Archives de Catégorie: C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

1793. Quand Dabo devint français

A. Histoire de Dabo du 10ème siècle à la Guerre de Trente ans. Source : extrait de la notice de Wikipédia.

Diaporama de 35 photos

« Le comté de Dabo (en Alsace) resta terre d’Empire jusqu’en 1793. Il jouissait de l’immédiateté impériale.

10ème et 11ème siècles. Le comté de Dabo appartint aux Étichonides, Hugues Ier, comte du Nordgau (Alsace), puis à son fils Eberhard IV vers 934. C’est à cette époque que fut construit le château de Dabo, au sommet du rocher éponyme. Des murailles encerclaient tout le pourtour du rocher.

La petite-fille d’Eberhard apporta le comté à son époux Hugues VII, comte d’Eguisheim (mort en 1048). Le plus illustre représentant de cette branche d’Eguisheim-Dabo fut leur fils Brunon, évêque de Toul puis pape, canonisé en 1087 (saint Léon IX).

1234. Le comté passa à la famille de Linange lorsque l’héritière du comté, Gertrude de Dabo, laissa veuf son troisième époux, Simon de Linange. Les Linange-Dabo régnèrent sur le comté jusqu’à la Révolution.

B. D’une occupation française à l’autre

1648 (24 octobre). A la fin de la guerre de Trente ans, l’Alsace fut cédée à la France par les traités de Westphalie. A ce titre, le comté devait y être rattaché.

1672. Les comtes de Linange-Dabo refusèrent allégeance à Louis XIV engagé dans la politique des Réunions, et prirent les armes contre lui.

1677 (13 mars). Après un long siège, le château de Dabo dut capituler.

1679. Il fut détruit  sur ordre de Louis XIV et de Louvois, son ministre d’État.

1681 (Septembre). Capitulation de Strasbourg. La ville libre d’empire devint française.

1697. Le traité de Ryswick rendit le comté aux Linange-Dabo, principauté germanique dès lors enclavée entre le duché de Lorraine redevenu indépendant et l’Alsace devenue française.

1793. Les Linange-Dabo comptèrent parmi les princes possessionnés que la Convention nationale déposséda, afin de réunir leurs seigneuries à la France. Le comté de Dabo fut alors rattaché au département de la Meurthe.

1801 (9 février). Le traité de Lunéville, conclu entre Bonaparte et le Saint-Empire romain germanique, octroya aux Princes de Linange, en compensation de leurs pertes territoriales en France, des compensations en Allemagne, en particulier Amorbach en Bavière ».

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1753. Rousseau par de La Tour

Portrait de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) par Maurice Quentin De La Tour, réalisé en 1753, reproduit quatre fois par le pastelliste lui-même, la quatrième en 1763.

Les multiples péripéties de ce portrait sont résumées ci-dessous dans la biographie partielle de Jean-Jacques Rousseau. Elle porte sur les années 1749 à 1763. Pour aller plus loin, lire le texte du Musée de Montmorency et celui de Patrick Aulnas (blog Rivage de Bohême)  

Biographie 1749 à 1763 : célébrité et tourments (citations d’extraits de la rubrique de Wikipédia)

1748. Le contexte historique. Le traité d’Aix-la-Chapelle, négocié d’avril à octobre, met fin à la guerre de Succession d’Autriche. La France l’a emporté, mais Louis XV veut être un prince de paix et décide de ne pas annexer de territoire (en particulier les Pays-Bas autrichiens, la Belgique d’aujourd’hui). Il n’est pas compris par tous : Bête comme la paix, Faire la guerre pour le Roi de Prusse. Néanmoins, la France est encore le royaume le plus puissant d’Europe.

Musée Antoine Lécuyer, dit aussi Musée Quentin de La Tour

1749 (Rousseau a 37 ans). « L’Académie de Dijon met au concours la question : Le progrès des sciences et des arts a-t-il contribué à corrompre ou à épurer les mœurs ? Encouragé par Diderot, Rousseau participe au concours. Son Discours sur les sciences et les arts soutient que le progrès est synonyme de corruption.

Il obtient le premier prix. L’ouvrage est publié en 1750 et son auteur acquiert immédiatement une célébrité internationale. Ce discours suscite de nombreuses réactions ; pas moins de 49 observations ou réfutations paraissent en deux ans, ce qui permet à Rousseau d’affiner son argumentation dans ses réponses.

Il abandonne alors ses emplois de secrétaire et précepteur pour se rendre indépendant, et vit grâce à ses travaux de transcription de partitions musicales. Mais ce sont ces idées développées dans le Discours qui vont progressivement éloigner Rousseau de Diderot et des philosophes de l’Encyclopédie.

1752 (40 ans). Son intermède en un acte, Le Devin du village, est représenté devant le roi Louis XV et la Pompadour. C’est un succès, mais Rousseau se dérobe le lendemain à la présentation au roi, refusant de ce fait la pension qui aurait pu lui être accordée.

1752 voit le début de la querelle des Bouffons. Rousseau y prend part auprès des encyclopédistes en rédigeant sa Lettre sur la musique française, dans laquelle il affirme la primauté de la musique italienne sur la musique française, celle de la mélodie sur l’harmonie, écorchant au passage Jean-Philippe Rameau« .

1753 (41 ans). Premier portrait au pastel de Jean-Jacques Rousseau par de La Tour, exposé au salon de 1753. Le peintre et le philosophe se rencontrent probablement vers 1750, au Salon de M. de la Poplinière, grand amateur de musique. Leurs liens vont se renforcer lors de la représentation du Devin du Village. En effet, mademoiselle Fel, maîtresse du peintre, tenait le rôle principal de l’opéra composé par le philosophe.

1754 (42 ans). « L’Académie de Dijon lance un autre concours auquel il répond par son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. Rousseau y défend la thèse selon laquelle l’homme est naturellement bon et dénonce l’injustice de la société. L’œuvre suscite une vive polémique de la part notamment de Voltaire. Sans attendre le résultat du concours, Rousseau décide de se ressourcer à Genève. Célèbre et admiré, il est bien accueilli. Dans le domaine des idées, Rousseau s’éloigne des encyclopédistes athées qui croient au progrès, alors que lui prône la vertu et l’amour de la nature. Il reste fondamentalement croyant, mais abjure le catholicisme et réintègre le protestantisme, redevenant par là citoyen de Genève.

Rousseau ne s’adresse plus seulement à la société bourgeoise comme les artistes de cour ou les érudits des siècles précédents. Il n’a de cesse de s’adresser à un autre public, différent de celui de la haute société qui hante les salons littéraires. Progressivement, sa célébrité devient funeste selon ses propres termes, cette célébrité qu’il a cherchée comme une arme sociale se retourne contre lui, et il entre dans une paranoïa.

1756 (44 ans). Mme d’Épinay met à sa disposition l’Ermitage, une maisonnette située à l’orée de la forêt de Montmorency. Il s’y installe avec Thérèse Levasseur puis commence à rédiger son roman Julie ou la Nouvelle Héloïse et son Dictionnaire de la musique.

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1735. Voltaire par de La Tour

Biographie. 42 premières années de François Marie Arouet, dit Voltaire. Né à Paris en 1694, mort en 1778 à l’âge de 84 ans. Sources : citations de Wikipédia, photos de portraits de Voltaire, peints par Quentin de Latour en 1735 et 1736, exposés au Musée éponyme à Saint-Quentin (Aisne), et reproduits en fin de chronique.

De La Tour, Voltaire, Rousseau : diaporama de 14 photos.

Atelier de Jean-Baptiste Lemoyne, Buste de Voltaire, Terre cuite patinée, non daté

1694. « François-Marie Arouet est le deuxième fils de François Arouet, notaire au Châtelet, marié avec Marie-Marguerite Daumart, fille d’un greffier criminel au Parlement. Son père revend en 1696 sa charge de notaire pour acquérir celle de conseiller du roi, receveur des épices à la Chambre des comptes.

1704-1711 (10-17 ans). François-Marie Arouet entre à dix ans au collège Louis-le-Grand chez les Jésuites. Il y reste durant sept ans. Les jésuites enseignent les langues classiques et la rhétorique mais, dans la ligne de leur Ratio Studiorum, veulent avant tout former des hommes du monde et initient leurs élèves aux arts de société : joutes oratoires, plaidoyers, concours de versification et théâtre.

Arouet est un élève brillant. Sa toute première publication est son Ode sur sainte Geneviève. Il apprend au collège Louis-le-Grand à s’adresser d’égal à égal aux fils de puissants personnages, et tisse de précieux liens d’amitié, très utiles toute sa vie : entre bien d’autres, René-Louis et Marc-Pierre d’Argenson, futurs ministres de Louis XV, et le futur duc de Richelieu.

1711-1718 (17-24 ans). Débuts comme homme de lettres et premières provocations

1711 (17 ans). Arouet quitte le collège à dix-sept ans et annonce à son père qu’il veut être homme de lettres, et non avocat ou titulaire d’une charge de conseiller au Parlement. Devant l’opposition paternelle, il s’inscrit à l’école de droit. Il fréquente la société du Temple, qui réunit dans l’hôtel de Philippe de Vendôme, des membres de la haute noblesse et des poètes, connus pour leur esprit, leur libertinage et leur scepticisme.

1715 (21 ans), 1715, mort de Louis XIV et début de la Régence. Arouet est si brillant et si amusant que la haute société se dispute sa présence. Il se retrouve dans le camp des ennemis du Régent.

1716 (22 ans). Il est exilé à Tulle. Son père use de son influence auprès de ses anciens clients pour fléchir le Régent qui remplace Tulle par Sully-sur-Loire.

1717 (23 ans). Lié d’amitié avec un certain Beauregard, en réalité un indicateur de la police, il lui confie être l’auteur de nouveaux ouvrages de vers satiriques contre le Régent et sa fille. Il est envoyé à la Bastille par lettre de cachet. Il restera embastillé durant onze mois.

 À sa sortie de la Bastille, conscient d’avoir jusque-là gaspillé son temps et son talent, Arouet veut devenir célèbre dans les genres les plus nobles de la littérature de son époque : la tragédie et la poésie épique.

1718 (24 ans). Sa première pièce écrite sous le pseudonyme de Voltaire, Œdipe, obtient un immense succès. Le public aime ses vers en forme de maximes et ses allusions impertinentes au roi défunt et à la religion.

Portraits de Voltaire et de Rousseau par Quentin de la Tour. (voir également en fin de chronique)

1723 (29 ans). Voltaire connaît un nouveau succès avec La Henriade, poème épique de 4 300 alexandrins se référant aux modèles classiques (Iliade, Énéide) dont le sujet est le siège de Paris par Henri IV et qui trace le portrait d’un souverain idéal, ennemi de tous les fanatismes.

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1784, Compiègne, grenier à sel

Histoire de greniers à sel, à céréales, et d’abondance. Greniers de Compiègne (1784), de Metz (1457), de Strasbourg (1441).

Diaporama de 22 photos

A. 1784, Compiègne, Grenier à sel, architecte Nicolas Ledoux. Texte de François Callais, Président d’honneur de la Société historique de Compiègne.

« Par une charte de Charles VI, le grenier à sel de Compiègne avait été transféré en 1396 de Noyon pour dédommager la ville d’avoir perdu les tournois qui s’y faisaient autrefois et le commerce du vin de bourgogne. On y trouvait l’entrepôt, l’administration et la juridiction de la gabelle, l’impôt sur le sel créé par Philippe VI en 1341.

Son emplacement compiégnois a varié. Tout d’abord installé sur les quais de l’Oise à proximité du port à vin, il est déplacé   par l’intendant Bertier de Sauvigny  à la place de l’ancienne prison, en face de laquelle les condamnés à mort avaient été pendant si longtemps suppliciés.

Les travaux, qui s’achevèrent en 1784, furent dirigés par l’architecte Claude Nicolas Ledoux, le constructeur des Salines d’Arc et Sénans (Franche-Comté) et des pavillons d’entrée de l’ancien mur d’octroi à Paris. Le manque de recul s’explique par les contraintes d’un terrain placé obliquement et exigu.

L’appareillage des murs en refend, le fronton creusé d’une niche et reposant sur des consoles contribuent à l’aspect monumental de ce bâtiment fonctionnel. Les motifs sculptés du fronton sont malheureusement très abîmés et ont souffert du vandalisme révolutionnaire: statues décapitées, couronne et armes de France martelées. Une large ouverture en plein cintre permettait d’accéder à l’entrepôt du rez-de-chaussée et, par un escalier, aux locaux judiciaires ». 

« La gabelle ayant été officiellement supprimée en mai 1790, les bâtiments servant de grenier à sel ont été soit aliénés soit réemployés à d’autres usages administratifs ». Lire la suite du texte.

Pour aller plus loin. Greniers à sel, article de Wikipédia.

« Les greniers à sel, créés en 1342, sont des entrepôts pour le sel de gabelle. Ils sont aussi des tribunaux pour juger les litiges sur la gabelle jusqu’à la valeur d’un minot (soit environ 52 litres). Les quantités supérieures sont du ressort des cours des aides.

Sous Charles VI, l’administration des greniers à sel est confiée à des agents royaux qui font office de vendeurs du sel, assistés de mesureurs et de regrattiers chargés de la vente à la petite mesure, de receveurs de la gabelle, et de juges des contentieux relatifs à la perception de la gabelle.

Au XVIe siècle, l’affermage de la gabelle se généralise. Les agents des greniers sont alors déchargés de leurs activités commerciales et fiscales. Ils se consacrent principalement à des fonctions de police et justice pour lesquelles sont créés des offices de lieutenants, procureurs, sergents, greffiers, et contrôleurs.

Avant la Révolution de 1789, il y avait 250 greniers à sel dans les pays de grande gabelle et 147 dans les pays de petite gabelle »;

B. 1457, Metz, Musée de la Cour d’Or, Grenier de Chévremont

« Le grenier de Chèvremont est construit par la cité messine vers 1457. Il est doté de murs-écrans , surmontés de merlons. Son aspect géométrique est renforcé par le percement strict des fenêtres, alignées en série sur ses façades. Le rez-de-chaussée, divisé en quatre travées, repose sur des arcades en plein cintre. Ce niveau était ouvert à l’origine sur une cour intérieure, formée avec les bâtiments voisins. Les quatre étages, soutenus par de forts piliers à l’aplomb des arcades, sont conçus pour le stockage. Un maillage de poutres de chêne, au niveau des planchers, assure la stabilité de l’ensemble.

Conçu d’abord pour servir d’arsenal, le bâtiment est transformé en grenier à céréales dès la fin du XVe siècle. Il sert ensuite d’entrepôt pour la ville. Comme son nom l’indique, l’usage du bâtiment fut pendant longtemps utilitaire. Le grenier de Chèvremont est aujourd’hui partie intégrante des musées de Metz, dont il abrite, au niveau de la cour, une galerie dédiée à la statuaire religieuse lorraine.

C. 1441, Strasbourg, Ancien grenier d’abondance

« Au moyen âge, le grenier à grain mesurait 130 mètres de long, il est de nos jours partiellement conservé.

Pour sa construction on a utilisé les restes de l’enceinte du castrum Romain. Au milieu du XVIe siècle, installation d’une 2e rangée de piliers.

Le grenier à grain servait de réserve pour les mauvaises récoltes. Il servait aussi de réserve en cas de siège de la ville (au moyen-âge) lorsque Strasbourg avait encore ses remparts.

Pour l’anecdote, les réserves ont déjà contenu suffisamment de nourriture pour nourrir toute la ville pendant une année. A l’époque de la ville libre, Strasbourg était riche.

En 1805, une réorganisation des archives s’ impose pour trouver une solution, le préfet Shee obtient de la ville l’ancien grenier d’ abondance, elles déménagent en 1896 rue Fischart, devenu par la suite le magasin de décors du théâtre. L’ancien grenier à Grain est occupé aujourd’hui par le stock de costumes de l’opéra du Rhin.

Pour aller plus loin. Grenier d’Abondance, Strasbourg, compte-rendu par Koch Jacky, Persée, Archéologie médiévale, Année 1999, 29 p.

Pour aller plus loin. Histoire de la culture des céréales au 18ème siècle.

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2000 vins pour garder goût et odorat

Gardons le sourire en cette période de pandémie ! Une exposition et une conférence bienvenues à la BNUS !

Deux mille vins. Exposition à partir du 18 septembre 2020

Rions un peu. Boire 2000 vins pour garder ou retrouver le goût et l’odorat ?

Article sur la Covid 19. « Les symptômes de perte d’odorat (anosmie) et de goût (agueusie) ont été mis en évidence par de nombreuses études. La plus récente, publiée dans le Journal of Intern Medicine, mi-avril 2020, indique qu’il s’agit bien de « symptômes spécifiques » qui pourraient être en partie liés à une obstruction ou un écoulement nasal.  Mais les troubles olfactifs et gustatifs pourraient aussi être liés au potentiel neuro-invasif du virus ».

« La perte du goût ne serait pas seulement la conséquence d’une obstruction nasale ou d’une rhinorrhée (écoulement nasal) ». 

« La capacité de la Covid-19 à envahir le bulbe olfactif et, par conséquent, le système nerveux central, est probablement une piste » pour expliquer l’anosmie, relèvent les chercheurs ».

Conférence de la BNU.  L’évolution de la dégustation des vins et la consécration de l’odorat au 20e siècle. Avec Olivier Jacquet. Mardi 22 septembre 2020 à 18h30. BNUS,  Auditorium 1er étage. Entrée libre, sur réservation.

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1685-1789. Magistrat de Strasbourg

Source principale. Paul Greissler, La classe politique dirigeante à Strasbourg 1650 à 1750, Le Quai Éditions, 1987, 302 pages. Album de 6 photos en grand format.

« Entre les 13ème et 18ème siècles, la ville de Strasbourg est gouvernée par trois conseils et un Ammestre. L’ensemble est appelé le Magistrat.

Cette organisation permettait aux grandes familles patriciennes strasbourgeoises de détenir les pouvoirs, selon un système oligarchique ».

Après la capitulation de Strasbourg en septembre 1681 (chronique du blog), et le rattachement à la France qui s’en est ensuivi, Louis XIV conserve le système municipal organisé avec trois pôles de pouvoir depuis le 13ème siècle. Mais le Magistrat strasbourgeois n’a plus de pouvoir que sur le papier d’un organigramme particulièrement complexe.

Dans les faits, les pouvoirs du Magistrat sont passés aux mains de Gens du Roi, à l’Intendant, au Préteur royal, au Gouverneur militaire et au Conseil souverain d’Alsace (équivalent des Parlements des autres régions du Royaume, créé en septembre 1657 par Louis XIV à la suite de la réunion de l’Alsace à la France par les traités de Westphalie de 1648).

D’autre part, Louis XIV institue l’Alternative, procédure qui vise une égalité des confessions protestante et catholique au sein de chacune des instances du Magistrat. Strasbourg étant protestante, l’égalité ne peut s’obtenir que par la conversion de protestants au catholicisme (ce fut le cas pour Ulrich Obrecht, préteur royal, 1685-1701), et/ou par le remplacement – par un catholique – d’un protestant arrivé en fin de mandat. L’Alternative sera combattue systématiquement, en particulier dans l’université protestante, jusqu’à la Révolution.

Ulrich Obrecht. Gravure au Musée historique de Strasbourg

Suite de la chronique : pages 2 et 3

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Sarrebourg, un Hôtel du 18ème

Sarrebourg : Hôtel des Saintignon devenu bibliothèque municipale. Portail en grès rose des Vosges.

Album de 15 photos en grand format.

« C’est le monument le plus prestigieux laissé par le 18ème siècle à Sarrebourg. Construit par Marie-Joseph-Maurice de Saintignon (1727-1806), cet hôtel, rue de la Paix, abrite aujourd’hui la bibliothèque municipale » (source : Petit patrimoine)

« La famille de Saintignon est une famille subsistante de la noblesse française, d’ancienne extraction, originaire de Verdun, où, selon Bernard Chérin, elle est citée au XVe siècle dans l’échevinage de cette ville. Elle occupa la charge de bailli de l’évêché et comté de Verdun de 1591 à 1633″.

« La sobriété du bâtiment contraste avec le portail monumental. Deux pilastres cannelés supportent un fronton arrondi orné d’un médaillon de style rocaille. De chaque côté, deux lions surplombent les portes piétonnes.

Aujourd’hui, le portail est fermé par une grille de Sandor Kiss artiste mosellan, qui s’intègre fort bien à l’architecture 18ème.

Dans la cour, donner un coup d’œil aux fenêtres décorées d’agrafes en forme de coquilles asymétriques et à une fontaine de style rocaille ».

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18ème. Approvisionner Strasbourg

Valérie Feuerstoss, Nourrir, chauffer, éclairer les habitants de Strasbourg au XVIIIème siècle : les autorités et l’approvisionnement (1681-1788), doctorat d’Histoire sous la direction de Claude Muller. Université de Strasbourg, 2015, 829 pages.

Résumé. « Au XVIIIe siècle, il incombe aux autorités de veiller à l’approvisionnement des habitants en denrées alimentaires, en combustibles et en chandelles de suif. Le rattachement de Strasbourg au royaume de France de Louis XIV en 1681 signifie la fin de l’indépendance de la cité, le préteur royal étant à la tête du magistrat. Quelle conséquence cette évolution institutionnelle a-t-elle sur la politique d’approvisionnement de la ville ? Celle-ci demeure régulièrement perturbée par les accidents météorologiques, les guerres et les agissements des spéculateurs. Elle doit par ailleurs répondre à une demande croissante. La cité continue de se ravitailler en grain et en vin dans la province d’Alsace, mais elle recourt à l’importation pour le bois de chauffage, les bestiaux ou encore le café. Les tribus, à l’instar de celle des bouchers, jouent un rôle important dans l’approvisionnement de la ville qui se trouve compromis en 1788 ». Le premier prêteur royal, Ulrich Olbrecht, 1685-1701

Article : Revue d’Alsace, 142-2016, pages 405-410.

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Musée de Marsal. Sels et Saints

Marsal. Le musée départemental du sel est « abrité dans l’une des deux anciennes portes fortifiées, dite Porte de France, vestige des fortifications de Vauban. Il est la propriété du Conseil Départemental de la Moselle et fait partie du réseau des sites Moselle Passion.

Marsal se situe au cœur du pays du Saulnois. Il y a 200 000 millions d’années, la mer du Nord descendait jusqu’en Lorraine. Dès l’âge du fer, une exploitation des mares salées s’est développée à une échelle quasi-industrielle : elle produisait 20 000 tonnes de sel par an.

Les nombreuses sources salées sur le territoire Marsal, fortifié dès le XIIIe siècle, suscite la convoitise des ducs de Lorraine, des évêques de Metz et des rois de France ».

Sels et Saints. Album de 30 photos (août 2020).

Nouvelle muséographie. » Le musée tente de restituer au visiteur le processus d’exploitation de « l’or blanc », à travers les techniques de production depuis la préhistoire et évoque également l’histoire de l’ancienne place forte de Marsal. Il présente une partie des collections provenant des fouilles du briquetage de la Seille, qui illustrent les relations complexes de l’homme au sel au cours de l’histoire ».

Trois œuvres religieuses exposées dans le Musée. Sels et Saints. Citations des cartels.

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1722. Portail du Poêle à la Fleur

Suite de la chronique du blog (30 novembre 2019) : Strasbourg. Corporations de bouche. Corporation des Bouchers dite A la Fleur (bouchers, tripiers, fabricants de saucisses). Emblème : le bœuf ou un outil de coupe.

1722. Portail du Poêle à la Fleur  (source Horizon nomade)

« Du XIV° siècle jusqu’en 1791, la corporation des Bouchers avait son Poêle dit A la Fleur au n°19, rue des Bouchers. La porte d’entrée était décorée d’une fleur sculptée dans la pierre et le bâtiment renfermait une écurie pour 120 chevaux.

Les Balades Strasbourgeoises font remonter la date du portail à 1722, et lui attribuent un style classique d’époque Louis XIV.

Diaporama de 19 photos du Portail (en grand format, juin et août 2020)

Lors des travaux de la Grande percée en 1933, le bâtiment du Poêle fut démoli mais son portail d’entrée fut conservé et remonté rue de Rohan en 1953″.

Corporation de la Fleur (source Archi-Wiki)

« Adresse citée depuis 1398 par Seyboth dans Das Alte Strassburg, sous l’appellation Der Metziger Trinkstube , maison reconnaissable par la présence d’une fleur sculptée et abritant le Poêle des Bouchers. Nouvelle construction en 1558.

Le bâtiment de 1722. « Seul subsiste le portail d’entrée qui a été réinstallé au 3 rue de Rohan. Celui-ci est plutôt classique avec son fronton triangulaire, mais les consoles supportant le fronton, le cartouche naturaliste avec son décor floral qui orne le tympan, et le vase de fleurs qui le surmonte lui donnent une touche baroque. Ce portail est de style Louis XIV d’après la documentation de l’office du tourisme Sur les traces des corporations de métiers« .

Mais pourquoi la toute proche Fondation de l’Oeuvre Notre-Dame n’entreprend-elle pas la restauration de l’ensemble du tympan ? Couvert de vigne-vierge morte, le vase de fleurs n’est pas lisible ; de loin, il ressemble à un nid de cigogne déserté.

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