Archives de Catégorie: AE. Histoire médiévale

16 massacres des Innocents

Le massacre des Innocents est un épisode relaté dans l’Évangile selon Matthieu, chapitre 2, versets 16-18. Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages. Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par le prophète Jérémie : Ainsi parle l’Éternel : On entend des cris à Rama, des lamentations, des larmes amères ; Rachel pleure ses enfants ; elle refuse d’être consolée sur ses enfants, car ils ne sont plus.

Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg

Édith Parmentier, Le massacre des Innocents, une construction mémorielle, Ékklèsia, Approches croisées d’histoire politique et religieuse, 104 | 2017, pp. 225-240.

« Le massacre des Innocents fixe la date de naissance de Jésus et donne le point de départ des persécutions. Cependant, l’évangile de Matthieu est le seul texte à évoquer cet événement qui joue un rôle fonctionnel dans la littérature chrétienne. Ni les autres évangélistes, ni l’historien juif Flavius Josèphe, qui partagent la même réprobation des crimes d’Hérode, n’en disent mot. Le seul témoignage qui pourrait l’attester indirectement est une plaisanterie d’Auguste, déclarant que mieux valait être le porc d’Hérode que son fils. Connue par l’anthologie tardive de Macrobe, ce bon mot doit son succès, dans le contexte culturel des calembours gréco-romains en vogue à la cour impériale, à la contamination entre un lieu commun pamphlétaire sur l’infanticide et une plaisanterie anti-juive sur l’abstinence du porc. L’amalgame chrétien entre les enfants de Bethléem et les fils d’Hérode n’est pas dû à Auguste, c’est une addition introduite a posteriori et popularisée par la mémoire collective ».

L’ensemble des Églises honore les Innocents comme martyrs au cours du Jour des Saints Innocents ; cet événement est fêté le 28 décembre en Occident.

A. Quatre massacres des Innocents découverts depuis l’an dernier.

Diaporama de 22 photos.

13ème siècle. Basilique Saint-Denis, retable de l’Enfance de Jésus : la Nativité, les Rois mages, Vierge à l’enfant, le massacre des Innocents, la fuite en Égypte, pierre peinte, chapelle de la Vierge.

1480. L’Adoration des Mages, attribué à Hans SCHÜECHLIN, vers 1480, ateliers de Franconie, triptyque, peinture, sculpture; bois stuqué et polychromé, Musée de la Cour d’Or de Metz.

« La fabrication d’un retable est une entreprise qui engage différents métiers : sculpteurs, peintres et doreurs sont réunis au sein d’un atelier dirigé par un Maître. Ce dernier se déplace en fonction des commandes qu’il reçoit, selon une pratique courante au XVe siècle. Le style de la sculpture et des panneaux peints du triptyque évoque le travail d’un Maître actif en Franconie (Nuremberg ou ses environs), et probablement itinérant en Souabe, autre région du sud de l’Allemagne. Hans Schüechlin s’est formé d’après les maîtres de Cologne et de l’école néerlandaise. Cologne, Nuremberg, la Bavière, l’Autriche sont les grands centres de la peinture allemande (la production est surtout celle de retables à volets sculptés et peints). Il a tenu une position honorable dans l’histoire de l’art du Moyen-Âge, bien que le temps en ait laissé seulement peu d’ouvrages certifiés ».

1543. Pont-à-Mousson, Église Saint-Laurent, Retable de Philippe de Gueldre, volets ouverts : largeur 4,8m, hauteur 2,4m. Diaporama de 27 photos.

« Ce retable a été commandé par la duchesse de Lorraine Philippe de Gueldre à un atelier anversois. 22 scènes principales. Le cycle marial et les scènes de la Passion du Christ, accompagnés de scènes des Évangiles et de l’Ancien Testament ainsi que de la Légende Dorée, sont le reflet de la spiritualité de sa commanditaire ».

1967. Fernando Botero associe le massacre des Innocents et la fuite en Égypte, exposition 2015, musée Würth à Erstein (Bas-Rhin). Chronique : Fernando Botero, 30 ans en 1962. Des dizaines d’œuvres dans une vidéo de Hugues Pénot (4’37).

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Rome. 4 adorations des mages

Vœux 2022 : visite virtuelle de musées et d’églises : Art sacré, médiéval et moderne, de Noël à La fuite en Égypte. Suite des chroniques et photos : 63 Adorations des mages.

Quatre adorations des mages à Rome : Sainte-Marie du Trastevere, Sainte-Marie de la Paix, Galerie Doria Pamphilj. Diaporama de 17 photos.

A. Rome. Basilique Sainte-Marie du Trastevere.

« La basilique est l’une des plus anciennes églises de Rome, construite sous le pape Calixte 1er (217-222), avec l’accord de l’empereur Sévère Alexandre, elle fut probablement le premier lieu de culte chrétien officiellement ouvert au public ».

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Pietro Cavallini (1250 – 1330) est un peintre et mosaïste du Trecento. Il travailla à la décoration des plus importantes églises de Rome et de Naples.

« La scène de l’adoration des mages représente la Vierge vêtue d’un vêtement d’un bleu éblouissant, assise sur un trône dans une demeure suggérée par deux colonnes. L’Enfant Dieu, sur les genoux de sa Mère, se penche sur les présents, comme s’il voulait les saisir. Saint Joseph, à la barbe et aux cheveux blancs – montrant ainsi l’homme déjà âgé qu’il était en épousant Marie – se tient modestement à l’arrière.

Les Rois Mages, en habits persans, avec de riches manteaux et des couronnes royales, ploient le genou. A l’arrière-plan, une ville fortifiée représente Jérusalem. L’Étoile qui les a guidés ici se trouve au-dessus de la maison de la Sainte Famille.

Pietro Cavallini s’éloigne de la rigidité des mosaïques byzantines. Le mouvement des personnages est très fluide et la richesse des couleurs n’est pas dominée par le fond d’or.

B. Rome. Santa-Maria della Pace

« Cette petite église est une des œuvres majeures du baroque. Elle est proche de la Place Navone. Elle fut construite sur le site d’une chapelle dédiée à Saint-André-des-Porteurs-d’Eau. Sa construction fut décidée en 1482 par le pape Sixte IV, après le saignement miraculeux en ce lieu d’une icône de la vierge. Elle est attribuée à Baccio Pontelli ».

Adoration des mages (détail ci-dessous) par Baldassare Peruzzi (1481-1536), école florentine.

Le thème de l’Adoration des Mages a été traité à plusieurs reprises par cet artiste. Ch. L. Frommel (Baldassare Peruzzi als Maler und Zeichner, Vienne, 1967-1968, n° 45, p. 85) met en rapport un dessin du Louvre avec les fresques de la Cappella Ponzetti dans l’église de Santa Maria della Pace.

C. Rome, Galerie Doria Pamphilj.

Le bâtiment remonte au XVIe siècle. Il appartient à l’origine au cardinal Fazio Santoro, avant de passer aux Della Rovere puis, au début du XVIIe siècle, au cardinal Pietro Aldobrandini. Le palais fait ensuite partie de la dot d’Olimpia Aldobrandini. En 1647, celle-ci, veuve de Paolo Borghèse, épouse le prince Camillo Pamphilj, neveu du pape Innocent X et lui apporte l’actuel palais, qui fait toujours partie du patrimoine Pamphilj au XXIe siècle.

L’adoration des mages (détail ci-dessous) par Francesco Albani

« Né à Bologne en 1578, d’un marchand de soieries, et mort en 1660, ce peintre débuta dans sa ville natale avec le maniériste Denis Calvaert.

Vers 1595. Il rejoint l’Académie des Incamminati fondée par les Carrache.

En 1601, il est à Rome où il assiste Annibal Carraci dans quelques-unes de ses œuvres importantes telles les fresques de Saint-Jacques-des-Espagnols et les lunettes Aldobrandini de la Galerie Doria-Pamphilj.

Il fait la rencontre de Guido Reni et du Dominiquin avec qui il travaille à San Domenico (Mystères du Rosaire).

En 1614, de retour à Bologne, il y travaillera de façon pratiquement ininterrompue, exécutant des retables pour les églises de la ville.

Il a traité autant de sujets mythologiques et allégoriques que de sujets pieux, et il a écrit sur son art. Il a peint dans un style classique gracieux des compositions mythologiques ou allégoriques privilégiant les formats ronds ou ovales. Son style léger, caractérisé par la présence de nymphes et de putti, jeunes angelots nus, souriants dans des paysages idéaux, inspira jusqu’aux peintres du XVIIIe siècle ».

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Schwäbisch. 4 adorations des mages

Schwäbisch Hall. Quatre adorations des mages et diaporama de 23 photos (cartels, œuvres dans leur encadrement, détails).

Peter Murer, L’adoration des trois rois mages, vers 1465

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Septembre 2019. Escapade à Schwäbisch Hall (Bade-Wurtemberg), découverte de l’histoire millénaire d’une ville moyenne au cœur de l’Europe, d’une ville libre d’Empire pendant plus de 500 ans… Lire la suite de la chronique du blog : Ville libre d’Empire (1280 à 1803).

Saint Michel terrassant le dragon, saint patron de Schwäbisch Hall. Dans l’église éponyme, il n’y a pas moins 14 représentations de cet archange, l’un des sept majeurs (avec Gabriel et Raphaël notamment) des religions abrahamiques… Lire la suite de la chronique du blog

Schwäbisch Hall et l’entreprise Würth. « Fondée en 1945, elle est devenue une multinationale présente dans 80 pays. Würth France à Erstein regroupe 4 000 salariés (dont les 3/4 de commerciaux) et revendique 250 000 clients et 30 000 références. Elle est le leader mondial des matériels de montage et de fixations pour l’artisanat et l’industrie, pour les vis, les chevilles, les équipements de protection intérieure, l’équipement lourd dans diverses industries, la haute technologie, les produits chimiques et techniques, les ferrures, les machines, l’outillage à main ». Pour aller plus loin : Histoire de l’entreprise.

Mais les Würth sont aussi des collectionneurs et des mécènes. Un premier tableau est acheté en 1972. Leur idée est que chaque création d’usine soit accompagnée par la fondation d’un musée. Il en existe même deux à Schwäbisch Hall. Reinhold Würth a souhaité que l’entrée y soit gratuite.

Le plus petit des deux musées est issu de la reconversion de l’église des Chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem (Johanniterkirche), ancienne église du couvent du XIIe siècle.

Retabel der Marienkirche in Riden, Brussel oder Löwen, um 1449/50

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Tours. 5 adorations des mages

Cinq adorations des mages au musée des Beaux-arts de Tours.

Diaporama de 26 photos (cartels, peintures dans leur encadrement, détails). Trois autres adorations sur les vitraux de la cathédrale : elles figureront dans ma carte de vœux n°5.

Source Wikipédia. « Le musée est installé dans l’ancien palais des Archevêques de Tours, au pied de la cathédrale Saint-Gatien.

Photo d’août 2017. Cliquer sur les images pour les agrandir

« Le grand corps de logis classique, articulé à son beau jardin, englobe ou complète des éléments de plusieurs édifices présents sur ce site de l’Antiquité jusqu’au XVIIIe siècle : rempart et tour gallo-romains (IVe s.), vestiges de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais (IVe-XIIe s.), salle des États, transformée en chapelle au XVIIIe siècle, ancien palais du XVIIe. La cour d’entrée, avec sa porte monumentale formant arc de triomphe, a été aménagée à la veille de la Révolution. Elle accueille en son centre un cèdre bicentenaire classé Arbre Remarquable ».

« Le fonds le plus ancien du musée est constitué de saisies révolutionnaires, provenant en particulier des grandes abbayes de Marmoutier, de Bourgueil et de La Riche, ainsi que de tableaux et des meubles provenant des châteaux de Chanteloup et de Richelieu. Des dépôts de l’État ont enrichi les collections initiales, avec notamment les deux célèbres panneaux de Mantegna« .

« Les primitifs italiens sont particulièrement bien représentés, grâce notamment au legs consenti en 1963 par le peintre et collectionneur Octave Linet « .

A. Naddo Ceccarelli est un peintre italien de l’école siennoise, actif entre 1330 et 1360. Tableaux exposés dans quelques musées européens. Le Christ en homme de pitié ou Ecce Homo, 1347, musée Liechtenstein, Vienne, Vierge à l’Enfant et quatre saints, polyptyque, Pinacothèque nationale de Sienne, L’Annonciation et L’Adoration des mages, 2e quart du XIVe siècle, musée des beaux-arts de Tours, La Crucifixion, milieu du XIVe siècle, Fitzwilliam Museum, Cambridge.

B. Anonyme, Adoration des mages, Flandres, vers 1520-1525.

C. Mechteld Lichtenberg toe Boecop (vers 1520-1598), Adoration des mages avec un groupe de donatrices, huile sur bois.

« C’est l’une des rares peintres hollandais du nord de l’époque dont le nom est connu. On ne sait pas comment elle a appris à peindre, bien qu’il soit possible qu’elle ait été l’apprentie de Jan van Scorel. Œuvres au musée d’Utrecht Pietà avec Mary Magdalene (1546), Adoration du berger (1572). Également, une grande peinture de La Cène sur deux panneaux (1574). La Dernière Cène présente des membres de la famille Boecop comme des apôtres ».

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Gand. 6 adorations des mages

Six adorations des mages : diaporama de 36 photos (cartels, peintures dans leur encadrement, détails).

Musée des Beaux-arts de Gand (Belgique, MSK Gent).

« C’est un des plus anciens musées de Belgique. Son origine remonte en 1798, à l’époque où Gand est devenue la capitale du département français de l’Escaut, lorsque la France décida de rassembler une collection d’œuvres d’art accessible au public. Il est initialement établi en l’église Saint-Pierre de Gand. 

En 1809, il est transféré dans un bâtiment plus approprié, dans une salle de l’Académie municipale située dans un ancien couvent des Augustins. Plus tard, la ville de Gand tentera vainement de récupérer certaines œuvres importantes emmenées en France, dont certaines se trouvent toujours au Louvre.

C’est en 1898 qu’est prise la décision de construire un nouvel édifice capable d’accueillir les nouvelles œuvres achetées par la ville, le plus souvent aux salons qu’elle organisait. Le nouveau complexe muséal a été dessiné par l’architecte Charles Van Rysselberghe« .

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A. Maître MS, L’adoration des mages, 1506, Huile et feuille d’or sur bois (chêne).

« Le Maître MS est un peintre anonyme hongrois actif durant la première décennie du XVIe siècle. Son monogramme a été retrouvé sur l’un des panneaux du retable de Banskà Štiavnica (Slovaquie). Il a été rapproché de Martin Schwarz, un artiste connu pour avoir travaillé à Cracovie avec le sculpteur germanique Veit Stoss en 1477″.

B. Maître du Wenemaer, Triptyque, Scènes de la vie du Christ, 1475, Huile sur toile: 84 cm x 68,8 cm.

« Le Triptyque de Wenemaer emprunte son nom à l’ancien hospice Wenemaer, situé à la Veerleplein à Gand, où l’œuvre est conservée à l’époque. Fondé en 1323 par Guillaume Wenemaer, un patricien gantois des plus influents, et son épouse Marguerite de Brune, l’hospice soigne et accueille des vieillards indigents. Le triptyque nous fait découvrir des scènes de l’enfance de Jésus. Sur le panneau central on aperçoit L’Adoration des bergers, sur le volet gauche, La Présentation au temple et sur le volet droit L’Adoration des Mages. De par sa palette lumineuse et décorative et son emploi d’or, le triptyque rappelle les miniaturistes gantois de la fin du XVe siècle. Remarquons les attitudes élégantes et l’allongement contre nature des personnages ».

C. Maître du Prélat Mur, L’Adoration des Mages, 15ème siècle, huile sur toile, 124,5 cm x 112,5 cm.

« Le thème de L’Adoration des Mages est emprunté à l’évangile selon saint Matthieu. Leur représentation comme des rois constitue toutefois un développement ultérieur dans la tradition chrétienne s’étant généralisé à partir du 12ème siècle. Les présents offerts par les Rois mages ont une valeur symbolique: l’or représente le royaume du Christ, la myrrhe sa nature humaine et l’encens sa nature divine. Le Maître du Prélat Mur fait partie de l’École Aragonaise. La mise en œuvre d’or et de relief, si caractéristique de la peinture sur bois espagnole ancienne, se limite ici aux vases et à quelques motifs décoratifs vestimentaires ».

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Vœux 2022. Musée, visite virtuelle

2022. Les meilleurs vœux de Pierre Dubois (Blog Histoires d’universités)

Visite virtuelle d’une vingtaine de Musées des Beaux-arts en France et en Europe

Art sacré, médiéval et moderne. Œuvres choisies pour cette période de Noël et Épiphanie

Vierge allaitant ou allaitante ou au lait,

Adoration des Mages,

Massacre des Innocents,

Fuite ou repos en Égypte,

Retables et vitraux comprenant plusieurs des scènes précédentes.

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1er thème : La Vierge allaitant

La maternité dans l’iconographie mariale. Les Vierges enceintes ou allaitantes dans l’art chrétien, par M. Christian Jouffroy, 34 pages, 2007.

Lille, Caen, Dijon, Metz, Paris le Louvre, Strasbourg, Toul, Tours (musées des Beaux-arts), 11 vierges allaitant, de 2014 à 2021.

Caen. Rogier van der Weyden (1400-1464), La vierge à l’Enfant, musée des Beaux-arts

Dijon, Maître au brocart d’or, seconde moitié du 15ème, Vierge à l’enfant, Musée des Beaux-arts

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Angers, Musée des Beaux-arts, 7 vierges allaitantes, 27 août 2016.

Gand, Musée des Beaux-arts, 4 Vierges allaitant, 23 janvier 2018.

KarlsruheHans Baldung, Vierge / Vénus, 9 février 2020.

Musées divers, La Vierge allaitant, 16 peintures, 21 décembre 2020.

Rome, 6 Vierges allaitantes, 21 décembre 2020.

Catalogne, 4 vierges allaitant, 25 décembre 2020.

Dijon, Musée des Beaux-arts, 4 vierges allaitant, 29 mai 2021.

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L’Orient, Mulhouse, l’Indienne

Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg (BNUS). L’Orient inattendu, Du Rhin à l’Indus. Sources : extraits des sites de la BNUS et du Musée de l’impression des étoffes de Mulhouse (page 2 de la chronique), du Catalogue de l’exposition strasbourgeoise.

Diaporama de 11 photos : L’Orient, source d’inspiration pour les industries alsaciennes.

A. « À l’occasion du 150e anniversaire de la fondation de la Bibliothèque nationale et universitaire et de l’Université de Strasbourg, l’exposition L’Orient inattendu, du Rhin à l’Indus invite à porter un regard nouveau sur l’histoire de la ville et de la région sous l’angle des relations avec l’Orient et plus précisément les terres d’Islam. Une exposition événement en partenariat avec les Musées de Strasbourg et le Musée du Louvre.

Pourquoi une telle approche ? Outre la présence fréquemment interrogée de l’Islam et de musulmans dans notre société, il existe, dans les collections patrimoniales régionales, des traces matérielles de contacts historiques, parfois très anciens, remontant jusqu’au Moyen Âge. Ces contacts et ces objets patrimoniaux, souvent méconnus, représentent une face inattendue de notre histoire et de notre patrimoine, en quelque sorte une face cachée de nous-mêmes.

Du 18 septembre 2021 au 16 janvier 2022, l’exposition propose d’explorer cette histoire avec un triple fil conducteur : les représentations de l’Orient islamique dans la région rhénane et plus particulièrement en Alsace ; sa réception et son impact dans les sciences, la littérature et les arts ; et enfin les traces de cette réception dans les collections régionales et nationales ».

B. Les Orients des industries textiles alsaciennes, extraits de l’article d’Aziza Gril-Mariote, in Catalogue de l’exposition, pp. 113-117.

« L’Alsace et ses industries d’art, surtout ses industries textiles, ont entretenu avec l’Orient – un espace lointain allant de l’Inde au Levant en passant par la Perse – des liens ambivalents en nouant des relations commerciales et en cherchant une inspiration artistique tout en reprochant aux Orientaux leurs procédés artisanaux …

C’est d’abord l’Inde qui est apparue comme source d’approvisionnement essentielle en indiennes au 17ème siècle, puis en toiles de coton brut au 18ème siècle, avant de céder la place au Levant et à l’Égypte pour leur coton acheminé vers les filatures qui ouvraient en Europe au début du 19ème siècle »…

« Pendant près de deux siècles, les manufactures d’indiennes alsaciennes ont perpétué cette tradition stylistique, tandis que l’essor industriel a permis de s’affranchir des procédés techniques orientaux…

Le terme indienne désigne aujourd’hui une fine toile de coton imprimée à la planche de bois de motifs d’inspiration végétale aux couleurs éclatantes…

Après l’instauration de la prohibition du commerce des indiennes pour protéger les productions nationales en 1686, Marseille devient une plaque tournante dans un véritable trafic ».

« A la levée de la prohibition en 1759, alors que l’indiennage se développe en France, l’Encyclopédie définit encore les indiennes comme des toiles peintes qui nous viennent des Indes. En réalité, fabricants et commerçants utilisent le terme jusqu’au 19ème siècle pour désigner aussi bien les indiennes orientales que les impressions européennes…

Les premières adaptations au goût européen apparaissent au niveau des décors des bordures qui accommodent les ornements traditionnels à la mode européenne (image ci-dessous). Lorsque ces toiles débarquent en Europe, cette adaptation n’est pas connue ni perçue du public et les motifs apparaissent comme exotiques ».

Indienne au monogramme, Inde, côte de Coromandel, début du 18ème

Toile de coton teinte par mordançage et réserve, peinte, 8 couleurs, Mulhouse, musée de l’Impression sur Étoffes. Cette indienne d’Inde intègre de nombreux motifs occidentaux : anges, aigles bicéphales et basilics (monstres à tête d’oiseau).

« L’introduction de l’indiennage à Mulhouse à partir de 1746 bénéficie de la proximité de la Suisse où cette industrie se développe pendant la prohibition… La fin des années 1770 est marquée par un essor technique ; l’usage de fines toiles de coton importées d’Inde et la mise au point d’un vocabulaire décoratif inspiré des motifs des importations…

Les dessinateurs reprennent les décors des indiennes d’Inde, notamment les bordures des palempores, pour en faire des compositions florales, ou bien laissent libre cours à leur imagination, transformant les arbres de vie en ramages fleuris dont les arabesques se prêtent mieux à la répétition du dessin sur les métrages de toile. Les motifs relèvent désormais du monde floral européen et de ses déclinaisons stylisées…

Après les fleurs d’indiennes, les impressions alsaciennes doivent leur réputation aux palmettes Cachemire, qui est un fil de laine obtenu à partir du duvet de chèvres dans la vallée du Kashmir. Le tissage des fils teints donne des étoles aussi chaudes que fines et douces, qui sont décorées aux extrémités de palmettes. Ces châles arrivent en Angleterre dans les cargaisons des Compagnies des Indes à la fin du 18ème siècle, avant leur introduction en France au retour de la campagne d’Égypte : leur mode fait fureur sous l’Empire…

Lorsque les fabricants mulhousiens Dollfus-Mieg & Cie et Thierry Mieg & Cie expérimentent l’impression sur laine, cela donne lieu à de véritables imitations imprimées des châles tissés à Paris, Lyon ou Nîmes.

A partir des années 1830, les châles cachemire imprimés en Alsace sont un produit d’innovation technique et artistique qui participe à l’essor de la chimie des couleurs. Certaines dénominations renvoient encore à l’Orient. C’est le cas du Rouge turc ou d’Andrinople.

C’est à Monsieur Daniel Koechlin qu’on doit d’avoir porté directement cette teinture sur des pièces déjà tissées. Ce grand industriel avait acquis d’un marchand d’Andrinople des notions encore incomplètes sur le procédé suivi en Orient pour huiler le coton, opération capitale dans la production du rouge. Après de nombreuses tentatives, poursuivies avec persévérance, il parvint en 1810 à produire ces belles toiles pour lesquelles Mulhouse se fit une si grande réputation (Penot, 1871) ».

« Les dessinateurs imaginent de grands châles où le motif s’étire, s’entrecroise, s’agrandit et se répète. De format carré, leurs dimensions varient entre 100 et 130 cm, tandis que les modèles rectangulaires vont jusqu’à plus de 3 mètres. La forme carrée est la plus répandue, facile à porter en pointe, une fois le châle plié en deux dans la diagonale ».

Châle carré rouge à bordure de grandes palmes

Mulhouse, Thierry Mieg, 1846-1849. Assemblage de 5 morceaux, laine, fonds teint en rouge, bordure imprimée à la planche, 6 couleurs (noir, rouge, rose, orange, bleu, vert), effilés gaufrés, 182 x 182 cm. Mulhouse, Musée de l’impression sur étoffes.

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Restaurer le portail Saint-Laurent

Journées européennes du Patrimoine, Strasbourg, Cathédrale Notre Dame, Le portail Saint-Laurent, Samedi 18 septembre 2021.

Visite du chantier de conservation-restauration (2020-2024). Montée dans les échafaudages. Explications fournies par Alexandre Cojannot conservateur à la DRAC, Frédéric Degenève tailleur de pierre et responsable des ateliers de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, Aymeric Zabollone tailleur de pierre et chargé des études, et il y avait aussi Nicolas Eberhardt tailleur de pierre et appareilleur. La voûte en béton recouvert de plomb n’est évidemment pas d’origine et pose bien des problèmes ; le béton n’est pas l’ami du grès !

Source écrite : larges extraits du dossier de l’Œuvre Notre-Dame.

48 photos de Pierre Dubois (19 septembre) : monter sur le toit du portail (diaporama de 24 photos), dessin du portail et statues du musée de l’œuvre Notre Dame (diaporama de 24 photos).

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« La façade de l’ancienne chapelle Saint-Laurent, dite portail Saint-Laurent, située sur le côté nord de la cathédrale, est érigée entre 1494 et 1505 sous la direction du maître d’œuvre Jacques de Landshut. Ce chef-d’œuvre est un parfait exemple de l’art gothique flamboyant où s’entremêlent prouesses techniques et artistiques.

L’Œuvre Notre-Dame, Loge Suprême du Saint Empire Romain Germanique depuis 1459, est au sommet de sa notoriété grâce à l’achèvement de la flèche de la cathédrale, vingt ans plus tôt. Elle fait notamment appel à deux sculpteurs de renom Conrad Sifer et Jean d’Aix-la-Chapelle qui réaliseront le programme iconographique du portail Saint-Laurent.

Ce programme est consacré au martyre de saint Laurent, le saint patron de la paroisse du même nom dont l’ancienne chapelle paroissiale était située dans l’aile nord du transept de la cathédrale.

L’iconographie des contreforts reflète en partie celle de l’ancien portail du transept nord avec la représentation de la Vierge à l’Enfant, entourée des trois Rois mages (détruit lors de la Révolution).

  • Le contrefort est du portail présente ainsi la Vierge à l’Enfant et les trois Rois mages, accompagnés d’un serviteur Maureé.
  • Le contrefort ouest du portail figure aujourd’hui saint Laurent, accompagné du pape Sixte, saint Étienne, saint Jacques et saint Maurice. Le dessin conservé au Musée de l’œuvre depuis plus de cinq siècles (ci-dessous) figure effectivement saint Laurent, mais les saintes femmes sont disparues. Qui a pris la décision de substitution?

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Melon de Bourgogne (Muscadet)

Croisière sur le Loire Princesse de CroisiEurope. Excursion dans le vignoble du Muscadet.

Diaporama de 17 photos.

1740, le berceau du Muscadet. Cliquer sur les images pour les agrandir

Source 1 : extraits de l’article de Wikipédia.

« Le melon B (ou melon de Bourgogne) est un cépage blanc de cuve français. Cette variété de vigne est originaire du vignoble de Bourgogne ; peu utilisée dans sa région d’origine, elle est toutefois très répandue en Loire-Atlantique sous le nom de muscadet.

Cépage Melon de Bourgogne (Muscadet)

Le melon est introduit vers 1635 sur les coteaux de la Loire où il s’est définitivement imposé après l’hiver 1709 et sa résistance relative au terrible froid qui gela la mer.

L’importance de sa culture en Loire-Atlantique est liée à la demande des négociants hollandais au XVIIIe siècle.

En 1999, des chercheurs de l’Université de Californie à Davis ont soumis 322 échantillons de vigne à des analyses génétiques poussées. En tout, 16 cépages, dont le melon B, sont le résultat de croisements entre le Gouais blanc et le Pinot. Il s’agit de la famille des Noiriens.

En France, sa culture occupe plus de 10 000 hectares dont la majeure partie pour les appellations Muscadet. Il occupe le plus grand vignoble monocépage blanc d’Europe.

Le vignoble comporte plusieurs appellations : le muscadet-sèvre-et-maine, le muscadet-côtes-de-grandlieu, le muscadet-coteaux-de-la-loire et le muscadet sans dénomination particulière. Le muscadet est un vin sec aux arômes floraux et fruités qui peut être élevé sur élevé sur lie d’où il tirera une légère effervescence dite perlante.

Source 2 : Souvenirs de la 1ère moitié des années 60. Chez mes parents, à Tourcoing (59), les jours de fête, on buvait du Monbazillac, vin blanc moelleux. Ma surprise a donc été grande quand j’ai bu, pour la 1ère fois, du Muscadet directement tiré du fût avec une pipette. C’était chez un vigneron de la Chapelle-Heulin (44) dont la famille avait accueilli des évacués du Nord lors de la drôle de guerre.

  • « La construction de la ligne Maginot a été accompagnée d’une réflexion afin de préserver les civils et de laisser le champ libre aux mouvements des troupes. Le plan mis en place prévoyait le déplacement des populations loin du théâtre des opérations, dans des départements peu peuplés pour faciliter leur accueil. Dans un premier temps le choix de l’état-major s’est porté sur la Savoie mais c’est finalement le Sud-Ouest de la France qui est choisi.
  • L’application de ce plan en 1939 concerne principalement 530 000 Alsaciens, 280 000 Lorrains et 130 000 Francs-Comtois pour l’Est de la France mais aussi 865 000 Nordistes et 140 000 Ardennais pour le nord de la France » (in Wikipédia, Évacuation des populations civiles en France en 1939-1940).

Source 3 : visite du château Cassemichère (août 2021). « Un domaine historique. Construit au début du XVIIème siècle à La Chapelle-Heulin près de Nantes et proche de la Loire, le Château Cassemichère est entouré de 45 hectares de vignes et 5 hectares de bois. ​

Du terroir au Chais. Ce muscadet a des origines très anciennes, car son ancêtre est né en Bourgogne et le plant fut importé dans la région par des moines. Le truculent Rabelais n’a pas manqué de le signaler dans ses écrits, ce qui confirme la notoriété du produit apprécié par ces érudits, modèles des Humanistes de la Renaissance.

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1722. Dijon, université mort-née

Dijon, 1722. Une université mort-née. Source principale. Stéphane Pannekoucke, Des princes en Bourgogne. Les Condé, gouverneurs au 18ème siècle, CTHS Histoire, 2010, 340 pages.

A. Vers l’université de Bourgogne (source)

1422. Les écoles publiques de Dijon jouissent au Moyen Âge d’une grande réputation. Aussi, la création de l’université de Dôle, en 1422, vont leur porter gravement atteinte, car elles se voient privées d’étudiants et surtout des étrangers. L’université de Dôle était une université fondée pour les deux Bourgogne (comté et duché), par le duc Philippe le Bon.

  • Histoire de l’université du Comté de Bourgogne, par Nicolas-Antoine Labbey de Billy, ancien vicaire général de Langres, professeur d’histoire de l’Académie Royale de Besançon, Président annuel de l’Académie des Belles-Lettres de cette même ville, Tome second, 1815, Imprimeur Mourgeon.

1424. « Les Recteurs et autres Officiers de l’université furent très longtemps choisis parmi les élèves. Les nominations qui d’abord se renouvelaient de six en six mois, ne furent plus faites, à partir de l’année 1464, qu’une fois chaque année.

Antoine Desnoyers, premier Recteur de l’université, fut ensuite Archidiacre d’Autun, bailli de Macon en 1431, vers le Duc de Savoie de la part du Duc de Bourgogne. Sa famille était noble et ancienne dans le Comté de Bourgogne »…

1425. Fondation de l’université de Louvain, par le duc Jean de Bourgogne (duc Jean IV de Brabant), ainsi que par les autorités municipales de la ville de Louvain (source). Cette fondation fut confirmée par une bulle papale de Martin V.

1516. À la demande du maire et des échevins appuyés par Georges de la Trémoille, gouverneur de la province de Bourgogne, François Ier de France (1515-1547) institue à Dijon une université avec quatre facultés en 1516, mais cette décision reste lettre morte, même si les patentes royales sont très flatteuses pour les Dijonnais.

1531 et 1581. Le Collège des Martinots (fondé en 1531), puis le collège jésuite des Godrans (fondé en 1581), en exécution du testament d’Odinet Godran, président du Parlement de Bourgogne, tentent avec plus ou moins de succès de pallier cette situation.

1691. « À la suite de la conquête de la Franche-Comté en 1678, le roi Louis XIV fait transférer l’université de Dôle à Besançon, nouvelle capitale de la Franche-Comté. Ce transfert incite les États de Bourgogne à solliciter du roi Louis XIV la création d’une université à Dijon. Les deux villes deviennent alors rivales.

B. 1710. L’entrée en scène du Gouverneur de Bourgogne, Louis IV Henri de Bourbon-Condé (1692-1740). Celui-ci est né à Versailles le 18 août, 7e prince de Condé (1710), duc de Bourbon, duc d’Enghien et duc de Guise, pair de France, duc de Bellegarde et comte de Sancerre.

A la mort du son père, il devient Prince de Condé. On l’appela cependant Monsieur le Duc, la maison de Condé ayant renoncé au titre de Monsieur le Prince, au profit de la maison d’Orléans.

Il devient également Gouverneur de la province de Bourgogne.

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