Archives de Catégorie: AI. Art médiéval et moderne

Saint Georges, roué de coups

Saint Georges, roué de coups. Suite de la chronique : Supplice de la roue : Sainte Catherine d’Alexandrie.

Hans Baldung Grien, Le martyre de Saint-Catherine, vers 1504, panneau de résineux

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Source A. Georges de Lydda : extraits de l’article de Wikipédia dédié à la Légende dorée.

« La Légende de Saint Georges est mentionnée vers 1265 ou 1266 sous la plume de l’archevêque dominicain de Gênes, Jacques de Voragine, dans son célèbre ouvrage intitulé la Légende dorée.

Georges de Lydda naît en Cappadoce, dans une famille chrétienne. Militaire, il devient officier dans l’armée romaine ; il est élevé par l’empereur Dioclétien aux premiers grades de l’armée.

Un jour il traverse la ville de Silène dans la province romaine de Libye, sur son cheval blanc. La cité est terrorisée par un redoutable dragon qui dévore tous les animaux de la contrée et exige des habitants un tribut quotidien de deux jeunes gens tirés au sort. Georges arrive le jour où le sort tombe sur la fille du roi, au moment où celle-ci va être victime du monstre ».

Hans Baldung Grien et son Atelier, Saint Georges, vers 1528-1530, panneau de tilleul

« Georges engage avec le dragon un combat acharné ; avec l’aide du Christ, et après un signe de croix, il le transperce de sa lance. La princesse est délivrée et le dragon la suit comme un chien fidèle jusqu’à la cité. Les habitants de la ville ayant accepté de se convertir au christianisme et de recevoir le baptême, Georges tue le dragon d’un coup de cimeterre, car il les effrayait toujours puis le cadavre de la bête est traîné hors des murs de la ville, tiré par quatre bœufs.

Après la publication des édits de Dioclétien contre les chrétiens, Georges est emprisonné. Sa foi ne pouvant être ébranlée, il y subit un martyre effroyable : livré à de nombreux supplices, pelé vivant, ébouillanté, supplicié de la roue et écartelé. Il survit miraculeusement et finit par être décapité le 23 avril 303″.

Source 2. Rouer de coups : extraits du site Horore Humanum Est.

« Le supplice à l’origine de cette expression française est institué sous François Premier pour punir les bandits de grand chemin.

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Supplice de la roue : C. d’Alexandrie

Supplice de la roue : Catherine d’Alexandrie. Deux œuvres exposées au Musée de l’Œuvre Notre-Dame (Strasbourg).

Diaporama de 30 photos (2 œuvres, notices, détails).

Conrad Witz. Sainte Madeleine et sainte Catherine, Bâle, vers 1440, Huile sur panneau de sapin

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Anonyme, Le martyre de sainte Catherine, Rhin Supérieur, vers 1450, Huile sur panneau de bois

Le supplice de la roue (source : Wikipédia)

« Dans La Légende dorée, Jacques de Voragine fait le récit du supplice qu’aurait subi Ca »therine d’Alexandrie pour avoir repoussé les avances de l’empereur romain Maxence au début du IVe siècle :

Alors un officier de l’empereur lui conseilla de faire faire quatre roues garnies de lames de fer et de clous très aigus, afin de la mettre en pièces, qu’un supplice aussi cruel effrayât les autres chrétiens. Et l’on disposa les roues de façon que deux tournaient dans un sens et deux dans un autre, afin que les unes déchirassent ce que les autres auraient épargné. 

Le récit de Voragine contient de telles invraisemblances (Et un ange brisa cette machine, et la fit éclater avec tant de force, que ses débris tuèrent quatre mille gentils) qu’on peut douter qu’une telle machine ait été un jour fabriquée et utilisée. L’existence historique de Catherine d’Alexandrie elle-même est très contestée, au point que, malgré sa popularité, l’Église catholique l’a officiellement retirée de son calendrier liturgique en 1969 au motif que le peuple chrétien ne peut être invité à une prière officielle que dans la vérité« …

… « La roue est un moyen de supplice utilisé depuis l’Antiquité jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Au cours de l’histoire, ce supplice a revêtu différentes formes.

Dans l’Antiquité, on attachait les condamnés aux rayons d’une roue pour les torturer ou les faire tourner parfois jusqu’à la mort.

Les hagiographies légendaires des martyrs chrétiens des premiers siècles font état de roues de fer garnies de pointes destinées à déchirer les chairs, dont l’histoire ne semble cependant pas avoir gardé de traces.

Au milieu du Moyen Âge, apparaît un nouveau mode d’exécution au cours duquel le condamné à mort, après avoir eu les membres et la poitrine brisés en étant écartelé sur le sol ou sur une croix en bois, reste exposé sur une roue jusqu’à ce que mort s’ensuive. Selon la résistance du patient, l’agonie sur la roue pouvait durer de quelques instants à plusieurs jours. Les juges atténuaient parfois la sentence par un retentum, enjoignant au bourreau d’étrangler le patient à un moment donné ».

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La Résurrection du Christ dans l’Art

Pâques. La Résurrection du Christ dans l’Art. Suite des chroniques sur la Semaine sainte dans l’art : Passion et Résurrection du Christ.

Représentations de la Résurrection. Par la suite, Jésus partage un repas avec deux disciples à Emmaüs ; Incrédulité de Saint-Thomas (il veut toucher les stigmates) ; Noli me tangere adressé à Marie-Madeleine.

Diaporama n°1 : 36 photos (10 œuvres, notices, et détails).

Besançon, Église Saint-Jean, Résurrection par Carle Van Loo.

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Brou, Monastère Royal, Le repas à Emmaüs.

Colmar, Musée Unterlinden. Le retable de Schongauer : Résurrection, Saint-Thomas, Marie-Madeleine (chronique : Noli me tangere).

Dijon, Musée des Beaux-arts. Saint-Sépulcre ; Résurrection par Pierre-Paul Rubens.

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Paris (Louvre). La Passion du Christ

Paris. Œuvres du Musée du Louvre, dédiées à la Passion du Christ.

Musée du Louvre. Diaporama de 46 photos (15 œuvres, notices, et détails).

Œuvres des 15ème, 16ème, et 17ème siècles (école française), rangées selon la chronologie de la Passion (pas d’œuvre représentant la Résurrection). De la Cène au Christ couché sur son linceul.

  1. Philippe de Champaigne (1602-1674), La Cène (vers 1652), huile sur toile.
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2. Maître de Dreux Budé (connu à Amiens, Tournai, Mons entre 1428 et 1450. Le baiser de Judas et l’Arrestation du Christ.

3. Jacquemart de Hesdin, actif entre 1384 et 1413, Le Portement de Croix (vers 1408), parchemin marouflé sur toile.

4. Jean de Beaumetz, connu de 1361 à 1396, Le calvaire avec un moine chartreux (entre 1388 et 1396), peint sur bois.

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Besançon. Passion et Résurrection

Besançon. Œuvres du Musée des Beaux-arts, de la cathédrale Saint-Jean et de l’église Sainte Madeleine, dédiées à la Passion et à la Résurrection du Christ.

Musée des Beaux-arts. Diaporama de 12 photos (5 œuvres, notices, et détails).

Cathédrale Saint-Jean et église Sainte Madeleine. Diaporama de 21 photos (8 œuvres, notices, et détails)

Œuvres des 16ème, 17ème et 18ème siècles, rangées selon la chronologie de la Passion et de la Résurrection. De la Cène à la Résurrection du Christ.

Claude Arnoux, dit Lulier (1510-1580). La Cène (1560)

Grand bas-relief (300 x 70 cm) de 1560 en marbre blanc du sculpteur franc-comtois Claude Arnoux, dit Lulier. La Cène était autrefois encastrée dans le fronton du Jubé Renaissance érigé en 1549 et détruit à la Révolution.

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D’après Jusepe de Ribeira (1591-1652), Le reniement et les larmes de Saint-Pierre, MBA de Besançon. Le musée possède deux autres œuvres représentant la même scène

Attribué à Marcello Venusti (vers 1512-1579), Le Christ en croix, d’après Michel Ange, huile sur bois

Francesco Trevisiani (1656-1746), Christ en Croix, 1699

Achat après commande effectuée par le biais du Comte de Grammont en 1698), huile sur toile

Charles-Joseph Natoire (1700-177), Descente de Croix, 1755, Abside du Saint-Suaire, Cathédrale Saint-Jean

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Nancy. Passion et Résurrection

Peintures du Musée des Beaux-arts de Nancy dédiées à la Passion et à la Résurrection du Christ.

Diaporama de 41 photos (12 œuvres, notices, et détails).

Œuvres des 16ème et 17ème siècles, rangées selon la chronologie de la Passion et de la Résurrection. De l’entrée du Christ à Jérusalem à Noli me tangere du Christ ressuscité, adressé à Marie-Madeleine.

Nicolas Poussin (1594-1665). L’entrée de Jésus dans Jérusalem, après 1642

Six œuvres sont présentées dans cette chronique. Elles sont rangées par date et par peintre.

1. Wilhelm Stetter (1487-1552). Source : Wikipédia

La mise au tombeau, 1536

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« Les peintures de Wilhelm Stetter, peintre et prêtre, ont été créées pour répondre aux besoins de son ordre, la commanderie de Saint-Jean de Jérusalem. A la destruction de la commanderie en 1633, ses œuvres sont dispersées et certaines se retrouvent dans des églises de Strasbourg.

Les peintures de Stetter s’inspirent du travail de Hans Baldung, dont il est possible qu’il ait été l’élève entre 1510 et 1512. Il utilise une palette claire, en mélangeant des techniques de tempera et de peinture à l’huile. Son œuvre est caractérisée par une architecture riche, des paysages atmosphériques et une répétition des figures. Son style se rapproche de ceux d’Albrecht Dürer et Hans Baldung Grien, et est considéré comme de facture moyenne ».

2. Jacques Bellange. Source Universalis.

Lamentation sur le Christ mort, vers 1602-1604

« Lors qu’au début du 17ème siècle la peinture parisienne traverse une phase de relative éclipse, Nancy et la Lorraine connaissent au contraire une période faste. Jacques Bellange (ou de Bellange) est avec Callot et Deruet l’un des artisans de cet heureux temps.

Il a exercé son activité en Lorraine, entre 1600 et 1615, comme décorateur, peintre et graveur. Nulle mention d’un voyage en Italie. Pourtant, l’art de Bellange ne peut se concevoir que sur la base d’une solide formation acquise au-delà des Alpes : trop de motifs et de traits stylistiques apparaissent empruntés à Parmesan et au Baroche, en particulier, pour qu’il n’ait pas connu directement leurs œuvres. Les sujets traités par Bellange dans ses gravures sont essentiellement d’inspiration religieuse ».

3. Gérard Seghers.

Le Christ après la flagellation, vers 1620-1625, Huile sur toile, H. en cm : 113 ; L. en cm : 173.

« Cette scène rarement peinte du cycle de la Passion se situe entre la Flagellation et le Couronnement d’épines ; elle montre le Christ détaché de la colonne, rampant pour ramasser ses vêtements. Le cadrage, la lumière traitée en clair-obscur et le réalisme brutal de l’humiliation et de la souffrance du Christ se rattachent à l’art du Caravage. Cette œuvre provient de la cathédrale de Toul ».

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Strasbourg. Passion et Résurrection

Passion et Résurrection : découverte de l’art sacré des musées et des églises : après Dijon, Strasbourg. Prochaine ville : Nancy.

Strasbourg. Peintures d’Art sacré du Musée des Beaux-arts :

Jan Swart Van Groningen. Volet de retable : Arrestation du Christ, Adieux de Jésus à sa mère, vers 1540

En parallèle, sur mon profil Linked in, Un évènement chaque jour : après l’Entrée dans Jérusalem et le Lavement des pieds, la Cène.

En 2022, une nouvelle découverte de Cène : celle de Philippe de Champaigne, vers 1652, Louvre.

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Dijon. Passion et Résurrection

La Semaine Sainte dans l’Art : Passion et Résurrection du Christ. Premier musée visité : Dijon, Musée des Beaux-arts, Chapelle des Élus, Église Saint-Étienne.

Diaporama de 39 photos (14 œuvres, notices, et détails).

  • Évènements de la Semaine sainte. L’Entrée du Christ à Jérusalem. Le lavement des pieds. La cène. Au jardin des oliviers. Devant le grand prêtre. Les outrages et la trahison de Pierre. La flagellation. Le couronnement d’épines. La condamnation à mort. Ecce homo. Le portement de la croix. Le voile de Véronique. La crucifixion. Le Christ et les deux larrons. La descente de croix. la Pietà. La mise au tombeau. La déploration.  La résurrection. Le Christ et les pèlerins d’Emmaüs. Le Christ à Thomas : Noli me tangere.

A. Le retable de Saint Rombault de Malines. L’entrée à Jérusalem et le lavement des pieds, par Rubens, 1632.

« Les deux petits panneaux de L’Entrée du Christ à Jérusalem et du Lavement des pieds formaient autrefois la prédelle, c’est à dire la partie inférieure, d’un grand retable où figurait, comme scène principale, une grande Cène aujourd’hui conservée à la Pinacothèque de la Brera à Milan.

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Cet ensemble fut commandé en 1632 par Catherine Lescuyer pour orner la chapelle du Saint-Sacrement de l’église Saint-Rombault de Malines où son père était enterré. L’iconographie de ces trois tableaux est très cohérente et traite de scènes de la vie du Christ précédant immédiatement la Passion : l’arrivée à Jérusalem le dimanche des rameaux, puis le lavement des pieds qui prend place immédiatement avant la Cène, dernier repas partagé entre le Christ et ses disciples.

L’exécution des deux panneaux sur chêne de la prédelle, plus rapidement brossés que le tableau central, peint sur toile, a parfois fait pencher les historiens en faveur d’une intervention de l’atelier dans leur réalisation. Aujourd’hui, cette exécution assez libre, surtout dans le panneau de L’Entrée du Christ à Jérusalem, semble plutôt plaider en faveur de la main de Rubens lui-même ».

B. Retable de la crucifixion. Retable des saints et martyrs. Notice de Sophie Jugie, musée des Beaux-arts de Dijon, 2002.

Jacques de Baerze (sculpteur), Melchior Broederlam (peintre), à partir de 1392, Bois peint et doré, et peinture à l’huile sur bois. Hauteur : 167 cm ; Largeur de la partie centrale : 252 cm ; Largeur de chaque volet : 125 cm.

« Le Retable de la Crucifixion, comme son pendant le Retable des saints et martyrs, qui porte les armoiries de Philippe le Hardi et de Marguerite de Flandre, provient de la chartreuse de Champmol.  

Les sculptures de Jacques de Baerze, presque entièrement dorées, offrent une vision somptueuse, qui emprunte à l’orfèvrerie la dentelle des architectures, la moulure ornée de fleurettes ou les plis comme métalliques des drapés, rivalisant avec les émaux sur ronde-bosse d’or alors en vogue. Les rehauts de polychromie sont très soignés : visages peints au naturel et riches brocarts.

Ce triptyque de bois sculpté et doré compte parmi les plus anciens exemples conservés de ces retables flamands dont les villes de Bruxelles, Anvers et Malines se sont fait une spécialité tout au long du XVe siècle et au début du XVIe siècle.

Le fond or relevé de motifs poinçonnés, les couleurs éclatantes parmi lesquelles se détache le pigment le plus cher, le bleu outremer, font des peintures de Melchior Broederlam un travail raffiné et précieux.

Par leur exceptionnelle qualité, ces peintures sont des jalons essentiels de la peinture de la fin du XIVe siècle. Melchior Broederlam fut le peintre attitré du comte de Flandre Louis de Mâle, puis de son gendre Philippe le Hardi. Son activité est documentée de 1381 à 1410. Le Retable de la Crucifixion est sa seule œuvre conservée.

Encore marqué par l’art gothique international, le peintre témoigne de sa connaissance de la peinture italienne, perceptible dans le fond or et les rochers de tradition byzantine, mais aussi dans la composition de la « Présentation au Temple », qui dérive de modèles siennois. Il doit aussi beaucoup à l’art parisien pour l’élégance des gestes et des drapés ».

C. Retable de Saint-Georges. Dijon, milieu 15e siècle, Anonyme bourguignon, Peinture à l’huile sur bois transposé sur toile marouflée sur panneau. Hauteur : 161,5 cm ; Largeur : 211,5 cm. Notice de Sophie Jugie, l’Art à la cour de Bourgogne : Le mécénat de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur (1364-1419).

« Le parallèle est évident entre le Retable de Saint Georges et le Retable de Saint Denis. Jusqu’à sa mise en dépôt à Dijon, en 1968, leur histoire les lie.

Les circonstances exactes de la commande du Retable de saint Georges nous échappent : la présence d’un chartreux sur le tableau laisse penser qu’il s’agit, plutôt que d’une commande ducale, de l’offrande d’un des religieux désireux de compléter un décor demeuré incomplet. On peut préciser leur emplacement d’origine, car on sait que deux tableaux de sujets identiques, peints en 1741 par Carle Van Loo, furent installés dans le chœur des convers, de part et d’autre de la porte qui donnait accès au chœur des pères. C’est sans doute à cette date que les deux retables quittèrent Champmol.

Un certain nombre de détails invitent à situer la réalisation du Retable de saint Georges au milieu du XVe siècle, comme la solidité des figures, les drapés aux plis cassés du manteau de la Vierge et de la veste du bourreau, ainsi que le traitement naturaliste de la végétation entre les figures. On peut rapprocher également les visages de la Vierge et des saintes femmes de fragments de vitraux provenant de la Sainte-chapelle de Dijon, qui datent du milieu du XVe siècle »…

… « Ces caractéristiques contradictoires rendent le tableau difficile à dater et le peintre difficile à situer dans une production bourguignonne du XVe siècle.  Le peintre n’est pas exempt d’une certaine maladresse, comme en témoignent le dessin peu heureux des mains, la sécheresse de certains drapés et l’entassement des figures dans un espace trop étroit. Mais il faut reconnaître chez lui la robustesse, la vigueur expressive et l’efficacité narrative qui font la saveur de la peinture bourguignonne à l’époque où le mécénat ducal s’est effacé ».

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Sélestat. Collège jésuite. Chaire

Sélestat en Alsace n’est pas seulement célèbre pour son école latine et sa bibliothèque humaniste. Elle l’est également pour le devenir de son église Sainte-Foy au 18ème siècle ; affectée aux jésuites et à leur collège (1623-1765), elle accueille une splendide chaire baroque (1733), décrite dans la partie 2 de cette chronique.

Diaporama de 35 photos.

Le Lion qui représente l’évangéliste Saint Marc (chaire de Sainte-Foy)

Partie 1. Histoire des collèges jésuites en Alsace de 1580 à 1765. Source 1 : extraits d’un article de la BNUS.

« La Société de Jésus, fondée par Ignace de Loyola, est reconnue par Paul III en 1540. Aux trois vœux traditionnels d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, les jésuites ajoutent celui d’obéissance au pape. Pierre Canisius (1521-1597), premier jésuite allemand, est appelé en 1551 par le Grand Chapitre de Strasbourg pour prêcher à la cathédrale, mais la venue ne se concrétise pas.

Ce n’est qu’à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle que les jésuites s’installent en Alsace où ils ouvrent sept collèges : Molsheim en 1580, Haguenau en 1604, Ensisheim en 1614, Sélestat en 1623, Rouffach en 1656, puis après le rattachement à la France, Strasbourg en 1685, Colmar en 1698.

Les collèges jésuites de Strasbourg, Colmar et Ensisheim sont confiés à la province jésuite de Champagne et les régents y donnent les leçons également en allemand et en français. Ils sont sous le gouvernement d’un provincial français. Les quatre autres collèges jésuites de Sélestat, Rouffach, Molsheim et Haguenau continueront d’être confiés à la province d’Allemagne avec pour siège Mayence, qui les avait fondés. En 1722, le plan de réunir au sein d’une même congrégation les établissements des deux provinces échoue. Aux sept collèges cités, il est possible d’ajouter un huitième, Bouquenom, fondé en 1630.

Les jésuites offrent ainsi, à partir du XVIIe siècle, un réseau éducatif de haut niveau face à celui qu’a constitué la bourgeoisie protestante des grandes villes d’Alsace avec ses gymnases et son Université. L’organisation stricte des collèges jésuites, avec leur encadrement administratif et pédagogique, leurs enseignants qui ont subi une formation longue et variée, développe ce que le P. Delattre considère comme le caractère original de l’enseignement de la Compagnie : une progression annuelle par classes de niveau, de la Cinquième, Quatrième, Troisième avec la grammaire, des Humanités en Seconde et de la Rhétorique en Première, le tout en latin, qui est la seule langue pratiquée dans ces établissements, et imposée jusque dans les cours de récréation.

Un grand nombre d’élèves était pensionnaire et subissait la règle d’une discipline toute religieuse que viennent seulement interrompre des grandes vacances inaugurées par la cérémonie de la distribution des prix et la représentation d’une pièce de théâtre : à cette occasion seule, le collège s’ouvre au public.

C’est  l’archiduc Léopold qui favorise l’installation des jésuites à Sélestat. Ils arrivent le 15 janvier 1615. L’archiduc leur remet la lettre de fondation le 23 mars 1616, laquelle met à leur disposition l’ancien prieuré bénédictin de Sainte-Foy en même temps qu’une propriété épiscopale, appelée Schnellenbühl  et située dans le ried local. Le 27 août 1616, il y ajoute le prieuré de Saint-Valentin à Rouffach. Le pape ratifie la fondation et les dotations en 1618.

Le collège ouvre ses portes en 1623. Le pape donne son assentiment officiel en 1629. L’enseignement est confié à des magistri, maîtres-professeurs, jeunes religieux qui, au sortir du noviciat de deux ans, s’adonnent durant deux ans à des études littéraires, puis pendant trois ans à des études philosophiques. Ils instruisent les élèves du collège durant plusieurs années, puis se consacrent pendant quatre années aux études théologiques qui aboutissent à l’ordination sacerdotale. En 1623, il y a à Sélestat deux maîtres ; en 1630, six« .

Source 2 sur l’histoire du collège jésuite de Sélestat : article de Marie-Philippe Scheurer dans Wikipédia.

« Les jésuites, installés à Sélestat depuis 1615, ouvrent une école en 1621 en demandant un terrain de construction au magistrat qui tente de résister malgré l’insistance de l’archiduc Léopold, protecteur des jésuites ; en 1623 le magistrat achète deux maisons et fait détruire la chapelle Saint-Jean-Baptiste pour aménager une cour sur son emplacement ; un bâtiment d’école est construit en 1687.

En 1731, les jésuites voudraient construire une école plus vaste et demandent l’autorisation à l’intendant qui refuse ; en 1737 une nouvelle demande est acceptée ; un projet et un devis sont dressés par l’architecte communal Jean Martin Diringer.

Il est revu en 1740 et la construction est entreprise en 1742 après que l’inspecteur principal des ponts et chaussées, M. François, ait examiné le projet et revu le devis ; les travaux de maçonnerie, de plâtrage et de couverture sont confiés à l’entrepreneur Gallay de Strasbourg ; les travaux se poursuivent de 1742 à 1745. L’école est inaugurée le 28 juillet 1745 ; elle comprend 3 salles de classe au rez-de-chaussée, 4 salles à l’étage et une salle de théâtre au 2e étage.

Il ne reste aujourd’hui que la cage d’escalier du 18e siècle : d’après Alexandre Dorlan, la rampe en fer forgé serait signée par le ferronnier Michel Schultz et datée de 1743.

L’école est fermée en 1765 lors du départ des jésuites.

Le bâtiment abrite le tribunal de 1791 à 1800, puis le collège communal de 1803 à 1806 et de nouveau le tribunal de 1806 à 1870. De 1872 à 1921, il abrite l’école normale d’institutrices, puis la cité administrative.

Un campanile avait été ajouté sur le toit au 19e siècle et a été supprimé au 20e siècle ».

Partie 2. 1733 : la chaire baroque de l’église Sainte-Foy. Source : article de Wikipédia.

« La chaire, en bois polychrome, est réalisée en 1733, d’après le programme iconographique du père jésuite Ignace Saint-Lô, mais le sculpteur est inconnu » (à suivre page 2).

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Besançon, St-Jean. Décor grandiose

Cathédrale Saint-Jean de Besançon : une décoration intérieure très riche. Suite de la chronique du 1er mars 2022) : Saint-Jean de Besançon, histoire résumée et reconstruction, 1729-1734. Source : extraits du site Patrimoine-Histoire.

Diaporama de 39 photos.

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« Le clocher et l’abside ont été construits dans les années 1730 par l’architecte Jean-Pierre Galezot, après l’écroulement du précédent clocher en 1729 (ce qui entraîna l’effondrement de l’abside et de deux travées de la nef).

Le financement des travaux fut assuré d’une heureuse façon. La riche abbaye de Luxueuil, dans les Vosges, avait perdu son titulaire, l’abbé de Bauffremont, en 1733. Le cardinal de Fleury, premier ministre de Louis XV, accorda au chapitre de Saint-Jean les bénéfices de l’abbaye. Luxeuil n’eut ainsi plus de titulaire de 1733 à 1741.

Les travaux intérieurs de l’abside et des deux chapelles au nord et au sud s’étalent de 1740 à 1756. C’est l’architecte parisien Germain Boffrand (1667-1754), élève de Jules-Hardouin Mansart, qui fut choisi pour toute la structure de l’ornementation, qui est de modèle Régence.

Grâce à un don de deux mille livres du chanoine Boitouset, on put concevoir un décor grandiose, appuyé sur les principes baroques et enrichi de toiles de maître. À Besançon, ce fut une révolution esthétique.

Couples d’anges au sommet des pilastres dans l’abside du Saint-Suaire. Ils portent les instruments de la Passion et divers objets qui s’y rapportent (bourse de Judas, coq de saint Pierre…). Cette série d’anges est due au sculpteur Julien Chambert, chargé des travaux de l’abside en 1746″.

Partie 1. L’abside du Saint-Suaire, cinq peintures du 18ème siècle, Passion et Résurrection du Christ.

« Pour abriter le Suaire, Germain Boffrand opta pour un autel à la romaine, c’est-à-dire détaché du mur. Il y logea un coffre où fut déposée la relique. Le Suaire fut détruit pendant la Terreur ».

« Les tableaux de l’abside ont une histoire qui met en exergue la jalousie et la susceptibilité entre artistes, que leur grand talent semblait pourtant placer au-dessus de ces bas sentiments.

En 1748, le chapitre de Saint-Jean établit l’ornementation de l’abside et son iconographie : il fait choix de cinq tableaux illustrant les derniers moments de la vie du Christ, du jardin des Oliviers à la Résurrection.

Les chanoines s’adressent alors au peintre parisien considéré comme le meilleur de son temps : Carl Van Loo (1705-1765). Celui-ci demande 2500 livres par toile. Par manque de ressources, on se contenta au début d’une seule toile, la principale, celle de la Résurrection. Pour 2250 livres. Le chapitre lui demanda d’y faire figurer le Saint-Suaire (qui de fait est tenu par l’ange de droite dans le tableau). En 1750, la toile arriva à Besançon ».

« De nouveaux dons permirent de concrétiser la suite du cycle. Carl Van Loo accepta de prendre en charge les quatre toiles qui restaient pour 1600 livres chacune. À condition que sa femme reçoive une reproduction du Saint-Suaire sur drap d’or. Le peintre accrut par la suite ses exigences, mais s’engagea néanmoins à peindre deux toiles pour le montant prévu (3200 livres en tout) : La Descente de croix et la Sépulture de Notre-Seigneur. Nous sommes en mars 1751.

Sans doute lassé de ces exigences, le chapitre se tourne vers un autre peintre, Jean-François de Troy (1679-1752), et lui commande deux toiles du cycle pour 1500 livres chacune : Le Christ au jardin des Oliviers et le Christ portant sa croix sur le Calvaire. Bien que le peintre ait dépassé les soixante-dix ans, ce choix a été expliqué par la réputation de de Troy de travailler rapidement. En effet, dès le mois de décembre 1751, les toiles sont expédiées depuis Rome (où vit de Troy) vers Besançon, via Marseille »

« Vers la même époque, de Troy reçoit la commande d’un Martyre de saint Étienne pour la chapelle du même nom, au nord de l’abside du Saint-Suaire ».

« Carl van Loo réagit fort mal. Il refuse d’honorer ses engagements au prétexte que les toiles de de Troy ont été peintes à Rome. En fait le chapitre comprend que le peintre cherche, par n’importe quel moyen, à se défaire de la commande. La concurrence d’un autre artiste lui a-t-elle déplu ? C’est probable.

Les chanoines se tournent donc vers un autre grand nom de la peinture française au XVIIIe siècle : Charles-Joseph Natoire (1700-1777). En avril 1753, celui-ci accepte, dans un premier temps, de peindre une grande toile illustrant la Prédication de saint Ferréol et saint Ferjeux pour la chapelle sud, attenante à l’abside du Saint-Suaire, pour 1500 livres. L’œuvre arrive à Besançon en 1755. En juin 1753, Natoire prend à sa charge l’exécution des deux dernières toiles du cycle : La Descente de croix et la Mise au tombeau, là encore pour 1500 livres chacune. Peintes à Rome, les deux œuvres arrivent à Besançon au début de l’année 1756″.

Partie 2. La Vierge des Jacobins, 17ème siècle, Domenico Cresti, dit Le Passignano.

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