Archives de Catégorie: AH. Histoire 19-20èmes siècles

2015. L’Hermione, le voyage aux USA

Chroniques sur Rochefort, son arsenal et ses radoubs, son jardin des plantes, son hôpital militaire, son école de médecine navale. Chronique sur la Guerre d’indépendance américaine. En 2015, la nouvelle Hermione a fait le voyage aller et retour aux USA. Depuis son retour à Rochefort, elle a fait un déplacement mouvementé à Sète : vidéo de 28’38. Son port d’attache est le radoub Napoléon III.

Diaporama de 24 photos (Pierre Dubois, octobre 2015).

2012 (6 juillet). Dossier de Presse. « 50 000 personnes sont attendues à Rochefort pour fêter la sortie de l’Hermione de la cale de construction, la double forme de radoub de l’arsenal de Louis XV où la coque était en chantier depuis 15 ans.

Tirée par quatre vedettes de remorquage du service des lamaneurs de l’Atlantique, la coque de l’Hermione, non mâtée, sortira de la double forme de radoub ouverte pour la première fois depuis la 2ème guerre mondiale à la navigation grâce à la réalisation à l’initiative de la ville de Rochefort d’un tout nouveau bateau-porte pour remplacer celui détruit en 1944 par les troupes d’occupation.

Reconstruire l’Hermione, c’est bâtir un navire de plus de 65 m de long hors tout, portant trois mâts et 2 200 m² de voilure de route. C’est concevoir une coque entièrement en chêne, avec des épaisseurs pouvant atteindre 70 cm, inimaginables aujourd’hui mais conçues au 18ème siècle pour résister aux boulets ennemis.

  • 1993-1996 : études préparatoires
  • 1997-2000 : construction de l’ossature de la charpente.
  • 2000-2008 :  construction des ponts et des superstructures.
  • 2009-2011 : bordage et calfatage de la coque ; début mâture, gréement, voiles.
  • 2012-2013 : suite mâture, gréement, voiles, montages et finitions.
  • 2014 : suite des essais en mer.
  • 2015 : départ pour le voyage transatlantique

1997 (août). Début de la reconstruction de la frégate historique  : pose de l’arcasse

« C’est au tour de l’arcasse et de l’étambot d’être révélés au public. Une fois relevé, cet ensemble complexe de plus de 4.5 tonnes de chêne est fixé sur l’extrémité arrière de la quille. L’étambot recevra plus tard le gouvernail ».

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Rochefort. Les 3 formes de radoub

« Une forme de radoub est un bassin qui permet l’accueil de navires et leur mise à sec pour leur entretien, leur carénage, leur construction, voire parfois leur démantèlement. On parle également de forme, de cale sèche, parfois de forme-écluse en fonction de la configuration rencontrée ».

La forme de radoub à deux bassins, 18ème siècle. Cliquer sur les images pour les agrandir

1666. « Création à Rochefort d’un grand port du Royaume de France. Des cales de construction existaient sur plusieurs points dans l’arsenal ; mais on n’y possédait pas encore de forme ou bassin de radoub. On supposait que le sol des rives de la Charente ne présentait pas assez de solidité pour que l’on pût fonder d’une manière durable un établissement de cette nature.

Un point parut cependant offrir quelques garanties : on avait cru remarquer que dans la troisième partie de l’arsenal gisait à peu de profondeur, un rocher d’une certaine solidité ; des sondages vinrent en confirmer l’existence et bientôt une fosse y fut creusée.

Pour éviter les délicates manœuvres d’abattage en carène (technique ancienne qui consistait à coucher le navire sur un de ses flancs, afin de pouvoir travailler sur sa carène, à flot), on utilisait les formes de radoub. Les navires pénétraient, à marée haute, dans ces grandes coques, creusées dans la berge vaseuse puis maçonnées, qui se vidaient à marée basse après la fermeture des portes (avec l’aide d’une machine hydraulique comprenant trois chaînes à godets, actionnée par un manège à chevaux). Une drague à godets permettait de dévaser ».

La Charente à marée basse. A droite, l’entrée du radoub Louis XV

Les 3 formes de radoub de Rochefort : 17ème siècle, 18ème siècle, 19ème siècle.

A. 1669-1671. La vieille forme, conçue par François Le Vau sur les volontés de Louis XIV, est le premier bassin de radoub construit en France. Elle est la toute première à être maçonnée au monde ; elle est construite en pierre de taille perpendiculairement à la Charente. Elle se ferme par des portes en bois.

B. 1683-1728. « Forme de radoub à deux bassins, dite aussi Louis XV, conçue et décidée par l’intendant de la marine Pierre Arnoul. Sa construction, qui fut une première mondiale, nécessita 45 ans d’efforts contre un environnement inadapté. On éprouva de grandes difficultés : des sources jaillissantes, qu’on ne pouvait ni tarir ni détourner, remplissaient incessamment le bassin et l’on se vit même forcé d’abandonner les travaux commencés. On parvint enfin à combattre, puis à vaincre cet obstacle, mais, en 1728 seulement, on put se servir de la nouvelle forme.

  • Pierre Arnoul, fils de Nicolas Arnoul, fut reçu chevalier de Malte de minorité en 1668, commissaire de la marine au département de Toulon (1670), contrôleur-général de la marine du Ponan (1672), intendant des galères de France et des fortifications de Provence (1673), intendant de la marine et des fortifications après son père (1675), révoqué en 1679, replacé au Havre (1680)/ Il tint ensuite les fonctions d’intendant de la marine et d’intendant de justice, police et finances à Rochefort, La Rochelle, Brouage… Il meurt en 1719.

Des modifications ont été apportées par rapport à la conception de la Vieille forme. Elle est fermée par un bateau-porte ; les parois ne sont plus droites mais en gradins, de façon à faciliter le travail des ouvriers à l’intérieur ».

1734. Le bateau-porte d’origine n’ayant jamais bien fonctionné, il est remplacé par des portes en bois.

C. 1853-1861. « Construction de la forme Napoléon III. Elle fut allongée en 1900 pour accueillir le Dupleix, long de 134 m, le dernier grand croiseur-cuirassé construit à Rochefort ».

Quelques termes techniques : radier, bajoyer, bateau-porte.

« Constituant le fond du bassin, le radier est une surface en règle générale plane dans les bassins récents, permettant le positionnement des tins ou des bers supportant le navire à accueillir, et la circulation du personnel et des engins nécessaires aux travaux de coque à réaliser sur le navire accueilli.

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18ème. Toxicité de la suie, du plomb

Suite des chroniques sur l’Histoire de la médecine du travail. Percival Pott et la toxicité de la suie pour les ramoneurs (1775). Benjamin Franklin, Amédée Lefebvre et la toxicité du plomb pour les marins (1796).

A.La toxicité de la suie. « Percivall Pott (1713- 1788) est un chirurgien britannique qui a identifié pour la première fois une substance chimique comme étant la cause d’un cancer professionnel : en 1775 il a prouvé que la suie était responsable du cancer du scrotum des petits ramoneurs de Londres et a mis en cause les conditions de travail très dures des enfants qui devaient se faufiler à travers d’étroits conduits de cheminées encore brûlant et avaient en permanence la peau imprégnée de résidus de combustion de houille grasse.

Il explique la localisation des tumeurs par l’accumulation de particules fines de suie au niveau de la peau fine et plissée des bourses, facilitée par la sueur et incrimine aussi l’irritation par le frottement du pantalon et de la corde dont se servaient les ramoneurs pour descendre dans les cheminées.

À cette époque les ramoneurs commençaient à travailler vers l’âge de 5 ans et le cancer apparaissait après la fin de leur activité professionnelle vers l’âge de 30 ans. Malgré cette étude, le travail des petits ramoneurs n’a été réglementé qu’en 1840″.

B. La toxicité du plomb in Histoire et évolution de la santé au travail. « Benjamin Franklin (17 janvier 1706 – 17 avril 1790) qui en plus d’être un homme politique et un des pères fondateurs des états unis d’Amérique était un physicien et un scientifique curieux de tout, étudia la toxicité du plomb et son rôle dans l’apparition du saturnisme maladie qu’il diagnostiqua chez des cristalliers et des céramistes. Ses découvertes sont présentées dans une lettre datée de 1796, mais il fait remonter le début de ses travaux à plus de 60 ans auparavant.

Cliquer sur les images pour les agrandir. Amédée Lefebvre, in École de médecine navale de Rochefort

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1700. Des maladies des artisans

Source 1 : extraits de Histoire de la médecine du travail

« Bernardino Ramazzini (1633–1714), professeur de médecine à Padoue, fut un des précurseurs de la médecine du travail, dans le domaine des accidents du travail et des pathologies professionnelles. Il précisa certaines mesures d’hygiène et de sécurité, essaya d’améliorer les conditions de travail, en se déplaçant sur les lieux de travail.

Son ouvrage, De morbis artificum diatriba, Traité des maladies des artisans, servira pendant deux siècles de référence absolue. Il fut publié à Padoue en 1700, puis réédité en 1713, traduit en plusieurs langues au 18ème siècle, puis traduit en français, commenté et enrichi par le comte de Fourcroy en 1777, repris et complété par le docteur Patissier en 1822.

Dans la préface du Traité, Ramazzini écrit : Il y a beaucoup de choses qu’un médecin doit savoir, soit du malade, soit des assistants ; écoutons Hippocrate sur ce précepte : quand vous serez auprès du malade, il faut lui demander ce qu’il sent; quelle en est la cause, depuis combien de jours, s’il a le ventre relâché; quels sont les aliments dont il a fait usage. » […] mais qu’à ces questions il me soit permis d’ajouter la suivante : quel est le métier du malade ?

Ramazzini identifiait alors les deux principales causes des maladies préfigurant l’étiologie moderne : la mauvaise qualité des agents chimiques voire biologiques utilisés, et les mouvements violents, irréguliers, ou mauvaises situations des membres induites par le travail ».

Un texte qui contextualise la question : fondateur ? précurseur ? médecin spécialisé ? Julien Vincent, Ramazzini n’est pas le précurseur de la médecine du travail, Médecine, travail et politique avant l’hygiénisme, Genèses,  2012/4 (n° 89), pages 88 à 111.

Extraits de l’article. « Le culte du précurseur a récemment atteint des proportions inédites lorsque des recherches archéologiques ont été engagées pour identifier ses dépouilles (Marin et al. 2003). Il est vrai que son traité, publié d’abord en 1700, puis dans une deuxième édition en 1713, se distinguait à la fois par sa qualité littéraire et par son souci de l’observation de terrain, issu de la science expérimentale du 17ème siècle.

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L. van Beethoven, 30 ans en 1800

Ludwig van Beethoven (1770-1827) est un compositeur et pianiste allemand né à Bonn et mort à Vienne.

Source de la chronique du blog : Biographie des 30 premières années de Beethoven à partir de l’article de Wikipédia.

1770. « Beethoven naît à Bonn en décembre dans une famille modeste qui perpétue une tradition musicale depuis au moins deux générations.

Son père, Johann van Beethoven (1740-1792), est musicien et ténor à la Cour du prince-électeur de Cologne, Clément-Auguste de Bavière. Le père de Ludwig est un homme médiocre, brutal et alcoolique ; il élève ses enfants dans la plus grande rigueur.

1775 (Ludwig a 5 ans). Il ne faut pas longtemps à Johann van Beethoven père pour détecter le don musical de son fils et réaliser le parti exceptionnel qu’il peut en tirer. Songeant à l’enfant Wolfgang Amadeus Mozart, exhibé en concert à travers toute l’Europe une quinzaine d’années plus tôt, il entreprend l’éducation musicale de Ludwig.

1778 (8 ans). Devant les exceptionnelles dispositions de son fils, il tente de le présenter au piano à travers la Rhénanie, de Bonn à Cologne.

1781 (11 ans). Mais il ne semble capable que d’autoritarisme et de brutalité, et cette expérience demeure infructueuse, à l’exception d’une tournée aux Pays-Bas en 1781.

1782-1783 (12-13 ans). Le jeune Ludwig devient l’élève de Christian Gottlob Neefe (piano, orgue, composition) qui lui transmet le goût de la polyphonie en lui faisant découvrir Le Clavier bien tempéré de Bach. Il compose pour le piano les 9 variations sur une marche de Dressler et les trois Sonatines dites à  l’Électeur.

1784 (14 ans). Devenu organiste adjoint à la cour du nouvel Électeur Max-Franz, qui devient son protecteur, Beethoven est remarqué par le comte Ferdinand von Waldstein dont le rôle s’avère déterminant pour le jeune musicien.

1787 (17ans). Celui-ci emmène Beethoven une première fois à Vienne en avril, séjour au cours duquel a eu lieu une rencontre furtive avec Wolfgang Amadeus Mozart.

1792 (22 ans). En juillet, le comte Waldstein présente le jeune Ludwig à Joseph Haydn qui, revenant d’une tournée en Angleterre, s’était arrêté à Bonn. Impressionné par la lecture d’une cantate composée par Beethoven et tout en étant lucide sur les carences de son instruction, Haydn l’invite à faire des études suivies à Vienne sous sa direction. Beethoven accepte.

À la fin du XVIIIe siècle, Vienne est la capitale de la musique occidentale et représente la meilleure chance de réussir pour un musicien désireux de faire carrière. Âgé de vingt-deux ans à son arrivée, Beethoven a déjà beaucoup composé, mais pour ainsi dire rien d’important. Bien qu’il soit arrivé à Vienne moins d’un an après la disparition de Mozart, le mythe du passage du flambeau entre les deux artistes est infondé : encore très loin de sa maturité artistique, ce n’est pas comme compositeur, mais comme pianiste virtuose que Beethoven forge sa réputation à Vienne… Malgré l’influence profonde et durable de Haydn sur l’œuvre de Beethoven et une estime réciproque plusieurs fois rappelée par ce dernier, le père de la symphonie n’a jamais eu avec Beethoven les rapports de profonde amitié qu’il avait eus avec Mozart

1794 (24 ans). Après le nouveau départ de Haydn pour Londres, Beethoven poursuit des études épisodiques jusqu’au début de 1795 avec divers autres professeurs. Ses talents de pianiste et ses dons d’improvisateur le font connaître et apprécier des personnalités mélomanes de l’aristocratie viennoise.

1795 (25 ans). Beethoven donne son premier concert public le mars pour la création de son Concerto pour piano n°2 (écouter sur France Musique).

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1711. Cathédrale de St-Dié, façade

« L’origine de l’église de Saint-Dié remonte à Déodat, moine irlandais qui fonda au VIIe siècle la cité qui porte encore son nom. D’abord église abbatiale, elle devint la collégiale d’un chapitre de chanoines séculiers.

René II la considérait comme la quatrième cathédrale de son duché, après celles des Trois-Évêchés lorrains, Metz, Toul et Verdun. En 1777 l’église fut élevée au rang de cathédrale lorsque le pape Pie VI octroya la bulle d’érection de l’évêché de Saint-Dié.

Photos de Pierre Dubois, octobre 2020. Cliquer sur les images pour les agrandir

Plusieurs fois incendiée au cours de son histoire, la cathédrale fut dynamitée par les Allemands en novembre 1944 et perdit l’ensemble de sa voûte ». Photos des immeubles sinistrés : vidéo de 2’47.

« Reconstruite à l’identique, elle reçut un nouveau mobilier et fut à nouveau consacrée en 1974 ».

Intérieur et extérieur de la cathédrale : diaporama de 24 photos

  • Sources. Extraits de l’article de Wikipédia et photos inédites d’octobre 2020.
  • Visite guidée (office du tourisme) : vidéo de 8’15
  • page 1 de la chronique : extérieur de la cathédrale
  • page 2 : intérieur de la cathédrale (dont vitraux)
  • page 3 : cloître de la cathédrale et église romane Notre-Dame de Galilée accolée au cloître.

« La façade fut élevée de 1711 à 1714 par l’Italien Giovan Betto, qui participa par ailleurs à la construction de plusieurs églises lorraines (dont la cathédrale de Nancy).

La façade, sans les tours, possède des proportions palladiennes et son modèle le plus rapprochant est la basilique palladienne San Giorgio Maggiore à Venise.

Photo de Pierre Dubois, août 2015

Sobre et massive, de style classique, la façade est rythmée par un avant-corps encadré de quatre colonnes doubles supportant un fronton triangulaire. Deux tours surmontées de bulbes complètent l’ensemble.

La nef romane, élevée après le second des trois incendies qui ravagèrent l’édifice (1065, 1155 et 1554), possède un style caractéristique de la Lorraine du Sud. Elle est animée d’un décor de cordons et d’entrelacs. Les chapiteaux romans de la deuxième moitié du XIIe siècle ont été prodigieusement épargnés après le dynamitage criminel par les nazis fin novembre 1944.

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1793. Table rase en Médecine

La médecine sous la Révolution (1789-1799). Source des citations de la chronique : site Medarus, Portraits de Médecins, La Médecine au 17ème et 18ème siècles.

« La Révolution allait faire table rase, mais seulement après avoir vainement tenté de réformer les vieilles méthodes et de les adapter au goût du jour. L’homme qui fut chargé de présenter un rapport sur la nécessité de réorganiser l’enseignement de la médecine en France s’appelait Félix Vicq d’Azyr, Membre de l’Académie française et de l’Académie des Sciences, professeur d’anatomie comparée à la Faculté de Paris.

Suppression des corporations, congrégations et confréries

La Loi Le Chapelier, promulguée en France le 17 juin 1791, supprime pour un siècle toute association professionnelle en France. Cette loi suit  le Décret d’Allarde des 2 et 7 mars 1791, qui abolit toute corporation ou jurande (groupement professionnel).

L’Assemblée Législative par la Loi du 18 août 1792 supprime les congrégations séculières (religieuses y compris enseignantes : universités, facultés, Sociétés médicales…)  et les confréries. La faculté de médecine est supprimée, mais celle-ci n’avait plus reçu de docteur depuis 1785, totalement dépassée par l’école de chirurgie.

Fermeture des Facultés et Académie

Le décret du 8 août 1793 (20 thermidor an I), la Convention nationale votait « Toutes les Académies et sociétés littéraires, patentées ou dotées par la nation, sont supprimées ». C’était le premier pas dans la voie nouvelle.

Le 15 septembre 1793, un décret de la Convention nationale décrétait la dissolution et la fermeture des facultés et organisations enseignantes. Toutes les Facultés de Médecine, Collège de Chirurgie et un Collège de Pharmacie disparaissent ainsi que l’Académie de Chirurgie et la société Royale de Médecine.

Le vieil édifice universitaire s’effondrait. La médecine, comme les autres professions, échappait ainsi à tout contrôle, l’exercice de la médecine devient libre, et peut, désormais, être exercée sans qu’il soit nécessaire d’avoir fait des études médicales ou de posséder un diplôme. La convention nationale fit la partie belle aux médecins improvisés ou peu scrupuleux. Une telle situation ne pouvait qu’engendrer l’anarchie… Les responsables de la santé publique (Cabanis, de Pinel, de Guillotin et de Fourcroy) comprirent l’urgence d’agir ».

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1783. École des mines de Paris

Suite des chroniques sur les Académies royales, les Écoles Royales, fondées au 18ème siècle en dehors des universités : École des Ponts et Chaussées, École Polytechnique, Académie Royale de Peinture, Sculpture et Architecture…

Deux parties dans cette chronique. La première (page 1) est dédiée à l’Histoire de l’École des Mines entre sa fondation en 1783 et 1816. La seconde (page 2) concerne les prémisses de l’école en 1750 et 1783.

Source de la chronique : article de Wikipédia. « Fondée le 19 mars 1783 sur ordonnance du roi Louis XVI, dans le but de former des directeurs intelligents pour les mines du royaume de France, l’École nationale supérieure des mines de Paris est l’une des plus anciennes et sélectives écoles d’ingénieurs françaises.

À l’époque de sa fondation, l’exploitation des mines était à la fois une industrie d’excellence et un secteur stratégique, où se retrouvaient toutes sortes de problèmes allant de la géophysique au génie des procédés en passant par la sécurité minière, la gestion économique des ressources et la stratégie géopolitique. Les ingénieurs des mines étaient alors formés pour les résoudre.

La bibliothèque des Mines est créée en 1783 afin de permettre aux élèves de jouir d’une documentation pratique. Des choix dans les dépôts littéraires permettent de l’enrichir pendant la Révolution. Les fonds se constituent parallèlement à l’émergence des sciences comme la minéralogie ou la géologie. Le fonds ancien est également marqué par les documents en langue étrangère, particulièrement en allemand, pays où se développent d’abord ces sciences.

La première école des mines est établie à l’hôtel des Monnaies de Paris. Disparue en 1791 dans la tourmente révolutionnaire, puis reconstituée par un arrêté du Comité de salut public le 13 messidor an II (1794), elle fut transportée à Peisey-Nancroix en Savoie, à ce moment française, après l’arrêté des consuls du 23 pluviôse an X (1802). L’école prend le nom d’École pratique des Mines du Mont-Blanc. L’administration de l’école est installée dans les locaux de l’ancien grand séminaire de Moûtiers.

Les élèves-ingénieurs, qui portent un uniforme, sont rémunérés durant leur scolarité. Les promotions annuelles comportent une demi-douzaine d’élèves. La formation est à la fois théorique et pratique, sur le site de la mine de Peisey, mais aussi dans toute la région au moyen de cours géologiques et de «voyages métallurgiques. Un examen sanctionne la fin de la scolarité, avec la rédaction d’un mémoire.

Les lauréats sont nommés dans un grade d’aspirant puis d’ingénieur pour être affectés dans un département de l’Empire. Durant ses douze années de fonctionnement, l’école a formé entre 60 et 70 élèves. L’invasion sarde de 1814 interrompt le fonctionnement de l’école.

Après les événements de 1814, avec le même personnel, l’école est définitivement reconstituée à Paris, par l’ordonnance du 6 décembre 1816, et établie à l’hôtel de Vendôme, longeant le jardin du Luxembourg,

Pour aller plus loin. Alexis Chermette, Un ingénieur des mines au XVIIIe siècle : Johann Gottfried Schreiber (1746-1827), publications de la Société Linnéenne de Lyon, Année 1975, 44-10, pp. 33-42.

Ivan Cadenne et  Patrick Givelet, L’École des Mines de Peisey-Nancroix en Savoie (1802-1814), Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d’ethnologie, Année 1996, 24-2-4, pp. 169-182.

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Saint-Dié. 10 ans de reconstruction

Saint-Dié-des-Vosges, exposition Le Corbusier / Jean Prouvé, proches à distance, prolongée jusqu’au 3 janvier 2021 inclus. 8ème chronique dédiée à une visite virtuelle de l’expo : le Plan de Reconstruction de la ville, conçu par Le Corbuisier en 1945.

Le musée Pierre Noël  de Saint-Dié-des-Vosges comprend une petite dizaine de sections, dont une dédiée à Le Corbusier. Lorsque le moment arriva de reconstruire la ville après le dynamitage allemand de 1944, un projet audacieux de l’architecte fut envisagé. Très en avance sur son temps, donnant la priorité aux espaces verts et aux piétons, celui-ci proposa une vision globale de la ville du futur, que ses opposants jugèrent trop collectiviste. Ses idées ne furent donc pas retenues.

La salle François Cholé s’organise autour d’une grande maquette de la ville telle que Le Corbusier l’avait imaginée au moment de la reconstruction. Cette présentation en trois dimensions est complétée par des plans, perspectives et photos diverses, notamment celles liés au seul projet effectivement réalisé par l’architecte-urbaniste à Saint-Dié-des-Vosges, l’usine Claude et Duval, une bonneterie qui est aussi le seul bâtiment industriel dans une œuvre abondante par ailleurs (lire la chronique du blog : 1947-52. Le Corbusier, l’usine Duval)

Deux sources mobilisées pour cette chronique :

A. La lente reconstruction

« La reconstruction tarde dans un pays qui sombre économiquement au plus bas en 1947. Le théoricien et architecte Le Corbusier, nommé conseil auprès de l’architecte en chef Jacques André, propose un projet au ministre de la Reconstruction Raoul Dautry : une cité jardin assemblage de grandes tours au centre de la vallée et des maisons de loisirs parsemées aux abords des collines. Mais la pénurie de matériel et de fonds entrave l’amorce de cette réalisation modèle dont le plan d’ailleurs tarde du fait des désaccords entre architectes et/ou fonctionnaires. Différentes associations de sinistrés ou assemblées de propriétaires et d’habitants s’offusquent et finissent par se rassembler autour du plan simple et pratique, conciliant avec les propriétaires car en grande partie restaurateur de l’ancien plan cadastral urbain, de l’architecte en chef départemental Georges Michau, secondé par Paul Résal. Le 31 janvier 1946, le conseil municipal adopte sans appel un projet d’un fonctionnaire du ministère, inspiré par la proposition Michau.

En 1946, le ciment est rare et les soubassements des logements provisoires ne peuvent être réalisés qu’en bois. Début 1952, la rue Thiers n’est encore qu’amas de pierres. La lente reconstruction du cœur de la ville commence. Fin 1952, la rue Dauphine commence à renaître et une première maison apparaît rue Thiers. Quelques rares habitants peuvent réintégrer le centre en reconstruction, mais l’immense majorité des habitants qui n’ont pas quitté la ville vivent en baraques. Le camp de la Vaxenaire ouvert en 1944 et qui commence à se vider à partir de 1956 était un des plus grands camps boueux. Les hauteurs de la Vigne Henry couvertes de baraques en bois aux planches disjointes, sans réseau d’eau, ni électricité, ressemblent en 1948 à un vaste bidonville que de nombreux habitants essaient de quitter souvent en vain. C’est la réalité quotidienne de la plupart des gens de Saint-Dié ».

B. Le plan de reconstruction de Saint-Dié (1945). L’échec de Le Corbusier

Long texte de Daniel Grandidier, conservateur du musée de Saint-Dié, publié dans Transvosges n°12. Photos de la maquette exposée au musée de Saint-Dié-des-Vosges.

En rose, l’église Saint-Martin et la cathédrale. En rouge les voies pour les voitures. En jaune, les voies piétonnes

« Un jeune industriel déodatien en bonneterie, Jean-Jacques Duval, qui avait fait ses études à l’École polytechnique de Zurich où il avait entendu parler de Le Corbusier, décide de rencontrer ce dernier dans son atelier de la rue de Sèvres à Paris, vers 1935 (rencontre de le Corbusier).

En 1943, Jean-Jacques Duval demande à l’architecte-urbaniste de réfléchir au développement futur d’une ville industrielle et en particulier de se pencher sur le cas de Saint-Dié. A cette époque, personne n’imagine le désastre de novembre 1944 où les nazis feront dynamiter et incendier tout le centre historique de la ville. C’est donc finalement un plan de reconstruction qu’il faudra concevoir.

Le bilan de novembre 1944 est en effet catastrophique : 10 585 sinistrés totaux, 1200 sinistrés partiels (la ville comptait 17 500 habitants en 1940, 15 000 en 1944).  Plus de 2000 immeubles, 400 commerces, tous les édifices publics sont atteints ou anéantis. Depuis le début du conflit, la ville a payé un lourd tribut humain : 1107 déportés dont 943 le 8 novembre 1944, 249 requis pour le S.T.O. en Allemagne, 28 tués.

Certains architectes originaires de Lorraine et résidant à Paris voient dans ce cataclysme une aubaine et proposent immédiatement leurs services au Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (le MRU), avançant le nom de Jacques André de Nancy comme urbaniste.

Jean-Jacques Duval pense, quant à lui, que se présente là « l’occasion unique de réaliser un plan d’urbanisme exceptionnel ». Tout d’abord Le Corbusier, consulté par Jean-Jacques Duval, décline l’offre. Amer, car le Ministère ne lui a confié que le port de La Pallice (La Rochelle) – reconstruction et extension – et l’extension de Saint-Gaudens en liaison avec l’exploitation du gaz naturel dans ce secteur, l’architecte est également méfiant : dès lors qu’il aura accepté, il sait qu’il consacrera « tout son temps, tout son enthousiasme et toute son énergie pour un résultat très aléatoire ».

Jean-Jacques Duval s’emploie à sensibiliser la municipalité et certaines personnalités locales. Une des deux associations de sinistrés de la ville adhère au mouvement. Finalement au printemps 1945, Le Corbusier, après un voyage à Saint-Dié, accepte, séduit par le site et stimulé par l’amitié, d’être urbaniste-conseil de la ville.  En juin 1945, le plan pour Saint-Dié est prêt. C’est André Wogenscky qui a dessiné tout le projet d’après les croquis de Le Corbusier.

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Mobiliers par Le Corbusier, Prouvé

Saint-Dié-des-Vosges, exposition Le Corbusier / Jean Prouvé, proches à distance, prolongée jusqu’au 3 janvier 2021 inclus. 7ème chronique dédiée à une visite virtuelle dédiée aux mobiliers : chaises, fauteuils, chaises longues, tabourets, bureaux…

  • Le Corbusier (page 1 de la chronique)
  • Jean Prouvé (page 2)
  • Charlotte Perriand (page 3)

Diaporama de 40 photos

Le Corbusier, Pierre Jeanneret, Charlotte Perriand, Fauteuil B 301, 1928-1929 (expo Saint-Dié)

Le Corbusier (1887-1965). Fauteuil à dossier basculant avec structure en acier chromé brillant ou laqué noir opaque.

Source des extraits ci-dessous : Authentics Design

« L’un des plus célèbres et des plus emblématiques meubles de Le Corbusier, la chaise LC1 Cassina est une ode à la pureté et au design. Inspirée de la chaise coloniale utilisée par les officiers au XIXe siècle dans l’Empire britannique, la chaise voit le jour en 1928 et est dévoilée en 1929 au Salon d’Automne. De son origine, elle garde une simplicité et une élégance qui lui permettent de s’intégrer dans toutes les décorations.

Ce fauteuil à dossier basculant fait appel à plusieurs thématiques chères à Le Corbusier : simplicité des traits, fonctionnalité recherchée, dynamisme par l’immobilité et un design novateur, allant à l’inverse des normes de l’époque.

Il est composé d’une structure en tubes d’acier chromé qui constituent une structure résolument ouverte. Seul élément fermé, les accoudoirs prennent la forme de bandes de cuirs enroulées autour des tubes d’acier : le mariage des formes et des matières.

Il n’est pas qu’une œuvre d’art, c’est avant tout une véritable déclaration d’amour à la fonctionnalité. Structure de l’assise et du dossier assurent ainsi un confort de tous les instants sans pour autant sacrifier aux lignes de l’ensemble. Le dossier quant à lui bascule et permet de rester confortablement assis dans toutes les positions ».

Pour aller plus loin : autres photos du fauteuil à dossier basculant.

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