Archives de Catégorie: E. Arts Lettres Langues

Peintures du 18ème à Strasbourg

Suite de la chronique, Quiz. 8 peintures françaises du 18ème siècle, musée des Beaux-arts de Strasbourg.

9 peintures du 18ème siècle (Espagne, Flandres, Hollande, Italie), collections du Musée des Beaux-arts de Strasbourg. Ci-dessous citations de quelques notices en ligne.

La Vierge en gloire avec saint Laurent et à saint François de Paule, Gian Domenico Tiepolo (Venise, 1721 – Venise, 1804).

« Ce grand tableau ornait au XVIIIe siècle l’autel principal de l’église de Campolongo al Torre, petite ville du Frioul au nord-est de Venise. Au XIXe siècle, il fut vendu afin de subvenir aux frais de reconstruction du campanile et, vers 1895, acheté par le musée des Beaux-Arts de Strasbourg chez un marchand de Florence.

Il était alors attribué à Giambattista Tiepolo, le plus célèbre des peintres italiens du XVIIIe siècle. À cette époque, on confondait souvent l’œuvre de ce peintre avec celle de son fils Giandomenico, au style très proche, et l’on attribuait volontiers les plus beaux tableaux au père. Ce n’est qu’au cours des dernières décennies que les historiens d’art ont pu départager les œuvres de l’un et de l’autre, mettant en lumière l’originalité et la grandeur de l’art de Giandomenico et lui rendant nombre d’œuvres importantes parmi lesquelles le tableau de Strasbourg ».

Vue de l’église de la Salute depuis l’entrée du Grand Canal, Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto (Venise, 1697 – Venise, 1768), vers 1727.

« Canaletto, peintre vénitien renommé, s’est surtout adonné au genre pictural de la veduta. Ce type particulier du paysage, centré sur la représentation d’une vue de ville, tend à rendre avec précision la réalité, sans pour autant que l’œuvre soit dénuée d’une certaine poésie rendue par la transparence lumineuse.

Canaletto privilégie la représentation des sites et monuments célèbres de la ville de Venise ou de sa lagune et reprend souvent le même sujet dont il donne de multiples variantes.

Le tableau, grâce au support, rayonne de clarté et de luminosité. L’éclairage venant du sud-ouest indique une heure déjà avancée dans l’après-midi et la peinture lisse et fluide donne un effet d’ »après la pluie ».

Canaletto, à destination des riches touristes anglais, rend compte également de la vie quotidienne à Venise, à proximité du Grand Canal : les gondoliers, la présence de marchands, des diplomates venus d’Orient »…

Allégorie du Bon conseil, Francesco Zugno, vers 1750.

« Cette peinture de plafond qui ornait une pharmacie vénitienne est remise dans sa position d’origine et accompagnée d’une élévation dessinée des meubles de l’officine ».

Portrait de Don Bernardo Iriarte,  Francisco de Goya y Lucientes (Saragosse, 1746 – Bordeaux, 1828).

« Bernardo Iriarte était lié d’amitié avec Goya. Il faisait partie de ces Illustrados (« hommes éclairés ») qui entreprirent à la fin du XVIIIe siècle de sortir l’Espagne de sa léthargie intellectuelle et sociale, et de l’ouvrir au « siècle des lumières ». Libéraux, ils sympathisèrent avec les idées de la Révolution française. Plusieurs devaient s’engager aux côtés du roi Joseph, le frère de Napoléon, de 1808 à 1813. Iriarte fût de ceux-là et dût s’exiler comme Goya, après la guerre d’Espagne.

Le portrait a été exécuté en 1797, au moment où ces Illustrados étaient provisoirement arrivés au pouvoir et où Iriarte avait été nommé ministre de l’Agriculture. Que Goya portraiture plusieurs des hommes les plus éminents de ce parti libéral, ainsi que Guillemardet, ambassadeur de la République française est d’ailleurs l’une des indications les plus fiables quant à ses inclinations idéologiques personnelles. La première personnalité étrangère qu’il ait peinte, en 1798 précisément, était un régicide !

On doit relever l’extraordinaire qualité picturale du tableau et ce qu’elle annonce de l’impressionnisme par la fragmentation de la touche ».

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Dürrenmatt. La Satire angoissante

Friedrich Dürrenmatt, La satire dessinée. Strasbourg, Musée Tomi Ungerer, exposition du 3 juillet au 31 octobre 2020.

Autoportrait (sans date)

Une exposition d’une actualité troublante. Je l’aurais intitulée, pour ma part et en pensant à la pandémie Covid-19, Dürrenmatt. La Satire angoissante.

Album de 28 photos (3 juillet 2020).

Les dessins de Friedrich Dürrenmatt sur les dérives du pouvoir donnent froid dans le dos.

De même, dans un livre pour les enfants, La patrie dans l’affiche, illustre l’épidémie de typhus qui a contaminé en 1963 la célèbre station de Zermatt, et que les autorités ont voulu dissimuler. A travers ce fait d’actualité, il se livre à une critique acerbe de la société suisse.

Dans le même livre pour enfants, des dessins féroces contre les enseignants suisses, Devenez enseignants.

Biographie. « Friedrich Dürrenmatt, fils de pasteur, naît en 1921 à Konolfingen dans l’Emmental et décède à Neuchâtel en 1990, où il a vécu 38 ans. Il a avant tout acquis une notoriété internationale avec ses pièces de théâtre, Les fous de Dieu (1947), La Visite de la Vieille Dame (1956) et Les Physiciens (1962), ainsi qu’à travers les adaptations cinématographiques de ses romans policiers tels que Le Juge et son Bourreau (1952) ou La Promesse (1958). Ses essais philosophiques et son œuvre tardive autobiographique, de même que son œuvre picturale, sont moins connus ».

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David Lodge, 30 ans en 1965

Lectures en confinement. Une fois lus les livres empruntés à la BNUS, les polars achetés à la Librairie Café La Tache Noire (Strasbourg), que lire ?

J’ai choisi de relire certains romans de David Lodge, non seulement pour le plaisir de savourer son humour et sa satire, mais aussi pour y repérer les facettes de l’évolution de l’organisation des universités et des missions  des universitaires. David Lodge écrit en effet des Histoires d’universités et d’universitaires en crise, à partir de son expérience personnelle, de son autobiographie professorale, religieuse, familiale.

J’ai relu quatre romans de David Lodge. J’aurais aimé relire Nice Work, 1988 (Jeux de Société, 1990), mais la police de caractères en livre de poche est trop petite, ce qui rend la lecture fatigante. Relire également Thérapie mais le roman drolatique sur le PIG, problème interne du genou, ne figure plus dans notre bibliothèque (un prêt ou un emprunt non rendu ?)

Les 4 romans. 1980 (45 ans). How Far Can You Go ? Jeux de maux. Version française, Payot & Rivages, 1993

1984 (49 ans). Small World. Un tout petit monde, Version française, Payot & Rivages, 1991

1991 (56 ans). Paradise News. Nouvelles du Paradis, Version française, Payot & Rivages, 1992

2008 (73 ans). Deaf Sentence. La vie en sourdine, Version française, Payot & Rivages, 2008;

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Témoignages d’étudiants confinés

Débats en Lorraine sur les modalités de contrôle des connaissances (cf les deux chroniques Pour ou contre le 10 améliorable, Aucun semestre ne sera neutralisé). Deux enseignants-chercheurs publient des témoignages recueillis par enquête auprès  d’étudiants de licence.

10 avril 2020. « Il y a beaucoup de discussions et de débats en cours actuellement sur les modalités de contrôle des connaissances dans le contexte particulier que nous vivons. Ces discussions et ces débats portent souvent sur des points réglementaires et/ou techniques (et je salue ici tous les personnels qui ne comptent pas leur temps pour proposer leur expertise et leurs solutions).

Au-delà de ces points, il y a des vies, parfois très difficiles, et on les oublie trop souvent quand nous discutons entre nous de modalités d’aménagement.

Les représentant.e.s étudiant.e.s élu.e.s au conseil du département de …  ont pris l’initiative d’interroger leurs camarades de licence (près de 1500 inscrits) sur les examens et leur vécu de la situation. Ils ont recueilli plus de 400 réponses. Et parmi celles-ci, plus de 200 témoignages. Ce sont quelques uns de ces témoignages que je reprends ci-dessous.

Ils sont poignants, désarmants, touchants, effrayants et me paraissent en décalage complet avec les aménagements sur lesquelles nous sommes tou.te.s en train de passer beaucoup de temps.

Quels sens vont avoir ces aménagements pour ces étudiant.e.s. et sans doute pour beaucoup d’autres ? Et quelle signification donner in fine aux évaluations qui découleront de ces « nouveaux » examens ? Allons-nous pouvoir dire à ces étudiant.e.s, que le « principe d’égalité de traitement des candidats » a bien été respecté ?

Une étudiante atteinte du Covid : « et le confinement, c’est vraiment pas bénéfique dans mes révisions, je suis démotivée et j’ai le moral à zéro, j’ai peur de faire une rechute … »

Le débit de connexion internet a été réduit, mon ordinateur est lent, les conditions pratiques et techniques ne sont pas optimales. La situation est globalement anxiogène, peu de motivation à travailler lorsque ses proches sont malades, j’ai moi même été malade et le suis encore. Je passe le confinement seule, 0 contact humain depuis 1 mois, dans 20m2.

« En confinement chez ma famille. C’est très difficile car nous sommes nombreux, tout le monde ne vie pas le confinement de la même manière. De plus j’habite dans une petite ville sans la fibre (internet très lent), ce qui rend compliqué l’accès à des sites de base type arche ou discord. Dans mon studio à Nancy je n’avais pas internet non plus; d’où l’utilisation de Eduroam. De plus, nous sommes quand même dans une situation de crise sanitaire, je connais beaucoup de personnes autour de moi qui sont décédées et je vis dans la peur que ma mère soit contaminée (maladie auto-immune) par ses propres enfants qui sortent faire les courses ou qui vont à la pharmacie. C’est une situation angoissante, réviser c’est bien pour oublier mais ça en devient compliqué lorsque nous devons faire face à la réalité et que nous ne sommes pas dans des conditions optimales »

« Dû à la quarantaine, il y a énormément de gens connectés en même temps ce qui fait que mon internet se coupe ou a du mal à charger. J’ai des proches touchés par le virus et je vis dans un appartement avec 1 seule chambre sans balcon et avec ma mère. Nous sommes en situation précaire (moi étant boursière et ma mère au rsa) nous devons donc faire des sacrifices financiers pour pouvoir stocker de la nourriture et éviter les sorties. Nous n’avons pas de voiture et le seul magasin à proximité est vide. Nous ne pouvons plus accéder au resto du cœur. Niveau psychologie c’est des montagnes russes. Je passe du rire aux pleurs et cela est surtout du à la fac. Je suis de nature assez dépressive en tant normal et je dois l’avouer, ne pas me faire suivre psychologiquement. Les psys gratuit sont surchargés et les psy payants sont trop chers, je ne sais pas à qui m’adresser pour de l’aide. J’ai l’impression d’avoir été submergée de travail par les professeurs. Je pense surtout que pour moi ce sera l’après cou-présentes au sein de beaucoup de foyer, pour moi tous les jours ne sont pas faciles, ma mère étant dépressive dans le contexte actuel ça devient dur, des scènes de ménages éclatent de temps à autres qui vont parfois à des pétages de plomb tellement puissants que les assiettes y passent, et l’aider n’est pas toujours simple. J’ai parfois l’impression d’être tiré vers le bas aussi. Dans mon foyer nous sommes 6, ma mère, moi, mon frère et mes 3 sœurs, qu’il faut aider malgré la connexion en dents de scies pour leurs devoirs, mais aussi trouver des activités pour les occuper. Nous sommes dans une grande précarité, plus le temps passe plus nous allons avoir des difficultés à nous nourrir tant financièrement va vite devenir très très compliqué. Pour ma part, je ne peux plus travailler et je ne gagne aucun argent pour aider ma mère financièrement, ce qui est une source de stress intense. Pour le moment je n’ai pas eu le courage d’ouvrir un cours, je n’y arrive pas, les problèmes autour sont beaucoup trop stressant, je me sens de plus en plus en besoin d’extérioriser tout ça, mais je ne sais pas encore comment faire. Malgré tout j’essaye de tenir pour les autres membres de ma famille, c’est aussi mon rôle de grande »

« Personnellement, j’ai quasiment toute ma famille qui travaille dans la santé avec ma mère aide-soignante, mes deux tantes sont infirmières libérales, et ma sœur est sage-femme. Le fait qu’elles soient sur le terrain, en vue de la situation, me fait déjà énormément stresser. De plus, ma mère m’a demandé de venir travailler à l’EHPAD avec elle, afin d’aider, mais j’ai refusé car je suis tellement préoccupé par la situation à la fac que j’ai refusé, je me suis senti mal parce que j’aurais pu aider à l’hôpital. De plus, je suis en isolement social, dans le sens où la journée, je ne vois personne car ma mère travaille toute la journée, donc je suis seul, et je me sens, souvent, triste »

« Mon père est décédé des suites du coranavirus, j’ai dû donc rentrer voir ma famille et n’ai plus vraiment la tête à penser aux cours à vrai dire »

« Bonjour, j’aimerai faire mon petit témoignage de la situation. J’ai déjà redoublé ma L3 et j’ai ainsi deux fois plus de raisons de vouloir obtenir ma licence cette année. Malheureusement, dans ces conditions, ce sera pratiquement impossible. Je dois m’occuper de mes petits frères et sœurs qui n’ont pas école, les aider dans leurs devoirs toute la matinée. Mes parents étant en télétravail ou réquisitionné, je dois faire les heures de queues pour acheter les courses, m’occuper de la maison (j’ai la chance d’être tout de même dans une maison). Normalement, en cette période, c’est un stress lié à la peur d’échouer aux examens mais en ce moment, c’est plus une angoisse de mort, une angoisse de voir nos proches se faire contaminer et de nous même le ramener à la maison. Voir sa propre mère devoir confectionner elle-même des masques dans de vieux torchons pour qu’elle puisse faire de son mieux en se protégeant elle et nous ; devoir expliquer à des petits ce qui se passe dans le monde … Réviser ? Lorsque mon pc n’est pas réquisitionné pour les devoirs des petits ou le télétravail, internet nous fait défaut. Devoir attendre deux heures pour charger le dossier pdf de madame XX (enseignante) n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Et même lorsque je trouve un petit créneau, je me retrouve perdue dans cette masse d’informations, de nouvelles qui vont et viennent. Je ne sais quoi réviser, où m’arrêter dans les diapos que j’ai.. La situation ne me permet pas de me focus autant que je le voudrai, mes pensées étant portées ailleurs.. Tout cela pour dire qu’une passation à distance des partiels serait la goutte de trop dans un vase qui déborde bien assez en ce moment. Merci d’avoir lu et prenez soin de vous et de votre famille.

« J’étais en Erasmus ce semestre mais j’ai dû l’interrompre à cause du coronavirus. C’était assez difficile et fatigant pour réussir à rentrer. Cette situation m’a fait perdre beaucoup de temps car quand je suis rentrée j’ai mis du temps à comprendre comment tout allait se dérouler, et il y a encore beaucoup de choses que je ne sais pas. Je sais, en tout cas, que je dois rattraper tout le semestre fait en France et c’est assez difficile car j’ai loupé absolument tous les cours de ce semestre, j’ai dû envoyer une tonne d’e-mails à la fac en France en plus de la fac à XXX, régler les problèmes avec le loyer que j’avais à XXX, les problèmes de bourse… Enfin bref, j’ai pris énormément de retard et la situation me stresse beaucoup et me plombe un peu le moral. »

Revenue pour le confinement en famille mais c’est pas pratique pour réviser les partiels. Du mal à se concentrer avec un parent très violent. »

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Noli me tangere (Ne me touche pas)

Noli me tangere (Ne me touche pas) est la traduction latine par saint Jérôme de l’adresse Μή μου ἅπτου dans l’Évangile selon Jean (Jean 20,17). L’adresse est faite par Jésus ressuscité à Marie-Madeleine (Marie de Magdala). Source des citations de la chronique : Wikipédia.

« Selon certains auteurs tel Maurice Zundel, en demandant à Marie Madeleine de ne pas le toucher, Jésus indique qu’une fois la résurrection accomplie, le lien entre l’humanité et sa divine personne n’est plus physique, mais passe désormais par le lien de cœur et la communion eucharistique. « Il faut qu’Il établisse cet écart, il faut qu’elle comprenne (et toute l’humanité) que la seule voie possible, c’est la Foi, que les mains ne peuvent atteindre la personne et que c’est du dedans, du dedans seulement, que l’on peut s’approcher de Lui ».

Deux scènes de la vie de Jésus, La passion du Christ, par Martin Schongauer, Retable des Dominicains, 1473, Musée Unterlinden, Colmar.

  • Album 18 photos (grand format). Du chemin de croix à l’Ascension du Christ en passant par sa Crucifixion, sa Résurrection, sa rencontre avec Marie-Madeleine puis avec l’apôtre Thomas (Noli me tangere)

« De même, plus tard, lorsque l’apôtre Thomas tiendra à toucher les plaies de Jésus (et il lui permettra de le faire à cause de son incrédulité première), il lui déclarera néanmoins : Heureux ceux qui croient sans avoir vu« .

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A Colmar, la Passion du Christ

Le Musée Unterlinden (Colmar) possède des trésors de l’Art médiéval et de la Renaissance. Le retable d’Issenheim de Matthias Grünewald est mondialement connu.

Dans un album de 23 photos, j’ai choisi des œuvres qui représentent des épisodes successifs de la Passion du Christ : la crucifixion, la descente de croix, la déploration, la mise au tombeau. Lire aussi la chronique du 10 avril 2020, Schongauer. La Passion du Christ

Crucifixion, bronze, 13ème siècle. L’œuvre proviendrait du couvent des dominicaines d’Unterlinden.

Crucifixion. Lucas Cranach l’Ancien, vers 1515, Huile sur bois de tilleul.

  • Lire aussi la chronique Lucas Cranach, le père et le fils.
  • 1505. Lucas Cranach l’Ancien, né en 1472, s’établit à Wittemberg et devient peintre de cour auprès de l’électeur de Saxe Frédéric le Sage. Il a 33 ans. Il est anobli en 1509 et reçoit du prince-électeur des armoiries représentant un dragon ailé portant un rubis, qui sera sa signature et celle de son atelier sur de très nombreux tableaux.
  • 1561. Lucas Cranach le jeune (1515-1586) peint le Christ vainqueur de la mort et du diable

Crucifixion et mise au tombeau, Matthias Grünewald, entre 1512 et 1516, tempera et huile sur bois de tilleul.

  • Lire aussi la chronique du blog Matthias Grünewald : 4 crucifixions
  • Le Retable de Tauberbischofsheim est une œuvre réalisée vraisemblablement entre 1523 et 1525. Il se compose d’une Crucifixion et d’un Portement de Croix, qui constituaient à l’origine les deux faces d’un même retable d’autel peint sur bois. Le panneau a été divisé en deux dans l’épaisseur du bois lors de sa première restauration en 1883, afin de permettre son exposition dans un musée. Depuis 1900, les deux œuvres, désormais séparées, sont exposées à la Staatliche Kunsthalle de Karlsruhe.

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Lausanne, Hermitage. 3 expositions

C’est en 1841 que le banquier Charles-Juste Bugnion achète le terrain de l’Hermitage, situé sur une colline surplombant Lausanne… Il y fait construire, entre 1842 et 1850, une maison de maître d’après des plans établis en collaboration avec l’architecte Louis Wenger, et il fait aménager le parc avec des essences rares.

Le Banquier et la Science. Charles-Juste Bugnion suit des études de droit mais devient banquier… Membre de la Société helvétique des sciences naturelles, il est aussi l’un des fondateurs de la Société entomologique de France. Léguée à la Bibliothèque cantonale et universitaire en 1999, sa bibliothèque entomologique est une collection comprenant 27 ouvrages formant 74 volumes relatifs aux insectes (notamment aux papillons) et aux oiseaux.

Trois expositions à la Fondation de l’Hermitage (2010, 2013, 2020)

2010. Exposition Edward Hopper. Album de 25 photos : Œuvres avant 1915, dont trois autoportraits de 1903, dont des dessins réalisés à Paris 1905-1906. Album de 29 photos : œuvres de 1925 à 1955.

2013. Lausanne, le banquier et Joan Miro, Miro, Poésie et Lumière. Album de 18 photos : la villa, le parc, la Cathédrale, le Léman, les Alpes.

2020. Du 24 janvier au 24 mai. Le Canada et l’impressionnisme. Nouveaux horizons

« Organisée en collaboration avec le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa, l’exposition montre comment les peintres canadiens découvrent l’impressionnisme à la fin du XIXe siècle en France, et comment ils réagissent, à travers leur style et leurs sujets, à cette révolution picturale. Nourris par ce mouvement international, bon nombre de ces artistes donnent, une fois de retour au pays, une impulsion cruciale à l’émergence de la peinture moderne canadienne ».

Pour aller plus loin. François Vallotton, L’Hermitage, une famille lausannoise et sa demeure, Lausanne, La Bibliothèque des Arts, 2001, 146 pages.

Extraits. ‘En retraçant l’histoire de l’Hermitage, un livre fait revivre les grandes heures de la Lausanne mondaine

Le domaine de l’Hermitage a peu changé depuis que Charles-Juste Bugnion en a posé les fondations. La maison de maître devient vite le passage obligé de la vie mondaine lausannoise. Elle sera rapidement un des lieux de rassemblement privilégiés du Parti libéral et des fidèles du culte protestant libre, refusant, dès 1847, de se soumettre à la tutelle du pouvoir radical.

Ce statut très mondain aura une importance sur la carrière professionnelle de Charles-Juste Bugnion, fêtes et autres réunions mondaines lui permettant en effet de fidéliser une clientèle locale ou de passage. Outre les mondanités, les réceptions organisées à l’Hermitage permettent aux familles de la société bourgeoise de l’époque d’arranger des rencontres entre leurs rejetons et de leur trouver de cette manière un conjoint issu du même milieu. Tout cela sous l’œil inquisiteur des mères de famille, chargées de s’assurer de la bonne réputation (morale et financière) du potentiel nouveau membre de leur clan. Même si l’amour entre deux époux constituait un élément dont il fallait tenir compte dans un mariage, il n’était alors pas le plus important. Des facteurs tels que le milieu social, la fortune et la religion devaient également être pris en compte. Un mariage se concluait moins entre deux individus qu’entre deux maisons.

Cette sociabilité se raidira quelque peu avec la nomination de Charles-Auguste, fils de Charles-Juste, à la tête de la Banque Bugnion. Les réunions mondaines réunissant l’élite lausannoise laisseront la place à des petits goûters destinés à la clientèle internationale de l’institut bancaire lausannois. Le domaine de l’Hermitage finira même par se refermer sur lui-même lorsque Paul, neveu et successeur de Charles-Auguste, sera contraint de cesser toute activité professionnelle à la suite de problèmes de santé.

La Banque privée Bugnion est reprise en 1964 par l’UBS et l’Hermitage perd ainsi sa raison d’être en tant que vitrine de respectabilité. Le poids croissant des charges et la volonté affichée des descendants de la famille Bugnion de ne plus vivre à l’Hermitage conduiront les propriétaires à donner au domaine l’orientation culturelle que les Lausannois lui connaissent aujourd’hui ».

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E. Hopper. Paysages d’Amérique

Edward Hopper. Exposition à la Fondation Beyeler, 26 janvier – 17 mai 2020.

 » La Fondation présente un ensemble d’œuvres d’Edward Hopper (1882-1967). Ses  peintures sont l’expression du regard singulier qu’il porte sur la vie moderne. Il commença sa carrière comme illustrateur. Aujourd’hui, il est surtout connu pour ses peintures à l’huile, qui témoignent de son intérêt pour l’impact de la couleur et de sa virtuosité dans la représentation de l’ombre et de la lumière. Le thème central de l’exposition est fourni par ses images des immenses paysages naturels et urbains de l’Amérique.

L’exposition réunit des aquarelles et des huiles des années 1910 (28 ans) aux années 1960 (78 ans), offrant ainsi un large et passionnant panorama des multiples facettes de la peinture hoppérienne ». 

Album de 23 photos : œuvres de 1909 à 1929

Album de 30 photos : œuvres de 1930 à 1950

Pour les différentes œuvres commentées ci-dessous, citations du livret mis à disposition du visiteur.

1899 (17 ans) – 1901 (19 ans). Hopper étudie tout d’abord l’illustration commerciale.

1901 (à partir de). Il étudie la peinture à la New York School of Art

1906 (24 ans) – 1910 (28 ans). Trois voyages en Europe : Hopper séjourne principalement à Paris. Ses esquisses d e l’époque reflètent un intérêt accru pour la couleur et les effets d’ombre et de lumière.

1912 (à partir de). Hopper passe souvent ses étés sur les côtes du Maine et du Massachusetts.

1905 (23 ans) – 1925 (43 ans). Hopper travaille à son compte en tant qu’illustrateur et graphiste pour des agences publicitaires à New York. Ce n’est que passé 40 ans qu’il rencontre le succès en tant peintre.

1914 (32 ans). Rocher carré, Ogunquit

Cette peinture sur toile à l’huile datant de ses jeunes années ne montre qu’un petit extrait du paysage. La composition nous amène à cherche inéluctablement à imaginer commet se poursuit le paysage en dehors de l’espace pictural. L’océan, les rochers et le ciel semblent s’étendre au-delà des bords latéraux du tableau.

L’artiste crée sur place plusieurs vues de la côte. Dans ces peintures d’exécution rapide, il étudie les effets d’ombre et de lumière. Il restitue les blocs rocheux avec des coups de pinceau audacieux, leur conférant corporalité plastique, chaleur et froideur. Les parties claires et les parties sombres se côtoient directement, dans un orientation de lumière saisissante.

A gauche, l’image est dominée par le rocher carré. Il dépasse la ligne d’horizon et surplombe les autres formations rocheuses, barrant même la vue sur la surface bleutée de l’océan ».

1924 (42 ans). Mariage avec Joséphine Nivison. Le couple entreprend plusieurs voyages transcontinentaux en train vers le Colorado et le Nouveau Mexique. Succès d’exposition et réussite commerciale croissants avec ses aquarelles et ses peintures à l’huile.

1927 (45 ans). Le phare sur la colline

« Lors d’un séjour dans le Maine en 1927, Edward Hopper a consacré toute une série d’œuvres à l’un des deux phares de Cape Elizabeth, dont les murs de fondation datent du 18ème siècle.

La prédilection de Hopper pour les phares est probablement liée à sa notion de représentations de paysages illimités : les phares offrent un repère dans une nature incommensurable en évolution permanente ».

1928 (46 ans). Granite à Cape Ann

« La toile montre un paysage côtier de Cape Ann, Massachusetts. Sur un versant de pâturages verts se dressent d’impressionnantes formations de granite projetant des ombres obliques et créant ainsi des effets de lumière dramatiques. Le ciel bleu qui les surplombe est traversé de voiles nuageux.

A droite, le terrain descend en pente rapide, ouvrant le regard vers la profondeur et faisant deviner la proximité de l’océan.

Pendant son séjour à Cape Ann à l’été 1928, il crée également de nombreuses aquarelles représentant les paysages environnants.

Cape Ann Granite illustre bien l’intérêt de Hopper pour la corporalité des paysages et pour l’intensité de sa perception individuelle des paysages américains ».

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Grèves à Toulouse Jean Jaurés

Université Toulouse Jean Jaurès, Préavis de grève du 24 février au 22 mars 2020, du 2 au 31 mars 2020,

25 janvier 2020. Grève des notes des chargé.e.s de cours du département Histoire de l’Art et Archéologie,

Nous souhaitons aborder le problème des conditions de travail des chargé.e.s de cours. Au niveau national, le recours de plus en plus important aux chargé.e.s de cours pour assurer les enseignements est un des symptômes de la précarisation de l’enseignement supérieur.

Lors de la dernière assemblée générale du département Histoire de l’Art et Archéologie (janvier 2019), un bilan faisait état de 157 chargé.e.s de cours qui assuraient « pratiquement la moitié des enseignements » et jusqu’à 2/3 des enseignements de Licence 1 pour l’année 2018/2019. Depuis bien trop d’années, l’Université est dépendante des chargé.e.s de cours qui assurent l’essentiel des enseignements…

28 janvier 2020. Grèves des précaires du Mirail

Avec les réformes de la retraite et du chômage, mais aussi avec la Loi Pluriannuelle de Programmation de la Recherche (LPPR) à venir qui concernent les étudiant.e.s et tout le personnel des universités, titulaire ou non, le projet du gouvernement est de continuer à précariser tout le monde du berceau au tombeau !

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E. Garnier, présidente rebelle ?

2020, année d’élections aux conseils centraux et à la présidence dans un bon nombre d’universités. A l’université de Toulouse Jean Jaurès (ex Toulouse le Mirail), il n’y aura pas d’élections. Et pourtant il y a eu des élections en 2016 : Daniel Lacroix a été élu président pour un mandat de quatre ans (PV des résultats de l’élection au conseil d’administration).

Que s’est-il passé ? Un évènement exceptionnel ! Daniel Lacroix l’explique dans un long entretien à la Dépêche en date du 22 mars 2018. Comment avez-vous analysé la décision, prise par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, de dissoudre les conseils centraux de l’Université Jean-Jaurès ? Cette décision, à laquelle je m’attendais, faisait partie des options possibles dans la mesure où la démission des deux-tiers du conseil d’administration n’avait pas été validée en interne. Comme nous n’avons pas réussi à nous entendre, le ministère a pris la main. Cette décision, que je respecte, a l’avantage de nous conduire rapidement à de nouvelles élections. L’ex-président revient sur la crise qui agite son établissement, les enjeux du projet Idex retoqué par le jury international, sa vision de la future université de Toulouse, ses regrets…

Un administrateur provisoire est nommé, Richard Laganier, avec pour mission d’organiser de nouvelles élections aux fins de pouvoir procéder à l’élection à la présidence. Ce sera une présidente, la première pour cette université de Sciences Humaines et Sociales. Chronique d’Histoires d’universités, Emmanuelle Garnier a été élue lors du conseil d’administration du vendredi 30 novembre 2018 au second tour de scrutin (19 pour, 14 blancs). Le 5 décembre 2018, La nouvelle présidente dit comprendre l’inquiétude des étudiants. Son CV.

Fin février 2020, Emmanuelle Garnier est présidente depuis près de 15 mois. Elle est confrontée à de nouvelles mobilisations dans son université.

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