Archives de Catégorie: C. Bourgogne Franche-Comté

19 peintures de Jean-Baptiste Greuze

Jean-Baptiste Greuze (1725-1805) : trois diaporamas

Montpellier, Musée Fabre, 4 œuvres et 13 photos (dont cartels et détails) dans la chronique du 27 août 2017 : Jean-B. Greuze, 30 ans en 1755.

Besançon, Nancy, Nantes, Paris (Petit-Palais et Cognacq-Jay), 5 œuvres et 19 photos.

Paris, Musée du Louvre, 10 œuvres et 35 photos.

et un 20ème tableau au MBA de Strasbourg : Portrait de Pierre-Alexandre Wille, enfant

Liste des tableaux de Greuze (source Wikipédia).

Partie 1. 1725-1762. Source : citations de l’article de Wikipédia.

1725. Jean-Baptiste Greuze naît le 21 août à Tournus en Saône-et-Loire. Fils d’un entrepreneur et architecte, Jean-Baptiste Greuze fut dès sa plus tendre enfance attiré par le dessin, malgré la volonté de son père qui le destinait au commerce. Il fut soutenu dans sa vocation par le peintre lyonnais Charles Grandon, dont il sera l’élève.

1750 (25 ans). Greuze suit son professeur à Paris où il s’installe. Il devient l’élève de Charles-Joseph Natoire à l’Académie royale de peinture et de sculpture, professeur avec lequel il eut des démêlés.

1755 (30 ans). Ses débuts au Salon furent un triomphe. Son Père de famille lisant la Bible à ses enfants connaît un grand succès. Il devient membre associé de l’Académie.

Le petit paresseux, Musée Fabre, Montpellier.

1755-1757 (30-32 ans). Il part étudier à Rome et il y peint Les Œufs cassés peu de temps après son arrivée.

« Aux couleurs claires et lumineuses, à l’attitude légère de la peinture du XVIIIe siècle, Greuze introduit un réalisme d’influence néerlandaise dans la peinture de genre et le portrait français. Par des expressions faciales vives et des gestes dramatiques, ces peintures moralisantes illustrent l’idée selon laquelle la peinture doit se rapporter à la vie. Il capture les détails des décors et des costumes, parle au cœur, éduque les observateurs et cherche à les rendre vertueux ».

1759 (3 février) (34 ans). Il épouse Anne-Gabrielle Babuty, fille d’un libraire du quai des Augustins, François Babuty,

1761 (36 ans). Il en expose le portrait. Cette même année, il suscite l’engouement du public et de la critique au Salon, avec son Accordée de village.

1762 (37 ans). Le 16 avril, à Paris, son épouse donne naissance à une première fille qu’ils prénomment Anna-Geneviève. Elle embrassa la carrière de son père qu’elle soutiendra jusqu’à sa mort.

Partie 2. 1769-1805. Source : Encyclopédie Larousse

1769 (44 ans). Greuze rêve des lauriers du peintre d’histoire et se brouille avec l’Académie quand celle-ci ne le reçoit que comme peintre de genre, malgré son Septime Sévère et Caracalla (Louvre), inspiré de Poussin.

1769 (vers). Autoportrait.

1773 (48 ans). Il donne la Cruche cassée, d’une sensualité ambiguë.

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Art sacré, Noël et Épiphanie

Dans ma collection de photos d’Art sacré, j’ai choisi, pour présenter, aux lectrices et lecteurs du blog, mes vœux pour Noël et l’année nouvelle, quatre évènements liés à la naissance de Jésus : la Vierge Allaitant, l’Adoration des Mages, le Massacre des Innocents, la Fuite en Égypte.

Ces quatre épisodes pris en compte par les évangélistes illustrent encore les paradoxes du monde contemporain. D’un côté, la joie de pouvoir fonder une famille et d’être respecté par les plus riches. D’un autre côté, l’horreur de la violence au quotidien, le massacre des innocent(e)s, la folie de l’exil forcé.

En février 2022, dans le seul musée des Beaux-arts de Besançon, j’ai eu l’opportunité de pouvoir photographier deux Vierges Allaitant, une Adoration des Mages, un Massacre des Innocents, trois Fuites en Égypte.

Diaporama de 26 photos (œuvres, cartels, détails). Cliquer sur les images pour les agrandir.

Le Louvre possède un tableau d’Orazio Gentileschi (vers 1628) qui associe deux des quatre scènes mentionnées : lors du repos de la Sainte Famille pendant la fuite en Égypte, la Vierge allaite Jésus..

Collections des années passées, publiées sur le blog :

Six chroniques sur la Vierge Allaitante (dite aussi la Vierge du lait, Galaktotrophousa, ou encore Madonna del latte ou Maria che allatta).

Andrea di Bartolo, dit Solario, La Vierge Marie allaitant l’enfant, vers 1507-1510, Le Louvre (photo d’octobre 2022)

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1763. Bertin et la navigation fluviale

Le plan Bertin et la navigation fluviale (1763-1773). Chronique mobilisant le livre d’Éric Szulman, La navigation intérieure sous l’Ancien Régime.

Le plan Bertin pour la navigation intérieure (1763-1773) était ambitieux. Il s’agissait de doter le Royaume de France d’un réseau connecté de fleuves, de rivières et de canaux, permettant de parcourir l’ensemble du territoire et ainsi de pouvoir à terme rejoindre toutes les mers qui baignent les côtes du pays.

Développer les voies navigables : problématique ancienne et contemporaine de l’Ancien Régime, mais aussi du monde d’aujourd’hui. Mener les études de faisabilité technique et financière, hiérarchiser et planifier les chantiers, assurer la construction et l’entretien.

L’idée novatrice de Bertin a été de vouloir se passer du système traditionnel de la concession à des entreprises privées à un système de financement public fondé sur le caractère non aliénable du domaine de la Couronne.

Le plan de Bertin tenait la route, mais il s’est heurté à des obstacles politiques et financiers. En dépit de son inventivité pragmatique (systèmes mixtes, temporaires ou différenciés selon les particularités de chacune des provinces du Royaume), la décennie Bertin n’a pas été couronnée de succès. Beaucoup de projets, mais aucune nouvelle voie d’eau d’ampleur.

Les travaux du canal de Bourgogne, serpent … de mer depuis le début du 17ème siècle, ne commenceront qu’en 1775 et ne seront terminés qu’en 1832.

Toutefois, le plan Bertin a eu un impact positif sur l’agriculture et les mines (chronique à venir), et a dessiné les prémisses de politiques publiques au niveau du Royaume et  des Provinces, s’appuyant sur une administration propre, coopérant avec des partenaires publics obligés (Ponts et Chaussées, Eaux et Forêts), inventant les montages financiers nécessaires.

Partie 1. Brève biographie d’Henri-Léonard Bertin (1720-1792)  

Source : extraits d’un article de Gabriel Arlet d’après Héphaistos à Sophie Antipolis, Gedim, 1991.

Henri-Léonard Bertin (1720-1792) succède, en novembre 1759, à Etienne de Silhouette dans le nouveau gouvernement formé autour du duc de Choiseul.

Portrait de Bertin par Alexandre Roslin

« Né à Périgueux en 1720 dans une famille de robe récemment anoblie, il a fait une carrière brillante et rapide. Maître des Requêtes en 1741, intendant du Roussillon en 1749, puis de Lyon en 1754, il est nommé intendant de Police trois ans plus tard. Cette fonction lui vaut d’être protégé par Madame de Pompadour et de compter parmi les familiers du roi. C’est un esprit « libéral », selon ce qu’entend Montesquieu.

Plein de bonne volonté, il va s’efforcer de réorganiser l’administration des provinces et durant les quatre années passées au contrôle général des Finances, il appuiera sans réserve l’action de Trudaine. Malheureusement, la dégradation de la situation financière provoquée par la guerre dite de Sept ans l’oblige, plus encore que ses prédécesseurs, à des réformes sévères et d’autant plus impopulaires, en particulier à l’établissement d’un cadastre qui doit conduire à une répartition plus équitable des impôts.

Devant l’insubordination générale et dangereuse des Parlements, Choiseul temporise, recule, cède et sacrifie Bertin. En décembre 1763, le duc abandonne le contrôle général à un représentant des opposants, le conseiller au parlement L’Averdy, dont l’inexpérience et la naïveté seront vite la risée des Parisiens toujours moqueurs.

Le roi n’a pu s’opposer au renvoi de Bertin mais il ne veut pas abandonner un ami. Un secrétariat d’État, le cinquième du ministère, est créé spécialement pour lui ».

Partie 2. Décembre 1763, Louis XV crée un Secrétariat d’État pour Bertin. Source : Archives nationales du ministère de la Culture.

« Ce cinquième secrétariat d’État fut créé, de façon tout à fait exceptionnelle, le 14 décembre 1763, au profit de Henri-Léonard Bertin, alors démissionnaire du contrôle général des finances qu’il occupait depuis 1759 après avoir exercé les fonctions d’intendant du Roussillon puis de Lyon et de lieutenant général de police de Paris.

Les attributions de ce secrétariat d’État, détachées du contrôle général des finances, comprenaient : la Compagnie des Indes, les manufactures de coton et de toiles peintes, les haras et les écoles vétérinaires, l’agriculture et les sociétés d’agriculture, les mines, la navigation intérieure, les canaux, les carrosses publics, fiacres et messageries, le roulage, les petites postes, les dépôts et collections de chartes, les loteries, l’échange de la principauté de Dombes, et, comme les autres secrétariats d’État, les dons, pensions, brevets et expéditions dépendant de son département.

Celui-ci, assez étendu, incluait la Guyenne, la Normandie, la Champagne, la principauté de Dombes, la généralité de Lyon, le Berry, les îles de France et de Bourbon et tous les établissements de la Compagnie des Indes.

1764. En butte aux empiètements du contrôle général des finances, Bertin abandonna dès 1764 la Compagnie des Indes et les manufactures de coton et toiles peintes. 

1773. Il se fit attribuer à grand peine les questions relatives aux biens communaux, aux défrichements et dessèchements. Le commerce ne fit jamais partie de ses compétences.

1774. Il réussit en revanche à concentrer les mines dont il conserva l’exclusivité, moyennant l’abandon de la navigation à l’intendant des finances chargé des ponts et chaussées.

1775. Turgot reprit les carrosses et messageries.

Privé de moyens financiers et de personnel compétent, le petit ministère de Bertin connut un échec relatif, sauf en ce qui concerne les mines. Sa suppression fut prononcée après la démission de son titulaire, le 26 mai 1780″.

Partie 3. Éric Szulman, La navigation intérieure sous l’Ancien Régime. Naissance d’une politique publique, Presses universitaires de Rennes, Histoire, 2014, 376 pages. Publication sur OpenEdition Books (13 mai 2019).

Bonnes feuilles du chapitre III : diaporama de 15 photos.

Schémas

Partie 4. Compte-rendu de l’ouvrage par Pierrick Pourchasse. Source : Presses universitaires de Rennes, Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 2016/1, n° 123-1, pages 209 à 210.

« L’ouvrage d’Éric Szulman présente un sujet original : la politique des autorités françaises concernant les voies navigables entre 1660 et 1792. L’auteur interroge sur la longue durée les modalités de l’intervention publique dans la conception d’un réseau de circulation fluviale à l’échelle nationale. La volonté d’améliorer les voies d’eau du royaume devient une préoccupation publique au temps de Colbert ; les règles portant sur la navigation sont intégrées à la réformation des eaux et forêts de 1669. Le propre d’un cours d’eau est d’être chose publique et la police des rivières est définitivement organisée ».

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Un 1er cycle du Supérieur à Dole ?

Un 1er cycle d’enseignement supérieur à Dole ? Suite de la chronique. Université de Dole : les guerres du 17ème siècle l’ont tuée.

Cinq parties dans cette chronique.

  • 1. Depuis 1983 : antenne décentralisée de l’Université Ouverte de Franche-Comté.
  • 2. Depuis 2015 : Université Bourgogne Franche-Comté, communauté d’universités et d’établissements.
  • 3. L’enseignement supérieur professionnel de 1er cycle domine dans le département du Jura.
  • 4. 600 ans après, Dole peut-elle redevenir ville universitaire ? 5.
  • 5. Collectivités territoriales : créer des Instituts d’Enseignement Supérieur dans le Jura.

Partie 1. « Depuis 1983 à Dole, antenne décentralisée de l’Université Ouverte de Franche-Comté, service public chargé de la diffusion de la culture. Conférences animées par des enseignants des universités ou des lycées.

  • histoire : ancienne, médiévale, moderne et contemporaine,
  • histoire de l’art,
  • sciences : astronomie, botanique, biologie, médecine, géologie, météorologie,
  • littérature, 
  • philosophie
  • écologie
  • actualités
  • paléographie : lecture d’écrits antiques et médiévaux.

Un cycle itinérant de conférences est organisé chaque année, au printemps, dans les communes avoisinantes de Dole. En rapport avec certains de ces thèmes, des sorties et des voyages sont proposés ».

Télécharger le programme des conférences 2021/2022

Conférences repérées dans le programme :  Nicolas Nicole (1702-1784, architecte bisontin du siècle des Lumières.  

Partie 2. Depuis 2015, Université Bourgogne Franche-Comté (UBFC), communauté d’universités et d’établissements (COMUE)  .

L’Université Bourgogne Franche-Comté (UBFC) regroupe sept établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dont trois universités. L’une d’entre elles est l’Université de Technologie Belfort-Montbéliard. La fusion n’a jamais été explorée comme mode de regroupement entre les 3 universités. L’établissement public expérimental (EPE 2018) entre les 7 établissements ne l’a pas été non plus. 

Citations du site de l’UFBC. « La création d’UBFC répond à un impératif de compétitivité pour la Bourgogne-Franche-Comté. UBFC incarne ainsi le développement de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation sur ce territoire en s’appuyant sur les forces et les atouts des établissements membres qu’elle fédère. Ce développement se traduit par une offre de formation pluridisciplinaire de qualité, en lien avec une recherche portant des domaines de spécialisation reconnus et en cohérence avec l’économie et la culture de son territoire.

Le projet stratégique d’UBFC est celui d’une université fédérale, respectant la souveraineté de ses membres, avec la vocation de construire des projets collectifs.

UBFC comporte aujourd’hui plus de 60 000 étudiants et 8 800 personnels. Elle rayonne sur 13 sites, répartis de part et d’autres de la région Bourgogne Franche-Comté.

Ces grands pôles sont également à l’origine de la forte culture industrielle propre à la région Bourgogne – Franche-Comté et portent aujourd’hui des grandes spécificités économiques, à savoir l’agroalimentaire, les microtechniques, l’énergie et la mobilité.

Les compétences clefs de la Bourgogne – Franche-Comté ont permis de définir trois axes scientifiques, reconnus comme thématiques d’excellence sur le plan international :

  • Matériaux avancés, ondes et systèmes intelligents
  • Territoires, environnement, aliments
  • Soins individualisés et intégrés« .

Novembre 2018. Chronique du blog : Quand une Comue part en vrille. Communiqué de Nicolas Chaillet, président de la communauté d’universités et établissements Université Bourgogne-Franche-Comté, in le Bien public du 16 novembre 2018.

Partie 3. L’enseignement supérieur de 1er cycle de type professionnel domine dans le département du Jura, dans les deux villes les plus importantes, Dole (23 373 habitants), Lons-le-Saulnier (17 459). Source : ParcourSup Offre de formation.

  • Dans ces deux villes du département, il y a des BTS, mais pas de GPGE.
  • Dole : 31 BTS (environ 750 places), 67 à Besançon, 311 à Dijon.
  • Dole : pas de CPGE. 9 CPGE à Besançon, 25 à Dijon.
  • Dans ces deux villes du Jura, il n’y a ni DUT, ni licence universitaire en 3 ans.

Lons-le-Saunier bénéficie de son statut de chef-lieu de département. Elle possède un INSPE et une licence professionnelle Traitement des déchets.

Il existe des Instituts de Formation Sanitaire et Sociale de la Croix Rouge (soins infirmiers) à  LONS LE SAUNIER, VESOUL, QUETIGNY.

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Université de Dole. La guerre l’a tuée

Les guerres du 17ème siècle ont tué l’université de Dole (Jura). Chroniques sur Dole.

Partie 1. 1287. Une université est fondée à Gray. Source : Histoire de Gray.

« Gray fut au 13ème et 14ème siècle une ville d’importance dans l’Europe d’alors. Si en 1287 il semble que le comte Othon IV de Bourgogne ait fondé une petite institution littéraire à Gray, la ville devint les années qui suivirent un pôle universitaire majeur par l’entremise de Nicolas IV (pape de 1288-1292, né en 1227 à Ascoli) également fondateur par la bulle Quia Sapientia des universités de Montpellier, d’Ascoli et de Macerata.

Située à un emplacement stratégique, aux confins de la Bourgogne et de la Franche-Comté, entre les deux métropoles régionales de Besançon et Dijon, la ville de Gray constitue un des principaux pôles économiques et urbains du département de la Haute-Saône.

En 1423, Philippe le Bon transféra l’université à Dole, à partir de quoi la ville de Gray perdit de son rayonnement ».

Partie 2. 1423-1636. L’université de Dole. Source : Archives départementales du Doubs, Besançon.

« L’Université de Dole fut autorisée et créée par une bulle de Martin V et des lettres patentes du duc Philippe le Bon, en 1423. Elle fut dotée par les États de la Province, la ville de Dole et les Comtes de Bourgogne. Elle suscita les rivalités des villes de Gray et de Besançon.  

Blason de l’université de Dole. De gueules à un bras de carnation, paré d’or et tenant un livre du même, issant d’une nuée d’argent mouvant du chef.

Cliquer sur les images pour les agrandir

En 1423, le duc assembla les États à Salins pour le vote d’un subside de plus de 9000 francs garantis par le revenu des salines. Alors Philippe le Bon engagea le recrutement des professeurs et informa les territoires proches pour recruter des étudiants. Ces derniers arrivent dès 1424. Le duc veilla au respect des statuts, à un bon enseignement.

1432. Ses statuts, analogues à ceux de l’Université de Paris, et ses privilèges (exemption de charges et d’impôts) furent confirmés par les Comtes en 1483, 1531.

1479-1484. Après le siège et la prise de la ville, en 1479, le roi Louis XI fit transférer l’université à Besançon en 1481, puis à Poligny en 1483, mais elle n’eut pas d’exercice réel. C’est le roi Charles VIII sollicité par les Dolois, conseillé par Guillaume de Rochefort (qui avait étudié à Dole) qui la rétablit en 1484.

1537. La faculté de théologie fut érigée par une bulle de 1537.

En 1570, le Roi, Comte de Bourgogne, interdit par lettres patentes aux Comtois d’aller étudier en dehors de la province, sauf à Rome. La chaire d’anatomie fut dotée par les archiducs en 1619.

L’Université comprenait 5 facultés : théologie depuis 1537; droit canon et droit civil, médecine, arts. Elle était administrée par un collège composé du recteur, de professeurs, des procureurs. Les étudiants, à l’origine, participaient à l’administration. Les distributeurs s’occupaient de la police, de la comptabilité ».

Partie 3. Des professeurs. Source : Wikipédia, Louis Gollut.

D’illustres professeurs enseignèrent à Dole dont V. A. Beaune et J. d’Arbaumont.

« 1570-1595. Louis Gollut est un historien, enseignant et homme politique franc-comtois du 16ème siècle né en 1535 à Pesmes et mort le 22 octobre 1595 à Dole. Il est considéré comme le premier véritable historien de la Franche-Comté. Il est également maire de Dole de 1591 à 1595.

Très jeune, avec sa famille il part vivre dans la capitale comtoise, là d’où sa mère était originaire. Il commence ses études au collège puis les poursuit à l’université de Dole, il y fait la connaissance de Claude de la Baume, futur archevêque de Besançon. Il devient ensuite l’élève de Gilbert Cousin à Nozeroy. Ensemble, avec également son camarade de la Baume, ils passent plusieurs années vers 1559 en Italie. Il décide au cours de ce voyage de partir seul pour l’Espagne avant de regagner la comté.

À son retour, il étudie le droit et exerce la profession d’avocat au parlement. Dans l’exercice de sa fonction, il jouit alors d’une grande renommée qui parvient jusqu’à Madrid. En 1570, il est nommé à la chaire de littérature latine de l’université de Dole créée pour lui par Philippe II d’Espagne ».

1562. Source : article de Wikipédia. « Dole compte 268 étudiants, dont 45 comtois et 223 étrangers, ainsi que plusieurs professeurs flamands et italiens, ce qui montre le rayonnement international de l’université de Dole, en cette fin du Moyen Âge.

1613. Les enseignants, désireux de transformer leur université en un Magisteruniversität, à l’instar de celles de Louvain et de Douai, députent un émissaire auprès du couple ducal, en résidence à Bruxelles, afin d’en formuler la requête, qui leur est accordée par plusieurs édits de 1616 à 1618″.

Partie 4. Une université à Dole : le saviez-vous ?

« Les responsables de l’Université doloise achètent une maison près de l’hôpital Notre-Dame d’Arans, non loin de la tour de la ville et du couvent des Cordeliers. Les locaux étant insuffisants, il est probable que des cours ont pu se dérouler chez des professeurs bien logés« .

Ancien portail d’entrée de l’université (32 rue des arènes, Dole) ?

« La turbulence des étudiants n’est pas une légende. De nombreuses affaires surgissent à Dole dès 1424 à l’ouverture de l’établissement et se poursuivra. Un jour de mai 1669, une troupe d’étudiants se procurèrent un âne et accompagnés de musiciens s’introduisirent dans la cour du collège de l’Arc en dansant. Les cours étant dispensés à ce moment là, ils visitèrent les classes les unes après les autres avant de repartir à travers la ville. Souvent, des rixes éclataient entre étudiants. Pourtant, afin d’éviter les désordres, l’université de Dole détenait certaines prescriptions. Il était interdit de jouer au ballon dans les salles sauf autorisation du recteur ou encore de fréquenter les lieux publics ».

Partie 5. 1636-1691. Un demi-siècle de guerres en Europe

Hôtel-Dieu, siège de la médiathèque et des Archives municipales

1636. « Le Siège de Dôle par les Français est la première grande bataille de la guerre de Dix Ans, épisode franc-comtois de la guerre de Trente Ans, au cours duquel Dole, alors capitale comtoise, fut assiégée pendant plus de 80 jours (28 mai –15 août) par les troupes du roi de France Louis XIII. Cette bataille a opposé les troupes d’Henri II de Bourbon-Condé aux troupes comtoises de Louis de la Verne.

1636, 14 août. Alors qu’une armée de secours composée de l’armée franc-comtoise, de mercenaires lorrains et de troupes du Saint-Empire, commandée par Charles IV de Lorraine est en approche de Dole, Condé reçoit l’ordre de lever le siège pour conduire ses troupes en Picardie contre les Espagnols. 15 août. Les troupes françaises évacuent : la ville est sauvée.

1668 (10-14 février). Le siège de Dole oppose les troupes françaises de Louis XIV et les troupes bourguignonnes. Celle-ci capitulent au bout de quelques jours..

Par le traité d’Aix-la-Chapelle du 2 mai 1668, la France doit restituer Dole et le reste de la Franche-Comté aux Habsbourg d’Espagne.

Le siège de 1674. Source : Dole plein de culture. La guerre de Hollande. Louis XIV inquiet de la puissance commerciale de la hollande attaque tour à tour les alliés des Provinces-Unies. C’est le cas de la Franche-Comté espagnole, l’Espagne étant un allié des Provinces-Unies ».

1673 (12 octobre). La déclaration de Guerre espagnole.

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Dole, Doubs, Canal Rhône au Rhin

Quatre voies d’eau interconnectées à Dole (Jura) : le Doubs, le Canal Charles Quint, le Canal du Rhône au Rhin, le Canal des Tanneurs.

Le Canal du Rhône au Rhin relie la Saône au Rhin, par la vallée du Doubs et son prolongement en Haute Alsace jusqu’à Niffer.

Diaporama de 39 photos (mai 2022).

Lire aussi sur le blog : Le canal du Midi, Le canal de Sète au Rhône.

Source 1. Le Canal Charles Quint (source : projet Babel).

Préfiguration Louis X1, puis Philippe II. Commencé vers 1530, mis en service dans la 1ère moitié du 16ème  siècle.

Canal de dérivation du Doubs, en amont de Dole, cote : 200 mètres, pas d’écluse, longueur : 1 kilomètre.

Ce canal à l’origine à vocation militaire a servi par la suite de port en communication directe avec le canal du Rhône au Rhin. Il est toujours accessible dans ses premiers mètres par les bateaux de plaisance, notamment pour aller s’amarrer devant le restaurant voisin.

Le pont du canal Charles Quint est détruit le 6 septembre 1944. Sa reconstruction démarre dès le début 1945.

Ouvrage remarquable, à proximité du canal Charles Quint : le pont roman en pierre. Ses vestiges sont les plus anciens de la ville.

Ce pont date du 13ème siècle et comportait historiquement 17 arches. Tableau du siège de Dole en 1668 peint par Adam Frans Van der Meulen.

Une arche a été totalement reconstruite en 2020.

Source 2. Le Canal du Rhône au Rhin. Prémices et tergiversations au 16ème et 17ème siècles

« En 1554, le Comte de Montbéliard, puis le roi de France, proposèrent le principe de rendre le Doubs navigable, idée soutenue par le fait que le Comté de Montbéliard demeurait une enclave. La conquête de l’Alsace puis de la Franche-Comté en 1678, par Louis XIV ouvrit la question de la navigation sur le Doubs.

Un large débat fut ouvert en France sur la navigabilité des rivières et sur les canaux de jonction. La mauvaise qualité des routes et le coût élevé des transports terrestres, opposés à l’économie et à la sécurité des transports fluviaux mettaient ceux-ci en tête des préoccupations des dirigeants.

L’intendant de Franche-Comté, détracteur du projet, donna en 1698 deux bonnes raisons pour écarter la possibilité d’aménager le Doubs:
– la défense de Besançon sera affaiblie,
– le coût de la régulation des cours du Doubs entre Besançon et Montbéliard, et de son endiguement entre Dole et Verdun sur le Doubs est dissuasif.

L’intérêt de rendre le Doubs navigable sans liaison avec le Rhin est aussi mis en doute, car en l’absence de marchandises à transporter, mis à part le bois pour la marine, la concurrence des autres voies de transports serait trop forte. Si l’intendant de Franche-Comté restait persuadé du manque d’intérêt à aménager le Doubs, la ville de Dole au contraire en était convaincue. Elle obtint en 1705, par arrêt du conseil d’état, l’autorisation de faire les travaux nécessaires pour rendre le Doubs navigable. C’est alors que furent réalisés les premiers aménagements ».

Source 3. Le Canal du Rhône au Rhin : son histoire au 18ème siècle.

Le canal du Rhône au Rhin relie la Saône, affluent navigable du Rhône, au Rhin, par la vallée du Doubs et son prolongement en Haute Alsace jusqu’à Niffer sur le Rhin, un autre prolongement rejoignant Strasbourg par la canalisation de l’Ill.

L’idée de relier le bassin du Rhône à celui du Rhin par des voies navigables est ancienne puisque Colbert et Vauban l’avaient évoquée sous Louis XIV après l’annexion de la Franche-Comté et de l’Alsace, mais c’est au 18ème siècle que le projet prend forme.

Le canal du Rhône au Rhin commence à Saint-Symphorien-sur-Saône (Côte d’Or) pour finir à Niffer (Haut-Rhin), soit un parcours de 236 kms et 114 écluses.

Les travaux de la jonction entre la Saône et le Doubs de Saint-Symphorien-sur-Saône en Côte-d’Or à Dole dans le Jura sont réalisés avec des temps d’arrêt liés à la Révolution entre 1784 et 1802 par l’ingénieur Philippe Bertrand. Ils sont poursuivis avec des interruptions de 1804 à 1832 en direction du Rhin sous la direction de Joseph Liard.

Au début du 18ème siècle, Dole qui cherche à permettre les échanges avec Lyon s’attache à rendre navigable la partie inférieure du Doubs jusqu’à Verdun-sur-le-Doubs mais elle se heurte à diverses oppositions (péages, villes défendant leur octroi, sociétés de coches) qui font cesser le trafic. Pour contourner les difficultés, un magistrat de la ville avance alors en 1719 l’idée d’un canal entre Dole et Saint-Jean-de-Losne.

Le Doubs à Dole

L’idée est reprise quelques décennies plus tard par Claude-Quentin La Chiche, né à Dole le 31 octobre 1719, mort général de brigade à Paris le 15 octobre 1803. Il observe dès 1744 que le bassin du Doubs peut facilement être relié au bassin du Rhin à Valdieu-Lutran où se situe la ligne de partage des eaux et que le Doubs aménagé peut permettre la liaison de la Saône au Rhin. Des ingénieurs alsaciens confirment ces observations dans un rapport en 1754.

Le 21 octobre 1758. La Chiche fait parvenir un mémoire à M. de Beaumont, intendant de Franche-Comté, dans lequel après avoir indiqué le point de partage et le tracé du canal jusqu’au Doubs, près de Montbéliard, il s’étend principalement sur les avantages d’un canal de dérivation qui relierait directement la ville de Dole à la Saône, à la hauteur de Saint-Jean-de-Losne, débouché dès lors assigné au futur canal de Bourgogne. Il lui est répondu que ces travaux ne seraient profitables qu’à Dole tant que l’ensemble ne serait pas réalisé et que les finances publiques ne permettaient pas d’envisager un tel chantier. Un deuxième mémoire envoyé à Choiseul en 1765 ne donne pas de meilleurs résultats.

Mais l’idée est maintenant dans l’air et Philippe Bertrand, chef du service des ponts et chaussées de Franche-Comté, arrive aux mêmes conclusions concernant une liaison entre la Saône (et donc le Rhône) et le Rhin. Il établit, sans connaître les travaux de La Chiche, en 1774 puis en 1777, plusieurs rapports favorables à l’utilisation du cours du Doubs entre Dole et Montbéliard en mettant en avant la priorité à accorder au canal de dérivation de Saint-Symphorien à Dole.

Finalement la décision concernant ce canal de dérivation est prise le 20 janvier 1783 : Bertrand est chargé des travaux en Franche-Comté et Émiland Gauthey en Bourgogne, province qui prend en charge un tiers des coûts. Le 25 septembre 1783, un arrêté du Conseil du Roi confirme ces engagements et l’adjudication des travaux du canal de Franche-Comté a lieu au début de 1784 pour 610 000 livres tournois.

Dole, le port sur le Canal du Rhône au Rhin

Le Canal des Tanneurs. « Dans le quartier du Prélot, la rue Pasteur, l’une des plus anciennes de la ville puisqu’il en est fait mention dès 1274, voit ses maisons tournées vers le canal en particulier les caves qui étaient d’anciennes tanneries. Les caves des maisons du bord de l’eau possédaient de larges ouvertures donnant directement sur le canal, à titre d’exemple : la maison natale de Louis Pasteur« .

De son côté Claude-Quentin La Chiche poursuit ses études sur l’ensemble de la liaison Saône-Rhin et revendique la paternité du projet dans de nombreux mémoires de 1778 à 1791

Louis V Joseph de Bourbon-Condé, gouverneur de Bourgogne, inaugure le 24 juillet 1784 à Saint-Jean-de-Losne en même temps les travaux du tronçon-est du canal de Bourgogne qui devait relier la Saône à la Seine (partie Saône – Dijon, 30 km) et du canal de Franche-Comté qui reçoit la dénomination de Canal de Monsieur  en l’honneur du gouverneur que l’on dénommait Monsieur le Prince.

Arrêtés au début de la Révolution, les travaux sont relancés en 1792 : Philippe Bertrand est nommé à directeur du canal du Rhône au Rhin et promu en 1798 directeur en chef du projet du canal de jonction du Rhône au Rhin.

Poursuivis de manière intermittente, les travaux entre Saint-Symphorien-sur-Saône et Dole sont à peu près achevés en 1802/1803 sous le Consulat quand l’ingénieur Aimable Hageau réalise l’écluse de Dole. L’inauguration a lieu le 20 octobre 1802.

Il faut attendre 1804 (décret du 5 mai 1804, complété par celui du 11 avril 1806) pour que les travaux se poursuivent en direction du Rhin : Philippe Bertrand assure le contrôle général du projet.

Grand pont sur le Doubs à Dole : construction au 18ème siècle

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1636. Siège de Dôle par les Français

Le siège de Dole de 1636 est la première grande bataille de la guerre de Dix Ans, épisode franc-comtois de la guerre de Trente Ans, au cours duquel Dole, alors capitale comtoise, fut assiégée pendant plus de 80 jours (28 mai – 15 août) par les troupes du roi de France Louis XIII. Cette bataille a opposé les troupes d’Henri II de Bourbon-Condé aux troupes comtoises de Louis de la Verne.

Issue. Une victoire comtoise qui n’a pas changé le cours de l’histoire sur le long terme. En 1678, le Traité de Nimègue entérine la conquête et l’annexion de la Franche-Comté par la France (source : article de Vincent Bousrez, décembre 2015, Louis XIV et la Franche-Comté : une conquête).

Sources de la chronique sur le siège de 1636. A. Larges extraits de l’article de Wikipédia : le siège de Dole en 1636. B. Tableau de Nicolas Labbé, huile sur toile peinte après 1637, exposé au Musée des Beaux-arts de Dôle. Photographies : l’œuvre, détails de celle-ci, cartel explicatif.

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« Richelieu concentre depuis quelque temps à Auxonne (frontière entre la Bourgogne et la Franche-Comté) une armée, composée de plus de 25 000 hommes, dont il confie le commandement au prince de Condé.

Extraits de Wikipédia. « 27 mai 1636. Avec 20 000 hommes, Condé franchit la frontière et s’empare le même jour de Pesmes. En face, les Comtois ne sont que 9 000 hommes commandés par Gérard de Watteville, assisté de Jean Girardot de Nozeroy. Des soldats impériaux et lorrains sont attendus en renforts mais dans le camp comtois personne ne sait où ils se situent ni quand ils seront sur place.

Les Comtois ne savent pas vers quel objectif, entre Dole et Gray, les Français se dirigent. De plus, en large infériorité numérique, aucune action ne peut être entreprise frontalement. Dès que Watteville est averti que la ville de Dole va être assiégée, il organise ses troupes afin que les Français ne puissent pas atteindre les autres villes comtoises et mise sur une arrivée rapide des troupes alliées.

Un trompette français se présente devant la capitale comtoise. Ce dernier est conduit devant le gouverneur de la Comté, Ferdinand de Rye et somme la ville de se rendre sur-le-champ. Les élites doloises sont partagées : certains préconisent de négocier avec les Français et les autres de résister. Mais le gouverneur tranche rapidement en faveur des partisans de la résistance.

28 mai. Le prince Henri II de Bourbon-Condé divise son armée en trois groupes : il installe son quartier général avec le premier à Saint-Ylie.

29 mai. Louis de la Verne et ses 800 hommes tentent une sortie pour s’emparer, avant l’ennemi, du pont sur le Doubs. Il y arrive en même temps que les Français et, au terme de plusieurs heures de combats, il parvient à prendre possession du pont sur le Doubs et le conservera durant toute la durée du siège.

1er juin 1636. Le régiment de Picardie ouvre la tranchée.

13 juin. Il emporte la contrescarpe après un rude combat. Mais, au moment où le régiment de Picardie était relevé de tranchée par le régiment d’Enghien, les assiégés attaquent avec furie. Picardie qui n’avait plus de poudre, vole cependant au secours du régiment d’Enghien à l’arme blanche et reprend tous les postes. Le régiment d’Enghien avait tellement souffert que Picardie dut rester dans les tranchées.

14 juin. Cinq cents hommes, appuyés par Enghien, attaquent la demi-lune de la porte d’Aran. Après une lutte acharnée qui dura quatre heures, ils parviennent à s’en emparer mais, abandonnés à eux-mêmes, ils ne peuvent s’y maintenir.

24 juin. 2 000 Français quittent Dole pour attaquer Quingey, qu’ils parviennent à prendre mais à leur retour, ils sont interceptés par l’armée comtoise qui les repousse lors d’une bataille aux environs de Ports-Lesney.

16 juillet 1636. Christophe de Raincourt tente d’introduire de nouvelles troupes et des munitions dans Dole en passant par la forêt de Chaux et le gué du Temple mais, l’alarme ayant été donnée dans le camp français, il doit rebrousser chemin.

Les travaux de sape et de mine continuent. De nouvelles batteries sont érigées et pilonnent le vieux château de Dole jugé comme le principal point faible de la défense doloise.

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Dole (Jura), musée des Beaux-arts

4ème chronique sur le patrimoine culturel de Dole (Jura) : le musée des Beaux-arts et d’Archéologie (MBAA). Chroniques précédentes.

Louis Pasteur, 30 ans en 1852

Basilique Notre-Dame (15-18ème)

La dynastie des Attiret au 18ème siècle

Diaporama de 37 photos de Pierre Dubois (fin mai 2022) : 10 œuvres de MBAA (12ème au 21ème), détails de certaines des œuvres, coup de cœur pour les cartels.

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Source principale de la chronique : le site du musée. « Fondé en 1821, celui-ci fut longtemps installé dans le Collège de l’Arc et dans l’ancienne Chapelle des Jésuites attenante, avant que la nécessité d’un lieu dédié et plus adapté à la richesse des collections, constituées tout au long du 19e siècle, ne s’impose ».

« En 1980, le musée déménage dans un bâtiment ancien, le Pavillon des officiers, édifice d’architecture comtoise du 18e siècle, rénové et réhabilité par l’architecte Louis Miquel.

Élève pendant deux ans de Le Corbusier, Louis Miquel défend une architecture d’esprit brutaliste, marquée notamment par son goût pour le béton brut. Pour l’ouverture du nouveau musée de Dole, il livre un bâtiment qui, tout en respectant le bâtiment ancien, son plan en L, sa structure et ses volumes, se veut moderne dans sa sobriété et dans l’utilisation, comme une signature forte, du béton brut pour réaliser des balcons intérieurs ».

« L’inauguration en 1980 est suivie trois ans après du développement d’une politique d’exposition et d’acquisition d’art contemporain qui ouvre ce musée des Beaux-arts sur le présent et initie un dialogue entre les époques qui n’a jamais cessé depuis ».

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Dole 18ème. La dynastie des Attiret

Dole, 4 œuvres de la seconde moitié du 18ème créées par un des membres de la dynastie des Attiret (architecte, avocat, missionnaire jésuite, peintre, sculpteur)…

Partie 1. Jean-Denis Attiret, né le 31 juillet 1702 à Dole et mort le 8 décembre 1768 à Pékin (Chine), est un jésuite français, missionnaire et peintre de renom dans la Chine impériale.

1750-1760. Portrait en buste d’une concubine, attribué à Jean-Denis Attiret, Musée des Beaux-arts de Dole.

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« Attiret reçut une première initiation artistique de son père même. Encore adolescent, il passa deux ans à Rome parrainé par le marquis de Broissia, un seigneur de la région de Dole qui, de passage dans l’atelier de son père, avait remarqué le talent du jeune Jean-Denis. Toute sa vie, il restera en contact avec lui. Sa carrière de peintre (surtout de portraits et de thèmes religieux) semblait déjà bien lancée lorsqu’il décida d’entrer dans la Compagnie de Jésus (1735) à l’âge de 33 ans.

Lorsque les missionnaires jésuites de Chine demandèrent l’envoi d’un artiste peintre (à la demande expresse de l’empereur), Attiret se porta volontaire.

Il quitta le port de Lorient le 8 janvier 1738 et arriva en Chine le 7 août. et à Pékin l’année suivante. Sous la direction d’un autre fameux peintre jésuite, l’italien Giuseppe Castiglione arrivé en Chine une vingtaine d’années plus tôt, Attiret se familiarisa avec les thèmes favoris de l’empereur, les fleurs, les animaux et surtout les scènes de guerre. Comme l’empereur insistait sur l’utilisation de méthodes et motifs chinois, Attiret s’orienta vers un art de plus en plus sinisé.

Il vécut 31 ans dans la cité interdite décorant plusieurs palais impériaux et réalisant au moins 200 portraits des membres de la cour et autres dignitaires. De cette époque, datent également quelques œuvres religieuses, des scènes de la vie du Christ et des saints, telle que l’ange qui montre le ciel à un enfant« .

Partie 2. Antoine-Louis Attiret. 1763-1768 : Pavillon des officiers dans l’ancienne caserne Bernard, actuel Musée des beaux-arts et d’archéologie de Dole.

« Antoine-Louis Attiret est un avocat au parlement de Besançon et architecte, né à Dole le 14 septembre 1713, et mort dans la même ville le 15 août 1783. Il s’est marié à Dole, le 4 novembre 1741 avec Anne Thèrèse Saillard. Il a eu de ce mariage quatorze enfants, dont Jean-Baptiste-François Attiret (1747-1794), peintre et architecte, guillotiné à Paris, Claude-François-Marie Attiret (1750-1823), architecte à Riom, Claude-André Attiret (1751-1813), architecte ».

Partie 3. 1779, la fontaine Attiret, ou fontaine d’Arans, ou fontaine de la porte d’Arans, est une fontaine publique située rue des Arènes, à Dole. Elle a été sculptée en 1779 par Claude-François Attiret dans le style de la villa Franca de Brunelleschi à Rome.

Diaporama de 10 photos.

« Claude-François Attiret, né le 14 décembre 1728 à Dole et mort le 15 juillet 1804 dans cette même ville, était un sculpteur franc-comtois ».

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Dole, Notre-Dame,15-18ème

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Diaporama de 23 photos (juin 2022).

Partie 1. Histoire de la Collégiale Notre-Dame du 15 au 17ème siècle. Source : larges citations du site Patrimoine – Histoire de la Franche-Comté.

« La lutte entre Louis XI et Charles le Téméraire s’est soldée par une invasion en règle de la Bourgogne par l’armée royale. La soldatesque met au pas toutes les villes rebelles à l’autorité du roi de France. Dole est mise à sac en 1479.

La collégiale Notre-Dame est gravement endommagée lors de cette mise à sac. Sa reconstruction durera près de deux siècles, avec bien, entendu, des évolutions de style architectural.

Avant de se lancer dans une nouvelle construction, quatre maîtres maçons sont envoyés à Dijon par la Fabrique pour y voir les églises et, en particulier, Saint-Michel, alors en travaux. Le style choisi pour la collégiale doloise sera le gothique flamboyant finissant« .

« Aux alentours de 1530, chœur et chapelles du chœur sont terminés. La nef et les bas-côtés sont à leur tour achevés vers 1572. Cependant le style architectural évolue très vite : si le portail nord est en gothique flamboyant, le portail occidental, dont le dessin est plus vieux de quatre ans, est déjà de style Renaissance.

Quant au clocher élevé au-dessus de la tour, il a connu bien des malheurs. Le premier, érigé par Hugues Sambin et Hughes Le Rupt en 1577, est détruit par l’artillerie française lors du douloureux siège de 1636. Il est reconstruit avec vingt mètres de moins en hauteur quelques années plus tard »…

« 1668. Le 3 février, un trompette de Louis XIV annonce la guerre à la porte d’Arans, à Dole. Pesmes, Rochefort, Marnay et Poligny sont prises rapidement. Dole est assiégée le 9. La résistance est symbolique et l’Espagne, qui devrait secourir la cité, a renoncé. Après avoir pris quelques assurances sur le maintien des privilèges – car Besançon veut devenir capitale de la province -, le Parlement décide d’offrir les clés de la ville aux assaillants français. Dole capitule le 14 février. Le soir même, le roi et toute sa suite font leur entrée dans la ville devant une population qui ne les acclame guère.

Stupéfaction : le 2 mai 1668, le traité d’Aix-la-Chapelle restitue la Franche-Comté à l’Espagne ! Dès le mois suivant, tous les Français sont partis. Les habitants, fort troublés, se retrouvent devant un vide administratif. Les étendards de la Bourgogne surgissent aux fenêtres et la révolte gronde. Les parlementaires qui, aux yeux du peuple, ont reculé un peu trop vite devant la France, sont agressés, leurs maisons mises à sac. Fin juin, un nouveau maire est élu et l’ordre revient peu à peu. Mais le pouvoir espagnol réagit : Dole est jugée traîtresse, indigne d’abriter le Parlement qui est suspendu par l’envoyé du roi. Une chambre de justice est créée à Besançon.

Cependant l’essentiel du problème reste financier : il faut renforcer les remparts et payer une garnison. Les Dolois, furieux d’être mis à contribution, organisent la résistance face à des représentants espagnols tantôt inflexibles, tantôt compréhensifs. La résistance n’aura guère le temps de se muscler car la guerre de Hollande éclate en 1672.

Les Hollandais, rapidement envahis par les Français, s’allient à l’Espagne et aux Impériaux. La question, chère à la France, de la frontière naturelle ressurgit. Avec la Franche-Comté en première ligne. Dès le début de 1674, l’armée royale, commandée par le duc de Navailles, s’empare de Gray, de Besançon et se rapproche de Dole par l’est. Le 27 mai, Louis XIV est devant la ville. Les remparts, restés inachevés, sont insuffisants pour repousser l’attaque. Et Vauban est de la partie…

Le siège s’installe avec ses escarmouches et sa tactique des mines et des contre-mines. Forte de trois mille hommes, la garnison doloise ne peut rien face à la puissante armée de Louis XIV. La ville capitule le 7 juin 1674. Pour calmer les Dolois, le roi rétablit le parlement le 17 juin, mais, contrairement à 1668, il n’entre pas dans la ville.

Le vitrail du Dolois Louis Rossigneux, verrier et receveur des Finances à Paris, montrant Louis XIV et sa cour adorant la sainte hostie dans la chapelle le 9 juin 1674 est un fait imaginaire.


« Privilégiant Besançon et sa situation géographique, Louis XIV va y transférer le Parlement dès 1676, ainsi que l’hôtel des Monnaies. Les Dolois recevront une compensation de cent mille écus d’or payés par les Bisontins qui voyaient leur ville devenir capitale de province à part entière. Dole, définitivement intégrée à la France, disait adieu à son époque de grandeur, mais au moins la paix était assurée ».

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