Archives de Catégorie: C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

Sarrebruck, la Sarre, l’autoroute

Sarrebruck, la Sarre, l’autoroute urbaine. Chroniques sur les Voies Navigables de France et d’Allemagne.

Diaporama de 33 photos (septembre 2022)

Le cours de la Sarre en 1703

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La Sarre et le château vers 1775

Partie 1. Le Tourisme fluvial, la rivière Sarre et sa navigabilité, le canal des Houillères.

A. Excursions au fil de l’eau. Source : site Visiter la Sarre.

« Excursion à la journée aller-retour Sarrebruck-Sarreguemines. Excursion fluviale à partir de Sarrebruck. Le bateau rejoint Sarreguemines en 2 heures 30, après 18 km et le passage de quatre écluses. À découvrir à Sarreguemines : les musées de la faïence et des techniques faïencières, le Casino des Faïenceries et le marché du mardi.

De mai à septembre, tous les samedis et mardis (jour de marché). Durée : environ 7 heures dont une escale de 2 heures.

Circuit touristique de Sarrebruck. Boucle d’une heure au départ du ponton du théâtre national de la Sarre avec passage par le port Est, le centre-ville et la Westspange ».

B. Les caractéristiques de la rivière, sa canalisation en amont de Sarrebruck, les 27 écluses. Source : article de Wikipédia

« La Sarre (Saar en allemand et en luxembourgeois) est une rivière qui coule en Lorraine, en Alsace bossue et dans les Länder allemands de la Sarre (Saarland) et de Rhénanie-Palatinat (Rheinland-Pfalz). C’est un affluent de la Moselle et donc un sous-affluent du Rhin.

La Sarre blanche prend sa source dans le massif des Vosges, au pied du Donon, sur le territoire de la commune de Grandfontaine. La source de la Sarre rouge se trouve 900 mètres plus au nord sur le territoire de la commune de Saint-Quirin. La Sarre nait de la confluence de ces deux rivières.

Elle donne son nom à de nombreuses communes qu’elle traverse dont les plus importantes en France sont Sarrebourg et Sarreguemines. Elle délimite la frontière entre l’Allemagne et la France sur une dizaine de kilomètres à partir de son confluent avec la Blies, avant de pénétrer entièrement en territoire allemand peu avant Sarrebruck, passe à Saarburg et se jette dans la Moselle, à Konz, non loin de Trèves.

Le module de la rivière à Wittring est de 17,5 m3/s. La Sarre présente d’importantes fluctuations saisonnières, avec des hautes eaux d’hiver-printemps portant le débit mensuel moyen à un niveau de 29,8 à 37,0 m3/s, de décembre à mars inclus, et des basses eaux prolongées de fin de printemps-été, de mai à septembre inclus, avec un minimum mensuel moyen de 5,44 au mois de juillet ».

C. Le Canal des Houillères. Source : article de Wikipédia sur ce canal.

« Le canal des Houillères de la Sarre a été réalisé entre 1861 et 1866, il traverse le nord-est de la Lorraine et borde l’Alsace bossue à l’ouest.

La présence du gisement houiller de Sarrebruck et de l’industrie de Mulhouse, grosse consommatrice de charbon, tous deux relativement éloignés l’un de l’autre furent à l’origine de la création de ce canal. Les aciéries de la Sarre, ainsi que les faïenceries de Sarreguemines et de Mettlach (Villeroy et Boch) utilisèrent ce canal pour leurs livraisons de masse et lointaines, telles que Paris ou le port de Marseille. La canalisation Freycinet s’arrêta à Mettlach, sans débouché aval vers la Moselle. La canalisation depuis le confluent de Trêves fut réalisée dans les années 1980, au grand gabarit rhénan, mais à partir de Sarrebruck seulement.

Le canal des Houillères de la Sarre et la Sarre canalisée forment une voie d’eau de 105 km, dont 63 km de canal artificiel comprenant 27 écluses. Il traverse aussi les étangs réservoirs lorrains de Gondrexange, de Mittersheim et du Stock.

La navigation est autorisée à des bateaux de 38 mètres de longueur, 5 mètres de largeur avec un tirant d’eau de 1,80 mètre (chargement de 250 à 280 tonnes, gabarit Freycinet).

De Sarrebruck et Sarreguemines à Gondrexange, où le canal des Houillères de la Sarre rejoint celui de la Marne au Rhin, le chemin de halage est aménagé en Véloroute« .

Partie 2. Que faire de l’autoroute urbaine, qui longe la rivière et dont la circulation peut être perturbée? Construite en 1960, objet en 2003 d’un projet d’en enfouir une partie dans un tunnel qui n’est toujours pas réalisé, près de 20 ans plus tard.

A. 2020. Fermeture de l’autoroute pour cause de crue. Source : Le Républicain Lorrain, 04 février 2020.

« Crue de la Sarre : l’autoroute fermée à Sarrebruck, la ville paralysée. La montée des eaux a contraint les autorités à fermer l’autoroute dans la traversée de Sarrebruck ce mardi matin.

La capitale était, de ce fait, paralysée en milieu de matinée. Vers 9 h, il était très difficile de circuler dans Sarrebruck. Le trafic est extrêmement ralenti dans le centre-ville. L’autoroute est sous l’eau au niveau du théâtre. Une décrue est cependant annoncée ».

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UNISTRA. Fermeture administrative

Actualisation 26 septembre 2022. « Mesdames et Messieurs les Journalistes,

La CFVU a rejeté cette après-midi (17 contre, 12 pour) la modification du calendrier universitaire proposée par le président Michel Deneken en vue de mettre en oeuvre la fermeture administrative pendant la première semaine de janvier 2023 et le télétravail en février 2023, avec fermeture de certains bâtiments pendant une seconde semaine. 

Ce vote faisait suite à la diffusion d’un communiqué à tous les personnels ce matin à 11h30, signé par 13 organisations syndicales et collectifs. Vous le trouverez en pièce attachée et ci-dessous.

La situation est la suivante : ou bien le président renonce à son projet de fermeture, ou bien il décide de suivre le processus démocratique, à savoir la consultation du CT et du CHSCT (dont les avis seront de toute évidence négatifs) et le vote du nouveau calendrier par le Conseil d’administration au mois de novembre.

Bien cordialement, Pascal Maillard ».

19 septembre 2022. Communiqué de la FSU au sujet des fermetures administratives de l’université de Strasbourg (SNESUP-FSU, SNASUB-FSU, SNCS-FSU). Le

« Par un courrier du président et de la directrice générale des services, les membres du CT et du CHSCT de l’Université de Strasbourg apprenaient ce vendredi 16 septembre que des « mesures » seraient prises visant à « réduire fortement notre consommation énergétique ». Parmi celles-ci « l’instauration de fermetures administratives exceptionnelles ». Les modalités de ces mesures devaient être « discutées » dans les instances, nous promettait-il. Dans un courrier adressé à tous les personnels ce 19 septembre, le président décrit les modalités pratiques des fermetures administratives. Une fois de plus le président Michel Deneken décide seul et ignore les instances. Or, des fermetures administratives ne sont pas des actes anodins. Ces mesures suscitent déjà les plus vives inquiétudes de toutes les catégories de personnels, y compris ceux de direction.

Les deux semaines de fermeture administrative envisagées, début janvier et pendant la seconde semaine des vacances d’hiver, pourraient avoir des conséquences dommageables pour les personnels comme pour les étudiants. Outre que les fermetures administratives constituent une entorse au principe de continuité du service public, elles risquent de se traduire par une obligation qui serait faite aux personnels Biatss et à certains personnels de la recherche de prendre des congés à l’occasion de ces fermetures, limitant ainsi leur liberté de choix, et introduisant de fait une situation d’inégalité avec les personnels enseignants. La première semaine de janvier se situant en période d’examen – et par conséquent de travail en flux tendu au sein des scolarités – générera une pression supplémentaire sur les personnels, dans un contexte où les conditions de travail ont atteint les limites du supportable. Par ailleurs, des mesures de télétravail imposé pourraient être mal vécues, en particulier après deux années de pandémie. En outre, elles reporteront sur les personnels des frais de chauffage et d’électricité qui devraient être à la charge de l’employeur. Enfin ces fermetures administratives priveront de nombreux personnels d’un accès à leur laboratoire, ce qui ne manquera pas de nuire aux activités de recherche. Les syndicats de la FSU et leurs représentant·es seront particulièrement attentifs à ce que les droits des personnels et les principes du Service public soient strictement respectés.

Il convient d’analyser cette situation comme l’une des conséquences délétères de la loi Responsabilité des universités (LRU), qui a transféré aux établissements la gestion matérielle et financière de leurs bâtiments et celle de la masse salariale de agents, sans leur garantir la sécurité de leurs ressources financières. L’université de Strasbourg n’a pas à se substituer à l’État dans sa responsabilité d’organiser et de veiller au bon fonctionnement de l’enseignement et de la recherche publics. S’il revient à l’université de Strasbourg de délivrer les enseignements initialement prévus, à tous les niveaux et sur l’ensemble des formations qu’elle assure, et d’assumer ainsi ses missions de création et de transmission des connaissances, si elle constate qu’elle n’est pas en mesure de le faire par manque de moyens, il revient alors au président de renvoyer le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche ainsi que le Gouvernement à leur obligation de doter notre établissement des moyens matériels nécessaires à son bon fonctionnement, en particulier les charges de chauffage des bâtiments.

        L’écoresponsabilité et les vertus de la sobriété – que les syndicats de la FSU soutiennent – ne sauraient devenir des alibis pour valider des politiques de restrictions budgétaires que l’Université de Strasbourg est toujours plus prompte à anticiper qu’elle n’est disposée à contester.

Dans tous les cas, nos organisations syndicales exigent de pouvoir disposer d’un chiffrage précis des économies réalisées par ces fermetures administratives, économies très hypothétiques qui doivent être mises en regard des conséquences humaines, sociales et psychologiques de ces mesures, aussi bien pour les personnels que pour les étudiants.

De telles décisions ne se prennent pas dans une réunion de bureau. Elles doivent être évaluées, débattues et adoptées démocratiquement« .

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La Belle Strasbourgeoise pleure

Strasbourg, samedi 17 septembre 2022, place du château devant l’entrée du Palais Rohan, la belle Strasbourgeoise pleure.

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Toile de Nicolas de Largillierre (1656-1746), peintre français, l’un des portraitistes les plus réputés des 17ème et 18ème siècles. A sa mort, il aurait laissé plus de 4 500 portraits. Ma chronique du 9 septembre 2021 n’en présente que cinq !

Diaporama de 15 photos.

La centaine de manifestants semble chanter Brel : Ne nous quitte pas, Belle Strasbourgeoise !

Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
À savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
À coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Il faut oublier la déraisonnable et assassine réforme des jours et des heures d’ouverture de 8 musées strasbourgeois, imposée par la mairie de Strasbourg. La rejeter en bloc et totalement. Maintenir le statu quo au-delà du 1er octobre 2022.  Ne commencer la négociation que lorsque sera sur la table un dossier-bilan écrit, reprenant chaque point de l’argumentaire de la mairie, et le publier sur le site de l’euro métropole.

J’ai publié ma contribution au débat dans la chronique Strasbourg. Braderie des musées : 1 proposition générale et 7 propositions particulières.

Partie 2. Comment et quand m’est venu l’Amour de l’Art ? C’était en 1965 grâce à Pierre Bourdieu.

In Memoriam, Pierre Bourdieu, Chronique d’Histoires d’universités, 7 février 2022.

« Pierre Bourdieus associait des étudiants aux recherches qu’il menait. Celle sur la fréquentation des musées, en 1965.

L‘enquête. Nous sommes trois étudiants, positionnés dans le hall d’entrée du musée des Beaux-arts de Lille. Pour chaque visiteur ou groupe, nous notons l’heure d’arrivée et les moyens de reconnaître chacun/e, une fois la visite terminée. Nous posons alors et rapidement quelques questions : fréquence de visite de musées, catégorie sociale d’appartenance, heure d’arrivée et de sortie. L’hypothèse générale de la recherche : les classes supérieures fréquentent davantage les musées que les classes populaires, ces dernières s’y ennuyant quelque peu (visite de durée plus longue que celle notée par nous). La problématique n’est pas originale mais les résultats en sont prouvés par des enquêtes. Ils ne procèdent pas d’opinions ».

Partie 3. Les résultats sont publiés dans Pierre Bourdieu et Alain Darbel, L’Amour de l’Art : les musées et leur public, Paris, Éditions de Minuit, 1966.

« L’accès aux trésors artistiques est à la fois ouvert à tous et interdit en fait au plus grand nombre. Qu’est-ce qui sépare des autres ceux qui fréquentent les musées ? Les amoureux de l’art vivent leur amour comme affranchi des conditions et des conditionnements. Ne fallait-il pas qu’ils fussent prédisposés à recevoir la grâce pour aller à sa rencontre et pour l’accueillir ? Pourtant, le musée est un des lieux où l’on ressent le plus vivement le poids des obligations mondaines : la pratique obligée peut-elle conduire à la vraie délectation ou bien le plaisir cultivé est-il irrémédiablement marqué par l’impureté de ses origines ? Chaque visiteur des musées est enclin à suspecter la sincérité des autres : mais ne trahit-il pas par là qu’il sait que son amour doit aux arguments de la raison et à la force de la coutume autant qu’à l’inspiration du cœur ?

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Faire-part de décès des 18 et 19ème

Partie 1. Exposition d’Hervé Bohnert & Collections Privées. Immortels. Collectionner la mort. 1850-1950. Source : La Trézorerie, 35 rue du Fossé des Treize, Strasbourg.

Les faire-part de décès. Diaporama de 22 photos.

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Texte en latin ou en français. Professions : un clerc, une femme d’avocat, un professeur de philosophie émérite, un médecin du Corps de S.A.C. de la Souveraine Justice de Liège, une femme sans profession, épouse de…

Christ en croix. Dessin plume milieu XIX sur papier froissé. Écriture en bas de dessin : Pour Mesdemoiselles A et L de W. Vendu Hors cadre. Prix 320 euros.

Marie. Imagerie Religieuse. Wissembourg – Imprimerie Wentzel (Frédéric-Charles, 1839-1877), lithographie rehaussée. Dans un cadre Louis Philippe. Format : 41 x 50 com. Prix 120 euros.

Partie 2. Des faire-part pas comme les autres : l’exemple des billets de décès. Source : Anne-Charlotte Pivot, Patrimoine du Grand Troyes, 29 octobre 2021.

« Si le faire-part de naissance ou le faire-part de mariage est une tradition connue de tous, la coutume du faire-part de décès s’est peu à peu effacée dans nos sociétés modernes au profit des rubriques nécrologiques par voie de presse, avant de prendre une forme dématérialisée sur les sites internet consacrés aux avis de décès, oscillant ainsi entre sphère privée et sphère publique ».

« Mais qu’est-ce qu’un faire-part de décès ? Plus communément appelés billet  ou placard de décès sous l’Ancien régime, ces feuillets de papier avaient pour fonction première d’annoncer la mort d’une personne en indiquant le nom de défunt, ses proches parents, son adresse, son lieu et sa date de naissance et de mort, ainsi que le jour, l’heure et l’église où avait lieu l’office pour l’enterrement.

Traditionnellement, aux 17e et 18e siècles, des crieurs publics arpentaient les rues des villes pour annoncer le décès et préparer la pompe funèbre, pendant que des sermonneurs distribuaient des billets de morts aux habitants afin de les convier à l’enterrement du trépassé.

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L’Aisne, le canal des Ardennes

Asfeld : l’Aisne et le canal des Ardennes, l’église baroque Saint-Didier, le cimetière militaire allemand.

Diaporama de 23 photos (novembre 2007).

Partie 1. Le canal des Ardennes est un canal à bief de partage au gabarit Freycinet reliant les vallées de l’Aisne et de la Meuse. Source : article de Wikipédia. Autres chroniques et photos du blog portant sur les canaux construits au 18ème et 19ème siècles.

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« Long de 87,779 kilomètres, il comporte 44 écluses (37 sur le versant Aisne et 7 sur le versant Meuse), et un tunnel à Saint-Aignan.

Les premiers projets de canal datent de 1684, sous le ministère de Louvois et consistaient à utiliser et prolonger le cours de la Bar, alors navigable. Différentes propositions sont faites au cours des décennies, et des lettres patentes de juin 1776, presque un siècle plus tard, accordent au prince de Conti le privilège de sa construction et de son exploitation. Le prince décède peu de temps après et rien ne se fait.

Survient la Révolution de 1789. L’assemblée constituante, relance le projet, mais faute de retrouver les études précédentes et compte tenu des événements, le sujet n’avance pas. En l’an VIII (1800), les conseillers généraux rappellent le projet au gouvernement. Le préfet Joseph Frain les appuie et argumente sur l’intérêt du canal, sur la base d’un nouveau tracé, dans un rapport du 4 octobre au ministre de l’intérieur, Lucien Bonaparte. Le successeur de celui-ci, le scientifique Jean-Antoine Chaptal, accepte d’entreprendre la construction, mais n’accorde que des fonds très réduits. Les travaux commencent lentement.

Ils ne prennent vraiment d’importance que sous la seconde Restauration, avec le lancement en 1820 d’un emprunt pour financer ce projet.

L’ouverture du canal se fait entre 1827 et 1835, modernisation entre 1842 et 1846″.

Partie 2. L’église baroque Saint-Didier d’Asfeld. Source : article de Wikipédia.

« Vers les années 1680, Jean-Jacques de Mesmes, comte d’Avaux, nouveau maître des lieux, célèbre pour avoir participé à la signature du traité de Nimègue, décide de reconstruire l’église d’Asfeld.

L’érudit, aimant les voyages, particulièrement en Italie, est tombé amoureux de l’art baroque, ce qui le poussera à souhaiter l’édification d’un monument de ce style et à en confier la réalisation à un architecte connu à l’époque pour avoir résolu des problèmes techniques liés à la reconstruction du Pont Royal à Paris : le frère dominicain François Romain.

Ainsi, le comte d’Avaux lui demande-t-il de s’inspirer de ce nouvel art au XVIIe siècle et de créer un édifice ayant la forme d’un instrument de musique afin que les chants et les prières soient mieux portés encore vers le ciel.

C’est ce concept qui conduit le frère François Romain à établir ses plans en s’inspirant de la viole de gambe« .

Partie 3. Le Cimetière militaire allemand d’Asfeld. Source : Ardennes Patrimoine culturel.

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Strasbourg. H. Bohnert, Immortels

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Strasbourg. Expo Hervé Bohnert, Immortels. La mort, avenir du genre humain ?

Diaporama de 26 photos.

Partie 1. La Trézorerie. Espace collaboratif à Strasbourg dédié à la valorisation des collections privées et des fonds du patrimoine collectif. Source : site de la Trézorerie.

Collection • Collectionneur • Collectionnisme

« Le collectionnisme consiste en une série d’actes automatiques ou semi-automatiques concourant à rechercher et à réunir en un lieu donné des objets d’une ou plusieurs espèces sans qu’il y ait à cette recherche et à cette réunion un but utile, logique et pratique pour la collectivité ou pour l’espèce, avec ce caractère essentiel que le sujet éprouve une joie ou un sentiment de satisfaction en faisant sa récolte, tend à la conserver jalousement et ressent pour elle un attachement plus ou moins vif ».

Partie 2. Hervé Bohnert expose à la Trézorerie : Immortels. Collectionner la mort (1850-1950). Présentation de l’artiste sur le site FondationFrances.

« Né à Strasbourg en 1967, Hervé Bohnert s’inscrit dans l’art brut, boulanger au petit matin, l’après-midi il quitte les fourneaux pour son atelier strasbourgeois. Son indépendance et son apprentissage autodidacte le projettent dans une liberté totale. Pluridisciplinaire son œuvre gravite autour de thématiques évoquant la mort, un univers sombre et hors normes qui laisse place à une créativité inépuisable.

Il retravaille des sculptures les dotant d’une tête squelettique reprenant des iconographies religieuses, il dessine et peint des formes cadavériques et crée des installations nous ramenant dans des cimetières ornés de croix funéraires. La vanité et le spectre des défunts rodent dans son travail, l’artiste arpente les vides greniers à la recherche  d’objets anciens à exploiter. De manière paradoxale, il redonne vie à une matière, la confrontant à celle qui l’enlève ».

Partie 3. Présentation d’Hervé Bohnert par Patrick Bailly-Maître-Grand. Source : site de l’artiste.

« Pas vraiment photographe ni sculpteur, pas vraiment plasticien, pas du tout dans le système et donc totalement libre, Hervé Bohnert est un de ces artistes intuitifs et spontanés qui œuvrent comme d’autres respirent. Une seconde vie accordée par la grande faucheuse qui semble s’amuser à tendre ses deux doigts en V au-dessus des têtes, pour un gag triomphant.

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Ultime Km du Canal Marne au Rhin

L’ultime Kilomètre du Canal de la Marne au Rhin

Suite des chroniques sur le Canal de la Marne au Rhin. Les 5 précédentes :

Quiz. Saverne, le château et le canal. Schiltigheim (67), l’écluse n°51. L’Abbaye, le Canal, le Champagne. Tourisme fluvial de la Marne au Rhin. Le plan incliné de Saint-Louis Arzviller (Vidéo impressionnante de 6 minutes).

Diaporama de 30 photos.

La chronique d’aujourd’hui est dédiée au dernier kilomètre du Canal, du Parlement européen à l’écluse qui donne accès au Rhin. Trois parties. Les vedettes de Batorama l’empruntent chaque jour pour rejoindre l’Ill et pour rentrer à leur embarcadère. Depuis 2018, l’Église orthodoxe Russe a trouvé sa place dans le paysage. La dernière écluse avant le Rhin rappelle la nécessité pour naviguer de posséder un certificat restreint de radiotéléphoniste du service mobile fluvial.

Partie 1. Histoire de Batorama. « Naviguer au fil de l’eau pour découvrir l’histoire de Batorama depuis sa naissance au sein du Port Autonome de Strasbourg en 1937 !

1947. Démarrage de l’aventure avec 10 000 personnes qui firent usage de l’unique vedette d’alors, le Paris.

La navigation était alors cantonnée aux bassins du Port du Rhin et visait à faire découvrir les infrastructures et industries portuaires ».

Partie 2. Église Orthodoxe Russe (2014-2018). Source : Extraits d’Archi-Wiki.

« Architectes : Dmitriy Pschenichnikov, Yuri Kirs, Nicolas Berst.

Le terrain de l’église est situé à l’angle de deux bras d’eau : le bassin des Remparts et le canal de la Marne au Rhin.. L’ensemble comprend deux bâtiments : l’église et la paroisse-résidence du Patriarcat. La conception architecturale de l’église a été inspirée par l’église Saint-Nicolas des îles Valaam, en Russie..

L’architecte strasbourgeois Nicolas Berst a été chargé de la réalisation, en collaboration pour la partie liturgique avec l’atelier d’architecture Eidos à Saint-Pétersbourg, avec Yuri Kirs.

L’église mesure 41 mètres de haut, fait 30 mètres de long et possède un dôme de 10 mètres couronné d’une coupole dorée. L’église peut recevoir 300 fidèles.

Au sous-sol se trouve un bain rituel pour les baptêmes, décoré de mosaïques.

Les toitures ont une forme de kokochnik, sorte de pétales typiques de l’architecture des églises orthodoxes russes.

L’église est surmontée de trois bulbes dorés dont l’un au sommet de la flèche principale. Les bulbes sont surmontés de croix.

Le portail ainsi que l’entrée principale ont fait l’objet d’un traitement soigné avec ferronnerie et croix orthodoxe à intervalle régulier ».

Partie 3. Naviguer sur le canal de la Marne au Rhin. « Programme du certificat restreint de radiotéléphoniste du service mobile fluvial.

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1717-1756. François-A. de Rohan

François-Armand-Auguste de Rohan (1717-1756) : une carrière ecclésiastique hors-pair. En partie 2 de la chronique : son discours de réception à l’Académie française en 1741.

Estampe allégorique de congratulation au Cardinal de Rohan Ventadour (François-Armand-Auguste de Rohan). Estampe photographiée en novembre 2021 au Cabinet des Estampes et des Dessins de Strasbourg

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Partie 1. Brève biographie de François-Armand de Rohan, dit cardinal de Soubise. Source : article de Wikipédia.

« Homme d’Église français, né à Paris le 1er décembre 1717 et mort le 28 juin 1756 à Saverne, prince de Rohan. Jeune, on l’appelle prince de Tournon, puis abbé de Ventadour.

Il est le petit-neveu de son prédécesseur à Strasbourg, Armand Gaston Maximilien de Rohan dont il fut le coadjuteur et le frère de Charles de Rohan, prince de Soubise.

1730 (13 ans). Chanoine de l’église cathédrale de Strasbourg.

1736 (19 ans). Abbé de Saint-Epvre au diocèse de Toul.

1737 (20 ans). Abbé-prince de Murbach et de Lure.

1738 (21 ans). Louis XV offrant la Paix à l’Europe, esquisse du frontispice de la thèse soutenue en Sorbonne le 7 mars 1738 par François Armand de Rohan-Soubise. Musée des Arts Décoratifs (Palais Rohan, Strasbourg). Œuvre de François Lemoyne. Lire la chronique du blog.

1739 (22 ans). Recteur de l’université de Paris.

1741 (24 ans). Membre de l’Académie française le 15 juillet.

1742 (25 ans)Coadjuteur de Strasbourg puis quatre mois après, évêque in partibus de Ptolémaïde en Palestine.

1745 (28 ans). Louis XV le choisit comme grand aumônier de France.

1747 (30 ans). Cardinal.

1749 (32 ans). Prince-évêque de Strasbourg et abbé commendataire de La Chaise-Dieu. Il se défait de l’abbaye de Saint-Epvre. Chronique du blog : De Rohan, abbés commendataires.

1756 (39 ans). Meurt à Saverne d’une phtisie » ».

Partie 2. Discours de réception à l’Académie française par M. L’Abbé de ROHAN-VENTATOUR, lorsqu’il fut reçu à la place de M. le Duc Charles-Armand-René de la Trémoille. Discours prononcé le 30 Décembre 1741. Source : Académie française.

« Messieurs, 

JE me préfente à vous plein de vénération, de refpect & de reconnoiffance. Je fais tout ce qui eft dû à vos talens & à l’utilité dont ils font pour les Lettres & pour la gloire de la Nation Françoife. Je fais auffi tout ce que je vous dois perfonnellement ; & mon cœur eft pénétré de ces deux objets, qu’il m’eft impoffible de développer ici ce qui fe paffe en moi. Pourrois-je y parvenir, quand même pendant une longue fuite d’années j’aurois eu l’avantage de profiter des inftructions qu’on puife dans cette illuftre Compagnie, pour exprimer dignement ce que l’on fent & ce que l’on doit fentir ?

 Je n’entreprendrai donc point de porter aujourd’hui à l’Académie le jufte tribut des éloges qu’elle s’affure chaque jour de plus en plus par fes glorieux travaux, encore moins de lui expliquer toute l’étendue de mes fentimens pour elle. Si je ne fuis pas affez heureux pour les rendre tels qu’ils font, j’ai la consolation de pouvoir dire avec confiance qu’ils font tels qu’ils doivent être, & qu’ils ne s’effaceront jamais.

Au refte, lorfque le concours de vos fuffrages a déterminé votre choix en ma faveur, lorfqu’ajoutant un fecond bienfait au premier, vous m’avez autorifé à m’écarter de vos ufages, & à différer ma réception pour ne point interrompre le cours des études auxquelles j’étois livré, je crois avoir démêlé le motif de vos bontés, & la fageffe de vos vues.

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Tourisme fluvial. Marne au Rhin

Tourisme fluvial de la Marne au Rhin. 3 parties et 68 photos dans cette chronique. Promenade touristique sur la Marne canalisée. Brève histoire du canal de la Marne au Rhin. Le plan incliné de Saint-Louis Arzviller.

Partie 1. Mai 2008. Promenade touristique sur la Marne canalisée, à proximité de l’écluse n°1 (Cumières).

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Partie 2. Brève histoire du canal de la Marne au Rhin. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Les premiers projets de construction Du canal de la Marne au Rhin remontent aux années 1780, mais la mise à l’étude du canal fut réalisée par l’ingénieur des ponts et chaussées Barnabé Brisson à partir de 1826. Les travaux furent menés par l’ingénieur polytechnicien Charles-Étienne Collignon (1802-1885). Commencé en 1838, le canal fut mis en service en 1853.

La traction humaine et animale a fait place à la traction électrique à partir de 1895, sur rails ou sur route, et sur pneumatiques à partir de 1933, avant la généralisation des chalands automoteurs.

En plus de 150 ans, le canal de la Marne au Rhin a été transformé, amélioré et modernisé. Après la guerre de 1870 et la perte de l’Alsace et de la Moselle, il a fallu assurer les ressources en eau, en diminution avec la perte des étangs de Gondrexange, du Stock, de Réchicourt, et de la prise d’eau dans la Sarre. L’étang de Parroy fut ainsi construit (photo) ».

« Le canal franchit la ligne des Vosges par la trouée du col de Saverne. À l’origine, le mouillage était de 1,60 m et la longueur des écluses de 34,50 m. Le programme Freycinet (loi du 5 août 1879) le classe en voie de 1re catégorie, son mouillage est alors porté à 2,00 m et les écluses à 38,50 m.

En 1895, le mouillage fut porté à 2,20 m (essentiellement par élévation du plan d’eau). Ces dimensions permettent aux bateaux de 1,80 m d’enfoncement de porter 250 à 280 tonnes de marchandises ».

Statistiques de trafic. Source : Wikipédia.

Partie 3. Le plan incliné de Saint-Louis Arzviller (Moselle). Source : le Palais du Rhin à Strasbourg a accueilli du 7 au 28 juin 2019 l’exposition : 44.5 mètres de dénivelé, 41% de pente, 50ème anniversaire

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Bouilleurs de cru au 18ème

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Suite de la chronique d’hier : Fromages du 18ème et d’aujourd’hui. Quatre parties dans cette nouvelle chronique.

Partie 1. Eaux-de vie de cerises. Source : deux photos prises en randonnée (septembre 2022).

« La fabrication d’eaux de vie de cerises a été octroyée, en 1726, à tous les citoyens par le cardinal Armand-Gaston de Rohan dans la partie de son évêché située sur la rive droite du Rhin, en particulier à Oberkirch (Bade-Wurtemberg) ».

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Partie 2. Distiller les cerises à Fougerolles aux XVIIIe et XIXe siècle.  Source : extraits de l’article d’Abdelhak El Mostain dans la Revue d’histoire des techniques, e-Phaïtos, VI-1, 2017-1018.

« Fougerolles est la capitale française du kirsch, une des plus anciennes eaux-de-vie de fruits en France, issue d’un savoir-faire ancestral en matière de distillation et de culture du cerisier et qui bénéficie depuis 2010 de l’Appellation d’Origine Contrôlée. D’abord activité complémentaire de l’agriculture fougerollaise, la production du kirsch s’est semi-industrialisée dès le début du XIXe siècle en faisant émerger de véritables entrepreneurs qui vont marquer le marché des alcools de bouche en France jusqu’au milieu du XXe siècle.

Le développement de la distillation alcoolique à travers le produit phare, le kirsch, est d’abord le résultat du savoir-faire et de la volonté tenace des paysans de ce pays particulier qui, malgré les obstacles, ont apprivoisé le cerisier et se sont lancés dans la production et la commercialisation de l’eau-de-cerise et dont quelques-uns ont joué historiquement, dès la fin du XVIIIe siècle, un rôle de charnière entre le bouilleur de cru traditionnel et le nouvel industriel dont la pratique sera plus lucrative. Enfin, la réussite de l’activité de distillation est la conséquence de l’évolution des techniques de production utilisées allant de la distillation à feu nu jusqu’à la distillation à la vapeur en passant par le procédé de distillation au bain-marie »…

Fougerolles, le pays de la cerise et la capitale du kirsch

Le cerisier, l’eau-de-cerise… et le kirsch

Du paysan-distillateur au distillateur de profession

De la cerise au kirsch : un savoir-faire et des techniques de distillation

De la cueillette des cerises au kirsch

De l’alambic à feu nu à la distillation à la vapeur

L’avènement de la distillation à la vapeur

« Issu de la distillation de deux variétés principales au sein de l’espèce Prunus avium, les merises et les guignes, le kirsch est l’une des plus anciennes eaux-de-vie en France. Reconnu en 2010 appellation d’origine contrôlée, le kirsch de Fougerolles est le premier alcool de fruit à obtenir une AOC en France. Actuellement, l’aire géographique de l’AOC Kirsch de Fougerolles compte plus de 10.000 cerisiers produisant annuellement 500 tonnes de cerises et 35.000 litres d’eau-de-vie. C’est la plus petite zone AOC en France ».

Partie 3. Du schnaps et des bouilleurs de cru et de ce qu’il en reste dans la mémoire alsacienne. Source : extraits de l’article de Paul Eschbach, Revue d’Alsace, 137, 2011, pp. 185-197.

« Inventé en Egypte, il y a plus de deux mille ans, introduit en Europe par les Arabes, l’art de la distillation a été porté en Alsace à un haut degré de raffinement. Il est à l’origine d’une vaste gamme d’eaux-de-vie de fruits dont la fabrication et la consommation ont engendré les rites et les traditions d’un riche folklore. Des abus aussi, que les ligues antialcooliques ont combattus en exigeant la suppression du privilège des bouilleurs de cru. À présent, une vaine campagne ! D’origine fermière ou professionnelle, les eaux-de-vie blanches n’ont plus la cote et les distillateurs alsaciens se mettent eux-mêmes à produire whiskys et vodkas. Au village cependant quelques nostalgiques s’obstinent à maintenir la tradition ».

Un facteur de prospérité : le Brandwinn des Brennherren de Colmar

Les bouilleurs de cru prennent la relève

Passe et repasse

De la rincette matinale au Bethipserle

Boire n’est pas déguster

Ne pas confondre privilège et droit de distiller

Chez nous, écrivait Jean Egen, tous les fruits sont appelés aux béatitudes de l’alambic, et de la quetsche au gratte-cul, ils sont tous élus. Pour nous exprimer plus prosaïquement que l’auteur des Tilleuls de Lautenbach, disons que l’Alsace – et sa sœur la Lorraine – forment la région en Europe où l’on produit la plus grande variété d’eaux‑de‑vie de fruits. Et les meilleures, de surcroît.

Cette particularité a une histoire : elle est née des faveurs d’un terroir, elle a généré des traditions, un folklore, des rites, mais aussi des abus. On serait enclin à dire qu’il y avait une culture de la goutte, ou du schnaps, comme il y a une culture du vin. Au reste, dans un passé plus lointain, et s’agissant plus spécialement de l’Alsace, le vin et l’eau‑de‑vie avaient déjà fait cause commune. Avant de distiller les fruits, c’est du vin – et du vin exclusivement – que l’on tirait en quantités significatives les premières eaux‑de‑vie à vocation alimentaire »…

« Les bouilleurs de cru prennent la relève. 5 500 hectolitres en 1672 et… plus rien un siècle plus tard, à en croire Schoepflin, qui note en 1761 qu’à Colmar, le commerce jadis si florissant des eaux‑de‑vie a complètement cessé. L’Alsace ayant été rattachée à la couronne de France, la perte des débouchés en pays germaniques n’était pas étrangère à ce déclin, mais elle ne l’expliquait pas totalement. Les Brennherren de Colmar avaient certes déserté le Brennbaechlein, mais en d’autres lieux, et plus particulièrement à la campagne, d’autres distillateurs avaient pris le relais. Au fil des temps, l’alambic s’étant banalisé, la distillation avait intégré l’activité propre aux gens de la terre producteurs de la matière première. Une matière première qui ne se limitait dès lors plus au vin, mais qui comprenait aussi les marcs des viticulteurs, puis progressivement les fruits, et pour commencer la cerise ».

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