Archives de Catégorie: AF. Histoire 16-17èmes siècles

18ème. Administrer le Royaume

Administrer le Royaume de France. La monarchie ne peut se passer d’une administration et d’administrateurs. Quelles en ont été les principales évolutions au 18ème siècle, tout au moins avant la Révolution de 1789 ?

Problèmes contemporains évoqués : centralisation versus décentralisation, concentration des pouvoirs versus déconcentration. Au niveau territorial : tensions entre élus et représentants de l’État. Deux sources introductives pour le 18ème :

L’administration n’est pas encore unifiée au 18ème siècle. Elle garde les traces de l’histoire du Royaume : pays d’élection, pays d’État, pays d’imposition. Le 18ème siècle, c’est la volonté d’unifier le droit tout en n’attaquant pas de front les particularités locales. La volonté peut n’être que velléité.

Pays d’élection, Pays d’Etat, Pays d’imposition. Cliquer sur les miages pour les agrandir

Le Roi n’est pas seul. Conseillers, Contrôleurs généraux des Finances, Ministres et Secrétaires d’État font partie de son entourage proche ; ces fonctions politiques ont leur propre administration centrale. Je n’en ferai pas l’analyse pour l’instant.

La monarchie repose sur une société d’Ordres. Noblesse d’épée et de robe, Clergé, Tiers-État (bourgeoisie ou roture). Les fonctions administratives sont réservées à tel ou tel Ordre, mais il existe bien des exceptions. Les abbés, les évêques ou les archevêques n’ont pas tous été ordonnés prêtres ou l’ont été tardivement : le cas de l’abbé Dubois, premier ministre sous la Régence, est célèbre (chronique du blog : la carrière de l’abbé Dubois). Les gouverneurs peuvent avoir été anoblis en cours de carrière, en récompense de leurs succès militaires.

Dans les prochaines chroniques, je m’intéresserai à plusieurs administrations organisées au niveau du territoire (de la province ou généralité) ou de plusieurs territoires associés.

Je retiendrai six entités : les gouvernements, les armées, les intendances, les parlements, les évêchés, les communes. Leurs prérogatives font toujours l’objet d’édits royaux, enregistrés en Parlement. Le 18ème est un siècle de nombreuses réformes… qui peuvent être abolies au terme de quelques années seulement. La suppression de la vénalité des charges (offices) est une question récurrente dans la seconde partie du siècle.

Les personnalités à la tête de ces administrations territoriales sont toujours nommées et révocables, à deux exceptions près : celle des charges (offices) qui sont achetées et qui sont ou non transmissibles à la parentèle, et des élus qui constituent le magistrat municipal, qui possède d’ailleurs sa propre administration (le magistrat de Strasbourg subsiste aux côtés de l’administration royale jusqu’à la révolution – chronique du blog).

L’influence de chacune de ces administrations dans l’ensemble de l’organisation du Royaume et le rapport de forces entre elles évoluent au cours du siècle, et pas seulement en conséquence d’une réforme du droit. Les hommes qui sont à leur tête en modèlent les contours selon leur personnalité, leur histoire, leur ancienneté dans la fonction.

Ainsi l’Intendant, à la tête d’une généralité, a un pouvoir plus étendu que le Gouverneur dont les fonctions sont d’abord militaires… Il a plus d’influence car il couvre le champ des finances et de l’économie. Selon les estimations, la moitié des effectifs de toutes les administrations réunies concernerait les finances (recettes et dépenses). Chronique du blog : Turgot, intendant du Limousin.

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1719-1720. Que la fête commence (2)

Suite de la chronique dédiée au film de Bertrand Tavernier, Que la fête commence (1) : biographie de trois personnalités-clés de la Régence et plus particulièrement des années 1719 et 1720 : le Régent, Philippe d’Orléans, son principal ministre d’État, l’Abbé Dubois, le Révolté breton, le marquis de Pontcallec.

Cette seconde chronique présente les biographies résumées de trois autres acteurs importants de la Cour en 1719-1720 : le maréchal de Villeroy (1644-1730), le médecin Pierre Chirac (1657-1732), le financier John Law (1671-1729).

A. François de Neufville de Villeroy (1644-1730 mort à l’âge de 86 ans). En 1719, il est gouverneur de Louis XV, chargé de l’éducation militaire du roi (dans le film : scène de l’essai d’un nouveau canon léger, qui tourne au désastre).

« Marquis, puis 2e duc de Villeroy et pair de France (de 1675 à 1694), c’est un militaire français. Il est élevé à la dignité de maréchal de France au printemps 1693. Profondément présomptueux, il se révèle incapable de commander en chef. Dès lors, sa carrière militaire n’est qu’une accumulation de désastres comme au siège de Namur de 1695, à la bataille de Chiari en 1701, et en particulier à la bataille de Ramillies, en 1706, qui met à nu son ineptie.

Villeroy est chef du conseil royal des Finances et ministre d’État sous Louis XIV (1714), puis chef du conseil des Finances et membre du conseil de Régence (1715), et chef du conseil du Commerce (1716). Présentant peu de dispositions pour ces emplois, il n’y figure qu’à titre honorifique. De 1717 à 1722, il exerce jalousement les fonctions de gouverneur de Louis XV. Obstacle à la politique du Régent et du cardinal Dubois, il est exilé dans le Lyonnais de 1722 à 1724″.

B. Pierre Chirac, « né en 1657 et mort en 1732 à l’âge de 75 ans, est médecin du roi Louis XV depuis 1716. En juillet 1719, le Régent l’appelle d’urgence au chevet de sa fille, Marie-Louise-Élisabeth d’Orléans, duchesse de Berry. Mais Pierre Chirac ne peut sauver la jeune princesse. Mal relevée de précédentes couches, alcoolique notoire et prématurément usée par une vie dissolue, elle meurt dans la nuit, à l’âge de 24 ans. Elle était fille du Régent Philippe II d’Orléans et de Françoise Marie de Bourbon (1677-1749), fille de Louis XIV et de Mme de Montespan .

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1719-1720. Que la fête commence (1)

Que la fête commence, film de Bertrand Tavernier (1975) avec Philippe Noiret (le Régent), Jean Rochefort (l’abbé Dubois) et Jean-Pierre Marielle en marquis de Pontcallec, révolté breton.

Le film se déroule en 1719 et en 1720, à mi-parcours de La Régence (1715-1723). Louis XIV est mort en 1715. Louis XV, son arrière-petit-fils, est son successeur mais il n’a que 5 ans. La Régence est exercée par Philippe d’Orléans (1674-1723) ; Guillaume Dubois, dit l’Abbé Dubois parce qu’il avait été tonsuré dans son jeune âge, est son principal Ministre d’État.

Interview des acteurs (Christine Pascal, Jean Rochefort, Jean-Pierre  Marielle, Philippe Noiret) sur leur rôle dans le film. Des extraits du tournage et du film illustrent les propos dans un document INA d’une durée de 7’32.

Éléments contextuels pour la Régence, repris par Tavernier. De l’intérêt pédagogique d’un tel type de film !

  • un libertinage assumé par le Régent et l’abbé Dubois,
  • une contestation de la monarchie par la Bretagne (ses nobles et ses paysans),
  • des tensions au sein de l’Europe (l’alliance avec les Anglais et les Provinces Unies et la guerre larvée contre l’Espagne),
  • une éducation militaire du jeune Louis XV par l’incompétent Maréchal de Villeroy,
  • la création du papier-monnaie par John Law, la colonisation de la Louisiane et la course à l’enrichissement rapide et facile (c’est aussi le cas l’abbé Dubois dans sa conquête de bénéfices ecclésiastiques de plus en plus importants),
  • les médecins à l’œuvre, Pierre Chirac en tête.

Cette chronique est dédiée aux biographies résumées des 3 personnages historiques principaux

A. Le Régent Philippe d’Orléans (né en 1674) et l’abbé Dubois (né en 1656) ont une différence d’âge de 18 ans. Mais, hasards de l’Histoire, ils meurent tous les deux en 1723 (le premier le 2 décembre, le second l’a précédé dans la mort, le 10 août).

Louis XV est sacré le 25 octobre 1722. En février 1723, à 13 ans et un jour, il devient  majeur, et la Régence cesse. Philippe d’Orléans continue d’assurer la réalité du pouvoir, d’abord au travers du cardinal Dubois, principal ministre. A la mort de Dubois (22 août 1723), il se fait nommer principal ministre par Louis XV, qui a pour lui la plus vive affection.

Le 2 décembre 1723, Philippe d’Orléans meurt lui aussi. Lui succède l’impopulaire duc de Bourbon, son neveu, chef d’une autre branche cadette de la famille royale et petit-fils de Louis XIV par sa mère, une autre fille légitimée que le feu roi avait eu de madame de Montespan.

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Les Fontaines de Trèves

Chroniques sur les fontaines du 18ème siècle : fontaines de Nancy, d’Aix-en-Provence, de Rochefort, de Trèves (siège d’un archevêché dont le titulaire était prince-électeur) .

Diaporama de 17 photos. Trois fontaines dans cette ville que traverse la Moselle, mais une seule est datée du 18ème siècle : Saint-Georges sur la place du Marché aux grains. La fontaine Saint-Pierre est antérieure (1595) et la fontaine des Artisans est contemporaine.

Fontaine Saint-Georges. Cliquer sur les images pour les agrandir

Source : article de Wikipédia. « Prince-évêque (Fürstbischof) est le titre que portaient les évêques du Saint-Empire romain germanique qui, en plus d’administrer leur diocèse, régnaient sur un domaine temporel ou principauté ecclésiastique jouissant de l’immédiateté impériale. Ils étaient membres des États impériaux et siégeaient à la diète d’Empire. Les pouvoirs qu’ils exerçaient étaient équivalents à ceux des princes laïcs.

Le pouvoir politique des évêques est notamment lié au combat entre l’autorité centrale de l’Empire et les maisons princières puissantes. Au Moyen Âge central, les rois des Romains avaient commencé à conférer des droits souverains aux évêques désignés par eux. Les dignitaires religieux sont ainsi devenus des alliés essentiels et loyaux dans la lutte contre l’influence des grandes dynasties.

Les princes ecclésiastiques d’Empire les plus puissants étaient les trois archevêques électeurs de Mayence, Cologne et Trèves« .

« Le palais du Prince-électeur (source : article de Wikipédia) a été la résidence des électeurs de Trèves, depuis le XVIIe siècle jusqu’en 1794…

1629. « Trèves étant devenue dangereuse pendant la Guerre de Trente ans, les électeurs avaient déménagé leur résidence à Coblence.

1647. Fut achevée la Tour rouge, un bâtiment carré massif abritant la chancellerie et les archives, au Nord-ouest du château inférieur. Ce n’est que sous l’électeur suivant, Karl Kaspar von der Leyen, que la construction du palais fut entièrement achevée. Cependant, le nouveau bâtiment était rarement utilisé.

1757-1761. Johann Philipp von Walderdorff  chargea Johannes Seiz, un élève de Balthasar Neumann, de convertir et d’agrandir l’aile Sud du palais selon le goût du rococo. Les sculptures ont été réalisées par Ferdinand Tietz, qui avait entre autres travaillé pour Balthasar Neumann à Wurtzbourg.

La nouvelle aile Sud, de couleur rose, devait dépasser des deux côtés du château précédent. Un avant-corps central a été construit, et des risalites d’angle auraient encore dû subdiviser la longue aile des deux côtés. Cependant, le projet n’a jamais été complètement achevé ».

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18ème. Les fontaines de Rochefort

A. 1750. Rochefort, Fontaine du mariage de la Charente et de l’Atlantique. Source de la citation : Petit patrimoine. Diaporama de 13 photos.

Cliquer sur les images pour les agrandir

Le Groupe qui surmonte la fontaine, représentant l’Océan et la Charente, est dû au ciseau de Bourguignon, alors Maitre sculpteur du Port.

Une inscription concernant la Charente dit : Laeta diu varios errabam nympha per agros, Laetior in vestris mœnibus ecce fluo. Autrefois je coulais joyeuse dans les campagnes, plus joyeuse encore je coule maintenant dans vos murs.

  • Pour aller plus loin. J-T . Viaud et E-J. Fleury, Histoire de la ville et du port de Rochefort, 1845, Madame Honorine Fleury, Libraire Éditeur, pp. 146-148 (voir la capture de ces pages en fin de chronique).

B. 1759-1763. La fontaine-réservoir de Saint-Nazaire-sur-Charente, dite Fontaine Lupin. Source des citations : le Petit Patrimoine, les panneaux explicatifs à proximité du site. Diaporama de 20 photos.

1666. « Louis XIV et Colbert font le choix de Rochefort pour y établir un site propre à recevoir les grands vaisseaux de la marine du Ponant. Mais la ville a peu de ressources en eau potable. L’eau des marais, saumâtre, est impropre à la consommation. L’approvisionnement en eau douce est un problème pour les hommes et les bateaux de la flotte.

1667. L’Amiral Duc de Beaufort, petit-fils d’Henri IV et de Gabrielle d’Estrées, réclame la création d’une aiguade, fontaine réservoir destinée à remplir les tonneaux dont on charge les vaisseaux.

  • Aiguade. Une aiguade désigne à la fois la provision d’eau douce sur un navire et l’endroit d’une côte où l’on fait provision d’eau douce pour les navires. On emploie ce mot dans l’expression Faire aiguade, désignant l’action de ravitailler en eau douce un bateau. Le terme désigne aussi la corvée d’eau.

L’existence de plusieurs sources abondantes à Saint-Nazaire-sur-Charente est alors signalée à Colbert, qui décide de faire capter l’eau de la source des Morts et de la source de Font-Pourri, symbolisées sur le fronton ci-dessous.

1670-1675. Le Chevalier de Clerville (1610-1677), urbaniste du roi Louis XIV et ingénieur chargé des fortifications, fait édifier la 1ère Fontaine royale dans le lit de l’estuaire de la Charente.

1676. La Fontaine royale de Lupin est terminée. C’était une tour hexagonale de 14 mètres de haut. L’eau douce était amenée à l’aiguade au moyen d’une canalisation en grès, fabriquée à la Chapelle-de-Saintonge, mesurant environ 2 800 mètres de long, et rectiligne sur ses 650 derniers mètres jusqu’à la Charente.

1759-1763. La Fontaine est reconstruite en aval de fort Lupin. C’est un chainon important car il s’agit de l’une des trois seules aiguades, lieu d’approvisionnement des navires en eau douce, conservées de nos jours. Les deux autres sont à Brest et Belle-Ile.

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Rochefort. Les 3 formes de radoub

« Une forme de radoub est un bassin qui permet l’accueil de navires et leur mise à sec pour leur entretien, leur carénage, leur construction, voire parfois leur démantèlement. On parle également de forme, de cale sèche, parfois de forme-écluse en fonction de la configuration rencontrée ».

La forme de radoub à deux bassins, 18ème siècle. Cliquer sur les images pour les agrandir

1666. « Création à Rochefort d’un grand port du Royaume de France. Des cales de construction existaient sur plusieurs points dans l’arsenal ; mais on n’y possédait pas encore de forme ou bassin de radoub. On supposait que le sol des rives de la Charente ne présentait pas assez de solidité pour que l’on pût fonder d’une manière durable un établissement de cette nature.

Un point parut cependant offrir quelques garanties : on avait cru remarquer que dans la troisième partie de l’arsenal gisait à peu de profondeur, un rocher d’une certaine solidité ; des sondages vinrent en confirmer l’existence et bientôt une fosse y fut creusée.

Pour éviter les délicates manœuvres d’abattage en carène (technique ancienne qui consistait à coucher le navire sur un de ses flancs, afin de pouvoir travailler sur sa carène, à flot), on utilisait les formes de radoub. Les navires pénétraient, à marée haute, dans ces grandes coques, creusées dans la berge vaseuse puis maçonnées, qui se vidaient à marée basse après la fermeture des portes (avec l’aide d’une machine hydraulique comprenant trois chaînes à godets, actionnée par un manège à chevaux). Une drague à godets permettait de dévaser ».

La Charente à marée basse. A droite, l’entrée du radoub Louis XV

Les 3 formes de radoub de Rochefort : 17ème siècle, 18ème siècle, 19ème siècle.

A. 1669-1671. La vieille forme, conçue par François Le Vau sur les volontés de Louis XIV, est le premier bassin de radoub construit en France. Elle est la toute première à être maçonnée au monde ; elle est construite en pierre de taille perpendiculairement à la Charente. Elle se ferme par des portes en bois.

B. 1683-1728. « Forme de radoub à deux bassins, dite aussi Louis XV, conçue et décidée par l’intendant de la marine Pierre Arnoul. Sa construction, qui fut une première mondiale, nécessita 45 ans d’efforts contre un environnement inadapté. On éprouva de grandes difficultés : des sources jaillissantes, qu’on ne pouvait ni tarir ni détourner, remplissaient incessamment le bassin et l’on se vit même forcé d’abandonner les travaux commencés. On parvint enfin à combattre, puis à vaincre cet obstacle, mais, en 1728 seulement, on put se servir de la nouvelle forme.

  • Pierre Arnoul, fils de Nicolas Arnoul, fut reçu chevalier de Malte de minorité en 1668, commissaire de la marine au département de Toulon (1670), contrôleur-général de la marine du Ponan (1672), intendant des galères de France et des fortifications de Provence (1673), intendant de la marine et des fortifications après son père (1675), révoqué en 1679, replacé au Havre (1680)/ Il tint ensuite les fonctions d’intendant de la marine et d’intendant de justice, police et finances à Rochefort, La Rochelle, Brouage… Il meurt en 1719.

Des modifications ont été apportées par rapport à la conception de la Vieille forme. Elle est fermée par un bateau-porte ; les parois ne sont plus droites mais en gradins, de façon à faciliter le travail des ouvriers à l’intérieur ».

1734. Le bateau-porte d’origine n’ayant jamais bien fonctionné, il est remplacé par des portes en bois.

C. 1853-1861. « Construction de la forme Napoléon III. Elle fut allongée en 1900 pour accueillir le Dupleix, long de 134 m, le dernier grand croiseur-cuirassé construit à Rochefort ».

Quelques termes techniques : radier, bajoyer, bateau-porte.

« Constituant le fond du bassin, le radier est une surface en règle générale plane dans les bassins récents, permettant le positionnement des tins ou des bers supportant le navire à accueillir, et la circulation du personnel et des engins nécessaires aux travaux de coque à réaliser sur le navire accueilli.

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Cinq jardins botaniques / des plantes

Cinq jardins botaniques, dits aussi jardins des plantes, créés au 17ème siècle et enrichis au 18ème.

  • Montpellier, jardin fondé en 1598 sous Henri IV. En 1762, Antoine Gouan fait paraître le catalogue des plantes du jardin botanique de Montpellier, sous le titre d’Hortus regius monspeliensis. Chronique Montpellier. Médecine et Chirurgie.
  • Strasbourg, jardin botanique fondé en 1619. Chronique partie A, ci-dessous.
  • Paris, jardin royal des plantes médicinales fondé en 1626. Chronique partie B, ci-dessous.
  • Nantes, jardin des apothicaires, fondé en 1687. Chronique partie C, ci-dessous.
  • Rochefort, jardin fondé en 1697. 1741. Un nouveau Jardin, le Jardin-reposoir. Chronique Expéditions maritimes et Botanique.

A. Jardin botanique  de Strasbourg  (source : citations du site du Jardin Botanique).

1566. « Ville d’intellectuels et d’artistes, Strasbourg dispose dès 1566 de son Académie comprenant quatre Facultés : Théologie, Droit, Philosophie et Médecine. Cette dernière souhaite installer un Jardin botanique dans l’enceinte de la ville. Des négociations entre le Sénat et le couvent Saint-Nicolas-aux-Ondes permettent au recteur Storck d’obtenir une partie du jardin situé dans le quartier de la Krutenau. De par son origine maraîchère, ce nom alsacien signifie « plaine à choux ».

1619. Le Jardin botanique de Strasbourg est créé ; il est alors le deuxième sur l’ensemble du territoire aujourd’hui français (l’Alsace n’étant encore jamais été française à cette époque), après celui de Montpellier né en 1598. Situé à la place occupée actuellement par l’École des Arts Décoratifs, il est géré par les professeurs de la Faculté de Médecine. Plusieurs serres sont construites afin d’accroître la diversité des plantes à étudier.

1670. Le premier inventaire du Jardin, édité par le botaniste Marcus Mappus, recense 1600 espèces.  

1789. Suite à la Révolution Française, de nombreux jardins botaniques sont démantelés car leurs collections de plantes exotiques sont jugées trop aristocratiques par les révolutionnaires. Jean Hermann, alors directeur du Jardin botanique, lui sacrifie toute sa fortune personnelle pour sa survie. Il sauve aussi de la destruction une partie des statues de la Cathédrale de Strasbourg en les enterrant dans le Jardin.

1870. Les troupes prussiennes assiègent la ville au cours de la guerre de 1870. Les strasbourgeois encerclés n’ont plus accès aux cimetières situés en périphérie de la ville. Ils réquisitionnent alors le Jardin botanique, qui redevient un lieu de sépulture. Les corps ont été exhumés, mis à part les dépouilles non identifiées qui ont été placées dans un ossuaire situé sous le monument aux morts qui date de 1874. Il s’agit du seul monument aux morts de Strasbourg pour la guerre de 1870. Victorieuse, l’Allemagne impériale annexe l’Alsace et la Moselle en 1871.

Le Jardin botanique allemand. cliquer sur les images pour les agrandir

1884. Très vite, l’empereur Guillaume Ier a pour ambition de faire de Strasbourg la vitrine scientifique et culturelle de l’Allemagne, à l’Ouest de l’Empire. Il entreprend dans ce but la construction du campus wilhelmien où s’installe l’Université impériale à partir de 1884″.

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Montpellier. Médecine et Chirurgie

Montpellier, Médecine au 18ème siècle : diaporama de 18 photos

Deux figures de botaniste, chargés du Jardin des plantes : François Boissier de Sauvages de Lacroix (1706-1767), Antoine Gouan (1733-1821).

Le Jardin des plantes de Montpellier (photo de Pierre Dubois en 2017). Cliquer sur les images pour les agrandir

Une figure de chirurgien : François La Peyronie (1678-1747).

Une figure de médecin et d’encyclopédiste : Paul-Joseph Barthez (1734-1806).

Jardin des Plantes de Montpellier (source : citations de Wikipédia). Celui de Rochefort (le jardin reposoir) a été présenté dans la chronique Expéditions maritimes et Botanique

« Le jardin des plantes de Montpellier est un jardin botanique universitaire fondé en 1593. Henri IV confia à Pierre Richer de Belleval la création d’un jardin botanique suivant le modèle de celui de Padoue créé vers 1545. Le projet prend rapidement de l’ampleur et ne se limite pas à la culture des simples. Richer en publie le catalogue en 1598, mais les guerres de religions qui ravagent la région anéantissent également le jardin lors du siège de la ville en 1622. Richer de Belleval doit tout reprendre à zéro. Au début du XVIIe siècle, le jardin des plantes de Montpellier fut non seulement un jardin scientifique, avec son importante collection de végétaux, mais un jardin précurseur dans sa manière d’appréhender le monde végétal dans sa diversité, en reproduisant différents milieux (ombragé, ensoleillé, humide, sablonneux, pierreux…) et en consacrant un emplacement aux plantes exotiques ».

A. François Boissier de Sauvages de Lacroix (1706-1767) est médecin et botaniste (chaire de botanique de la faculté de médecine de Montpellier) (source : citations de Wikipédia).

1722. « Il entre à la faculté de médecine de Montpellier et s’intéresse particulièrement à l’étude de la botanique, grâce à Pierre Baux, célèbre naturaliste, qui l’initie. Il est reçu docteur en 1726 avec une thèse intitulée Dissertatio medica atque ludicra de amore… L’Amour peut-il être guéri par les plantes ? Il séjourne alors quelques années à Paris et revient à Montpellier en 1734.

D’abord professeur de physiologie et de pathologie, il occupe la chaire de botanique de la faculté de médecine après la mort d’Aymé-François Chicoyneau (1702–1740). C’est d’ailleurs dans cette discipline qu’il va s’illustrer. Il améliore grandement la situation du jardin botanique de la faculté (il y construit la première serre chaude), mais aussi de ses bâtiments.

Il entame en 1737 une correspondance avec Linné (1707–1778). Sauvages de Lacroix lui fait parvenir des spécimens des plantes croissant dans les environs de Montpellier. Une véritable amitié lie bientôt les deux hommes. Les envois de Sauvages de Lacroix permettent à un élève de Linné, Theophilus Erdmann Nathhorst (?–1756), de faire une thèse sur la flore de la région de Montpellier. Il obtient son titre de docteur en médecine en 1741 avec une thèse intitulée De motuum vitalium causa… Il devient membre de la Royal Society le 25 mai 1749« .

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Expéditions maritimes et Botanique

Suite de la chronique Michel Bégon, intendant à Rochefort (1688-1710)

La Charente, vue de la Corderie de Rochefort. Cliquer sur les images pour les agrandir

A. Les Bégon, passionnés de botanique (source : eduquebec)

« Michel Bégon, quand il était encore intendant aux galères à Marseille, participe à l’envoi de navires d’exploration dont celui du père Charles Plumier, botaniste d’origine marseillaise avec pour objectif d’examiner les vertus des plantes et l’usage qu’on pourrait en faire dans la médecine. Lorsque le père Plumier revient, Bégon est parti pour Rochefort. La fleur qu’il ramène possède des pétales écarlates. En l’honneur de Michel Bégon, il la baptise : bégonia.

Source pour les photos des espèces botaniques : wikipédia.

L’arbre généalogique des Bégon est très lié au Canada car le petit-fils de Michel Bégon, Roland-Michel Barrin, marquis de la Galissonnière (1693-1756) en devient gouverneur à la fin du régime français (1747-1749).

Le goût des plantes et des découvertes semble s’être transmis avec le prénom Michel : le marquis de la Galissonnière donne son nom à une variété de fleurs, les Magnolia Galonniensis.

Il est également à l’origine de l’introduction en France de nombreuses plantes américaines comme le Tulipier de Virginie« .

B. Le Jardin Botanique de Rochefort, aujourd’hui Jardin des Retours (source : Parcs et Jardins)

1697. Michel Bégon, lorsqu’il est intendant maritime de Rochefort, crée un premier jardin botanique où il souhaite voir pousser des plantes intéressantes pour leur agrément et leur utilité.

1726 (9 septembre). « Gérard Mellier, maire de Nantes, est l’instigateur d’une ordonnance royale : Pour assujettir les capitaines des navires de Nantes d’apporter des graines et des plantes des colonies des pays étrangers pour le jardin des plantes médicales de Nantes (source : Le transport maritime des plantes au XVIIIe siècle).

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M. Bégon, intendant à Rochefort

Michel Bégon, cinquième du nom, dit le Grand Bégon, est né à Blois le 25 décembre 1638. Il est mort à la tâche à Rochefort le 14 mars 1710, à l’âge de 72 ans. Depuis 1688, il était intendant de la marine de Rochefort et intendant de la Rochelle depuis 1694 (source : Wikipédia).

Cliquer sur les images pour les agrandir

« Sa famille appartient à la Noblesse de robe, tant de justice que de finance (deux grands-oncles sont avocat et conseiller au présidial de Blois, le père et le grand-père sont receveurs des tailles).

1662 (24 ans). Michel Bégon devient quant à lui garde des Sceaux du présidial de Blois.

1667 (29 ans). Il est Président du tribunal de Blois.

1677 (39 ans). Il entre tardivement dans la marine lorsque Colbert le nomme trésorier de la marine du Levant, à Toulon : c’est le début d’une carrière heureuse.

1682-1685 (44-47 ans). Il est intendant de Saint-Domingue et Intendant des Iles-du-Vent de l’Amérique et de la Martinique.

1685 (47 ans). Après son séjour aux Antilles, il est nommé intendant des galères à Marseille« .

  • 1686 (6 février). Lettre de Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay (secrétaire d’Etat de la Marine et de la Maison du roi) à Michel Bégon (intendant des galères à Marseille). La lettre concerne les conditions de l’envoi dans les Antilles et au Canada de forçats, de faux-sauniers, de condamnés à vie (source : Persée).

1688 (50 ans). Le 1er septembre, Michel Bégon devient Intendant de la Marine de Rochefort.

Histoire de Rochefort avant Bégon (source : extraits de l’Arsenal de Rochefort, Musée national de la Marine, 2013, 48 pages). « Colbert, dès 1663, fait chercher, de la Manche à l’Atlantique, un lieu pour y établir un port arsenal englobant une rade protégée pouvant contenir soixante vaisseaux, de vastes magasins, de nombreux ateliers, et des chantiers de construction. Rochefort est choisi en 1665.

Qu’est-ce que Rochefort au début de 1666 ? Un désert quasiment. Un modeste logis seigneurial, une petite église romane, quelques groupes de cabanes et deux ou trois moulins. Un terre située sur la rive droite en amont de l’avant-dernier méandre de la Charente, à vingt-et-un kilomètre de son embouchure, entourée d’immenses marécages insalubres porteurs de malaria et autre fièvres.

En 1671, la corderie, l’étuve, la forme de radoub, la forge aux ancres, la fonderie de canons, les hangars de la fosse aux mâts, la plupart des magasins et une partie des quais sont élevés sinon terminés, sans compter les vingt navires de guerre qui ont été construits sur place.

Vers 1690, l’arsenal est en voie d’achèvement alors que la ville n’est qu’une sorte de campement… Si la Corderie s’étend sur 373 mètres – le plus long bâtiment industriel à l’époque -, c’est sur des dizaines de kilomètres que s’articule le port arsenal tout entier, des forts et batteries de Ré, d’Oléron, de Fouras, de la Pointe et de Lupin aux fosses aux mats et à la fontaine royale de Saint-Nazaire-sur-Charente »…

Photo de Pierre Dubois, octobre 2014

« Mais tout marche bien mal… La dispersion des sites et les énormes contraintes de navigation sur la Charente et de marée sont synonymes de lenteur et de coûts considérables, surtout lors de l’armement de grands vaisseaux »…

Le temps de Bégon. « Le ralentissement que connait la Marine royale après la perte de nombreux vaisseaux à la Hougue en 1692 et la priorité stratégique désormais accordée à la guerre de course portent un frein au développement de l’arsenal. Mais c’est paradoxalement au moment où l’activité de celui-ci commence à décroître que la ville de Rochefort prend véritablement son essor : 2 525 habitants permanents en 1669, 13 000 dès 1685, plus de 20 000 au début du 18ème. Elle le doit en grande parte à l’activité de l’intendant Bégon, qui mène une politique urbaine ambitieuse entre 1688 et 1710″.

Entre la création du Port Arsenal en 1666 et sa fermeture définitive en 1927, près de 550 navires de guerre y ont été construits.

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