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Cépage Grolleau, Loire, dès le 18ème

Cépage Grolleau, Loire, dès le 18ème siècle.

Victor & Vincent Lebreton, Grolleau du domaine de Montgilet (Maine et Loire).

Le Grolleau, cépage qui offre des vins légers, aériens aux notes de fruits frais et d’épices. Vin glouglou par excellence, il sera parfait autour d’un apéritif entre copains ou en famille. Une cuvée salivante à découvrir !

Source 1. Extraits de l’article de Wikipédia.

« Le grolleau est un cépage de raisins noirs, assez peu répandu en France. Sa culture serait en régression : 2.201 hectares en 2004 contre 11.400 en 1958. Elle est surtout concentrée dans la vallée de la Loire.

Le grolleau gris est un peu cultivé en Maine-et-Loire, dans la Vendée et la Loire-Atlantique. Le grolleau blanc a été signalé dans l’aire d’appellation des Coteaux-du-Layon.

Les grappes sont assez grosses et les baies sont de taille moyenne. La grappe est tronconique, ailée. Le cépage est vigoureux et il doit être taillé court. Il est sensible à l’excoriose, à la pourriture pédonculaire et le court-noué.

C’est un cépage productif (rendement compris entre 80 et 120 hectolitres à l’hectare). Ses vins sont légers et peu alcooliques (11°5 pour la bouteille photographiée).

Cinq clones ont été agréés ; ils portent les numéros 226, 228, 364, 365 et 366″.

Le grolleau est connu sous les noms Bourdalès, Gamay groslot, Grolleau de Cinq-Mars, Grolleau de Touraine, Grolleau de Tours, Groslot, Moinard, Pineau de Saumur, Plant boisnard.

Source 2. Dico du vin.

le nom Grolleau viendrait du vieux français grolle qui signifie la corneille aussi noire que ce raisin. A grappe assez grosse et compacte, il est connu pour ses forts rendements qui peuvent atteindre jusqu’à 120 hl/ha. Il fait partie de l’encépagement des appellations Touraine, Rosé de Loire, Crémant de Loire, Anjou et Saumur mousseux et Rosé d’Anjou. Ce cépage qui donne des vins légers, peu alcoolique est partout en régression au bénéfice du gamay et du cabernet franc. Il occupe aujourd’hui un peu plus de 2 000 ha.

Source 3. Blog Les cépages de Loire

« Aujourd’hui, il est connu sous les noms Grolleau Noir N et Grolleau Gris G. Il existe des mentions de Grolleau blanc au 19e siècle, probablement liées à la couleur du vin plutôt qu’à celle des baies.

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18ème. Brasser à Strasbourg, Paris

18ème siècle. Brasseries à Strasbourg et Paris.

Partie 1. Brève Histoire de la Bière, du 15ème au 19ème siècle. Sources : blog Brewnation et Wikipédia.

Du développement de l’activité brassicole. L’année 1446 est décisive pour la bière. Jusque là la bière était avant tout considérée comme un substitut au vin produit en quantité en Alsace. Si le vin venait à manquer, le public se tournait logiquement vers la bière.

La bière continue donc son développement et, au 16ème siècle, on compte six brasseries dans la ville de Strasbourg. Elles produisent 1 300 hectolitres de bière.

Au 18ème siècle, on recense jusqu’à 300 brasseries artisanales en Alsace.

1775. De la culture du Houblon (source). Les premiers plants de houblon domestique sont apparus en Alsace, dans le secteur d’Oberhofen-sur-Moder vers 1775, sous l’impulsion d’un ecclésiastique féru de botanique : le pasteur Charles Ehrenpfort. Il crée du même coup un véritable marché local. Mais c’est François Derendinger, un brasseur allemand du Pays de Bade voisin installé à Haguenau, qui va lancer les houblonnières modernes en Alsace. Après plusieurs tentatives avec des houblons bavarois, c’est finalement un houblon de la région de Saaz qui sera retenu. Derendinger rapporte 800 plants de Bohême, qui vont constituer la souche initiale du houblon alsacien. Les premières parcelles apparaissent à Haguenau en 1808.

De la distribution de la bière (source). Chacune des brasseries disposait d’un débit pour la vente directe de bière. Elle était vendue sur place ou dans les débits de boisson à proximité de la brasserie.

De la corporation des brasseurs (source). Vers le milieu du 17ème siècle, la rumeur publique prétendit que la levure de bière que les brasseurs vendaient aux boulangers était mauvaise et empoisonnait le pain. Mais les brasseurs sortirent vainqueurs et ils continuèrent à avoir le monopole de la vente de la levure… On pouvait interdire de brasser les années de disette pour garder les céréales pour l’alimentation: en 1693 par exemple. En temps ordinaire, on ne pouvait faire par jour, dans chaque brasserie, qu’un seul brassin de quinze setiers de farine maximum. Le brasseur devait, à chaque brassin, avertir le commis de la perception de l’heure où il mettait le feu sous la chaudière, sous peine d’amende et de confiscation… A la fin du 18ème siècle, la corporation était dirigée par trois jurés ou gardes. L’apprentissage durait 5 ans, faire trois ans de compagnonnage et réaliser un chef-d’œuvre avant de devenir maître… À partir de 1783, les brasseurs sont autorisés à brasser toute l’année.

De la révolution : elle établit la liberté de brasser. Cela tente apparemment pas mal de Strasbourgeois puisque entre 1789 et 1795, 24 nouvelles brasseries se créent.

La brasserie devient le fruit de l’activité de grandes familles protestantes (une cinquantaine alors). Dès lors, la recherche de bénéfices allait promouvoir le secteur.

19ème siècle. Deux évènements majeurs vont révolutionner la distribution de la bière: l’invention de la fermentation basse grâce au travail sur les levures de Louis Pasteur et le développement des moyens de transport.

Partie 2. Trois Brasseries fondées au 18ème siècle

Schutzenberger : fondée en 1740 dans le quartier de la Krutenau à Strasbourg, elle devient brasserie royale sous Louis XV et Louis XVI.

La Révolution la renomme Grande brasserie de la Patrie.

Brasserie de l’Espérance : fondée en 1746 à Strasbourg;

Source. Nicolas Stoskopf, Les Hatt, une dynastie de brasseurs strasbourgeois de 1664 aux années 1980.Vandelle Éditions, 2018, 9. Hal Open Science

« Le second fils de Jérôme V et Catherine Goll, Jean Hatt (1720-1753), est le fondateur en 1746 de la Brasserie de l’Espérance (Zur Hoffnung). Quand Jean a, conformément à la tradition – et devançant d’un an son frère aîné – réalisé et présenté son chef-d’œuvre en tonnellerie, il postule à la maîtrise en 1745. Sa requête est une première fois rejetée en août de la même année au prétexte qu’il ne possédait pas de brasserie, puis finalement satisfaite le 20 janvier 1746.

C’est qu’il a entre-temps, le 20 décembre 1745, acquis d’Anne Catherine, née von Herff, veuve d’Antoine Vogler, intendant général de la Commanderie des chevaliers teutoniques à Andlau, un immeuble situé à l’angle de la rue des Veaux et de la rue de la Pierre-Large pour un montant de 2 250 livres de Strasbourg. Constitué d’une maison sur rue, d’une autre sur l’arrière, de deux cours et d’une ferme, Jean y a obtenu du Conseil des XV un permis d’installation d’une brasserie contre versement de deux contributions pour un total de 120 livres. Quelques jours auparavant, le 4 décembre 1745, Jean Hatt vendait à Marie Ève. Cousteau, épouse du lieutenant d’artillerie Antoine Cousteau, la maison de l’Oie d’or, place Saint-Étienne, et une maison mitoyenne avec cour sur la rue des Pucelles, l’ensemble pour 1 228 livres de Strasbourg. La maison mitoyenne était d’ailleurs une acquisition récente dont l’achat remontait seulement au 29 juillet de la même année. Tout porte à croire que cette vente est directement motivée par l’acquisition de l’immeuble de la rue des Veaux, sans doute mieux adapté à son projet de brasserie.

Le 12 novembre, Jean emprunte auprès du brasseur strasbourgeois Jean-Georges Klein 1 750 livres de Strasbourg à 4 % d’intérêt. Le débiteur donne en gage la Brasserie de l’Espérance avec tout son matériel et les droits attachés. Son beau-frère, le forgeron strasbourgeois Jean Conrad Heyl, se porte caution solidaire sur ses biens propres.

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L’agriculture au siècle des Lumières

L’agriculture au siècle des Lumières. Chronique en quatre parties : 1. Agriculture dans l’encyclopédie, 2. Le rôle de Bertin, 3. Les Sociétés royales d’agriculture, 4. L’émergence d’une médecine vétérinaire.

Partie 1. Agriculture. Source : extraits du long article de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, volume 1, 1751, pages 183 à 190.

« L’agriculture est, comme le mot le fait assez entendre, l’art de cultiver la terre. Cet art est le premier, le plus utile, le plus étendu, & peut-être le plus essentiel des arts…

Henri III. Charles IX. Henri IV. se sont plûs à favoriser par des Reglemens les habitans de la campagne. Ils ont tous fait défenses de saisir les meubles, les harnois, les instrumens & les bestiaux du Laboureur. Louis XIII. & Louis XIV. les ont confirmés. Cet article n’auroit point de fin, si nous nous proposions de rapporter toutes les Ordonnances relatives à la conservation des grains depuis la semaille jusqu’à la récolte. Mais ne sont-elles pas toutes bien justes ? Est-il quelqu’un qui voulût se donner les fatigues & faire toutes les dépenses nécessaires à l’agriculture, & disperser sur la terre le grain qui charge son grenier, s’il n’attendoit la récompense d’une heureuse moisson ?

La Loi de Dieu donna l’exemple. Elle dit : « Si l’homme fait du dégât dans un champ ou dans une vigne en y laissant aller sa bête, il réparera ce dommage aux dépens de son bien le meilleur. Si le feu prend à des épines & gagne un amas de gerbes, celui qui aura allumé ce feu supportera la perte ». La loi des hommes ajoûta : « Si quelque voleur de nuit dépouille un champ qui n’est pas à lui, il sera pendu, s’il a plus de quatorze ans ; il sera battu de verges, s’il est plus jeune, & livré au propriétaire du champ, pour être son esclave jusqu’à ce qu’il ait réparé le dommage, suivant la taxe du Préteur. Celui qui mettra le feu à un tas de blé, sera fouetté & brûlé vif. Si le feu y prend par sa négligence, il payera le dommage, ou sera battu de verges, à la discrétion du Préteur…

Pour cultiver les terres avec avantage, il importe d’en connoître la nature : telle terre demande une façon, telle autre une autre ; celle-ci une espece de grains, celle-là une autre espece. On trouvera à l’article Terre & Terroir en général ce qui y a rapport, & aux plantes différentes le terroir & la culture qu’elles demandent : nous ne réserverors ici que ce qui concerne l’agriculture en général ou le labour.

Proportionnez vos bêtes & vos ustenciles, le nombre, la profondeur, la figure, la saison des labours & des repos, à la qualité de vos terres & à la nature de votre climat.

Si votre domaine est de quelqu’étendue, divisez-le en trois parties égales ou à peu près ; c’est ce qu’on appelle mettre ses terres en soles.

Semez l’une de ces trois parties en blé, l’autre en avoine & menus grains, qu’on appelle mars, & laissez la troisieme en jachere.

L’année suivante, semez la jachere en blé ; changez en avoine celle qui étoit en blé, & mettez en jachere celle qui étoit en avoine.

Cette distribution rendra le tribut des années, le repos & le travail des terres à peu près égaux, si l’on combine la bonté des terres avec leur étendue. Mais le Laboureur prudent, qui ne veut rien laisser au hasard, aura plus d’égard à la qualité des terres qu’à la peine de les cultiver ; & la crainte de la disette le déterminera plûtôt à fatiguer considérablement une année, afin de cultiver une grande​ étendue de terres ingrates, & égaliser ses années en revenus, que d’avoir des revenus inégaux en égalisant l’étendue de ses labours ; & il ne se mettra que le moins qu’il pourra dans le cas de dire, nia sole de blé est forte ou foible cette année.

Ne dessolez point vos terres, parce que cela vous est défendu, & que vous ne trouveriez pas votre avantage à les faire porter plus que l’usage & un bon labourage ne le permettent.

Vous volerez votre maître, si vous êtes fermier, & que vous décompotiez contre sa volonté, & contre votre bail ».. .

Lire la suite…

Partie 2. Henri-Léonard Bertin et le développement de l’agriculture au siècle des Lumières. Source : Note historique de Georges Pédro dans Sciences direct.

Partie 3. Les Sociétés royales d’agriculture (1757-1793). Source : extraits de l’article de Bernard Herencia. Histoire et contributions de leurs membres et correspondants au Journal de l’agriculture (1765-1783), Histoire des Techniques, X-1, 2022.

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1763. Bertin et la navigation fluviale

Le plan Bertin et la navigation fluviale (1763-1773). Chronique mobilisant le livre d’Éric Szulman, La navigation intérieure sous l’Ancien Régime.

Le plan Bertin pour la navigation intérieure (1763-1773) était ambitieux. Il s’agissait de doter le Royaume de France d’un réseau connecté de fleuves, de rivières et de canaux, permettant de parcourir l’ensemble du territoire et ainsi de pouvoir à terme rejoindre toutes les mers qui baignent les côtes du pays.

Développer les voies navigables : problématique ancienne et contemporaine de l’Ancien Régime, mais aussi du monde d’aujourd’hui. Mener les études de faisabilité technique et financière, hiérarchiser et planifier les chantiers, assurer la construction et l’entretien.

L’idée novatrice de Bertin a été de vouloir se passer du système traditionnel de la concession à des entreprises privées à un système de financement public fondé sur le caractère non aliénable du domaine de la Couronne.

Le plan de Bertin tenait la route, mais il s’est heurté à des obstacles politiques et financiers. En dépit de son inventivité pragmatique (systèmes mixtes, temporaires ou différenciés selon les particularités de chacune des provinces du Royaume), la décennie Bertin n’a pas été couronnée de succès. Beaucoup de projets, mais aucune nouvelle voie d’eau d’ampleur.

Les travaux du canal de Bourgogne, serpent … de mer depuis le début du 17ème siècle, ne commenceront qu’en 1775 et ne seront terminés qu’en 1832.

Toutefois, le plan Bertin a eu un impact positif sur l’agriculture et les mines (chronique à venir), et a dessiné les prémisses de politiques publiques au niveau du Royaume et  des Provinces, s’appuyant sur une administration propre, coopérant avec des partenaires publics obligés (Ponts et Chaussées, Eaux et Forêts), inventant les montages financiers nécessaires.

Partie 1. Brève biographie d’Henri-Léonard Bertin (1720-1792)  

Source : extraits d’un article de Gabriel Arlet d’après Héphaistos à Sophie Antipolis, Gedim, 1991.

Henri-Léonard Bertin (1720-1792) succède, en novembre 1759, à Etienne de Silhouette dans le nouveau gouvernement formé autour du duc de Choiseul.

Portrait de Bertin par Alexandre Roslin

« Né à Périgueux en 1720 dans une famille de robe récemment anoblie, il a fait une carrière brillante et rapide. Maître des Requêtes en 1741, intendant du Roussillon en 1749, puis de Lyon en 1754, il est nommé intendant de Police trois ans plus tard. Cette fonction lui vaut d’être protégé par Madame de Pompadour et de compter parmi les familiers du roi. C’est un esprit « libéral », selon ce qu’entend Montesquieu.

Plein de bonne volonté, il va s’efforcer de réorganiser l’administration des provinces et durant les quatre années passées au contrôle général des Finances, il appuiera sans réserve l’action de Trudaine. Malheureusement, la dégradation de la situation financière provoquée par la guerre dite de Sept ans l’oblige, plus encore que ses prédécesseurs, à des réformes sévères et d’autant plus impopulaires, en particulier à l’établissement d’un cadastre qui doit conduire à une répartition plus équitable des impôts.

Devant l’insubordination générale et dangereuse des Parlements, Choiseul temporise, recule, cède et sacrifie Bertin. En décembre 1763, le duc abandonne le contrôle général à un représentant des opposants, le conseiller au parlement L’Averdy, dont l’inexpérience et la naïveté seront vite la risée des Parisiens toujours moqueurs.

Le roi n’a pu s’opposer au renvoi de Bertin mais il ne veut pas abandonner un ami. Un secrétariat d’État, le cinquième du ministère, est créé spécialement pour lui ».

Partie 2. Décembre 1763, Louis XV crée un Secrétariat d’État pour Bertin. Source : Archives nationales du ministère de la Culture.

« Ce cinquième secrétariat d’État fut créé, de façon tout à fait exceptionnelle, le 14 décembre 1763, au profit de Henri-Léonard Bertin, alors démissionnaire du contrôle général des finances qu’il occupait depuis 1759 après avoir exercé les fonctions d’intendant du Roussillon puis de Lyon et de lieutenant général de police de Paris.

Les attributions de ce secrétariat d’État, détachées du contrôle général des finances, comprenaient : la Compagnie des Indes, les manufactures de coton et de toiles peintes, les haras et les écoles vétérinaires, l’agriculture et les sociétés d’agriculture, les mines, la navigation intérieure, les canaux, les carrosses publics, fiacres et messageries, le roulage, les petites postes, les dépôts et collections de chartes, les loteries, l’échange de la principauté de Dombes, et, comme les autres secrétariats d’État, les dons, pensions, brevets et expéditions dépendant de son département.

Celui-ci, assez étendu, incluait la Guyenne, la Normandie, la Champagne, la principauté de Dombes, la généralité de Lyon, le Berry, les îles de France et de Bourbon et tous les établissements de la Compagnie des Indes.

1764. En butte aux empiètements du contrôle général des finances, Bertin abandonna dès 1764 la Compagnie des Indes et les manufactures de coton et toiles peintes. 

1773. Il se fit attribuer à grand peine les questions relatives aux biens communaux, aux défrichements et dessèchements. Le commerce ne fit jamais partie de ses compétences.

1774. Il réussit en revanche à concentrer les mines dont il conserva l’exclusivité, moyennant l’abandon de la navigation à l’intendant des finances chargé des ponts et chaussées.

1775. Turgot reprit les carrosses et messageries.

Privé de moyens financiers et de personnel compétent, le petit ministère de Bertin connut un échec relatif, sauf en ce qui concerne les mines. Sa suppression fut prononcée après la démission de son titulaire, le 26 mai 1780″.

Partie 3. Éric Szulman, La navigation intérieure sous l’Ancien Régime. Naissance d’une politique publique, Presses universitaires de Rennes, Histoire, 2014, 376 pages. Publication sur OpenEdition Books (13 mai 2019).

Bonnes feuilles du chapitre III : diaporama de 15 photos.

Schémas

Partie 4. Compte-rendu de l’ouvrage par Pierrick Pourchasse. Source : Presses universitaires de Rennes, Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 2016/1, n° 123-1, pages 209 à 210.

« L’ouvrage d’Éric Szulman présente un sujet original : la politique des autorités françaises concernant les voies navigables entre 1660 et 1792. L’auteur interroge sur la longue durée les modalités de l’intervention publique dans la conception d’un réseau de circulation fluviale à l’échelle nationale. La volonté d’améliorer les voies d’eau du royaume devient une préoccupation publique au temps de Colbert ; les règles portant sur la navigation sont intégrées à la réformation des eaux et forêts de 1669. Le propre d’un cours d’eau est d’être chose publique et la police des rivières est définitivement organisée ».

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18ème. Nouvelle Orléans (Louisiane)

Louisiane et Nouvelle Orléans au 18ème. Chronique en 7 parties à l’occasion de l’exposition du musée du quai Branly, Black Indians de la Nouvelle Orléans.

Deux diaporamas : 1684 – 1743 (35 photos), 1756 – 1804 (37 photos).

Costumes, coiffes, masques, armes.

Partie 1. Black Indians de la Nouvelle Orléans, Exposition au Musée du Quai Branly Jacques Chirac, jusqu’au 15 janvier 2023.

« If you go to New Orleans you ought to go see the Mardi Gras, entonne Professor Longhair dans son titre emblématique, Mardi Gras in New Orleans (1949). Car s’il y a un événement qui incarne l’identité de La Nouvelle-Orléans, c’est bien son carnaval, ses chars et ses fanfares défilant dans le Vieux Carré de la ville. En marge de ces festivités héritées de l’époque coloniale française, une tradition longtemps passée sous silence perdure depuis plus de 150 ans : les spectaculaires défilés de Black Indians, aux magnifiques costumes ornés de perles, sequins et plumes ».

« Popularisées par la série Treme de David Simon (HBO) dans les années 2010, ces parades constituent un puissant marqueur social et culturel pour les Africains-Américains de Louisiane. Portées par les percussions et les chants des Big Chiefs et Queens issus d’une quarantaine de « tribus », elles célèbrent la mémoire de deux peuples opprimés, amérindiens et descendants d’esclaves. Elles témoignent de la résistance de la communauté noire aux interdits de la ségrégation raciale et aux festivités de Mardi Gras dont elle était autrefois largement exclue. Tout en rendant hommage aux communautés amérindiennes ayant recueilli les esclaves en fuite dans les bayous.

À travers un parcours géographique et chronologique jalonné d’entretiens, de costumes contemporains et d’œuvres traditionnelles, l’exposition révèle une culture singulière, construite par plus de trois siècles de résistance contre les assauts de la domination sociale et raciale, encore présente aujourd’hui.  

Cette exposition est organisée par le musée du quai Branly Jacques Chirac avec le précieux soutien du Louisiana State Museum« .

Partie 2. La création de la Nouvelle Orléans (17I8). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« En 1691, les explorateurs français arpentent la région du delta du fleuve Mississippi. Les coureurs des bois et trappeurs français et canadiens parcourent le territoire et troquent la fourrure avec les Natifs américains. En 1701, un premier comptoir de la fin du XVIIe siècle est transformé en poste de traite fortifié sous le nom de Fort Saint-Jean.

La ville fut fondée par les Français sous la direction du colon Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, en 1718. Le nom de la ville fut choisi en l’honneur du régent, Philippe, duc d’Orléans » (peinture de Jean-Baptiste Santerre, 1717).

« Au départ simple comptoir de la Compagnie du Mississippi, elle devint la capitale de la Louisiane française en 1722.

Des fortifications devaient l’entourer dès le début, mais elles ne furent jamais réalisées. Ce n’est qu’en 1760 qu’une palissade en bois fut construite en urgence.

Les plans de La Nouvelle-Orléans furent dessinés par Adrien de Pauger et Le Blond de la Tour sur le modèle traditionnel des villes nouvelles, c’est-à-dire un damier symétrique, dont la taille maximale devait être de 88 hectares divisés en 66 îlots, avec une place où se trouvaient l’église (la future cathédrale Saint-Louis), la maison du gouverneur et des casernes. Sur les quais furent aménagés des magasins, un hôpital et le couvent des Ursulines ».

« Le royaume de France procéda à l’envoi de contingents de femmes pour la Nouvelle-France et notamment pour la Louisiane française. Des Filles de la Cassette furent envoyées dès la fin du XVIIe siècle. Les cas de bigamie n’étaient pas rares et beaucoup de colons français prenaient de jeunes Amérindiennes et surtout des jeunes femmes noires comme maîtresses, qu’ils installaient dans leur propriété grâce au système du plaçage, le Code noir empêchant tout mariage interracial.

De 1726 à 1733, le gouverneur colonial de la Louisiane française est Étienne Perier (1687-1766) ».

Partie 3. Le code noir. 1685-1802. De l’esclavage (chronique d’Histoires d’universités, 11 mai 2021).

  • 1685. Le Code noir : condition juridique des esclaves et des affranchis.
  • 1794. Décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises.
  • 1802. Napoléon Bonaparte légalise l’esclavage dans les colonies sucrières.

Partie 4. Les ports français et le développement de l’économie de plantation et de la traite

Source 1. Le livre scolaire (classe de seconde), pp. 250-251.

« Au cours du XVIIIe siècle, la traite d’esclaves africains s’accroît fortement. Le commerce triangulaire atteint son apogée et fait la fortune des négociants occidentaux. Les navires européens achètent des captifs sur les côtes africaines, puis les vendent, principalement aux Antilles et au Brésil, après un voyage effectué dans de terribles conditions. Ils repartent enfin avec des denrées produites par des esclaves (sucre, café, tabac, coton), vendues à haut prix en Europe. On estime qu’entre la fin du XVIIe et la fin du XIXe siècle, les navires français ont transporté plus de 1 300 000 esclaves, dont plus de 200 000 sont morts durant la traversée.

Les intérêts des commerçants nantais. La traite qui se fait aux côtes d’Afrique est très avantageuse à la navigation, au commerce et aux colonies françaises. Elle encourage la construction et l’armement des vaisseaux ; elle occupe un nombre infini d’ouvriers, de matelots et navigateurs ; elle procure de grands débouchés aux denrées et marchandises ; enfin, sans elle, il serait impossible de pouvoir cultiver nos îles de l’Amérique. Les retours qui proviennent de la traite consistent en Noirs, en poudre d’or, en gomme, en ivoire, en cire et en vivres pour les navires qui fréquentent ces parages.

Le travail des Nègres fournit à la France le sucre, le café, le cacao, l’indigo, le coton et autres denrées qui enrichissent continuellement le royaume, qui augmentent les revenus de l’État et l’aisance publique : il convient donc de protéger et d’encourager ce commerce par toutes sortes de moyens. Mémoire des négociants de Nantes envoyé à M. Antoine de Sartine, secrétaire d’État de la Marine et des Colonies, 25 septembre 1777″.

Source 2. Nantes. Guillaume Grou (1698-1774), armateur négrier (chronique d’Histoires d’universités du 15 septembre 2021). « 1748, il joue un rôle important dans la croissance de la société Grou et Michel, fondée en 1748, deuxième plus important opérateur de la traite négrière en France après la Société d’Angola. 1748-1751. La nouvelle société Grou et Michel, dotée de capitaux supplémentaires, représente 21 % des expéditions négrières au départ de Nantes. La guerre de Sept Ans donne cependant un coup de frein à son activité. 1774. La fortune Grou s’élève à près de 4,5 millions de livres. Son testament comporte d’importants legs en faveur de l’humanité« .

Source 3. Michel Adanson (1727-1806), explorateur du Sénégal ((chronique d’Histoires d’universités du 30 août 2021). Michel Adanson, né le 7 avril 1727 à Aix-en-Provence et mort le 3 août 1806 à Paris, est un naturaliste français d’ascendance écossaise. Il a exploré des régions peu connues des Européens, comme le Sénégal ou les Açores. Principalement botaniste, systématicien original, auteur d’un mémoire célèbre sur le baobab, il a aussi apporté des contributions à la zoologie, à la géographie, à l’ethnographie et aux recherches sur l’électricité. Lire aussi le roman de David Diop, La Porte du voyage sans retour, éditions du Seuil, 2021, 256 pages.

Partie 5. Les traités concluant la guerre de sept ans (1754-1763). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

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Juillet 1789. En voyage à Strasbourg

Partie 1. Arthur Young, Voyages en France, 1787, 1788, 1789. Source : Wikisource (livre in extenso).

Extraits de l’introduction. « Il est permis de douter que l’histoire moderne ait offert à l’attention de l’homme politique quelque chose de plus intéressant que le progrès et la rivalité des deux empires de France et d’Angleterre, depuis le ministère de Colbert jusqu’à la révolution française. Dans le cours de ces cent trente années tous deux ont jeté une splendeur qui a causé l’admiration de l’humanité.

L’intérêt que le monde entier prend à l’examen des maximes d’économie politique qui ont dirigé leurs gouvernements est proportionné à la puissance, à la richesse et aux ressources de ces nations. Ce n’est certainement pas une recherche de peu d’importance que celle de déterminer jusqu’à quel point l’influence de ces systèmes économiques s’est fait sentir dans l’agriculture, l’industrie, le commerce, la prospérité publique. On a publié tant de livres sur ces sujets, considérés au point de vue de la théorie, que peut-être ne regardera-t-on point comme perdu le temps consacré à les reprendre sous leur aspect pratique. Les observations que j’ai faites il y a quelques années en Angleterre et en Irlande, et dont j’ai publié le résultat sous le titre de Tours, étaient un pas, dans cette voie qui mène à la connaissance exacte de l’état de notre agriculture.

La puissance, les ressources de la France, bien que mises à une dure épreuve, se sont montrées formidables à l’Europe. Jusqu’à quel point cette puissance, ces ressources s’appuyaient-elles sur la base inébranlable d’une agriculture éclairée, sur le terrain plus trompeur du commerce et de l’industrie ?

Jusqu’à quel point la richesse, le pouvoir, l’éclat extérieur, quelle qu’en fût la source, ont-ils répandu sur la nation le bien-être qu’ils semblaient indiquer ?

L’homme dont les connaissances en agriculture ne sont que superficielles ignore la conduite à suivre dans de telles investigations : à peine peut-il faire une différence entre les causes qui précipitent un peuple dans la misère et celles qui le conduisent au bonheur. Quiconque se sera occupé de ces études ne traitera pas mon assertion de paradoxe. Le cultivateur qui n’est que cultivateur ne saisit pas, au milieu de ses voyages, les relations qui unissent les pratiques agricoles à la prospérité nationale, des faits en apparence insignifiants à l’intérêt de l’État ; relations suffisantes pour changer, en quelques cas, des champs fertiles en déserts, une culture intelligente en source de faiblesse pour le Royaume. Ni l’un ni l’autre de ces hommes spéciaux ne s’entendra en pareille matière ; il faut, pour y arriver, réunir leurs deux aptitudes à un esprit libre de tous préjugés, surtout des préjugés nationaux, de tous systèmes, de toutes ces vaines théories qui ne se trouvent que dans le cabinet de travail des rêveurs.

Dieu me garde de me croire si heureusement doué ! Je ne sais que trop le contraire. Pour entreprendre une œuvre aussi difficile je ne me fonde que sur l’accueil favorable obtenu par mon rapport sur l’agriculture anglaise. Une expérience de vingt ans, acquise depuis que ces essais ont paru, me fait croire que je ne suis pas moins préparé à les tenter de nouveau que je ne l’étais alors. Il y a plus d’intérêt à connaître ce qu’était la France, maintenant que des nuages qui, il y a quatre ou cinq ans, obscurcissaient son ciel politique a éclaté un orage si terrible. C’eût été un juste sujet d’étonnement si, entre la naissance de la monarchie en France et sa chute, ce pays n’avait pas été examiné spécialement au point de vue de l’agriculture.

La révolution française était un sujet difficile, périlleux à traiter ; mais on ne pouvait la passer sous silence. J’espère que les détails que je donne et les réflexions que je hasarde seront reçus avec bienveillance. Je me suis tenu si éloigné des extrêmes que c’est à peine si je puis espérer quelques approbations ; mais je m’appliquerai, à cette occasion, les paroles de Swift : J’ai, ainsi que les autres discoureurs, l’ambition de prétendre à ce que tous les partis me donnent raison ; mais, si j’y dois renoncer, je demanderai alors que tous me donnent tort ; je me croirais par là pleinement justifié, et ce me serait une assurance de penser que je me suis au moins montré impartial et que peut-être j’ai atteint la vérité« .

Partie 2. 19 au 24 juillet 1789, de Saverne à Sélestat en passant par Strasbourg. Source : extraits de Voyages en France.

« 19 juillet.  Saverne (Alsace). Le pays continue le même jusqu’à Phalsbourg, petite ville fortifiée sur les frontières. Les Alsaciennes portent toutes des chapeaux de paille aussi grands qu’en Angleterre ; ils abritent la figure et devraient abriter quelques jolies filles, mais je n’en ai pas encore vu une. Il y a, en sortant de Phalsbourg, des huttes misérables qui ont cependant et cheminées et fenêtres ; mais les habitants paraissent des plus pauvres. Depuis cette ville jusqu’à Saverne ce n’est qu’une montagne avec des futaies de chênes ; la descente est rapide, la route en zigzags.

A Saverne, je pus me croire vraiment en Allemagne : depuis deux jours le changement se faisait bien sentir ; mais ici, il n’y a pas une personne sur cent qui sache un mot de français. Les appartements sont chauffés par des poêles ; le fourneau de cuisine a trois ou quatre pieds de haut, plusieurs détails semblables montrent qu’on est chez un autre peuple. L’examen d’une carte de France et la lecture des historiens de Louis XIV ne m’avaient pas fait comprendre la conquête de l’Alsace comme le fit ce voyage. Franchir une haute chaîne de montagnes, entrer dans une plaine, qu’habite un peuple séparé des Français par ses idées, son langage, ses mœurs, ses préjugés, ses habitudes, cela me donna de l’injustice d’une telle politique une idée bien plus frappante que tout ce que j’avais lu, tant l’autorité des faits surpasse celle des paroles.

20 juillet. Arrivé à Strasbourg, en traversant une des plus belles scènes de fertilité et de bonne culture que l’on puisse voir en France ; elle n’a de rivale que la Flandre, qui la surpasse cependant. Mon entrée à un moment critique pensa me faire casser le cou ; un détachement de cavalerie sonnant ses trompettes d’un côté, un autre d’infanterie battant ses tambours de l’autre, et les acclamations de la foule, effrayèrent tellement ma jument française, que j’eus peine à l’empêcher de fouler aux pieds Messieurs du tiers état.

En arrivant à l’hôtel, j’ai appris les nouvelles intéressantes de la révolte de Paris : la réunion des gardes françaises au peuple, le peu de confiance qu’inspiraient les autres troupes, la prise de la Bastille, l’institution de la milice bourgeoise, en un mot le renversement complet de l’ancien gouvernement. Tout étant décidé à cette heure, le royaume entièrement aux mains de l’Assemblée, elle peut procéder comme elle l’entend à une nouvelle constitution ; ce sera un grand spectacle pour le monde à contempler dans ce siècle de lumières, que les représentants de vingt-cinq millions d’hommes, délibérant sur la formation d’un édifice de libertés comme l’Europe n’en connaît pas encore.

Nous verrons maintenant s’ils copieront la constitution anglaise en la corrigeant, ou si, emportés par les théories, ils ne feront qu’une œuvre de spéculation : dans le premier cas, leurs travaux seront un bienfait pour la France ; dans le second, ils la jetteront dans les désordres inextricables des guerres civiles, qui, pour se faire attendre, n’en viendront pas moins sûrement. On ne dit pas qu’ils s’éloignent de Versailles ; en y restant sous le contrôle d’une foule armée, il faudra qu’ils travaillent pour elle ; j’espère donc qu’ils se rendront dans quelque ville du centre, Tours, Blois ou Orléans, afin que leurs délibérations soient libres. Mais Paris propage son esprit de révolte, il est ici déjà : ces troupes qui ont manqué me jouer un si mauvais tour sont placées pour surveiller le peuple, que l’on soupçonne. On a déjà brisé les vitres de quelques magistrats peu aimés, et une grande foule est assemblée qui demande à grands cris la viande à 5 sols la livre. Il y a parmi eux un cri qui les mènent loin : Point d’impôts et vivent les états

Visité M. Hermann, professeur d’histoire naturelle en cette université, pour lequel j’avais des lettres. Il a répondu à quelques-unes de mes questions, m’adressant pour les autres à M. Zimmer, qui, ayant pratiqué l’agriculture un peu de temps, s’y entendait assez pour donner de bons renseignements ».

Pour aller plus loin, chronique du blog : Hermann, Hoffmann, Lalique

« Vu les édifices publics et traversé le Rhin pour entrer un peu en Allemagne ; mais rien ne marque que l’on change de pays ; l’Alsace est allemande ; c’est à la descente des montagnes que ce passage se fait.

La cathédrale a un bel aspect extérieur ; le clocher, si remarquable par sa beauté, sa légèreté et son élévation (c’est un des plus hauts de l’Europe), domine une plaine riche et magnifique, au milieu de laquelle le Rhin, grâce à ses nombreuses îles, ressemble plutôt à une suite de lacs qu’à un fleuve.Je suis très embarrassé à cause de mon voyage à Carlsruhe, résidence du margrave de Bade : il y a longtemps que je m’étais promis de le faire, si jamais j’en venais à cent milles ; la réputation du margrave m’aurait fait désirer d’y aller. Il a établi dans une de ses grandes fermes M. Taylor de Bifrons en Kent, et les économistes dans leurs écrits parlent beaucoup d’une expérience entreprise selon leurs plans physiocratiques, qui, quelque absurdes qu’en fussent les principes, montrait beaucoup de mérite chez ce prince.

M. Hermann m’a dit aussi qu’il a envoyé une personne en Espagne pour acheter des béliers afin d’améliorer la laine j’aurais souhaité que ce fût quelqu’un qui s’y entendît ce qu’il ne faut guère attendre d’un professeur de botanique. Ce botaniste est la seule personne que M. Hermann connaisse à Carlsruhe ; il ne peut, par suite, me donner de recommandation, et M. Taylor ayant quitté le pays, il me paraît impossible à moi, inconnu de tout le monde, de m’aventurer dans la résidence d’un prince souverain.

21 juillet. J’ai passé une partie de ma matinée au cabinet littéraire à lire dans les gazettes et les journaux les détails sur les affaires de Paris ; je me suis aussi entretenu, avec quelques personnes sensées et intelligentes, sur la révolution présente.

L’esprit de rébellion a éclaté dans diverses parties du royaume, partout la disette a préparé le peuple à toutes les violences : à Lyon, il y a eu d’aussi furieux mouvements qu’à Paris ; dans plusieurs autres villes, il en est de même ; le Dauphiné est en armes, la Bretagne ouvertement soulevée. On croit que la faim poussera les masses aux excès et qu’il en faut tout craindre, au moment où elles découvriront d’autres moyens de subsistance qu’un travail honnête. Voilà de quelle conséquence il est pour chaque pays, comme pour tous, d’avoir une saine législation sur les grains, législation assurant au cultivateur des prix assez élevés pour l’encourager à s’attacher à cette culture, et préservant par là le peuple des famines. Je suis fixé quant à Carlsruhe ; le margrave étant à Saw (Spa), je n’ai plus à m’en préoccuper.

Le soir. J’ai assisté à une scène curieuse pour un étranger, mais terrible pour les Français qui y réfléchiront. En traversant la place de l’Hôtel-de-Ville, j’ai trouvé la foule qui en criblait les fenêtres de pierres, malgré la présence d’un piquet de cavalerie. La voyant à chaque minute plus nombreuse et plus hardie, je crus intéressant de rester pour voir où cela en viendrait, et grimpai sur le toit d’échoppes situées en face de l’édifice, objet de sa rage. C’était une place très commode. Voyant que la troupe ne répondait qu’en paroles, les perturbateurs prirent de l’audace et essayèrent de faire voler la porte en éclats avec des pinces en fer, tandis que d’autres appliquaient des échelles d’escalade. Après un quart d’heure, qui permit aux magistrats de s’enfuir par les portes de derrière, la populace enfonça tout et se précipita à l’intérieur comme un torrent, aux acclamations des spectateurs ».

Pour aller plus loin, chronique du 23 mars 2022. Strasbourg. Le Sac du NeuBau (1789)

« Dès ce moment, ce fut une pluie de fenêtres, de volets, de chaises, de tables, de sofas, de livres, de papiers, etc., etc., par toutes les ouvertures du palais, qui a de soixante-dix à quatre-vingts pieds de façade ; il s’ensuivit une autre de tuiles, de planches, de balcons, de pièces de charpente, enfin de tout ce qui peut s’enlever de force dans un bâtiment. Les troupes, tant à pied qu’à cheval, restèrent impassibles. D’abord, elles n’étaient pas assez nombreuses pour intervenir avec succès ; plus tard, quand elles furent renforcées, le mal était trop grand pour qu’on pût faire autre chose que garder les approches sans permettre à personne de s’avancer, mais en laissant se retirer ceux qui le voulaient avec leur butin. On rejetait la faute sur le général Klinglin, qui n’avait pas voulu l’empêcher : son émigration semble le prouver ».

Commentaires fermés sur Juillet 1789. En voyage à Strasbourg

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1774. 47 évènements, 15 chroniques

Chroniques d’Histoires d’universités sur le 18ème siècle. Pour chaque année : L’Europe, alliances et rapports de force entre les nations européennes, chroniques du blog illustrant l’année, évènements (rangés selon le mois et le jour).

Partie 1. 1774. L’Europe : quelles alliances et quels rapports de force entre les nations ?

Dans la seconde partie de 1774, il n’y a pas de guerre en Europe.

Début juillet, offensive russe dans les Balkans. L’armée passe le Danube et coupe aux Ottomans toute communication avec Varna. Le 21 juillet : le traité de Kutchuk-Kaïnardji met fin à la guerre russo-turque. La Russie a atteint ses objectifs : extension vers les mers du sud de l’Europe.

France. En mai1774, Louis XV meurt à l’âge de 64 ans ; il avait osé confier la réforme de la Justice à Maupeou et exilé les membres du Parlement de Paris.

Le jeune duc de Berry, un de ses petits-fils, savait qu’il allait devoir régner. Il devient roi sous le nom de Louis XVI. Il a 20 ans et n’a pas envie de s’imposer ; il laisse diriger Maurepas et donne sa confiance à Turgot jusqu’en 1776. En 1770, par le mariage du futur roi avec Marie-Antoinette, la France s’est alliée à l’Autriche contre l’Angleterre. Mais elle n’est pas en guerre.

En 1774, l’Angleterre n’est pas en guerre non plus. Cook poursuit son exploration maritime lointaine. Accentuation des troubles dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord. Angleterre et France vont bientôt s’affronter dans la guerre d’indépendance des États-Unis (19 avril 1775), traité de paix : (3 septembre 1783).

1774. La Prusse continue de se faire une place reconnue dans le concert des nations européennes. Elle  n’est pas en guerre, mais elle poursuit son extension vers l’Ouest par une alliance matrimoniale avec la famille régnante des Pays-Bas.

1774. La Pologne tente une réforme institutionnelle de type monarchie constitutionnelle. Ces réformes provoquent un regroupement des magnats contre l’autorité royale. Cf. Partie 2, avril.

1774. L’Espagne a pour roi Charles III de 1759 à 1788. Sous son règne, en 1774, est menée une expédition contre le Maroc. L’Espagne n’intervient que tardivement dans la guerre de l’Indépendance des États-Unis d’Amérique (1779-1783), espérant reprendre aux Anglais Gibraltar.

L’Espagne et la Suède n’ont plus l’influence qu’elles avaient en Europe un siècle plus tôt.

Partie 2. 1774 dans 15 chroniques du blog

La médecine des années 1774-1792. La médecine sous le règne de Louis XVI. Chronique du 13 février 2021.

1757-1774. Du Collège royal au Séminaire. 1757-1759. Le nouveau Collège Royal, devenu le Lycée public Fustel de Coulanges en 1919. 1772-1774. L’expulsion des Jésuites en 1762 et les projets urbains du prêteur royal Gayot l’année suivante différèrent la construction du séminaire, réalisé en 1772-1774 par l’architecte parisien François-Simon Houlié. Chronique du 17 juin 2020. 

1772-1775. Samuel Werner est architecte de la ville de Strasbourg depuis 1770. Il fait construire la Maison des Orphelins entre 1772 et 1775, date de sa mort. Cette Maison  deviendra le siège de l’Académie (appellation de l’université) à partir de 1824. Aujourd’hui ce bel édifice néo-classique du 18ème accueille le Lycée professionnel Jean-Frédéric Oberlin. Album de 16 photos. Chronique du 22 mai 2021.

1765-1774. Catafalques royaux commémorant la mort, en 1765, de Monseigneur le Dauphin, Louis de France, fils de Louis XV et de Marie Leszczynska. Chronique du 2 novembre 2021.

Goethe. 25 ans en 1774. Goethe (1749-1832) est né à Francfort. Il commence son droit à Leipzig en 1765 et obtient sa licence à Strasbourg en 1771 à l’âge de 22 ans. Il publie Les souffrances du jeune Werther en 1774. Chronique du 15 juin 2021.

1769-1774. Terray aux Finances. Combien de Contrôleurs généraux des finances au 18ème siècle ? Trente et un. Le contrôleur général est le responsable ministériel des finances royales en France, après la suppression de la charge de surintendant. Chronique du 2 mars 2022.

1774-1778. Voltaire se meurt. François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778). Correspondance secrète entre Voltaire, D’Alembert, Condorcet : 150 lettres entre 1770 et 1778. Chronique du 2 septembre 2022.

1768-1774. Louis XV et son Ange, Madame Du Barry. Chronique du 9 décembre 2021.

Louis XV meurt le 10 mai 1774 à Versailles. Chronique du 10 décembre 2021.

1774. Lassone, médecin du Roi. Après la mort de Louis XV, il devient médecin de Marie-Antoinette et du Roi Louis XVI. Chronique du 16 novembre 2020.

1774. Claude Bourgelat fonde l’hippiatrique. Durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle, quatorze écoles vétérinaires ont vu le jour en Europe. 1774 (3 juin) : l’institution délivre le diplôme de Privilégié du Roi en l’art vétérinaire. Bourgelat a également soin de mettre en scène l’utilité de ses protégés. Dès qu’une épizootie se déclare, il dépêche ses élèves sur le terrain pour y mettre en place les mesures qui s’imposent. Chronique du 30 avril 2022.

1774-1776. Turgot, contrôleur général des finances. Après l’avènement de Louis XVI, Turgot, alors intendant du Limousin, est nommé ministre de la Marine en juillet. Un mois plus tard, il est nommé contrôleur général des finances (1774 à 1776). Ses mesures pour tenter de réduire dans le long terme la dette nationale (pas de banqueroute, pas d’augmentation de la taxation, pas d’emprunt) et d’améliorer la vie du peuple n’ont pas porté leur fruit, et furent révoquées par son successeur.

C’est en tant que Contrôleur général des finances de Louis XVI que Turgot est confronté à une épizootie bovine. Chronique du 2 novembre 2020.

1774. Le commerce des grains  Deux chroniques. 1. La libéralisation du commerce des grains (1774) : Mably contre Turgot 2. La guerre du blé (1775). Chronique du 23 mars 2022.

1774. Soufflot, École de droit. Soufflot, architecte de l’École de droit de Paris, construite de 1771 à 1773, ouverte en 1774 et inaugurée en 1783. Chronique du 13 décembre 2020.

Partie 3. 1774, au jour le jour. Sources. Khronobase 1974. Articles de Wikipédia (ici et ici).

21 janvier. Mort du Sultan ottoman Mustafa III, auquel succède son frère Abdülhamid Ier (fin du règne en 1789).

28 janvier. Le duc d’Aiguillon devient secrétaire d’État de la guerre.

30 mars. Un arrêt du Conseil consacre la partition de la bourse du commerce en bourse des marchandises et en bourse des valeurs. Création de la criée et du parquet à la Bourse de Paris. Les cours doivent désormais être obligatoirement criés, afin d’améliorer la transparence des opérations.

31 mars. Boston Port Act qui ferme le port de Boston jusqu’à que la compagnie des Indes Orientales et les douanes aient reçu compensation sur les pertes subies.

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Princes de Nassau au 18ème siècle

Les princes de Nassau au 18ème siècle. Suite des chroniques d’Histoires d’universités sur le 18ème siècle.

Diaporama de 34 photos (Sarrebruck, Musée d’Art ancien et Musée Historique).

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« Nassau a été fondée par les Anglais, en provenance de l’île d’Eleuthera vers la fin du XVII e siècle sous le nom de Charles Town. Détruite par les Espagnols en 1684, elle fut reconstruite et renommée Nassau en l’honneur de Guillaume III d’Orange-Nassau en 1695.

Le Nassau-Sarrebruck est un état impérial de la Haute-Lorraine, dont la capitale est Sarrebruck. À partir de 1381, le comté de Sarrebruck appartient à la branche Walram de la maison de Nassau« .

Les différentes maisons de Nassau. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« A  la fin de la guerre de Trente Ans, en 1651, trois comtés sont établis : Nassau-Idstein, Nassau-Weilbourg et Nassau-Sarrebruck.

En 1728, Nassau-Sarrebruck est unie à Nassau-Usingen, qui hérite de Nassau-Ottweiler et de Nassau-Idstein.

En 1735, Nassau-Usingen est à nouveau divisé en Nassau-Usingen et Nassau-Sarrebruck ».

De 1741 à 1794, deux princes de Nassau-Sarrebruck se succèdent au pouvoir, Guillaume Henri (de 1741 à 1768) et Louis (de 1768 à 1794). Jean-Adolphe de Nassau-Usingen aurait dû lui succéder, mais il est mort en… 1793.

Partie 1. Guillaume Henri (né le  6 mars 1718 à Usingen) est  prince de Nassau-Sarrebruck de 1741 jusqu’à sa mort en juillet 1768. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Cinquième fils de Guillaume de Nassau-Usingen et de la princesse Charlotte de Nassau-Dillenbourg. Son père est décédé quelques semaines avant sa naissance. Sa mère est tutrice et régente jusqu’à sa mort en 1738. Elle fournit une éducation complète à son fils dans la foi calviniste. En 1730 et 1731, lui et son frère sont inscrits à l’Université de Strasbourg. Il a probablement aussi étudié pendant un certain temps à l’Université de Genève, qui est populaire parmi les étudiants réformés. Son Grand Tour l’amène à la cour de Louis XV.

En 1741, les frères décident de partager leur héritage. Charles reçoit Nassau-Usingen sur la rive droite du Rhin. Guillaume Henri reçoit Nassau-Sarrebruck sur la rive gauche. À l’époque, Nassau-Sarrebruck mesure environ 12 miles carrés et il a 22 000 habitants. Cela fait d’elle l’une des plus petites principautés dans le Saint-Empire romain germanique

Peu de temps après son accession au pouvoir, il participe avec son régiment Royal-Allemand à la Guerre de Succession d’Autriche. En 1742, il vend son régiment au landgrave de Hesse-Darmstadt, lors de son séjour à Francfort à l’occasion du couronnement de Charles VII. Au cours de cette visite, il rencontre la princesse Sophie d’Erbach, sa future épouse.

Plus tard, il prend part à la Guerre de Sept Ans, à nouveau avec ses propres troupes, le régiment de Nassau-Saarbrück. Il a une relation étroite avec la France, son grand voisin. Il voyage à Paris, où il reçoit les honneurs militaires, dont une promotion comme maréchal.

Guillaume Henri réforme l’administration et la justice. Il prend des mesures pour normaliser les taxes et introduit un cadastre moderne sur le modèle autrichien. Il favorise les méthodes modernes d’agriculture, comme la pomme de terre, et de lutte antiparasitaire. Il est impliqué dans l’extraction de charbon et de fer de fonte. Il nationalise les mines et loue les forges à des entrepreneurs tels que le Cerf Beer. Il jette les bases pour une économie proto-industrielle, qui va devenir le pays hautement industrialisé de la Sarre. En dépit de l’augmentation des revenus, sa situation financière ne s’améliore pas, en raison du niveau élevé des dépenses sur les activités de construction.

Guillaume Henri et ses princes contemporains insistent sur les principes éclairés de réformes juridiques, la poursuite de la relance économique et à l’exercice de la tolérance religieuse, il reste aussi des règles qui interdisent à ses sujets de participer activement au gouvernement, et il essaye de réglementer tous les aspects de la vie avec un immense flot de réglementation, et il réprime durement les protestations sociales.

Lorsque son règne commence, lui et sa famille et quelques familles nobles se déplacent de Usingen à Sarrebruck et il commence à développer sa capitale. La ville est durement touchée par la Guerre de Trente Ans et la Guerre des Réunions. Il remanie et élargit la ville dans un style baroque, en particulier par l’architecte Friedrich Joachim Stengel. Les constructions remarquables de cette période sont le Château de Sarrebruck, la Ludwigskirche et la Basilique Saint-Jean. Il construit un certain nombre de palais et de maisons de ville. L’inconvénient de cette politique est une dette immense, que son fils et successeur, Louis doit traiter ».

Partie 2. Louis (1745-1794) est le dernier prince régnant de Nassau-Sarrebruck. Il règne de 1768 jusqu’à la Révolution française. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Louis, né à Sarrebruck, est le deuxième enfant et le premier fils de Guillaume Henri de Nassau-Sarrebruck et de son épouse la princesse Sophie d’Erbach-Erbach. Comme son père, il fait ses études à l’Université de Strasbourg. Son Grand Tour le conduit en Angleterre (de 1759 à 1766), aux Pays-Bas, en France et en Allemagne.

Le 30 octobre 1766, Louis épouse, au château de Schwarzbourg, Wilhelmine de Schwarzbourg-Rudolstadt (1751-1780). Le mariage est malheureux, et Wihelmine se retire au châteaU de Halberg, où elle élève son fils.

 Le 28 février 1787, il épouse sa servante Katharina Kest (1757-1829). Comme elle est une femme du peuple, Louis la fait comtesse de Ottweiler. De ce Mariage morganatique, il a sept autres enfants.

En 1787, l’Empereur légitime leur mariage. En 1789, Louis XVI de France confère à Catherine le titre de duchesse de Dillange.

Après la mort de son père en 1768, Louis prend les affaires du gouvernement du Comté de Sarrebruck. Il continue largement la politique économique de son père, mais est de plus en plus soumis à des contraintes financières, de sorte qu’il dut hypothéquer la seigneurie de Jugenheim à la principauté de Nassau-Usingen de 1769 à 1777.

En 1770, il demande à l’Empereur Joseph de nommer une commission de la dette, qui est dissoute en 1782. Comme sa situation financière était toujours délicate, Louis déplace le siège de son gouvernement du palais de Sarrebruck à ses petits pavillons de chasse dans les environs.

Malgré cette situation financière, Louis a pu mener à bien certains projets de construction. En 1769, il construit le palais de Ludwigberg et le jardin sur le Malstatter Bahn.

 En 1775, il fait terminer la Ludwigskirche par Friedrich Joachim Stengel, que son père avait initiée.

Il est un despote éclairé. Il publie de nouveaux règlements pour l’agriculture et la sylviculture et réforme le système scolaire. Il réforme également le code pénal et abolit la torture« .

Partie 3. Jean-Adolphe de Nassau-Usingen (1740-1793) est comte de Sarrebruck et de Saarwerden, et Seigneur de Lahr, Wiesbaden et Idstein. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« 1749, Jean-Adolphe part aux Pays-Bas avec ses frères et étudie à l’Université d’Utrecht pendant trois ans.

1752, il rejoint l’armée française. Il atteint le grade de colonel et dirige le régiment d’infanterie von Fersen.

Commentaires fermés sur Princes de Nassau au 18ème siècle

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Bouilleurs de cru au 18ème

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Suite de la chronique d’hier : Fromages du 18ème et d’aujourd’hui. Quatre parties dans cette nouvelle chronique.

Partie 1. Eaux-de vie de cerises. Source : deux photos prises en randonnée (septembre 2022).

« La fabrication d’eaux de vie de cerises a été octroyée, en 1726, à tous les citoyens par le cardinal Armand-Gaston de Rohan dans la partie de son évêché située sur la rive droite du Rhin, en particulier à Oberkirch (Bade-Wurtemberg) ».

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Partie 2. Distiller les cerises à Fougerolles aux XVIIIe et XIXe siècle.  Source : extraits de l’article d’Abdelhak El Mostain dans la Revue d’histoire des techniques, e-Phaïtos, VI-1, 2017-1018.

« Fougerolles est la capitale française du kirsch, une des plus anciennes eaux-de-vie de fruits en France, issue d’un savoir-faire ancestral en matière de distillation et de culture du cerisier et qui bénéficie depuis 2010 de l’Appellation d’Origine Contrôlée. D’abord activité complémentaire de l’agriculture fougerollaise, la production du kirsch s’est semi-industrialisée dès le début du XIXe siècle en faisant émerger de véritables entrepreneurs qui vont marquer le marché des alcools de bouche en France jusqu’au milieu du XXe siècle.

Le développement de la distillation alcoolique à travers le produit phare, le kirsch, est d’abord le résultat du savoir-faire et de la volonté tenace des paysans de ce pays particulier qui, malgré les obstacles, ont apprivoisé le cerisier et se sont lancés dans la production et la commercialisation de l’eau-de-cerise et dont quelques-uns ont joué historiquement, dès la fin du XVIIIe siècle, un rôle de charnière entre le bouilleur de cru traditionnel et le nouvel industriel dont la pratique sera plus lucrative. Enfin, la réussite de l’activité de distillation est la conséquence de l’évolution des techniques de production utilisées allant de la distillation à feu nu jusqu’à la distillation à la vapeur en passant par le procédé de distillation au bain-marie »…

Fougerolles, le pays de la cerise et la capitale du kirsch

Le cerisier, l’eau-de-cerise… et le kirsch

Du paysan-distillateur au distillateur de profession

De la cerise au kirsch : un savoir-faire et des techniques de distillation

De la cueillette des cerises au kirsch

De l’alambic à feu nu à la distillation à la vapeur

L’avènement de la distillation à la vapeur

« Issu de la distillation de deux variétés principales au sein de l’espèce Prunus avium, les merises et les guignes, le kirsch est l’une des plus anciennes eaux-de-vie en France. Reconnu en 2010 appellation d’origine contrôlée, le kirsch de Fougerolles est le premier alcool de fruit à obtenir une AOC en France. Actuellement, l’aire géographique de l’AOC Kirsch de Fougerolles compte plus de 10.000 cerisiers produisant annuellement 500 tonnes de cerises et 35.000 litres d’eau-de-vie. C’est la plus petite zone AOC en France ».

Partie 3. Du schnaps et des bouilleurs de cru et de ce qu’il en reste dans la mémoire alsacienne. Source : extraits de l’article de Paul Eschbach, Revue d’Alsace, 137, 2011, pp. 185-197.

« Inventé en Egypte, il y a plus de deux mille ans, introduit en Europe par les Arabes, l’art de la distillation a été porté en Alsace à un haut degré de raffinement. Il est à l’origine d’une vaste gamme d’eaux-de-vie de fruits dont la fabrication et la consommation ont engendré les rites et les traditions d’un riche folklore. Des abus aussi, que les ligues antialcooliques ont combattus en exigeant la suppression du privilège des bouilleurs de cru. À présent, une vaine campagne ! D’origine fermière ou professionnelle, les eaux-de-vie blanches n’ont plus la cote et les distillateurs alsaciens se mettent eux-mêmes à produire whiskys et vodkas. Au village cependant quelques nostalgiques s’obstinent à maintenir la tradition ».

Un facteur de prospérité : le Brandwinn des Brennherren de Colmar

Les bouilleurs de cru prennent la relève

Passe et repasse

De la rincette matinale au Bethipserle

Boire n’est pas déguster

Ne pas confondre privilège et droit de distiller

Chez nous, écrivait Jean Egen, tous les fruits sont appelés aux béatitudes de l’alambic, et de la quetsche au gratte-cul, ils sont tous élus. Pour nous exprimer plus prosaïquement que l’auteur des Tilleuls de Lautenbach, disons que l’Alsace – et sa sœur la Lorraine – forment la région en Europe où l’on produit la plus grande variété d’eaux‑de‑vie de fruits. Et les meilleures, de surcroît.

Cette particularité a une histoire : elle est née des faveurs d’un terroir, elle a généré des traditions, un folklore, des rites, mais aussi des abus. On serait enclin à dire qu’il y avait une culture de la goutte, ou du schnaps, comme il y a une culture du vin. Au reste, dans un passé plus lointain, et s’agissant plus spécialement de l’Alsace, le vin et l’eau‑de‑vie avaient déjà fait cause commune. Avant de distiller les fruits, c’est du vin – et du vin exclusivement – que l’on tirait en quantités significatives les premières eaux‑de‑vie à vocation alimentaire »…

« Les bouilleurs de cru prennent la relève. 5 500 hectolitres en 1672 et… plus rien un siècle plus tard, à en croire Schoepflin, qui note en 1761 qu’à Colmar, le commerce jadis si florissant des eaux‑de‑vie a complètement cessé. L’Alsace ayant été rattachée à la couronne de France, la perte des débouchés en pays germaniques n’était pas étrangère à ce déclin, mais elle ne l’expliquait pas totalement. Les Brennherren de Colmar avaient certes déserté le Brennbaechlein, mais en d’autres lieux, et plus particulièrement à la campagne, d’autres distillateurs avaient pris le relais. Au fil des temps, l’alambic s’étant banalisé, la distillation avait intégré l’activité propre aux gens de la terre producteurs de la matière première. Une matière première qui ne se limitait dès lors plus au vin, mais qui comprenait aussi les marcs des viticulteurs, puis progressivement les fruits, et pour commencer la cerise ».

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Fromages du 18ème et d’aujourd’hui

Les vacances d’été sont terminées. Place à une nouvelle année de travail, d’école, voire de retraite. Une année avec ses multiples incertitudes climatiques, politiques et économiques. Il me semble pourtant utile de la commencer par le Manger et le Boire et par un Quiz.

Place au Manger d’abord : Fromages du 18ème et d’aujourd’hui.

J’ai eu le très grand plaisir de pouvoir goûter 5 des 25 fromages présentés sur chariot, dans un restaurant du Sud du Bas-Rhin.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Quiz : pour gagner, il faut nommer le maximum de ces 25 fromages et si possible indiquer le nom du restaurant et de son chef

Place au Boire dans la chronique de demain : eaux-de vie de cerises, dont la fabrication a été octroyée, en 1726, à tous les citoyens par le cardinal Armand-Gaston de Rohan dans la partie de son évêché située sur la rive droite du Rhin.

Partie 1. L’Encyclopédie et les Fromages du  XVIIIème siècle. Source : extraits de l’article du blog Androuet.

« L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, éditée de 1751 à 1772 sous la direction de Diderot et D’Alembert décrit longuement les fromages de l’époque, comme par exemple les pâtes cuites type Comté ou Gruyère.

On fait le fromage cuit dans des chaumes construites sur les sommets aplatis des plus hautes montagnes des Vosges pendant tous le temps qu’ils sont accessibles et habitables, c’est-à-dire depuis la fonte des neiges, en Mai jusqu’à la fin Septembre, où les neiges commencent  à couvrir ces montagnes.

Une chaumière destinée au logement des markaires et de leurs vaches, et placé au milieu d’un district affecté pour les pâturages, a donné le nom à ces chaumes. Le terme de Markaire est consacré pour indiquer les pâtres qui ont soin des vaches, et qui préparent le fromage, ainsi que ceux qui sont à la tête de ces établissements économiques. De Markaire on a formé Markairerie, qui signifie également et la chaumière, et la science de faire les fromages cuits. Ces habitations sont composées d’un logement pour les markaires, d’une laiterie et d’une écurie pour les vaches ; le plus souvent la laiterie n’est pas distinguée du logement des markaires, mais il y a toujours à part une petite galerie destinée à placer les fromages qu’on sale sur des tablettes de planche de sapin fort larges.

Le corps de ces constructions est fait de madriers de sapin placés horizontalement les uns sur les autres, et maintenus par de gros piquets. L’intervalle des madriers est rempli de mousse et d’argile, ou scellé de planches : toute cette cage, qui n’a pas plus de sept piés d’élévation, est surmontée par une charpente fort légère en comble, couverte de planches. L’écurie est le plus souvent un bâtiment séparé de l’habitation des markaires ; on a soin au-dessous d’une petite source, telle qu’il s’en trouve fort fréquemment sur ces montagnes élevées. L’eau conservée d’abord dans un réservoir qui domine ces habitations, est conduite par des tuyaux de sapins mis bout-à-bout, dans le logement des markaires, et surtout dans l’écurie…

Dans le logement des markaires, qui est aussi leur laiterie, on remarque d’abord le foyer qui est placé à un des angles du bâtiment sans tuyau de cheminée. Quatre ou cinq assises de granite ou de pierre, de sable disposées en forme circulaire en composent toute la maçonnerie. D’un côté, on aperçoit un baril où l’on conserve du petit-lait aigri, et que l’on tient toujours exposé à l’action modérée du feu ; de l’autre est une potence mobile, à laquelle on suspend une chaudière pleine de lait, qu’on place sur le feu et qu’on retire à volonté ; la forme circulaire du foyer est destinée à recevoir la chaudière ».

Partie 2. Dépassé le chariot de fromage au restaurant ? État des lieux d’une tradition bien française. Source : extraits de l’article de Franck Pinay-Rabaroust, sur le bloc Atabula, mai 2018.

« Lorsqu’au restaurant on présente le menu, les clients sont souvent tentés de sauter l’étape fromages car on peut le manger à la maison. Et pourtant les restaurateurs persistent à les présenter. Leur démarche est créative et pas la même partout. Quelles sont les astuces qui peuvent inciter, après un repas copieux et avant le dessert, à prendre un peu de fromage ? Éléments de réponse de Paris à Nîmes en passant par Reims.

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