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C-N. Ledoux, architecte néoclassique

Histoires d’universités : 6 chroniques et 97 photos sur Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), architecte néoclassique.

1762. Les lambris du Café militaire (album de 12 photos).

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1771. Ledoux a 35 ans. Œuvres de jeunesse (album de 24 photos).

1763. Château de Mauperthuis

1773. Il entre à l’Académie royale d’architecture

1774-1779. La Saline royale de Chaux, dite d’Arc-et-Senans (album de 30 photos).

1775-1784. Le Théâtre de Besançon : les innovations (album de 11 photos).

Il devient Architecte de la Ferme générale.

1784. Construction du Grenier à sel de Compiègne (album de 22 photos).

La gabelle ayant été officiellement supprimée en mai 1790, les bâtiments servant de grenier à sel ont été soit aliénés soit réemployés à d’autres usages administratifs. 

1784-1787. Construction des Barrières de Paris, pour taxer les marchandises entrant dans la capitale (album de 16 photos).

Les travaux sont suspendus en 1787, une des raisons étant leur coût excessif. Ledoux est révoqué de ses fonctions. Le 23 mai 1789, il est définitivement suspendu par Necker.

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18ème, conflits sur la réforme fiscale

Conflits sur la réforme fiscale. Bourgogne et finances au 18ème siècle : rôle des États, de l’Intendant, du Parlement.

Larges extraits de Daniel Ligou, Les États de Bourgogne au 18ème siècle, in Roger Dupuy, Pouvoir local et Révolution, 1780-1850, Presses universitaires de Rennes, p. 19-31.

« En matière financière, les États ont conservé le droit de voter l’impôt royal, le “don gratuit” et de le répartir. Mais cela n’a pas été sans difficultés et sans conflits. Les rapports ont été généralement bons avec l’Intendant qui joue un rôle occulte, mais puissant, puisqu’il participe à la répartition.

La Chambre des Comptes avait l’important pouvoir de vérifier et d’apurer les comptes des Receveurs et Trésoriers. Les litiges furent constants, mais sans réelle gravité, les magistrats se plaignant régulièrement des retards. Quant au Bureau de Finances, il n’avait aucun pouvoir sur les officiers des États, mais seulement sur ceux du Roi et sur les comptes municipaux. D’ailleurs, un de ses membres participait aux travaux des Élus. Sa présence, ainsi que celle des membres de la Chambre, restreignait la possibilité de divergences importantes.

En fait, l’adversaire des États en matière fiscale fut le Parlement de Dijon qui était aussi Cour des Aides et qui défendit ses pouvoirs par les moyens traditionnels et solidement expérimentés : remontrances, refus d’enregistrement, jugements sur les litiges de répartition (trop imposés, contraintes…. Le conflit devint aigu dans les années 1760 et opposa le Président de Brosses (1709-1777) au secrétaire en chef des États Jacques Varenne et, comme à l’habitude, se termina par l’arbitrage du Conseil d’État ».

« Dans l’ensemble, le pouvoir central, et probablement aussi Condé, ont été le plus souvent hostiles aux “longues robes”. Mais il n’en demeure pas moins que, notamment en matière cadastrale, le Parlement a été un sérieux obstacle à toute modernisation de la fiscalité. La cour des Aides de Paris était compétente pour les trois comtés, mais n’intervint qu’avec mesure, sauf au moment de l’Affaire Varenne.

La Bourgogne payait la taille sous le nom de “don gratuit” et de ses annexes. Ce don gratuit a fortement augmenté sous Mazarin, puis dans la deuxième partie du règne de Louis XIV, puis est restée stable autour de 2 millions de livres jusqu’en 1789, tandis que les “charges provinciales” perçues de la même manière ont augmenté de 2 à 3 millions entre 1715 et 1789. La Bourgogne était pays de taille personnelle. Les Élus faisaient la distribution entre recettes et paroisses et, à l’intérieur de chaque communauté, on élisait “asséeurs” et “collecteurs” selon des systèmes variés.

La capitation, instaurée en 1695, amena de longs débats. Les États réussirent à en obtenir l’abonnement en 1695, puis à partir de 1701. L’impôt resta stable, les communautés rurales payant au “marc la livre” de la taille, tandis que les “corps” ainsi que les officiers royaux avaient conservé l’anachronique “tarif” de 1695. Cette politique d’abonnement fut régulièrement pratiquée, notamment en matière de créations d’offices. Les Élus préféraient payer une grosse somme d’un seul coup, sommes qu’ils récupéraient en impôts indirects (octrois sur la Saône et crues du sel notamment), que d’augmenter les impôts. Bien entendu, le recours à l’emprunt était fréquent, mais les finances de la Province – comme celle de tous les pays d’État – avaient bonne réputation.

Il en fut de même pour les Vingtièmes. La Province s’était abonnée aux dixièmes en 1710, 1733, et 1741. En 1749, la gestion des vingtièmes fut confiée à l’Intendant, Machaut ne voulant pas entendre parler d’abonnement. Mais, à la chute du ministre, le Contrôle général  finit par céder (1756). Comme partout, cet impôt a été beaucoup plus sensible à la conjoncture que les autres puisqu’il est passé, non sans quelques variations de 900 000 Livres en 1756 à 2 millions en 1782 et à 1 million 500 000 en 1786. Les vingtièmes étaient perçus différemment des autres impôts, sur des registres particuliers pour chaque classe de contribuables. Mais ils étaient confectionnés à Dijon, dans les bureaux des Élus sur déclarations. L’Intendant intervenait dans la répartition de la taille, mais pas des vingtièmes. La capitation noble était réglée par l’Élu de la Noblesse assistée de quatre gentilshommes.

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1760-1763. Dijon, l’affaire Varenne

Pour financer la Guerre de Sept ans (1756-1763), Louis XV cherche des ressources, imposant un troisième vingtième, impôt dont ne sont pas exemptés les Parlementaires.

Les élus généraux des États du duché de Bourgogne, sous l’impulsion de Louis-Joseph de Bourbon-Condé (1736-1818), gouverneur de la province, soutiennent l’ordre du Roi. Leurs arguments font l’objet d’un mémoire du secrétaire en chef des États de Bourgogne, Jacques Varenne.

Le Parlement de Dijon et sa Cour des Aides s’y opposent.

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Mémoire de Jacques Varenne, mars 62. Mémoire pour les élus-généraux des États du duché de Bourgogne contre le Parlement-Cour des Aydes de Dijon : où l’on établit les privilèges & les anciens usages de la province, concernant les impositions en général, & par rapport aux cottes d’office et aux rôles d’office ou nouveaux pieds de taille en particulier. Par M. V*. S.E.C.D.E.D.B. 2e édition… Jacques Varenne de Béost (mort en 1791), auteur du texte.

Pour les termes financiers employés dans le Mémoire, cf. Le Dictionnaire des Finances, page 3 de cette chronique.

Résultats de ce conflit entre les États du Duché de Bourgogne et le Parlement de Dijon ? Les Historiens contemporains soutiennent que les deux Institutions ont sauvé la face. Stéphane Pannekoucke met en valeur l’action du Gouverneur et la promotion de Jacques Varenne (il reçoit l’agrément pour la charge de receveur général des états de Bretagne). Julian Swann insiste sur la compétence juridique croissante des Parlementaires et introduit un de ses articles par la punition publique infligée à Jacques Varenne (page 2 de cette chronique).

A. Stéphane Pannekoucke, Des princes en Bourgogne. Les Condé gouverneurs au 18ème siècle, CTHS Histoire, 2010, 340 pages. De l’affaire Varenne (1760-1763) à la réforme de Maupéou, pp. 161-169.

« Le 27 décembre 1763, le roi informe les élus de la suppression de la charge de secrétaire en chef des états dont Jacques Varenne était pourvu…

Dans les semaines qui suivent l’affaire, Louis-Joseph de Bourbon réaffirme par plusieurs gestes éclatants son soutien à Jacques Varenne. Le premier est un véritable coup de tonnerre dans toute la province. On apprend le 28 septembre 1763 que les états de Bourgogne, convoqués pour le 1 novembre se tiendront à Autun et non à Dijon, comme à l’accoutumée. La nouvelle est rapidement interprétée, à juste titre, comme l’expression du mécontentement princier envers les Dijonnais, plutôt partisans du Parlement. Par ailleurs, les instructions secrètes remises au prince de Condé pour la tenue des états comprennent des consignes de fermeté inhabituelles ».

Session des états généraux à Autun (novembre 1763)

« Le second geste consiste à concrétiser la promesse de promotion évoquée dans les discussions du plan de conciliation. Le 11 septembre 1763, avec une gratification royale de 10 000 livres, Jacques Varenne reçoit l’agrément pour la charge de receveur général des états de Bretagne, plus prestigieuse et rémunératrice que celle de secrétaire en chef des états de Bourgogne.

La position du prince de Condé dans l’affaire Varenne appelle plusieurs remarques. Tout d’abord son soutien est cohérent  avec ses responsabilités de gouverneur de Bourgogne, chargé de faire régner l’autorité royale dans la province. Toute l’affaire, et particulièrement les dernières négociations, montrent ensuite l’influence des amples réseaux gravitant autour de la maison de Condé. Quand ils ne pas eux-mêmes parlementaires, les gens d’affaires du prince entretiennent des liens de nature diverse (amitié, affaires, alliances matrimoniales) avec les magistrats parisiens et dijonnais »…

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1744. Le magistrat et l’avocat

Je préparais une chronique sur la célèbre affaire Jacques Varenne (1760-1763), opposant ce secrétaire des États de Bourgogne au Parlement de Bourgogne, à propos d’un troisième vingtième, impôt pour financer la Guerre de sept ans. Je restais insatisfait sur les sources mobilisées, n’ayant pas trouvé de biographie sur le principal protagoniste. Par chance, j’ai suffisamment persévéré et ai déniché un texte analysant un procès de 1744 avec Jacques Varenne pour avocat. La chronique qui suit en cite de très larges extraits.

1744. Le magistrat, l’avocat et la queue de l’étang, Honneur et Obscénités. Archives départementales de la Côte d’Or, mai 2018.

« La queue de l’étang de Quain est, au milieu du Siècle des lumières, l’objet d’un procès entre un parlementaire et un avocat dijonnais : affaire minuscule, dont les obscénités ne doivent pas occulter la question de fond juridique et politique qui trouvera sa solution à la Révolution.

Une affaire minuscule

Le procès relatif à l’étang de Quain est apparemment l’illustration parfaite de l’esprit de chicane d’Ancien Régime. Le sujet est minuscule ; l’enjeu, très mince ; le procès, interminable. Ce décalage problématique invite à chercher les raisons qui opposent Mme de la Marche, puis son avocat Jacques Varenne (Dijon 1700-Paris 1791, à Philibert Gagne de Perrigny, président au Parlement de Bourgogne.

Le droit de censive et de justice sur environ huit soitures de prés, soit au maximum 280 ares, fait l’objet d’une procédure depuis 1713 entre le seigneurs de Simard et celui de Clemencey. Ce pré est appelée « la queue de l’étang de Quain », dans la commune de Simard, dans la Bresse louhanaise, dans l’actuel département de Saône-et-Loire[2]. Ce « petit climat » est un ancien étang devenu un pré. Gagne prétend qu’il y a une confusion entre la « queue de Quain » et « la queue de l’étang de Quain ». On le voit, il s’agit d’une querelle d’autant plus pichrocoline que les deux parties, chefs de familles parlementaires dijonnaises plus qu’opulentes, n’ont pas besoin des revenus de ces prés pour vivre… mais il s’agit de défendre les droits seigneuriaux. Question de principe, et d’honneur. Ces 2,8 hectares de prés sont disputés par la veuve de Philippe Fyot de la Marche, président au Parlement de Dijon et seigneur de Clemencey († 1723) à Philibert Gagne de Perrigny, seigneur de Simard et président au parlement de Dijon (1689-1759) ; ce dernier le tient du chef de sa femme, Jeanne-Marie de Thésut (1693-1773), depuis leur mariage en 1713.

L’avocat Jacques Varenne occupait les fonctions de conseil des États de Bourgogne depuis 1730. Il était aussi subdélégué de Dijon, et il dressait les rapports présentés ensuite au conseil de l’intendance, avant que l’intendant ne prenne ses décisions. C’est donc un personnage important, spécialiste de droit administratif. En 1740, lors du décès de l’intendant de la Briffe, c’est lui qui régente l’intendance de Bourgogne en attendant l’arrivée du successeur. IL exerce aussi les fonctions de directeur de l’université de Dijon.

Si les protagonistes sont des personnages importants de la vie de la province, l’objet du litige est presque plus mince encore que Le lutrin de Boileau quelques décennies auparavant. Mme de la Marche exhibe un bail de 1434, M. de Perrigny, une quittance de lods de 1700.

Dans le procès entre M. Gagne et Mme de La Marche représentée par son avocat, le ton a monté. Le parlementaire et l’avocat se sont sentis insultés, comme en témoigne le lexique utilisé (« aigreur », « injure », « insulte », « indécence », « calomnie », « venin », « invective », « calomnies », « outrage », « diffamation »). Le procès devient alors celui qui oppose le magistrat à l’avocat sur le terrain de l’honneur. C’est ainsi que Varenne termine son second mémoire additionnel : « La Justice peut seule me justifier, & me rendre l’honneur que M. de Périgny s’efforce si injustement de me ravir. »

L’avocat Varenne a manifestement envie de s’amuser. Cette affaire de queue d’étang lui en offre une occasion facile, qu’il va exploiter copieusement. « La queue de l’étang ne peut être au flanc de l’étang, ni si voisine de la Chaussée (…) voilà une queue prodigieuse, une queue sans fin, jamais queue d’étang n’eut une telle étendue : l’étang de Quain est donc une queue sans corps ; tout comme il vous plaira, répondra M. de Perigny ; peu m’importe où la queue de Quain soit placée, pourvu qu’elle ne le soit pas dans l’endroit où l’ignorance, l’erreur et la rusticité la mettent depuis trois ou quatre siècles, car j’y ai intérêt »…

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L-J. Condé et l’Académie de Dijon

Louis-Joseph de Bourbon-Condé et l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon

Brève biographie de Louis-Joseph de Bourbon-Condé (1736-1818). Source Wikipédia.

Atelier de Jean-Marc Natier. Cliquer sur les images pour les agrandir

1754. « Le fils de Monsieur le Duc est trop jeune pour être nommé gouverneur de la Bourgogne. Une régence est donc organisée. C’est seulement en 1754 qu’il est nommé par lettres patentes. Il occupera cette fonction jusqu’en 1789.

1758-1762. Durant la guerre de Sept Ans, il sert avec une certaine distinction aux côtés de son beau-père le prince de Soubise. Il est nommé lieutenant général des armées du roi, en 1758, et remporte les rares victoires françaises à Grüningen et à Johannisberg (1762).

1763 (décembre). Louis-Joseph de Bourbon-Condé accepte d’être le protecteur de l’Académie. Il lui revient de remettre le prix de celle-ci lors de sa venue à Dijon pour l’assemblée des États.

1789. Lors de la Révolution française, bien que passant pour libéral, il s’oppose au doublement du tiers état. Il est un des premiers à quitter la France, et émigre juste après la prise de la Bastille aux Pays-Bas puis à Turin. Il organise une armée à Worms, sur les bords du Rhin ».

A. La fondation de l’Académie (1740)

Source. Stéphane Pannekoucke, Des princes en Bourgogne. Les Condé gouverneurs au 18ème siècle, CTHS Histoire, 2010, 340 pages.

« 1725. Hector-Bernard Pouffier avait décidé d’établir des assemblées de gens savants, par son testament du 1er octobre 1725.

1740. Son successeur, le doyen Lantin obtient des lettres patentes royales (enregistrées par le parlement de Dijon le 30 juin).

1742. La nouvelle Académie, composée de 24 membres, disposait de statuts officiels et elle put proposer un prix dès 1742.

Les Académiciens, tous savants et tous natifs du duché de Bourgogne, devaient être 24 dont, 6 honoraires, 12 pensionnaires (4 pour la physique, 4 pour la morale et 4 pour la médecine), qui n’étaient pas tous pensionnés mais auxquels la récompense des prix était réservée, enfin 6 associés ou aspirants (2 dans chaque discipline).

Elle a été installée rue de l’École de Droit dans l’ancien Collège de Godran, président du Parlement de Bourgogne ».

B. Le prix annuel de l’académie (1742-1793). Source Wikipédia.

« De 1742 à 1793, 28 lauréats furent couronnés pour 53 concours.

En 1742, on demanda de déterminer la différence des vitesses d’un liquide qui passe par des tuyaux inflexibles et de celui qui passe par des tuyaux élastiques. Le lauréat fut un substitut du procureur de la Chambre des comptes de Montpellier, Dasté.

En 1743, un avocat dijonnais, J.-B. Fromageot fut couronné pour son essai démontrant si la loi naturelle peut porter la société à sa perfection sans le secours des lois politiques.

En 1744, un autre Montpelliérain, le docteur Fournier, fut couronné pour avoir su le mieux déterminer la cause de la fièvre.

En juillet 1750, l’Académie de Dijon couronna le Discours sur les sciences et les arts de Jean-Jacques Rousseau.

En 1754, Jean-Jacques Rousseau concourut à nouveau, sur le sujet : quelle est la source de l’inégalité parmi les hommes, et si elle est autorisée par la loi naturelle ; mais, ce fut un chanoine bisontin, Talbert, qui fut couronné. Néanmoins, le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes était le fruit d’un concours organisé par l’Académie de Dijon.

C. Les cours de l’Académie (à partie de 1775)

1763 (décembre). « Louis-Joseph de Bourbon-Condé soutient un projet particulier, celui de cours qui viendraient compléter l’offre restreinte de l’université créée par son père.

Il engage l’administration provinciale à financer les cours qui seront organisés par l’Académie, celle-ci devenant, en quelque sorte, prestataire de service. Sont ainsi établis des cours annuels, publics et gratuits :

  • 1775. Matière médicale (ainsi dénommée pour éviter tout conflit juridique avec les facultés patentées)
  • 1776. Chimie et botanique
  • 1781. Histoire naturelle et physique expérimentale ».

D. L’école de dessin (fondation en 1765). Source : Pannekoucke, op.cité.

1770. « Au cours du voyage d’honneur, il accepte également de protéger l’école de dessin, créée en 1765 par François Devosge. Le 12 juillet 1766, les États de Bourgogne avaient pris la décision de financer cette école et, le 30 décembre 1767, les élus lui donnent une forme fixe et stable, octroient une rémunération au fondateur de l’école et en confient la direction à deux commissaires désignés par eux.

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1722. Dijon, université mort-née

Dijon, 1722. Une université mort-née. Source principale. Stéphane Pannekoucke, Des princes en Bourgogne. Les Condé, gouverneurs au 18ème siècle, CTHS Histoire, 2010, 340 pages.

A. Vers l’université de Bourgogne (source)

1422. Les écoles publiques de Dijon jouissent au Moyen Âge d’une grande réputation. Aussi, la création de l’université de Dôle, en 1422, vont leur porter gravement atteinte, car elles se voient privées d’étudiants et surtout des étrangers. L’université de Dôle était une université fondée pour les deux Bourgogne (comté et duché), par le duc Philippe le Bon.

  • Histoire de l’université du Comté de Bourgogne, par Nicolas-Antoine Labbey de Billy, ancien vicaire général de Langres, professeur d’histoire de l’Académie Royale de Besançon, Président annuel de l’Académie des Belles-Lettres de cette même ville, Tome second, 1815, Imprimeur Mourgeon.

1424. « Les Recteurs et autres Officiers de l’université furent très longtemps choisis parmi les élèves. Les nominations qui d’abord se renouvelaient de six en six mois, ne furent plus faites, à partir de l’année 1464, qu’une fois chaque année.

Antoine Desnoyers, premier Recteur de l’université, fut ensuite Archidiacre d’Autun, bailli de Macon en 1431, vers le Duc de Savoie de la part du Duc de Bourgogne. Sa famille était noble et ancienne dans le Comté de Bourgogne »…

1425. Fondation de l’université de Louvain, par le duc Jean de Bourgogne (duc Jean IV de Brabant), ainsi que par les autorités municipales de la ville de Louvain (source). Cette fondation fut confirmée par une bulle papale de Martin V.

1516. À la demande du maire et des échevins appuyés par Georges de la Trémoille, gouverneur de la province de Bourgogne, François Ier de France (1515-1547) institue à Dijon une université avec quatre facultés en 1516, mais cette décision reste lettre morte, même si les patentes royales sont très flatteuses pour les Dijonnais.

1531 et 1581. Le Collège des Martinots (fondé en 1531), puis le collège jésuite des Godrans (fondé en 1581), en exécution du testament d’Odinet Godran, président du Parlement de Bourgogne, tentent avec plus ou moins de succès de pallier cette situation.

1691. « À la suite de la conquête de la Franche-Comté en 1678, le roi Louis XIV fait transférer l’université de Dôle à Besançon, nouvelle capitale de la Franche-Comté. Ce transfert incite les États de Bourgogne à solliciter du roi Louis XIV la création d’une université à Dijon. Les deux villes deviennent alors rivales.

B. 1710. L’entrée en scène du Gouverneur de Bourgogne, Louis IV Henri de Bourbon-Condé (1692-1740). Celui-ci est né à Versailles le 18 août, 7e prince de Condé (1710), duc de Bourbon, duc d’Enghien et duc de Guise, pair de France, duc de Bellegarde et comte de Sancerre.

A la mort du son père, il devient Prince de Condé. On l’appela cependant Monsieur le Duc, la maison de Condé ayant renoncé au titre de Monsieur le Prince, au profit de la maison d’Orléans.

Il devient également Gouverneur de la province de Bourgogne.

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Église de Brou. Les 3 tombeaux

Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse (66 photos de Pierre Dubois, 16 et 17 juillet 2021).

  • Diaporama 1 : 28 photos. L’Église Saint-Nicolas de Tolentin (1505-1532). La façade occidentale, les cloîtres, le jubé.
  • Diaporama 2 : 18 photos. Tombeaux de Marguerite de Bourbon, de Philibert II de Savoie, de Marguerite d’Autriche.
  • Diaporama 3 : 20 photos. Vitraux de l’église. Philibert de Savoie et Marguerite d’Autriche représentés à genoux.

Source. Extraits de Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse, Patrimoine de l’Ain.

« Fille de l’empereur Maximilien de Habsbourg et petite-fille du dernier grand-duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, Marguerite d’Autriche (1480-1530) est veuve à 24 ans de Philibert le Beau, duc de Savoie, qui meurt en 1504 après une partie de chasse. Dès 1506, elle décide de bâtir aux portes de la ville de Bourg en lieu et place d’un modeste prieuré bénédictin, le monastère royal de Brou pour perpétuer sa gloire et le souvenir de l’amour qu’elle portait à son époux, mais aussi son ambition politique d’héritière du duché de Bourgogne et de régente des Pays-Bas.

Suite à la décision de la princesse d’être inhumée aux côtés de son époux, il s’agit désormais de construire un écrin digne de son rang qui abritera trois somptueux tombeaux : ceux de Philibert le Beau, de sa mère, Marguerite de Bourbon (1438-1483), et le sien propre. En souvenir du jour de la mort de Philibert, Marguerite exige que l’église soit placée sous le vocable de saint Nicolas de Tolentin, moine augustin italien très populaire en Savoie.

Nommée en 1506 régente des Pays-Bas pour le compte de son père puis de son neveu l’empereur Charles Quint, Marguerite suit depuis la Belgique ce chantier exceptionnel, rapidement mené (1505-1532). Elle y envoie les meilleurs maîtres d’œuvre et artistes de toute l’Europe, dont l’architecte de renom Loys Van Boghem qui succède à Jean Perréal.

En juillet 1513, la première pierre de la nouvelle église est posée. Il ne faudra que 26 ans pour construire ce magnifique chef d’œuvre, ce qui est exceptionnel à cette époque. Marguerite s’éteint le 1er décembre 1530, sans avoir vu son œuvre achevée. Son corps est inhumé à Brou en juin 1532.

Les bâtiments monastiques. Dans les premières années du chantier, la priorité est donnée à l’établissement convenable des moines augustins de Lombardie chargés de prier pour les illustres personnes enterrées à Brou. Édifiés de 1506 à 1512, les bâtiments monastiques s’articulent autour de l’église et de trois cloîtres ».

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« Chacun répond à une fonction particulière : le premier, lieu de transition entre le monde extérieur et la communauté des moines, abrite aussi les appartements de Marguerite d’Autriche ; le second, le plus vaste, remplit la fonction traditionnelle de lieu de médiation et de promenade pour les moines ; le troisième, séparé des deux autres par le grand corps du bâtiment principal, répond aux besoins pratiques de la vie monastique ; le style bressan de son architecture conduit à penser qu’il a été réalisé par des maîtres-maçons locaux. Le rez-de-chaussée abrite les salles de la vie communautaire des moines, dont deux salles capitulaires et le réfectoire. A l’étage, un vaste couloir plafonné à la française dessert les cellules avec antichambre réparties sur toute la longueur du bâtiment.

« L’aisance financière des moines du vivant de Marguerite d’Autriche s’estompe progressivement et l’entretien des bâtiments devient de plus en plus lourd. Les moines augustins déchaussés français qui leur succèdent, demeurent néanmoins à Brou jusqu’à la Révolution française, date à laquelle ils sont contraints d’abandonner les lieux.

Le bâtiment est saisi comme bien de la nation. Thomas Riboud, procureur général syndic de l’administration départementale, obtient de l’assemblée constituante que Brou soit classé monument national ce qui le garantit de toute destruction. Dès 1791, l’église sert de grenier à fourrage pour l’armée ; les bâtiments monastiques sont reconvertis en caserne pour les invalides et la garde départementale, et en prison pour les prêtres réfractaires.

L’église du monastère, unique en France par son style bruxellois, s’impose par sa remarquable toiture. Les travaux de restauration engagés de 1996 à 2000 ont restitué, conformément aux dispositions d’origine, le haut comble à deux versants pentus couvert de tuiles vernissées de quatre couleurs disposées en losange. Cette toiture d’inspiration bourguignonne affichait au loin l’ambition politique de la princesse à recouvrer le duché de Bourgogne ».

« Bâtie selon un plan traditionnel en croix latine à transept saillant, l’église exprime la virtuosité qui caractérise l’art gothique flamboyant. Les fastes du style s’épanouissent à profusion dans cette dentelle de pierre. Ce ne sont que cannelures, niches, pinacles, arcatures, archivoltes festonnées, feuilles de choux frisés… formant un exceptionnel ensemble artistique à l’aube de la Renaissance ».

« La nef dépouillée contraste avec le chœur qui concentre toute la splendeur décorative. Sobre et voûtée d’ogives, elle est flanquée de bas-côtés et de chapelles. La lumière pénètre largement à travers les verres clairs de ses grandes baies en arc brisé. N’étant pas une église paroissiale, mais un mausolée dans lequel ne priaient que les moines augustins, elle ne contient aucun banc pour les fidèles.

Le jubé a été conçu, non seulement pour séparer la nef du chœur, mais aussi pour porter une galerie. Abondamment décoré d’une dentelle de pierre, il développe trois arcades en arc surbaissé au-dessus desquelles un passage protégé par des balustrades permettait la circulation de Marguerite d’Autriche entre son oratoire et ses appartements privés ».

« Un somptueux dallage coloré et figuré ornait le sol du chœur. En faïence polychrome fragile, il a disparu progressivement sous les pas des visiteurs. Seuls 200 carreaux sont conservés aujourd’hui sur près de 9 000 à l’origine. Leur vocabulaire décoratif se rattache à la Renaissance avec une grande variété de personnages antiques, trophée d’armes ou d’instruments de musiques, entrelacs dans des tons de bleu et ocre jaune.

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Marguerite d’Autriche (1480-1530)

Marguerite de Habsbourg-Bourgogne, archiduchesse d’Autriche (1480-1530), fut successivement princesse de Bourgogne, fille de France, infante d’Espagne, duchesse de Savoie, régente des Pays-Bas.

Fortune de Marguerite d’Autriche

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Source : larges extraits de l’article de Wikipédia. Photos d’œuvres du musée du monastère de Brou.

1480. « Petite-fille du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, Marguerite d’Autriche est le second enfant (après Philippe, futur roi de Castille) de l’empereur Maximilien Ier et de Marie de Bourgogne.

1482. Le traité de paix d’Arras, accompagné d’une alliance matrimoniale, est signé le 28 avril. Que ce soit du côté français ou bourguignon, cette paix, qui met fin à quinze ans de guerre, est bien accueillie par la population, lassée de cet éternel conflit entre le Royaume de France et la Bourgogne.

1483 (Marguerite a 3 ans). Comme le veut la coutume, le 24 avril, à l’âge de 3 ans, la petite Marguerite part de Bruxelles escortée par la délégation bourguignonne. Elle est rejointe à Hesdin par Anne de France, fille de Louis XI et régente du Royaume, et par son mari, Pierre de Bourbon pour ensuite être conduite à Amboise le 22 juin, où les fiançailles avec Charles VIII sont célébrées. À Plessis-Lèz-Tours, elle est élevée en fille de France par Madame de Segré, sous la houlette de la princesse Anne de France, dame de Beaujeu. Surnommée la « petite reine », Marguerite reçoit une éducation soignée concentrée sur les langues et les arts, et elle est entourée de beaucoup d’égards, de tendresse et de soins.

1491 (11 ans). Le 17 novembre, influencé par Anne de France et pour des raisons politiques, Charles VIII se résout à répudier Marguerite afin d’épouser Anne de Bretagne. Marguerite, meurtrie, gardera toute sa vie une profonde rancœur à l’égard de la France.

1493 (13 ans). Le Traité de Senlis est signé le 23 mai et Marguerite est restituée à son père avec une grande partie de sa dot. Elle reprend donc le chemin des Pays-Bas. Son père, dans le but de lutter contre la France, se rapproche des Rois catholiques ».

Retrouvailles de Marguerite d’Autriche avec son père l’Empereur Maximilien, près de Cambrai, d’après Alexandre Colyn, après 1566 ou 19ème siècle, relief en tilleul.

« 1497 (17 ans). Le 3 avril, Marguerite d’Autriche épouse Jean d’Aragon. La lune de miel ne dure que six mois, puisque Jean, de santé fragile, décède dès le 4 octobre. Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon sont dévastés par la mort de leur fils mais, Marguerite étant enceinte, ils espèrent qu’un nouvel héritier le remplace. Leurs prières ne sont malheureusement pas entendues car elle accouche d’un enfant mort-né. Marguerite, effondrée, demeure encore deux ans en Espagne, puis rejoint Bruxelles.

1501 (21 ans). Devenue veuve, elle reste ensuite aux Pays-Bas pendant quelques années le temps que son frère et son père s’accordent à la marier de nouveau à un potentiel allié de la maison austro-bourguignonne. Le choix se porte rapidement sur Philibert II, dit Philibert le Beau, duc de Savoie qui a tout juste 20 ans, dont le territoire se trouve à la frontière entre la France et l’Italie. Le 3 décembre, elle épouse le duc. Celui-ci lui fait découvrir les joies de la chasse, des joyeuses entrées dans les villes, mais aussi les subtilités de la politique.

Marguerite a désormais une grande influence sur son mari et, sans doute mortifiée par la rupture des fiançailles françaises et par fidélité dynastique, elle oriente la politique du duché dans le sens des intérêts de son père, l’empereur Maximilien et de son frère Philippe. La Savoie sort de l’orbite française pour entrer dans celle de la maison de Habsbourg ».

Mariage de Marguerite et Philibert, vitrail de l’église du monastère de Brou, 1ère moitié du 16ème siècle

Armoiries et devise de Marguerite d’Autriche, Fortune infortune fort une

1502 (22 ans). Marguerite et Philibert s’installent à Pont-d’Ain.

1504 (24 ans). Leur bonheur est éphémère : le 10 septembre, Philibert meurt à vingt-quatre ans, des suites d’un accident de chasse. Ainsi, Marguerite se retrouve veuve pour la troisième fois (si l’on compte le roi de France) et sans enfant. Elle refuse de se marier de nouveau, malgré les propositions faites par son père et son frère.

Pendant deux ans encore, elle reste en tant que duchesse douairière en Savoie et décide également d’ériger un monument à la mémoire de son époux : le monastère royal de Brou. Voulant réaliser le vœu de sa belle-mère, Marguerite de Bourbon, qui avait également voulu ériger un monument pour son époux, elle utilise les moyens importants dont elle dispose afin de construire le monastère.

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18ème. Monastère de Brou, portraits

Le musée du Monastère royal de Brou dans l’Ain possède quelques œuvres du 18ème dont 4 portraits de personnalités.

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  • Louis XV en armure par Pierre-Charles Prévost, vers 1745-1747.
  • Suzanne-Henriette de Lorraine, duchesse de Mantoue-Gonzague, attribué à Pierre Gobert, portraitiste de la cour de Lorraine, après 1704.
  • Comte d’Artois par Joseph Ducreux, vers 1775.
  • Pierre-Louis Rouph de Varicourt, procureur du roi, par Jens Juel, 1779. 

Diaporama de 23 photos (17 juillet 2021).

A. Portrait de Louis XV en armure, attribué à Pierre-Charles Prévost, vers 1745-1747.

« Les collections du musée du monastère royal de Brou s’enrichissent ! Communiqué de presse, vendredi 5 juillet 2013.

« 33 œuvres (26 peintures et 7 sculptures), anciennement déposées par l’État, sont désormais propriété municipale et rejoignent définitivement les collections du musée.

La Ville de Bourg-en-Bresse a accepté ce transfert, saisissant l’opportunité de voir les collections de son musée s’enrichir avec ces 33 œuvres, dont certaines sont remarquables. Le musée les gérait de fait depuis plus de cent ans, assumant notamment tous les frais liés, mais devait demander l’accord du musée propriétaire avant tout transport, prêt ou intervention de conservation-restauration.

Il est aujourd’hui possible de s’enorgueillir de compter dans les collections du musée, notamment, Le Portrait en buste de Louis XV de Pierre-Charles Prevost, La Gardeuse de vache, une scène champêtre de Jean-François Millet, Les Jeunes athéniens et athéniennes livrés au Minotaure de Gustave Moreau, et L’Évanouissement d’Esther devant Assuérus de Jean Jouvenet.

Portrait en buste de Louis XV (vers 1745-1747) de Pierre-Charles Prévost (actif entre 1740 et 1770) actuellement sur les cimaises de l’exposition Lumières sur le XVIIIe siècle. Il s’agit d’une copie à l’huile du premier portrait du roi en armure peint par Maurice Quentin de Latour et exposé au Salon de 1745. Peut-être qu’il fut commandé par la Marquise de Pompadour pour orner un trumeau de son appartement, comme l’indique Laurent Hugues (Conservateur des monuments historiques en Languedoc-Roussillon) dans le catalogue ».

Pour aller plus loin : A l’école de Rigaud : pastiches et suiveurs

B. Suzanne-Henriette de Lorraine, duchesse de Mantoue-Gonzague, peinte après 1704, « portrait attribué à Pierre Gobert (1662-1744), portraitiste de la cour de Lorraine, d’après François de Troy (1645-1730). Cartouche de l’œuvre. Mademoiselle  d’Elbeuf-Lorraine épousa en 1704 Charles III, duc de Mantoue et de Montferrat, qui la séquestra jusqu’à sa mort prématurée en 1708. Ce portrait immortalisant ses charmes est inséré dans un décor lambrissé ».

Source : citations de Wikipédia. « Suzanne Henriette de Lorraine, née le 1er février 1686 et morte le 19 octobre 1710, est une princesse de la Maison de Lorraine, duchesse de Mantoue par son mariage avec Charles III Ferdinand de Mantoue (Charles de Gonzague), dernier duc de Mantoue.

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1763-1766. Faïence de Meillonnas

Faïence de Meillonnas. 1763-1766 : période la plus prestigieuse de la production.

Monastère royal de Brou (Ain). Salle du musée consacrée à la Faïence de Meillonnas. Œuvres exposées : Bouquetière, Assiette à huit lobes cintrés, Théière à anse sphérique, Pot-pourri à bord évasé sur piédouche, Compotier coquille, Terrine légumier circulaire à quatre ressauts, Jardinière d’applique à oignons, Plat ovale à bord polylobé, Terrine légumier ronde couverte.

Diaporama de 33 photos (17 juillet 2021).

Jardinière à oignons (vers 1765). Cliquer sur les images pour les agrandir

Source 1. Histoire de la famille du baron de Meillonnas.

« Ancien bourg fortifié, Meillonnas possède un château probablement construit vers 1350 par le fils d’Humbert de Corgenon, bailli de la Bresse. Du XVe au XVIIIe siècle, il appartient à la famille de Seyssel qui le vend en 1740 à Nicolas de Marron. Son neveu, le baron Gaspard de Marron de Meillonnas épouse en 1752 à Dijon, Anne Marie Carrelet de Loisy, fille du receveur général des Finances de Bourgogne.

Femme de Lettres influencée par l’esprit des Lumières, elle est une tragédienne réputée. Elle écrit également des poèmes, des comédies et entretient une correspondance avec Voltaire. La tradition lui attribue un rôle important dans le développement de la manufacture et une certaine influence dans la création des décors.

La Famille Carrelet de Loisy appartient à la noblesse de robe de Bourgogne. Elle occupe différentes charges dans l’administration royale en Bourgogne au long des 17ème et 18ème siècles. Elle est anoblie par la charge de conseiller correcteur en la Chambre des comptes de Dijon (1684-1688 et 1688-1732), charge anoblissante à l’issue de deux générations, soit en 1732″.

Source 2. La faïence de Meillonnas.

« Vers 1760, le baron de Meillonnas, animé par l’esprit d’entreprise des nobles provinciaux de son époque et sans doute encouragé par la qualité de la terre de son village utilisée depuis le Moyen Âge, crée une faïencerie dans son château.

Il en confie rapidement la direction au franc-comtois Claude Gautherot. Il utilise la technique du grand feu et contribue à la création d’une véritable manufacture.

L’arrivée du peintre Protais Pidoux (1725-1790) ouvre la période la plus prestigieuse de la production – entre 1763 et 1766 – avec les splendides pièces peintes au réverbère, dit « au petit feu ». Cette faïence aristocratique est produite par des artisans venus de toutes les grandes fabriques françaises, comme Strasbourg ou Aprey. C’est à cette époque que l’on agrandit la faïencerie. Il y a désormais une douzaine d’ouvriers qualifiés, contre six en 1764.

Quand le baron et la baronne quittent le village pour s’installer dans leur nouvel hôtel particulier à Bourg-en-Bresse, ils afferment la faïencerie à Joseph Augustin Maurel, originaire de Moustiers, puis à son frère Honoré Maurel, de 1772 à 1815. La production s’oriente alors vers des objets de consommation courante. Plus modeste en qualité, elle est assurée par une équipe d’artisans locaux peu nombreux mais fidèles à leur entreprise…

Après la mort du dernier peintre en 1845, Georges Laurent Raymond, la fabrique abandonne la faïence mais continue à produire jusqu’aux environs de 1870 des grès et de la terre vernissée ».

Commercialisation et diffusion. « Une bonne partie de la faïence est enlevée par des marchands locaux au rythme presque régulier d’une fois par mois et par fournée. Lors des premières décennies de fonctionnement, la réputation de la faïence de Meillonnas dépasse largement le cadre local, mais par la suite cette réputation est quelque peu réduite à la région et à ses environs immédiats. Ainsi en 1808, la statistique départementale signale que la plus grande partie se débite à Mâcon. Le reste fournit à la consommation de la ville de Bourg et ses environs.

Dans la classe moyenne, jusque vers la fin du 18e siècle, la faïence est un produit de consommation relativement courant, mais pas forcément d’utilisation quotidienne. Si les bourgeois, commerçants constituent l’essentiel de la clientèle, chez les gens plus modestes, on en achète aussi mais moins souvent et on la considère comme un bien plus précieux qui ne sert que dans les grandes occasions.

Au début du 19e siècle et, de plus en plus nettement, la faïence devient un objet d’utilisation quotidienne dans toutes les couches de la société. Vers 1817, les ouvriers de la fabrique emportent régulièrement des pièces, dont le prix est déduit de leur salaire.

Caractéristiques Grand Feu et Petit feu. La renommée des faïences de Meillonnas vient de leurs décors extraordinaires dits petit feu et grand feu.

Le premier nécessite trois cuissons dont la dernière fixe le décor, ce qui permet une palette de couleur très étendue : jaune ocre, bleu-vert, violet manganèse, rose ou pourpre de cassius, appelé aussi or pourpre (mélange de trichlorure d’or et d’étain). Pour la technique du grand feu, l’émail et le décor sont cuits ensemble ce qui limite le nombre de couleurs : bleu pâle, vert, jaune ocré, violet manganèse.

La rose dite manganèse, représentée sur de nombreuses pièces, est un des symboles de la faïence de Meillonnas.

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