Archives de Catégorie: C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie)

Maurice de Saxe. 1748-1751, la fin

Maurice de Saxe. 1748-1751 : la fin. Chronique en 3 parties : catafalques et mausolée (38 photos), deux années à Chambord, Mes Rêveries (ouvrage posthume).

Partie A. Catafalques pour les funérailles du maréchal de Saxe à Strasbourg le 8 février 1751 et monument pour sa commémoration (1752).

Dessins de Weis et de Striedbeck photographiés le 2 novembre 2021, au Cabinet des Estampes et des Dessins de Strasbourg.

Diaporama de 20 photos (3 œuvres, cartouches, détails).

Chronique du 25 mai 2021 : Mausolée de Maurice de Saxe, sculpté par Jean-Baptiste Pigalle, 18 photos.

« Une cérémonie funèbre fut célébrée à Paris pour le maréchal de Saxe, mais le grand militaire, protestant, ne pouvait être inhumé dans la capitale. Son corps fut donc envoyé à Strasbourg pour être inhumé dans le chœur de l’église protestante Saint-Thomas. Louis XV commanda alors à Jean-Baptiste Pigalle un magnifique mausolée, élevé à partir de 1771 et terminé en 1776.

C’est une œuvre monumentale, dont le thème est classique: la Mort appelle le maréchal au tombeau, tandis qu’une figure féminine en pleurs (la monarchie?) le retient du bras. Des drapeaux, un aigle, un lion, rappellent la gloire militaire et la bravoure du grand soldat, dont la statue altière, cuirassée, arbore un visage étonnement réaliste mais serein ».

Partie B. 1748-1750. La fin d’un grand Seigneur. Source : extraits du site Academic.com.

« Maurice de Saxe, fort de son prestige, contribua puissamment au remariage en 1747 du dauphin Louis-Ferdinand avec sa propre nièce Marie-Josèphe de Saxe.

Louis XV récompensa également le maréchal de Saxe de ses victoires militaires en le nommant gouverneur à vie de Chambord, en 1748″.

« Le vieux château, qui avait déjà accueilli Stanislas Leszczyński, était à l’époque totalement passé de mode, glacial, incommode, et implanté sur un domaine giboyeux mais infesté de moustiques. Il était en outre délabré : un véritable cadeau empoisonné ! De tempérament fougueux, le maréchal y organisa pourtant une vie princière et fantasque, entouré des soldats de trois régiments de cavalerie. Passionné de chevaux et de chasse, il ordonna l’achèvement des écuries commencées par Jules Hardouin-Mansart pour y installer un haras royal. Il jouissait des droits de basse, moyenne et haute justice, et il fit pendre, dit-on, certains de ses soldats pour manquement à la discipline.

Selon les Mémoires du marquis d’Argenson, Maurice de Saxe, à la fin de sa vie, aurait demandé au roi de France  le don et la souveraineté de l’île de Madagascar pour la faire habiter par des familles allemandes pauvres et qui iraient bien s’y établir 

Il fit restaurer par l’architecte des Bâtiments du roi, Jean-Baptiste Collet, le théâtre du château où Molière avait joué. Malgré sa ferme volonté, il ne put obtenir que les Favart se rendent à son invitation au château, où il les aurait quasiment séquestrés.

Le maréchal de Saxe mourut à Chambord, le 30 novembre 1750, victime d’une blessure mortelle dans un duel avec le prince de Conti, ou plus vraisemblablement emporté par les suites d’un rhume mal soigné. Ses neveux, l’un, François-Xavier de Saxe, frère de la Dauphine, hérita d’une partie des archives du maréchal, tandis que l’autre, le comte de Frise prit la succession en tant que gouverneur de Chambord, où il résida durant cinq ans.

Maurice de Saxe est l’arrière-grand-père d’Aurore Dupin (1804–1876) dite George Sand, par sa fille naturelle Marie-Aurore de Saxe ».

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Le Maréchal De Lévis (1719-87)

Avril 1760, François Gaston de Lévis (1719-1787) vainc les Anglais à Sainte-Foy, près de Québec en Nouvelle-France.

Source 1 (Wikipédia). François Gaston de Lévis. Né le 1719 à Ajac (dans le Languedoc), mort le novembre 1787 à Arras.. Chevalier, puis duc de Lévis, militaire français qui s’est notamment illustré en Nouvelle-France. Il est élevé en 1783 la dignité de maréchal de France pour l’ensemble de sa carrière au sein des armées.

Le Duc de Lévis avec son bâton de maréchal de France (source Wikipédia)

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Partie 1 et Source 2. Extraits de la version abrégée de l’article d’Hélène Morot-Sir, Victoire du Chevalier de Levis à Sainte-Foy, Hérodote-net, avril 2022,

« Victoire remportée par les Français sur les Anglais à Sainte-Foy, près de Québec, en avril 1760. L’historien britannique Francis Packman l’a qualifiée de « plus grande victoire française en Amérique, parce qu’elle a fait un jour trembler le sort de la ville de Québec et de ce fait, trembler toute l’Amérique ».

Pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763), sous les règnes de Louis XV, George II et George III, Français et Anglais s’affrontèrent sur tous les continents et en particulier en Amérique du Nord où les seconds s’emparèrent de la ville de Québec après la bataille des plaines d’Abraham et la mort de Montcalm, le 13 septembre 1759.

Malgré cette défaite, la colonie de la Nouvelle-France restait toujours à la France ! Le gros des forces françaises n’avait pas été engagé dans la bataille des plaines d’Abraham. C’est alors qu’intervint le chevalier de Lévis… 

L’hiver qui suivit la défaite de Montcalm dans les plaines d’Abraham fut rude pour les colons mais plus encore pour les soldats du général James Murray enfermés dans Québec, qu’ils avaient dévastée et saccagée, y compris les provisions mises de côté pour passer l’hiver.

De petits détachements de miliciens français ou indiens empêchaient la garnison de se ravitailler à l’extérieur. Mais pour les Anglais, le pire fut le froid, auquel se rajouta le scorbut. La garnison tomba de sept mille cinq cents hommes à quatre mille, à peine valides.

Côté français, le chevalier François Gaston de Lévis, un militaire languedocien de quarante ans, prend alors le commandement des opérations à Montréal.

De Lévis réorganise les troupes en vue d’attaquer au printemps la garnison de Québec. Ayant tiré les leçons de la défaite des plaines d’Abraham, il intègre les miliciens canadiens et les Amérindiens aux troupes régulières

Le matin du 27 avril, son avant-garde s’établit sur la route de Sainte-Foy et découvre les Anglais à peine à deux cents toises de là.

Bataille de Sainte-Foy (source Wikipédia)

Mais James Murray, averti de l’approche ennemie, expulse de Québec les bouches inutiles, femmes, enfants, vieillards, sans excès de commisération pour les malheureux livrés au froid et à la disette. Renonçant à tenir Sainte-Foy, il fait sauter l’église du village et replie in extremis ses troupes sur les hauteurs de Québec.

Puis, le général laisse des troupes dans la ville pour en assurer la défense et se porte au-devant des Français, en terrain marécageux, avec 3.000 hommes, vingt-deux canons et des obusiers.

La bataille s’engage. Les Anglais tentent d’enlever le moulin Dumont, près de Sainte-Foy. Les Français qui l’occupent se replient vers un bois avant de repartir à l’offensive avec les colons et les Sauvages.

Le feu devient très vif, les miliciens canadiens se couchent pour recharger leurs armes et fusillent les canonniers sur leurs pièces.

Armés de leurs baïonnettes, ils fondent alors sur les Anglais, traversent leurs rangs et les mettent en fuite, leurs alliés amérindiens terrifiant particulièrement les Anglais avec leurs peintures de guerre et leurs cris effrayants, tomahawks brandis.

Le chevalier de Lévis, témoin de la débandade de l’adversaire, pousse son avantage. La déroute des Anglais est totale.

Ils trouvent moyen de se replier dans la ville de Québec mais laissent aux mains des vainqueurs leur artillerie, les munitions, les outils de retranchement, mais aussi leurs morts et la plus grande partie de leurs blessés, près de mille deux cents au total, ce qui fait plus du tiers de leur armée.

Les Français ont quant à eux plus de huit cents tués ou blessés. Les Indiens, comme toujours à la fin des combats, se précipitent pour scalper les ennemis, en dépit des instructions du chevalier de Lévis.

Reste à concrétiser la victoire. Le chevalier de Lévis compte sur l’arrivée des renforts de France pour chasser enfin les Anglais de Québec. De son côté, le général Murray espère également en l’arrivée de secours.  Chaque camp scrute le Saint-Laurent…

Le 9 mai 1760, tous les regards se tournent vers le fleuve au moment où se présente une première frégate. Elle arbore un pavillon anglais ! Les Français, trompés dans leur attente, doivent lever le siège de Québec.

L’avantage passe aux Anglais qui attaquent Montréal et contraignent la ville à la capitulation le 8 septembre 1760. Dans la nuit qui précède, le chevalier de Lévis choisit de brûler les drapeaux des régiments français plutôt que de les voir tomber entre les mains ennemies. C’en est désormais fini de la Nouvelle-France« .

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1775. La guerre du blé

Suite de la chronique 1774. Le Commerce des grains. Partie 2. La guerre du blé (avril-mai 1775).

Source 1. La guerre des farines, in Les essentiels de Gallica BNF.

« Suite à de mauvaises récoltes de blé, certaines régions françaises souffrent d’une véritable famine, tandis que d’autres, mieux approvisionnées, sont épargnées. En 1774, Turgot provoque une flambée des prix du pain et une disette généralisée en libéralisant le commerce des grains.

C’est l’agitation sur les lieux de distribution des farines, et la révolte gronde contre les commerçants spéculateurs. Une vague d’émeutes, appelée la « guerre des farines », a lieu dans la moitié nord du royaume en avril et mai 1775 : pillages, attaques de dépôts et de boulangeries, entrave des axes fluviaux et routiers. Marchands et fermiers sont généralement visés, mais aussi les représentants directs du pouvoir, meuniers affairistes ou conseillers aux parlements.

Signe avant-coureur de la Révolution, ces émeutes seront finalement enrayées par l’intervention massive des soldats du roi. L’ordre est rétabli par un contrôle des prix du blé et par l’organisation d’un approvisionnement des provinces en difficulté ».

Le Fermier brûlé ou la famille pauvre par François Philippe Charpentier (1734-1817). graveur, BnF, département des Estampes et de la Photographie.

Source 2. La guerre des farines. Larges extraits de l’article de Wikipédia.

« La guerre des farines (l’expression, contemporaine des événements, fut retenue par l’historiographie) désigne une vague d’émeutes survenues d’avril à mai 1775 dans les parties nord, est et ouest du royaume de France. Elle fait suite à une hausse des prix des céréales et consécutivement du pain, supposément du fait de la suppression de la police des grains royale, et des mauvaises récoltes des étés 1773 et 1774. Cette révolte singulière par son échelle fut réglée par un contrôle des prix du blé (avant le retour de l’abondance) et l’intervention de la troupe.

À travers la révolte frumentaire de l’Ancien Régime, se manifeste une crise sociale et politique. Ainsi, ces événements peuvent se lire comme une réaction envers l’édit de Turgot, qui rétablit la libéralisation du commerce des grains sous l’Ancien Régime le 13 septembre 1774 : en effet, cette libéralisation apparaît comme contraire à l’économie morale, rupture par rapport au principe qui exige du roi de veiller à la sécurité de ses sujets et à leur approvisionnement en denrées.

Des analyses récentes tendent à voir cet événement non pas seulement comme une révolte de la faim, mais également comme un prélude à la Révolution française. La guerre des farines peut être considérée, à ce titre, comme un événement prérévolutionnaire ou comme un signe avant-coureur de la Révolution. La guerre dite des farines s’inscrirait dans un mouvement frumentaire plus ancien, et annoncerait les révoltes frumentaires de l’An II ».

La guerre du blé au XVIIIe siècle. La critique populaire de la liberté économique. Florence Gauthier et Guy-Robert Ikni (eds), éditions Kimé, mai 2019, 332 pages.

Causes et étapes de la violence frumentaire

« Lors de la soudure du printemps 1775, les réserves de céréales s’épuisent alors que les nouvelles récoltes ne sont pas encore arrivées. Au printemps 1775, la disette se manifeste dans ce contexte nouveau : avant l’édit de Turgot, chaque région aurait fait face à sa propre pénurie, de sorte que certaines auraient souffert d’une véritable famine tandis que d’autres auraient été totalement épargnées et approvisionnées à des prix stables ; une intervention royale aurait été demandée, et sans doute obtenue, pour assurer l’approvisionnement des régions les plus touchées.

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Université de Lille : encore un EPE !

Où va la toute nouvelle Université de Lille ? Source. Introduction d’un article de Médiacités.

« L’Établissement public expérimental (EPE), fruit d’un rapprochement étroit avec quatre grandes écoles, suscite controverses et inquiétudes en interne. À la fois dans le fonctionnement des instances, le mélange de cultures universités-écoles, mais aussi le recours aux cabinets de conseil – dont certains prônent un modèle très libéral ».

Tympan du bâtiment de la Faculté des Lettres, devenue Sciences Po Lille

« C’est une période de tension à l’université de Lille. Le 18 février, l’établissement saura en effet si sa labellisation I-site est confirmée. Cette labellisation est accordée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, sur proposition d’un jury international. À Lille, la confirmation du label permettrait de pérenniser la subvention de 15 millions d’euros par an accordée à l’université.

Mais l’enjeu n’est pas que financier, il est aussi symbolique. Le rejet du projet lillois entraînerait une véritable crise politique au sein d’un site universitaire qui a vécu des bouleversements majeurs ces dernières années : deux échecs à l’obtention du label d’excellence Idex, la fusion des trois universités lilloises en 2018 et, enfin, la structuration du site universitaire en Établissement public expérimental (EPE) regroupant l’Université de Lille, l’École nationale supérieure des arts et industries textiles, l’École supérieure de journalisme de Lille, Sciences Po Lille et l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage ».

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In Memoriam : Pierre Bourdieu

Vingtième anniversaire de la mort de Pierre Bourdieu (1er août 1930 – 23 janvier 2002).

Le début de carrière. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

1960. « Pierre Bourdieu regagne Paris, devient l’assistant de Raymond Aron à la Faculté de Lettres de l’Université de Paris. Raymond Aron fait également de lui le secrétaire du Centre de sociologie européenne, institution de recherche qu’il a fondée en 1959, à partir de reliquat de structures d’après-guerre et avec l’aide financière de la fondation Ford. »

1961-1965. Pierre Bourdieu est enseignant de sociologie à la faculté des Lettres de Lille, rue Auguste Angellier. En 1964, il publie les Héritiers avec Jean-Claude Passeron.

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1964-1966. Source : souvenirs personnels. En 1964-1965, Pierre Bourdieu a 34 ans, donne des cours dans le cadre du certificat Morale et Sociologie. Une petite centaine d’étudiants de philosophie et une dizaine d’étudiants inscrits dans la licence de sociologie, créée en 1958, comme le doctorat de sociologie. Du fait de ce faible effectif, la plupart des cours sont mutualisés avec les étudiants en philosophie, ou en psychologie, ou en démographie, ou en économie politique. Je suis inscrit en sociologie.

Dans l’amphi, Pierre Bourdieu va et vient dans l’allée centrale, lit des extraits d’Économie et Société de Max Weber qu’il tient dans à la main. Mais il s’agit de la version en allemand ; il traduisait en temps réel. Nous étions subjugués.

Les 12 étudiants lillois en sociologie n’étaient pas des Héritiers. Ils en étaient fiers. La plupart avaient choisi la sociologie pour changer la société. Comment ? Et pourraient-ils en vivre ? Ils n’en savaient trop rien. Bourdieu, Passeron et Chamboredon ne publieront le Métier de sociologue qu’en 1966.

Après le cours, il arrivait à Pierre Bourdieu de nous rejoindre dans la petite bibliothèque du 5ème étage. Il discutait avec nous, proposait quelquefois d’aller prendre une bière au café de la place Philippe Le Bon, siège de la faculté des Sciences. Je n’ai pas souvenir qu’il nous ait mentionné la naissance de son fils Emmanuel en avril 1965 ; il n’était pas là pour nous parler de sa vie privée.

Il nous a par contre associés à une partie de l’enquête dont les résultats seront publiés dans Pierre Bourdieu et Alain Darbel, L’Amour de l’Art : les musées et leur public, Paris, Éditions de Minuit, 1966, compte-rendu par Régine Rodriguez, L’Homme et la société, Année 1967, 3, pp. 220-222.

L‘enquête. Nous sommes trois étudiants, positionnés dans le hall d’entrée du musée des Beaux-arts de Lille. Pour chaque visiteur ou groupe, nous notons l’heure d’arrivée et les moyens de les reconnaître, leur visite terminée. Nous leur posons alors et rapidement quelques questions : fréquence de visite de musées, catégorie sociale, heure d’arrivée et de sortie. L’hypothèse générale de la recherche : les classes supérieures fréquentent davantage les musées que les classes populaires, ces dernières s’y ennuyant quelque peu (visite de durée plus longue que celle notée par nous).

Étudiants, nous trouvons que la sociologie, c’est plutôt sympa : enquêter sur le terrain, rencontrer des gens, traiter les données et même des données quantitatives. Aucun n’effleure l’idée que l’observation in situ puisse être gratifiée ; les indemnités de stage seront pour plus tard.

1964-1965. Jean-Claude Chamboredon est l’assistant de Pierre Bourdieu à Lille. Il est décédé le 30 mars 2020 à l’âge de 81 ans. Extraits de l’Hommage à J-C. Chamboredon. Les apprentis sociologues que nous étions ignoraient tout de son statut. C’était un parisien, nous étions des provinciaux plutôt impressionnés par cet habitué du TEE, Trans Europe Express, 1 heure 57 pour faire Paris-Lille. Impressionnés bien qu’il fût très jeune (26 ans), de petite taille et habillé toujours pareil : veston bleu marine, pantalon gris, chemise blanche ; une cravate ? Nous ignorions tout de son excellent parcours scolaire ; il ne le mettait d’ailleurs jamais en avant.

En travaux dirigés, il nous faisait travailler sur les photographies que nous avions apportées. Encore un livre en vue : sous la direction de Pierre Bourdieu (Luc Boltanski, Jean-Claude Chamboredon), Un art moyen, Essai sur les usages sociaux de la photographie, Éditions de minuit, Collection Le sens commun, 1965, 368 pages.

1965 (juillet). Cinq des douze étudiants en sociologie de Lille sont invités par Pierre Bourdieu pour un stage d’une semaine dans son centre de recherche de la rue Monsieur le Prince (Paris 6ème). Séminaires de recherche, travaux pratiques sur les données de l’enquête sur la pratique sociale de la photographie, sur la fréquentation des musées. Nous logions dans le pavillon du Maroc à la Cité internationale. Jacques-Yves Eloy nous avait photographiés, Richard Biéganski et moi, dans le Jardin du Luxembourg.

1966 (juin). Douze étudiants obtiennent la licence de sociologie à la Faculté des Lettres de Lille, dont les 5 qui ont suivi le stage de Paris.

1966 (septembre). Je commence une thèse sur les délégués du personnel dans l’industrie textile du Nord de la France. Mon directeur est Jean-René Tréanton : il m’a trouvé une bourse de thèse. Le doctorat soutenu en février 1969, j’entre au CNRS, comme attaché de recherche dans le laboratoire de Sociologie industrielle, dirigé par Alain Touraine.

Je perds de vue Pierre Bourdieu. Je lui voue et lui vouerai une éternelle reconnaissance pour cette première année de formation à la sociologie à Lille, en 1964-1965.

1975. Pierre Bourdieu  fonde les Actes de la recherche en sciences sociales.

1981. Pierre Dubois et Daniel Chave, Les Mutants dans l’usine. Production de la Mobilité et Mobilité dans la Production, article écrit pour la revue dirigée par Pierre Bourdieu. Le titre choisi est un clin d’œil : notre maître n’avait-il pas écrit « Paysans sans terre et terres sans paysans ».

Malgré cela, l’article est refusé par le Comité de rédaction : il faut avouer que l’article était une lettre à un ouvrier que l’on tutoyait. Qu’à cela ne tienne ! Article proposé, accepté et publié par Les Temps Modernes, 2 / 1981, pp. 1352-1387. Traduction : I Mutanti nella fabrica, Unita Proletaria, 3/4/1981, pp. 92-102.

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1745 (11 mai). Bataille de Fontenoy

A. Jean-Pierre Bois, Fontenoy 1745. Louis XV, arbitre de l’Europe, Collection Campagnes & stratégies, Les grandes batailles, Économica, 1996.

Diaporama de 22 photos : bonnes feuilles de l’ouvrage, portrait de Maurice de Saxe par Quentin de La Tour (1704-1788), gravure Les Illustres Français, Maurice de Saxe, bataille de Fontenoy (Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg).

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B. Avant la bataille de Fontenoy. Source : citations du site Histoire pour Tous.

6 avril 1745. « Maurice de Saxe (1696-1750) est à Lille, commandant une armée de 100 000 hommes. Il va conquérir d’abord Tournai, ville bien équipée en hôpitaux et à l’infrastructure suffisante pour nourrir et loger les soldats. Le plan de bataille a été élaboré en décembre 1744 et doit débuter au printemps 1745 : concentrer l’armée dans le nord, faire une diversion vers Mons et Charleroi et repartir soudainement vers Tournai et surprendre les Hollandais ».

« Pendant ce temps, le duc de Cumberland (1721-1765) débarque à Ostende à la tête d’une armée de 55 000 hommes composés de Hanovriens, d’Anglais, de Hollandais.

25 avril 1745. 6 000 français se présentent devant Tournai en créant la surprise. Le lendemain le Maréchal de Saxe entame le siège de la ville avec 60 000 hommes.

28 avril 1745. Le duc de Cumberland se décide à marcher vers Tournai : il veut prendre les Français à revers, les pousser vers la ville, et ainsi les battre une fois qu’ils seront pris entre deux feux. De Saxe y avait pensé et s’était organisé en conséquence. Cumberland est mal obéi par ses subalternes, ne se met en action que le 30 à Bruxelles et met neuf jours pour atteindre Tournai.

De Saxe décide que le combat se passera dans la plaine de Fontenoy, hors de portée des canons de Tournai. Il réorganise son armée : 20 000 hommes pour le siège et 40 000 pour affronter les Alliés.

6 mai 1745. Le roi Louis XV quitte Versailles avec le Dauphin et prend la direction de Tournai pour assister à la capitulation de la ville ».

C. Fontenoy, déroulement de la bataille. Source : citations de l’article de Wikipédia.

« La bataille entre les deux armées se déroule le mardi 11 mai 1745 dans la plaine de Fontenoy, située entre Fontenoy, Antoing et Ramecroix, à 7 kilomètres au sud-est de Tournai.

Prévoyant l’arrivée de l’armée alliée, le maréchal de Saxe ordonne de construire des retranchements sur la rive droite de l’Escaut. Dès le 8 mai, le village de Fontenoy est fortifié et deux solides redoutes édifiées près de la corne du bois de Barry ; le 10 mai, trois nouvelles redoutes sont érigées entre Fontenoy et Antoing ».

Plan de la bataille de Fontenoy

Vers 5 heures 30. « La bataille débute le mardi 11 mai par des tirs d’artillerie, ouverts en premier lieu par les Hollandais.

Informé de la présence d’un ouvrage fortifié garni d’artillerie sur la lisière du bois de Barry, le jeune duc de Cumberland ordonne au lieutenant-général Richard Ingoldsby de s’emparer de la position ennemie avec une brigade de quatre régiments d’infanterie. Échec.

9 heures. Les premières attaques de la journée ne débutent que vers les neuf heures du matin. Les troupes hollandaises mènent deux attaques. Elles échouent sous les tirs de la puissante artillerie française. Vers les 10 heures, une seconde attaque, soutenue par des troupes hanovriennes et britanniques, est à nouveau repoussée, forçant les Hollandais à adopter une attitude désormais passive.

Vers 10 heures 30. Le duc de Cumberland ordonne à ses troupes d’attaquer par le nord de Fontenoy. Disposés sur trois lignes, les bataillons Anglo-Hanovriens, groupant quelque 15 à 16.000 hommes, s’avancent vers les positions françaises en remontant un sol légèrement pentu.

Vers les 11 heures. Ils apparaissent face à la première ligne française, après avoir subi de lourdes pertes occasionnées par l’artillerie.

Les troupes britanniques foudroyèrent de leurs tirs nourris les premiers rangs ennemis et les refoulèrent. Une brèche de quelque 250 mètres de largeur s’ouvrit leur permettant de pénétrer dans le périmètre français. La résistance des défenseurs de Fontenoy et des abords de la redoute du bois de Barry, jointe aux charges de la première ligne de cavalerie française, eurent pour conséquence de bloquer l’avance ennemie et forcèrent les britanniques à se réorganiser et à se redéployer sous la forme d’un rectangle fermé sur trois côtés.

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1701-1718. Traités de la Barrière

Traités de la Barrière. Source : citations de l’article de l’Encyclopédie des Gens du monde.

1701 (7 septembre). « Les Provinces-Unies, en concluant avec l’Angleterre et l’Empereur le traité d’alliance offensive appelé la grande alliance, et en déclarant en 1702 la guerre à la France et à l’Espagne (guerre de la succession d’Espagne), voulaient non seulement abaisser Louis XIV, mais surtout obtenir une barrière qui pût les protéger à l’avenir contre un ennemi puissant (art. 5 et 9).

1709 (29 octobre). Dès 1706, on avait essayé de jeter les bases d’un arrangement. Les conférences, plusieurs fois suspendues, furent reprises en 1709, sans que les ministres d’Autriche y fussent appelés ; et le premier traité de la Barrière fut conclu à La Haye en 21 articles, le 29 octobre l709. Les États-Généraux y garantissaient la succession britannique dans la ligne protestante (art. 2), et la Grande-Bretagne, de son côté, leur donnait (art. 6) le droit de tenir garnison dans Nieuport, Furnes, Ypres, Menin, Lille, Tournai, Condé, Valenciennes, le fort Knocke, et dans les villes que l’on pourrait conquérir sur la France. Aucune partie des Pays-Bas espagnols ne pouvait être donnée ou cédée à la France à quelque titre que ce fût (art. 12). Un article séparé promettait aux États, au nom de la Grande-Bretagne, la Haute Gueldre en toute souveraineté, et le droit de tenir garnison dans Liège, Huy et Bonn ».

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1711-1713. « Les négociations qui suivirent entre la France et l’Angleterre, faisaient prévoir une courte durée au traité de l709. En effet, le 30 janvier 1713, il fut conclu à Utrecht, entre la Grande Bretagne et les Provinces-Unies, un deuxième traité de la Barrière, en 16 articles, plus 2 articles séparés. Celui de 1709 y fut aboli et annulé (art. 1); la succession protestante en Angleterre garantie (art. 2). Les États-Généraux obtenaient le droit de tenir garnison dans Furnes, Ypres, Menin, Namur, Tournai, Mons, Charleroi, Gand les forts Knocke, la Perle, Philippe et Damme (art. 4), et de nommer les commandants de ces places (art. 7). On retranchait ainsi de la barrière fixée en 1709, Lille, Condé, Valenciennes. On renouvelait (art. 10) les stipulations relatives à l’exclusion de la France. Par suite des traités d’Utrecht, de Rastadt et de Bade, celui du 30 janvier 1713 devait être modifié » .

1715 (15 novembre). « Pour terminer toutes les difficultés, il fut tenu un congrès à Anvers, sous la médiation de l’Angleterre, qui envoya Cadogan pour la représenter. Les autres plénipotentiaires furent, pour l’empereur Charles VI le comte de Koenigseck, pour les Provinces-Unies le comte de Nechteren, van der Dussen et de Gockinga. Ce troisième traité, en 29 articles, fut signé à Anvers le 15 novembre 1715 ; les États-Généraux y remettaient à l’Empereur les provinces et villes des Pays-Bas, tant celles qui avaient été possédées par Charles II, que celles qui avaient été cédées par la France à la paix d’Utrecht; mais à la condition qu’elles ne pourraient être soumises qu’aux seuls successeurs des états de la maison d’Autriche (art. 1 et 2). L’Empereur accordait aux États-Généraux le droit de tenir garnison dans Namur, Tournai, Menin, Ypres, Furnes, Warneton et le fort Knocke (art. 4).

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1744. Treize chroniques du blog

18ème siècle, année 1744. La guerre de succession d’Autriche, commencée en 1740, est à un tournant. Les troupes royales françaises commencent à prendre le dessus dans les Pays-Bas autrichiens.

Treize chroniques du blog sur l’année 1744.

22-23 février. Bataille du cap Sicié près de Toulon entre les flottes franco-espagnole et britannique.

15 mars. Louis XV déclare la guerre à la Grande-Bretagne et à l’Autriche.

26 mars. Maurice de Saxe est promu maréchal de France, « passant devant huit lieutenants-généraux plus anciens que lui ».

10 avril. Celui-ci se rend à Valenciennes où il prend la tête de l’armée destinée à attaquer les Pays-Bas autrichiens. Il s’agit de mener une guerre de sièges.

3 mai. Louis XV quitte Versailles pour prendre le commandement de l’armée de Flandre. Au cours du trajet, il prie devant l’image de Notre-Dame de Grâce à Cambrai. 

12-14 mai. Premier voyage de Louis XV à Lille, par Aristote Crapet, Revue du Nord, Année 1914, n°17, pp. 1-10.

5 juin. Traité de Versailles. Deuxième alliance franco-prussienne.

7 juin. Le roi entre à Menin sur la Lys après la prise de la ville. « Celle-ci assure à l’armée des subsistances prélevées en Flandre intérieure et ouvre une suite de sièges destinés à conduire le roi jusque sur la côte de la Flandre maritime, afin au moins de gêner les anglais dans leur passage de troupes sur le continent ».

25 juin. Prise d’Ypres.

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Louis XV fêté à Strasbourg

1744 constitue une année clé de la Guerre de succession d’Autriche (1740-1748). Les troupes royales françaises renouent avec la victoire.

Cette chronique enrichit celle du 5 mai 2020 (1744. Strasbourg fête Louis XV)

Diaporama 1 (19 photos). 5 octobre 1744, Louis XV entre dans Strasbourg par la porte de Saverne.

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Diaporama 2 (10 photos). 6 octobre 1744, vin d’honneur sur la terrasse du Palais Rohan.

Diaporama 3 (21 photos). 7 et 8 octobre 1744, fête nautique sur la rivière Ill.

L’année 1744 en quelques dates clés. 10 avril 1744. Le maréchal de Saxe se rend à Valenciennes où il prend la tête de l’armée destinée à attaquer les Pays-Bas autrichiens.

Mai. Louis XV quitte Versailles pour rejoindre l’armée en Flandre.

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Metz, août 1744. Louis XV se meurt ?

Du 4 au 28 août 1744, Louis XV est à Metz. Il y tombe malade dans la nuit du 7 au 8. Sa vie est estimée en danger. Il doit faire un acte de contrition en se séparant de sa maîtresse qui, depuis juin, l’accompagne dans ses périples de la Guerre de Succession d’Autriche. La duchesse de Châteauroux n’a pas d’autre issue que d’accepter. Louis XV n’oubliera pas l’affront fomenté par le camp des dévots. Rentré à Versailles au début de l’automne, il renoue avec sa favorite, mais celle-ci meurt le 8 décembre 1744 ; elle était âgée de 27 ans. Quelques mois plus tard, une autre favorite fait son entrée à la Cour, Madame de Pompadour (1721-1764).

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Six sources en ligne sont mobilisées pour cette chronique. Et donc six pages (numérotées de 1 à 6)… Ne pas oublier de les tourner une à une !

Source 1. Louis XV à Metz en 1744 : le roy se meurt, Compte-rendu de Michel Marchand d’après la conférence de Pierre Brasme donnée à l’IMRA le 9 juin 2011.

« Louis XV, malgré les réticences du vieux cardinal de Fleury, avait cédé au parti de la guerre représenté notamment par le maréchal de Belle-Isle, et entamé la guerre de Succession d’Autriche. Celle-ci avait bien commencé mais avait mal tourné, Belle-Isle devant ramener en catastrophe l’armée française piégée à Prague. Louis XV avait porté la guerre dans les Flandres contre l’Angleterre. Le 8 juin 1744, il s’était rendu lui-même à Lille avec sa maîtresse Marie-Anne de Mailly-Nesle, marquise de la Tournelle, duchesse de Châteauroux, protégée du duc de Richelieu. Entre temps, les Impériaux avaient envahi l’Alsace sous la conduite du duc Charles V de Lorraine, qui cherchait à reprendre ses États, et menaçaient la Lorraine. Louis XV avait alors décidé de rejoindre l’armée d’Alsace pour leur faire face, en passant par Verdun et par Metz. Le 4 août au matin il arrive à Metz, simple étape où il ne devait rester que quelques jours avant de gagner Lunéville et Saint-Dié, le temps d’inspecter troupes et fortifications.

La ville a cependant voulu fêter somptueusement son entrée, comme elle l’avait fait pour les souverains précédents, notamment Charles IX (1569), Henri IV (1603) et Louis XIII (1631). Venant de Verdun, où est venu le chercher l’intendant De Creil, il arrive par Moulins où on tire des feux d’artifices. Il passe en revue la milice bourgeoise déployée dans la plaine du Ban-Saint-Martin. À la porte de France, il est accueilli par 2 corps de cadets : 150 jeunes messins de 9-10 ans sous la conduite du fils du grand bailli de Metz, et 253 cadets de 20 à 25 ans. Le maréchal de Belle-Isle l’y attend ainsi que le premier échevin Pierre Simon qui lui remet les clés de la ville, et la milice de Nancy envoyée par son beau-père Stanislas. La Mutte carillonne, et cent canons tirent des salves. Des arcs de triomphe ont été dressés. Des fontaines offrent du vin. Le roi est accompagné du comte de Noailles, du duc de Villeroi et de l’évêque de Soissons le duc de Fitz-James, son grand aumônier. Le roi est reçu à la cathédrale par l’évêque Claude de Saint-Simon, les chanoines et les curés des paroisses messines. Il est logé au premier étage de l’hôtel du gouverneur (à l’emplacement du palais de justice actuel).

Une passerelle en bois permet de relier sa chambre à celle de sa maîtresse, logée dans l’abbaye Saint-Arnoul avec sa sœur Diane-Adelaïde, duchesse de Lauragais, qui avait eu elle aussi les faveurs du roi. Le lendemain, le roi assiste à la messe à Saint-Arnoul en présence des abbés des quatre monastères bénédictins de Metz, puis reçoit les membres du parlement de Metz. Le 6 août tandis que Noailles précède le roi pour aller rejoindre l’armée du Rhin, Louis XV accueille la communauté juive puis inspecte les fortifications de la ville. Le 7 août il visite les casernes et la fabrique d’armes près de la porte Saint-Thiébault. Son départ est prévu le lendemain.

Mais dans la nuit du 7 au 8 août, il tombe malade, et sa maladie empire au point qu’on craint une issue fatale (en fait le roi souffre d’une forte fièvre, d’une grande paresse intestinale et de maux de tête violents, dus à la fatigue, à ses excès physiques et peut-être à une insolation). On prie partout dans le royaume, et les princes, les courtisans, les ministres, les ambassadeurs étrangers affluent à Metz. Le parti dévot (hostile à Madame de Châteauroux) va profiter de l’occasion pour reprendre son influence sur le roi. Le 13, pour recevoir les derniers sacrements, Louis XV a dû promettre de se séparer de sa maîtresse et de faire repentance. Le roi prie la duchesse de Châteauroux de quitter Metz avec sa sœur pour se réfugier à Autun, ce qui lui permet de recevoir le pardon de l’Église et les derniers sacrements.

Le 17 août le dauphin Louis-Ferdinand (âgé de 14 ans), arrive avec son précepteur, devançant la reine Marie Leczinska, bien qu’il ait reçu ordre de rester éloigné de Metz (il devra attendre plusieurs jours avant d’être reçu par son père). Cependant la santé du roi s’améliore rapidement, sans doute grâce à un remède (une sorte d’élixir) que lui a fait ingurgiter Alexandre de Montcharvaux, un chirurgien major messin. Le 25 août, on célèbre sa guérison à Saint-Arnoul, puis dans l’église des Jésuites (actuellement l’église Notre-Dame), où, en présence de la reine, du dauphin et de ses sœurs Henriette et Adélaïde, l’abbé Josset, chanoine de la cathédrale, le qualifie pour la première fois de Bien Aimé. Des nombreuses festivités ont lieu en l’honneur de la guérison du roi, notamment de la part des mousquetaires noirs au château de Courcelles à Montigny, et des mousquetaires gris à Borny. Le 27, il assiste à un Te Deum à la cathédrale.

Le 28 août, il quitte Metz. Entre temps, les Impériaux ont quitté l’Alsace dans la nuit du 23 au 24 sans que le maréchal de Noailles ait cherché à les poursuivre, ce qui mécontentera Frédéric II de Prusse, allié de la France.

Le roi se rend à Nancy puis à Lunéville auprès du roi Stanislas, puis à Strasbourg avant de rejoindre l’armée au siège de Fribourg-en-Brisgau, qui capitule le 6 novembre.

Il rentre à Versailles le 19, non sans avoir puni les responsables de ce qu’il considère comme une humiliation, presque comme un crime de lèse-majesté, à commencer par l’évêque de Soissons, exilé en son diocèse. Il veut faire revenir sa maîtresse mais elle meurt (peut-être d’une atteinte au cerveau), âgée seulement de 27 ans. Quelques mois plus tard, Louis XV s’éprend de la Pompadour »…

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