Archives de Catégorie: C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie)

3 tableaux de Watteau (1684-1721)

Trois tableaux de Watteau (1684-1721) : Arlequin empereur dans la lune (Nantes), L’écureuse de cuivres (Strasbourg), La Chute d’eau (Valenciennes). Lire aussi la chronique : 1721. Watteau meurt à 37 ans.

A.Antoine Watteau a 23 ans quand il peint Arlequin empereur dans la lune, vers 1707. Source : Musée d’Arts de Nantes.

Cliquer sur les images pour les agrandir

« Passionné par le monde du théâtre, Watteau a souvent traité ce thème au cours de sa courte mais prestigieuse carrière. Il s’est principalement inspiré du théâtre de rue, des foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent, marquant une nette préférence pour le théâtre italien, la commedia dell’arte. Cette scène est d’ailleurs inspirée d’une comédie de Nolant de Fatouville, Arlequin empereur dans la lune, créée en 1684 et jouée à la foire de Saint-Laurent en 1707 puis en 1719.

Sur un fond sombre et épuré où l’on devine quelques éléments de végétation, quatre personnages occupent l’espace. A gauche, on peut reconnaître le mezzetin, le valet toujours amoureux et sentimental, en costume rayé avec sa fraise blanche, coiffé d’un chapeau souple tombant sur l’arrière de sa tête ; Colombine, la femme de chambre toujours amoureuse et qui n’a pas sa langue dans sa poche ; le Dr Boloardo en costume noir, passionné d’astronomie, qui pense que la lune est habitée. A droite, leur faisant face, Arlequin est assis dans une carriole à soufflet, tirée par un âne qui regarde le spectateur affligé, annonçant la farce.

L’intrigue est simple et burlesque comme souvent. Le Dr Boloardo promet la main de Colombine, sa servante, à plusieurs prétendants : un fermier, un apothicaire et un boulanger. Mais Arlequin et Colombine s’aiment en secret. Arlequin décide alors de se déguiser en prenant l’identité de tous les prétendants, tour à tour, démontrant au Docteur qu’ils ne font pas l’affaire. Un jour il se présente comme étant l’ambassadeur de l’empereur de la lune. Le Dr Boloardo, charmé, lui accorde la main de Colombine. Mais il est rapidement démasqué et se voit dans l’obligation de renoncer à Colombine.

Cette petite huile sur toile a probablement été réalisée au début de la carrière du peintre. Le style est en effet encore fortement influencé par celui de son maître, Claude Gillot. Le trait sec, les personnages un peu figés et la palette chromatique peu lumineuse confirment cette hypothèse ».

B. Antoine Watteau a 25 ans quand il peint L’écureuse de cuivres, 1709-1710. Source : Musée des Beaux-arts de Strasbourg.

« On ne soulignera jamais assez que la formation de Watteau, né à Valenciennes, fut essentiellement flamande. L’œuvre du musée en est la parfaite illustration. S’inscrivant dans sa période de jeunesse, L’Écureuse de cuivres est une peinture atypique dans son œuvre. Le sujet est parfaitement trivial et le tableau semble un pastiche d’après des peintures semblables de Kalf. L’accrochage de cette peinture de Watteau au sein de la section nordique ne choque pas et permet au contraire des comparaisons fructueuses, tant dans les points communs que dans les différences.

Watteau est ici à la recherche de sa technique, étudiée d’après les maîtres flamands et hollandais mais aussi italiens et français de la couleur, et montre déjà sa virtuosité. Ce n’est plus un débutant mais il est encore en quête du genre qui lui permettra d’exprimer au mieux sa personnalité et de se forger une clientèle. Avec ce tableau, nous possédons aussi la plus achevée des natures mortes de Watteau. Le peintre montre sa sensibilité dans le traitement du ciel et le rendu des reflets métalliques des cuivres et des étains comme des étoffes. Passant du registre trivial à celui de la société raffinée, Watteau ne perdit pas son sens de l’observation et de sa poésie ».

C. Antoine Watteau a 31 ans quand il peint La chute d’eau (vers 1715, musée de Valenciennes). Source : exposition 2015 : La Chute d’eau d’Antoine Watteau et le paysage français au 18ème siècle.

Commentaires fermés sur 3 tableaux de Watteau (1684-1721)

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), E. Arts Lettres Langues

1721. Watteau meurt à 37 ans

1721, Watteau meurt à l’âge de 37 ans. 2021 est donc l’année du tricentenaire de sa mort. La grande exposition qui lui sera consacrée est celle de Berlin (source 2, ci-dessous).

Source 1. Fabienne Manière, 18 juillet 1721, Les fêtes galantes pleurent Watteau, version abrégée, Herodote-net, 20 juillet 2021.

Antoine Watteau s’éteint à Nogent-sur-Marne. Il n’a que 37 ans.

« Le mélancolique peintre de Valenciennes apparaît comme le précurseur du siècle des Lumières, de son appétit de jouissance et de bonheur. Il nous montre la civilisation française au sommet de sa gloire, libertine, superficielle et gaie, cultivant la douceur de vivre, avec une pointe d’amertume eu égard au temps qui passe et à la jeunesse qui se flétrit ».

  • Watteau vit ses sept dernières années durant la Régence de Philippe d’Orléans. Dans son film Que la fête commence, Bertrand Tavernier a mis en valeur six personnages historiques de la Régence qui a suivi la mort de Louis XIV en 1715 (…Watteau n’en fait pas partie).

Mélancolie. « Le peintre des Fêtes galantes est né en 1684, à Valenciennes, au nord de la France, dans le ménage d’un couvreur, homme d’une si grande violence qu’il doit rendre des comptes à la justice.

L’enfant grandit dans un foyer sans tendresse. De là son tempérament solitaire et mélancolique qui le rend si proche d’un poète tel que Verlaine. Il s’initie à la peinture chez un peintre médiocre de sa ville avant de se rendre à Paris et de travailler dans l’atelier d’un peintre d’oeuvres pieuses. On y travaille à la chaîne et Watteau racontera plus tard en riant qu’il s’y était spécialisé dans les têtes de saint Nicolas et les lunettes de vieille femme !

Le règne de Louis XIV s’achève tristement dans les invasions, la famine et les épidémies. Les bourgeois et les nobles fuient la cour de Versailles et se réfugient dans les salons parisiens. Foin de peintures épiques ou allégoriques. Ces privilégiés se montrent amateurs de petites peintures décoratives pour garnir les boiseries de leurs salons et de leurs boudoirs.

Tout un petit monde d’artistes et de marchands se met à leur service. Et les gens du monde peuvent se rendre compte des dernières tendances de la mode en matière de peinture en visitant dans une salle du Louvre un Salon de peinture et sculpture qui a lieu tous les deux ans »…

Succès. Les marchands vont prendre sous leur protection Antoine Watteau, dont le talent se confirme. Tout au long de sa courte vie, le peintre va d’ailleurs vivre chez les uns et les autres, sans fonder de foyer. Dans l’atelier du peintre Gillot il découvre le théâtre de la Commedia dell’Arte qui inspirera plusieurs de ses chefs-d’œuvre comme Pierrot, dit Gilles.

Watteau développe un art inédit en phase avec le goût bourgeois de son époque. Il représente des fêtes galantes quelque peu féeriques, à l’ombre de grands arbres, comme L’embarquement pour Cythère, une allégorie de l’amour.

Watteau se rend à Londres pendant un an pour se faire soigner de la tuberculose. Mais il meurt peu après son retour, après avoir réalisé pour son ami Gersaint, en une huitaine de jours, la célèbre Enseigne de Gersaint. Elle s’ajoute à ses deux cents toiles répertoriées et à ses milliers de dessins.

Source 2. Antoine Watteau. Art, Marché, Artisanat. Exposition temporaire au château de Charlottenbourg à Berlin du 9 octobre au 9 janvier 2022.

« L’année 2021 marque le tricentenaire de la mort du peintre français Antoine Watteau (1684-1721). La gloire que cet artiste connaissait de son vivant illumine l’univers de l’art aujourd’hui encore, et ses œuvres restent des trésors très convoités des collectionneurs. La Fondation des châteaux et jardins prussiens de Berlin-Brandebourg possède, juste après le musée du Louvre à Paris, la plus vaste collection de tableaux de cet artiste.

L’Enseigne de Gersaint, l’une des œuvres majeures de Watteau, sera au cœur de l’exposition. Acquise en 1756 par Frédéric le Grand (1712-1786), cette peinture est considérée comme un chef-d’œuvre depuis sa création. Créée à l’origine pour servir de panneau publicitaire à la galerie parisienne du marchand Gersaint, elle fait aujourd’hui encore l’objet de questionnements et de débats ayant trait non seulement au commerce de l’art, mais aussi, plus globalement, à notre rapport à l’art et au fait de collectionner des œuvres.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Commentaires fermés sur 1721. Watteau meurt à 37 ans

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), D. Allemagne, E. Arts Lettres Langues

Mausolée de Maurice de Saxe

Strasbourg, Église Saint-Thomas, Mausolée de Maurice de Saxe (1696-1750), par le sculpteur Jean-Baptiste Pigalle.

Diaporama de 18 photos de Pierre Dubois (mai 2021).

Mausolée de Maurice de Saxe par Jean-Baptiste Pigalle

Sources. Citations des articles de Wikipedia (Maurice de Saxe) et du blog Eve-lyne (mausolée baroque de Maurice de Saxe)  

Cliquer sur les images pour les agrandir

A. Brève biographie de Maurice de Saxe

« Maurice de Saxe, comte de Saxe, est né le 28 octobre 1696 à Goslar (ville libre d’Empire).

Les victoires décisives dans la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748). En août 1741, il traverse le Rhin à la tête d’une division de cavalerie. C’est le début de la campagne de Bohême durant laquelle il contribue de façon déterminante à la prise de la ville de Prague.

En 1744-1745, il dirige l’armée française qui envahit les Pays-Bas autrichiens. Il réclame sur le front la présence de Sa Majesté qui, selon lui, équivaut à un renfort de 50 000 hommes. Cette campagne est marquée par une succession ininterrompue de victoires : Tournai, Fontenoy, Rocourt, Bruxelles, Maastricht,

Tous les Pays-Bas autrichiens, la Zélande et la principauté de Liège sont occupés par les troupes du Roi Très Chrétien. Celui-ci nomme alors le comte de Saxe Maréchal général des camps et armées, plus haute distinction militaire française qui avait été confiée seulement à Turenne et à Villars avant lui.

Enfin, Louis XV fait annoncer lors des préliminaires de paix, Faire la paix en roi et non en marchand, et, au Traité d’Aix-la-Chapelle en 1748, il renonce à l’annexion des Pays-Bas autrichiens, au grand dam du maréchal de Saxe. Les troupes françaises évacuent le pays tandis que l’allié prussien réussit à conserver la Silésie.

Les Français s’étaient battus en vain. L’opinion publique a résumé le traité par deux litotes : Bête comme la paix, Se battre pour le roi de Prusse.

 Maurice de Saxe meurt deux ans plus tard, fin novembre 1750, au château de Chambord. Il avait 54 ans.

Une cérémonie funèbre fut célébrée à Paris, mais le grand militaire, protestant, ne pouvait être inhumé dans la capitale catholique du Royaume de France. Son corps fut donc envoyé à Strasbourg (la principale ville protestante du royaume) pour y être inhumé.

La dépouille y arriva le 7 février 1751 et fut d’abord placée dans l’église du Temple-Neuf où le pasteur et théologien Jean Léonard III Froereisen prononça sa Harangue.

B. Le Mausolée du Maréchal de Saxe

Louis XV commanda alors à Jean-Baptiste Pigalle un mausolée. La conception, les études, les dessins, les réalisations sous la forme de modèles réduits en terre, en plâtre puis en marbre demandèrent du temps, beaucoup de temps.

L’élévation du Mausolée sur place, dans le chœur de l’église, aurait commencé en 1771 et aurait été terminée après cinq années. Les restes du corps, qui, à la demande du maréchal, avaient été mis dans de la chaux vive, furent transférés dans un caveau sous le mausolée.

Citations de l’article du blog. « Le thème choisi pour le mausolée est classique : la Mort appelle le maréchal au tombeau, tandis que la France sous les traits d’une figure féminine en pleurs le retient du bras. Des drapeaux brisés, un aigle, un lion, et un léopard rappellent les pays vaincus par ce grand soldat lors de la bataille de Fontenoy (l’Autriche, les Provinces-Unies et la Grande-Bretagne). Sa statue altière, cuirassée, arbore un visage étonnement réaliste mais serein ».

« Devant une pyramide, symbole de l’immortalité, le maréchal descend vers son tombeau.

Commentaires fermés sur Mausolée de Maurice de Saxe

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), D. Allemagne, E. Arts Lettres Langues, E. Ingénierie, Architecture

1793, Pernes : une petite Vendée

25 août 1793. Les tourments de la Révolution. La petite Vendée du Pas-de-Calais.

Extraits de la 1ère partie de l’article. « Qui le sait ? En 1794, le Nord-Pas-de-Calais refuse de se plier aux injonctions de la Convention nationale. Cette rébellion lui vaudra de vivre de sombres moments durant la Grande Terreur et de se voir affubler du surnom de petite Vendée.

Le récit de ce soulèvement méconnu a inspiré à Françoise Dag’Naud un roman historique : 30, rue de Saintonge (Larousse, 2021). Il met en scène les paysans de Pernes-en-Artois et le conventionnel Lebon (le mal-nommé).

Le dimanche 25 août 1793, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest d’Arras, préfecture du Pas-de-Calais, le village de Pernes-en-Artois entre en rébellion. Les habitants du village s’insurgent contre une nouvelle réquisition militaire décrétée deux jours plus tôt par la Convention nationale.

Cette réquisition vient après la levée en masse de 300 000 hommes qui avait entraîné le soulèvement des paysans vendéens, le 10 mars de la même année.

Commentaires fermés sur 1793, Pernes : une petite Vendée

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), E. Sciences humaines et sociales

1788-1789. Robespierre en campagne

Sources de la chronique : extraits de 1788/1789 en Artois : un candidat en campagne électorale, Maximilien de Robespierre, par Bruno Decriem, in Robespierre. De la Nation artésienne à la République et aux Nations, par Hervé Leuwers, Jean-Pierre Hirsch, Gilles Deregnaucourt, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 1994, pp. 61-72.

« L’élection de Robespierre comme représentant du Tiers État aux États généraux ne fut pas une formalité, loin de là. Sur les huit députés du Tiers, il ne sera que le cinquième élu après un échec précédent, battu après ballottage pour le poste de quatrième député contre le modeste Vaillant… Mais quels furent l’étonnement et la douleur de Robespierre, lorsque, tout étant ainsi disposé, au lieu de se voir nommer en tête et par acclamation, comme sa vanité s’en était laissé flatter, il vit successivement sortir les noms de plusieurs députés et le sien toujours oublié, quelquefois même repoussé avec mépris ».

« L’Adresse à la Nation artésienne sur la nécessité de réformer les États d’Artois tient donc lieu de programme électoral du candidat Maximilien Robespierre. Déjà élaborée et publiée en 1788, elle fut éditée à nouveau en février 1789. 83 pages sans chapitre, non signées, mais personne ne peut s’y tromper…

On peut diviser le texte en huit thèmes principaux distincts qui forment le tout de la pensée robespierriste de cette époque électorale. Un ambitieux programme nettement affiché de rupture avec la structure de l’Ancien Régime:

  • une dénonciation de la dilapidation des deniers publics par les États d’Artois ;
  • une énormité injustifiée des contributions ;
  • une injuste répartition inégalitaire de l’imposition en général ;
  • l’inégalité des ordres en particulier ;
  • la volonté des États d’Artois de supprimer les avantages de la province suite à son statut particulier (édit de 1569) ;
  • les méfaits des États d’Artois sur les campagnes et les atteintes aux droits de l’homme ;
  • les pressions électorales inadmissibles exercées sur les Artésiens pour diriger les futurs électeurs ;
  • et enfin pour finir, l’annonce par Robespierre d’un réveil nécessaire du peuple artésien en préconisant le « bon choix », celui de la vertu et du courage ».

Mise en cause de la composition des États d’Artois. »Mais entre l’idéal et la réalité, il y a une énorme distance.. Les droits du peuple sont bafoués car la démocratie électorale et politique n’existe pas dans la désignation des membres des États :

« Ne voyez-vous pas d’abord que la seule composition de ces dernières doit être le principe de tous les abus ? Puisque ce n’est point le suffrage des peuples qui en ouvre l’entrée, mais la faveur des personnages qui en sont membres et surtout des hommes puissants qui les dominent ; il s’ensuit que cet honneur sera le prix de l’intrigue et de la complaisance avec laquelle on sacrifiera les intérêts des peuples à celui des grands »…

La chambre du clergé ? « Un comité où assistent deux évêques, les abbés réguliers des monastères, les députés des chapitres. Les évêques ne représentent personne, parce que personne ne les a choisis… Comme à de nombreuses reprises sous la Constituante et même plus tard, sous la Convention, Robespierre va prendre la défense du bas-clergé, celui des petits curés des paroisses« …

Commentaires fermés sur 1788-1789. Robespierre en campagne

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), E. Droit et Sciences politiques, E. Economie Gestion

Robespierre, 30 ans en 1788

Sources de la biographie de Robespierre : extraits de l’article de Wikipédia.

1758. « Naissance de Maximilien à Arras. Il est le fils ainé de François de Robespierre (1732-1777), avocat au Conseil supérieur d’Artois, et de Jacqueline-Marguerite Carraut (1735-1764), fille d’un brasseur d’Arras. Le couple eut encore quatre autres enfants.

Par son père, il descend d’une famille de gens de robe artésiens : son grand-père Maximilien (1694-1762) était également avocat au Conseil supérieur d’Artois, son bisaïeul Martin (1664-1720) procureur à Carvin, son trisaïeul Robert (1627-1707) notaire à Carvin et bailli d’Oignies.

1764. Le benjamin des enfants voit le jour le 4 juillet, mais décède sans qu’un prénom lui soit attribué. La mère ne se releve pas et meurt le 15 juillet, à vingt-neuf ans. Maximilien a six ans et serait de plus orphelin : son père aurait abandonné ses enfants peu après la mort de son épouse.

1765 (Robespierre a 7 ans). Louis de France, dauphin de Louis XV (1729-1765) meurt à l’âge de 36 ans. Il ne sera jamais roi : son père Louis XV meurt en effet en 1774. Mais il sera le père de trois rois, Louis XVI, Louis XVIII, Charles X.

1765 (7 ans). Les garçons Robespierre sont élevés par leur grand-père maternel, Jacques Carraut (1701-1778). Maximilien entre au collège d’Arras (ancienne institution jésuite gérée par un comité local nommé par l’évêque.

1769 (11 ans). Grâce à l’évêque d’Arras, Louis-François de Conzié, Robespierre obtient une bourse de 450 livres annuelles de l’abbaye de Saint-Vaast et entre au collège Louis-le-Grand, à Paris.

1769-1781 (11-23 ans). Il y fait de brillantes études. Il a pour condisciples Camille Desmoulins et Louis-Marie Fréron. Son nom est plusieurs fois proclamé aux distributions de prix du Concours général : d’après l’abbé Proyart, préfet du collège, Maximilien était un élève studieux, se consacrant uniquement au travail, solitaire et rêveur, peu expansif.

1774 (Robespierre a 16 ans). Mort de Louis XV. Louis XVI devient roi, à l’âge de 20 ans. Robespierre et Louis XVI ont presque le même a^ge.

1780-1781 (18-19 ans). Reçu bachelier en droit de la faculté de Paris le 31 juillet, il obtient son diplôme de licence et s’inscrit sur le registre des avocats du Parlement de Paris deux semaines après. Le 19 juillet, sur rapport du principal du collège, une récompense de 600 livres lui fut octroyée.

Maximilien s’inscrit le 8 novembre 1781 au Conseil provincial d’Artois, comme son père et son grand-père paternel.

1782 (24 ans). Il commence à plaider le 16 janvier. Le 9 mars, il est nommé par l’évêque, Monseigneur de Conzié, juge au Tribunal épiscopal.

1783 (25 ans). En novembre, il est accueilli dans l’Académie des sciences, lettres et arts d’Arras. Il participe à plusieurs concours académiques.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est robespierre-1783-louis-boilly-beaux-arts-lille.png
Robespierre peint par Louis Boilly, 1783, Musée des Beaux-Arts de Lille. Cliquer sur les images pour les agrandir

1784 (26 ans). Un de ses mémoires, envoyé à l’Académie nationale de Metz, lui vaut une médaille, ainsi qu’un prix de 400 livres. Cf. la chronique du blog : 1787, Metz. Un polar historique.

1785 (27 ans). Il rédige un Éloge de Gresset pour le concours de l’Académie des sciences, des lettres et des arts d’Amiens. Pas de prix mais cet éloge est publié.

1787 (29 ans). Dans ses fonctions, Robespierre affirme partager le point de vue des cartésiens sur l’égalité des sexes et estsoucieux de favoriser la mixité au sein des sociétés savantes… Les Rosati d’Arras, petit cénacle poétique fondé le 12 juin 1778 par un groupe d’officiers et d’avocats, accueillent dans leurs rangs deux femmes de lettres, Marie Le Masson Le Golft et Louise de Kéralio.

1788 (30 ans). L’Académie royale des Belles-Lettres d’Arras l’élit à l’unanimité, le 4 février, comme directeur.

Maximilien de Robespierre reste célibataire. Toutefois, à Arras, il cultiva les relations féminines.

Commentaires fermés sur Robespierre, 30 ans en 1788

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), E. Droit et Sciences politiques

1748. Carte de l’Europe

Carte de l’Europe après la Guerre de Succession d’Autriche (1740-1748), terminée par les négociations de paix à Aix-la-Chapelle (avril à octobre 1768) et la signature du Traité éponyme (17 octobre 1748).

Cliquer sur les images pour les agrandir

Il est important de signaler que cette guerre ne se déroule pas sur le territoire du Royaume de France mais au centre de l’Europe dans la première moitié de la période. Dans la seconde moitié (1744-1748), les combats ont lieu dans les Pays-Bas autrichiens (territoire au nord du Royaume, future Belgique). Sources : les articles de Wikipédia mentionnés dans la chronique.

Période 1 : 1740-1743.

  • La Prusse gagne. « Dès le début de la 1ère guerre de Silésie (décembre 1740-1742), la Prusse de Frédéric II occupe ce territoire de 30.000 km² au nord-est de l’Autriche : sa victoire militaire est consolidée par le Traité de Berlin (28 juillet 1742) : cession de la Haute et Basse Silésie par Marie-Thérèse d’Autrich ».
  • La France perd. « Les troupes franco-bavaroises prennent Prague le 21 novembre 1741 (siège de Prague). L’électeur de Bavière, Charles Albert, se fait couronner roi de Bohême ; le 24 janvier 1742, il est élu empereur sous le nom de Charles VII. Les forces autrichiennes attaquent alors la Bavière et réussissent à prendre Munich (février 1742). Puis l’effort autrichien se concentre sur la reprise de Prague (siège en juin 1742 par 28.000 hommes). En septembre, De Broglie réussit à quitter Prague avec une partie du corps expéditionnaire ; le 16 décembre, Belle-Isle s’échappe à son tour avec 14.000 hommes. Les 6.000 hommes, pour la plupart blessés ou malades, laissés à Prague négocient les conditions de leurs reddition et obtiennent un retrait avec les honneurs de la guerre. L’année 1743 sera marquée par la difficile retraite de l’armée française dans le sud de l’Allemagne… Fin avril, l’armée de Noailles forte de 70.000 hommes traverse le Rhin à Spire et s’avance à la rencontre de l’armée anglo-hanovrienne commandée par George II. Leur rencontre a lieu à Dettingen, à 10 km au sud-est de Francfort, le 27 juin 1743. Au départ, la position française est forte, la victoire paraît certaine, mais suite à une manœuvre intempestive de son neveu duc de Gramont, l’armée française est prise de panique et vaincue. Au début du mois de mai 1743, Marie-Thérèse peut être couronnée reine de Bohême, mettant fin à l’usurpation de Charles Albert de Bavière ».

Période 2 de la Guerre de Succession d’Autriche, 1744-1748

Satisfaite par la conquête de la Silésie, la Prusse de Frédéric II s’est retirée du conflit. En 1744, le Royaume de France a contre lui la coalition de trois pays (Autriche, Angleterre, Pays-Bas Provinces unies).

« Le Maréchal de Noailles propose un double plan qui fut adopté et partiellement réalisé : offensive vigoureuse dans les Pays-Bas autrichiens et défensive en Allemagne ».

« Le plan n’est que partiellement réalisé. En Allemagne, l’armée du Rhin doit se replier en territoire français. Louis XV, parti vers les Pays-Bas, doit se porter à son secours. Après être passé à Metz (il y tombe malade), Lunéville et Strasbourg, il franchit le Rhin. et fait le siège de la citadelle de Fribourg-en-Brisgau ; il obtient la capitulation après un siège de 47 jours. Louis XV assiste personnellement au bombardement de la ville et fait épargner la cathédrale. L’année suivante, en 1745, la ville doit être rendue aux Impériaux, et les Français détruisent les fortifications de Vauban ».

« En 1744, l’armée du Nord, malgré la prise de Courtrai, Menin, Ypres et Furnes, ne put servir à préparer un débarquement en Angleterre pour tendre la main aux Jacobites ».

Par contre, lors des campagnes de 1745 à 1748, l’armée royale court de victoire en victoire dans les Pays-Bas autrichiens, dont celle de Fontenoy (11 mai 1745), sous la conduite du Maréchal Maurice de Saxe.

Conclusion à développer dans des prochaines chroniques

Avant le Traité de la Chapelle, la France, qui a gagné la guerre de Succession d’Autriche par ses victoires dans les Pays-Bas autrichiens, est au sommet de sa puissance militaire, résultat de sa puissance politique, démographique et économique. Lors des négociations du Traité, la France ne revendique pas l’annexion des territoires conquis et occupés à sa frontière nord. Louis XV se veut magnanime, disant que les territoires annexés donneront, dans le futur, des guerres revanchardes. Il n’est guère compris par l’opinion.

L’Autriche s’en sort plutôt bien. Elle perd certes la Silésie au profit de la Prusse, mais elle a retrouvé et resserré ses liens avec la Hongrie.

La Prusse de Frédéric II est, déjà, la grande gagnante : elle est reconnue désormais comme puissance militaire, et agrandit nettement son territoire à sa frontière sud-ouest (Silésie). Mais elle est un allié versatile et ses possessions à l’Ouest sont fragmentées : elle n’aura de cesse que de les réunir et elle y parviendra, en gagnant la guerre de 1870 et en fondant l’Empire.

  • 18 octobre 1748, La Prusse triomphe au traité d’Aix-la-Chapelle (source : Hérodote.net). « Frédéric II, allié de circonstance de la France, apparaît comme le seul gagnant de la guerre. Aussi le traité d’Aix-la-Chapelle est-il à l’origine de plusieurs expressions populaires : bête comme la paix, travailler pour le roi de Prusse« .

Commentaires fermés sur 1748. Carte de l’Europe

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), D. Allemagne

1729-1765. Louis de France, dauphin

1765. Louis de France, dauphin de Louis XV, meurt à l’âge de 36 ans. Il ne sera jamais roi : son père Louis XV meurt en 1774. Mais il sera père de trois rois : Louis XVI, Louis XVIII, Charles X. Source principale de cette chronique : article de Wikipédia.

1729 (4 septembre). Naissance de Louis de France, l’aîné des fils du roi Louis XV et de son épouse Marie Leszczynska. Son titre : dauphin du Viennois.

L’éducation du dauphin

1735 (Louis de France a 6 ans) – 1743. « Boyer de Mirepoix , évêque de Mirepoix de 1730 à 1736, est nommé précepteur du dauphin Louis Ferdinand, puis grand aumônier de la dauphine en 1743″. Source : Blog de ladormeuse.

« Docteur en théologie, l’abbé Joseph de Giry de Saint Cyr est sous-précepteur du dauphin de France, conseiller d’État et membre de l’Académie française élu en 1741 et enfin commendataire de l’abbaye Saint-Martin de Troarn de 1749 à sa mort ».  Source : article de Wikipédia sur Joseph de Giry.

« Louis de France fut un élève très brillant. Ainsi, il avait une excellente connaissance du latin, il parlait couramment l’anglais, chose rare pour un prince de son époque et excellait dans nombre d’autres disciplines. En revanche, il détestait l’activité physique et renonça même à la chasse après avoir tué par mégarde un de ses hommes ».

1745. Portrait du dauphin par Maurice Quentin de la Tour

Musée de Saint Quentin, photo de Pierre Dubois (septembre 2020); cliquer sur l’image pour l’agrandir

1745 (15 ans). En février, mariage de Louis de France avec l’Infante Marie-Thérèse d’Espagne

1745 (15 ans). « 11 mai, la bataille de Fontenoy, décisive quant à l’issue de la guerre de la Succession d’Autriche, se déroule en présence du roi Louis XV et de son fils, le Dauphin. Le soir de la bataille, comme celui-ci manifeste une joie débordante à l’évocation des combats, son père l’admoneste avec une sagesse inaccoutumée : Voyez tout le sang que coûte un triomphe. Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire, c’est de l’épargner ». Source : Hérodote.net, La Bataille de Fontenoy.

1746 (17 ans). Mort de Marie-Thérèse d’Espagne.

1747 (18 ans). Remariage du dauphin Louis de France avec Marie-Josèphe de Saxe, fille du roi de Pologne.

Commentaires fermés sur 1729-1765. Louis de France, dauphin

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), C. Ile-de-France

1714. Fénelon : avocats, prédicateurs

Chroniques du blog sur le 18ème siècle. Fénelon (1651-1715) et son double, catalogue de l’exposition de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg, 2015, 120 pages. Diaporama de 11 photos.

Deuxième chronique. Fénelon, 30 ans en 1681

Troisième chronique sur Fénelon, ce jour : critique des avocats, des prédicateurs. Lettre sur les occupations de l’Académie française, Paris, Libraire Ch. Delagrave, 1714.

Cet ouvrage fut le dernier écrit de Fénelon. Il le composa pour répondre au désir de l’Académie qui l’avait consulté sur les travaux qu’elle devait achever ou entreprendre. Il y traite successivement du Dictionnaire, d’un projet de Grammaire, d’une Rhétorique, d’une Poétique, de trois traités distincts sur la Tragédie, sur la Comédie et sur l’Histoire ; et termine cette Lettre par des considérations sur les anciens et les modernes.

Extraits du Projet de rhétorique (pages 14-16). « Par rapport à la Grèce antique, « la parole n’a aucun pouvoir semblable chez nous ; les assemblées n’y sont que des cérémonies et des spectacles. Il ne nous reste guère de monuments de forte éloquence, ni de nos anciens parlements, ni de nos états généraux, ni de nos assemblées de notables ; tout se décide en secret dans le cabinet des princes, ou dans quelque négociation particulière : ainsi notre nation n’est point excitée à faire les mêmes efforts que les Grecs pour dominer par la parole. L’usage public de l’éloquence est maintenant presque borné aux prédicateurs et aux avocats.

Nos avocats n’ont pas autant d’ardeur pour gagner le procès de la rente d’un particulier, que les rhéteurs de la Grèce avaient d’ambition pour s’emparer de l’autorité suprême dans une république. Un avocat ne perd rien et gagne même de l’argent, en perdant la cause qu’il plaide. Est-il jeune ? il se hâte de plaider avec un peu d’élégance pour acquérir quelque réputation, et sans avoir jamais étudié ni le fond des lois ni les grands modèles de l’antiquité. A-t-il quelque réputation établie ? il cesse de plaider, et se borne aux consultations, où il s’enrichit. Les avocats les plus estimables sont ceux qui exposent nettement les faits, qui remontent avec précision à un principe de droit, et qui répondent aux objections suivant ce principe. Mais où sont ceux qui possèdent le grand art d’enlever la persuasion et de remuer les cœurs de tout un peuple ?

1 commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AF. Histoire 16-17èmes siècles, BA. Photos, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), C. Ile-de-France, E. Arts Lettres Langues, E. Sciences humaines et sociales

De La Tour. Six portraits au pastel

Quentin de La Tour (1704-1788) a réalisé les six portraits ci-dessous entre 1742 et 1753. Ils sont exposés au musée Antoine Lecuyer à Saint-Quentin (Aisne).

Durant cette période (chronique sur sa biographie), de La Tour a atteint l’apogée de son art – le portrait au pastel. Diaporama de 20 photos.

Histoire du pastel (source Wikipédia). « Le pastel est un bâtonnet de couleur utilisé en dessin et en peinture. Il est composé de pigments, d’une charge et d’un liant. On distingue les pastels secs (tendres ou durs) des pastels gras (à l’huile ou à la cire).

Le pastel a vraisemblablement été inventé en France et en Italie à la fin du XVe siècle et a été utilisé par Léonard de Vinci. Il est très prisé dès le XVIIe siècle, où ses couleurs franches et son aptitude à imiter fidèlement les tissus, les textures et les lumières le rendent indissociable de l’art du portrait. Au XVIIIe siècle, le pastel connaît son âge d’or. Il est notamment utilisé par Maurice Quentin de La Tour, surnommé le Prince des pastellistes, qui met au point une méthode de fixation du pastel aujourd’hui disparue…Le pastel, symbole de la grâce de l’Ancien Régime, tombe en désuétude peu après la Révolution française au profit de la peinture à l’huile ».

Les 6 portraits  

Abbé Jean-Jacques Huber (1699-1744), érudit, diplomate genevois établi à Lyon.

Portrait de l’abbé Jean-Jacques Huber, 1742, Pastel sur papier

Commentaires fermés sur De La Tour. Six portraits au pastel

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), E. Arts Lettres Langues