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De La Tour. Six portraits au pastel

Quentin de La Tour (1704-1788) a réalisé les six portraits ci-dessous entre 1742 et 1753. Ils sont exposés au musée Antoine Lecuyer à Saint-Quentin (Aisne).

Durant cette période (chronique sur sa biographie), de La Tour a atteint l’apogée de son art – le portrait au pastel. Diaporama de 20 photos.

Histoire du pastel (source Wikipédia). « Le pastel est un bâtonnet de couleur utilisé en dessin et en peinture. Il est composé de pigments, d’une charge et d’un liant. On distingue les pastels secs (tendres ou durs) des pastels gras (à l’huile ou à la cire).

Le pastel a vraisemblablement été inventé en France et en Italie à la fin du XVe siècle et a été utilisé par Léonard de Vinci. Il est très prisé dès le XVIIe siècle, où ses couleurs franches et son aptitude à imiter fidèlement les tissus, les textures et les lumières le rendent indissociable de l’art du portrait. Au XVIIIe siècle, le pastel connaît son âge d’or. Il est notamment utilisé par Maurice Quentin de La Tour, surnommé le Prince des pastellistes, qui met au point une méthode de fixation du pastel aujourd’hui disparue…Le pastel, symbole de la grâce de l’Ancien Régime, tombe en désuétude peu après la Révolution française au profit de la peinture à l’huile ».

Les 6 portraits  

Abbé Jean-Jacques Huber (1699-1744), érudit, diplomate genevois établi à Lyon.

Portrait de l’abbé Jean-Jacques Huber, 1742, Pastel sur papier

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1793. Quand Dabo devint français

A. Histoire de Dabo du 10ème siècle à la Guerre de Trente ans. Source : extrait de la notice de Wikipédia.

Diaporama de 35 photos

« Le comté de Dabo (en Alsace) resta terre d’Empire jusqu’en 1793. Il jouissait de l’immédiateté impériale.

10ème et 11ème siècles. Le comté de Dabo appartint aux Étichonides, Hugues Ier, comte du Nordgau (Alsace), puis à son fils Eberhard IV vers 934. C’est à cette époque que fut construit le château de Dabo, au sommet du rocher éponyme. Des murailles encerclaient tout le pourtour du rocher.

La petite-fille d’Eberhard apporta le comté à son époux Hugues VII, comte d’Eguisheim (mort en 1048). Le plus illustre représentant de cette branche d’Eguisheim-Dabo fut leur fils Brunon, évêque de Toul puis pape, canonisé en 1087 (saint Léon IX).

1234. Le comté passa à la famille de Linange lorsque l’héritière du comté, Gertrude de Dabo, laissa veuf son troisième époux, Simon de Linange. Les Linange-Dabo régnèrent sur le comté jusqu’à la Révolution.

B. D’une occupation française à l’autre

1648 (24 octobre). A la fin de la guerre de Trente ans, l’Alsace fut cédée à la France par les traités de Westphalie. A ce titre, le comté devait y être rattaché.

1672. Les comtes de Linange-Dabo refusèrent allégeance à Louis XIV engagé dans la politique des Réunions, et prirent les armes contre lui.

1677 (13 mars). Après un long siège, le château de Dabo dut capituler.

1679. Il fut détruit  sur ordre de Louis XIV et de Louvois, son ministre d’État.

1681 (Septembre). Capitulation de Strasbourg. La ville libre d’empire devint française.

1697. Le traité de Ryswick rendit le comté aux Linange-Dabo, principauté germanique dès lors enclavée entre le duché de Lorraine redevenu indépendant et l’Alsace devenue française.

1793. Les Linange-Dabo comptèrent parmi les princes possessionnés que la Convention nationale déposséda, afin de réunir leurs seigneuries à la France. Le comté de Dabo fut alors rattaché au département de la Meurthe.

1801 (9 février). Le traité de Lunéville, conclu entre Bonaparte et le Saint-Empire romain germanique, octroya aux Princes de Linange, en compensation de leurs pertes territoriales en France, des compensations en Allemagne, en particulier Amorbach en Bavière ».

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1735. Voltaire par de La Tour

Biographie. 42 premières années de François Marie Arouet, dit Voltaire. Né à Paris en 1694, mort en 1778 à l’âge de 84 ans. Sources : citations de Wikipédia, photos de portraits de Voltaire, peints par Quentin de Latour en 1735 et 1736, exposés au Musée éponyme à Saint-Quentin (Aisne), et reproduits en fin de chronique.

De La Tour, Voltaire, Rousseau : diaporama de 14 photos.

Atelier de Jean-Baptiste Lemoyne, Buste de Voltaire, Terre cuite patinée, non daté

1694. « François-Marie Arouet est le deuxième fils de François Arouet, notaire au Châtelet, marié avec Marie-Marguerite Daumart, fille d’un greffier criminel au Parlement. Son père revend en 1696 sa charge de notaire pour acquérir celle de conseiller du roi, receveur des épices à la Chambre des comptes.

1704-1711 (10-17 ans). François-Marie Arouet entre à dix ans au collège Louis-le-Grand chez les Jésuites. Il y reste durant sept ans. Les jésuites enseignent les langues classiques et la rhétorique mais, dans la ligne de leur Ratio Studiorum, veulent avant tout former des hommes du monde et initient leurs élèves aux arts de société : joutes oratoires, plaidoyers, concours de versification et théâtre.

Arouet est un élève brillant. Sa toute première publication est son Ode sur sainte Geneviève. Il apprend au collège Louis-le-Grand à s’adresser d’égal à égal aux fils de puissants personnages, et tisse de précieux liens d’amitié, très utiles toute sa vie : entre bien d’autres, René-Louis et Marc-Pierre d’Argenson, futurs ministres de Louis XV, et le futur duc de Richelieu.

1711-1718 (17-24 ans). Débuts comme homme de lettres et premières provocations

1711 (17 ans). Arouet quitte le collège à dix-sept ans et annonce à son père qu’il veut être homme de lettres, et non avocat ou titulaire d’une charge de conseiller au Parlement. Devant l’opposition paternelle, il s’inscrit à l’école de droit. Il fréquente la société du Temple, qui réunit dans l’hôtel de Philippe de Vendôme, des membres de la haute noblesse et des poètes, connus pour leur esprit, leur libertinage et leur scepticisme.

1715 (21 ans), 1715, mort de Louis XIV et début de la Régence. Arouet est si brillant et si amusant que la haute société se dispute sa présence. Il se retrouve dans le camp des ennemis du Régent.

1716 (22 ans). Il est exilé à Tulle. Son père use de son influence auprès de ses anciens clients pour fléchir le Régent qui remplace Tulle par Sully-sur-Loire.

1717 (23 ans). Lié d’amitié avec un certain Beauregard, en réalité un indicateur de la police, il lui confie être l’auteur de nouveaux ouvrages de vers satiriques contre le Régent et sa fille. Il est envoyé à la Bastille par lettre de cachet. Il restera embastillé durant onze mois.

 À sa sortie de la Bastille, conscient d’avoir jusque-là gaspillé son temps et son talent, Arouet veut devenir célèbre dans les genres les plus nobles de la littérature de son époque : la tragédie et la poésie épique.

1718 (24 ans). Sa première pièce écrite sous le pseudonyme de Voltaire, Œdipe, obtient un immense succès. Le public aime ses vers en forme de maximes et ses allusions impertinentes au roi défunt et à la religion.

Portraits de Voltaire et de Rousseau par Quentin de la Tour. (voir également en fin de chronique)

1723 (29 ans). Voltaire connaît un nouveau succès avec La Henriade, poème épique de 4 300 alexandrins se référant aux modèles classiques (Iliade, Énéide) dont le sujet est le siège de Paris par Henri IV et qui trace le portrait d’un souverain idéal, ennemi de tous les fanatismes.

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Louis XV par Quentin de La Tour

Quentin de La Tour (1704-1788) et Louis XV (1710-1774) sont contemporains. 44 ans et 38 ans en 1848. Au milieu du siècle, ils sont au faîte de leur vie, de peintre ou de roi.

En 1748, Quentin de La Tour est au sommet de son art ; la reconnaissance royale lui est acquise ; il a 44 ans. En 1746, il avait été reçu Académicien comme peintre de portraits au pastel avec le Portrait de Restout, peintre. Biographie de Quentin de La Tour dans la chronique précédente.

« Quentin de La Tour participe aux expositions du Louvre. En 1748, le nombre des pastels envoyés par lui au Salon s’élève à 14, parmi lesquels 8 sont conservés au Louvre : entre autres les portraits du Roi, de la Reine, du Dauphin et du Maréchal de Saxe. En 1750, il est nommé conseiller de l’Académie royale ». 

En 1748, Louis XV est au sommet de sa puissance ; il a 38 ans. Il est vainqueur de la guerre de succession d’Autriche (1740-1748).

Louis XV

L’avenir des Bourbons sur le trône royal semble assuré. Louis de France, le fils de Louis XV (1729-1765), a 19 ans. Marié en secondes noces avec Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767), celui-ci devient père d’un garçon dès 1751, Louis Joseph de France (1751-1761), duc de Bourgogne.

Louis de France, fils de Louis XV

Œuvres du Musée Antoine Lecuyer (dit aussi Musée Quentin de la Tour, Saint-Quentin, Aisne). Histoire du Musée. Portraits de la famille royale : diaporama de 15 photos

Marie-Josèphe de Saxe et le duc de Bourgogne

Pour aller plus loin. Portrait de Louis XV par Quentin de La Tour, Salon de 1748, Musée du Louvre, dans la série les Tableaux célèbres.

Analyse du portrait par le Musée du Louvre (non signée). « Le roi est représenté dans tout l’éclat de la jeunesse. Quentin La Tour a rendu avec bonheur cette tête charmante et fine qui faisait de Louis XV le plus beau gentilhomme de France. Le front, d’un dessin très pur, se développe entre les boucles d’une perruque poudrée ; sous des sourcils parfaits, les yeux bien ouverts ont de la finesse, de l’intelligence, de la bonté ; le nez, un peu charnu à la base, accuse cette courbure caractéristique dans la famille des Bourbons ; l’incarnat des lèvres trahit la sensualité bien connue du monarque ; le menton assez allongé termine agréablement ce beau visage et lui donne un grand air de distinction. Une fine cravate blanche enserre le cou. Le roi est revêtu d’une riche armure ornée de fleurs de lis d’or et doublée de velours bleu ; il porte en sautoir le grand cordon de l’ordre du Saint-Esprit, en moire bleue ; sur la poitrine s’étale un autre cordon, écarlate celui-là, auquel est attaché l’ordre de la Toison d’Or. Sur l’épaule droite est négligemment jeté le grand manteau royal fleurdelisé et doublé d’hermine.

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Quentin de La Tour, 1704-1788

Maurice Quentin de La Tour, né et mort à Saint-Quentin (1704-1788), troisième fils de François de La Tour, maître écrivain, ingénieur géographe et chantre de la collégiale de la ville, et de Reine Zanar.

Buste de Maurice-Quentin de La Tour, par Gabriel Girodon, 1931

Diaporama de 25 photos

Première partie de la biographie : citations de Wikipédia

1718 (14 ans). « De La Tour dédie au principal du collège, Nicolas Desjardins, une perspective de Saint-Quentin dessinée au crayon. Au sortir du collège, voulant devenir peintre, il quitte Saint-Quentin pour Reims, puis Cambrai, à la recherche de modèles et de maîtres.

1719 (15 ans). A Paris, il entre comme apprenti auprès du peintre Claude Dupouch, membre de l’Académie de Saint-Luc.

1723 (19 ans). Il reçoit aussi les conseils de Louis de Boullogne, premier peintre du Roi et surtout de Jean Restout. Mais, en vérité, il se forme seul dans l’art du pastel, alors remis en vogue par Vivien et par Rosalba Carriera.

L’art du Pastel, Anonyme (École Hollandaise), fin du 18ème, Musée de Saint-Quentin

1725 (21 ans). Séjournant à Cambrai, où s’est réuni le congrès destiné à réconcilier l’Empereur Charles VI et le roi Philippe V d’Espagne au terme de la guerre anglo-espagnole, il est remarqué pour le beau portrait qu’il fit d’un ambassadeur d’Espagne. L’ambassadeur extraordinaire du roi d’Angleterre Horace Walpole l’invite à le suivre à Londres et met à sa disposition une aile de son palais. En Angleterre, la fréquentation de l’aristocratie et la haute aristocratie lui apprend à connaitre la « bonne société ». Après avoir orné les salons des riches banquiers, des princes et des coquettes à la mode, ses portraits sont passés dans l’atelier des premiers graveurs de Londres, qui ont consacré leur burin à la reproduction durable des œuvres légères du pastelliste.

1727 (23 ans). Sa prospérité assurée, il quitte l’Angleterre et revient en France. Il avait alors vingt-trois ans ».

Seconde partie de la biographie de Quentin de La Tour : citations de Larousse

1735-1736 (31-32 ans). Exécute le portrait de Voltaire qui lui vaut une grande renommée.

Musée de Saint-Quentin

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Villes ardentes. Travail et révolte

Musée des Beaux-Arts de Caen, Les villes ardentes. Art, travail, révolte, 1870-1914, du 11 juillet au 22 novembre 2020. L’exposition est présentée dans le cadre de Normandie impressionniste, 2020.

Cette chronique n’est pas seulement liée à l’exposition visitée fin août, mais aussi au débat du projet de loi Programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030, débat à l’Assemblée nationale en procédure accélérée, à compter du 21 septembre 2020. Le titre de cette chronique aurait pu être : Les villes assoupies. Recherche et silence assourdissant.

« Du souvenir des événements de la Commune à la veille de la première guerre mondiale, la France traverse une période d’importantes mutations, économiques, politiques et sociales. La société industrielle centrée sur le travail inspire un certain nombre de peintres. Les impressionnistes, post-impressionnistes et naturalistes se retrouvent autour de ce même motif, marqués par une sensibilité à la réalité de leur temps.

En s’attachant à la représentation des scènes de travail en ville entre 1870 et 1914, le musée des Beaux-Arts de Caen souhaite tout autant déplacer les oppositions habituelles de style, de genre et d’école, qu’élargir le regard porté sur l’art impressionniste, plus volontiers considéré comme un art d’agrément, attentif à la société de loisirs plus qu’à celle du travail ».

Diaporama de 30 photos

« L’exposition mêle quelques cent cinquante œuvres dessinées, peintes et sculptées réparties en huit grandes sections, pour une approche du paysage, des hommes et des femmes, de l’histoire sociale du travail en peinture ».

Paul-Louis Delance (1848-1924)

Grève à Saint-Ouen (1908). Texte de Pierre Sesmat

« Ville située dans la banlieue industrielle du nord de Paris, Saint-Ouen compte au début du XXe siècle de nombreux ateliers métallurgiques et des entreprises de divers secteurs (fabriques de cirage, imprimeries, construction automobile…). Le mouvement social y est anciennement enraciné et s’appuie sur la tradition de sociabilité de l’artisanat bien plus vivante que dans la grande industrie comme au Creusot. La conscience politique y a même permis l’installation entre 1887 et 1896 d’une des premières municipalités socialistes révolutionnaires.

A la vague de grèves et à la poussée syndicale spectaculaire que connaît toute la France dans les années 1904 à 1907, la population de Saint-Ouen apporte bien sûr sa participation : plus particulièrement en 1907, ce sont les boulangers et les gaziers, puis, au début de 1908, c’est au tour des terrassiers du chantier du métro parisien. La grève est toujours scandée de manifestations et de meetings, de chants révolutionnaires et de drapeaux rouges, brandis pour provoquer le pouvoir en place qui l’a interdite.

Cette agitation entraîne parfois des violences mortelles : des patrons ou la troupe tirent sur les manifestants, faisant des morts comme à Cluses en 1904, à Longwy en 1905 ou à Courrières après la catastrophe de 1906.

L’événement relaté par Delance n’est pas connu avec précision. Il est toutefois aisé de déceler l’origine du long cortège qui surgit de l’horizon hérissé de cheminées d’usines, à droite : deux corbillards dont on voit émerger les dais et les cochers de part et d’autre du drapeau central.

L’hypothèse est qu’il s’agit de l’enterrement de deux ouvriers tués lors d’une manifestation. Pendant que les manifestants crient ou chantent à droite, d’autres s’inclinent à gauche au passage des corbillards qu’illuminent les rayons du soleil perçant le ciel gris.

Mais le peintre relègue l’événement au second plan et laisse toute la place au vieil ouvrier porte-drapeau et plus encore, parce qu’ils regardent le spectateur, à la jeune mère et à son enfant. Cette participation des vieillards, des femmes et même des bébés est attestée dans toutes les grèves et les manifestations ouvrières au tournant du siècle ».

Maximilien Luce (1858-1941)

« Militant libertaire, il produit de nombreuses illustrations engagées politiquement. Il est également graveur, portraitiste et affichiste.

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1784, Compiègne, grenier à sel

Histoire de greniers à sel, à céréales, et d’abondance. Greniers de Compiègne (1784), de Metz (1457), de Strasbourg (1441).

Diaporama de 22 photos

A. 1784, Compiègne, Grenier à sel, architecte Nicolas Ledoux. Texte de François Callais, Président d’honneur de la Société historique de Compiègne.

« Par une charte de Charles VI, le grenier à sel de Compiègne avait été transféré en 1396 de Noyon pour dédommager la ville d’avoir perdu les tournois qui s’y faisaient autrefois et le commerce du vin de bourgogne. On y trouvait l’entrepôt, l’administration et la juridiction de la gabelle, l’impôt sur le sel créé par Philippe VI en 1341.

Son emplacement compiégnois a varié. Tout d’abord installé sur les quais de l’Oise à proximité du port à vin, il est déplacé   par l’intendant Bertier de Sauvigny  à la place de l’ancienne prison, en face de laquelle les condamnés à mort avaient été pendant si longtemps suppliciés.

Les travaux, qui s’achevèrent en 1784, furent dirigés par l’architecte Claude Nicolas Ledoux, le constructeur des Salines d’Arc et Sénans (Franche-Comté) et des pavillons d’entrée de l’ancien mur d’octroi à Paris. Le manque de recul s’explique par les contraintes d’un terrain placé obliquement et exigu.

L’appareillage des murs en refend, le fronton creusé d’une niche et reposant sur des consoles contribuent à l’aspect monumental de ce bâtiment fonctionnel. Les motifs sculptés du fronton sont malheureusement très abîmés et ont souffert du vandalisme révolutionnaire: statues décapitées, couronne et armes de France martelées. Une large ouverture en plein cintre permettait d’accéder à l’entrepôt du rez-de-chaussée et, par un escalier, aux locaux judiciaires ». 

« La gabelle ayant été officiellement supprimée en mai 1790, les bâtiments servant de grenier à sel ont été soit aliénés soit réemployés à d’autres usages administratifs ». Lire la suite du texte.

Pour aller plus loin. Greniers à sel, article de Wikipédia.

« Les greniers à sel, créés en 1342, sont des entrepôts pour le sel de gabelle. Ils sont aussi des tribunaux pour juger les litiges sur la gabelle jusqu’à la valeur d’un minot (soit environ 52 litres). Les quantités supérieures sont du ressort des cours des aides.

Sous Charles VI, l’administration des greniers à sel est confiée à des agents royaux qui font office de vendeurs du sel, assistés de mesureurs et de regrattiers chargés de la vente à la petite mesure, de receveurs de la gabelle, et de juges des contentieux relatifs à la perception de la gabelle.

Au XVIe siècle, l’affermage de la gabelle se généralise. Les agents des greniers sont alors déchargés de leurs activités commerciales et fiscales. Ils se consacrent principalement à des fonctions de police et justice pour lesquelles sont créés des offices de lieutenants, procureurs, sergents, greffiers, et contrôleurs.

Avant la Révolution de 1789, il y avait 250 greniers à sel dans les pays de grande gabelle et 147 dans les pays de petite gabelle »;

B. 1457, Metz, Musée de la Cour d’Or, Grenier de Chévremont

« Le grenier de Chèvremont est construit par la cité messine vers 1457. Il est doté de murs-écrans , surmontés de merlons. Son aspect géométrique est renforcé par le percement strict des fenêtres, alignées en série sur ses façades. Le rez-de-chaussée, divisé en quatre travées, repose sur des arcades en plein cintre. Ce niveau était ouvert à l’origine sur une cour intérieure, formée avec les bâtiments voisins. Les quatre étages, soutenus par de forts piliers à l’aplomb des arcades, sont conçus pour le stockage. Un maillage de poutres de chêne, au niveau des planchers, assure la stabilité de l’ensemble.

Conçu d’abord pour servir d’arsenal, le bâtiment est transformé en grenier à céréales dès la fin du XVe siècle. Il sert ensuite d’entrepôt pour la ville. Comme son nom l’indique, l’usage du bâtiment fut pendant longtemps utilitaire. Le grenier de Chèvremont est aujourd’hui partie intégrante des musées de Metz, dont il abrite, au niveau de la cour, une galerie dédiée à la statuaire religieuse lorraine.

C. 1441, Strasbourg, Ancien grenier d’abondance

« Au moyen âge, le grenier à grain mesurait 130 mètres de long, il est de nos jours partiellement conservé.

Pour sa construction on a utilisé les restes de l’enceinte du castrum Romain. Au milieu du XVIe siècle, installation d’une 2e rangée de piliers.

Le grenier à grain servait de réserve pour les mauvaises récoltes. Il servait aussi de réserve en cas de siège de la ville (au moyen-âge) lorsque Strasbourg avait encore ses remparts.

Pour l’anecdote, les réserves ont déjà contenu suffisamment de nourriture pour nourrir toute la ville pendant une année. A l’époque de la ville libre, Strasbourg était riche.

En 1805, une réorganisation des archives s’ impose pour trouver une solution, le préfet Shee obtient de la ville l’ancien grenier d’ abondance, elles déménagent en 1896 rue Fischart, devenu par la suite le magasin de décors du théâtre. L’ancien grenier à Grain est occupé aujourd’hui par le stock de costumes de l’opéra du Rhin.

Pour aller plus loin. Grenier d’Abondance, Strasbourg, compte-rendu par Koch Jacky, Persée, Archéologie médiévale, Année 1999, 29 p.

Pour aller plus loin. Histoire de la culture des céréales au 18ème siècle.

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Louis XV et l’église St-Jacques

Après avoir lancé la reconstruction du Palais de Compiègne (chronique du blog), Louis XV (1710-1774), à l’aube de sa vie, veut rendre l’intérieur de l’église Saint-Jacques, plus chaleureux, plus chaud. Il fait habiller la pierre gothique par des marbres et des boiseries. Il enrichit le mobilier (chaire, orgue). Source : citations extraites de Wikipédia.

Album de 16 photos. Architecture extérieure et intérieure de l’église.

Album de 34 photos. Orgue, Chaire, Vitraux, Peintures.

« Deux périodes distinctes de construction de l’église : le chœur, le transept et la nef avec ses bas-côtés ont été bâtis entre 1235 et 1270, sauf la partie haute de la nef ; cette dernière, le clocher, les chapelles le long des bas-côtés et le déambulatoire ont été ajoutés entre 1476 et le milieu du XVIe siècle. Ces extensions reflètent le style gothique flamboyant, sauf le lanternon au sommet du clocher, qui est influencé par la Renaissance…

L’élément le plus marquant de l’église est le haut clocher-tour érigé hors œuvre. Sa construction s’échelonne sur une quarantaine d’années, commençant vers 1456 / 1461 et se termine seulement à la fin du siècle. La tour ne comporte que deux étages, qui sont d’une hauteur considérable…

Niches à statues aux dais finement ciselés. Sept abritent toujours des statues, fait assez rare. Ces statues représentent saint Ambroise, saint Théodore, saint Jérôme, saint Christophe, saint Jacques le Majeur, saint Roch et saint Crépin.

Entre le XIVe siècle et le XVIe siècle, les murs gouttereaux des bas-côtés ont été évidés entre les colonnes engagées et sous les formerets. Des petites chapelles rectangulaires ont été construites entre les contreforts. Cet agrandissement répond à un usage largement répandu, et trouve sa motivation dans la multiplication de la fondation de chapellenies et de confréries. En effet, des messes de fondation sont initialement dites dans chacune de ces chapelles.

Transformations dans la seconde partie du XVIIIème siècle, sous Louis XV. Une flèche en pierre du XIIIe siècle se dressait initialement au-dessus de la croisée du transept, abattue en 1760. Une transformation de l’église selon le goût du style classique commence en 1750. À l’intérieur, le jubé est supprimé ; entre 1772 et 1774, la toiture est refaite ; en 1773, les grandes arcades autour du chœur reçoivent un revêtement en marbre.

Les boiseries de la nef, des bas-côtés et des chapelles, commandées en 1767, sont en bois de chêne ciré. En revanche, les six autels et retables des chapelles latérales sont indépendants, et ont été installés entre 1750 et 1780. Les boiseries ont une hauteur de 530 cm environ dans la nef et sur les grandes arcades, et de 500 cm dans les chapelles. Elles prennent la forme de panneaux de fenestrages à trois registres, en l’occurrence un soubassement de faible hauteur, un registre principal, et un entablement.

En 1773, les arcades trouvent leur aspect actuel grâce à la générosité du roi Louis XV et au curé de la paroisse, l’abbé Boulanger. Habillées de marbre veiné rouge, gris et noir, elles sont désormais en plein cintre, séparées par des pilastres, et surmontées d’un entablement, dont la corniche en encorbellement supporte une balustrade. Le revêtement en marbre concerne aussi les piliers orientaux du carré du transept. L’immense gloire au-dessus de l’arcade dans l’axe du chevet fait partie intégrante de cet aménagement. Les pilastres, la gloire, les clés d’arc, les motifs rocaille et les guirlandes sont en bois doré ».

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Louis XV et le Palais de Compiègne

1751-1788, Compiègne. Reconstruction du palais décidée par Louis XV et réalisée par l’architecte Ange-Jacques Gabriel et son successeur.

Façade du Palais donnant sur la ville

« Sous Louis XIV l’exiguïté du palais amène à construire en ville des bâtiments pour les grandes et petite chancelleries, les écuries du Roi et de Monsieur, des hôtels pour les ministres et leurs bureaux, car Compiègne est, avec Versailles et Fontainebleau la seule demeure royale où le Roi réunisse le Conseil. Pour autant, le roi considère avant tout Compiègne comme un séjour de repos et de détente ; il aime à y chasser et fait tracer le Grand Octogone, 54 routes nouvelles et construire des ponts de pierre sur les ruisseaux.

En 1666 a lieu le premier « camp de Compiègne », premier d’une série de seize grandes manœuvres militaires, destinées à la formation des troupes et de leurs chefs, à l’éducation des princes et au divertissement de la Cour et du peuple. Le plus important de ces camps est celui de 1698. Après cette date Louis XIV ne revient plus à Compiègne et le palais reste inoccupé pendant dix ans…

Louis XV arrive pour la première fois à Compiègne le 4 juin 1728. Le jeune roi a choisi de s’établir au palais pendant qu’est réuni à Soissons le congrès qui discute de la paix avec l’Espagne. Prenant un grand plaisir à chasser dans la forêt, il va chaque été y passer un à deux mois (chronique et photos du blog. Tapisseries des Gobelins représentant des scènes de chasse de Louis XV en forêt de Compiègne).

Louis XV, buste d’après Étienne Pierre Gois, palais de Compiègne

L’incommodité du palais, ensemble de bâtiments sans unité, sans plan d’ensemble, mal reliés entre eux et trop petits devient manifeste. Après une campagne d’aménagements intérieurs (1733), des travaux d’agrandissement sont réalisés sous la direction de Jacques Gabriel de 1736 à 1740. Le palais devint rapidement la résidence préférée de Louis XV, qui envisagea un temps d’y déplacer sa résidence permanente.

Entre 1740 et 1751, plusieurs projets de reconstruction totale sont présentés. Tous sont éclipsés par celui qu’Ange-Jacques Gabriel présente en 1751 immédiatement agréé, il est aussitôt mis à exécution.

Ange-Jacques Gabriel (1698-1782)

Malgré les travaux, Louis XV continue de venir souvent à Compiègne, où il aime à chasser. C’est là qu’il choisit d’organiser, le 14 mai 1770, une réception en l’honneur de l’archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche, venue épouser le dauphin, futur Louis XVI, et accueillie en forêt de Compiègne quelques heures auparavant.

Scène de chasse. Fronton de la façade principale

La mort de Louis XV n’interrompt pas les travaux, qui sont poursuivis à partir de 1776 sous la direction de Louis Le Dreux de La Châtre, élève d’Ange-Jacques Gabriel avant de devenir son collaborateur; il achève la reconstruction du palais en respectant scrupuleusement les plans de son maître. L’ensemble – gros œuvre et décors – est achevé en 1788.

Louis XVI vient très peu à Compiègne; il y séjourne une première fois en 1774, peu après son accession au trône, et, conformément à la tradition, s’y arrête en 1775 trois jours en allant à Reims et trois jours en y revenant. Par la suite, il n’y fait que quelques brefs séjours de chasse. L’accélération des travaux, à la suite de décisions prises par le Roi et la Reine en 1782, rendait au demeurant le palais difficilement habitable. Le couple royal ne vit pas ses appartements terminés.

Portrait de Louis XVI, dans un des appartements du Palais

L’Assemblée des notables de 1787 juge les dépenses effectuées à Compiègne excessives. Sous la Révolution française, le mobilier est vendu, comme celui des autres résidences royales (mai-septembre 1795).

En 1799, une première section du Prytanée militaire est installée au palais, avec d’autres éléments, elle forme l’École des Arts et Métiers, qui occupe le bâtiment jusqu’en 1806 ».

Transformations du Palais de Compiègne au 19ème siècle par Napoléon et Napoléon III.

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Hommage à Richard Biéganski (3)

Troisième chronique d’hommage à mon ami Richard : comment s’était-il préparé – certes inconsciemment – à la vie post covid-19, à un avenir durablement menacé par les pandémies ? Il pouvait être l’homme du passé rétif aux outils modernes de communication (chronique 2). Mais il était aussi et surtout un homme d’avenir consommant moins, achetant à proximité, fréquentant les puces pour y trouver des occasions inespérées et même des produits neufs, jamais utilisés.

Diaporama de 34 photos. Marseille et Kerblaise, Cuisine et Brocante

Richard, un homme d’avenir pratiquant la pluriactivité. Il exerçait le métier de sociologue et celui de maître-ouvrier polyvalent dans le logement ancien. Il avait d’autres potentialités : tenir un restaurant en étant en même temps chef de salle et cuisinier, créer une brocante aussi riche de produits qu’une caverne d’Ali Baba.

Kerblaise 2012. Petits farcis

Nous nous sommes plusieurs fois entretenus au téléphone cette année, durant et après le confinement. Richard ne sortait plus guère, vu ses difficultés respiratoires, accentuées par les sévères montées et descentes dans le quartier du Panier à Marseille, et par les deux étages pour atteindre, sans ascenseur, son appartement.

Quartier du Panier, La Vieille Charité, photographiée en 2009

Je lui disais qu’il regardait trop la télé, BFM TV en particulier ; quitte à être addict à l’information en continu, je l’incitais à regarder plutôt la chaîne publique, France Info Canal 27.

Nous avons discuté des résultats des élections municipales de mars et de juin, de notre contentement de la défaite de la LREM dans les grandes villes, même si nous ne sommes pas allés voter. Richard a souvent pratiqué l’abstention au cours de sa vie ; pour moi, c’était nouveau. Je m’en suis expliqué dans la chronique l’alliance inattendue.

Durant cette période de confinement, son second fils, Baptiste, lui a tenu compagnie. Que se sont dits le père et le fils ? Qu’a dit le père à son fils ?

A. La pluriactivité. Se développera-t-elle dans la société post-covid ? Pluriactivité : exercer deux ou trois métiers qualifiés au cours de la journée ou de la semaine ou dans des périodes rapprochées. Cela suppose de repenser le système de formation initiale, continue, et à distance, l’évaluation et la certification des acquis de l’expérience, les règles du marché du travail.

Tailler les haies, à Kerblaise, en 1999

Toute sa vie, Richard a mené de front deux activités principales. La sociologie (hommage à Richard 1). La rénovation d’appartements anciens. Il avait le don d’en dénicher, d’en estimer le prix et de prévoir l’importance des travaux à y effectuer. Il se devait d’être hyper-réactif quand une vente allait s’afficher chez un notaire ou dans une agence immobilière. Il avait la capacité de réaliser les travaux en partie lui-même. Il rénovait avant d’habiter, de louer ou de revendre. Une seule exception : arrivant à Marseille, il est devenu propriétaire d’un appartement dans la Cité radieuse construite par le Corbusier ; il n’était bien sûr pas autorisé à y modifier quoi que ce soit.

Richard avait un rêve : le Gaga-Club. Il en a parlé durant une vingtaine d’années. Plutôt que de terminer sa vie dans un EHPAD, il voulait vivre sa retraite dans un château avec une bande d’une dizaine de copains, qui auraient acquis chacun le même nombre de parts d’une société immobilière à créer ; ils auraient expérimenté l’autogestion. Il avait plusieurs arguments : plus un édifice est grand, moins il est cher au m² ; un château à 1 million d’euros se trouve ; y ajouter 200 ou 300 K€ pour la rénovation et l’aménagement adapté aux personnes âgées. Il se voyait déjà maître d’œuvre, chef de chantier et résidant, prenant son café dans le parc du château.

Richard préférait ne pas en avoir de voiture. Un temps, il avait eu une vieille camionnette brinquebalante : elle lui servait pour transporter ou entreposer les matériaux dont il avait ou allait avoir besoin sur « ses chantiers ».

Que de poussière avalée quand il fallait casser un mur ou un carrelage ! Son père mineur était mort de la silicose. Richard est mort de poumons devenus trop malades.

B. Richard le cuisinier. Il avait les qualités pour exercer d’autres métiers encore. Faire fonctionner un restaurant et y pratiquer une cuisine simple, goûteuse, de bonne qualité et à prix raisonnable. Richard aimait la bonne chère, et il était heureux quand on le félicitait pour les plats qu’il avait cuisinés.

Il aimait les fruits de mer et le poisson et s’assurait de leur fraicheur en allant les acheter chez les ostréiculteurs, ou sur les quais au retour des bateaux de pêche. Il faisait coup double : la dépense était moindre, la vente se faisant sans intermédiaires.

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