681-690.

1789. La ville de Gand est prise aux troupes de l’empereur d’Autriche par les révolutionnaires des États-Belgiques-Unis.

18ème et 19ème siècles. L’industrie textile se remet à prospérer. En 1800, Liévin Bauwens installe la première machine à tisser mécanique sur le continent, à partir de plans copiés en Angleterre.

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1745. 1er mariage du dauphin Louis

Louis-Ferdinand de France (1729-1765), dauphin du Viennois, est l’aîné des fils du roi Louis XV et de son épouse Marie Leszczynska. Mort avant son père, il n’accéda jamais au trône, mais il est le père de trois rois de France : Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Le 23 février 1745 dans la chapelle du château de Versailles, Louis-Ferdinand, dauphin de France (1729-1765), épouse Marie-Thérèse, infante d’Espagne (1726-1746). Le cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg, grand aumônier de France, est l’officiant.

Source de la gravure. Les lettres majuscules dans le bandeau du bas permettent de localiser et d’identifier les principales personnalités présentes. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Source : citations de l’article de Wikipédia.

1729 (4 septembre). « Louis-Ferdinand est le quatrième enfant, le premier fils du couple royal. A sa naissance, le roi Louis XV n’a que dix-neuf ans. L’enfant est baptisé à Versailles huit ans plus tard, le 27 avril 1737 avec pour parrain le duc d’Orléans, et pour marraine, la princesse de Condé.

L’éducation du dauphin fut confiée à Jean-François Boyer, évêque de Mirepoix, homme vertueux mais au seuil de la vieillesse et de vues étroites. De fait, il eut pour sous-précepteur l’abbé Joseph de Giry de Saint Cyr, membre de l’Académie française. Il fut un élève très brillant. Ainsi, il avait une excellente connaissance du latin, il parlait couramment l’anglais, chose rare pour un prince de son époque et excellait dans nombre d’autres disciplines. En revanche, il détestait l’activité physique et renonça même à la chasse après avoir tué par mégarde un de ses hommes. Le prince devint, comme ses sœurs, un excellent musicien.

Seul fils survivant du couple royal, adulé par sa mère et ses sœurs, ce fut un enfant orgueilleux voire tyrannique, mais très pieux, désirant ressembler à son grand ancêtre, fondateur de sa lignée, Saint Louis.

1736 (le dauphin a 7 ans). Le roi fait paraître ouvertement à la cour sa première favorite, la comtesse de Mailly. Celle-ci est bientôt supplantée par sa sœur, la comtesse de Vintimille, laquelle meurt en couches en 1741. La sœur des deux précédentes, la marquise de La Tournelle (bientôt titrée duchesse de Châteauroux) lui succède.

1738 (9 ans). Les quatre plus jeunes sœurs du dauphin quittent la cour pour l’abbaye de Fontevraud où elles doivent être éduquées à moindre frais. Ne restent à la cour que ses aînées, les jumelles Mesdames Élisabeth et Henriette et sa cadette Madame Adélaïde ».

« Très affecté par la séparation officieuse de ses parents, l’adultère du roi et la résignation doloriste de sa mère, le dauphin s’escrime à ne pas ressembler à son père, optant dès son enfance pour une dévotion profonde et assumée.

1739 (10 ans). Désirant laver l’affront que le duc de Bourbon avait commis envers la cour d’Espagne en rompant arbitrairement les fiançailles du roi, Louis XV s’était engagé à marier sa fille aînée à un infant d’Espagne et son fils à une des infantes. Ainsi Madame Première fut-elle mariée dès qu’elle fut nubile (à douze ans) à l’infant Philippe en 1739, mariage peu brillant pour une princesse de France puisque l’infant, étant le troisième des fils survivants du roi, était un cadet sans réel avenir. Louise-Élisabeth de France (1727-1759), fille de France, puis infante d’Espagne et duchesse de Parme et de Plaisance ». Lire la chronique du blog : Fête pour un mariage royal.

1744 (15 ans). « Louis XV tombe malade à Metz. Avant de lui donner l’extrême-onction, l’aumônier de la cour, François de Fitz-James, évêque de Soissons, exige le renvoi de la favorite, ainsi qu’une confession publique. Entretemps, mené par son précepteur, le jeune Louis, qui est donc apte à accéder au trône, est venu au chevet de son père, ce que le roi, comprenant les manœuvres intrigantes du précepteur, trouve fort mauvais… L’humiliante confession publique que le roi se doit d’effectuer devant les menins du Dauphin et la population messine fait un très mauvais effet sur l’adolescent ». Lire la chronique du blog : le roi se meurt ?

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1745. Cinq chroniques du blog

Sources additionnelles : 1745 en Europe et 1745 en France.

Évènements principaux. Répression du protestantisme calviniste. Premier mariage du dauphin. Sixième année de la guerre de Succession d’Autriche (victoire de Fontenoy). La duchesse de Pompadour, favorite de Louis XV. Machault d’Arnouville, contrôleur général des finances.

8 janvier. Guerre de Succession d’Autriche : quadruple Alliance de Varsovie entre l’Autriche, la Grande-Bretagne, les Provinces-Unies et la Saxe contre l’extension de la Prusse.

1er février. Une ordonnance condamne aux galères à perpétuité ceux qui assistent aux assemblées protestantes. La répression anti-huguenote reprend entre 1745 et 1752, marquée par des envois aux galères pour calvinisme, des exécutions de pasteurs (Grenoble, Montpellier, Toulouse) et des rebaptisations forcées dans la région de Nîmes (1751-1752). La répression s’adoucira après 1756.

23 février. Marie-Thérèse d’Espagne (1726-1746) épouse le Dauphin Louis de France (1729-1765) dans la chapelle du château de Versailles. Elle mourra en couches en 1746.

15 avril. Victoire autrichienne sur la France à la bataille de Pfaffenhofen.

22 avril. Traité de Füssen entre l’Autriche et la Bavière. À la mort de Charles VII (20 janvier), son fils Maximilien III Joseph, le nouvel électeur de Bavière, traite avec Marie-Thérèse dont l’époux, François de Lorraine, est élu empereur en septembre. Maximilien III Joseph renonce, pour lui et sa postérité, à toutes prétentions sur les États de la maison d’Autriche, en échange de la restitution des places conquises en Bavière par les Autrichiens.

7 mai. Traité d’Aranjuez entre la France, l’Espagne, Naples et Gènes.

11 mai. Victoire française à la bataille de Fontenoy (Flandre). L’armée française, placée sous le commandement du maréchal Maurice de Saxe, remporte une victoire difficile sur les armées britanniques, Hanovrienne, Hollandaise et Autrichienne aux ordres du duc de Cumberland, général britannique et troisième fils du roi George. La France peut conquérir les Pays-Bas autrichiens.

18 mai. Alliance de Leipzig entre l’Autriche et la Saxe conclue dans l’intention de reprendre la Silésie à la Prusse.

4 juin. Victoire de Frédéric II de Prusse sur l’Autriche à la bataille de Hohenfriedberg en Silésie. Il envahit immédiatement la Bohême puis la Saxe fin novembre.

7 juillet. Jeanne Antoinette Poisson, dame Le Normant d’Étiolles, est faite marquise de Pompadour. Présentée à la cour en février, elle devient maîtresse officielle du roi. Aidée par un petit cercle de conseillers personnels (les frères Paris, le duc de Richelieu, futur maréchal de France, le cardinal de Tencin et sa sœur, son médecin François Quesnay), elle exerce une grande influence sur le monarque, et gouverne véritablement jusqu’à sa disparition (1764). Elle fait disgracier le contrôleur général Philibert Orry, hostile aux Pâris. Madame de Pompadour, peinte par François Boucher en 1750.

  • chronique du blog à venir.

9 juillet. Victoire française à la bataille de Melle.

11 juillet. Prise de Gand par les Français. Le château se rend le 15.

Second soulèvement en Écosse des Jacobites, partisans de Charles Édouard Stuart (Bonnie Prince Charlie), aux trônes d’Angleterre et d’Écosse. Charles Édouard Stuart débarque le 2 août, prend Édimbourg puis pénètre jusqu’au centre de l’Angleterre avec l’appui des tories.

Juillet-août. Les états de l’Enquête sur les facultés des peuples, lancée par le contrôleur général des finances Philibert Orry dans toutes les généralités du pays, sont remis à la Cour.

24 juillet. Un arrêt du conseil du roi accorde pour vingt ans à Charles Adam, prête-nom du marquis Orry de Fulvy, le privilège pour l’établissement de la Manufacture de porcelaine façon de Saxe, au château de Vincennes.

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1745 (11 mai). Bataille de Fontenoy

A. Jean-Pierre Bois, Fontenoy 1745. Louis XV, arbitre de l’Europe, Collection Campagnes & stratégies, Les grandes batailles, Économica, 1996.

Diaporama de 22 photos : bonnes feuilles de l’ouvrage, portrait de Maurice de Saxe par Quentin de La Tour (1704-1788), gravure Les Illustres Français, Maurice de Saxe, bataille de Fontenoy (Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg).

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B. Avant la bataille de Fontenoy. Source : citations du site Histoire pour Tous.

6 avril 1745. « Maurice de Saxe (1696-1750) est à Lille, commandant une armée de 100 000 hommes. Il va conquérir d’abord Tournai, ville bien équipée en hôpitaux et à l’infrastructure suffisante pour nourrir et loger les soldats. Le plan de bataille a été élaboré en décembre 1744 et doit débuter au printemps 1745 : concentrer l’armée dans le nord, faire une diversion vers Mons et Charleroi et repartir soudainement vers Tournai et surprendre les Hollandais ».

« Pendant ce temps, le duc de Cumberland (1721-1765) débarque à Ostende à la tête d’une armée de 55 000 hommes composés de Hanovriens, d’Anglais, de Hollandais.

25 avril 1745. 6 000 français se présentent devant Tournai en créant la surprise. Le lendemain le Maréchal de Saxe entame le siège de la ville avec 60 000 hommes.

28 avril 1745. Le duc de Cumberland se décide à marcher vers Tournai : il veut prendre les Français à revers, les pousser vers la ville, et ainsi les battre une fois qu’ils seront pris entre deux feux. De Saxe y avait pensé et s’était organisé en conséquence. Cumberland est mal obéi par ses subalternes, ne se met en action que le 30 à Bruxelles et met neuf jours pour atteindre Tournai.

De Saxe décide que le combat se passera dans la plaine de Fontenoy, hors de portée des canons de Tournai. Il réorganise son armée : 20 000 hommes pour le siège et 40 000 pour affronter les Alliés.

6 mai 1745. Le roi Louis XV quitte Versailles avec le Dauphin et prend la direction de Tournai pour assister à la capitulation de la ville ».

C. Fontenoy, déroulement de la bataille. Source : citations de l’article de Wikipédia.

« La bataille entre les deux armées se déroule le mardi 11 mai 1745 dans la plaine de Fontenoy, située entre Fontenoy, Antoing et Ramecroix, à 7 kilomètres au sud-est de Tournai.

Prévoyant l’arrivée de l’armée alliée, le maréchal de Saxe ordonne de construire des retranchements sur la rive droite de l’Escaut. Dès le 8 mai, le village de Fontenoy est fortifié et deux solides redoutes édifiées près de la corne du bois de Barry ; le 10 mai, trois nouvelles redoutes sont érigées entre Fontenoy et Antoing ».

Plan de la bataille de Fontenoy

Vers 5 heures 30. « La bataille débute le mardi 11 mai par des tirs d’artillerie, ouverts en premier lieu par les Hollandais.

Informé de la présence d’un ouvrage fortifié garni d’artillerie sur la lisière du bois de Barry, le jeune duc de Cumberland ordonne au lieutenant-général Richard Ingoldsby de s’emparer de la position ennemie avec une brigade de quatre régiments d’infanterie. Échec.

9 heures. Les premières attaques de la journée ne débutent que vers les neuf heures du matin. Les troupes hollandaises mènent deux attaques. Elles échouent sous les tirs de la puissante artillerie française. Vers les 10 heures, une seconde attaque, soutenue par des troupes hanovriennes et britanniques, est à nouveau repoussée, forçant les Hollandais à adopter une attitude désormais passive.

Vers 10 heures 30. Le duc de Cumberland ordonne à ses troupes d’attaquer par le nord de Fontenoy. Disposés sur trois lignes, les bataillons Anglo-Hanovriens, groupant quelque 15 à 16.000 hommes, s’avancent vers les positions françaises en remontant un sol légèrement pentu.

Vers les 11 heures. Ils apparaissent face à la première ligne française, après avoir subi de lourdes pertes occasionnées par l’artillerie.

Les troupes britanniques foudroyèrent de leurs tirs nourris les premiers rangs ennemis et les refoulèrent. Une brèche de quelque 250 mètres de largeur s’ouvrit leur permettant de pénétrer dans le périmètre français. La résistance des défenseurs de Fontenoy et des abords de la redoute du bois de Barry, jointe aux charges de la première ligne de cavalerie française, eurent pour conséquence de bloquer l’avance ennemie et forcèrent les britanniques à se réorganiser et à se redéployer sous la forme d’un rectangle fermé sur trois côtés.

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Manufacture Sèvres. Trésors 18ème

Sèvres, manufacture et musée nationaux. Trésors du 18ème (source : captures d’écran des Actualités de janvier 2022). Biographie de Joseph-Marie Amiot (1718-1793).

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C’est Joseph-Marie Amiot qui a rapporté en France les deux albums peints présentés ci-dessus. Qui est-il ? Source : citations de l’article de Wikipédia.

« Joseph-Marie Amiot, né le 1718 à Toulon et décédé le octobre 1793 à Pékin (Chine), est un prêtre jésuite, astronome et historien français, missionnaire en Chine. Il fut l’un des derniers survivants de la Mission jésuite en Chine.

Amiot entra au noviciat de la Compagnie de Jésus à Avignon en 1737, et fut ordonné prêtre le 21 décembre 1746 à Lyon. Durant sa formation il avait demandé à être envoyé comme missionnaire en Chine. Cela lui fut accordé, et, en compagnie de deux novices (jésuites) chinois, il quitta le port de Lorient (France) en décembre 1749 pour arriver à Macao le 27 juillet 1750. L’année suivante il monta à Pékin où il entra le 22 août 1751. Il y resta jusqu’à sa mort, en 1793« .

Source : Wikipédia

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1701-1718. Traités de la Barrière

Traités de la Barrière. Source : citations de l’article de l’Encyclopédie des Gens du monde.

1701 (7 septembre). « Les Provinces-Unies, en concluant avec l’Angleterre et l’Empereur le traité d’alliance offensive appelé la grande alliance, et en déclarant en 1702 la guerre à la France et à l’Espagne (guerre de la succession d’Espagne), voulaient non seulement abaisser Louis XIV, mais surtout obtenir une barrière qui pût les protéger à l’avenir contre un ennemi puissant (art. 5 et 9).

1709 (29 octobre). Dès 1706, on avait essayé de jeter les bases d’un arrangement. Les conférences, plusieurs fois suspendues, furent reprises en 1709, sans que les ministres d’Autriche y fussent appelés ; et le premier traité de la Barrière fut conclu à La Haye en 21 articles, le 29 octobre l709. Les États-Généraux y garantissaient la succession britannique dans la ligne protestante (art. 2), et la Grande-Bretagne, de son côté, leur donnait (art. 6) le droit de tenir garnison dans Nieuport, Furnes, Ypres, Menin, Lille, Tournai, Condé, Valenciennes, le fort Knocke, et dans les villes que l’on pourrait conquérir sur la France. Aucune partie des Pays-Bas espagnols ne pouvait être donnée ou cédée à la France à quelque titre que ce fût (art. 12). Un article séparé promettait aux États, au nom de la Grande-Bretagne, la Haute Gueldre en toute souveraineté, et le droit de tenir garnison dans Liège, Huy et Bonn ».

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1711-1713. « Les négociations qui suivirent entre la France et l’Angleterre, faisaient prévoir une courte durée au traité de l709. En effet, le 30 janvier 1713, il fut conclu à Utrecht, entre la Grande Bretagne et les Provinces-Unies, un deuxième traité de la Barrière, en 16 articles, plus 2 articles séparés. Celui de 1709 y fut aboli et annulé (art. 1); la succession protestante en Angleterre garantie (art. 2). Les États-Généraux obtenaient le droit de tenir garnison dans Furnes, Ypres, Menin, Namur, Tournai, Mons, Charleroi, Gand les forts Knocke, la Perle, Philippe et Damme (art. 4), et de nommer les commandants de ces places (art. 7). On retranchait ainsi de la barrière fixée en 1709, Lille, Condé, Valenciennes. On renouvelait (art. 10) les stipulations relatives à l’exclusion de la France. Par suite des traités d’Utrecht, de Rastadt et de Bade, celui du 30 janvier 1713 devait être modifié » .

1715 (15 novembre). « Pour terminer toutes les difficultés, il fut tenu un congrès à Anvers, sous la médiation de l’Angleterre, qui envoya Cadogan pour la représenter. Les autres plénipotentiaires furent, pour l’empereur Charles VI le comte de Koenigseck, pour les Provinces-Unies le comte de Nechteren, van der Dussen et de Gockinga. Ce troisième traité, en 29 articles, fut signé à Anvers le 15 novembre 1715 ; les États-Généraux y remettaient à l’Empereur les provinces et villes des Pays-Bas, tant celles qui avaient été possédées par Charles II, que celles qui avaient été cédées par la France à la paix d’Utrecht; mais à la condition qu’elles ne pourraient être soumises qu’aux seuls successeurs des états de la maison d’Autriche (art. 1 et 2). L’Empereur accordait aux États-Généraux le droit de tenir garnison dans Namur, Tournai, Menin, Ypres, Furnes, Warneton et le fort Knocke (art. 4).

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1744. Treize chroniques du blog

18ème siècle, année 1744. La guerre de succession d’Autriche, commencée en 1740, est à un tournant. Les troupes royales françaises commencent à prendre le dessus dans les Pays-Bas autrichiens.

Treize chroniques du blog sur l’année 1744.

22-23 février. Bataille du cap Sicié près de Toulon entre les flottes franco-espagnole et britannique.

15 mars. Louis XV déclare la guerre à la Grande-Bretagne et à l’Autriche.

26 mars. Maurice de Saxe est promu maréchal de France, « passant devant huit lieutenants-généraux plus anciens que lui ».

10 avril. Celui-ci se rend à Valenciennes où il prend la tête de l’armée destinée à attaquer les Pays-Bas autrichiens. Il s’agit de mener une guerre de sièges.

3 mai. Louis XV quitte Versailles pour prendre le commandement de l’armée de Flandre. Au cours du trajet, il prie devant l’image de Notre-Dame de Grâce à Cambrai. 

12-14 mai. Premier voyage de Louis XV à Lille, par Aristote Crapet, Revue du Nord, Année 1914, n°17, pp. 1-10.

5 juin. Traité de Versailles. Deuxième alliance franco-prussienne.

7 juin. Le roi entre à Menin sur la Lys après la prise de la ville. « Celle-ci assure à l’armée des subsistances prélevées en Flandre intérieure et ouvre une suite de sièges destinés à conduire le roi jusque sur la côte de la Flandre maritime, afin au moins de gêner les anglais dans leur passage de troupes sur le continent ».

25 juin. Prise d’Ypres.

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Les appartements du Palais Rohan

Musée des Arts décoratifs de Strasbourg, au rez-de-chaussée du Palais Rohan, dans les appartements des princes-évêques de Rohan reconstitués dans un état proche de l’aspect qu’ils présentaient  au 18ème siècle, avant les bombardements intervenus en 1870 et 1944.

Suite des deux chroniques : Armand-Gaston de Rohan, prince-évêque, et Robert de Cotte, architecte du Roi ; Le palais Rohan en 46 photos.

Deux Diaporamas. 1 : 48 photos. 2 : 39 photos.

Source 1. Le Palais Rohan, citations de l’article de Wikipédia.

La salle du Synode « réunit en réalité deux salles jumelles, la Salle des gardes et la Salle à manger séparées par des arcades. Les deux vases à couvercle, en porcelaine de Chine à décor bleu et blanc, datent de la fin de l’époque Ming, soit du milieu du XVIIe siècle, et témoignent, parmi d’autres œuvres présentées, du goût du cardinal pour les arts d’Extrême-Orient ».

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Le Salon des évêques « joue le rôle de seconde antichambre avant la chambre du roi. Dans les boiseries blanc et or assez simples étaient enchâssés les portraits des sept prédécesseurs du cardinal et le sien propre. Seul celui-ci a été conservé, les autres ont été détruits en 1773 et furent remplacés plus tard par des allégories dues à Joseph Melling. Le palais ayant été transformé en hôtel de ville et le salon des évêques en salle des séances du conseil municipal, elles incarnent six vertus civiques : La Prudence, La Paix, L’Immortalité, La Concorde, Le Zèle et La Félicité publique. Pour les uns, les couleurs froides et le dessin très sobre marquent l’évolution du peintre – élève de Boucher – vers un style néo-classique, alors que d’autres jugent ces œuvres « fades ». Contrairement aux tableaux, les huit bustes d’empereurs romains – des copies du XVIIe siècle – ont conservé leur emplacement d’origine voulu par le cardinal ».

La chambre du Roi. Connue sous le nom de chambre du Dais sous l’Ancien Régime, c’est une pièce de prestige dont la fonction s’inspire directement de l’étiquette en usage au château de Versailles : servir de cadre à la cérémonie du lever et du coucher du prince. Elle se distingue par ses boiseries en chêne sculpté, peint et doré, et son plafond en stuc de style rocaille. Dans le fond de la pièce, l’alcôve royale fait face aux trois fenêtres donnant sur l’Ill.

« Elle est encadrée par des colonnes cannelées peintes en faux marbre, surmontées de chapiteaux corinthiens et reliées par une balustrade blanc et or. Trois tapisseries faisant partie de L’Histoire de Constantin – une suite de huit tapisseries d’après des cartons de Rubens présentes dans l’ensemble des grands appartements – ornent le fond de l’alcôve. Acquises par le cardinal de Rohan en 1738, elles sont issues des ateliers parisiens du Faubourg Saint-Marcel. Les tableaux des trumeaux d’entre-fenêtres sont des originaux de Pierre-Ignace Parrocel, un peintre issu d’une grande famille d’artistes avignonnais que le cardinal ramena en 1740 de Rome où le jeune homme se formait. Ces œuvres représentent Jésus et la Samaritaine et La Tentation du Christ« .

La Bibliothèque. « Quatre autres tapisseries illustrant la vie de Constantin représentent Le Mariage de Constantin, L’Apparition du Chrisme, Sainte Hélène et la Vraie Croix et Le Baptême de Constantin6. Deux portraits de monarque en costume de sacre – Louis XIV et Louis XV se font face. Ce sont des copies d’œuvres de Hyacinthe Rigaud, réalisées par Pierre Legendre. Le buste est celui du cardinal de Rohan, exécuté par Edmé Bouchardon en 1730″.

Garde-Robe du Prince Évêque

Antichambre du Prince-Évêque, devenue petite salle à manger du couple impérial.

Source 2. Bibliothèque des cardinaux du palais Rohan, citations de l’article du Magazine Pro-antic.

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