Archives de Catégorie: C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes)

Vitrail de la crucifixion, Poitiers

Le vitrail de la crucifixion de la Cathédrale Saint-Pierre de Poitiers est l’un des chefs-d’œuvre de l’art du vitrail. Datation (entre 1161 et 1173). Source. 20 siècles en cathédrales, éditions Monum, 2001.

Diaporama de 34 photos (Pierre Dubois, avril 2018).

Cliquer sur les images pour les agrandir

Il se décompose aisément en trois parties. La principale est la partie centrale où se tient la croix du Supplicié sur presque la moitié de la hauteur totale. La croix est en rouge surligné de bleu, ce qui la fait bien ressortir de l’ensemble de la composition. A gauche se tiennent la Vierge et Longin (le centurion romain qui plongea sa lance dans le flanc du Crucifié). A droite, on trouve saint Jean et Stéphaton (le légionnaire qui, selon la tradition, présenta à Jésus une éponge imbibée de vinaigre).

Au-dessus des bras de la croix se tiennent les dix apôtres accompagnés de la Vierge. Ensemble, ils sont tournés vers l’Ascension. Dans cette partie se trouve le Christ en gloire dans une mandorle. Il bénit d’une main tandis que l’autre tient un livre. La mandorle est entourée par deux anges complètement étirés et courbés qui tiennent lieu de fleurs décoratives ou de branches de rameau.

La partie inférieure du vitrail contient un carré central orné de quatre lobes. Dans le lobe supérieur, les Saintes Femmes visitent le tombeau. Le lobe de gauche relate la condamnation de saint Pierre et de saint Paul. Le carré central illustre le martyre de saint Pierre (crucifié la tête en bas) tandis que le lobe droit montre le supplice de saint Paul (décapité).

Enfin le lobe inférieur représente les donateurs : une reine et un roi agenouillés et suivis, chacun, de deux enfants. Les têtes couronnées ont été identifiées comme étant Aliénor d’Aquitaine et Henri II Plantagenêt. Les historiens en déduisent une fourchette pour la création de ce vitrail : entre 1161 (naissance du quatrième fils du couple royal) et 1173 (date de la rébellion des fils contre leur père Henri II).

L’intérêt de ce vitrail repose également dans le fait qu’il rappelle les modèles syriens et hellénistiques des Ve et VIe siècles : le visage du Christ est barbu, le perizonium – morceau d’étoffe qui cache la nudité de Jésus – a la forme que l’on voit dans ces modèles, les pieds qui reposent sur un suppedaneum et enfin quatre clous et non pas trois.

Poster un commentaire

Classé dans AI. Art médiéval et moderne, BA. Photos, C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), E. Arts Lettres Langues, Non classé

18ème. Les fontaines de Rochefort

A. 1750. Rochefort, Fontaine du mariage de la Charente et de l’Atlantique. Source de la citation : Petit patrimoine. Diaporama de 13 photos.

Cliquer sur les images pour les agrandir

Le Groupe qui surmonte la fontaine, représentant l’Océan et la Charente, est dû au ciseau de Bourguignon, alors Maitre sculpteur du Port.

Une inscription concernant la Charente dit : Laeta diu varios errabam nympha per agros, Laetior in vestris mœnibus ecce fluo. Autrefois je coulais joyeuse dans les campagnes, plus joyeuse encore je coule maintenant dans vos murs.

  • Pour aller plus loin. J-T . Viaud et E-J. Fleury, Histoire de la ville et du port de Rochefort, 1845, Madame Honorine Fleury, Libraire Éditeur, pp. 146-148 (voir la capture de ces pages en fin de chronique).

B. 1759-1763. La fontaine-réservoir de Saint-Nazaire-sur-Charente, dite Fontaine Lupin. Source des citations : le Petit Patrimoine, les panneaux explicatifs à proximité du site. Diaporama de 20 photos.

1666. « Louis XIV et Colbert font le choix de Rochefort pour y établir un site propre à recevoir les grands vaisseaux de la marine du Ponant. Mais la ville a peu de ressources en eau potable. L’eau des marais, saumâtre, est impropre à la consommation. L’approvisionnement en eau douce est un problème pour les hommes et les bateaux de la flotte.

1667. L’Amiral Duc de Beaufort, petit-fils d’Henri IV et de Gabrielle d’Estrées, réclame la création d’une aiguade, fontaine réservoir destinée à remplir les tonneaux dont on charge les vaisseaux.

  • Aiguade. Une aiguade désigne à la fois la provision d’eau douce sur un navire et l’endroit d’une côte où l’on fait provision d’eau douce pour les navires. On emploie ce mot dans l’expression Faire aiguade, désignant l’action de ravitailler en eau douce un bateau. Le terme désigne aussi la corvée d’eau.

L’existence de plusieurs sources abondantes à Saint-Nazaire-sur-Charente est alors signalée à Colbert, qui décide de faire capter l’eau de la source des Morts et de la source de Font-Pourri, symbolisées sur le fronton ci-dessous.

1670-1675. Le Chevalier de Clerville (1610-1677), urbaniste du roi Louis XIV et ingénieur chargé des fortifications, fait édifier la 1ère Fontaine royale dans le lit de l’estuaire de la Charente.

1676. La Fontaine royale de Lupin est terminée. C’était une tour hexagonale de 14 mètres de haut. L’eau douce était amenée à l’aiguade au moyen d’une canalisation en grès, fabriquée à la Chapelle-de-Saintonge, mesurant environ 2 800 mètres de long, et rectiligne sur ses 650 derniers mètres jusqu’à la Charente.

1759-1763. La Fontaine est reconstruite en aval de fort Lupin. C’est un chainon important car il s’agit de l’une des trois seules aiguades, lieu d’approvisionnement des navires en eau douce, conservées de nos jours. Les deux autres sont à Brest et Belle-Ile.

2 Commentaires

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AF. Histoire 16-17èmes siècles, BA. Photos, C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), E. Ingénierie, Architecture, E. Mobilité internationale

2015. L’Hermione, le voyage aux USA

Chroniques sur Rochefort, son arsenal et ses radoubs, son jardin des plantes, son hôpital militaire, son école de médecine navale. Chronique sur la Guerre d’indépendance américaine. En 2015, la nouvelle Hermione a fait le voyage aller et retour aux USA. Depuis son retour à Rochefort, elle a fait un déplacement mouvementé à Sète : vidéo de 28’38. Son port d’attache est le radoub Napoléon III.

Diaporama de 24 photos (Pierre Dubois, octobre 2015).

2012 (6 juillet). Dossier de Presse. « 50 000 personnes sont attendues à Rochefort pour fêter la sortie de l’Hermione de la cale de construction, la double forme de radoub de l’arsenal de Louis XV où la coque était en chantier depuis 15 ans.

Tirée par quatre vedettes de remorquage du service des lamaneurs de l’Atlantique, la coque de l’Hermione, non mâtée, sortira de la double forme de radoub ouverte pour la première fois depuis la 2ème guerre mondiale à la navigation grâce à la réalisation à l’initiative de la ville de Rochefort d’un tout nouveau bateau-porte pour remplacer celui détruit en 1944 par les troupes d’occupation.

Reconstruire l’Hermione, c’est bâtir un navire de plus de 65 m de long hors tout, portant trois mâts et 2 200 m² de voilure de route. C’est concevoir une coque entièrement en chêne, avec des épaisseurs pouvant atteindre 70 cm, inimaginables aujourd’hui mais conçues au 18ème siècle pour résister aux boulets ennemis.

  • 1993-1996 : études préparatoires
  • 1997-2000 : construction de l’ossature de la charpente.
  • 2000-2008 :  construction des ponts et des superstructures.
  • 2009-2011 : bordage et calfatage de la coque ; début mâture, gréement, voiles.
  • 2012-2013 : suite mâture, gréement, voiles, montages et finitions.
  • 2014 : suite des essais en mer.
  • 2015 : départ pour le voyage transatlantique

1997 (août). Début de la reconstruction de la frégate historique  : pose de l’arcasse

« C’est au tour de l’arcasse et de l’étambot d’être révélés au public. Une fois relevé, cet ensemble complexe de plus de 4.5 tonnes de chêne est fixé sur l’extrémité arrière de la quille. L’étambot recevra plus tard le gouvernail ».

Commentaires fermés sur 2015. L’Hermione, le voyage aux USA

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AH. Histoire 19-20èmes siècles, BA. Photos, C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), C. Outre-Mer, E. Ingénierie, Architecture, E. Mobilité internationale

1778-1793. La Frégate Hermione

Chroniques sur Rochefort, son arsenal et ses radoubs, son jardin des plantes, son hôpital militaire, son école de médecine navale. Chronique sur la Guerre d’indépendance américaine.

Histoire de l’Hermione. Source : larges extraits du site éponyme.

1778-1779 : une construction éclair. « La décision de la mise en chantier de l’Hermione sur proposition du ministre De Sartine, est entérinée en novembre 1778, par le conseil du port de Rochefort.

Modèle de la Dédaigneuse, construite à Bordeaux en 1766 (Musée de la marine, Rochefort)
  • « Tout comme l’Hermione, la Dédaigneuse est une frégate de XII, c’est-à-dire comportant un pont unique muni de canons tirant des boulets de 12 livres. Son équipage est composé de 260 hommes. Entre 1748 et 1798, les arsenaux français mettent à l’eau une centaine de frégates semblables.
  • La frégate, navire de guerre léger et rapide, est au cœur des préoccupations stratégiques des nations maritimes. Trop faiblement armées pour participer aux combats dits en ligne, où s’affrontent les puissants vaisseaux à deux ou trois ponts, les frégates ont d’abord un rôle d’assistance et d’accompagnement.
  • Pour participer pleinement au combat, on les dote d’un armement plus efficace. La frégate de XII incarne dès lors cet idéal d’unité rapide réunissant la marche et la force. Elle connaît son heure de gloire durant la guerre d’indépendance américaine ».
  • Diaporama de 9 photos de la Dédaigneuse (musée de la marine à Rochefort).

« C’est l’ingénieur constructeur de marine, Pierre Chevillard dit l’aîné, qui est chargé de la construction de l’Hermione ainsi que d’une autre frégate, la Fée d’après le dessin qui a déjà servi à la Courageuse et à la Concorde, les deux premières de cette série de quatre.

L’Hermione est mise en chantier sur la rive droite de la Charente au sein de l’arsenal, à partir de décembre 1778. Outre les savoir-faire techniques, la rapidité de sa construction s’explique également par l’urgence de la guerre, une main d’œuvre importante et la disponibilité des matériaux sur le site de l’arsenal. Des centaines de charpentiers, forgerons, perceurs, cloueurs, calfats… bagnards sont ainsi mobilisés pour un total de plus de 35 000 journées de travail.

L’Hermione appartient à la catégorie des frégates, dites légères, caractérisées par leur vitesse et leur maniabilité. C’est une frégate de 12 armée de 32 canons : 26 canons de 12 sur son pont de batterie et 6 canons de 6 sur son pont de gaillards. Le chiffre de 12 correspond à 12 livres (unité de mesure au XVIIIe siècle), soit un peu moins de 6 kilos ».

Mesurant 66 mètres de long hors tout sur 11,5m de large, sa mâture est constituée de trois mâts verticaux aux dimensions modulables, d’une superficie de voiles pouvant atteindre 3 300m² et un gréement complexe de 26 km  de cordages, nécessitant un équipage de 250 à 300 personnes« .

1779-1780. Première campagne d’essai dans le golfe de Gascogne. L’Hermione effectue des missions de surveillance des côtes et de protection du commerce.  Cette campagne se conclut par la prise de trois navires de commerce et trois corsaires anglais. Au cours du mois de janvier 1780, la coque de l’Hermione reçoit un doublage de cuivre constitué de 1 100 feuilles de métal. Ce doublage est destiné à protéger la coque des attaques des tarets, et à éviter la fixation des algues et des coquillages sur la carène, ce qui améliore la vitesse de la frégate ».

Commentaires fermés sur 1778-1793. La Frégate Hermione

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Bretagne Normandie, C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), E. Mobilité internationale

1775-1783. La Guerre d’indépendance

1775-1783. La Guerre d’indépendance américaine (source : Wikipédia)

Pourquoi la France a-t-elle participé à la guerre d’indépendance américaine ? (source : Isabelle Bernier, Futura-Sciences, 13 septembre 2018).

1756-1763. Guerre de sept ans. « La décision d’aider les insurgés américains des treize colonies est un acte décisif dans la politique étrangère menée par Louis XVI puisqu’elle aboutit à la création et la reconnaissance des États-Unis. En déclarant la guerre à l’Angleterre, la France espère certainement récupérer le Canada et la Louisiane qu’elle a perdus en 1763, à l’issue du précédent conflit.

1763-1775. Eastern North America in 1775 : the British Province of Quebec, the British thirteen colonies on the Atlantic coast and the Indian Reserve (as of the Royal Proclamation of 1763).

Les treize colonies qui entrèrent en rébellion avec leur métropole (source : Wikipédia, Smehour)

Cliquer sur les images pour les agréndir

Le contexte de la guerre d’indépendance. « La Révolution américaine est le produit d’une évolution politique jumelée à un essor économique très important : l’économie de l’Amérique anglaise repose sur la production agricole des cinq colonies du Sud et le dynamisme commercial des huit colonies du Nord qui fournissent le tiers des navires de la marine marchande britannique. Contraintes de commercer exclusivement avec l’Angleterre, les colonies américaines pratiquent en fait une importante contrebande avec les Antilles françaises et l’Amérique espagnole. L’essor démographique est très important, lié à l’émigration européenne et au système esclavagiste (deux millions d’habitants vers 1770 dont un quart d’esclaves noirs). La rupture avec la Couronne britannique s’explique par la demande croissante de terres de la part des colons et l’alourdissement des prélèvements fiscaux depuis la guerre de Sept Ans (1756-1763), très coûteuse pour l’Angleterre.

1776 (4 juillet). Les représentants du Congrès américain votent la Déclaration d’Indépendance des États-Unis d’Amérique : les députés des treize colonies créent ainsi un nouveau régime politique.

1778. Premier traité d’alliance franco-américain. « Le Congrès constitue une armée de volontaires (15.000 hommes sous le commandement de George Washington) mais il pressent qu’elle ne tiendra pas longtemps face à l’excellente armée de métier britannique. Le 6 février 1778, Louis XVI et Charles Vergennes (ministre des Affaires étrangères) signent avec Benjamin Franklin nommé ambassadeur en France, un traité d’alliance avec les Provinces unies de l’Amérique (renforcement du soutien en armement et en mercenaires),

1779. Envoi de corps expéditionnaires (source : Wikipédia). « La Fayette est en France pour plaider la cause de l’insurrection. Louis XVI envoie un corps de 6.000 hommes outre-Atlantique sous le commandement du général de Rochambeau.

1780. La France donne un véritable appui financier, maritime et terrestre à l’armée américaine, qui va permettre la victoire définitive de l’alliance franco-américaine. C’est là qu’intervient La Fayette, major général dans l’armée des insurgés américains et proche collaborateur de leur commandant George Washington.

Commentaires fermés sur 1775-1783. La Guerre d’indépendance

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), C. Outre-Mer, E. Mobilité internationale

Rochefort. Les 3 formes de radoub

« Une forme de radoub est un bassin qui permet l’accueil de navires et leur mise à sec pour leur entretien, leur carénage, leur construction, voire parfois leur démantèlement. On parle également de forme, de cale sèche, parfois de forme-écluse en fonction de la configuration rencontrée ».

La forme de radoub à deux bassins, 18ème siècle. Cliquer sur les images pour les agrandir

1666. « Création à Rochefort d’un grand port du Royaume de France. Des cales de construction existaient sur plusieurs points dans l’arsenal ; mais on n’y possédait pas encore de forme ou bassin de radoub. On supposait que le sol des rives de la Charente ne présentait pas assez de solidité pour que l’on pût fonder d’une manière durable un établissement de cette nature.

Un point parut cependant offrir quelques garanties : on avait cru remarquer que dans la troisième partie de l’arsenal gisait à peu de profondeur, un rocher d’une certaine solidité ; des sondages vinrent en confirmer l’existence et bientôt une fosse y fut creusée.

Pour éviter les délicates manœuvres d’abattage en carène (technique ancienne qui consistait à coucher le navire sur un de ses flancs, afin de pouvoir travailler sur sa carène, à flot), on utilisait les formes de radoub. Les navires pénétraient, à marée haute, dans ces grandes coques, creusées dans la berge vaseuse puis maçonnées, qui se vidaient à marée basse après la fermeture des portes (avec l’aide d’une machine hydraulique comprenant trois chaînes à godets, actionnée par un manège à chevaux). Une drague à godets permettait de dévaser ».

La Charente à marée basse. A droite, l’entrée du radoub Louis XV

Les 3 formes de radoub de Rochefort : 17ème siècle, 18ème siècle, 19ème siècle.

A. 1669-1671. La vieille forme, conçue par François Le Vau sur les volontés de Louis XIV, est le premier bassin de radoub construit en France. Elle est la toute première à être maçonnée au monde ; elle est construite en pierre de taille perpendiculairement à la Charente. Elle se ferme par des portes en bois.

B. 1683-1728. « Forme de radoub à deux bassins, dite aussi Louis XV, conçue et décidée par l’intendant de la marine Pierre Arnoul. Sa construction, qui fut une première mondiale, nécessita 45 ans d’efforts contre un environnement inadapté. On éprouva de grandes difficultés : des sources jaillissantes, qu’on ne pouvait ni tarir ni détourner, remplissaient incessamment le bassin et l’on se vit même forcé d’abandonner les travaux commencés. On parvint enfin à combattre, puis à vaincre cet obstacle, mais, en 1728 seulement, on put se servir de la nouvelle forme.

  • Pierre Arnoul, fils de Nicolas Arnoul, fut reçu chevalier de Malte de minorité en 1668, commissaire de la marine au département de Toulon (1670), contrôleur-général de la marine du Ponan (1672), intendant des galères de France et des fortifications de Provence (1673), intendant de la marine et des fortifications après son père (1675), révoqué en 1679, replacé au Havre (1680)/ Il tint ensuite les fonctions d’intendant de la marine et d’intendant de justice, police et finances à Rochefort, La Rochelle, Brouage… Il meurt en 1719.

Des modifications ont été apportées par rapport à la conception de la Vieille forme. Elle est fermée par un bateau-porte ; les parois ne sont plus droites mais en gradins, de façon à faciliter le travail des ouvriers à l’intérieur ».

1734. Le bateau-porte d’origine n’ayant jamais bien fonctionné, il est remplacé par des portes en bois.

C. 1853-1861. « Construction de la forme Napoléon III. Elle fut allongée en 1900 pour accueillir le Dupleix, long de 134 m, le dernier grand croiseur-cuirassé construit à Rochefort ».

Quelques termes techniques : radier, bajoyer, bateau-porte.

« Constituant le fond du bassin, le radier est une surface en règle générale plane dans les bassins récents, permettant le positionnement des tins ou des bers supportant le navire à accueillir, et la circulation du personnel et des engins nécessaires aux travaux de coque à réaliser sur le navire accueilli.

Commentaires fermés sur Rochefort. Les 3 formes de radoub

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AF. Histoire 16-17èmes siècles, AH. Histoire 19-20èmes siècles, BA. Photos, C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), E. Ingénierie, Architecture

Cinq jardins botaniques / des plantes

Cinq jardins botaniques, dits aussi jardins des plantes, créés au 17ème siècle et enrichis au 18ème.

  • Montpellier, jardin fondé en 1598 sous Henri IV. En 1762, Antoine Gouan fait paraître le catalogue des plantes du jardin botanique de Montpellier, sous le titre d’Hortus regius monspeliensis. Chronique Montpellier. Médecine et Chirurgie.
  • Strasbourg, jardin botanique fondé en 1619. Chronique partie A, ci-dessous.
  • Paris, jardin royal des plantes médicinales fondé en 1626. Chronique partie B, ci-dessous.
  • Nantes, jardin des apothicaires, fondé en 1687. Chronique partie C, ci-dessous.
  • Rochefort, jardin fondé en 1697. 1741. Un nouveau Jardin, le Jardin-reposoir. Chronique Expéditions maritimes et Botanique.

A. Jardin botanique  de Strasbourg  (source : citations du site du Jardin Botanique).

1566. « Ville d’intellectuels et d’artistes, Strasbourg dispose dès 1566 de son Académie comprenant quatre Facultés : Théologie, Droit, Philosophie et Médecine. Cette dernière souhaite installer un Jardin botanique dans l’enceinte de la ville. Des négociations entre le Sénat et le couvent Saint-Nicolas-aux-Ondes permettent au recteur Storck d’obtenir une partie du jardin situé dans le quartier de la Krutenau. De par son origine maraîchère, ce nom alsacien signifie « plaine à choux ».

1619. Le Jardin botanique de Strasbourg est créé ; il est alors le deuxième sur l’ensemble du territoire aujourd’hui français (l’Alsace n’étant encore jamais été française à cette époque), après celui de Montpellier né en 1598. Situé à la place occupée actuellement par l’École des Arts Décoratifs, il est géré par les professeurs de la Faculté de Médecine. Plusieurs serres sont construites afin d’accroître la diversité des plantes à étudier.

1670. Le premier inventaire du Jardin, édité par le botaniste Marcus Mappus, recense 1600 espèces.  

1789. Suite à la Révolution Française, de nombreux jardins botaniques sont démantelés car leurs collections de plantes exotiques sont jugées trop aristocratiques par les révolutionnaires. Jean Hermann, alors directeur du Jardin botanique, lui sacrifie toute sa fortune personnelle pour sa survie. Il sauve aussi de la destruction une partie des statues de la Cathédrale de Strasbourg en les enterrant dans le Jardin.

1870. Les troupes prussiennes assiègent la ville au cours de la guerre de 1870. Les strasbourgeois encerclés n’ont plus accès aux cimetières situés en périphérie de la ville. Ils réquisitionnent alors le Jardin botanique, qui redevient un lieu de sépulture. Les corps ont été exhumés, mis à part les dépouilles non identifiées qui ont été placées dans un ossuaire situé sous le monument aux morts qui date de 1874. Il s’agit du seul monument aux morts de Strasbourg pour la guerre de 1870. Victorieuse, l’Allemagne impériale annexe l’Alsace et la Moselle en 1871.

Le Jardin botanique allemand. cliquer sur les images pour les agrandir

1884. Très vite, l’empereur Guillaume Ier a pour ambition de faire de Strasbourg la vitrine scientifique et culturelle de l’Allemagne, à l’Ouest de l’Empire. Il entreprend dans ce but la construction du campus wilhelmien où s’installe l’Université impériale à partir de 1884″.

1 commentaire

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AF. Histoire 16-17èmes siècles, C. Bretagne Normandie, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), C. Ile-de-France, C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), C. Occitanie (Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon), E. Agriculture, E. Sciences, Non classé

Expéditions maritimes et Botanique

Suite de la chronique Michel Bégon, intendant à Rochefort (1688-1710)

La Charente, vue de la Corderie de Rochefort. Cliquer sur les images pour les agrandir

A. Les Bégon, passionnés de botanique (source : eduquebec)

« Michel Bégon, quand il était encore intendant aux galères à Marseille, participe à l’envoi de navires d’exploration dont celui du père Charles Plumier, botaniste d’origine marseillaise avec pour objectif d’examiner les vertus des plantes et l’usage qu’on pourrait en faire dans la médecine. Lorsque le père Plumier revient, Bégon est parti pour Rochefort. La fleur qu’il ramène possède des pétales écarlates. En l’honneur de Michel Bégon, il la baptise : bégonia.

Source pour les photos des espèces botaniques : wikipédia.

L’arbre généalogique des Bégon est très lié au Canada car le petit-fils de Michel Bégon, Roland-Michel Barrin, marquis de la Galissonnière (1693-1756) en devient gouverneur à la fin du régime français (1747-1749).

Le goût des plantes et des découvertes semble s’être transmis avec le prénom Michel : le marquis de la Galissonnière donne son nom à une variété de fleurs, les Magnolia Galonniensis.

Il est également à l’origine de l’introduction en France de nombreuses plantes américaines comme le Tulipier de Virginie« .

B. Le Jardin Botanique de Rochefort, aujourd’hui Jardin des Retours (source : Parcs et Jardins)

1697. Michel Bégon, lorsqu’il est intendant maritime de Rochefort, crée un premier jardin botanique où il souhaite voir pousser des plantes intéressantes pour leur agrément et leur utilité.

1726 (9 septembre). « Gérard Mellier, maire de Nantes, est l’instigateur d’une ordonnance royale : Pour assujettir les capitaines des navires de Nantes d’apporter des graines et des plantes des colonies des pays étrangers pour le jardin des plantes médicales de Nantes (source : Le transport maritime des plantes au XVIIIe siècle).

Commentaires fermés sur Expéditions maritimes et Botanique

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AF. Histoire 16-17èmes siècles, C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), E. Agriculture, E. Mobilité internationale, E. Sciences

M. Bégon, intendant à Rochefort

Michel Bégon, cinquième du nom, dit le Grand Bégon, est né à Blois le 25 décembre 1638. Il est mort à la tâche à Rochefort le 14 mars 1710, à l’âge de 72 ans. Depuis 1688, il était intendant de la marine de Rochefort et intendant de la Rochelle depuis 1694 (source : Wikipédia).

Cliquer sur les images pour les agrandir

« Sa famille appartient à la Noblesse de robe, tant de justice que de finance (deux grands-oncles sont avocat et conseiller au présidial de Blois, le père et le grand-père sont receveurs des tailles).

1662 (24 ans). Michel Bégon devient quant à lui garde des Sceaux du présidial de Blois.

1667 (29 ans). Il est Président du tribunal de Blois.

1677 (39 ans). Il entre tardivement dans la marine lorsque Colbert le nomme trésorier de la marine du Levant, à Toulon : c’est le début d’une carrière heureuse.

1682-1685 (44-47 ans). Il est intendant de Saint-Domingue et Intendant des Iles-du-Vent de l’Amérique et de la Martinique.

1685 (47 ans). Après son séjour aux Antilles, il est nommé intendant des galères à Marseille« .

  • 1686 (6 février). Lettre de Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay (secrétaire d’Etat de la Marine et de la Maison du roi) à Michel Bégon (intendant des galères à Marseille). La lettre concerne les conditions de l’envoi dans les Antilles et au Canada de forçats, de faux-sauniers, de condamnés à vie (source : Persée).

1688 (50 ans). Le 1er septembre, Michel Bégon devient Intendant de la Marine de Rochefort.

Histoire de Rochefort avant Bégon (source : extraits de l’Arsenal de Rochefort, Musée national de la Marine, 2013, 48 pages). « Colbert, dès 1663, fait chercher, de la Manche à l’Atlantique, un lieu pour y établir un port arsenal englobant une rade protégée pouvant contenir soixante vaisseaux, de vastes magasins, de nombreux ateliers, et des chantiers de construction. Rochefort est choisi en 1665.

Qu’est-ce que Rochefort au début de 1666 ? Un désert quasiment. Un modeste logis seigneurial, une petite église romane, quelques groupes de cabanes et deux ou trois moulins. Un terre située sur la rive droite en amont de l’avant-dernier méandre de la Charente, à vingt-et-un kilomètre de son embouchure, entourée d’immenses marécages insalubres porteurs de malaria et autre fièvres.

En 1671, la corderie, l’étuve, la forme de radoub, la forge aux ancres, la fonderie de canons, les hangars de la fosse aux mâts, la plupart des magasins et une partie des quais sont élevés sinon terminés, sans compter les vingt navires de guerre qui ont été construits sur place.

Vers 1690, l’arsenal est en voie d’achèvement alors que la ville n’est qu’une sorte de campement… Si la Corderie s’étend sur 373 mètres – le plus long bâtiment industriel à l’époque -, c’est sur des dizaines de kilomètres que s’articule le port arsenal tout entier, des forts et batteries de Ré, d’Oléron, de Fouras, de la Pointe et de Lupin aux fosses aux mats et à la fontaine royale de Saint-Nazaire-sur-Charente »…

Photo de Pierre Dubois, octobre 2014

« Mais tout marche bien mal… La dispersion des sites et les énormes contraintes de navigation sur la Charente et de marée sont synonymes de lenteur et de coûts considérables, surtout lors de l’armement de grands vaisseaux »…

Le temps de Bégon. « Le ralentissement que connait la Marine royale après la perte de nombreux vaisseaux à la Hougue en 1692 et la priorité stratégique désormais accordée à la guerre de course portent un frein au développement de l’arsenal. Mais c’est paradoxalement au moment où l’activité de celui-ci commence à décroître que la ville de Rochefort prend véritablement son essor : 2 525 habitants permanents en 1669, 13 000 dès 1685, plus de 20 000 au début du 18ème. Elle le doit en grande parte à l’activité de l’intendant Bégon, qui mène une politique urbaine ambitieuse entre 1688 et 1710″.

Entre la création du Port Arsenal en 1666 et sa fermeture définitive en 1927, près de 550 navires de guerre y ont été construits.

2 Commentaires

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AF. Histoire 16-17èmes siècles, C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), E. Ingénierie, Architecture

18ème. Le cauchemar du Scorbut

Le cauchemar du Scorbut au 18ème siècle.

Photographié au Musée de l’École de médecine navale de Rochefort. Cliquer sur les images pour les agrandir

A. Le voyage du Commodore Anson est une circumnavigation (source : Wikipédia). « En 1740, pendant la Guerre de l’oreille de Jenkins qui opposa la Grande-Bretagne et l’Espagne de 1739 à 1748, le Commodore George Anson reçut du roi Georges II le commandement d’une escadre, avec la mission d’aller harceler les colonies espagnoles de l’océan Pacifique, et si possible de capturer le Galion de Manille.

Anson passa dans le Pacifique par le cap Horn, remonta le long des côtes de l’Amérique du Sud, puis traversa le Pacifique jusqu’à Macao. Il captura le galion de Manille près des côtes des Philippines, et revint en Grande-Bretagne (en 1744) par le cap de Bonne-Espérance.

Son exploit maritime est assombri par les pertes humaines que ses équipages subirent (seulement 188 hommes revinrent sur les 2 000 environ qui avaient pris la mer), mais il annonce la suprématie maritime du Royaume-Uni, dont Anson sera un promoteur actif ».

Routes commerciales de l’Empire portugais (en bleu) et celles de l’Empire espagnol avec le galion de Manille (en blanc). Source Wikipédia

B. L’histoire du scorbut par P. Berghe, Revue de Biologie médicale, n°347, mars 2019.

Extraits de l’article. « Le scorbut est une avitaminose par carence en acide ascorbique ou vitamine C. Souvent associée à des épisodes de malnutrition et de famine, cette maladie est longtemps restée d’origine mystérieuse. Entre les XVIe et XXe siècles, elle a été un terrible fléau de la navigation à voile au long cours, entraînant une forte mortalité chez les marins. Le médecin de la marine James Lind fut le premier à démontrer expérimentalement l’efficacité du jus de citron sur le scorbut.

Tout indique que le scorbut était probablement une maladie assez rare dans l’Antiquité et au Moyen Âge. Les marins semblaient épargnés car on pratiquait une navigation de cabotage de courte durée, avec de nombreuses escales de ravitaillement en Méditerranée et sur les côtes d’Afrique et d’Arabie.

Au XVIIIe siècle, le scorbut frappait beaucoup plus les flottes de guerre que les navires de la marine marchande. En effet, les grandes compagnies commerciales britanniques et hollandaises apprirent à juguler le mal en embarquant des vivres frais et en organisant un réseau d’escales judicieusement disposées. On peut citer l’exemple des Portugais qui avaient planté des citronniers et des arbres fruitiers dans l’île de Sainte-Hélène, une étape sur le chemin de l’Asie. En revanche, les vaisseaux de guerre naviguaient souvent sur de longs parcours sans escale pour des raisons de discrétion et de sécurité.

Il existe d’innombrables relations d’épidémies de scorbut dans les vaisseaux de la marine de guerre au XVIIIe siècle. Certaines sont restées célèbres, telle que l’aventure malheureuse du Mercure du duc d’Anville en 1746 ou le voyage à l’Île-de-France (la Réunion), en partance de Lorient, de Bernardin de Saint-Pierre en 1768.

Cependant, le plus tristement célèbre désastre lié au scorbut dans la marine de guerre est celui du tour du monde du commodore George Anson entre 1740 et 1744, qui reste en mémoire comme l’une des pires tragédies en mer.

À cette époque, l’Angleterre disputait à l’Espagne le contrôle des Caraïbes et des Amériques. L’amirauté britannique confie à ce capitaine anglais la mission de dévaster la côte pacifique de l’Amérique du Sud, une importante zone de commerce espagnol. George Anson part en septembre1740 avec six vaisseaux et un équipage de 2 000 marins, qu’il a eu beaucoup de mal à recruter. Plus que les Espagnols, c’est le scorbut que redoutaient les Anglais. Certes, la Royal Navy avait fourni aux équipages plusieurs traitements parmi les plus populaires d’alors, mais en réalité tous inefficaces, tels que le vinaigre, l’élixir de vitriol (un mélange d’acide sulfurique et d’alcool) et un médicament laxatif appelé Ward’s drop and pill.

Les marins resteront plusieurs mois sans accès aux fruits frais et aux végétaux. La maladie frappa au pire moment possible, après le franchissement du Cap Horn à l’extrémité de l’Amérique du Sud. Essuyant de nombreuses tempêtes, le commodore perdit trois de ses vaisseaux et une épidémie de scorbut apparut. Il réussit à rallier l’île Juan Fernandez dans le Pacifique, un havre riche de fruits et de végétaux frais.

Après la traversée du Pacifique, un seul bateau arrivera à Canton ! L’équipage était réduit à 227 personnes. Par un coup de chance incroyable, le 20 juin 1743, Anson captura un riche galion espagnol venant des Philippines après un bref combat où il perdit seulement trois hommes.

Il  se souviendra toujours du fait que, parti avec un équipage de 2 000 hommes, il en a ramené à peine 200. Malgré les très fortes pertes en vies humaines, l’Amirauté a considéré cette mission comme un succès, notamment du fait de la capture du vaisseau espagnol. Le commodore Anson devint riche et célèbre, et sera nommé Premier Lord de l’Amirauté en 1751″.

2 Commentaires

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Poitou Charentes), E. Droit et Sciences politiques, E. Médecine Pharmacie, E. Mobilité internationale