Archives de Catégorie: E. Agriculture

Bouilleurs de cru au 18ème

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Suite de la chronique d’hier : Fromages du 18ème et d’aujourd’hui. Quatre parties dans cette nouvelle chronique.

Partie 1. Eaux-de vie de cerises. Source : deux photos prises en randonnée (septembre 2022).

« La fabrication d’eaux de vie de cerises a été octroyée, en 1726, à tous les citoyens par le cardinal Armand-Gaston de Rohan dans la partie de son évêché située sur la rive droite du Rhin, en particulier à Oberkirch (Bade-Wurtemberg) ».

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Partie 2. Distiller les cerises à Fougerolles aux XVIIIe et XIXe siècle.  Source : extraits de l’article d’Abdelhak El Mostain dans la Revue d’histoire des techniques, e-Phaïtos, VI-1, 2017-1018.

« Fougerolles est la capitale française du kirsch, une des plus anciennes eaux-de-vie de fruits en France, issue d’un savoir-faire ancestral en matière de distillation et de culture du cerisier et qui bénéficie depuis 2010 de l’Appellation d’Origine Contrôlée. D’abord activité complémentaire de l’agriculture fougerollaise, la production du kirsch s’est semi-industrialisée dès le début du XIXe siècle en faisant émerger de véritables entrepreneurs qui vont marquer le marché des alcools de bouche en France jusqu’au milieu du XXe siècle.

Le développement de la distillation alcoolique à travers le produit phare, le kirsch, est d’abord le résultat du savoir-faire et de la volonté tenace des paysans de ce pays particulier qui, malgré les obstacles, ont apprivoisé le cerisier et se sont lancés dans la production et la commercialisation de l’eau-de-cerise et dont quelques-uns ont joué historiquement, dès la fin du XVIIIe siècle, un rôle de charnière entre le bouilleur de cru traditionnel et le nouvel industriel dont la pratique sera plus lucrative. Enfin, la réussite de l’activité de distillation est la conséquence de l’évolution des techniques de production utilisées allant de la distillation à feu nu jusqu’à la distillation à la vapeur en passant par le procédé de distillation au bain-marie »…

Fougerolles, le pays de la cerise et la capitale du kirsch

Le cerisier, l’eau-de-cerise… et le kirsch

Du paysan-distillateur au distillateur de profession

De la cerise au kirsch : un savoir-faire et des techniques de distillation

De la cueillette des cerises au kirsch

De l’alambic à feu nu à la distillation à la vapeur

L’avènement de la distillation à la vapeur

« Issu de la distillation de deux variétés principales au sein de l’espèce Prunus avium, les merises et les guignes, le kirsch est l’une des plus anciennes eaux-de-vie en France. Reconnu en 2010 appellation d’origine contrôlée, le kirsch de Fougerolles est le premier alcool de fruit à obtenir une AOC en France. Actuellement, l’aire géographique de l’AOC Kirsch de Fougerolles compte plus de 10.000 cerisiers produisant annuellement 500 tonnes de cerises et 35.000 litres d’eau-de-vie. C’est la plus petite zone AOC en France ».

Partie 3. Du schnaps et des bouilleurs de cru et de ce qu’il en reste dans la mémoire alsacienne. Source : extraits de l’article de Paul Eschbach, Revue d’Alsace, 137, 2011, pp. 185-197.

« Inventé en Egypte, il y a plus de deux mille ans, introduit en Europe par les Arabes, l’art de la distillation a été porté en Alsace à un haut degré de raffinement. Il est à l’origine d’une vaste gamme d’eaux-de-vie de fruits dont la fabrication et la consommation ont engendré les rites et les traditions d’un riche folklore. Des abus aussi, que les ligues antialcooliques ont combattus en exigeant la suppression du privilège des bouilleurs de cru. À présent, une vaine campagne ! D’origine fermière ou professionnelle, les eaux-de-vie blanches n’ont plus la cote et les distillateurs alsaciens se mettent eux-mêmes à produire whiskys et vodkas. Au village cependant quelques nostalgiques s’obstinent à maintenir la tradition ».

Un facteur de prospérité : le Brandwinn des Brennherren de Colmar

Les bouilleurs de cru prennent la relève

Passe et repasse

De la rincette matinale au Bethipserle

Boire n’est pas déguster

Ne pas confondre privilège et droit de distiller

Chez nous, écrivait Jean Egen, tous les fruits sont appelés aux béatitudes de l’alambic, et de la quetsche au gratte-cul, ils sont tous élus. Pour nous exprimer plus prosaïquement que l’auteur des Tilleuls de Lautenbach, disons que l’Alsace – et sa sœur la Lorraine – forment la région en Europe où l’on produit la plus grande variété d’eaux‑de‑vie de fruits. Et les meilleures, de surcroît.

Cette particularité a une histoire : elle est née des faveurs d’un terroir, elle a généré des traditions, un folklore, des rites, mais aussi des abus. On serait enclin à dire qu’il y avait une culture de la goutte, ou du schnaps, comme il y a une culture du vin. Au reste, dans un passé plus lointain, et s’agissant plus spécialement de l’Alsace, le vin et l’eau‑de‑vie avaient déjà fait cause commune. Avant de distiller les fruits, c’est du vin – et du vin exclusivement – que l’on tirait en quantités significatives les premières eaux‑de‑vie à vocation alimentaire »…

« Les bouilleurs de cru prennent la relève. 5 500 hectolitres en 1672 et… plus rien un siècle plus tard, à en croire Schoepflin, qui note en 1761 qu’à Colmar, le commerce jadis si florissant des eaux‑de‑vie a complètement cessé. L’Alsace ayant été rattachée à la couronne de France, la perte des débouchés en pays germaniques n’était pas étrangère à ce déclin, mais elle ne l’expliquait pas totalement. Les Brennherren de Colmar avaient certes déserté le Brennbaechlein, mais en d’autres lieux, et plus particulièrement à la campagne, d’autres distillateurs avaient pris le relais. Au fil des temps, l’alambic s’étant banalisé, la distillation avait intégré l’activité propre aux gens de la terre producteurs de la matière première. Une matière première qui ne se limitait dès lors plus au vin, mais qui comprenait aussi les marcs des viticulteurs, puis progressivement les fruits, et pour commencer la cerise ».

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Fromages du 18ème et d’aujourd’hui

Les vacances d’été sont terminées. Place à une nouvelle année de travail, d’école, voire de retraite. Une année avec ses multiples incertitudes climatiques, politiques et économiques. Il me semble pourtant utile de la commencer par le Manger et le Boire et par un Quiz.

Place au Manger d’abord : Fromages du 18ème et d’aujourd’hui.

J’ai eu le très grand plaisir de pouvoir goûter 5 des 25 fromages présentés sur chariot, dans un restaurant du Sud du Bas-Rhin.

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Quiz : pour gagner, il faut nommer le maximum de ces 25 fromages et si possible indiquer le nom du restaurant et de son chef

Place au Boire dans la chronique de demain : eaux-de vie de cerises, dont la fabrication a été octroyée, en 1726, à tous les citoyens par le cardinal Armand-Gaston de Rohan dans la partie de son évêché située sur la rive droite du Rhin.

Partie 1. L’Encyclopédie et les Fromages du  XVIIIème siècle. Source : extraits de l’article du blog Androuet.

« L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, éditée de 1751 à 1772 sous la direction de Diderot et D’Alembert décrit longuement les fromages de l’époque, comme par exemple les pâtes cuites type Comté ou Gruyère.

On fait le fromage cuit dans des chaumes construites sur les sommets aplatis des plus hautes montagnes des Vosges pendant tous le temps qu’ils sont accessibles et habitables, c’est-à-dire depuis la fonte des neiges, en Mai jusqu’à la fin Septembre, où les neiges commencent  à couvrir ces montagnes.

Une chaumière destinée au logement des markaires et de leurs vaches, et placé au milieu d’un district affecté pour les pâturages, a donné le nom à ces chaumes. Le terme de Markaire est consacré pour indiquer les pâtres qui ont soin des vaches, et qui préparent le fromage, ainsi que ceux qui sont à la tête de ces établissements économiques. De Markaire on a formé Markairerie, qui signifie également et la chaumière, et la science de faire les fromages cuits. Ces habitations sont composées d’un logement pour les markaires, d’une laiterie et d’une écurie pour les vaches ; le plus souvent la laiterie n’est pas distinguée du logement des markaires, mais il y a toujours à part une petite galerie destinée à placer les fromages qu’on sale sur des tablettes de planche de sapin fort larges.

Le corps de ces constructions est fait de madriers de sapin placés horizontalement les uns sur les autres, et maintenus par de gros piquets. L’intervalle des madriers est rempli de mousse et d’argile, ou scellé de planches : toute cette cage, qui n’a pas plus de sept piés d’élévation, est surmontée par une charpente fort légère en comble, couverte de planches. L’écurie est le plus souvent un bâtiment séparé de l’habitation des markaires ; on a soin au-dessous d’une petite source, telle qu’il s’en trouve fort fréquemment sur ces montagnes élevées. L’eau conservée d’abord dans un réservoir qui domine ces habitations, est conduite par des tuyaux de sapins mis bout-à-bout, dans le logement des markaires, et surtout dans l’écurie…

Dans le logement des markaires, qui est aussi leur laiterie, on remarque d’abord le foyer qui est placé à un des angles du bâtiment sans tuyau de cheminée. Quatre ou cinq assises de granite ou de pierre, de sable disposées en forme circulaire en composent toute la maçonnerie. D’un côté, on aperçoit un baril où l’on conserve du petit-lait aigri, et que l’on tient toujours exposé à l’action modérée du feu ; de l’autre est une potence mobile, à laquelle on suspend une chaudière pleine de lait, qu’on place sur le feu et qu’on retire à volonté ; la forme circulaire du foyer est destinée à recevoir la chaudière ».

Partie 2. Dépassé le chariot de fromage au restaurant ? État des lieux d’une tradition bien française. Source : extraits de l’article de Franck Pinay-Rabaroust, sur le bloc Atabula, mai 2018.

« Lorsqu’au restaurant on présente le menu, les clients sont souvent tentés de sauter l’étape fromages car on peut le manger à la maison. Et pourtant les restaurateurs persistent à les présenter. Leur démarche est créative et pas la même partout. Quelles sont les astuces qui peuvent inciter, après un repas copieux et avant le dessert, à prendre un peu de fromage ? Éléments de réponse de Paris à Nîmes en passant par Reims.

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L’Abbaye, le Canal, le Champagne

L’abbaye, le canal, le champagne. L’Abbaye est celle de Saint-Pierre d’Hautvillers et de son moine le plus célèbre, Dom Pérignon (1638-1715).

Le canal est celui appelé latéral à la Marne. Il va de Dizy (en banlieue d’Épernay) à Vitry-le-François, en passant par Mareuil sur Ay.

  • Diaporama 1 (26 photos). Jonction entre la Marne et le Canal, photographiée de Hautvillers.
  • Diaporama 2 (17 photos). La Marne et le Canal à Mareuil-sur-Ay.

Le champagne est celui des coteaux de la Montagne de Reims, côté Épernay, et, en particulier, celui de sa principale Maison, Moët & Chandon, fondée en 1743 et détenue aujourd’hui par le groupe de luxe LVMH.

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Partie 1. Le Canal latéral à la Marne

« Il longe la rivière de Vitry-le-François à Dizy. Il est intégralement situé dans le département de la Marne et dessert les villes de Châlons-en-Champagne et Épernay ».

« Il mesure 67 kilomètres et comprend 15 écluses au gabarit Freycinet (39 m sur 5,10). Il a été ouvert au cours de la première moitié du XIXᵉ siècle.

Le canal a pour particularité de ne pas avoir de courant. Découpé en biefs, il  peut avoir des populations piscicoles différentes et variables suivant l’époque ou l’année. En effet, les carpes peuvent changer de biefs par les écluses ».

Propriété de l’État, le canal est géré par Voies navigables de France« .

Le Canal latéral : un film, un polar.

« C’est probablement l’écluse no 10, Juvigny (Marne), à quelques kilomètres en aval de Châlons-sur-Marne, qui est le lieu réel de la seconde partie de l’action du film de Jean Delannoy Le Baron de l’écluse, en 1960 avec Jean Gabin et Micheline Presle.

L’intrigue du livre Le Charretier de la Providence, deuxième roman de Georges Simenon de la Série des Commissaires Maigret se déroule le long du canal latéral à la Marne. L’histoire débute en effet par un meurtre à Dizy et se termine à Vitry-le-François, d’un bout à l’autre du canal que l’inspecteur Maigret parcourt totalement à vélo afin de résoudre le crime ».

Partie 2. L’Abbaye Saint-Pierre d’Hautvillers

« L’abbaye est fondée en 650 par saint Nivard, archevêque de Reims. D’après la légende, c’est une colombe qui lui aurait indiqué le lieu où édifier l’abbaye suivant la règle de saint Benoît et saint Colomban. Sous les Carolingiens, l’abbaye acquiert un rayonnement important, notamment grâce à ses manuscrits comme l’évangéliaire d’Ebbon et peut-être le psautier d’Utrecht.

« Saint Rieul y embrassa la vie monastique en 662 avant de succéder à saint Nivard en 669. Le monastère possédait la relique du corps de sainte Hélène volée à Rome en 841 par un prêtre de Reims, ce qui développa un important pèlerinage et des revenus qui lui permirent d’acquérir des terres et des vignobles de champagne (40 hectares). Cette abbaye était florissante jusqu’à la baisse à six religieux en 1634. Ce nombre remontait à vingt-quatre en 1689″.

Partie 3. Pierre Pérignon, dit dom Pérignon, « né à Sainte-Menehould en décembre 1638 ou janvier 1639 et mort dans l’abbaye Saint-Pierre d’Hautvillers le 24 septembre 1715, est un moine bénédictin qui, selon la légende, a importé de Limoux la méthode de la prise de mousse du vin dite méthode champenoise — il est de ce fait considéré comme l’inventeur du champagne. Presque exactement contemporain de Louis XIV, il n’était ni vigneron ni alchimiste. Au monastère d’Hautvillers, près d’Épernay, il assurait le contrôle des vignes et des pressoirs de l’abbaye. Son apport à la méthode était d’assortir avant de les pressurer des raisins de diverses origines.

En 1668, alors âgé de trente ans, il rejoint l’abbaye Saint-Pierre d’Hautvillers où, jusqu’à sa mort en 1715, il y tient la charge de procureur (cellérier-intendant), une charge de la plus haute importance à une époque où les monastères possèdent de vastes domaines d’où ils tirent toutes sortes de produits destinés à la vente. Et qui, surtout, lui donne la haute main sur les vignes et les pressoirs de l’abbaye.

C’est la connaissance du bon effet que produisent les raisins de trois ou quatre vignes de différentes qualités qui a porté à la perfection les fameux vins de Sillery, d’Ay et d’Hautvillers.

Il est enterré devant le chœur de l’église abbatiale de Hautvillers, aux côtés du prieur Dom Royer ».

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Louis Pasteur, 30 ans en 1852

« En 2022, le monde célèbre le bicentenaire de la naissance de Louis Pasteur. Le découvreur du vaccin contre la rage et de la pasteurisation est né à Dole dans le Jura, le 27 décembre 1822.

Quiz du week-end : page 2 de cette chronique.

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Pasteur a toujours montré un attachement profond pour le Jura : en 1826, la famille s’installe à Marnoz ; en 1827, elle déménage à Arbois ; en 1831, Louis y entre au petit collège et y étudie jusqu’en 1838.

La maison natale de Pasteur est aujourd’hui un musée aux collections riches et bien mises en valeur. Diaporama de 36 photos (juin 2022).

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1775. La guerre du blé

Suite de la chronique 1774. Le Commerce des grains. Partie 2. La guerre du blé (avril-mai 1775).

Source 1. La guerre des farines, in Les essentiels de Gallica BNF.

« Suite à de mauvaises récoltes de blé, certaines régions françaises souffrent d’une véritable famine, tandis que d’autres, mieux approvisionnées, sont épargnées. En 1774, Turgot provoque une flambée des prix du pain et une disette généralisée en libéralisant le commerce des grains.

C’est l’agitation sur les lieux de distribution des farines, et la révolte gronde contre les commerçants spéculateurs. Une vague d’émeutes, appelée la « guerre des farines », a lieu dans la moitié nord du royaume en avril et mai 1775 : pillages, attaques de dépôts et de boulangeries, entrave des axes fluviaux et routiers. Marchands et fermiers sont généralement visés, mais aussi les représentants directs du pouvoir, meuniers affairistes ou conseillers aux parlements.

Signe avant-coureur de la Révolution, ces émeutes seront finalement enrayées par l’intervention massive des soldats du roi. L’ordre est rétabli par un contrôle des prix du blé et par l’organisation d’un approvisionnement des provinces en difficulté ».

Le Fermier brûlé ou la famille pauvre par François Philippe Charpentier (1734-1817). graveur, BnF, département des Estampes et de la Photographie.

Source 2. La guerre des farines. Larges extraits de l’article de Wikipédia.

« La guerre des farines (l’expression, contemporaine des événements, fut retenue par l’historiographie) désigne une vague d’émeutes survenues d’avril à mai 1775 dans les parties nord, est et ouest du royaume de France. Elle fait suite à une hausse des prix des céréales et consécutivement du pain, supposément du fait de la suppression de la police des grains royale, et des mauvaises récoltes des étés 1773 et 1774. Cette révolte singulière par son échelle fut réglée par un contrôle des prix du blé (avant le retour de l’abondance) et l’intervention de la troupe.

À travers la révolte frumentaire de l’Ancien Régime, se manifeste une crise sociale et politique. Ainsi, ces événements peuvent se lire comme une réaction envers l’édit de Turgot, qui rétablit la libéralisation du commerce des grains sous l’Ancien Régime le 13 septembre 1774 : en effet, cette libéralisation apparaît comme contraire à l’économie morale, rupture par rapport au principe qui exige du roi de veiller à la sécurité de ses sujets et à leur approvisionnement en denrées.

Des analyses récentes tendent à voir cet événement non pas seulement comme une révolte de la faim, mais également comme un prélude à la Révolution française. La guerre des farines peut être considérée, à ce titre, comme un événement prérévolutionnaire ou comme un signe avant-coureur de la Révolution. La guerre dite des farines s’inscrirait dans un mouvement frumentaire plus ancien, et annoncerait les révoltes frumentaires de l’An II ».

La guerre du blé au XVIIIe siècle. La critique populaire de la liberté économique. Florence Gauthier et Guy-Robert Ikni (eds), éditions Kimé, mai 2019, 332 pages.

Causes et étapes de la violence frumentaire

« Lors de la soudure du printemps 1775, les réserves de céréales s’épuisent alors que les nouvelles récoltes ne sont pas encore arrivées. Au printemps 1775, la disette se manifeste dans ce contexte nouveau : avant l’édit de Turgot, chaque région aurait fait face à sa propre pénurie, de sorte que certaines auraient souffert d’une véritable famine tandis que d’autres auraient été totalement épargnées et approvisionnées à des prix stables ; une intervention royale aurait été demandée, et sans doute obtenue, pour assurer l’approvisionnement des régions les plus touchées.

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1774. Le commerce des grains 

Deux chroniques successives.

  • 1. La libéralisation du commerce des grains (1774) : Mably contre Turgot
  • 2. La guerre du blé (1775). Cliquer ici.

23 mars 2022. La sécurité alimentaire est en jeu en Ukraine. France Culture, Le Journal, 12 minutes. « Reportage dans la principale usine de farine de Kiev, qui tourne encore, près d’un mois après le début de l’invasion russe ». Elle traite 450 tonnes de farine par jour. Comment serait qualifié un  bombardement pour arrêter la production de l’usine au prix de morts civils ?

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Partie 1. La libéralisation du commerce des grains sous Louis XV et Louis XVI

Source 1. Louis-Paul Abeille (1719-1807), Principes sur la liberté du commerce des grains, 1768. Gallica BNF.

Source 2. L’édit de Turgot du 13 septembre 1774. Extraits de l’article de Wikipédia sur La libéralisation du commerce des grains sous l’Ancien Régime.

« La libéralisation du commerce des grains sous l’Ancien Régime est une politique économique menée en France à partir de 1763 qui visait la libre circulation des denrées. Aboutissement politique du développement de la pensée des Physiocrates, c’est l’une des premières tentatives de libéralisation de l’économie française, comparable à celles menées en Angleterre, en Espagne ou en Toscane à la même époque ».

Louis XV meut le 10 mai 1774 ; Louis XVI lui succède. « Turgot, proche des physiocrates, est nommé ministre des finances. Son édit du 13 septembre 1774, peu à peu complété par d’autres arrêts, restaure la déclaration de 1763. La liberté du commerce des grains devient quasi complète à l’intérieur du royaume, et il est en projet de restaurer jusqu’à l’édit de 1764 autorisant l’exportation ».

« Le raisonnement est simple : les années ou les régions qui auront connu de bonnes récoltes permettront de créer des réserves qui seront utiles dans les mauvaises années ou aux régions dont la récolte aura été insuffisante. Le stockage et le transport sont donc encouragés, contre l’avis des réglementaristes, qui veulent lutter contre l’accaparement et la spéculation…

De l’expérience menée par Choiseul, Turgot a retenu qu’il est indispensable d’anticiper une éventuelle disette en cas de mauvaise récolte et de cherté des produits céréaliers. Si la situation l’exige, l’État organisera donc des ateliers de charité, grâce auxquels les ouvriers qui auront perdu leur travail, faute de grains à broyer, trier ou nettoyer, pourront, même avec un salaire modeste, continuer à se nourrir et à acheter, ce qui évitera les troubles publics et l’arrêt ou le ralentissement brutal de l’économie. Ces ateliers sont pour Turgot non pas une forme d’assistance humanitaire conçue isolément, mais un des instruments de la politique céréalière…

Le stockage et le transport des grains doivent, dans l’esprit du ministre, être aussi à l’avantage des producteurs. Les profits de ces derniers diminuent en effet dans deux cas de figure : une très faible production qui entraîne une hausse des prix sans que celle-ci compense celle-là, et une production très élevée, qui entraîne une baisse des prix, sans que celle-là compense celle-ci. Dans le premier cas, les stocks seront mobilisés afin de faire tomber les prix ; dans le second cas, le transport vers les régions souffrant de la pénurie résoudra le problème de la surproduction — que Turgot appelle, par un bel oxymore, la misère de la surabondance, et permettra de vendre un peu plus cher. Les exploitants ont donc un intérêt à réguler leur production et à fixer des tarifs raisonnables.

L’édit de Turgo s’inscrit aussi dans une politique économique globale : production céréalière et prix des grains jouent sur l’évolution des salaires, ces derniers baissant automatiquement dans les deux cas de figure évoqués plus haut. Par la libéralisation du commerce des grains, Turgot ne cherche pas moins qu’à donner à la France les moyens de la prospérité générale ».

Source 3. Un opposant à l’édit de Turgot : Gabriel Bonnot de Mably (1709-1785). Extraits d’un article de Wikipédia.

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Jean-Joseph de Laborde (1724-1794)

Jean-Joseph Laborde, par la suite marquis de Laborde, né près de Jaca en Aragon le 27 janvier 1724 et mort guillotiné à Paris le 18 avril 1794, est un négociant, un banquier et un planteur esclavagiste. Quatre parties dans cette chronique.

Jean-Joseph de Laborde, par Ange Laurent Lalive de Jully

Partie 1. Source : citations et captures de pages, extraites de François d’Ormesson et Jean-Pierre Thomas , Jean-Joseph de Laborde (1724-1794), Banquier de Louis XV, mécène des Lumières et inventeur des jardins de Méréville, Édition Tallandier, septembre 2021, 480 pages.

4ème de couverture. « Encore trop peu connu, le destin de Jean-Joseph de Laborde est fascinant. Ce Béarnais, né en Espagne, placé à dix ans dans une maison de commerce de Bayonne, responsable à vingt ans d’une société internationale, est à trente ans à la tête d’un véritable empire commercial et l’un des hommes les plus riches de France.

Banquier de la Cour, portant sur ses épaules le ministère de Choiseul, finançant presque à lui seul la guerre de Sept Ans et, plus tard, celle d’Amérique, Laborde conseille Louis XV, la haute noblesse et même Voltaire dans la gestion de leurs portefeuilles financiers, tout en manifestant, dans ces diverses opérations, une intégrité sans faille.

Cet Européen avant la lettre s’impose non seulement comme l’un des promoteurs du nouvel urbanisme parisien, mais encore comme un véritable entrepreneur, inventeur des exceptionnels jardins de Méréville et l’un des principaux mécènes privés de son époque. Le couperet de la guillotine met tragiquement fin à sa vie en 1794″.

Extraits : table des matières, pages 11 et 12 : Une puissance venue de presque rien

Partie 2. Source en ligne. Jean-Joseph de Laborde (1724-1794), par Françoise Kermina dans Cairn info, Heurs et malheurs des grands argentiers, 2018, pages 147 à 170.

« La carrière de Jean-Joseph de Laborde commence de manière peu banale : il ne s’écrie pas, comme le fera plus tard le Rastignac de Balzac, A nous deux Paris ! Au contraire, on lui propose en haut lieu de s’installer dans la capitale, et il se fait prier. C’est alors un négociant prospère. Basque d’origine familiale mais né à Jaca en Aragon où son père, un modeste commerçant, avait cherché un meilleur sort, il a fait sa fortune seul, grâce à son intelligence, sa ténacité, son sens aigu des affaires. Il pratique à Bayonne, ville alors très florissante, le Grand commerce, c’est-à-dire le commerce d’exportation, particulièrement avec l’Espagne dont il parle couramment la langue.

Les appuis dont il y dispose auprès d’investisseurs potentiels ont fait de lui aux yeux des ministres du roi le grand argentier idéal, à savoir le personnage le plus apte à drainer des fonds de l’étranger vers le Trésor public. C’est donc un homme à avoir près de soi. Le cardinal de Bernis, Premier ministre, et le contrôleur général des Finances, Tavernier de Boullongne, en sont convaincus et le relancent avec insistance.

Laborde hésite. Pourquoi hésite-t-il devant la chance ? Parce qu’il est très attaché à son empire de Bayonne, et parce qu’il est amoureux de la princesse Léopoldine de Lorraine. Jeune femme mélancolique et fragile, elle fait de fréquentes cures thermales à Bagnères-de-Bigorre où Jean-Joseph l’accompagne. Mais finalement c’est elle qui l’écarte, ils se quittent et il part pour Paris en septembre 1758. Ils ne se reverront plus car elle meurt quelques mois plus tard »…

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La Bière Warsteiner depuis 1753

Bière Warsteiner depuis 1753. Bière ambrée bue en terrasse de la Brasserie Granvelle (Besançon, 26 février 2022). Quatre photos.

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Source 1 : article de Wikipédia

« En l’an 1753, un agriculteur du nom de Konrad Cramer paie pour la première fois la taxe sur la bière. Warsteiner Brauerei Haus Cramer KG est ainsi une histoire de famille depuis des générations de brasseurs et qui se perpétue jusqu’à aujourd’hui.

Mais le véritable essor ne date que de 1884 avec l’arrivée du chemin de fer qui sort la brasserie de son contexte local.

Avec la découverte de la source Kaiserquelle, la brasserie basée à Warstein en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, se concentre à partir de 1928 sur la production de Pils.

Avec une capacité de brassage de plus de 100 000 hectolitres par an, Warsteiner se place dès 1960 parmi les plus grandes brasseries allemandes. Avec plus de 2 millions d’hectolitres produits en 1984, Warsteiner devient la troisième plus grande marque de bière allemande ».

Source 2 : article de The Beer Lantern.

« La  Premium Verum. La mousse est fine et peu persistante, mais la robe est très jolie, dorée, claire avec une très belle carbonatation.

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Melon de Bourgogne (Muscadet)

Croisière sur le Loire Princesse de CroisiEurope. Excursion dans le vignoble du Muscadet.

Diaporama de 17 photos.

1740, le berceau du Muscadet. Cliquer sur les images pour les agrandir

Source 1 : extraits de l’article de Wikipédia.

« Le melon B (ou melon de Bourgogne) est un cépage blanc de cuve français. Cette variété de vigne est originaire du vignoble de Bourgogne ; peu utilisée dans sa région d’origine, elle est toutefois très répandue en Loire-Atlantique sous le nom de muscadet.

Cépage Melon de Bourgogne (Muscadet)

Le melon est introduit vers 1635 sur les coteaux de la Loire où il s’est définitivement imposé après l’hiver 1709 et sa résistance relative au terrible froid qui gela la mer.

L’importance de sa culture en Loire-Atlantique est liée à la demande des négociants hollandais au XVIIIe siècle.

En 1999, des chercheurs de l’Université de Californie à Davis ont soumis 322 échantillons de vigne à des analyses génétiques poussées. En tout, 16 cépages, dont le melon B, sont le résultat de croisements entre le Gouais blanc et le Pinot. Il s’agit de la famille des Noiriens.

En France, sa culture occupe plus de 10 000 hectares dont la majeure partie pour les appellations Muscadet. Il occupe le plus grand vignoble monocépage blanc d’Europe.

Le vignoble comporte plusieurs appellations : le muscadet-sèvre-et-maine, le muscadet-côtes-de-grandlieu, le muscadet-coteaux-de-la-loire et le muscadet sans dénomination particulière. Le muscadet est un vin sec aux arômes floraux et fruités qui peut être élevé sur élevé sur lie d’où il tirera une légère effervescence dite perlante.

Source 2 : Souvenirs de la 1ère moitié des années 60. Chez mes parents, à Tourcoing (59), les jours de fête, on buvait du Monbazillac, vin blanc moelleux. Ma surprise a donc été grande quand j’ai bu, pour la 1ère fois, du Muscadet directement tiré du fût avec une pipette. C’était chez un vigneron de la Chapelle-Heulin (44) dont la famille avait accueilli des évacués du Nord lors de la drôle de guerre.

  • « La construction de la ligne Maginot a été accompagnée d’une réflexion afin de préserver les civils et de laisser le champ libre aux mouvements des troupes. Le plan mis en place prévoyait le déplacement des populations loin du théâtre des opérations, dans des départements peu peuplés pour faciliter leur accueil. Dans un premier temps le choix de l’état-major s’est porté sur la Savoie mais c’est finalement le Sud-Ouest de la France qui est choisi.
  • L’application de ce plan en 1939 concerne principalement 530 000 Alsaciens, 280 000 Lorrains et 130 000 Francs-Comtois pour l’Est de la France mais aussi 865 000 Nordistes et 140 000 Ardennais pour le nord de la France » (in Wikipédia, Évacuation des populations civiles en France en 1939-1940).

Source 3 : visite du château Cassemichère (août 2021). « Un domaine historique. Construit au début du XVIIème siècle à La Chapelle-Heulin près de Nantes et proche de la Loire, le Château Cassemichère est entouré de 45 hectares de vignes et 5 hectares de bois. ​

Du terroir au Chais. Ce muscadet a des origines très anciennes, car son ancêtre est né en Bourgogne et le plant fut importé dans la région par des moines. Le truculent Rabelais n’a pas manqué de le signaler dans ses écrits, ce qui confirme la notoriété du produit apprécié par ces érudits, modèles des Humanistes de la Renaissance.

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Michel Adanson, 30 ans en 1757

Michel Adanson (1727-1806), naturaliste, explorateur du Sénégal.

Source A. Extraits de Wikipédia. « Michel Adanson, né le 7 avril 1727 à Aix-en-Provence et mort le 3 août 1806 à Paris, est un naturaliste français d’ascendance écossaise. Il a exploré des régions peu connues des Européens, comme le Sénégal ou les Açores. Principalement botaniste, systématicien original, auteur d’un mémoire célèbre sur le baobab, il a aussi apporté des contributions à la zoologie, à la géographie, à l’ethnographie et aux recherches sur l’électricité.

Jacques, le grand-père paternel de Michel Adanson, appartenait à ces familles écossaises qui suivirent en France Jacques II d’Angleterre, détrôné en 1688. Son père, Léger Andanson, natif de Villejacques, en Auvergne, époux d’une Aixoise, Marthe Buisson, était écuyer de Mgr de Vintimille, archevêque d’Aix-en-Provence. Michel Adanson avait un frère cadet, Jean-Baptiste, qui allait être drogman et chancelier de France en Orient.

Mgr de Vintimille ayant été nommé au siège épiscopal de Paris, la famille Adanson le suivit dans la capitale, où le jeune Michel fut un des plus brillants élèves du collège Sainte-Barbe. Remarqué par le célèbre John Turberville Needham, il reçut de lui un microscope, avec ces paroles : Puisque vous avez si bien appris à connaître les ouvrages des hommes, vous devez maintenant étudier ceux de la nature. Il avait alors quatorze ans ; Georges Cuvier écrit : il n’eut point de jeunesse ; le travail et la méditation le saisirent à son adolescence, et pendant près de soixante-dix ans tous ses jours, tous ses instants furent remplis par les recherches laborieuses d’un savant de profession.

Adanson suivit les cours de Ferchault de Réaumur et de Bernard de Jussieu au Jardin du roi, ancêtre du Muséum national d’histoire naturelle.

1749-1754. Désirant voyager et explorer, il se décida pour le Sénégal, la mauvaise réputation de son climat en ayant éloigné les autres naturalistes. Il fit donc, à ses frais, un voyage dans ce pays (du 20 décembre 1748 au 18 février 1754) ; Jussieu lui obtint un poste, très modeste, de commis à la Compagnie des Indes. Durant la traversée, malgré son mal de mer, il visita les Açores et les Canaries.

Au Sénégal, il décrivit un nombre considérable de plantes et d’animaux nouveaux, mais fit aussi beaucoup d’observations géographiques et ethnographiques. Il observa un poisson électrique, le rapprochant de la bouteille de Leyde.

D’Afrique, il envoya à Réaumur les minéraux et les collections zoologiques qu’il avait recueillis ; à l’astronome Le Monnier, ses observations astronomiques et météorologiques ; et à Jussieu ses collections botaniques, classées suivant une méthode naturelle.

Après cinq ans, il ramena d’importantes collections botaniques, dont plus de mille récoltes ainsi que plus de trois cents plantes vivaces qu’il acclimatera au Jardin du Roi à Versailles. Il rapportait également trente-trois espèces d’oiseaux qui sont décrites par Mathurin Jacques Brisson dans son livre Ornithologie ou méthode contenant la division des oiseaux en ordres, sections, genres, espèces et leurs variétés (tome 1 en 1760).

1757. Adanson publia le compte rendu de son voyage sous le titre : Histoire naturelle du Sénégal. Cet ouvrage contient le récit de son voyage et la description des coquillages observés et récoltés.

  • Histoire naturelle du Sénégal. Coquillages. Avec la relation abrégée d’un voyage fait en ce pays pendant les années 1749, 50, 51, 52 et 53, Paris, 1757. Cet ouvrage est particulièrement intéressant en raison de son essai sur les coquillages, qui le termine, où Adanson proposa sa méthode universelle, un système de classification différent de ceux de Buffon et de Linné. Il fondait sa classification de tous les êtres organisés sur la considération de chaque organe. Comme tous les organes donnaient naissance à de nouvelles relations, il établit un nombre correspondant d’arrangements arbitraires. Ceux des êtres possédant le plus grand nombre d’organes similaires étaient rapportés à une division principale, et la relation était considérée comme plus lointaine à proportion de la dissemblance des organes (Encyclopædia Britannica, 1911).

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