Archives de Catégorie: C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie)

1793, Pernes : une petite Vendée

25 août 1793. Les tourments de la Révolution. La petite Vendée du Pas-de-Calais.

Extraits de la 1ère partie de l’article. « Qui le sait ? En 1794, le Nord-Pas-de-Calais refuse de se plier aux injonctions de la Convention nationale. Cette rébellion lui vaudra de vivre de sombres moments durant la Grande Terreur et de se voir affubler du surnom de petite Vendée.

Le récit de ce soulèvement méconnu a inspiré à Françoise Dag’Naud un roman historique : 30, rue de Saintonge (Larousse, 2021). Il met en scène les paysans de Pernes-en-Artois et le conventionnel Lebon (le mal-nommé).

Le dimanche 25 août 1793, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest d’Arras, préfecture du Pas-de-Calais, le village de Pernes-en-Artois entre en rébellion. Les habitants du village s’insurgent contre une nouvelle réquisition militaire décrétée deux jours plus tôt par la Convention nationale.

Cette réquisition vient après la levée en masse de 300 000 hommes qui avait entraîné le soulèvement des paysans vendéens, le 10 mars de la même année.

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1788-1789. Robespierre en campagne

Sources de la chronique : extraits de 1788/1789 en Artois : un candidat en campagne électorale, Maximilien de Robespierre, par Bruno Decriem, in Robespierre. De la Nation artésienne à la République et aux Nations, par Hervé Leuwers, Jean-Pierre Hirsch, Gilles Deregnaucourt, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 1994, pp. 61-72.

« L’élection de Robespierre comme représentant du Tiers État aux États généraux ne fut pas une formalité, loin de là. Sur les huit députés du Tiers, il ne sera que le cinquième élu après un échec précédent, battu après ballottage pour le poste de quatrième député contre le modeste Vaillant… Mais quels furent l’étonnement et la douleur de Robespierre, lorsque, tout étant ainsi disposé, au lieu de se voir nommer en tête et par acclamation, comme sa vanité s’en était laissé flatter, il vit successivement sortir les noms de plusieurs députés et le sien toujours oublié, quelquefois même repoussé avec mépris ».

« L’Adresse à la Nation artésienne sur la nécessité de réformer les États d’Artois tient donc lieu de programme électoral du candidat Maximilien Robespierre. Déjà élaborée et publiée en 1788, elle fut éditée à nouveau en février 1789. 83 pages sans chapitre, non signées, mais personne ne peut s’y tromper…

On peut diviser le texte en huit thèmes principaux distincts qui forment le tout de la pensée robespierriste de cette époque électorale. Un ambitieux programme nettement affiché de rupture avec la structure de l’Ancien Régime:

  • une dénonciation de la dilapidation des deniers publics par les États d’Artois ;
  • une énormité injustifiée des contributions ;
  • une injuste répartition inégalitaire de l’imposition en général ;
  • l’inégalité des ordres en particulier ;
  • la volonté des États d’Artois de supprimer les avantages de la province suite à son statut particulier (édit de 1569) ;
  • les méfaits des États d’Artois sur les campagnes et les atteintes aux droits de l’homme ;
  • les pressions électorales inadmissibles exercées sur les Artésiens pour diriger les futurs électeurs ;
  • et enfin pour finir, l’annonce par Robespierre d’un réveil nécessaire du peuple artésien en préconisant le « bon choix », celui de la vertu et du courage ».

Mise en cause de la composition des États d’Artois. »Mais entre l’idéal et la réalité, il y a une énorme distance.. Les droits du peuple sont bafoués car la démocratie électorale et politique n’existe pas dans la désignation des membres des États :

« Ne voyez-vous pas d’abord que la seule composition de ces dernières doit être le principe de tous les abus ? Puisque ce n’est point le suffrage des peuples qui en ouvre l’entrée, mais la faveur des personnages qui en sont membres et surtout des hommes puissants qui les dominent ; il s’ensuit que cet honneur sera le prix de l’intrigue et de la complaisance avec laquelle on sacrifiera les intérêts des peuples à celui des grands »…

La chambre du clergé ? « Un comité où assistent deux évêques, les abbés réguliers des monastères, les députés des chapitres. Les évêques ne représentent personne, parce que personne ne les a choisis… Comme à de nombreuses reprises sous la Constituante et même plus tard, sous la Convention, Robespierre va prendre la défense du bas-clergé, celui des petits curés des paroisses« …

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Robespierre, 30 ans en 1788

Sources de la biographie de Robespierre : extraits de l’article de Wikipédia.

1758. « Naissance de Maximilien à Arras. Il est le fils ainé de François de Robespierre (1732-1777), avocat au Conseil supérieur d’Artois, et de Jacqueline-Marguerite Carraut (1735-1764), fille d’un brasseur d’Arras. Le couple eut encore quatre autres enfants.

Par son père, il descend d’une famille de gens de robe artésiens : son grand-père Maximilien (1694-1762) était également avocat au Conseil supérieur d’Artois, son bisaïeul Martin (1664-1720) procureur à Carvin, son trisaïeul Robert (1627-1707) notaire à Carvin et bailli d’Oignies.

1764. Le benjamin des enfants voit le jour le 4 juillet, mais décède sans qu’un prénom lui soit attribué. La mère ne se releve pas et meurt le 15 juillet, à vingt-neuf ans. Maximilien a six ans et serait de plus orphelin : son père aurait abandonné ses enfants peu après la mort de son épouse.

1765 (Robespierre a 7 ans). Louis de France, dauphin de Louis XV (1729-1765) meurt à l’âge de 36 ans. Il ne sera jamais roi : son père Louis XV meurt en effet en 1774. Mais il sera le père de trois rois, Louis XVI, Louis XVIII, Charles X.

1765 (7 ans). Les garçons Robespierre sont élevés par leur grand-père maternel, Jacques Carraut (1701-1778). Maximilien entre au collège d’Arras (ancienne institution jésuite gérée par un comité local nommé par l’évêque.

1769 (11 ans). Grâce à l’évêque d’Arras, Louis-François de Conzié, Robespierre obtient une bourse de 450 livres annuelles de l’abbaye de Saint-Vaast et entre au collège Louis-le-Grand, à Paris.

1769-1781 (11-23 ans). Il y fait de brillantes études. Il a pour condisciples Camille Desmoulins et Louis-Marie Fréron. Son nom est plusieurs fois proclamé aux distributions de prix du Concours général : d’après l’abbé Proyart, préfet du collège, Maximilien était un élève studieux, se consacrant uniquement au travail, solitaire et rêveur, peu expansif.

1774 (Robespierre a 16 ans). Mort de Louis XV. Louis XVI devient roi, à l’âge de 20 ans. Robespierre et Louis XVI ont presque le même a^ge.

1780-1781 (18-19 ans). Reçu bachelier en droit de la faculté de Paris le 31 juillet, il obtient son diplôme de licence et s’inscrit sur le registre des avocats du Parlement de Paris deux semaines après. Le 19 juillet, sur rapport du principal du collège, une récompense de 600 livres lui fut octroyée.

Maximilien s’inscrit le 8 novembre 1781 au Conseil provincial d’Artois, comme son père et son grand-père paternel.

1782 (24 ans). Il commence à plaider le 16 janvier. Le 9 mars, il est nommé par l’évêque, Monseigneur de Conzié, juge au Tribunal épiscopal.

1783 (25 ans). En novembre, il est accueilli dans l’Académie des sciences, lettres et arts d’Arras. Il participe à plusieurs concours académiques.

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Robespierre peint par Louis Boilly, 1783, Musée des Beaux-Arts de Lille. Cliquer sur les images pour les agrandir

1784 (26 ans). Un de ses mémoires, envoyé à l’Académie nationale de Metz, lui vaut une médaille, ainsi qu’un prix de 400 livres. Cf. la chronique du blog : 1787, Metz. Un polar historique.

1785 (27 ans). Il rédige un Éloge de Gresset pour le concours de l’Académie des sciences, des lettres et des arts d’Amiens. Pas de prix mais cet éloge est publié.

1787 (29 ans). Dans ses fonctions, Robespierre affirme partager le point de vue des cartésiens sur l’égalité des sexes et estsoucieux de favoriser la mixité au sein des sociétés savantes… Les Rosati d’Arras, petit cénacle poétique fondé le 12 juin 1778 par un groupe d’officiers et d’avocats, accueillent dans leurs rangs deux femmes de lettres, Marie Le Masson Le Golft et Louise de Kéralio.

1788 (30 ans). L’Académie royale des Belles-Lettres d’Arras l’élit à l’unanimité, le 4 février, comme directeur.

Maximilien de Robespierre reste célibataire. Toutefois, à Arras, il cultiva les relations féminines.

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1748. Carte de l’Europe

Carte de l’Europe après la Guerre de Succession d’Autriche (1740-1748), terminée par les négociations de paix à Aix-la-Chapelle (avril à octobre 1768) et la signature du Traité éponyme (17 octobre 1748).

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Il est important de signaler que cette guerre ne se déroule pas sur le territoire du Royaume de France mais au centre de l’Europe dans la première moitié de la période. Dans la seconde moitié (1744-1748), les combats ont lieu dans les Pays-Bas autrichiens (territoire au nord du Royaume, future Belgique). Sources : les articles de Wikipédia mentionnés dans la chronique.

Période 1 : 1740-1743.

  • La Prusse gagne. « Dès le début de la 1ère guerre de Silésie (décembre 1740-1742), la Prusse de Frédéric II occupe ce territoire de 30.000 km² au nord-est de l’Autriche : sa victoire militaire est consolidée par le Traité de Berlin (28 juillet 1742) : cession de la Haute et Basse Silésie par Marie-Thérèse d’Autrich ».
  • La France perd. « Les troupes franco-bavaroises prennent Prague le 21 novembre 1741 (siège de Prague). L’électeur de Bavière, Charles Albert, se fait couronner roi de Bohême ; le 24 janvier 1742, il est élu empereur sous le nom de Charles VII. Les forces autrichiennes attaquent alors la Bavière et réussissent à prendre Munich (février 1742). Puis l’effort autrichien se concentre sur la reprise de Prague (siège en juin 1742 par 28.000 hommes). En septembre, De Broglie réussit à quitter Prague avec une partie du corps expéditionnaire ; le 16 décembre, Belle-Isle s’échappe à son tour avec 14.000 hommes. Les 6.000 hommes, pour la plupart blessés ou malades, laissés à Prague négocient les conditions de leurs reddition et obtiennent un retrait avec les honneurs de la guerre. L’année 1743 sera marquée par la difficile retraite de l’armée française dans le sud de l’Allemagne… Fin avril, l’armée de Noailles forte de 70.000 hommes traverse le Rhin à Spire et s’avance à la rencontre de l’armée anglo-hanovrienne commandée par George II. Leur rencontre a lieu à Dettingen, à 10 km au sud-est de Francfort, le 27 juin 1743. Au départ, la position française est forte, la victoire paraît certaine, mais suite à une manœuvre intempestive de son neveu duc de Gramont, l’armée française est prise de panique et vaincue. Au début du mois de mai 1743, Marie-Thérèse peut être couronnée reine de Bohême, mettant fin à l’usurpation de Charles Albert de Bavière ».

Période 2 de la Guerre de Succession d’Autriche, 1744-1748

Satisfaite par la conquête de la Silésie, la Prusse de Frédéric II s’est retirée du conflit. En 1744, le Royaume de France a contre lui la coalition de trois pays (Autriche, Angleterre, Pays-Bas Provinces unies).

« Le Maréchal de Noailles propose un double plan qui fut adopté et partiellement réalisé : offensive vigoureuse dans les Pays-Bas autrichiens et défensive en Allemagne ».

« Le plan n’est que partiellement réalisé. En Allemagne, l’armée du Rhin doit se replier en territoire français. Louis XV, parti vers les Pays-Bas, doit se porter à son secours. Après être passé à Metz (il y tombe malade), Lunéville et Strasbourg, il franchit le Rhin. et fait le siège de la citadelle de Fribourg-en-Brisgau ; il obtient la capitulation après un siège de 47 jours. Louis XV assiste personnellement au bombardement de la ville et fait épargner la cathédrale. L’année suivante, en 1745, la ville doit être rendue aux Impériaux, et les Français détruisent les fortifications de Vauban ».

« En 1744, l’armée du Nord, malgré la prise de Courtrai, Menin, Ypres et Furnes, ne put servir à préparer un débarquement en Angleterre pour tendre la main aux Jacobites ».

Par contre, lors des campagnes de 1745 à 1748, l’armée royale court de victoire en victoire dans les Pays-Bas autrichiens, dont celle de Fontenoy (11 mai 1745), sous la conduite du Maréchal Maurice de Saxe.

Conclusion à développer dans des prochaines chroniques

Avant le Traité de la Chapelle, la France, qui a gagné la guerre de Succession d’Autriche par ses victoires dans les Pays-Bas autrichiens, est au sommet de sa puissance militaire, résultat de sa puissance politique, démographique et économique. Lors des négociations du Traité, la France ne revendique pas l’annexion des territoires conquis et occupés à sa frontière nord. Louis XV se veut magnanime, disant que les territoires annexés donneront, dans le futur, des guerres revanchardes. Il n’est guère compris par l’opinion.

L’Autriche s’en sort plutôt bien. Elle perd certes la Silésie au profit de la Prusse, mais elle a retrouvé et resserré ses liens avec la Hongrie.

La Prusse de Frédéric II est, déjà, la grande gagnante : elle est reconnue désormais comme puissance militaire, et agrandit nettement son territoire à sa frontière sud-ouest (Silésie). Mais elle est un allié versatile et ses possessions à l’Ouest sont fragmentées : elle n’aura de cesse que de les réunir et elle y parviendra, en gagnant la guerre de 1870 et en fondant l’Empire.

  • 18 octobre 1748, La Prusse triomphe au traité d’Aix-la-Chapelle (source : Hérodote.net). « Frédéric II, allié de circonstance de la France, apparaît comme le seul gagnant de la guerre. Aussi le traité d’Aix-la-Chapelle est-il à l’origine de plusieurs expressions populaires : bête comme la paix, travailler pour le roi de Prusse« .

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1729-1765. Louis de France, dauphin

1765. Louis de France, dauphin de Louis XV, meurt à l’âge de 36 ans. Il ne sera jamais roi : son père Louis XV meurt en 1774. Mais il sera père de trois rois : Louis XVI, Louis XVIII, Charles X. Source principale de cette chronique : article de Wikipédia.

1729 (4 septembre). Naissance de Louis de France, l’aîné des fils du roi Louis XV et de son épouse Marie Leszczynska. Son titre : dauphin du Viennois.

L’éducation du dauphin

1735 (Louis de France a 6 ans) – 1743. « Boyer de Mirepoix , évêque de Mirepoix de 1730 à 1736, est nommé précepteur du dauphin Louis Ferdinand, puis grand aumônier de la dauphine en 1743″. Source : Blog de ladormeuse.

« Docteur en théologie, l’abbé Joseph de Giry de Saint Cyr est sous-précepteur du dauphin de France, conseiller d’État et membre de l’Académie française élu en 1741 et enfin commendataire de l’abbaye Saint-Martin de Troarn de 1749 à sa mort ».  Source : article de Wikipédia sur Joseph de Giry.

« Louis de France fut un élève très brillant. Ainsi, il avait une excellente connaissance du latin, il parlait couramment l’anglais, chose rare pour un prince de son époque et excellait dans nombre d’autres disciplines. En revanche, il détestait l’activité physique et renonça même à la chasse après avoir tué par mégarde un de ses hommes ».

1745. Portrait du dauphin par Maurice Quentin de la Tour

Musée de Saint Quentin, photo de Pierre Dubois (septembre 2020); cliquer sur l’image pour l’agrandir

1745 (15 ans). En février, mariage de Louis de France avec l’Infante Marie-Thérèse d’Espagne

1745 (15 ans). « 11 mai, la bataille de Fontenoy, décisive quant à l’issue de la guerre de la Succession d’Autriche, se déroule en présence du roi Louis XV et de son fils, le Dauphin. Le soir de la bataille, comme celui-ci manifeste une joie débordante à l’évocation des combats, son père l’admoneste avec une sagesse inaccoutumée : Voyez tout le sang que coûte un triomphe. Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire, c’est de l’épargner ». Source : Hérodote.net, La Bataille de Fontenoy.

1746 (17 ans). Mort de Marie-Thérèse d’Espagne.

1747 (18 ans). Remariage du dauphin Louis de France avec Marie-Josèphe de Saxe, fille du roi de Pologne.

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1714. Fénelon : avocats, prédicateurs

Chroniques du blog sur le 18ème siècle. Fénelon (1651-1715) et son double, catalogue de l’exposition de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg, 2015, 120 pages. Diaporama de 11 photos.

Deuxième chronique. Fénelon, 30 ans en 1681

Troisième chronique sur Fénelon, ce jour : critique des avocats, des prédicateurs. Lettre sur les occupations de l’Académie française, Paris, Libraire Ch. Delagrave, 1714.

Cet ouvrage fut le dernier écrit de Fénelon. Il le composa pour répondre au désir de l’Académie qui l’avait consulté sur les travaux qu’elle devait achever ou entreprendre. Il y traite successivement du Dictionnaire, d’un projet de Grammaire, d’une Rhétorique, d’une Poétique, de trois traités distincts sur la Tragédie, sur la Comédie et sur l’Histoire ; et termine cette Lettre par des considérations sur les anciens et les modernes.

Extraits du Projet de rhétorique (pages 14-16). « Par rapport à la Grèce antique, « la parole n’a aucun pouvoir semblable chez nous ; les assemblées n’y sont que des cérémonies et des spectacles. Il ne nous reste guère de monuments de forte éloquence, ni de nos anciens parlements, ni de nos états généraux, ni de nos assemblées de notables ; tout se décide en secret dans le cabinet des princes, ou dans quelque négociation particulière : ainsi notre nation n’est point excitée à faire les mêmes efforts que les Grecs pour dominer par la parole. L’usage public de l’éloquence est maintenant presque borné aux prédicateurs et aux avocats.

Nos avocats n’ont pas autant d’ardeur pour gagner le procès de la rente d’un particulier, que les rhéteurs de la Grèce avaient d’ambition pour s’emparer de l’autorité suprême dans une république. Un avocat ne perd rien et gagne même de l’argent, en perdant la cause qu’il plaide. Est-il jeune ? il se hâte de plaider avec un peu d’élégance pour acquérir quelque réputation, et sans avoir jamais étudié ni le fond des lois ni les grands modèles de l’antiquité. A-t-il quelque réputation établie ? il cesse de plaider, et se borne aux consultations, où il s’enrichit. Les avocats les plus estimables sont ceux qui exposent nettement les faits, qui remontent avec précision à un principe de droit, et qui répondent aux objections suivant ce principe. Mais où sont ceux qui possèdent le grand art d’enlever la persuasion et de remuer les cœurs de tout un peuple ?

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De La Tour. Six portraits au pastel

Quentin de La Tour (1704-1788) a réalisé les six portraits ci-dessous entre 1742 et 1753. Ils sont exposés au musée Antoine Lecuyer à Saint-Quentin (Aisne).

Durant cette période (chronique sur sa biographie), de La Tour a atteint l’apogée de son art – le portrait au pastel. Diaporama de 20 photos.

Histoire du pastel (source Wikipédia). « Le pastel est un bâtonnet de couleur utilisé en dessin et en peinture. Il est composé de pigments, d’une charge et d’un liant. On distingue les pastels secs (tendres ou durs) des pastels gras (à l’huile ou à la cire).

Le pastel a vraisemblablement été inventé en France et en Italie à la fin du XVe siècle et a été utilisé par Léonard de Vinci. Il est très prisé dès le XVIIe siècle, où ses couleurs franches et son aptitude à imiter fidèlement les tissus, les textures et les lumières le rendent indissociable de l’art du portrait. Au XVIIIe siècle, le pastel connaît son âge d’or. Il est notamment utilisé par Maurice Quentin de La Tour, surnommé le Prince des pastellistes, qui met au point une méthode de fixation du pastel aujourd’hui disparue…Le pastel, symbole de la grâce de l’Ancien Régime, tombe en désuétude peu après la Révolution française au profit de la peinture à l’huile ».

Les 6 portraits  

Abbé Jean-Jacques Huber (1699-1744), érudit, diplomate genevois établi à Lyon.

Portrait de l’abbé Jean-Jacques Huber, 1742, Pastel sur papier

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Louis XV par Quentin de La Tour

Quentin de La Tour (1704-1788) et Louis XV (1710-1774) sont contemporains. 44 ans et 38 ans en 1848. Au milieu du siècle, ils sont au faîte de leur vie, de peintre ou de roi.

En 1748, Quentin de La Tour est au sommet de son art ; la reconnaissance royale lui est acquise ; il a 44 ans. En 1746, il avait été reçu Académicien comme peintre de portraits au pastel avec le Portrait de Restout, peintre. Biographie de Quentin de La Tour dans la chronique précédente.

« Quentin de La Tour participe aux expositions du Louvre. En 1748, le nombre des pastels envoyés par lui au Salon s’élève à 14, parmi lesquels 8 sont conservés au Louvre : entre autres les portraits du Roi, de la Reine, du Dauphin et du Maréchal de Saxe. En 1750, il est nommé conseiller de l’Académie royale ». 

En 1748, Louis XV est au sommet de sa puissance ; il a 38 ans. Il est vainqueur de la guerre de succession d’Autriche (1740-1748).

Louis XV

L’avenir des Bourbons sur le trône royal semble assuré. Louis de France, le fils de Louis XV (1729-1765), a 19 ans. Marié en secondes noces avec Marie-Josèphe de Saxe (1731-1767), celui-ci devient père d’un garçon dès 1751, Louis Joseph de France (1751-1761), duc de Bourgogne.

Louis de France, fils de Louis XV

Œuvres du Musée Antoine Lecuyer (dit aussi Musée Quentin de la Tour, Saint-Quentin, Aisne). Histoire du Musée. Portraits de la famille royale : diaporama de 15 photos

Marie-Josèphe de Saxe et le duc de Bourgogne

Pour aller plus loin. Portrait de Louis XV par Quentin de La Tour, Salon de 1748, Musée du Louvre, dans la série les Tableaux célèbres.

Analyse du portrait par le Musée du Louvre (non signée). « Le roi est représenté dans tout l’éclat de la jeunesse. Quentin La Tour a rendu avec bonheur cette tête charmante et fine qui faisait de Louis XV le plus beau gentilhomme de France. Le front, d’un dessin très pur, se développe entre les boucles d’une perruque poudrée ; sous des sourcils parfaits, les yeux bien ouverts ont de la finesse, de l’intelligence, de la bonté ; le nez, un peu charnu à la base, accuse cette courbure caractéristique dans la famille des Bourbons ; l’incarnat des lèvres trahit la sensualité bien connue du monarque ; le menton assez allongé termine agréablement ce beau visage et lui donne un grand air de distinction. Une fine cravate blanche enserre le cou. Le roi est revêtu d’une riche armure ornée de fleurs de lis d’or et doublée de velours bleu ; il porte en sautoir le grand cordon de l’ordre du Saint-Esprit, en moire bleue ; sur la poitrine s’étale un autre cordon, écarlate celui-là, auquel est attaché l’ordre de la Toison d’Or. Sur l’épaule droite est négligemment jeté le grand manteau royal fleurdelisé et doublé d’hermine.

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Quentin de La Tour, 1704-1788

Maurice Quentin de La Tour, né et mort à Saint-Quentin (1704-1788), troisième fils de François de La Tour, maître écrivain, ingénieur géographe et chantre de la collégiale de la ville, et de Reine Zanar.

Buste de Maurice-Quentin de La Tour, par Gabriel Girodon, 1931

Diaporama de 25 photos

Première partie de la biographie : citations de Wikipédia

1718 (14 ans). « De La Tour dédie au principal du collège, Nicolas Desjardins, une perspective de Saint-Quentin dessinée au crayon. Au sortir du collège, voulant devenir peintre, il quitte Saint-Quentin pour Reims, puis Cambrai, à la recherche de modèles et de maîtres.

1719 (15 ans). A Paris, il entre comme apprenti auprès du peintre Claude Dupouch, membre de l’Académie de Saint-Luc.

1723 (19 ans). Il reçoit aussi les conseils de Louis de Boullogne, premier peintre du Roi et surtout de Jean Restout. Mais, en vérité, il se forme seul dans l’art du pastel, alors remis en vogue par Vivien et par Rosalba Carriera.

L’art du Pastel, Anonyme (École Hollandaise), fin du 18ème, Musée de Saint-Quentin

1725 (21 ans). Séjournant à Cambrai, où s’est réuni le congrès destiné à réconcilier l’Empereur Charles VI et le roi Philippe V d’Espagne au terme de la guerre anglo-espagnole, il est remarqué pour le beau portrait qu’il fit d’un ambassadeur d’Espagne. L’ambassadeur extraordinaire du roi d’Angleterre Horace Walpole l’invite à le suivre à Londres et met à sa disposition une aile de son palais. En Angleterre, la fréquentation de l’aristocratie et la haute aristocratie lui apprend à connaitre la « bonne société ». Après avoir orné les salons des riches banquiers, des princes et des coquettes à la mode, ses portraits sont passés dans l’atelier des premiers graveurs de Londres, qui ont consacré leur burin à la reproduction durable des œuvres légères du pastelliste.

1727 (23 ans). Sa prospérité assurée, il quitte l’Angleterre et revient en France. Il avait alors vingt-trois ans ».

Seconde partie de la biographie de Quentin de La Tour : citations de Larousse

1735-1736 (31-32 ans). Exécute le portrait de Voltaire qui lui vaut une grande renommée.

Musée de Saint-Quentin

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Compiègne du 11ème au 18ème siècle

Compiègne, du 11ème au 18ème siècle. Quelques édifices. Tour de Beauregard, Église Saint-Pierre des Minimes, Vieille Cassine, Hôtel de ville, Grenier à sel. Extraits de textes de François Callais, Société Historique de Compiègne.

Diaporama de 32 photos

La Tour de Beauregard

« Au palais carolingien, situé sur la hauteur dominant l’Oise, succéda, peut-être dès la fin du XIe siècle, le château capétien dont il reste ce donjon. C’est le plus ancien exemple connu de tour parfaitement circulaire (1120-1130). En bordure de la rivière, elle contribuait à défendre l’ancien pont dont les vestiges sont proches. Après les généreuses donations de saint Louis en faveur de l’Hôtel-Dieu et des jacobins, ce château fut abandonné comme résidence royale.

Cependant, jusque sous Louis XI, ce fut le siège du capitaine de la ville, ainsi que de l’Auditoire de la justice royale, avec sa prison. 

Des prisonniers illustres y furent détenus : le comte de Flandre qui y resta jusqu’à sa mort en février 1305, le maréchal de Rieux en 1437.

Dénommée aussi tour Jeanne d’Arc, en hommage à l’héroïne qui franchit l’ancien pont avant d’être capturée de l’autre côté de la rivière, le 23 mai 1430. Guillaume de Flavy, capitaine de la ville, a pu observer cette fatale escarmouche de sa plate-forme supérieure ».

Église Saint-Pierre des Minimes

« C’est l’église la plus ancienne de Compiègne, l’édifice actuel ayant été construit au cours du XIIe siècle, entre 1130 et 1160 plus précisément. Saint-Pierre fut d’abord un oratoire rural destiné aux habitants du domaine agricole concédé par Charles le Chauve à la future abbaye Saint-Corneille, elle en devint un prieuré en 1185. Au début du XVIIe siècle, les Minimes, ordre de bénédictins réformés par l’italien saint François de Paule, s’y installèrent et édifièrent les bâtiments claustraux voisins qui servent d’école depuis 1791 ».

En dépit des destructions de la Révolution, le tympan du portail de style gothique primitif et ses sculptures – le Christ en gloire, entouré des symboles des quatre évangélistes – sont toujours visibles, mais fort abîmés.

La vieille Cassine

« Le terme de cassine désigne, en picard, une maison d’aspect plutôt rustique. La Vieille Cassine remonte au XVe siècle, mais comporte une aile du XVIIe siècle. Ce fut assez longtemps la demeure des Maîtres du Pont qui dirigeaient une dizaine de pilotes, ou Compagnons de l’Arche, habiles à faire passer les bateaux sous l’ancien pont, dit de Saint-Louis, dont les multiples arches créaient des remous dangereux.

Le pont Louis XV n’ayant plus que trois arches, diminua beaucoup ces risques, qui disparurent avec la canalisation de la rivière, quasi achevée en 1831. L’Oise fut en effet longtemps la principale voie de commerce de Compiègne.

La corporation des Compagnons de l’Arche avait son siège en la chapelle Saint-Nicolas, patron des marins, dans l’église Saint-Jacques ; elle y suspendait des bateaux en ex-voto.

Ce quartier est le seul témoignage du Compiègne médiéval, avec ses rues tortueuses. Le nom de rue des Lombards rappelle qu’y logèrent ceux qui pratiquaient le commerce de l’argent et le prêt sur gages ; elle menait d’ailleurs à la place du Change où ils tenaient boutique, y vendant aussi de l’orfèvrerie, notamment lors de la Foire de Mi-Carême ».

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Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AI. Art médiéval et moderne, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie)