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Strasbourg. Plan-relief (1725-1728)

Strasbourg. Quatre sources pour présenter le Plan-relief (1725-1728).

Diaporama de 19 photos.

Source 1. Citations de Thierry Hatt, Le plan-relief : une pièce exceptionnelle à de multiples égards, CRDP Canopé, avril 2014.

« Le relief de Strasbourg est une pièce exceptionnelle pour ses qualités intrinsèques et quelques hasards historiques conjugués.

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Les plans relief sont au XVIIe et XVIIIe siècle ce que sont les images 3D du cinéma d’aujourd’hui : une production de très haute technologie, ce que l’on fait de mieux en matière de repérage et de positionnement géographique, de qualité de rendu des volumes, de précision documentaire au service du roi de France. Les coûts de production des plans-reliefs sont importants au point que Vauban estime qu’ils entrent en concurrence avec le prix de la construction des places fortes.

La période de 1725 à 1760 correspond à l’âge d’or de cette fabrication. Élaboré entre 1725 et 1728 (on en a la preuve par une lettre du 19 mars 1727 du Ministre de la Guerre qui lui demande d’accélérer la fabrication) par l’ingénieur François de Ladevèze, le relief de Strasbourg a derrière lui une longue tradition technique commencée sous Louis XIV en 1663 avec le relief de Pignerol, 1725 est sa troisième version. Les deux premiers plans sont perdus. Toutes les compétences techniques nécessaires sont entre les mains des ingénieurs géographes militaires : qualité des instruments pour une grande précision des mesures de terrain en différences de niveaux et angles, calculs trigonométriques simplifiées par le recours aux tables de logarithmes.

Le corps des ingénieurs géographes est capable, en quelques semaines, d’établir les levés détaillés nécessaires, et mettent au point une démarche systématique en choisissant une échelle unique, soit, selon la valeur du pied et de la toise le 1/600, un pied pour 100 toises, échelle qui est conservée jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Il y eut à peu près 260 reliefs fabriqués. On connaît la date de 230 d’entre eux. On remarque le pic entre 1663 et la mort de Louis XIV en 1715. Il représente 138 reliefs, soit 60 % du total connu.

Ladevèze est un ingénieur expérimenté, à la tête d’une équipe solide. On lui attribue une dizaine de plans de 1710 à 1726 (il meurt en 1729). Sept d’entre eux sont conservés. Celui de Strasbourg est un des derniers réalisés. Son équipe est donc, à cette date, d’une maturité efficace ».

Source 2. Plan-relief de 1725-1728, conservé au Musée historique de Strasbourg. Citations de Maisons de Strasbourg

« L’état des Plans en relief des Places fortes (1794) mentionne que le plan relief (douze mètres sur six) de Strasbourg date de 1725-1728 et qu’il a été réparé en 1783. L’époque de sa construction est corroborée par une lettre du ministre de la Guerre à l’ingénieur ordinaire du roi à Strasbourg, Ladevèze, datée du 10 mars 1727, et par le séjour de Ladevèze au poêle des Charpentiers en 1726-1727.

Séjour de l’ingénieur Ladevèze à la tribu des Charpentiers (1726-1727). Texte du protocole des Conseillers et des Vingt-et-Un. Argument : L’ingénieur Ladevèze (Ladevesse) loge depuis quelque temps au poêle de la tribu des Charpentiers. Le maître de la tribu demande en décembre 1726 que les autres tribus soient tenues d’indemniser les Charpentiers des frais et du manque à gagner.

Le lundi 16 décembre, le représentant du maître de la tribu expose aux Conseillers et aux Vingt-et-Un que l’ingénieur qui lève les dessins de la ville loge au poêle des Charpentiers le temps de son travail. Il demande que chacune des autres tribus verse une indemnité aux Charpentiers. L’avocat Scheffmacher estime la demande fondée et propose de nommer une commission chargée d’estimer exactement le préjudice. Le Préteur royal appuie la proposition. L’assemblée l’adopte en nommant deux chargés de mission.

Lundi 23 décembre, les chargés de mission exposent leurs conclusions. Ils ont dressé un état des localités qu’occupe l’ingénieur Ladevèze et ont estimé que le manque à gagner s’élève à 54 livres, sans compter les frais de mise en état avant et après le séjour. Les échevins demandent que chaque tribu verse trois livres par an. Le Préteur royal approuve cette proposition pour toute la durée du séjour de l’ingénieur. Les Conseillers et les Vingt-et-Un adoptent la proposition.

Le plan relief qui faisait partie de la collection particulière des rois de France a d’abord été exposé dans la grande galerie du Louvre. Devenu propriété nationale à la Révolution, il a été transporté aux Invalides où le général prussien Blücher l’a fait enlever en 1815 après la défaite de Napoléon à Waterloo. Il a alors rejoint les collections prussiennes à l’Arsenal (Zeughaus) de Berlin en même temps que celui d’autres des villes du nord et de l’est (Fort-Louis, Landau, Sarrelouis, Bitche, Thionville, Longwy, Mézières, Sedan, Givet, Philippeville, Maubeuge, Avesnes, Le Quesnoy, Condé, Valenciennes, Cambrai, Lille, Ecluse de Graveline).

Il a quitté Berlin pour Strasbourg en 1903 après que l’empereur Guillaume eut signé le 13 juin 1902 à l’instigation du maire Back l’ordre de le remettre à la Ville de Strasbourg. Le plan-relief a d’abord été conservé au château des Rohan (1903-1923) avant d’entrer au Musée historique de la Grande Boucherie ».

Source 3. Œuvres du musée historique de Strasbourg : le plan-relief.

« Une ville pour le prestige et l’art de la guerre. Occupant 72m², réalisé en 23 tables, le plan-relief de Strasbourg par Ladevèze, ingénieur du roi, séduit par la profusion de détails.

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Épitaphes pour Schoepflin et Koch

Jean-Daniel Schoepflin (1694-1771) et Christophe-Guillaume Koch (1737-1813) ont été professeurs d’Histoire à l’Académie de Strasbourg.

Jean-Daniel Schoepflin. Cliquer sur les images pour les agrandir

Le second a succédé au premier, après en avoir été l’assistant et le bibliothécaire. Ils sont morts au même âge, 76 ans, et bénéficient tous deux d’un  monument funéraire dans l’église protestante de Saint-Thomas à Strasbourg.

Christophe-Guillaume Koch

Diaporama de 18 photos de Pierre Dubois (juin 2021).

Source de la chronique. Jean Arbogast, Christophe Hamm (photographie), Épitaphes et monuments funéraires de l’Eglise Saint-Thomas, Strasbourg, éditions du Signe, octobre 2013, 144 pages, 20 euros. Une dizaine de monuments concernent des personnalités actives au 18ème siècle (certaines le sont encore au début du 19ème).

4ème de couverture. « L’église Saint-Thomas de Strasbourg abrite une riche collection de monuments funéraires et épitaphes, dont le visiteur pressé ne soupçonne pas l’intérêt historique et religieux. À son intention, le pasteur Jean Arbogast, entouré de quelques amis, a entrepris d’en dresser l’inventaire et d’en décrypter les messages. Cette publication soutenue par le Chapitre de Saint-Thomas contient :  

Quelques repères historiques concernant les rites de la mort et leur évolution en Alsace depuis la période romaine jusqu’à la fin du XlXème siècle.

Une présentation chronologique de chaque monument avec reproduction photographique, transcription des épitaphes, traduction du texte en français, commentaires et indications bibliographiques.

Une brève analyse des structures des épitaphes pour comprendre les modes de communication, suivre l’évolution des pratiques et saisir l’importance des engagements du Chapitre de Saint-Thomas au service de l’éducation, et l’implication culturelle, politique et religieuse de ses membres les plus éminents.

Un tableau récapitulatif des emplacements des monuments, suivi d’un plan ».

A. Monument funéraire du professeur Jean-Daniel Schoepflin (1694-1771)

Source : article de Wikipédia.

« L’œuvre principale de Schoepflin est l’Alsace Illustrée en deux volumes, associé à l’Alsace diplomatique, tous deux écrites en latin. Par son exhaustivité et la rigueur de ses démonstrations, elle constitue la plus importante compilation de données sur l’histoire alsacienne et reste aujourd’hui une référence, même si des découvertes postérieures ont permis d’en contester ou compléter certaines parties.

Schoepflin meurt le 7 août 1771 à Strasbourg, sans avoir pu exécuter son Alsace sacrée et son Alsace littéraire« .

L’église Saint-Thomas de Strasbourg abrite son monument funéraire. « Au centre d’un ensemble architectural en grès, une grande urne sépulcrale en marbre blanc repose sur un piédestal orné du portrait de Schoepflin, entre deux colonnes corinthiennes cannelées surmontées d’un fronton circulaire. Le médaillon est l’œuvre du sculpteur Jean-Baptiste Pertois (1733-1812) ».

Épitaphe

à Jean-Daniel Schoepflin, enseveli en ce lieu, à l’initiative des premiers de la cité,

Sophie Elisabeth, sa sœur et héritière, fit ériger ce monument.

Il est décédé le 7 août de l’année du Christ 1771, à l’âge de soixante-seize ans, et onze mois.

B. Monument funéraire de Christophe-Guillaume Koch (1737-1813). Chronique du blog.

Source sur le monument funéraire et l’épitaphe : Jean Arbogast, op. cité, pp 96-97.

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Goethe. 25 ans en 1774

Goethe (1749-1832) est né à Francfort. Il commence son droit à Leipzig en 1765 et obtient sa licence à Strasbourg en 1771 à l’âge de 22 ans. Il publie Les souffrances du jeune Werther en 1774 ; il a alors 25 ans « et, selon les dires de Napoléon en 1809, devient l’auteur allemand le plus lu ».

Inscription de Goethe à l’université de Strasbourg

Diaporama de 14 photos de Pierre Dubois (mai 2021).

à Leipzig. « Le père de Goethe voulait faire de son fils un juriste et l’envoya étudier le droit à Leipzig, grande cité marchande comme Francfort, mais qui avait une université, fondée en 1409. Le jeune Goethe y arriva au cours de l’automne 1765 et y demeura trois ans ; il y fit du droit, sans plaisir, mais surtout il y connut la vie d’étudiant et fit ses débuts poétiques.

Plus que les professeurs de droit, il visita les maîtres du Parnasse allemand qui enseignaient à Leipzig : le majestueux Gottsched (1700-1766), le fabuliste et romancier Gellert (1715-1769). Leipzig avait la réputation d’être un petit Paris.

Il chanta les charmes de Käthchen Schönkopf.

Il connut une série d’amitiés décisives : après Ernst Wolfgang Behrisch (1738-1809) à Leipzig, Herder à Strasbourg et Johann Heinrich Merck (1741-1791) à Darmstadt ».

à Strasbourg. Cinq chroniques du blog déjà parues :

« Goethe fait de grandes rencontres : la cathédrale tout d’abord, qu’il visita le jour même de son arrivée en avril 1770″.

« Ce chef-d’œuvre lui donna sa première grande émotion architecturale : il avait devant les yeux l’œuvre  incommensurable d’une suite de génies. Devant la flèche, il a évoqué la figure de Prométhée, le titan qui brave les dieux. Il fait aussi d’Erwin de Steinbach, architecte badois de la cathédrale, un génie spécifiquement allemand ».

Grafiti de Goethe sur la plateforme de la cathédrale

« Il se garda de pousser plus loin son voyage et d’aller à Paris. Il savait bien le français ; il s’en est servi pour des lettres et des œuvrettes de sa jeunesse. Pourtant, il lui apparut clairement à Strasbourg qu’il était mieux fait pour demeurer en pays allemand, loin des fastes trompeurs et des artifices. Herder (1744-1803), pasteur de Courlande qui revenait justement de Paris et qui faisait étape à Strasbourg, le confirma dans son sentiment : la poésie allemande pouvait revivre, mais en puisant dans la tradition populaire des Volkslieder et, au théâtre, en se mettant à l’école de Shakespeare. Ce sont là les sujets des premiers écrits en prose de Goethe, publiés avec Herder en 1773″.

Herder peint par Anton Graff, 1785

« À cet étudiant peu assidu, l’université de Strasbourg délivra en 1771 une licence en droit« .

à Francfort et Wetzlar. « Goethe retourna à Francfort avec son parchemin et devint avocat stagiaire, comme le souhaitait son père. Un an plus tard, il était auditeur à la Chambre d’Empire de Wetzlar. Celle-ci avait à connaître des litiges entre les États qui formaient le Saint Empire. Elle travaillait très lentement ; Goethe continua à faire des vers et surtout des visites à Charlotte Buff (1753-1828), qui était fiancée à Johann Christian Kestner (1741-1800), un de ses collègues.

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Strasbourg entre 1765 et 1775

Strasbourg entre 1765 et 1775. 1765. Louis XV, alors âgé de 55 ans, confie la modernisation de Strasbourg à son architecte royal, Jacques-François Blondel (1705-1774).

Carte du Plan Blondel. Cliquer sur les images pour les agrandir

1765. Louis de France, dauphin de Louis XV, meurt à l’âge de 36 ans. Il ne sera jamais roi (son père Louis XV meurt en effet après-lui, en 1774). Mais il sera le père de trois rois : Louis XVI, Louis XVIII, Charles X… Chronique du blog : 1729-1765. Louis de France, dauphin.

Sources. Citations des textes de l’exposition du Palais Rohan, Galerie Heitz, du 16 décembre 2020 au 31 mai 2021, Goethe à Strasbourg. L’éveil d’un génie.

Diaporama de 31 photos (Pierre Dubois, mai 2021).

« Les nouveaux plans d’aménagement que Blondel conçoit comprennent la création d’une place centrale (actuelle place Kleber) encadrée de deux bâtiments monumentaux.

Faute de ressources, un seul des bâtiments est finalement réalisé : l’Aubette (1766-1767). Il s’agit d’un long immeuble de facture classique ». Diaporama de 24 photos de l’Aubette aujourd’hui.

Pour sa part, l‘architecte strasbourgeois, Samuel Werner, dessine les deux bâtiments qui auraient dû jouxter l’Aubette. Chronique du blog : S. Werner (1720-1775), architecte.

« Parmi les loisirs des Strasbourgeois auxquels Goethe s’adonne régulièrement, la promenade occupe une place importante. Les Contades, le Waken ou la Montagne Verte figurent parmi les lieux incontournables ».

Avril 1770 – août 1771, Goethe est à  Strasbourg. Il y mène ses études de droit (1770-1771. Goethe à Strasbourg). Il assiste à la remise de Marie-Antoinette au représentant du roi (1770. Goethe et Marie-Antoinette).

Au final cependant, il faut bien conclure à l’Échec du plan Blondel.

« Le séjour de Goethe coïncide avec l’un des plus importants chantiers de la cathédrale, visant à supprimer les boutiques qui jalonnaient le monument. L’architecte Jean-Laurent Goetz les remplace, peu après le départ de Goethe, par des galeries toujours en place aujourd’hui ».

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Goethe, place de l’université

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Diaporama de 14 photos de Pierre Dubois.

Source : citations d’Archi-Wiki. « Le monument dédié à Goethe fait suite à un concours réalisé en 1899.

Il est l’œuvre du sculpteur berlinois Ernst Waegener. L’État allemand a accordé 50 000 marks au projet.

Implanté place de l’Université, il est inauguré le 1er mai 1904 en souvenir des études universitaires de Goethe à Strasbourg ». Chronique du blog : 1770-1771. Goethe à Strasbourg.

« Entouré de Melpomène (muse de la tragédie) et de Polymnie (muse de la poésie lyrique), le jeune étudiant s’avance avec une canne à la main, un manteau jeté sur le bras gauche, la tête haute, un vague sourire aux lèvres ».

« Les bas-reliefs évoquent les rencontres sur la plate-forme de la cathédrale et l’idylle de Sessenheim ».

Le sculpteur Ersnt Waegener, né en 1854 et après des études à la Berliner Akademie et dans la classe de perfectionnement de Reinhold Begas, s’est fixé à Berlin, commençant une longue carrière marquée par l’empreinte du baroque et du néoclassicisme.

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Mathern. Mausolée pour Goethe

4ème chronique en photos sur L’industrie Magnifique, Strasbourg, édition 2021.

Stéphanie-Lucie Mathern, Tombeau pour le Romantisme allemand, place de l’université.

Diaporama de 23 photos de Pierre Dubois.

Des bouquets de fleurs chatoyantes pour un Homme illustre.
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Source : à propos de l’œuvre. « Stéphanie-Lucie Mathern est une peintre née en 1985, entre France et Allemagne. Elle a couplé les beaux-arts (à Nancy) avec la théologie (à Strasbourg), maniant le sacré comme une arme sur des grandes toiles colorées à l’expression sans repentirs.

Un travail sur le médium même, l’harmonie et la dissonance des couleurs, des gestes, et même des mots (le titre claque comme un manifeste). La philosophie est post-pop, d’une décadence gonzo renforçant la puissance de la forme. Un arrêt sur image où le brutalisme a remplacé le sfumato. Un travail instinctif qui donne la priorité à l’émotion tout en étant imprégné des siècles de culture dont nous découlons.

Le projet consiste à la mise en valeur de la statue de Goethe en la recouvrant d’un chapiteau à la manière d’un mausolée. Une phrase extraite de Faust, L’espionnage, semble-t-il, est dans tes goûts, en lettres capitales, fait figure d’épitaphe (inscription funéraire). La mystique enseigne le caché pour mieux révéler, l’art appuie cette idée en effaçant pour mieux émerveiller. Dissimulée sous une bâche, la statue engendre une curiosité et une beauté nouvelles. Le chapiteau est détourné de sa fonction première, de festif il passe à commémoratif. C’est aussi une chapelle de dévotion, un moyen magique de rendre présent l’absent ».

Mehr Licht, Plus de Liberté, sont les derniers mots que Goethe prononça avant sa mort. Pourquoi n’ont-ils pas été choisis pour être inscrits sur la façade du mausolée ?

Pourquoi donc cet épitaphe pour le Mausolée ? Il m’a mis mal à l’aise : Goethe serait-il venu espionner le Royaume de France à Strasbourg d’avril 1770 à août 1771 ? Lire mes chroniques : 1770-1771. Goethe à Strasbourg, 1770. Goethe et Marie-Antoinette

Reportage vidéo 2’57 dans les DNA 25 mai : échanges entre l’artiste plasticien et le mécène. Photos de 2021 sur Instagram

Stéphanie-Lucie Mathern parle de son œuvre, lors de l’exposition à la Galerie Pascal Gabert, 2019. 

« La peinture est pour moi un acte érotique, quelque chose qui vient (et doit toucher) la viscère. Et en même temps, elle représente une trace matérielle de l’intelligence. L’important est le style et au commencement était l’émotion. Disait Céline. C’est certainement ce qui m’importe, créer une incompréhension qui finira en attraction contradictoire. Mais les résonances immédiates et les alliés instantanés sont aussi les bienvenus. Mon idée est d’électriser les masses indécises par la profusion picturale. Le moment où les gestes deviennent des clashs colorés, où les touches entremêlées font se confondre les espèces.

On peint pour oublier de se suicider (chaque toile étant déjà un fragment qu’on laisse de soi), pour intégrer le mal (et le représenter positivement), pour en finir avec cette difficulté à exister. Le processus de destruction est intégré, et les arrangements laissés à l’abandon. La probabilité du meurtre (de Francis Heaulme à Charles Manson) est partout, toujours couplée à l’espoir, celui du surgissement de l’événement. Nous attendons la sensation, le bon rythme, l’accord (presque) parfait.

Les œuvres iront à ceux qui ont la foi, en Dieu (qui gagne à être connu) comme dans un trait. A ceux qui savent plier le genou pour obtenir, à ceux qui croient sans avoir vu. L’art a cette dimension sacrée, il faut puiser dans ses mythes (du moine copiste à la rock star) car le spontané de l’homme c’est sa culture disait Barthes. Il y a des siècles d’histoire dans un geste, et c’est à nous d’accommoder les restes. C’est en se confrontant à la matière et en intégrant la présence de la mort (à l’eau de rose) qu’on s’inscrit dans le monde avec intensité. L’expressionnisme est brutal comme la vérité. A l’intact, j’ai toujours préféré le tranchant. Et ce tranchant je le veux ambigu.

On égorgera les combinaisons d’atomes, on dissociera, on interpellera, on exterminera, on foudroiera, on sera la perfection des derniers morts ou la singularité des nouveau-nés, on fera les choses vite, on percevra sur un mode inhabituel. On aura le degré de liberté que notre audace aura réussi à conquérir. Pour le moment, ici, l’odeur des fleurs rendra l’estime du sexe. Tout finit en pyrotechnie, énergie fulgurante en pure perte, dans le charme d’un bouquet final ».

Entreprise Mècène : Espace Couvert

« Espace Couvert est une entreprise leader du Grand est, spécialisée dans l’installation de chapiteaux et de halls de stockage provisoires pour les entreprises et les particuliers.

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Jupeoner. Bulbe bleu sur le Rhin

L’industrie Magnifique à Strasbourg, édition 2021, place Broglie.

Bulbe bleu de Jupeoner : à propos de l’œuvre

Diaporama de 11 photos

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Photo de l’artiste plasticien, publié par Coze, l’Agenda culturel alsacien, 7 juin 2021.

« Georges Eric Majord alias JUPEONER vit et travaille à Strasbourg. Il y pratique le spraycan art depuis plus de 20 ans. Aussi à l’aise devant un écran d’ordinateur que devant un mur, il décline un style retro-futuriste en marge du graffiti classique. Les comics books américains, Transformers et classic gaming ont fait de son travail un univers singulièrement cosmique peuplé de lettres et formes géométriques.

Bulbe bleu. Dans cette fresque mobile, l’univers technique et industriel qui inspire l’artiste rencontre celui d’EDF. Pour les 50 ans de la centrale hydroélectrique de Strasbourg, Georges-Eric s’est glissé dans ses entrailles : un lieu qui fascine tant par son gigantisme que par ses lignes graphiques qu’il a souhaité valoriser dans Bulbe Bleu. On y retrouve simultanément la linéarité robuste de l’architecture et les courbes du mouvement de l’eau ; celle du Rhin dont l’énergie est transformée en continu en une électricité performante et durable. Le container symbolise la navigation sur le fleuve assurée par EDF à Strasbourg comme à l’amont » (source : texte pour l’Industrie magnifique).

Mécénat d’EDF. « En service depuis 1970, l’aménagement hydroélectrique EDF de Strasbourg est l’une des dix grandes centrales EDF du Rhin franco-allemand.

Source. EDF Centrale de Strasbourg

Il est composé d’un barrage, des écluses, d’une centrale de production et d’une passe à poissons. La centrale « au fil de l’eau » est située en amont du port fluvial de Strasbourg. Elle est équipée de six groupes turbines d’une puissance totale de 150 mégawatts, installés en extérieur pour alléger la structure du bâtiment. La hauteur de chute entre l’amont et l’aval du barrage est d’environ 13 mètres.

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Museum of the Moon. Mélancholia

Museum of the Moon et Mélancholia. A l’occasion de la 2ème édition de L’Industrie magnifique : une lune géante de Luke Jerram, suspendue dans la cathédrale de Strasbourg.

Diaporama de 30 photos

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Titre de l’œuvre : Museum of the Moon (2016). Son auteur : « Luke Jerram, né en 1974, artiste basé à Bristol, diplômé de la Cardiff School of Art (1997). Il crée des sculptures, des installations de grande envergure et des projets d’arts vivants. Il a voyagé dans des endroits extrêmes pour développer des idées pour son art, de la Laponie aux dunes de sable du désert du Sahara,

Site de Museum of the Moon  : photos de quatre lieux qui ont invité La Lune à les éclairer, à les dynamiser, à les plonger dans une contemplation mélancolique. Le temps de quelques semaines lunaires… 

L’Œuvre : vidéo officielle de 2’49.

“Measuring seven metres in diameter, the moon features 120dpi detailed NASA imagery of the lunar surface. At an approximate scale of 1:500,000, each centimetre of the internally lit spherical sculpture represents 5 km of the moon’s surface.

As it travels from place to place, it gathers new musical compositions and an ongoing collection of personal responses, stories and mythologies, as well as highlighting the latest moon science.

The installation is a fusion of lunar imagery, moonlight and surround sound composition. Each venue also programmes their own series lunar inspired events beneath the moon”.

Museum of the Moon, Melanchoilia et sérénité.

La lune de Luke Jerram m’a fait penser à Melancholia, film écrit et réalisé par Lars von Trier, sorti en 2011.

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Patrick Bastardoz, Terre de Ciel

Patrick Bastardoz, Terre de Ciel

L’Industrie magnifique à Strasbourg, édition 2021.

Diaporama de 22 photos.

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Mardi 1 juin 2021, 17 heures 45. Devant le Palais de Justice de Strasbourg. Trois containers gris, peints en gris taupe. Sur celui placé au centre, des pièces métalliques d’un m² environ, percées, assemblées en une tour bancale. Chutes d’une entreprise mécanique de la région, récupérées par l’artiste. Le titre de l’œuvre : Eros et Tetanos. 

Je n’ai pas envie d’un monde de containers, qui se disséminent partout comme de gros virus patauds ; et je regrette qu’une entreprise révèle aux yeux de tous qu’elle ne recycle pas tous ses déchets métalliques. Eros et Tetanos, représentés par des morceaux de métal rouillé qui peuvent blesser et provoquer l’infection : un clin d’œil trop facile à Eros et Thanatos.  

Mardi 1 juin, 18 heures. J’ai l’humeur triste en gagnant la place Broglie, par la rue de la Fonderie. Découverte d’une autre œuvre. Aucune explication n’en est donnée. Normal. L’édition 2021 de l’Industrie magnifique ne commence que le 3 juin. Visible du milieu de la place et en son extrémité, un cône de briques de couleur rouge, ocre, brune / noire. J’aime.

 

Oui, j’aime les briques du Nord, celles de surface rouge et vernissée de la maison de mes parents construite à Tourcoing au début des années 30.

A Strasbourg, à la base de l’œuvre de l’industrie magnifique, une importante couche de briques cassées, comme jetées au hasard.  La conséquence d’un bombardement aérien ? Je me rappelle aussitôt que mes parents ont vécu la première et la seconde guerre mondiale en territoire occupé.

Deux œuvres et une inquiétude : demain sera-t-il encore un monde de millions de containers, de déchets industriels non recyclables ou non recyclés, de briques creuses volatilisées par des bombardements ?

Le lendemain, mardi 2 juin, 18 heures, soleil, chaleur, et belle lumière du soir. Le cône de briques sous un autre angle : bien sûr, c’est une Tour de Babel !

L’artiste plasticien est présent. Patrick Bastardoz vit et travaille à Strasbourg. Études d’Arts Plastiques à l’UFR arts de Strasbourg et CAPES d’Arts Plastiques en 1992. Liste des expositions.

Terre de Ciel. Appeler l’œuvre Tour de Babel aurait mis le doigt sur l’impossibilité technique de construire un édifice permettant de s’élever jusqu’au ciel, une des raisons de l’échec étant l’impossibilité de faire coopérer efficacement des hommes qui parlent des langues différentes.

Patrick Bastardoz a peint une dizaine de Tours de Babel avant d’en concevoir et de pouvoir en réaliser une en trois dimensions.

Pour en savoir plus sur la Tour de Babel.  

Présentation de l’œuvre, Patrick Bastardoz, Terre de Ciel.

« Le travail artistique de Patrick Bastardoz porte sur l’espace de la ville. Son regard est fasciné par les formes architecturales aux perspectives complexes. Il peint des lieux en devenir, des bâtiments en cours de transformation, plusieurs séries s’inspirent également du mythe de la tour de Babel. Terre de Ciel. L’artiste repense ces ouvrages à travers un jeu de lumière et de relief, s’appuyant sur des couleurs rompues, des terres d’ombre ou terres de sienne, auxquelles il superpose des glacis.

De la terre nait la brique, de la brique nait la tour qui s’élève vers le ciel, symbole d’une construction libre et créative. L’œuvre Terre de Ciel prolonge en 3 dimensions le travail du peintre.

Habillée de tuiles et de briques fabriquées dans les 3 usines du groupe Wienerberger en Alsace, cette sculpture monumentale de plus de 7 mètres de haut appelle à l’imaginaire de chacun. Les produits en terre cuite, façonnés, coupés et sélectionnés par l’artiste sont une source d’inspiration multiple, mêlant diversité des formes et des teintes ».

Près de 400 heures de travail ont été nécessaires pour réaliser Terre de Ciel.

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18ème. 5 architectes pour Dijon

18ème siècle. Cinq architectes embellissent Dijon.

  • A. Aménagement de la Place Royale et Statue équestre de Louis XIV.
  • B. Transformations du Palais des Ducs et du Palais des États au 18ème siècle. Diaporama de 33 photos.
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A. Dijon, 1686-1792. Place Royale et Statue équestre de Louis XIV. Source : citations d’un document du Musée des Beaux-arts.

1686-1692. « Aménagement de la Place Royale par l’architecte Martin de Noinville, place en hémicycle constituée d’une succession d’arcades couronnées d’une balustrade devant servir d’écrin à la statue royale. Les Élus des États de Bourgogne avaient en effet décidé de faire élever une statue équestre de Louis XIV.

Le 18 mai 1686, un marché est passé avec Étienne Le Hongre (1628-1690), sculpteur ordinaire des bâtiments du roi, formé dans l’atelier de J. Sarrazin, bronzier réputé.

Le modèle est achevé en 1690. La fonte est entreprise immédiatement. En 1692, la statue du roi et le cheval sont acheminés par la Seine et l’Yonne jusqu’à Auxerre. Le mauvais état des routes et le poids de l’œuvre empêchent de continuer le transport ».

Source : Musée des Beaux-arts de Dijon

« Les sculptures sont alors remisées dans une grange du village de La Brosse pendant 27 années.

Ce n’est qu’en 1718 que l’on réussit à acheminer par route la statue jusqu’à Dijon : elle est déposée dans la Cour du Logis du Roi ; il faut attendre encore quatre années pour que les Etats décident de faire dessiner un socle, celui choisi à l’origine n’étant plus de leur goût. Ils s’adressent à Jacques-Ange Gabriel, architecte ordinaire du roi, pour le piédestal qui sera achevé en 1725 ; l’inauguration a enfin lieu le 15 avril 1725, mais le décor du socle ne sera complètement achevé et entouré d’une grille qu’en 1742 ; les plaques des inscriptions commémoratives ne seront posées qu’en 1747.

Pas moins de 62 ans et de nombreuses péripéties auront été nécessaires pour que le monument soit enfin achevé.

La statue va disparaître 45 ans plus tard, victime du vandalisme révolutionnaire. La sculpture est brisée le 15 août 1792. Le bronze est envoyé, partie à la Monnaie de Dijon, partie aux fonderies de canons du Creusot ».

B. Dijon, 18ème siècle. Palais des ducs et Palais des États. Source : Musée des Beaux-Arts, Histoire de l’Architecture.

En 1688, l’architecte Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) propose de transformer les bâtiments disparates du palais en un ensemble cohérent, avec une cour d’honneur dans l’axe de la place et deux ailes en retour.

1710. A l’arrière, du côté du jardin des ducs, Robert de Cotte (1656-1735) édifie une nouvelle aile pour les appartements du Prince de Condé.

1731-1736. Jacques Gabriel (1667-1742) édifie le grand escalier des États et, en 1736-1738, la chapelle des Élus (chronique à venir).

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