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1784, Compiègne, grenier à sel

Histoire de greniers à sel, à céréales, et d’abondance. Greniers de Compiègne (1784), de Metz (1457), de Strasbourg (1441).

Diaporama de 22 photos

A. 1784, Compiègne, Grenier à sel, architecte Nicolas Ledoux. Texte de François Callais, Président d’honneur de la Société historique de Compiègne.

« Par une charte de Charles VI, le grenier à sel de Compiègne avait été transféré en 1396 de Noyon pour dédommager la ville d’avoir perdu les tournois qui s’y faisaient autrefois et le commerce du vin de bourgogne. On y trouvait l’entrepôt, l’administration et la juridiction de la gabelle, l’impôt sur le sel créé par Philippe VI en 1341.

Son emplacement compiégnois a varié. Tout d’abord installé sur les quais de l’Oise à proximité du port à vin, il est déplacé   par l’intendant Bertier de Sauvigny  à la place de l’ancienne prison, en face de laquelle les condamnés à mort avaient été pendant si longtemps suppliciés.

Les travaux, qui s’achevèrent en 1784, furent dirigés par l’architecte Claude Nicolas Ledoux, le constructeur des Salines d’Arc et Sénans (Franche-Comté) et des pavillons d’entrée de l’ancien mur d’octroi à Paris. Le manque de recul s’explique par les contraintes d’un terrain placé obliquement et exigu.

L’appareillage des murs en refend, le fronton creusé d’une niche et reposant sur des consoles contribuent à l’aspect monumental de ce bâtiment fonctionnel. Les motifs sculptés du fronton sont malheureusement très abîmés et ont souffert du vandalisme révolutionnaire: statues décapitées, couronne et armes de France martelées. Une large ouverture en plein cintre permettait d’accéder à l’entrepôt du rez-de-chaussée et, par un escalier, aux locaux judiciaires ». 

« La gabelle ayant été officiellement supprimée en mai 1790, les bâtiments servant de grenier à sel ont été soit aliénés soit réemployés à d’autres usages administratifs ». Lire la suite du texte.

Pour aller plus loin. Greniers à sel, article de Wikipédia.

« Les greniers à sel, créés en 1342, sont des entrepôts pour le sel de gabelle. Ils sont aussi des tribunaux pour juger les litiges sur la gabelle jusqu’à la valeur d’un minot (soit environ 52 litres). Les quantités supérieures sont du ressort des cours des aides.

Sous Charles VI, l’administration des greniers à sel est confiée à des agents royaux qui font office de vendeurs du sel, assistés de mesureurs et de regrattiers chargés de la vente à la petite mesure, de receveurs de la gabelle, et de juges des contentieux relatifs à la perception de la gabelle.

Au XVIe siècle, l’affermage de la gabelle se généralise. Les agents des greniers sont alors déchargés de leurs activités commerciales et fiscales. Ils se consacrent principalement à des fonctions de police et justice pour lesquelles sont créés des offices de lieutenants, procureurs, sergents, greffiers, et contrôleurs.

Avant la Révolution de 1789, il y avait 250 greniers à sel dans les pays de grande gabelle et 147 dans les pays de petite gabelle »;

B. 1457, Metz, Musée de la Cour d’Or, Grenier de Chévremont

« Le grenier de Chèvremont est construit par la cité messine vers 1457. Il est doté de murs-écrans , surmontés de merlons. Son aspect géométrique est renforcé par le percement strict des fenêtres, alignées en série sur ses façades. Le rez-de-chaussée, divisé en quatre travées, repose sur des arcades en plein cintre. Ce niveau était ouvert à l’origine sur une cour intérieure, formée avec les bâtiments voisins. Les quatre étages, soutenus par de forts piliers à l’aplomb des arcades, sont conçus pour le stockage. Un maillage de poutres de chêne, au niveau des planchers, assure la stabilité de l’ensemble.

Conçu d’abord pour servir d’arsenal, le bâtiment est transformé en grenier à céréales dès la fin du XVe siècle. Il sert ensuite d’entrepôt pour la ville. Comme son nom l’indique, l’usage du bâtiment fut pendant longtemps utilitaire. Le grenier de Chèvremont est aujourd’hui partie intégrante des musées de Metz, dont il abrite, au niveau de la cour, une galerie dédiée à la statuaire religieuse lorraine.

C. 1441, Strasbourg, Ancien grenier d’abondance

« Au moyen âge, le grenier à grain mesurait 130 mètres de long, il est de nos jours partiellement conservé.

Pour sa construction on a utilisé les restes de l’enceinte du castrum Romain. Au milieu du XVIe siècle, installation d’une 2e rangée de piliers.

Le grenier à grain servait de réserve pour les mauvaises récoltes. Il servait aussi de réserve en cas de siège de la ville (au moyen-âge) lorsque Strasbourg avait encore ses remparts.

Pour l’anecdote, les réserves ont déjà contenu suffisamment de nourriture pour nourrir toute la ville pendant une année. A l’époque de la ville libre, Strasbourg était riche.

En 1805, une réorganisation des archives s’ impose pour trouver une solution, le préfet Shee obtient de la ville l’ancien grenier d’ abondance, elles déménagent en 1896 rue Fischart, devenu par la suite le magasin de décors du théâtre. L’ancien grenier à Grain est occupé aujourd’hui par le stock de costumes de l’opéra du Rhin.

Pour aller plus loin. Grenier d’Abondance, Strasbourg, compte-rendu par Koch Jacky, Persée, Archéologie médiévale, Année 1999, 29 p.

Pour aller plus loin. Histoire de la culture des céréales au 18ème siècle.

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Louis XV et l’église St-Jacques

Après avoir lancé la reconstruction du Palais de Compiègne (chronique du blog), Louis XV (1710-1774), à l’aube de sa vie, veut rendre l’intérieur de l’église Saint-Jacques, plus chaleureux, plus chaud. Il fait habiller la pierre gothique par des marbres et des boiseries. Il enrichit le mobilier (chaire, orgue). Source : citations extraites de Wikipédia.

Album de 16 photos. Architecture extérieure et intérieure de l’église.

Album de 34 photos. Orgue, Chaire, Vitraux, Peintures.

« Deux périodes distinctes de construction de l’église : le chœur, le transept et la nef avec ses bas-côtés ont été bâtis entre 1235 et 1270, sauf la partie haute de la nef ; cette dernière, le clocher, les chapelles le long des bas-côtés et le déambulatoire ont été ajoutés entre 1476 et le milieu du XVIe siècle. Ces extensions reflètent le style gothique flamboyant, sauf le lanternon au sommet du clocher, qui est influencé par la Renaissance…

L’élément le plus marquant de l’église est le haut clocher-tour érigé hors œuvre. Sa construction s’échelonne sur une quarantaine d’années, commençant vers 1456 / 1461 et se termine seulement à la fin du siècle. La tour ne comporte que deux étages, qui sont d’une hauteur considérable…

Niches à statues aux dais finement ciselés. Sept abritent toujours des statues, fait assez rare. Ces statues représentent saint Ambroise, saint Théodore, saint Jérôme, saint Christophe, saint Jacques le Majeur, saint Roch et saint Crépin.

Entre le XIVe siècle et le XVIe siècle, les murs gouttereaux des bas-côtés ont été évidés entre les colonnes engagées et sous les formerets. Des petites chapelles rectangulaires ont été construites entre les contreforts. Cet agrandissement répond à un usage largement répandu, et trouve sa motivation dans la multiplication de la fondation de chapellenies et de confréries. En effet, des messes de fondation sont initialement dites dans chacune de ces chapelles.

Transformations dans la seconde partie du XVIIIème siècle, sous Louis XV. Une flèche en pierre du XIIIe siècle se dressait initialement au-dessus de la croisée du transept, abattue en 1760. Une transformation de l’église selon le goût du style classique commence en 1750. À l’intérieur, le jubé est supprimé ; entre 1772 et 1774, la toiture est refaite ; en 1773, les grandes arcades autour du chœur reçoivent un revêtement en marbre.

Les boiseries de la nef, des bas-côtés et des chapelles, commandées en 1767, sont en bois de chêne ciré. En revanche, les six autels et retables des chapelles latérales sont indépendants, et ont été installés entre 1750 et 1780. Les boiseries ont une hauteur de 530 cm environ dans la nef et sur les grandes arcades, et de 500 cm dans les chapelles. Elles prennent la forme de panneaux de fenestrages à trois registres, en l’occurrence un soubassement de faible hauteur, un registre principal, et un entablement.

En 1773, les arcades trouvent leur aspect actuel grâce à la générosité du roi Louis XV et au curé de la paroisse, l’abbé Boulanger. Habillées de marbre veiné rouge, gris et noir, elles sont désormais en plein cintre, séparées par des pilastres, et surmontées d’un entablement, dont la corniche en encorbellement supporte une balustrade. Le revêtement en marbre concerne aussi les piliers orientaux du carré du transept. L’immense gloire au-dessus de l’arcade dans l’axe du chevet fait partie intégrante de cet aménagement. Les pilastres, la gloire, les clés d’arc, les motifs rocaille et les guirlandes sont en bois doré ».

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Louis XV et le Palais de Compiègne

1751-1788, Compiègne. Reconstruction du palais décidée par Louis XV et réalisée par l’architecte Ange-Jacques Gabriel et son successeur.

Façade du Palais donnant sur la ville

« Sous Louis XIV l’exiguïté du palais amène à construire en ville des bâtiments pour les grandes et petite chancelleries, les écuries du Roi et de Monsieur, des hôtels pour les ministres et leurs bureaux, car Compiègne est, avec Versailles et Fontainebleau la seule demeure royale où le Roi réunisse le Conseil. Pour autant, le roi considère avant tout Compiègne comme un séjour de repos et de détente ; il aime à y chasser et fait tracer le Grand Octogone, 54 routes nouvelles et construire des ponts de pierre sur les ruisseaux.

En 1666 a lieu le premier « camp de Compiègne », premier d’une série de seize grandes manœuvres militaires, destinées à la formation des troupes et de leurs chefs, à l’éducation des princes et au divertissement de la Cour et du peuple. Le plus important de ces camps est celui de 1698. Après cette date Louis XIV ne revient plus à Compiègne et le palais reste inoccupé pendant dix ans…

Louis XV arrive pour la première fois à Compiègne le 4 juin 1728. Le jeune roi a choisi de s’établir au palais pendant qu’est réuni à Soissons le congrès qui discute de la paix avec l’Espagne. Prenant un grand plaisir à chasser dans la forêt, il va chaque été y passer un à deux mois (chronique et photos du blog. Tapisseries des Gobelins représentant des scènes de chasse de Louis XV en forêt de Compiègne).

Louis XV, buste d’après Étienne Pierre Gois, palais de Compiègne

L’incommodité du palais, ensemble de bâtiments sans unité, sans plan d’ensemble, mal reliés entre eux et trop petits devient manifeste. Après une campagne d’aménagements intérieurs (1733), des travaux d’agrandissement sont réalisés sous la direction de Jacques Gabriel de 1736 à 1740. Le palais devint rapidement la résidence préférée de Louis XV, qui envisagea un temps d’y déplacer sa résidence permanente.

Entre 1740 et 1751, plusieurs projets de reconstruction totale sont présentés. Tous sont éclipsés par celui qu’Ange-Jacques Gabriel présente en 1751 immédiatement agréé, il est aussitôt mis à exécution.

Ange-Jacques Gabriel (1698-1782)

Malgré les travaux, Louis XV continue de venir souvent à Compiègne, où il aime à chasser. C’est là qu’il choisit d’organiser, le 14 mai 1770, une réception en l’honneur de l’archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche, venue épouser le dauphin, futur Louis XVI, et accueillie en forêt de Compiègne quelques heures auparavant.

Scène de chasse. Fronton de la façade principale

La mort de Louis XV n’interrompt pas les travaux, qui sont poursuivis à partir de 1776 sous la direction de Louis Le Dreux de La Châtre, élève d’Ange-Jacques Gabriel avant de devenir son collaborateur; il achève la reconstruction du palais en respectant scrupuleusement les plans de son maître. L’ensemble – gros œuvre et décors – est achevé en 1788.

Louis XVI vient très peu à Compiègne; il y séjourne une première fois en 1774, peu après son accession au trône, et, conformément à la tradition, s’y arrête en 1775 trois jours en allant à Reims et trois jours en y revenant. Par la suite, il n’y fait que quelques brefs séjours de chasse. L’accélération des travaux, à la suite de décisions prises par le Roi et la Reine en 1782, rendait au demeurant le palais difficilement habitable. Le couple royal ne vit pas ses appartements terminés.

Portrait de Louis XVI, dans un des appartements du Palais

L’Assemblée des notables de 1787 juge les dépenses effectuées à Compiègne excessives. Sous la Révolution française, le mobilier est vendu, comme celui des autres résidences royales (mai-septembre 1795).

En 1799, une première section du Prytanée militaire est installée au palais, avec d’autres éléments, elle forme l’École des Arts et Métiers, qui occupe le bâtiment jusqu’en 1806 ».

Transformations du Palais de Compiègne au 19ème siècle par Napoléon et Napoléon III.

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1667-1750. Manufacture des Gobelins

La Manufacture des Gobelins au 17ème et 18ème siècles. Deux dates importantes. 1667, un édit royal fixe l’organisation générale de la manufacture et les avantages octroyés à ses habitants. 1750, la manufacture connait une grave crise financière et artistique.

Suite de la chronique Château de Compiègne. Chasses de Louis XV

Diaporama de 21 photos

Article de l’Encyclopédie consacré à la Tapisserie des Gobelins

Pour aller plus loin. Encyclopédie Diderot & d’Alembert, Recueil de planches sur les sciences, les arts libéraux, et les arts mécaniques avec leur explication, Bibliothèque de l’image, 2002.

La Manufacture des Gobelins. Extraits de l’article de Wikipédia.

1660. « Reprenant pour le compte de Louis XIV le plan mis en œuvre par Henri IV, Colbert incite peu avant 1660 le hollandais Jean Glucq à importer en France un nouveau procédé de teinture écarlate appelé « à la hollandaise ». Celui-ci se fixe définitivement en 1684 dans une des maisons de l’ancienne folie Gobelin qu’il achète et embellit après avoir obtenu des lettres de naturalité.

Appréciant la qualité des productions de l’enclos des Gobelins, Colbert réussit à convaincre Louis XIV de donner les moyens nécessaires au lustre censé glorifier la monarchie. Voulant donner une tout autre organisation à l’œuvre d’Henri IV, il ne renouvelle pas à Hippolyte de Comans la concession en 1661 : il emprunte afin d’acheter le 6 juin 1662 au sieur Leleu l’hôtel des Gobelins (environ 3,5 hectares, maintes fois agrandi) pour la somme de 40 775 livres. Ainsi nait la Manufacture royale des Gobelins qui dépend du surintendant des bâtiments et est soumise par lui à l’autorité du premier peintre du Roi, Charles Le Brun, lequel, nommé officiellement en 1663, a par la suite sous ses ordres des équipes entières d’artistes, bons peintres, maîtres tapissiers en haute lisse, orfèvres, fondeurs, graveurs lapidaires et ébénistes

La Manufacture des Gobelins reçoit de l’édit royal de novembre 1667 son organisation définitive, d’importants avantages étant octroyés à ses habitants : exemption d’impôts, renoncement au droit d’aubaine, entretien des apprentis choisis. Charles Le Brun y déploie jusqu’à sa mort le 12 février 1690 une prodigieuse activité, en implantant les premiers travaux de haute lisse – 19 tentures (197 pièces) et 34 en basse lisse (286 pièces) – les œuvres de la Manufacture, destinées à l’ameublement des Maisons royales et aux présents diplomatiques, acquièrent par leur magnificence une réputation internationale qui subsiste trois siècles plus tard. Différents successeurs tels Pierre Mignard et Robert de Cotte continuent et développent le dessein de Le Brun.

En 1674, Jean Glucq épouse Marie Charlotte Jullienne, sœur d’un fabricant de drap et teinturier réputé auquel il s’associe, François Jullienne, qui possède de son côté un secret pour le bleu de roi. Jean de Jullienne, neveu de Marie Charlotte, seconde par la suite son oncle François à la direction des manufactures royales de draps fins et teintures de toutes couleurs, façon d’Angleterre, d’Espagne et de Hollande.

Le passage du Rhin par Louis XIV en juin 1672 (manufacture des Gobelins, 1682 à 1684)

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Compiègne. Chasses de Louis XV

Château de Compiègne (source). « Galerie des chasses, présentant cinq grandes tapisseries appartenant à la tenture des Chasses de Louis XV, tissée à la Manufacture des Gobelins, dans l’atelier de Mathieu Monmerqué, entre 1736 et 1746, d’après les cartons de Jean-Baptiste Oudry, ainsi que des peintures de Desportes et de Oudry, toutes ces œuvres provenant de l’appartement de Louis XV à Compiègne ».

Scènes de chasse : diaporama de 35 photos.

1725, Louis XV a 15 ans ; en septembre, il est marié à Marie Leszczinska. La même année, il assiste à la séance de pose des lévriers Misse et Turlu, peints par Oudry. « Il arrive pour la première fois à Compiègne le 4 juin 1728. Il a choisi de s’établir au palais pendant qu’est réuni à Soissons le congrès qui discute de la paix avec l’Espagne. Prenant un grand plaisir à chasser dans la forêt, il va chaque été y passer un à deux mois ».

Le thème de la chasse dans le décor des châteaux royaux sous Louis XV, par Françoise Maison (source Histoire de Compiègne, 5 pages)

Tableaux (François Desportes) et Cartons pour les Tapisseries de Haute Lisse (Jean-Baptiste Oudry).

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Le rouge, c’est pour longtemps !

Dans ma chronique du 7 mai, Covid-19. Critères et Indicateurs, j’écrivais :

  • « quels indicateurs pour le 3ème critère d’accès au déconfinement en vert : la capacité de couverture des besoins en tests !
  • quant aux malades asymptomatiques, il faut tester pour en repérer. Et pour tester, il faut avoir des tests. Au début de l’épidémie, il n’y en avait guère. Et aujourd’hui ?
  • Si les « brigades d’anges gardiens » sont très rapidement performantes, la diffusion du virus se ralentira à terme, mais dans l’immédiat, il pourrait y avoir une accentuation des tensions sur les tests ».

Les 4 régions en rouge vont le rester longtemps car la capacité de couverture des besoins en tests est actuellement très mauvaise comme le révèle une enquête assassine de la cellule investigation de Radio France.

11 mai 2020. Dépistage du Covid-19 : pourquoi la France est encore loin de l’objectif de 700 000 tests virologiques par semaine ?

Extraits. « Pour réussir le déconfinement, le gouvernement table sur 700 000 tests virologiques par semaine. L’enquête de la cellule investigation de Radio France montre que cet objectif sera très difficile à atteindre. Révélations sur les véritables chiffres du dépistage, et sur des robots de test chinois installés dans la plus grande improvisation.

« Testez, testez, testez. » Depuis le 16 mars 2020, c’est le message très clair martelé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Mais en France, les retards s’accumulent dans l’organisation de ce dépistage, poussant même le gouvernement à mandater un cabinet privé afin de l’assister « dans le développement des capacités de production nationale » de tests. Le 28 avril 2020, le Premier ministre, annonce « 700 000 tests virologiques à partir du 11 mai » et la mise en place de « brigades » dans chaque département, chargées d’identifier les contacts des personnes présentant des symptômes du coronavirus Covid-19. « À la sortie du confinement, nous serons en capacité de massifier nos tests », assure Édouard Philippe. Mais qu’en est-il réellement ?

« Le nombre de dépistages a connu de fortes fluctuations au cours des dernières semaines. Il varie entre 200 000 et 270 000 tests par semaine », assure le ministère de la Santé à la cellule investigation de Radio France. Mais sur quoi reposent ces chiffres ? Difficile de le savoir »…

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Covid-19. Critères et Indicateurs

Rouge ou Vert ? La carte du déconfinement.

France Info, 7 mai. Déconfinement : quatre régions et Mayotte restent en rouge sur la carte sanitaire présentée par le gouvernement. « Nous sommes en mesure de valider le déconfinement sur l’ensemble du territoire métropolitain » à partir du 11 mai, a annoncé le Premier ministre, Édouard Philippe, lors d’une conférence de presse, jeudi 7 mai. 

Le ministre de la Santé a dévoilé la dernière version de la carte sanitaire de la France. Tous les départements de quatre régions restent en rouge : Ile-de-France, Hauts-de-France, Bourgogne Franche-Comté et Grand Est.

Problème. Premier Ministre (dans la séance de questions-réponses au gouvernement) et Ministre de la Santé confondent Critères et Indicateurs.

Olivier Véran. « Cette carte articule les trois indicateurs de circulation du virus, de tension hospitalière, de capacité de couverture des besoins en tests »

Les trois indicateurs qu’il énonce sont en fait des critères ; le troisième n’a d’ailleurs été annoncé par Édouard Philippe qu’avant hier. Pour les critères, la transparence aurait exigé de préciser ce que veut dire « articulation » : 1. Les critères ont-ils la même pondération (celui de la tension hospitalière est-il deux fois plus important que chacun des deux autres critères ?) 2. Pour être au vert, faut-il que les trois critères le soient, ou seulement deux d’entre eux ou seulement un ?

Tout critère doit pouvoir s’appuyer sur plusieurs indicateurs, c’est-à-dire des batteries de mesures, de données chiffrées.

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Hommage à J-C Chamboredon

Le sociologue Jean-Claude Chamboredon est mort le 30 mars 2020, à l’âge de 81 ans, extraits de l’article de Pierre-Paul Zalio, Le Monde, mis à jour le 6 avril 2020.

Souvenirs de l’année universitaire 1964-1965. Ce fut la seule année où nos chemins se sont croisés. Jean-Claude Chamboredon avait 26 ans et était l’assistant de Pierre Bourdieu.

Les 12 étudiants qui allaient obtenir, en 1966, la licence de sociologie, avaient 20 ans en moyenne. Cette licence, ainsi d’ailleurs que le doctorat de sociologie, avaient été créés en 1958.

Le lieu de la rencontre en cours, rue Auguste Angellier, Faculté des Lettres, Lille.

Les apprentis sociologues ignoraient tout du statut de Chamboredon. C’était un parisien. Nous étions des provinciaux, plutôt impressionnés par cet habitué du TEE, Trans Europe Express, 1 heure 57 pour faire Paris-Lille. Impressionnés bien qu’il fût de petite taille et habillé toujours pareil : veston bleu marine, pantalon gris, chemise blanche ; une cravate ? Je ne sais plus.

Nous ignorions son excellent parcours scolaire ; il ne le mettait d’ailleurs jamais en avant.

  • Extrait de l’article de Pierre-Paul Zalio. Né en octobre 1938 à Bandol (Var), Jean-Claude Chamboredon fut reçu en 1959 à l’Ecole normale supérieure (ENS), où il fit partie des quelques normaliens littéraires (il est lauréat de l’agrégation de lettres classiques en 1962) qui, dans les années 1960, se tournèrent vers la sociologie, dans un milieu intellectuel alors dominé par la philosophie (dont Louis Althusser était, rue d’Ulm, la figure éminente). Il rejoignit alors, au sein du laboratoire fondé par Raymond Aron, un groupe de sociologues qui, autour de Pierre Bourdieu et de Jean-Claude Passeron, jeta les bases d’une entreprise collective visant à édifier une sociologie scientifique.

Les 12 étudiants lillois n’étaient pas des Héritiers. Ils en étaient fiers. La plupart avaient choisi la sociologie pour changer la société. Comment ? Et pourraient-ils en vivre ? Ils n’en savaient trop rien. Bourdieu, Passeron et Chamboredon ne publieront le Métier de sociologue qu’en 1966.

Nous trouvions assez marrant que Chamboredon nous demande d’apporter en TD des photos de famille pour les analyser en tant que sociologues. Nous jouions le jeu.

Les photos qui me représentent en 1954-1955 (j’ai 10 ans en octobre 1954) étaient marquées socialement. La famille posait, devant la maison familiale en rang d’oignons, ou dans le jardin (fort petit). Famille ouvrière qualifiée (le chef d’œuvre de mon père), famille nombreuse (4 enfants mais ma sœur, âgée de 17 ans, meurt dans un accident de la route, fin 1954), famille qui met ses habits du dimanche, qui est de religion catholique pratiquante et militante, qui me photographie en communiant avec brassard blanc et en garçon d’honneur pour le mariage de ma grande sœur et la naissance d’une première petite fille pour mes parents. Une nouvelle vie, un mois après une mort.

Jean-Claude Chamboredon nous a appris, par des TD ludiques, les usages sociaux de la photographie. Petit dernier de quatre enfants, je découvrais par les photos les questions de mobilité professionnelle et sociale ascendante d’une famille ouvrière.

Merci, Jean-Claude Chamboredon, de m’avoir fait découvrir un des champs de la sociologie et certains de ses instruments d’investigation (la photo, le film, le magnétophone). Cette histoire de photos demeure un des meilleurs souvenirs de mon parcours étudiant.

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Villa Cavrois. Un château moderne

Suite de la chronique Mallet-Stevens et la Villa Cavrois. Histoire de la Villa. Album 1 de 35 photos : vues extérieures de la villa et du jardin (30 novembre 2016).

Seconde chronique. Loger une famille bourgeoise nombreuse dans les années 30 : l’intérieur de la villa

Interview de Paul-Hervé Parsy, administrateur de la villa Cavrois, You Tube, 2’20

Un excellent article : Gilles Kraemer, Le Curieux des Arts, 4 Juin 2015, Après son calvaire, la villa Cavrois de Robert Mallet-Stevens à Croix retrouve ses splendeurs de 1932

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Univ. Artois. Élections 2012 et 2016

L’université d’Artois fondée en 1992 (décret no 91-1160 du 7 novembre 1991) est située dans les Hauts-de-France et implantée sur 5 villes : Arras, Béthune, Douai, Lens et Liévin. Son siège est situé à Arras. Lire aussi le billet de Wikipédia.

Universités d’Artois : 15 chroniques d’Histoires d’universités de 2004 à 2017 (cliquer ici pour archiver ces chroniques, 12 pages)

2004. Deux témoignages de la sous-dotation des universités nouvelles dans la période précédant la LRU et la mise en œuvre des RCE.

26 mars 2004. Entretien avec Alain Lottin, président de Lille III Charles De Gaulle de 1986 à 1991 (j’étais alors professeur dans cette université), puis administrateur provisoire de l’université d’Artois de 1991 à 1996, puis président de cette même université de 1996 à 2000.

Alain Lottin et l’implication des collectivités territoriales pour créer une université. Extrait de l’entretien. Le financement par les collectivités territoriales ? L’intervention de la région a été moins importante dans le cas de l’université d’Artois que dans le cas de l’université du Littoral; le financement régional s’est discuté en priorité dans le cas du contrat de plan entre l’Etat et la Région. La région a mis sa part, puis cela a été terminé pour les constructions. Les communes et le conseil général sont par contre intervenus pour l’aménagement local ; les salles de sport ne sont jamais financées par l’Etat. Le président Lottin est fier d’avoir pu inaugurer le siège de l’université à Arras avant son départ. La mobilisation de la ville de Lens a été plus longue à obtenir. Béthune a fait sa part. Liévin avait déjà des installations sportives. Au tout début, les collectivités locales avaient prêté des personnels administratifs et techniques, mais l’université d’Artois les a rendus très vite (ce prêt a été déclaré illégal par les tribunaux administratifs). Les collectivités territoriales consacrent peu de ressources de fonctionnement pour les universités. 

16 avril 2004. Entretien avec Jean-Jacques Pollet, le, 2ème président de l’université d’Artois, élu en 2000. Depuis la fin de son mandat en 2005, Jean-Jacques Pollet (né en 1949) est recteur, recteur de l’académie de Rouen de 2005 à 2009, de l’académie de Nancy-Metz de 2009 à 2012, de l’académie de Lille depuis septembre 2012.

Extrait de l’entretien. D’accord pour le budget global, mais sous la condition que toutes les universités repartent toutes sur la même ligne (actuellement, les inégalités de dotation sont fortes). En Artois, il y a un gros décalage entre la dotation théorique et la dotation réelle (celle-ci est égale à 0,8). Il faudrait avoir une dotation réelle égale à la dotation théorique pour se lancer dans le processus de globalisation budgétaire. Si, avec la globalisation, il y avait une possibilité de moduler les droits d’inscription, l’université d’Artois serait perdante car elle compte 50% d’étudiants boursiers. Il faut des conditions égalitaires au sein de la république. Jean-Jacques Pollet dit avoir averti de ce problème les universités qui sont dans la même situation que l’université d’Artois ; ce sont les grosses universités qui sont pour la globalisation.

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