Archives de Catégorie: C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

La Marseillaise dans l’Histoire

Suite de la chronique du 7 novembre 2021, 1792. Rouget de Lisle, La Marseillaise. Cabinet des dessins et estampes de Strasbourg. Source : gravures EV15 11-21. Diaporama de 31 photos (Pierre Dubois, octobre 2021).

Exposition du MAMCS de Strasbourg (5 novembre 2011 au 20 février 2022).

Années 1791-1792. 25 septembre 1791, fête de la proclamation de la Constitution française à Strasbourg. 25 avril 1792, création de la Marseillaise à Strasbourg par Rouget de Lisle. 22 juillet 1792, enrôlement de volontaires. 1792, départ du Bataillon des Marseillais. 30 juillet 1792, arrivée des Marseillais à Paris. 10 août 1792, prise du palais des Tuileries. 20 septembre 1792, bataille de Valmy.

Années 1845-1939. Artistes ayant commémoré la Marseillaise, Rouget de Lisle et le Baron de Dietrich : David d’Angers (1845), Isidore Pils (1849), Gustave Doré (après 1871), Auguste Pinelli (1875), Manufacture de Saxe (vers 1889), Jean-Jacques Scherrer (1909), Joseph Ponti (1939).

Source : extrait de la présentation de l’exposition. du MAMCS. « Lorsque le maire de Strasbourg commande en 1792 le chant de guerre à Rouget de Lisle, la guerre vient d’être déclarée aux ennemis de la Révolution française susceptibles de vouloir restaurer la monarchie. Paroles et musique sont destinées aux troupes de l’Armée du Rhin. Parvenu à Marseille, il accompagne la montée des fédérés sur Paris. Dès lors ce chant de guerre, devenu L’air des Marseillois, retentit lors des conflits menés par la France.

Plus qu’un hymne guerrier, La Marseillaise devient le chant révolutionnaire lors des fêtes civiques et retentit désormais à chaque révolution. Elle conquiert le monde et est de toutes les rébellions : dès 1793 en Amérique du Sud, en 1794 en Pologne, au XIXe siècle elle accompagne les opposants au tsar, après 1850 elle est revendiquée par les Espagnols républicains. Au XXe siècle on la chante lors de la révolution russe de 1917, elle accompagne la longue Marche de Mao. En 1989 on l’entend sur la place Tienanmen et lors de la chute du mur de Berlin.

La Marseillaise sera consacrée hymne national français en 1879/80. Au XXe siècle, elle est instrumentalisée mais n’en demeure pas moins l’expression de la démocratie française. Entre les deux guerres elle est revendiquée par le Front populaire et utilisée contre le parti communiste. Pétain tentera de la réduire au silence. Elle rassemble les résistants en France, en Espagne mais aussi dans les camps de concentration. Après-guerre, tous les partis s’en réclament »

Source : extrait de la présentation de l’exposition du MAMCS.

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1733. La prise du fort de Kehl

Attaque et prise du fort de Kehl en octobre 1733, au début de la guerre de Succession de Pologne (1733-1738). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

Suite de la publication d’estampes du 18ème siècle, archivées au Cabinet des dessins et estampes de Strasbourg.

Diaporama de 10 photos.

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« Le siège de Kehl, qui a lieu du 13 octobre au 29 octobre 1733, est le premier épisode militaire de la guerre de Succession de Pologne (1733-1738), conflit occasionné par la mort du roi de Pologne Auguste II.

À la mort de celui-ci le 1er février 1733, son fils, Frédéric Auguste, électeur de Saxe par droit héréditaire, et le noble polonais Stanislas Leszczyński, beau-père de Louis XV, sont candidats à sa succession, le trône de Pologne étant électif et non pas héréditaire. Le premier est soutenu par la Russie et l’Autriche, le second par la France.

Stanislas, qui vit à Chambord depuis le mariage royal de sa fille Marie, quitte la France durant l’été 1733 et, tandis qu’un sosie quitte ostensiblement Brest par la mer, traverse incognito l’Allemagne, arrivant à Varsovie le 8 septembre. Le 12 septembre, il est élu par la Diète roi de Pologne (et grand-duc de Lituanie).

Très rapidement, la Russie et l’Autriche envahissent la Pologne. Le 22 septembre, Stanislas se réfugie à Dantzig (Gdańsk) pour y attendre l’aide promise par la France. Le 5 octobre, les partisans de Frédéric Auguste l’élisent à son tour sous la protection de l’armée russe.

La France déclare alors la guerre à l’Autriche (septembre 1733). L’Angleterre, les Provinces-Unies, la Suède, le Danemark et la République de Venise reconnaissent que l’agression de l’Autriche et de la Russie contre la Pologne est un motif de guerre et s’engagent à rester neutres. L’Espagne, qui convoite le Royaume de Naples et le royaume de Sardaigne, qui inclut la Savoie et le Piémont et convoite le duché de Milan (autrichien), s’allie à la France.

Les princes de Conti et de Dombes, les comtes de Clermont, de Charolais, de Belle-Isle, le duc de Richelieu, mais aussi Maurice de Saxe (demi-frère d’Auguste III) rejoignent le maréchal de Berwick qui commande l’armée du Rhin.

Celle-ci envahit d’abord la Lorraine, duché du Saint Empire appartenant au duc François III, fiancé de Marie-Thérèse d’Autriche, fille et héritière de Charles VI.

Elle se porte ensuite sur le Rhin, après avoir traversé l’Alsace, déjà possession française, dans le but de prendre Kehl, située face à Strasbourg, sur le territoire du Margraviat de Bade.

La forteresse de Kehl relève en principe de l’Empire, en pratique du Cercle de Souabe, dominé par le Wurtemberg. Elle est donc défendue des troupes impériales et des troupes wurtembergeoises, commandées par le général de Pfuhl. Le contrôle de Kehl est important stratégiquement car il doit permettre aux troupes françaises de franchir facilement le Rhin.

Le général Pfuhl fait détruire le pont reliant Kehl à Strasbourg, mais les troupes françaises traversent le Rhin sur deux ponts de bateaux, à Auenheim, 4 km au sud, et à Goldscheuer, 7 km au nord.

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Deux amis, Bonaparte et Duroc

1769. Napoléon Bonaparte est né le 15 août 1769 à Ajaccio (source : article de Wikipédia). La Corse est passée sous administration française le 15 mai 1768.

1772. Géraud de Michel du Roc de Brion dit Michel Duroc est né le 25 octobre 1772 à Pont-à-Mousson.

Sources de cette chronique : extraits d’articles de Wiki, de Wikipédia, d’Universalis, du livre édité par le Musée Au fil du papier, Duroc, l’ami de Napoléon (Pont à Mousson, 2013, 22 pages).

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Bonaparte et Duroc vont tous deux se former dans un collège militaire, et, dans les années 1790, se retrouveront sur les champs de bataille d’Italie et d’Égypte. Ils deviendront deux proches amis.

  • 1813. Michel Duroc tombera au champ d’honneur à la Bataille de Bautzen (Saxe), le 22 mai 1813, à l’âge de 41 ans. Napoléon Bonaparte sera exilé en 1815 dans l’île de Sainte-Hélène et y mourra le 5 mai 1821, à l’âge de 52 ans.
Antoine-Jean Gros, Portrait du Maréchal Duroc, duc de Frioul, après 1804, musée des Beaux-arts de Nancy

Biographie de Michel Duroc : 30 ans en 1802. Naissance dans une famille de militaires (petite noblesse d’épée). Michel Duroc est le fils unique de Claude de Michel du Roc et de son épouse, Anne Papigny. Son père est le cadet de la famille : il devient capitaine de dragons au régiment d’Armenonville ; le roi le fait chevalier de Saint-Louis en 1763 pour sa vaillance lors de la guerre de Sept Ans. Sa famille est originaire du Gévaudan ; elle possède de nombreux fiefs en haute, moyenne et basse justice. En 1756, l’aîné des fils avait obtenu de Louis XV l’érection de ces terres en marquisat sous le nom de Brion par lettres patentes enregistrées au parlement de Toulouse.

1776 (Duroc fils a 4 ans). Le 28 mars, une ordonnance ordonne la création de douze écoles royales militaires dans des communes de taille moyenne. Cette réforme fait partie de celles voulues par le Comte de Saint-Germain, secrétaire d’État à la Guerre sous Louis XVI, dans le but d’offrir aux gentilshommes pauvres la même instruction que celle prodiguée à la noblesse de cour : ils recevraient la même éducation et les mêmes instructions que les autres pensionnaires.

Les douze écoles sont : Auxerre, Beaumont-en-Auge, Dole, Effiat, La Flèche, Vendôme, Pontlevoy, Pont-à-Mousson, Rebais, Sorèze, Tournon-sur-Rhone, Tiron. Elles seront toutes supprimées en 1793.

1783 (Duroc a 11 ans). Son père réussit à le faire rentrer dans l’école royale militaire de Pont-à-Mousson, fondée en 1776 par décision royale en remplacement de l’ancienne université jésuite de la ville. L’établissement est confié aux Chanoines réguliers de la Congrégation de Notre-Sauveur. Les bâtiments subsistants, gravement endommagés durant la Seconde Guerre mondiale, abritent aujourd’hui le Lycée Jacques Marquette (photo).

1789 (17 ans). Il est admis à l’école royale militaire de Paris par lettre patente de Louis XVI, mais cette grande école est trop onéreuse pour son père. Il poursuit donc ses études à Pont-à-Mousson.

1792 (20 ans). Il poursuit ses études à l’école d’artillerie de Châlons-sur-Marne. Quatre mois après son entrée, Il demande sa démission et quitte Châlons. Les raisons ? Elles divergent selon les sources (a-t-il rejoint les forces de la coalition, comprenant les nobles français exilés ?).

1793 (21 ans). Six mois plus tard, il sollicite sa réadmission à l’école d’artillerie à Châlons. Il appuie sa demande d’un certificat attestant qu’il a servi dans la garde nationale durant son absence.

Il réintègre l’école, est bien accueilli et se fait tout de suite remarquer par son assiduité et son travail. Classé troisième de sa promotion à sa sortie, le 1er juin 1793, avec le grade de lieutenant en second, il rejoint aussitôt sa première affectation d’officier au 4ème régiment d’infanterie de Grenoble.

1794-1797 (22-25 ans). Duroc est nommé capitaine le 1er frimaire an III, capitaine-commandant en l’an V, aide-de-camp du général Lespinasse, et ensuite du général en chef Napoléon Bonaparte. Il se distingue dans la Campagne d’Italie, surtout au passage de l’Isonzo, où il est blessé grièvement (1797).

1798-1799 (26-27 ans). Il est chef de bataillon et chef de brigade dans la Campagne d’Égypte. Il se signale au siège de Jaffa (à la tête d’un groupe de grenadiers, il s’empare d’une tour et d’un rempart âprement défendu ; il est blessé au cours de cette action). A Saint-Jean-d’Acre, il fait à nouveau preuve d’intrépidité et est grièvement blessé dans le dernier assaut. La bataille d’Aboukir à laquelle il participe ajoute encore à sa réputation.

1799 (27 ans). De retour en France, Duroc participe activement au coup d’État du 18 Brumaire et en est récompensé par le grade de chef de brigade et le titre de premier aide de camp du Premier Consul Bonaparte.

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Strasbourg 1725. Mariage de Marie

Strasbourg, 15 août 1725. Mariage par procuration de Marie Leczinska et de Louis XV (nouvelle publication de la chronique du blog du 15 juillet 2021).

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Depuis la publication de cette chronique, j’ai pu photographier deux estampes du 18ème siècle, archivées au Cabinet des dessins et estampes de Strasbourg : arrivée de Marie aux portes de la ville ; son mariage par procuration, avec le représentant du roi Louis XV, Louis, duc d’Orléans, fils du Régent.

Diaporama de 10 photos.

Marie Leczinska, d’après Carl Van Loo, Musée historique de Strasbourg.

Lire les pages 1, 2, et 3 de la chronique de juillet 2021.

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1679-1707. Fortifications en Alsace

1679-1707. Fortifications en Alsace : de la guerre de la Ligue d’Augsbourg (conclue par les traités de Ryswick) à la guerre de succession d’Espagne.

Suite de la publication d’estampes du 18ème siècle, archivées au Cabinet des dessins et estampes de Strasbourg.

Diaporama de 19 photos.

A. 1679-1682. Fortifications d’Huningue (source : extraits du site sur les fortifications de Vauban).

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« Créée au IXe siècle, la ville d’Huningue est alors la propriété de l’abbaye Saint-Gall. Propriété de la ville de Bâle, puis de la maison d’Autriche, la ville change souvent de main pendant la guerre de Trente ans, pour finalement devenir française en 1648.

En 1676, Louis XIV décide de faire ériger à Grand-Huningue, une petite place forte à vocation défensive dont le projet est confié à Vauban en 1679. Elle permettra de contrôler le gué du Rhin et renforcer la position stratégique de la ville par rapport à Bâle. L’ingénieur Tarade supervise les travaux. La place est inaugurée en 1680 et achevée en 1682. L’enceinte comporte cinq bastions à orillons, des tenailles, cinq demi-lunes dont quatre avec traverses et réduits, une contregarde devant le bastion ouest, deux ouvrages à corne devant les bastions nord-ouest et sud-ouest et une redoute au sud. Un canal entoure le pied des glacis et les fossés sont inondés.

Pour contrôler le passage du Rhin, une tête de pont est construite sur la rive droite du fleuve. Constituée d’un ouvrage à corne central, ce dernier est flanqué au nord et sud de deux bastions. Le tout est protégé par des fossés inondés et un chemin couvert. Un retranchement en forme d’ouvrage à corne est édifié derrière la tête de pont sur l’île des Cordonniers, au milieu du fleuve. Il permet de disposer de points d’appuis solides pour construire un pont provisoire en cas de guerre.

En 1697, le traité de Ryswick stipule la démolition des ouvrages de la rive droite, de l’île des Cordonniers et du pont. De nouveaux dehors sont édifiés sur la rive droite pendant la Révolution.

Après un long siège, Huningue capitule le 28 août 1815, et suite au traité de Paris du 20 novembre, la place est démantelée ».

B. 1681-1685. Construction de la citadelle de Strasbourg (source : article de Wikipédia).

« En 1681, la ville libre de Strasbourg est convoitée par le royaume de France entre autres pour des raisons stratégiques : surveillance du Rhin et de la Basse-Alsace (après la perte de la place-forte de Philippsburg en 1676). La reddition de la ville se fait le 30 septembre 1681 et dès le 3 octobre Sébastien Le Prestre de Vauban et François Michel Le Tellier de Louvois étudient la ville et ses fortifications, Vauban rédige alors un rapport manuscrit intitulé Situation de Strasbourg, ses défauts et ses avantages. Et les propriétés générales et particulières de la fortification, après l’exécution de son projet achevé.

Le Barrage Vauban à Strasbourg

Le chantier commence donc rapidement et plus de 3 000 hommes sont employés pour bâtir la citadelle, tandis qu’un millier travaillaient à la forteresse de Kehl de l’autre côté du Rhin. Pour le chantier fut creusé le canal de la Bruche ».

1688-1697. Les traités de Ryswick concluent la guerre de de la Ligue d’Augsbourg. La France restitue la ville fortifiée de Vieux-Brisach.

C. 1699-1703. Construction de la ville fortifiée de Neuf-Brisach (source : extraits du site Patrimoine/ Vauban / Fortifications)

« Neuf-Brisach est la dernière ville fortifiée créée par Vauban sur ordre de Louis XIV pour la sécurité de l’Alsace. Les travaux commencent en 1699 et la place forte est en état de défense en 1703.

Vauban met à profit les théories de son prédécesseur Blaise de Pagan, adaptant ses inventions à chaque site. Ces perfectionnements sont désignés sous le nom des trois systèmes de Vauban.

Ses principes de la guerre de siège – occuper rationnellement le terrain, employer judicieusement l’artillerie et épargner le plus de vies humaines – restent en usage durant deux siècles. Ses trois systèmes de fortification, qu’il élabore par touches successives en fonction des progrès qu’il apporte aux techniques d’attaque des places fortes, se distinguent par la multiplication des ouvrages extérieurs afin de renforcer la défense et de retarder la brèche dans le corps de place…

Le deuxième système multiplie les enceintes de défense, met en place une enceinte extérieure, dite de combat et une enceinte intérieure, dite de sûreté. Le corps de la place et les remparts sont ainsi détachés des bastions, qui forment une sorte de ceinture défensive indépendante.

Cette enceinte extérieure est d’élévation supérieure à l’enceinte intérieure : ainsi, l’adversaire ne peut lancer l’artillerie que sur la première enceinte, qui cache la seconde. De plus, ce système intègre une nouvelle innovation : les tours bastionnés sur les remparts. Chaque élément du système défensif a sa mission de défense, en fonction de l’étagement des feux, tir rapproché ou action lointaine. Besançon constitue un des premiers exemples de ce système.

Le troisième système consiste en le simple perfectionnement du système précédent, visant à augmenter encore la résistance de la place. Neuf-Brisach est la seule mais magnifique illustration de ce système. C’est Louis XIV lui-même qui choisit, parmi les trois projets soumis par Vauban, le plan que nous connaissons aujourd’hui ».

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Du 16ème au 19ème : Saint-Laurent

Suite des chroniques sur Pont-à-Mousson au 18ème siècle.

Diaporama de 12 photos : Église Saint-Laurent. Évolutions de l’intérieur, de l’extérieur, du campanile.

Diaporama de 27 photos : Église Saint-Laurent. Retable de Philippe de Gueldre.

Adoration des Mages. Cliquer sur les images pour les agrandir

A. Saint-Laurent de Pont-à-Mousson : une église plusieurs fois remaniée.

« L’église Saint-Laurent actuelle est une reconstruction étalée sur deux époques. À son emplacement, une première église fut bâtie en style gothique en 1235 et consacrée à saint Laurent-le-Martyr. On ne sait rien de ce premier édifice, sinon qu’il s’élevait dans la ville neuve, sur la rive gauche de la Moselle.

Entre 1490 et 1545, toute la partie est fut reconstruite dans le style du gothique flamboyant : chœur, transept et première travée de la nef.

En 1572, le destin de cette petite ville, créée par les comtes de Bar au 13ème siècle, bascula : à la demande du duc Charles de Lorraine et de son cousin, l’archevêque de Reims, le pape Grégoire XIII y créa une université, confiée aux Jésuites.

Le renom de cette université s’étala bientôt dans l’Europe entière. Au 17ème siècle, elle compta jusqu’à deux mille étudiants. L’église Saint-Laurent en profita : c’était le lieu de culte des facultés séculières de Droit et de Médecine. Fondations et confréries s’y accumulèrent et la paroisse Saint-Laurent, rattachée au diocèse de Toul, devint rapidement la plus importante de la ville. Pont-à-Mousson, située à la limite des terres d’Empire, peut être regardée comme un bastion de la Contre-réforme : elle comptait quatorze couvents disséminés dans quatre paroisses.

En 1749, Jean-Nicolas Jennesson, architecte de l’église Saint-Sébastien à Nancy, se vit chargé de rebâtir la partie centrale de la façade et du clocher. Quatre statues décorent son sommet : Saint-Laurent, Saint Pierre Fourier, Saint Guérin et Saint Vincent de Paul ».

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« En 1766, la Lorraine est rattachée à la France. L’Université est transférée à Nancy sur ordonnance de Louis XV. Pour Pont-à-Mousson, ce fut la fin d’une époque brillante.

La Révolution asséna le second coup : les quatorze couvents disparurent ; les paroisses furent regroupées en deux. Ne restèrent que Saint-Laurent (rive gauche et diocèse de Toul) et Saint-Martin (rive droite et diocèse de Metz).

L’église Saint-Laurent fut transformée en temple de la Raison. En 1801, elle fut rendue au culte catholique.

À la fin du 19ème siècle, on entreprit la remise à niveau des quatre premières travées qui remontaient au 13ème : tout fut rebâti dans le style du chœur et du transept qui dataient du 16ème. L’église y gagna une unité de style. À noter que chœur et transept possèdent de belles clés de voûte de la Renaissance. Les côtés de la façade et le lanternon de la tour sont également du 19ème siècle ».

B. Le retable de Philippe de Gueldre (1543)

« Le triptyque, en bois doré ou peint, a été commandé à un atelier anversois par Philippe de Gueldre (1464-1547), duchesse de Lorraine et veuve du Roi René II. Elle s’était retirée en 1519 au Couvent des Clarisses et vécut dans la pauvreté en portant une dévotion particulière au Christ et à sa mère, la Vierge ».

« Cette œuvre se trouvait à l’origine dans le couvent des clarisses supprimé en 1790.

Ce retable dont il manque la prédelle fut offert en 1543 par Philippe de Gueldre. Il était destiné à recevoir une relique de la Vraie Croix, don du roi de France François Ier, lui-même cousin de la duchesse.

Le retable se trouvait primitivement au-dessus de l’autel et le prêtre pouvait y faire appel ou le refermer au gré de la liturgie.

Neuf scènes du haut : la Passion et la Résurrection du Christ ; la liturgie de la Semaine sainte. Sept scènes du bas : la Vierge et l’enfance de Jésus ».

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1787. Hôtel de ville néoclassique

Hôtel de ville de Pont-à-Mousson (54). Cliquer sur les images pour les agrandir

Diaporama de 18 photos.

A. Façade de l’Hôtel de ville de Pont-à-Mousson. Sources. Extraits d’articles de Wikipédia et du livret de Frédéric Maguin, Merveilles & trésors de Pont-à-Mousson, Éditions Koidneuf, 2009, pp. 14-19.

« L’hôtel de ville de Pont-à-Mousson a été construit entre 1787 et 1793 sur les plans de l’architecte Claude Mique (1714-1796) et de l’ingénieur François-Michel Lecreulx (1729-1812).

Édifié dans le style néoclassique, il remplace l’ancien bâtiment municipal construit en 1580 et détruit dans un incendie les 20 et 21 novembre 1781″.

La façade a été réalisée par Johann Joseph Söntgen (1719-1788), puis par Joseph Labroise (1761-1836). Elle se développe sur trois niveaux et se termine par un fronton triangulaire dans lequel une femme drapée présente le blason de la ville tout en se penchant vers l‘allégorie de la Paix. Ce bas-relief est l’œuvre de Söntgen, sculpteur du roi Stanislas.

De part et d’autre du fronton, deux autres allégories représentent la Justice et le Commerce.

Au-dessus du fronton, des aigles encadrant un cadran d’horloge bleu et jaune par-dessus un visage à la chevelure bouclée. Au-dessus, cloches et girouette.

Le nouvel hôtel de ville a été inauguré en mars 1793″.

B. Architecte, Ingénieur, Sculpteur (sources : articles de Wikipédia).

B1. Claude Mique (1714-1796) est le fils de Renaud Mique (1680-1732) et le cousin de Richard Mique. « Architecte du roi de Pologne Stanislas Leszczynski, inspecteur des bâtiments de la ville de Nancy depuis 1762. Il a aussi été l’entrepreneur des chantiers lorrains de son cousin.

En 1749, il a construit les bâtiments des écoles de la Doctrine chrétienne, la salle de comédie et de concert dans l’ancienne salle de l’Opéra de Nancy. Il a transformé l’hôtel de Beauvau-Craon que le roi Stanislas avait acquis en 1751 pour y installer les juridictions de la ville. Il a conduit les travaux de l’intendance élevée sur les plans d’Emmanuel Héré, en 1762. La même année il construit les portes Sainte-Catherine et Stanislas sur les plans de son cousin.

En 1763, il a inventé une machine à poser des tuyaux au fond de la Meurthe pour amener de l’eau douce à Nancy.

ll a mené les travaux de construction de la base du mausolée du roi de Pologne dans l’église de Bonsecours, en 1776. Il a fait les plans de l’église de l’abbaye Saint-Paul de Verdun, en 1785. À partir de 1786, il a construit, avec l’ingénieur François-Michel Lecreulx, l’hôtel de ville de Pont-à-Mousson ».

B2. François-Michel Lecreulx, architecte et ingénieur (1729-Orléans, 1812-Paris).

« Il a suivi ses études d’architectures à l’École nationale des ponts et chaussées. Il fut aussi l’élève de Jean-Baptiste de Voglie et Louis-Alexandre de Cessart.

François-Michel Lecreulx fut Inspecteur des Bâtiments et Usines des Domaines de Lorraine et de Barrois, puis, sous l’Empire, Inspecteur Général des Ponts et Chaussées.

Comme architecte, il édifia, avec talent, l’église de Badonviller de style Louis XVI. Comme ingénieur, il construisit le pont de Frouard et comme urbaniste, il souhaita embellir Nancy avec un projet ambitieux de nouveaux quartiers. Trop onéreux, il prépara un autre projet avec rues et places sur l’actuel cours Léopold.

Il construisit un manège à Lunéville sur ordre de Louis XV, le plus vaste d’Europe (96 mètres par 26).

Il fut aussi ingénieur à la généralité de Paris en 1764 puis en 1775 ingénieur en Lorraine. Enfin, en 1″791, il devient ingénieur en chef du département de la Meurthe ».

Mémoire sur la construction des chemins publics et les moyens de les exécuter [archive en ligne], 1782.

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PAM St. Martin, église de l’université

L’église Saint-Martin de Pont-à-Mousson est une ancienne collégiale située sur la commune de Pont-à-Mousson dans le département de Meurthe-et-Moselle et la région Lorraine. De 1572 à 1768, elle était l’église de l’université dirigée par les Jésuites.

Diaporama n°1 : 35 photos de l’église (architecture, portail, nef, verrière, ancien jubé, anges musiciens).

Diaporama n°2 : 19 photos de la mise du Christ au tombeau (13 personnages).

A. Histoire de l’église. Architecture

Sources : extraits des articles de Wikipédia et de Patrimoine Histoire (nombreuses photos).

« L’église conventuelle de l’ordre des Antonins est édifiée à la fin du XIIIe siècle sous le vocable de Saint-Antoine en complément d’une maladrerie qui existait déjà dans la ville. L’église est bâtie sur la rive droite de la Moselle. Rive droite signifiait être dépendant du diocèse de Metz, alors que la rive gauche où se trouve l’église Saint-Laurent était rattachée au diocèse de Toul.

Dès la fin du XIVe siècle, le premier édifice est remplacé par l’actuel, achevé au début du siècle suivant ».

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1572. « À la suite de la création de l’université par le pape Grégoire XIII, l’église est attribuée aux jésuites.

1764-1786. Les jésuites utilisent l’église jusqu’en 1768, date de leur expulsion du duché de Lorraine (la Compagnie de Jésus est chassée de France en 1764 ; la Lorraine intègre le royaume de Louis XV en 1766 ; les Jésuites quittent la ville en 1768). Ils seront remplacés par les moines Augustins qui ne toucheront pas à l’édifice et à sa décoration. La seule marque de leur passage sera de dédicacer la chapelle Saint-Antoine à l’un des grands saints lorrains de leur ordre, Pierre Fourier.

1777. Saint-Martin devient la chapelle du collège et de l’École Royale Militaire.

1786 (3 juin). Elle remplace l’église paroissiale du quartier de la rive droite de la Moselle, sous le vocable Saint-Martin, après de nombreuses années de tractations entre les habitants de la paroisse, les magistrats de la ville, les chanoines et l’évêque de Toul.

1860. Le portail sud est reconstruit dans le style néo-gothique. De 1860 à 1878, le portail occidental est également restauré, des sculptures sont placées dans les niches vides, dont celle de Sainte Catherine d’Alexandrie (reconnaissable à l’instrument de son martyre, la roue d’écartèlement) ».

Architecture. « Avec son portail en retrait sur les deux tours, son architecte, Jacquemin de Lenoncourt, fait preuve d’originalité.

Les tours de l’église (38 mètres de haut), couronnées d’une galerie finement ajourée, ont une forme octogonale comme celles de la cathédrale Saint-Étienne de Toul, ce qui explique la richesse de leur décor comparé au soubassement des tours d’un gothique plus ancien ».

« La rosace et la verrière qui la soutient renvoient plutôt à la fameuse verrière d’Hermann de Münster sur la façade de la cathédrale de Metz ».

Intérieur. « La sobriété du chœur gothique du XIIIe siècle et l’élégance de la nef du XVe siècle tranchent avec les éléments décoratifs du XVIIIe, de style classique.

Au centre et en bas de la verrière du chevet, un vitrail contemporain montre Saint Martin découpant son manteau pour le partager avec un pauvre. De chaque côté du vitrail, deux statues en pied (Saint Pierre et Saint Paul) ».

Ancien jubé. « Déplacé par les jésuites autour de 1610, il est l’un des rares jubés de Lorraine à être conservés ; il sert de tribune d’orgue et témoigne de la finesse d’un gothique flamboyant. En haut des colonnes supportant le jubé proprement dit, quatre petits anges musiciens. De quels instruments jouent-ils ? »

B. Mise au tombeau

« Mise au tombeau réalisée vers 1420 par le Maître de Pont-à-Mousson, commandée par Baldemar-Johannis de Biebelnheim, qui dirigea la maison des Antonistes de Pont-à-Mousson de 1415 à 1430. Toutefois, les recherches récentes mettent en avant le mécénat de Robert Ier de Bar. C’est un des plus anciens monuments de ce genre en Lorraine qui influencera toutes les mises au tombeau successives de Champagne et de Lorraine, en particulier les œuvres de Ligier Richier notamment son fameux Sépulcre ».

Source principale sur cette mise au tombeau : article de Wikipédia.

« L’église Saint-Martin peut s’enorgueillir d’une magnifique Mise au tombeau, un monument du XVe siècle qui apparaît très compact dans un enfeu dont la voûte est enrichie de nombreux angelots.

Cette œuvre compte treize personnages, vingt-et-un si l’on ajoute les angelots.

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Pont-à-Mousson. Abbaye Prémontrés

Pont-à-Mousson. Abbaye des Prémontrés (site).

Diaporama de 33 photos : Abbaye vue du pont sur la Moselle, Façade située à l’Est.

Diaporama de 29 photos : Intérieur de l’Abbatiale, 3 nefs de même hauteur (église halle), blason des Prémontrés, 3 évangélistes.

Diaporama de 30 photos : Cloître, 3 escaliers (carré, rond, ovale) : lustre, atlante et mascarons.

A. Histoire de l’Abbaye au 17ème et 18ème siècles

A1. Frédéric Maguin, Merveilles & trésors de Pont-à-Mousson, Éditions Koidneuf, 2009, 36 pages.

Cliquer sur les images pour les agrandir

A2. Extraits de l’article de Wikipédia.

« L’abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson, connue aussi sous le nom de Sainte-Marie-Majeure, est un vaste bâtiment du XVIIIe siècle situé dans le quartier Saint-Martin, en bordure de la Moselle. Anciennement occupée par l’ordre des Prémontrés, l’abbaye est aujourd’hui un centre culturel de la région Lorraine.

À la suite de la décision de l’abbé de Sainte-Marie-au-Bois, Servais de Lairuelz, de transférer son abbaye à Pont-à-Mousson, une première abbaye fut construite au début du XVIIe siècle sur l’emplacement actuel, à proximité de l’Université de Pont-à-Mousson fondée par les Jésuites (chronique à venir).

Les travaux de l’abbaye actuelle ont commencé en 1705, sous le règne de Léopold Ier, duc de Lorraine et se sont terminés en 1735. Thomas Mordillac, architecte classique, fut chargé de la conception de l’abbaye. L’architecte Nicolas Pierson prit le relais. Ces deux architectes étaient eux-mêmes Prémontrés. Entre-temps la réforme de l’ordre des Prémontrés, dite aussi Réforme de Lorraine, initiée par l’abbé Servais de Lairuelz s’est propagée en France.

Au moment de la construction, l’abbaye de Sainte-Marie-Majeure était la maison mère de la congrégation prémontrée de l’antique rigueur, soit une quarantaine d’abbayes, qui a peut-être contribué financièrement à la réalisation de cet édifice.

L’abbaye fut partiellement détruite en 1771 par un incendie. En 1792, les Pères Prémontrés furent expulsés.

Au 19ème siècle, l’ancienne abbaye abrita le Petit Séminaire diocésain ; elle servit d’hôpital pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Après 1906, elle devint la propriété de la ville de Pont-à-Mousson.

B. Architecture et mobilier. L’église abbatiale est un mélange des styles baroque et classique. Elle est composée de trois nefs de même hauteur, séparées par des rangées de colonnes (église-halle). Conséquence du Concile de Trente, de grandes verrières font entrer a lumière à profusion

Le chœur n’est pas orienté (le chevet est face à l’Ouest), afin de renforcer l’effet de supériorité produit par la façade sur le quartier.

Les tours de l’abbatiale sont situées de part et d’autre du chevet et sont invisibles depuis la façade qui possède les proportions très équilibrées du baroque (trois ordres superposés, influence de l’architecture jésuite).

Les principaux bâtiments s’organisent autour du cloître. On peut signaler le chauffoir, la salle saint-Norbert, le réfectoire, la grande sacristie…

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1698. Fontaine de vin, feu d’artifice

1698, Strasbourg. Fontaine de vin et Feu d’artifice.

Diaporama de 14 photos.

A. Suite de la publication des estampes archivées au Cabinet des dessins et estampes de Strasbourg.

Une fontaine de vin est mise à disposition des strasbourgeois et un feu d’artifice est tiré en réjouissance de la fin de la guerre de la Ligue d’Augsbourg et des traités de Ryswick qui l’ont conclue. Des gravures marquent cet évènement.

Plusieurs fois, au cours du 18ème siècle, des feux d’artifice célébreront à Strasbourg ou la « remise » de la dauphine, ou un mariage royal ou la venue du Roi. Les chroniques à venir montreront des feux d’artifice beaucoup plus imposants, des jeux d’eau sur la rivière Ill. Mais les gravures ne montrent plus de fontaine de vin…

Gravure EV14, 15, Jean-Adam Seupel (1662-1714), la décoration de la fontaine de vin, donné au peuple par les magistrats de Strasbourg, la nuit du 6 Février 1698 dans la place et au-devant de la principale entrée de l’Hôtel de cette ville, en réjouissance de la Paix conclue entre le Roy Louis XIV, l’Empereur et l’Empire, au château de Ryswick le 30 Octobre 1697.

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Gravure EV14, 16. ANONYME, Feu d’artifice donné à Strasbourg en 1698

B. Le contexte historique : les Traités de Ryswick marquent la fin de la guerre de la Ligue d’Augsbourg.

B1. Extraits de la chronique du blog du 7 avril 2021 : 1697, Ryswick : Louis XIV restitue.

« Les traités, signés les 20-21 septembre 1697 à Ryswick, ville hollandaise des faubourgs de La Haye, mirent fin à la guerre entre Louis XIV et la ligue d’Augsbourg (1688-1697)…

Toutefois les actions de Louis XIV, en particulier la révocation de l’édit de Nantes en 1685 et ses tentatives d’expansion au-delà du Rhin, entraînèrent une détérioration de sa domination militaire et politique. La décision royale de franchir le Rhin et d’assiéger Philippsburg en septembre 1688 était destinée à empêcher une attaque contre la France par l’empereur Léopold Ier et à forcer le Saint-Empire romain germanique à accepter les revendications françaises. Cependant, l’empereur et les princes allemands étaient déterminés à résister et après que le Parlement hollandais et Guillaume III eurent déclaré la guerre à la France, Louis XIV devait faire face à une puissante coalition résolue à restreindre ses ambitions

Les traités. Le roi renonçait à toutes les places annexées par la France par la politique des réunions, qui lui avait aliéné toutes les cours d’Europe et rendait la plus grande partie des Pays-Bas espagnols à Charles II d’Espagne, notamment la place-forte de Luxembourg. Le calcul du roi de France était de ménager l’opinion espagnole, afin de préparer la succession du monarque espagnol, dont l’état de santé était préoccupant. De la même façon, la Catalogne et Barcelone étaient restituées.

Les Provinces-Unies signèrent des accords commerciaux avec la France et obtinrent le droit d’entretenir des garnisons dans certaines forteresses des Pays-Bas espagnols.

Louis XIV rétrocédait le duché de Lorraine et de duché de Bar à leur souverain légitime après 64 ans d’occupation militaire, mais ceux-ci devaient rester neutres et le royaume de France annexait quelques places-fortes stratégiques, telle Phalsbourg.

En Allemagne, Louis XIV fit définitivement reconnaître à la France la possession des quatre cinquièmes de l’Alsace (Strasbourg, villes de la Décapole, Basse-Alsace), alors que l’accord de Ratisbonne (1684) en avait initialement prévu la rétrocession à l’Allemagne pour 1704.

En outre, la France obtenait une compensation financière pour les droits dynastiques de la belle-sœur du roi sur le Palatinat.

Cependant, la mort du roi Charles II d’Espagne et la question de sa succession allaient entraîner la France et la Grande Alliance dans un nouveau conflit, la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714) ».

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