Archives de Catégorie: C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

Belle-Isle : « Metz, ma maîtresse »

Dans la première partie de sa vie, Belle-Isle a construit sa carrière militaire, en commençant par le bas. Dans la guerre de succession de Pologne (1733-1738), il a de plus été un diplomate avisé.

Dès 1733, ses succès militaires ont contribué à le faire nommer Gouverneur de Metz, ville dans laquelle il résidait depuis 1727. En 1740, il reçoit la récompense militaire suprême : il est nommé Maréchal de France. Chronique du blog : Belle-Isle, le vieux maréchal

Gouverneur militaire, il empiète progressivement sur les fonctions de l’Intendant qui, durant la période, est Jean-François de Creil de Bournezeau (1684-1762). Chronique du blog : Intendants de Metz au 18ème siècle

Le nom de Belle-Isle reste comme celui qui a pensé la politique urbaine, a conduit l’extension et l’embellissement de Metz, la consolidation de ses fortifications, l’amélioration des conditions de vie de ses habitants.  On lui attribue cette déclaration : la ville de Metz est ma maîtresse.

Le 18ème siècle messin, tout au moins jusqu’à la Révolution, c’est le développement d’un patrimoine urbain d’exception, accompagnant et permettant l’expansion démographique (liée partiellement à la présence des garnisons militaires) et économique.

Il fut un temps La Lorraine : Metz au 18ème siècle (vidéo de 26 minutes)

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Le Plan Belle-Isle (1738). Source. Extraits de Jacques-François Blondel, Architecte des Lumières à Metz, Connaissance des Arts, hors série, Galerie d’exposition de l’Arsenal de Metz, 2018.

Le plan général des rues de la ville de Metz, dit Plan Belle-Isle, commencé en 1735 et terminé en 1738, est un document presque unique. Par sa taille d’abord – 3,65 mètres par 4,24 mètres, soit près de 16 mètres² -, mais aussi par la nature des renseignements qu’il fournit à propos de la voirie de la cité : nom des propriétaires riverains, largeur des voies, irrégularité des rives, empiètement et obstacles (marches, entrées de caves, bornes, piliers…).

Contrairement à un cadastre, dressé pour des raisons fiscales, le plan Belle-Isle s’apparente plus à un Plan Local d’Urbanisme, outil chargé d’aider les décideurs politiques dans leurs arbitrages quant à l’aménagement de la ville ou du territoire ; c’est sur ce document que Belle-Isle s’appuie pour concevoir et ordonner les embellissements de Metz dans la première moitié du 18ème siècle ».

Belle-Isle pense la conception de l’ensemble urbain et suit la construction d’édifices-clés dans la ville.

A. Église Saint-Simon-Saint-Jude de style néo-classique (1735-1740). « Dès 1735, Belle-Isle envisage d’édifier une église dans la Ville-Neuve, sur la double couronne du Fort Moselle construite par Cormontaigne.

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Quatre portraits de Belle-Isle

1713, 1743, 1748, 1758. Belle Isle, quatre portraits.

Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Source : texte de la 4ème de couverture de Portrait dit du comte de Gacé, Catalogue d’exposition, Musée des Beaux-arts de Caen, L’œuvre en question n° 3, 2006, 32 pages.

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« Né à Perpignan, quelques mois avant le rattachement de la Roussillon à la France, le peintre arrive à Paris en 1681. Alliant avec talent le souci de la ressemblance, l’imitation de la nature, la richesse des couleurs à l’ordonnance et la magnificence classique, il devient, en une décennie, le portraitiste le plus fameux du règne de Louis XIV.

Sa renommée le porte jusqu’à la fonction éminente de directeur de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Dans son atelier, se pressent rois, princes de l’église, aristocrates et bourgeois fortunés, tous désireux de voir leurs traits immortalisés par le pinceau du Van Dyck français.

Pour satisfaire ses multiples commandes, l’artiste se fait aussi chef d’entreprise, s’entourant de nombreux collaborateurs spécialisés et de copistes. Reprenant une composition à succès employée par Rigaud pendant près de deux décennies, le Portrait du Comte de Gacé permet d’évoquer l’évolution du portrait militaire d’apparat et la place de la gravure dans la diffusion de son œuvre ».

1713. Belle-Isle a 29 ans. Il est peint par Hyacinthe Rigaud. Source : extrait du Catalogue d’exposition.

« Charles-Louis-Auguste Fouquet (1684-1761) expose son visage au pinceau de Rigaud en 1713. Plutôt qu’une nouvelle attitude, il s’agit de la fusion de deux compositions, celle du Grand Dauphin et de la série Vauban. L’ample ceinture disparaît pour laisser place à un manteau doublé de fourrure. Ainsi se trouve justifiée la présence de la mention [Habillement répété] au Livre de raison.

En 1714, Charles Sevin de la Penaye est chargé, pour 52 livres, d’habiller le portrait en grand de Monsieur le comte de Belle-Isle, sûrement l’original puisque la même année cet aide est payé 50 livres pour avoir habillé l’original du maréchal de Montrevel .

La bataille de cavalerie et le paysage en arrière-plan sont une nouvelle fois repris du portrait du maréchal de Luxembourg de 1693″.

1743. Jean-Georges Wille, d’après Hyacinthe Rigaud, Portrait du duc de Belle-Isle, Caen, musée des Beaux-arts. Source : extrait du catalogue raisonné.

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1748. Portrait de Belle-Isle par Quentin de La Tour (1704-1788), 5 chroniques du blog Histoires d’universités. Source de la reproduction : images Google.

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1749, 1759. Belle-Isle, les Académies

Deux académies dans la vie du Maréchal de Belle-Isle. En 1749, il est reçu à l’Académie française. En 1759, l’académie royale de Metz des sciences et des arts se donne Belle-Isle pour fondateur et protecteur.

A. 1749. Belle-Isle entre à l’Académie française. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Candidat du maréchal Richelieu à l’Académie, Belle-Isle voulut s’abstenir de faire les visites d’usage, mais il dut céder devant la ferme opposition de Duclos.

Il remplaça, le 7 juin 1749, Amelot de Chaillou et fut reçu par l’abbé du Resnel le 30 juin 1749 ; il répondit au discours de réception du comte de Bissy.

Voltaire a dit de lui : Il écrivait d’une manière simple et commune, et on ne se serait jamais aperçu, par le style de ses dépêches, de la force et de l’activité de ses idées« .

Le Maréchal Duc de Belle-Isle a prononcé le discours qui suit :  

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B. 1757. L’académie royale de Metz des sciences et des arts est créée en avril. Source : extraits de Wikipédia.

« La Société est accueillie au Collège Saint-Louis du Fort par son prieur, Joseph de Saintignon.

En 1759, elle se donne le maréchal-duc de Belle-Isle pour fondateur et protecteur.

Officialisée par lettres patentes de Louis XV en juillet 1760, elle existe sous le nom Société royale des sciences et des arts jusqu’en août 1793, date à laquelle elle est supprimée par la Convention, comme toutes ses semblables.

Sceau de l’Académie

Elle compta parmi ses membres Pierre Louis,  Charles de Lacretelle, Pierre-Louis Roederer, Antoine Parmentier, Maximilien de Robespierre.

Les concours de Metz ont été lancés en 1761 par la Société royale des sciences et des arts. Annuels, ils portaient sur des sujets de toutes sortes. En seront lauréats Robespierre en 1784, l’abbé Grégoire en 1787.

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1733. Belle-Isle, Gouverneur de Metz

Biographie de Belle-Isle (1684-1761), de sa naissance à sa nomination comme gouverneur militaire de Metz-Trois-évêchés en 1733 (il le sera jusqu’en 1756 – chronique à venir), puis comme Maréchal de France en 1740. Il commence tôt la carrière militaire et en a franchi avec succès toutes les étapes.

Source 1. Extrait de la notice d’Encyclopédie Universalis

« Petit-fils du surintendant Fouquet, Belle-Isle est le fils de Louis Fouquet, marquis de Belle-Isle (1661-1738) et de Catherine Agnès de Lévis (1660-1728). Il est apparenté à la plus haute aristocratie française. Par sa seconde femme, une Béthune, il devient cousin issu de germains de l’électeur de Bavière et proche parent d’une multitude de princes allemands.

Un véritable métis social donc, ce qui explique sans doute une formidable ambition et la variété des moyens employés pour la satisfaire. Avec son frère, le chevalier de Belle-Isle, tout dévoué à l’aîné de la maison, il entreprend une longue ascension ».

Source 2. Extraits de Pierre d’Echérac. La jeunesse du maréchal de Belle-Isle (1684-1726), compte rendu par Cordey  Jean, Bibliothèque de l’École des chartes, Année 1909, 70, pp. 127-128.

« Belle-Isle étudie au collège de Sorèze en même temps que son frère, Louis Charles Armand Fouquet de Belle-Isle, qui sera par la suite son conseiller.

1701 (17 ans). Il entre aux Mousquetaires du Roi. Il se distingue sous Louis XIV dès le début de la guerre de Succession d’Espagne.

1702 (18 ans). Il obtient une commission de capitaine au Royal-cavalerie, dont sa grand-mère, la surintendante, acquitte le prix.

1705 (21 ans). Grâce à sa bonne conduite et à la générosité de Mme Fouquet, il obtient d’être mestre de camp d’un régiment de cavalerie. Il part aussitôt pour l’Italie. Il combat sous les ordres du duc de Vendôme, puis du duc d’Orléans, jusqu’à l’échec de Turin.

1708 (24 ans). Au siège de Lille, il donne la mesure de son courage. Il est blessé d’un éclat de grenade et gagne le grade de brigadier.

1709 (25 ans). Sa valeur réelle l’ayant fait connaître à la Cour, la rancune du roi contre Fouquet le grand père diminue. Mme de Maintenon s’intéresse au petit-fils et la charge importante de mestre de camp général des dragons lui est accordée.

1713 (29 ans). Portrait par Hyacinthe Rigaud

Catalogue raisonné de Hyacinthe Rigaud, Portraits

1715-1723. Sous la Régence, il cède Belle-Isle, terre qui ne rapporte rien, contre le comté de Gisors et d’autres domaines valant 80 000 livres de revenu annuel.

1718 (34 ans) à 1720. Il sert dans la guerre de la Quadruple Alliance. Son enthousiasme à combattre lui vaut le grade de maréchal de camp lors de la courte guerre franco-espagnole.

1721 (37 ans). Il épouse Henriette-Françoise de Durfort de Civrac (1678-1723).

1723 (39 ans). A la mort du cardinal Dubois puis du Régent, Belle-Isle, détesté, jalousé, et sans appui, compromis dans le procès de l’extraordinaire des guerres, tombe dans une complète disgrâce. Embastillé, la haine de la marquise de Prie le retint longtemps en prison. Il n’en sortit que pour l’exil.

1726 (42 ans). La chute du duc de Bourbon (et de la marquise de Prie) met fin à ses malheurs. La fortune lui revient. Il reprend  aussitôt à la Cour son rang, ses emplois et son appartement ».

Source 3 : extraits de Guillaume Lasconjarias, Garder la frontière.  Le comte de Belle-Isle dans les Trois-Évêchés, de la crise de 1727 à l’ouverture de la guerre de Succession de Pologne (1733-1738), Hypothèses, 2005/1, 8, pages 107 à 118.

1727 (43 ans). « Il est nommé commandant dans les trois évêchés (Metz). Il reçoit de Versailles un cadre d’ordres qui l’amène à se rendre dans la première semaine de mars à Strasbourg auprès de Du Bourg. Le maréchal a vu ses prérogatives militaires étendues sur la Franche-Comté et sur les Évêchés.

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Intendants de Metz au 18ème siècle

Suite des chroniques dédiées à l’Administration du Royaume de France au 18ème siècle.

Parmi les grandes fonctions administratives territorialisées, il faut distinguer :

  • l’Intendance (police, justice et finances), créée en 1635 par un édit de Louis XIII, à la demande de Richelieu pour mieux contrôler l’administration locale. Elle dépend, au niveau du pays, du Contrôle général des finances. il est fréquent qu’un Intendant soit nommé dans une généralité puis dans une autre. Chroniques du blog.
  • le Gouvernement militaire. Chronique du blog.

Intendant et Gouverneur n’ont pas de lien de dépendance hiérarchique entre eux, mais l’Intendant, vu ses domaines de compétences étendus, est considéré avoir une importance politique plus importante que celle du Gouverneur. Exception à la règle : à Metz, le Gouverneur, le Maréchal de Belle-Isle (chroniques à venir) a eu un influence décisive sur l’évolution de Metz, en particulier sur le plan urbanistique, ce qui ne figurait pas a priori dans la compétence d’un Gouverneur militaire.

Autres administrations :

Intendants de Metz au 18ème siècle. La Généralité de Metz est la circonscription des intendants de Metz, pays Messin et des Trois-Évêchés. Le siège est à Metz.

18ème Siècle. Liste chronologique des Intendants de justice, police et finances de la Généralité de Metz

5 mai 1700Dominique-Claude Barberie de Saint-Contest (2 novembre 1668-22 juin 1730)
seigneur de Saint-Contest, fils de Michel Barberie de Saint-Contest,
intendant à Limoges
conseiller au Châtelet par provisions du 21 décembre 1687 reçu le 14 janvier 1688,
conseiller au parlement de Paris le 25 août 1689,
maître des requêtes le 14 janvier 1696,
intendant de la généralité de Metz, frontière de la Sarre et Luxembourg (1700-1715).
Le 18 septembre 1715 il est conseiller au conseil de guerre (polysynodie),
conseiller d’État semestre le 26 novembre 1716,
maître des requêtes honoraire le 23 mars 1717,
ambassadeur au congrès de Cambrai le 1er février 1721,
conseiller d’État ordinaire le 25 février 1724

1716Louis-Auguste-Achille de Harlay de Cély ou de Bonneuil (4 février 1679-27 décembre 1739)
comte de Cély, fils de Nicolas-Auguste Harlay de Bonneuil,
intendant de Bourgogne en 1683
conseiller au parlement de Paris en 1696,
maître des requêtes ordinaire en 1707,
intendant de Béarn (1712-1716), il est nommé le 9 octobre 1715
intendant du département de Metz, frontières de Champagne, du Luxembourg et de la Sarre,
maître des requêtes honoraire en 1719,
conseiller d’État en 1723, puis intendant d’Alsace (1724-1728),
intendant à Paris en 1728

1721Jean-François de Creil de Bournezeau (1684-1762)
marquis de Creil, Bournezeau, baron de Brillac et autres lieux, fils de Jean de Creil, marquis de Creil-Bournezeau (1651-1709),
intendant à Moulins (1684-1686)
puis intendant à Orléans (1686-1694)
maître des requêtes,
intendant à La Rochelle (1716-1720)

1754
Antoine-Louis-François Lefebvre de Caumartin (1725-1803)
marquis de Saint-Ange, comte de Moret
maître des requêtes,
ancien président au Grand Conseil,
le 29 mars 1754 il était nommé intendant au département de Metz, frontières de Champagne du Luxembourg et de la Saare,
puis le 21 mars 1756, intendant en Flandre et y resta jusqu’en août 1778.
Chancelier et garde des sceaux de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis,
prévôt des marchands de Paris (1778-1784)

1756Jean-Louis de Bernage de Vaux
seigneur de Vaux
maître des requêtes,
intendant à Moulins (1744-1756),
intendant de la généralité de Metz,
grand croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis

1766Charles Alexandre de Calonne (20 janvier 1734-30 octobre 1802)
procureur du roi au parlement de Douai,
maître des requêtes,
intendant à Metz, puis intendant en Flandre le 13 mai 1778.
Il est appelé le 3 novembre 1783 pour être contrôleur général des finances. il le restera jusqu’en 1787
Chronique du blog, Calonne : réformer !

1778 – 1790Jean Samuel de Pont de Monderoux (1725-1805)
seigneur de Monderoux
maître des requêtes en 1755,
intendant à Moulins (1766-1777)

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Ryswick. Résistances germaniques

Avant et après Ryswick (1697). Résistance de 3 enclaves germaniques en Alsace.

Trois familles titrées dans l’en-deçà du Rhin, associant elles-mêmes dans leur nom deux familles, ont résisté au 18ème siècle pour garder leur territoire convoité par le Royaume de France : les Linange-Dabo, les Hanau-Lichtenberg, les Salm-Salm.

Un point commun : les territoires de ces familles auraient pu devenir français à la fin de la guerre de Trente ans (traités de Westphalie, 1648), mais la résistance l’emporta. Résistance également après le Traité de Ryswick (1697) : ces enclaves restèrent germaniques au sein de l’Alsace.

Carte des enclaves. Comté des Linange-Dabo : territoire en gris, à 1 cm à gauche de Strasbourg. Hanau-Lichtenberg : territoire en vert, en bleu foncé et un hôtel dans Strasbourg. Comté de Salm : territoire en vert, en bas et au milieu.

A. Quand Dabo devient français, chronique du blog du 28 septembre 2020. Diaporama de 35 photos

1648. A la fin de la guerre de Trente ans, l’Alsace fut cédée à la France par les traités de Westphalie. A ce titre, le comté de Dabo devait y être rattaché.

1672. Les comtes de Linange-Dabo refusèrent allégeance à Louis XIV engagé dans la politique des Réunions, et prirent les armes contre lui. 1677. Après un long siège, le château de Dabo dut capituler. 1679. Il fut détruit  sur ordre de Louis XIV et de Louvois, son ministre d’État.

1681. Capitulation de Strasbourg. La ville libre d’empire devint française.

1697. Le traité de Ryswick rendit le comté aux Linange-Dabo, principauté germanique dès lors enclavée entre le duché de Lorraine redevenu indépendant et l’Alsace devenue française.

1793. Les Linange-Dabo comptèrent parmi les princes possessionnés que la Convention nationale déposséda, afin de réunir leurs seigneuries à la France. Le comté de Dabo fut alors rattaché au département de la Meurthe.

1801. Le traité de Lunéville, conclu entre Bonaparte et le Saint-Empire romain germanique, octroya aux Princes de Linange, en compensation de leurs pertes territoriales en France, des compensations en Allemagne, en particulier Amorbach en Bavière.

B. Les Hanau-Lichtenberg, Princes possessionnés en Alsace, chronique du blog du 10 août 2020.

Les princes possessionnés « étaient des princes allemands qui avaient conservé des fiefs enclavés dans le Royaume de France après l’annexion de l’Alsace par Louis XIV (traités de Westphalie de 1648 et traité de Ryswick de 1697) ». Parmi eux, les Hanau-Lichtenberg et les Hesse-Darmstadt étaient princes possessionnés à Strasbourg, propriétaires successifs de l’Hôtel de Hanau (aujourd’hui Hôtel de ville de Strasbourg, donnant sur la rue Brûlée et la place Broglie. Hôtel édifié de 1731 à 1736 par Joseph Massol (1706-1771), architecte de l’Évêché et du Grand Chapitre. Albums de 69 photos.

La guerre de Trente Ans (1618-1648) se solde par un affaiblissement du Saint Empire romain germanique. Louis XIV en a profité pour mettre en œuvre la politique des Réunions ; l’Alsace devient française. Le Comté de Hanau Lichtenberg (capitale Bouxwiller) se retrouve à cheval entre la France et l’Empire germanique, et le comte (landgrave) reçut le statut de prince possessionné. En Royaume de France, il possédait cent trente-six villages, regroupés en 6 bailliages. Cinq autres bailliages se trouvaient du côté allemand, à l’Est du Rhin.

Le dernier descendant de la famille est Régnier III de Hanau-Lichtenberg (1665-1736). Il a reçu une formation correspondant à son rang. Après des études à Strasbourg, il entreprend un Grand tour, en compagnie de son frère, comme nombre de jeunes aristocrates de son époque. Ils visitent la Suisse, l’Italie, la Hollande, l’Angleterre et l’Autriche. Ils s’imprègnent des goûts et des manières du grand monde qui, à cette époque, était résolument francophile.

C. 1751-1793. Principauté de Salm-Salm, chronique du blog du 22 octobre 2020.

La principauté de Salm, depuis 1623, formait un territoire morcelé, imbriqué dans les territoires du comté de Salm dévolu au duc de Lorraine. Elle formait aussi une enclave germanique entre le duché de Lorraine, dépendant de l’Empire, et l’Alsace, partiellement occupée par la France par les traités de 1648.

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1697, Ryswick : Louis XIV restitue

Les traités, signés les 20-21 septembre 1697 à Ryswick, ville hollandaise des faubourgs de La Haye, mirent fin à la guerre entre Louis XIV et la ligue d’Augsbourg.

A. La guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« À la suite de la guerre de Hollande de 1678, Louis XIV, devenu le souverain le plus puissant d’Europe, avait agrandi le territoire du royaume, mais il restait insatisfait. En usant d’une combinaison d’agressions, d’annexions et de moyens quasi légaux, dont le paroxysme fut la brève guerre des Réunions (1683 – 1684), Louis XIV chercha immédiatement à étendre ses gains pour stabiliser et renforcer les frontières du royaume. La trêve de Ratisbonne qui en résulta garantissait l’extension des frontières de la France pour 20 ans.

Toutefois les actions de Louis XIV, en particulier la révocation de l’édit de Nantes en 1685 et ses tentatives d’expansion au-delà du Rhin, entraînèrent une détérioration de sa domination militaire et politique. La décision royale de franchir le Rhin et d’assiéger Philippsburg en septembre 1688 était destinée à empêcher une attaque contre la France par l’empereur Léopold Ier et à forcer le Saint-Empire romain germanique à accepter les revendications françaises. Cependant, l’empereur et les princes allemands étaient déterminés à résister et après que le Parlement hollandais et Guillaume III eurent déclaré la guerre à la France, Louis XIV devait faire face à une puissante coalition résolue à restreindre ses ambitions.

Les combats principaux eurent lieu aux frontières françaises : dans les Pays-Bas espagnols, la Rhénanie, le duché de Savoie et la Catalogne. Le conflit fut dominé par des batailles de siège comme à Mons, Namur, Charleroi et Barcelone, tandis que les batailles rangées comme à Fleurus ou à La Marsaille furent plus rares.

Ces engagements tournèrent souvent à l’avantage des armées françaises, mais à partir de 1696 la France dut faire face à une grave crise économique. Les puissances maritimes (Angleterre et Provinces-Unies) étaient également ruinées ; lorsque la Savoie quitta l’Alliance, toutes les parties furent d’accord pour trouver un compromis ».

B. Les traités de Ryswick (1697). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

Carte de l’Europe en 1700 après le traité de Ryswick et avant la guerre de succession d’Espagne (source : Wikipédia)

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« Le diplomate suédois Nils Lillieroot remplit la fonction de médiateur entre les belligérants. Les négociations traînaient en longueur. Louis XIV fit un ultimatum aux coalisés. La paix devait être signée avant le 20 septembre. Un délai supplémentaire fut accordé à l’Empereur Léopold Ier.

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1680. Le Royaume s’étend à l’Est

1648-1680-1697. Le Royaume de France s’étend à l’Est. Louis XIV veut son pré carré.

Analyse d’une carte instructive, bien faite : trois couleurs (vert, bleu, violet).

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1648 : traités de Westphalie. La France s’étend à l’Est, en Lorraine, en Alsace et dans d’autres principautés de l’empire romain germanique.

1679-1684. Politique des réunions et Guerre des Réunions. Strasbourg est annexée en 1681.

1697 : traités de Ryswick. La France restitue certain des territoires.

A. Couleur vert-clair. Territoires réunis à la France en 1680 et restitués en 1697. Il en est de deux types.

Territoires restitués en totalité ou en partie. Situés dans l’Empire, au nord de l’Alsace, ils sont vastes : Principauté de Nassau-Usingen, Duché de Palatinat-Deux-Ponts, Comté Hanau-Lichtenberg en partie.

D’autres territoires sont plus petits, disséminés au cœur de l’Alsace. Ils résisteront à la France tout au long du 18ème siècle, mais seront intégrés à la Révolution. Ils ont déjà fait l’objet d’une chronique du blog et seront associés dans une nouvelle chronique à venir : Dabo, Salm, Hôtel de Hanau-Lichtenberg dans Strasbourg.

B. Couleur bleu-clair. Territoires réunis à la France avant 1680 et le restant après les traités de Ryswick (1697). Il s’agit essentiellement des anciens Trois évêchés.

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Pâques, la résurrection de Jésus

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

12ème chronique. Pâques, la résurrection de Jésus.

Diaporama de 27 photos (Pierre Dubois, 2017-2020).

Mathias Grunewald, La résurrection, 1512-1516, Retable d’Issenheim, Colmar, Musée Unterlinden.  

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« Il s’agit certainement de l’une des Résurrection les plus célèbres de l’art. Cette scène fait partie du retable d’Issenheim, conservé à Colmar. Dans une ambiance cosmique, le Christ s’élève triomphant vers le ciel, les deux bras levés. Une belle lumière émane de sa tête. Autour de lui, le paysage est sombre et les soldats semblent aveuglés par cette lumière vive qui surgit. Le linceul blanc, symbole de mort, change de couleur et devient rouge flamboyant, comme si tout ce que touchait le Christ se trouvait alors transfiguré ».

La descente dans les Limbes (source : Wikipédia). « Les Limbes des patriarches, entre le Paradis, l’Enfer et le Purgatoire, lieu des âmes des morts d’avant la Résurrection du Christ, sont visitées par lui entre le Vendredi saint et le jour de Pâques, selon la première épître de Pierre, laquelle indique que Jésus est allé prêcher aux esprits en prison (3:19), un épisode nommé aussi Descente aux Enfers. Il ne s’agit donc pas des Limbes des enfants (lieu des âmes des enfants morts sans baptême), absents dans la scène représentée ».

Martin Schongauer, Retable de la Passion du Christ, vers 1480, Colmar, Musée Unterlinden

L’apparition à Marie de Magdala, Jean 20, 11-18

« Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : Femme, pourquoi pleures-tu ? Elle leur répond : On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre.

Jésus lui dit alors : Marie ! S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : Rabbouni ! c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : J’ai vu le Seigneur ! et elle raconta ce qu’il lui avait dit ».

Martin Schongauer, Retable de la Passion du Christ, vers 1480, Colmar, Musée Unterlinden

Noli me tangere. Interprétation. « Selon certains auteurs tel Maurice Zundel, en demandant à Marie Madeleine de ne pas le toucher, Jésus indique qu’une fois la résurrection accomplie, le lien entre l’humanité et sa divine personne n’est plus physique, mais passe désormais par le lien de cœur et la communion eucharistique. Il faut qu’Il établisse cet écart, il faut qu’elle comprenne (et toute l’humanité) que la seule voie possible, c’est la Foi, que les mains ne peuvent atteindre la personne et que c’est du dedans, du dedans seulement, que l’on peut s’approcher de Lui« .

L’incrédulité de l’apôtre Thomas (sourece Wikipédia). « Dans les évangiles synoptiques, Thomas n’est pas autrement mentionné que dans les listes d’apôtres. En revanche, dans l’évangile de Jean, il lui est donné une certaine prééminence. Il se révèle d’abord fougueux et généreux lorsqu’il réagit aux paroles de Jésus qui annonce sa mort : Allons, nous aussi, et nous mourrons avec lui (Jean 11:16). On perçoit aussi son esprit critique dans le dialogue qui suit la Cène. À Jésus qui dit Quant au lieu où je vais, vous en savez le chemin (Jean 14:4), Thomas répond avec vivacité : Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas. Comment en connaîtrions-nous le chemin ?

Mais c’est son incrédulité qui lui donne une place unique dans le récit des apparitions de Jésus. Dans le même évangile, Thomas refuse de croire avant d’avoir vu les marques de la Crucifixion ».

« Thomas n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai pas. Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d’eux, et dit : La paix soit avec vous ! Puis il dit à Thomas : Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais sois croyant. Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! (Jean 20, 24-29). Cette incrédulité lui vaut le surnom de Thomas le sceptique ».

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Près de la Croix, Marie et Jean

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

11ème chronique. Au pied de la Croix, les peintres ont représenté parfois Marie, la mère de Jésus, Marie, sa sœur et femme de Clopas, et Marie de Magdala, ainsi que Jean, le disciple bien aimé. Les trois Marie sont quelquefois appelées Les saintes femmes.

Lucas Cranach l’Ancien, vers 1515. Cliquer sur les images pour les agrandir

Près de la croix (Évangile de Jean 19 : 25-28). Source : Biblegateway.com

25. « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.

26. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait (Jean), dit à sa mère: Femme, voilà ton fils.

27. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.

28. Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l’Écriture fût accomplie : J’ai soif ».

Diaporama de 12 photos. Deux groupes sculptés au pied de la Croix (1470-1480) : celui de la Vierge, de saint Jean et des saintes femmes, celui du centurion avec Nicodème et Joseph d’Arimathie, Musée de l’œuvre Notre-Dame, Strasbourg.

Commentaire de la Scène sur le blog Vie chrétienne.catholique.org. « Dans ce passage saint Jean nous raconte un des derniers instants avant la mort de Jésus. Jésus est en train de mourir sur la croix. C’est le moment culminant de sa mission, où son amour pour nous le mène à nous donner sa vie jusqu’à la dernière goutte de son sang. Il nous a tout donné. Mais comme si ce n’était pas suffisant, Il veut nous laisser son dernier grand « cadeau » : sa Sainte Mère.

On peut dire que tout ce qui était sien, Il nous l’a donné. Dieu nous connaît bien, il connaît notre besoin de tendresse, d’affection maternelle et de soutien inconditionnel, c’est pourquoi Il a voulu nous donner la même mère que celle qu’Il a choisie pour son Fils. De la même façon que la Sainte Vierge a pris soin de son Fils, l’a éduqué, l’a soutenu, l’a consolé, l’a aimé de tout son cœur de mère et ne l’a jamais abandonné jusqu’au moment de sa mort, elle le fait avec chacun d’entre nous. Quelquefois il est difficile de le voir car, comme nous le montre l’Évangile, elle agit avec beaucoup de discrétion.

Elle ne veut pas faire ombrage à son Fils, mais elle est bien là, comme elle l’a toujours été avec Jésus au cours de sa vie mais de différentes façons suivant ses besoins. Tout ce qu’elle a fait pour Jésus, elle le fera pour nous ; car son cœur de mère est pour tous. C’est profondément touchant et presque « scandalisant » de voir que tout ce que Dieu le Père a donné à son Fils unique, Il veut aussi nous le donner : Il nous fait ses fils à l’image de son Fils unique, Il nous fait participer de sa vie divine au travers des sacrements, Il nous fait don du Saint Esprit, qui demeure dans notre cœur, et Il nous donne Marie pour mère… Dieu est vraiment fou d’amour pour chacun d’entre nous »…

Près de la croix, se tenaient la mère de Jésus, Marie, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala, ainsi que Jean.

Diaporama de 40 photos (avec des détails de la plupart des œuvres). Toiles de

Mathias Grünewald, Le Christ sur la croix avec Marie et Jean, vers 1525, Musée des Beaux-arts de Karlsruhe

Mathias Grünewald, scène de la crucifixion, retable d’Issenheim, Colmar, Musée Unterlinden

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