Archives de Catégorie: C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne)

Camille Brès : Coloration Maison

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« La Galerie Ariane C-Y a présenté en décembre 2020 six œuvres de Camille Brès, marquant l’entrée de l’artiste à la galerie. Ce printemps, une plus large sélection regroupe principalement des gouaches peintes entre 2018 et 2021.

En 2018, l’artiste opère un changement dans sa pratique en passant de la peinture à l’huile sur toile à la gouache sur papier. Ce medium lui impose de nouvelles contraintes : maîtrise de la charge en eau, des craquelures, reprises différentes de celles autorisées par l’huile… C’est toute une technique que l’artiste s’approprie au fil des mois. L’exigence de la gouache affirme son style. Une palette vive, de larges aplats vibrants, une touche lisse, des compositions rigoureuses, une place laissée par endroit au motif : tout ceci constitue les lignes de force du style de Camille Brès.

Il y a quelques mois, la peintre opère le mouvement inverse et reprend la pratique de l’huile sur toile. Coloration maison est l’une des premières huiles de cette nouvelle génération. Elle donne son nom à l’exposition. La coloration ou l’action par laquelle un corps devient coloré (Littré) résume en un mot la peinture. Celle de Camille Brès est « maison», à la fois intime et profondément révélatrice de notre époque ».

2020. Retour en vidéo (3’27) sur la fresque participative réalisée à l’entrée du 2b rue de Brantôme au Neuhof à strasbourg,  avec Sherley Freundenreich et Camille Brès, en partenariat étroit avec l’Agate Neuhof et Ophéa la semaine du 22 juin 2020.

2017. Chronique du blog Histoires d’universités : Galeristes, peintres, critiques d’art. Camille Brès ou les perspectives quotidiennes, Galerie Jean-François Kaiser, Strasbourg

2013. J’ai découvert Camille Bres dans son atelier du Bastion 14 à Strasbourg. Un coup de cœur pour une de ses premières peintures, La boxe. Je l’ai achetée. C’était la première fois de ma vie que j’acquérais une toile d’un « vrai peintre ». Aider une jeune diplômée de l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg (devenue aujourd’hui HEAR)… Mécène d’un instant ! Mécène, un métier incontournable dans le marché de l’Art.

2015. Je suis retourné aux Ateliers ouverts du Bastion 14. En 2015, Camille commençait sa série intitulée les Plateaux. Des grands tableaux. J’ai adoré celui de droite en particulier.

2016. Nouvelle visite au Bastion 14 (chronique du blog et photos). En parallèle à la série Plateaux, Camille peint également une autre série en format plus petit : Lavabos. Marché de l’art et taille des appartements obligent !

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1766-1767. Blondel, l’Aubette

Suite de la chronique 1764-1770. Échec du plan Blondel. Seconde chronique sur l’œuvre de Blondel à Strasbourg : l’Aubette : trois époques. Source : extraits de Wikipédia.

Diaporama de 24 photos (Pierre Dubois, avril 2021).

A. L’Aubette, époque 1. « En 1765, Louis XV confie la modernisation de Strasbourg à l’architecte Jacques-François Blondel (1705-1774).

Les nouveaux plans d’aménagement qu’il conçoit comprennent la création d’une place centrale (actuelle place Kleber) encadrée de deux bâtiments monumentaux.

Faute de ressources, un seul des bâtiments est finalement réalisé : l’Aubette (1766-1767). Il s’agit d’un long immeuble de facture classique.

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L’Aubette est pendant un siècle à destination militaire : il est prévu pour abriter des logements et un corps de garde, ainsi que la Chambre de la Maréchaussée. Son nom correspond sans doute à l’un des sens anciens du mot aubette (abri). On dit aussi qu’il viendrait du mot aube, en raison des relèves de la garde militaire qui s’effectuent chaque jour à l’aube devant le bâtiment.

Blondel prévoit de régulariser l’espace de la place en accentuant sa forme en fer-à-cheval. Les deux côtés, au nord et au sud, sont infléchis par des façades reprenant l’élévation du bâtiment militaire de l’Aubette. À l’ouest, un arc de cercle, prévu à l’origine pour une salle de spectacles, est réservé à une vaste auberge, la future Maison rouge.

La conjoncture pré-révolutionnaire et le manque de finances entraveront le programme ambitieux de Blondel. Il ne sera concrétisé qu’avec le bâtiment de l’Aubette.

Au 19ème siècle, l’Aubette abrite le bureau de l’état-major et un café-concert au premier étage. Celui-ci cède sa place en 1869 au musée municipal de peinture et de sculpture ».

B. Époque 2. 1870, l’aubette incendiée. 1877, l’Aubette reconstruite.

« Lors de la guerre franco-allemande de 1870, les troupes allemandes font le siège de la ville et la bombardent. Le 24 août, l’Aubette et son musée sont détruits par un violent incendie qui ne laisse subsister que la façade.

L’architecte officiel de la Ville de Strasbourg, Jean Geoffroy Conrath, dirige la reconstruction à partir de 1873, conserve la façade tout en y apposant des ajouts sculptés et réalise un nouveau toit en ardoise à comble brisé tout à fait étranger au projet de Blondel. La réhabilitation du bâtiment est achevée en 1877.

La façade est alors ornée de médaillons représentant les portraits de musiciens célèbres (Auber, Bach, Beethoven, Gluck, Haendel, Haydn, Mozart, Rossini, Weber…).

Chronique du blog : Ludwig van Beethoven, 30 ans en 1800

Dans les pas de Mozart à Strasbourg, DNA, 21 août 2020. « En 1778, Mozart a 22 ans passe quelques semaines à Strasbourg. Il y donne plusieurs concerts, avant de retourner en Autriche. Son séjour fut bref, mais il marqua les esprits ».

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1764-1770. Échec du plan Blondel

Strasbourg, 1764-1770. Le pourquoi du Plan Blondel ? Le pourquoi de son échec? Source 1 : citations de la notice sur Jacques-François Blondel dans Alsace-Histoire.org.

« Appelé à Strasbourg pour deux semaines en août 1762 pour étudier les problèmes de la reconstruction de la tour de croisée de la cathédrale détruite par la foudre en 1759, Jacques-François Blondel intervint également dans la décoration du chœur de l’édifice, réalisée sous la direction de J. Massol, et notamment en automne 1765 en ce qui concerne le remaniement du dessin de la grande grille de ferronnerie exécutée par J.-B. Pertois.

Grâce aux appuis conjugués de Marigny, du duc de Choiseul, premier ministre de Louis XV, et du préteur royal Gayot, Blondel fut nommé, le 2 juin 1764, architecte chargé de proposer un plan général d’embellissement de Strasbourg. Il  séjourna trois semaines à Strasbourg à partir du 18 juin 1764, puis revint en septembre en proposant un premier plan accepté par la ville, mais rejeté en 1765 par Choiseul qui le jugea décevant.

 Il fit un nouveau séjour à Strasbourg de juin à septembre 1765 pour élaborer un deuxième plan, approuvé officiellement par la ville le 19 octobre suivant, puis par Choiseul en avril 1766, avec de nombreux amendements.

Le plan comportait essentiellement la régularisation de la place d’Armes (actuelle place Kléber), la construction d’un nouvel hôtel de ville sur la future place royale (actuelle place Gutenberg), le redressement d’un grand nombre d’alignements dans les vieilles rues de la ville et la construction de nouvelles casernes ».

J-F. Blondel, Hôtel de Ville de Strasbourg, projet de la façade latérale, 1765, dessin à l’encre, lavis couleur, Archives municipales, Strasbourg

« Début des travaux de la place d’Armes au printemps 1766 par le bâtiment de l’Aubette, achevé au cours de l’été 1767 (chronique à suivre sur l’Aubette – photo ci-dessous).

Approbation royale officielle du plan de Blondel en 1768, mais arrêt des travaux dès 1770« .

Publication en 1771 du Cours d’architecture civile où figurent les plans pour Strasbourg. Élaboration enfin d’un dernier ouvrage, l’Homme du monde éclairé par les arts, qui parut au printemps 1774, trois mois après la mort de l’architecte.

Source 2. Jörg Garms, Le plan d’urbanisme de Strasbourg dressé par Jacques-François Blondel en 1764-1769, Cahiers Alsaciens d’Architecture d’Art et d’Histoire, tome XXI, 1978, pp. 103-141, larges extraits de l’article Blondel dans Maisons de Strasbourg.

« Le 10 avril 1764, le Magistrat de Strasbourg s’adresse au duc de Choiseul pour le prier de « lui nommer un architecte habile » qui puisse dresser un « plan invariable de la ville ». C’est le préteur royal Gayot qui a fait savoir, peu de temps auparavant au Magistrat, le désir du premier ministre de se voir adresser une telle demande. La réponse était donc toute prête et c’est Jacques François Blondel qui est désigné.

Théoricien célèbre pour son enseignement, âgé alors de quarante-sept ans, Blondel a pourtant encore peu de réalisations à son actif. Mais il vient justement de diriger de 1761 à 1764, à la demande du maréchal d’Estrées, l’aménagement des abords de la cathédrale de Metz et des édifices publics qui l’entourent.

Rapidement dressé, approuvé par le Magistrat dès octobre 1765 puis par Choiseul en avril 1766, ce plan de rénovation urbaine devait rapidement rencontrer des difficultés de toute sorte et surtout des oppositions, de sorte qu’en 1774, à la mort de son auteur, il est pratiquement abandonné, tout en restant de longues années encore, le document auquel se réfèrent les architectes successifs de la ville, lorsqu’ils doivent prévoir des aménagements.

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1720-1730. Maison au blaireau

La place du Marché-aux-Poissons est une place du centre de Strasbourg, située au bord de l’Ill, au pied de la cathédrale et à proximité immédiate du Palais Rohan.

Selon Adolphe Seyboth (1890), l’emplacement aurait successivement été désigné ainsi : Holzmerket, Forum lignorum (1240, 1350, 1466, 1587), Holzstaden (1600), Krautmarkt (1672, 1680), marché aux herbes (1680), marché aux choux (1765, 1771), nouveau marché aux poissons (1812, 1815), place du blaireau (1820), Dachsstaden (1820), place de la halle au poisson (1815).

n°2 : Cette maison dite Au blaireau se situe sur l’emplacement d’une construction mentionnée au XIIIe siècle sous le nom de Domus ad nasum in aqua (la maison au nez dans l’eau), renommée Zum langen Nasen (au long nez) au 18ème siècle.

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Les encadrements et moulurations des fenêtres du premier étage témoignent de survivances Renaissance, auxquelles se sont ajoutées quelques innovations, telles que les fenêtres cintrées du second étage et le toit à la Mansart.

no3 : Ancienne maison d’artisan, elle a probablement été reconstruite au 18ème siècle, mais conserve des réminiscences de la Renaissance, tel l’encorbellement supporté par une console ornée d’un masque dans un décor végétal, à l’angle de la rue du Dévidoir.

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18ème. Thionville en Luxembourg

A. 1659-1790. Thionville, capitale du Luxembourg français. Source : citations de l’article de Wikipédia

  • B. Les gouverneurs militaires de Thionville au 18ème siècle
  • C. Les fortifications de la citadelle aux 17ème et 18ème siècles

« Prise par le prince de Condé en 1643, la ville est cédée à la France par le traité des Pyrénées, qui consacre la défaite de l’Espagne (1659). Thionville devint alors la capitale du Luxembourg français, tout en étant réunie à la province des Trois-Évêchés (Évêché de Metz).

Les Français reprennent aussitôt les travaux de fortifications de la cité et Thionville devient, à la suite d’un édit de novembre 1661, le siège d’un bailliage rattaché au parlement de Metz et régi par la coutume de Luxembourg. La ville connaît alors une période de prospérité. Le nombre des communautés comprises dans le bailliage de Thionville était de 120 (ou 143 avec la seigneurie de Rodemack).

Thionville était le siège d’un archiprêtré faisant partie de l’archidiaconé de Marsal, auquel appartenaient environ 23 paroisses.

En 1790, la ville devient le chef-lieu d’un district qui comprend neuf cantons.

En 1792, la ville est assiégée par les troupes autrichiennes, renforcées par des bataillons de français émigrés, dont fait partie François-René de Chateaubriand. Les victoires et les annexions françaises ôtent à Thionville son rôle de ville frontalière et son importance stratégique.

B. 1643-1790. Les gouverneurs militaires de Thionville, Source : extraits du blog de Michel Persin, Histoire de Thionville, novembre 2020.

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Les gouverneurs de Thionville n’étaient pas des gouverneurs généraux mais des gouverneurs particuliers. Ils gouvernaient des places, en l’occurrence ici la citadelle de Thionville.

  • Lire la chronique du 24 mars 2021. Gouverneur général ou particulier. La chronique de ce jour fait en effet partie d’une série sur l’Administration du Royaume au 18ème siècle.
  • Les gouvernements généraux et particuliers (source Wikipédia) étaient des circonscriptions militaires de l’Ancien Régime : chacune constituait une portion du royaume de France soumise à l’administration militaire avec à sa tête un gouverneur nommé par le roi.
  • Selon l’ordonnance de 1499, le gouverneur avait pour mission de tenir le pays à eux commis en sûreté, le garder de pillerie et visiter les places et forteresses.
  • Jusqu’au 16ème siècle, il n’existait que 12 gouvernements, mais par suite de démembrements ce nombre s’éleva jusqu’à une quarantaine.

Lire la suite, page 2…

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1633-1789. Le parlement de Metz

« Le parlement de Metz est une Cour de justice souveraine du royaume, créée en 1633 et supprimée en 1789, dont le ressort correspondait principalement au territoire des Trois-Évêchés, les principautés épiscopales de Metz, Toul et Verdun, conquises par Henri II en 1552 ; il incluait aussi les territoires du Luxembourg français (Thionville) et de la Frontière de Champagne (Sedan).

Les Trois-Évêchés, qui relèvent de l’Empire, sont conservés par la France lors des traités de Cateau-Cambrésis (1559) et de Vervins (1598) ; leur annexion au royaume de France est reconnue par l’Empereur au traité de Münster (1648) ».

Ouvrage de 1845 (Gallica). Cliquer sur les images pour les agrandir

A. Le parlement de Metz. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

1633. Ce parlement est créé le 15 janvier par Louis XIII. « L’édit de création précise que les évêques de Metz, Toul et Verdun, l’abbé de Saint-Arnoul de Metz et le gouverneur de Metz sont et demeurent des conseillers de droit de cette cour, à qui sont accordés les mêmes droits, honneurs, prérogatives et privilèges qu’aux autres parlements de France.

Le parlement a le droit de remontrance à l’égard des nouvelles lois ; mais le roi peut le contourner en exerçant, en sa présence, un lit de justice.

Le parlement assume aussi les fonctions de Chambre des comptes, de Cour des aides et de Cour des monnaies.

L’édit de création du 15 janvier 1633 prévoit un premier président, six présidents à mortier et cinquante-quatre conseillers qui pouvaient siéger par semestre, sauf le chef de la Cour. Pour former cette première Cour, Richelieu a choisi d’y placer des magistrats d’autres ressorts dont les familles étaient restées fidèles au roi pendant les troubles de la Ligue.

Le parlement de Metz a été ensuite composé d’un Premier président, de douze présidents à mortier, de six conseillers d’honneur, de quatre conseillers chevaliers, de quatre-vingt-onze conseillers, tant clercs et laïcs, d’un procureur général, de deux avocats généraux et de sept substituts.

À la différence de la plupart des autres parlements, ses chambres sont renouvelées tous les six mois.

1634-1637. Pendant l’occupation du duché de Lorraine par les armées de Louis XIII, une cour souveraine est créée à Nancy, composée en majeure partie de magistrats détachés du parlement de Metz.

Par lettres patentes du 10 mai 1636, le parlement est transféré à Toul. L’entrée solennelle a lieu le 16 avril 1637.

1658. Le parlement a séjourné vingt ans à Toul. Il réintègre Metz le 1er décembre, après des années de tractations.

En septembre 1658, le roi Louis XIV lui accorde ses lettres de noblesse. Les membres du parlement sont automatiquement anoblis au bout de vingt ans de carrière (ou s’ils meurent en fonction avant 20 ans).

1661. Une chambre des requêtes du palais est créée pour juger en première instance les causes des chapitres, des communautés et de certains privilégiés.

1679-1686. Il existe dans le parlement une Chambre de réunion, destinée à étudier les droits que Louis XIV pouvait avoir sur certains territoires, ce qui a fourni le prétexte de la guerre de la ligue d’Augsbourg.

1697. Le traité de Ryswick restitue des territoires réunis au Royaume de France par la Chambre de réunion du Parlement de Metz. Chronique du blog, Ryswick : Louis XIV restitue.

1766. Le duché de Lorraine intègre le royaume de France, à la mort de Stanislas Leczinski selon les termes du traité de Vienne de 1738 qui met fin à la guerre de succession de Pologne. Chronique du blog

B. Un parlement singulièrement entreprenant, 1766-1771. Source 2 : citations de René Bour, Histoire de Metz, Éditions Serpenoise, 2007, pp. 142-148.

1766. « Devenu une Cour provinciale, le parlement reprit son ancien rôle et s’occupa davantage des intérêts du Pays messin. Ceux-ci étaient bien connus car depuis la fin du siècle précédent, les deux tiers de ses  membres appartenaient à des familles du terroir. On le vit se pencher sur les problèmes économiques, essayer, par exemple, de ranimer le commerce du cuir (objet d’un mémoire en 1768) et prendre des mesures pour empêcher la cherté des vivres.

Les protestations du Parlement dégénérèrent en lutte ouverte. Lors du conflit qui avait opposé le duc d’Aiguillon au parlement de Rennes, Calonne, alors intendant à Metz, avait accusé plusieurs conseillers bretons d’avoir décrié le roi. Dans un esprit de solidarité, les conseillers messins décidèrent que l’intendant ne serait plus invité à siéger au parlement tant qu’il ne se serait pas justifié de ses imputations calomnieuses.

Calonne, peint par Vigée Le Brun

Le roi chargea le gouverneur militaire de tenir une sorte de lit de justice pour obliger le parlement à rayer la délibération concernant Calonne. Mais la cour protesta et fit de nouvelles démonstrations, cette fois en faveur de parlement de Paris.

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Metz Cathédrale, portails gothiques

Cathédrale de Metz, deux portails gothiques dédiés au Christ et à la Vierge. Suite de la chronique sur le portail classique de Blondel (1766), démonté à la fin du 19ème pour être remplacé par le portail gothique de Tornow, dédié au Christ.

Trois pages pour cette chronique.

Le portail de la Vierge. Cliquer sur les images pour les agrandir

Page 1. La Cathédrale unifiée et unique. Sources. P-E Wagner, Metz, Cathédrale Saint-Étienne, Éditions du Patrimoine. Cathédrale de Metz. Histoire, Architecture (Wikipédia). René Bour, Histoire de Metz (la cathédrale, pages 102 à 106), Éditions Serpenoise, 2007.

La cathédrale est unifiée : elle est de style gothique, de plan basilical classique, construite en pierre de Jaumont, pierre calcaire blonde. Unifiée car les différentes phases de construction, puis de restauration ont toujours respecté et globalement maintenu le projet originel de la première moitié du 13ème siècle.

Elle est unique parce qu’elle a un plan tout à fait bizarre. Elle possède deux tours (la tour de Mutte et la tour du Chapitre), mais celles-ci ne bordent pas la façade occidentale : de hauteurs inégales, elles sont situées de part et d’autre de la nef en son milieu. Elle possède plusieurs portails, mais deux d’entre eux (le portail du Christ et le portail de la Vierge) sont presque mitoyens. Des contreforts stabilisent les murs de la nef et du chevet, mais il n’est pas recouru aux arcs-boutants pour la façade sud jusqu’au transept…

Deux raisons principales pour rendre compte de l’unicité de la cathédrale de Metz. Les bâtisseurs du monument gothique ont dû composer avec l’existant : préexistaient la cathédrale romane ottonienne et la collégiale Notre-Dame-la-Ronde (les 3 premières travées de la nef). Le mur qui la séparait de la cathédrale n’a pas été détruit tout de suite.

L’autre raison principale de l’unicité est liée à la succession de plusieurs périodes de construction. Première campagne (1237-1380) : construction de la nef et reconstruction, dans le style gothique, de la collégiale Notre-Dame-la-Ronde. Deuxième campagne (1440-1552) : destruction puis reconstruction du transept et du chœur ottoniens. Troisième grande campagne : la refonte néogothique (1874-1903). Les derniers ajouts de Blondel (portail de 1764) sont détruits en 1898, pour faire place à un portail de style néogothique inauguré en 1903 par l’empereur Guillaume II, sous la direction de l’architecte Paul Tornow. Les sculptures, sur le tympan du portique, représentent le Jugement dernier« .

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1766. Metz. Le portail de Blondel

Cathédrale de Metz. Le portail occidental de Blondel (1764-1766). Suite des chroniques sur Metz au 18ème siècle.

1766. Jacques-François Blondel, architecte du roi, a terminé le portail occidental de la cathédrale de Metz, portail de style classique. Des photos du début du 20ème siècle en montrent l’état : un portail triste car noirci par presque un siècle et demi de pollution.

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1903. L’œuvre de Blondel est démontée et remplacée par un portail néo-gothique, conçu par Paul Tornow (1848-1921).

Diaporama de 25 photos prises dans les expositions 2018 à Paris et à Metz ou extraites de Jacques-François Blondel, Architecte des Lumières à Metz, Connaissance des Arts, hors série, 2018.

A. La cathédrale Saint-Étienne. Source 1 : extrait de Coupefilart.

« Symbole de toute une ville, la cathédrale Saint-Étienne se dresse fièrement depuis plus de sept siècles au centre de Metz. Avec des voûtes culminant à 42 mètres, cet impressionnant vaisseau en pierre est l’un des plus hauts édifices gothiques de France.

Jusqu’au milieu du 18ème siècle, la bâtisse ne possède cependant pas d’entrée principale sur sa façade occidentale. Différentes campagnes d’agrandissement l’ont fait rencontrer d’autres édifices, notamment l’église Notre-Dame la Ronde. Après l’absorption de cette église par le géant de pierre, l’entrée se fait côté sud, par un modeste portail, le massif occidental se heurtant toujours à d’autres édifices ».

B. Le portail de Blondel (1764-1766). Source 2 : extrait du Républicain Lorrain, juin 2017.

« Après ses victoires en Flandre, le roi Louis XV voulant rejoindre l’armée d’Alsace, dont la région est envahie par les impériaux, sous la conduite du duc Charles V de Lorraine, se rend à Metz, le 4 août 1744 ; il ne doit y rester que quelques jours.

Dans la nuit du 7 au 8 août, le roi tombe malade et se plaint de douleurs au ventre et de maux de tête violents. La maladie empire et l’on craint une issue fatale. Aussi, le 13 août, Louis XV, afin de recevoir les derniers sacrements, doit se séparer de sa maîtresse, Marie-Anne de Mailly-Nesle, marquise de la Tournelle, duchesse de Châteauroux. Il la prie de quitter Metz pour se réfugier à Autun.

Quelques jours plus tard, le roi se remet. Rapidement.

On décide alors de construire un nouveau portail à la cathédrale pour célébrer sa guérison. L’architecte parisien Jacques-François Blondel, membre de l’Académie royale et professeur réputé, vient à Metz le 2 septembre 1761 ; il y reste dix-neuf jours, afin de lever des plans et d’établir des projets (hôtel de ville, arcades le long de la cathédrale, portail).

Au sujet du nouveau portail, Jacques-François Blondel explique, dans son cours d’architecture : En 1764, lorsque nous fûmes chargés de faire ouvrir une porte principale, à la cathédrale de Metz, nous proposâmes de faire un portail d’un dessin gothique ; mais, comme ce monument a une très grande élévation, on hésita de faire cette dépense, et l’on se détermina d’y faire un portique, et de pratiquer une place au devant, prise dans le terrain de l’Évêché, qui, anciennement, masquait le frontispice de la cathédrale.

Nous fûmes alors obligés de renoncer à cette idée, mais nous composâmes une ordonnance dorique, qui, régulière dans son entablement, offrit, néanmoins, une composition analogue, en quelque sorte, avec la partie supérieure de cet ancien édifice : on en trouvera le dessin dans les volumes suivants, où nous rendrons compte des moyens dont nous nous sommes servis pour concilier ce nouveau genre d’architecture avec l’ancien gothique, aussi bien qu’avec la fabrique des bâtiments qui doivent l’environner, tels que le Parlement et le Palais épiscopal de Metz qui s’exécutent aussi sur nos dessins.

Le porche du nouveau portail est divisé verticalement en trois parties.

Des colonnes cannelées encadrent la porte et soutiennent un entablement dorique. Un double rang de feuilles d’acanthe orne leurs chapiteaux.

Sur l’architrave basse, surmontée d’une frise décorée de triglyphes et de métopes, se trouve une inscription commémorant la maladie et la guérison du roi Louis XV à Metz.

Dans les niches latérales du porche, se trouvent, à gauche, la statue de la France et, à droite, celle de la Religion. Elles sont l’œuvre de Pierre-François Le Roy.

Les travaux sont terminés au cours de l’été 1766″.

C. Le portail néogothique de Paul Tornow. Source 3. Extrait du catalogue de l’exposition de la Cité de l’architecture (2018).

Démontage du portail de Blondel

« Le portail élevé en 1764 par Jacques-François Blondel est remplacé par le portail néo-gothique, inauguré en 1903. Les photographies et documents rassemblés dans l’exposition retracent l’histoire de cette transformation ; ils soulignent aussi la manière dont les deux portails ont chacun servi de support à la manifestation et à l’expression du pouvoir politique. Le roi Louis XV tout d’abord, à qui l’œuvre de Jacques-François Blondel rendait hommage ; Guillaume II ensuite, kaiser du Second Reich immortalisé sous le traits du prophète Daniel sur le portail néo-gothique conçu par son architecte, Paul Tornow (1848-1921).

La massivité et la dissonance du vocabulaire classique du portique élevé par Jacques-François Blondel avec le style gothique de la cathédrale, maintes fois décriées dès le début du 19ème siècle, ont certainement contribué à cette métamorphose.

Cependant, dans le contexte de l’annexion de l’Alsace-Moselle par la Prusse, son démantèlement au profit du portail néo-gothique de Paul Tornow invite aussi à interroger la portée politique du geste architectural : entre francisation et germanisation d’un territoire, le nouveau pouvoir n’a-t-il pas tenté de faire disparaître les traces d’un certain passé pour inscrire sa propre histoire ? ».

Lire la suite page 2…

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Metz. Blondel, le palais épiscopal

Metz. Blondel et le palais épiscopal inachevé. Suite des chroniques sur Metz au 18ème siècle.

En 1738, le centre historique de Metz est occupé par l’Église : la cathédrale avec son chapitre et son jardin, l’évêché et sa cour d’entrée, les maisons des chanoines. Il ne faut pas oublier que Metz avait longtemps été gouverné par un Prince-Évêque.

Mais déjà le gouverneur Belle-Isle, à Metz depuis 1727, veut moderniser, embellir et laïciser cet espace sis sur le promontoire naturel qui domine la Moselle.

Centre historique en 1738. Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Diaporama de 16 photos (Pierre Dubois, juillet 2020).

Source 1 : extrait de Jacques-François Blondel, Architecte des Lumières à Metz, Connaissance des Arts, hors série, 2018.

« Entre 1761 et 1771, le projet pensé par Jacques-François Blondel prend forme : trois places, un nouvel  hôtel de ville, un nouveau parlement, un nouvel évêché sortent de terre. Surtout, la cathédrale reçoit un portique monumental, souvenir de la maladie et de la guérison du roi à Metz en 1744, épisode clé de la guerre de succession d’Autriche.

C’est un ensemble urbain remarquable, rationnel et surtout d’envergure que signe là l’architecte du roi. Conformément à l’esprit d’embellissement des Lumières, ces plans peuvent rivaliser avec les plus belles places du Royaume, que ce soit à Nancy, Bordeaux ou même Paris ».

Blondel. Le portail de la cathédrale, la place d’armes, le palais épiscopal inachevé

Source 2 : extrait de Wikipédia. « La construction d’un nouveau palais pour l’évêque de Metz (il s’agit de Louis-Joseph de Montmorency-Laval) est planifiée dès 1762.

L’architecte en est Jacques-François Blondel. Cependant les retards de financements de l’autorité épiscopale repousseront le début de la construction. La Révolution française interrompt vite les travaux qui n’avaient alors abouti à la sortie de terre que d’un seul niveau d’un édifice devant s’élever sur trois étages. lire la suite page 2

Commentaires fermés sur Metz. Blondel, le palais épiscopal

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18ème. Deux évêques de Metz

Deux carrières épiscopales. Suite des chroniques sur Metz au 18ème siècle.

Deux carrières épiscopales, Claude Charles de Rouvroy de Saint-Simon (1695-1760), Louis-Joseph de Montmorency-Laval (1724-1808).

Sous  l’épiscopat de ce dernier, Jacques-François Blondel, architecte royal, est chargé de la construction d’un nouveau portail pour la cathédrale et d’un nouveau palais épiscopal, dans le cadre du chantier global de la nouvelle Place d’armes (chronique du blog, 15 avril 2020).

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La principauté de Metz avec les deux autres principautés cédées à la France en 1648 (Toul et Verdun) forment la province des Trois-Évêchés. L’évêque de Metz garde le titre de prince du Saint-Empire romain germanique jusqu’à la Révolution française, en dépit de l’opposition, en 1737, du Parlement de la ville éponyme.

A. Claude Charles de Rouvroy de Saint-Simon (1695-1760). Source : article de Wikipédia).

« L’abbé de Saint-Simon est un prélat français, évêque de Noyon, puis de Metz, lointain parent du mémorialiste Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, qui devient leur protecteur.

Portrait par Hyacinthe Rigaud. Source Wikipédia

1731 (36 ans). Le 22 juillet, l’abbé de Saint-Simon est nommé évêque-comte de Noyon. L’évêché est en effet assorti d’un comté et d’une pairie de France. Le sacre a lieu le 15 juin 1732. Le nouveau pair prête serment le 12 janvier 1733, et prend séance au parlement de Paris. La même année, il fait condamner aux galères deux paysans ayant braconné. Il tient à les voir enchaînés.

1733. Le 28 août, il est transféré à l’évêché de Metz. Il ne prend possession de ce prestigieux et lucratif siège épiscopal que le 16 juin 1734. Les évêques de Metz, Toul et Verdun sont, depuis le traité de Münster (octobre 1648), effacés de la matricule de l’Empire. Malgré cela, Saint-Simon prétend au titre d’altesse et aux droits régaliens de prince du Saint-Empire romain germanique.

1737. Il entre en conflit avec le parlement municipal. Par arrêt, celui-ci lui interdit de prendre la qualité de prince de Metz.

1744. La France est en guerre contre l’Autriche (guerre de Succession d’Autriche). Le roi Louis XV s’arrête à Metz pour inspecter les troupes et les fortifications. Saint-Simon l’accueille dans sa cathédrale.

À partir de 1743, conformément aux décrets du concile de Trente, l’évêque fait bâtir le séminaire de Metz qu’il dédie à saint Simon et à sainte Anne. Pour en assurer les frais de fonctionnement, il ferme plusieurs chapitres, en dépit de bien des oppositions. Il se heurte notamment au gouverneur Fouquet de Belle-Isle lorsqu’il veut supprimer le chapitre de la collégiale Saint-Thiébaut de Thann. Il échoue dans sa tentative.

Il introduit à Metz les frères des écoles de charité. Il prend comme grand vicaire son parent, Charles-François de Rouvroy de Saint Simon, qui va devenir évêque d’Agde.

1755. Son cousin et père adoptif le duc de Saint-Simon meurt. Il lui lègue par testament l’ensemble de ses manuscrits, y compris les fameux Mémoires. L’évêque n’arrive pas à en prendre possession, en raison de l’opposition des créanciers du duc et de l’inquiétude du pouvoir quant à leur contenu.

1760. L’évêque meurt à Metz le 29 février, à l’âge de 64 ans ».

B. Louis-Joseph de Montmorency-Laval (1724-1808). Source : article de Wikipédia.

« Issu de l’illustre maison de Montmorency, il est le fils de Guy-André de Montmorency-Laval et de Marie-Anne de Turménies de Nointel. Une belle carrière ecclésiastique jusqu’au cardinalat… mais aussi des échecs.

Évêque d’Orléans de 1754 à 1757, de Condom de 1758 à 1760, puis 94e évêque de Metz de 1760 à 1801 et grand aumônier de France depuis 1786, nommé cardinal le mars 1789. Pendant la Révolution française, il s’oppose à la constitution civile du clergé et émigre.

Source Wikipédia

Louis-Joseph de Montmorency-Laval fait des études en Sorbonne et dès 1743 (à l’age de 19 ans), il est abbé commendataire de l’abbaye Sainte-Croix de Bordeaux.

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