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De La Tour. Six portraits au pastel

Quentin de La Tour (1704-1788) a réalisé les six portraits ci-dessous entre 1742 et 1753. Ils sont exposés au musée Antoine Lecuyer à Saint-Quentin (Aisne).

Durant cette période (chronique sur sa biographie), de La Tour a atteint l’apogée de son art – le portrait au pastel. Diaporama de 20 photos.

Histoire du pastel (source Wikipédia). « Le pastel est un bâtonnet de couleur utilisé en dessin et en peinture. Il est composé de pigments, d’une charge et d’un liant. On distingue les pastels secs (tendres ou durs) des pastels gras (à l’huile ou à la cire).

Le pastel a vraisemblablement été inventé en France et en Italie à la fin du XVe siècle et a été utilisé par Léonard de Vinci. Il est très prisé dès le XVIIe siècle, où ses couleurs franches et son aptitude à imiter fidèlement les tissus, les textures et les lumières le rendent indissociable de l’art du portrait. Au XVIIIe siècle, le pastel connaît son âge d’or. Il est notamment utilisé par Maurice Quentin de La Tour, surnommé le Prince des pastellistes, qui met au point une méthode de fixation du pastel aujourd’hui disparue…Le pastel, symbole de la grâce de l’Ancien Régime, tombe en désuétude peu après la Révolution française au profit de la peinture à l’huile ».

Les 6 portraits  

Abbé Jean-Jacques Huber (1699-1744), érudit, diplomate genevois établi à Lyon.

Portrait de l’abbé Jean-Jacques Huber, 1742, Pastel sur papier

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1735. Voltaire par de La Tour

Biographie. 42 premières années de François Marie Arouet, dit Voltaire. Né à Paris en 1694, mort en 1778 à l’âge de 84 ans. Sources : citations de Wikipédia, photos de portraits de Voltaire, peints par Quentin de Latour en 1735 et 1736, exposés au Musée éponyme à Saint-Quentin (Aisne), et reproduits en fin de chronique.

De La Tour, Voltaire, Rousseau : diaporama de 14 photos.

Atelier de Jean-Baptiste Lemoyne, Buste de Voltaire, Terre cuite patinée, non daté

1694. « François-Marie Arouet est le deuxième fils de François Arouet, notaire au Châtelet, marié avec Marie-Marguerite Daumart, fille d’un greffier criminel au Parlement. Son père revend en 1696 sa charge de notaire pour acquérir celle de conseiller du roi, receveur des épices à la Chambre des comptes.

1704-1711 (10-17 ans). François-Marie Arouet entre à dix ans au collège Louis-le-Grand chez les Jésuites. Il y reste durant sept ans. Les jésuites enseignent les langues classiques et la rhétorique mais, dans la ligne de leur Ratio Studiorum, veulent avant tout former des hommes du monde et initient leurs élèves aux arts de société : joutes oratoires, plaidoyers, concours de versification et théâtre.

Arouet est un élève brillant. Sa toute première publication est son Ode sur sainte Geneviève. Il apprend au collège Louis-le-Grand à s’adresser d’égal à égal aux fils de puissants personnages, et tisse de précieux liens d’amitié, très utiles toute sa vie : entre bien d’autres, René-Louis et Marc-Pierre d’Argenson, futurs ministres de Louis XV, et le futur duc de Richelieu.

1711-1718 (17-24 ans). Débuts comme homme de lettres et premières provocations

1711 (17 ans). Arouet quitte le collège à dix-sept ans et annonce à son père qu’il veut être homme de lettres, et non avocat ou titulaire d’une charge de conseiller au Parlement. Devant l’opposition paternelle, il s’inscrit à l’école de droit. Il fréquente la société du Temple, qui réunit dans l’hôtel de Philippe de Vendôme, des membres de la haute noblesse et des poètes, connus pour leur esprit, leur libertinage et leur scepticisme.

1715 (21 ans), 1715, mort de Louis XIV et début de la Régence. Arouet est si brillant et si amusant que la haute société se dispute sa présence. Il se retrouve dans le camp des ennemis du Régent.

1716 (22 ans). Il est exilé à Tulle. Son père use de son influence auprès de ses anciens clients pour fléchir le Régent qui remplace Tulle par Sully-sur-Loire.

1717 (23 ans). Lié d’amitié avec un certain Beauregard, en réalité un indicateur de la police, il lui confie être l’auteur de nouveaux ouvrages de vers satiriques contre le Régent et sa fille. Il est envoyé à la Bastille par lettre de cachet. Il restera embastillé durant onze mois.

 À sa sortie de la Bastille, conscient d’avoir jusque-là gaspillé son temps et son talent, Arouet veut devenir célèbre dans les genres les plus nobles de la littérature de son époque : la tragédie et la poésie épique.

1718 (24 ans). Sa première pièce écrite sous le pseudonyme de Voltaire, Œdipe, obtient un immense succès. Le public aime ses vers en forme de maximes et ses allusions impertinentes au roi défunt et à la religion.

Portraits de Voltaire et de Rousseau par Quentin de la Tour. (voir également en fin de chronique)

1723 (29 ans). Voltaire connaît un nouveau succès avec La Henriade, poème épique de 4 300 alexandrins se référant aux modèles classiques (Iliade, Énéide) dont le sujet est le siège de Paris par Henri IV et qui trace le portrait d’un souverain idéal, ennemi de tous les fanatismes.

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1667-1750. Manufacture des Gobelins

La Manufacture des Gobelins au 17ème et 18ème siècles. Deux dates importantes. 1667, un édit royal fixe l’organisation générale de la manufacture et les avantages octroyés à ses habitants. 1750, la manufacture connait une grave crise financière et artistique.

Suite de la chronique Château de Compiègne. Chasses de Louis XV

Diaporama de 21 photos

Article de l’Encyclopédie consacré à la Tapisserie des Gobelins

Pour aller plus loin. Encyclopédie Diderot & d’Alembert, Recueil de planches sur les sciences, les arts libéraux, et les arts mécaniques avec leur explication, Bibliothèque de l’image, 2002.

La Manufacture des Gobelins. Extraits de l’article de Wikipédia.

1660. « Reprenant pour le compte de Louis XIV le plan mis en œuvre par Henri IV, Colbert incite peu avant 1660 le hollandais Jean Glucq à importer en France un nouveau procédé de teinture écarlate appelé « à la hollandaise ». Celui-ci se fixe définitivement en 1684 dans une des maisons de l’ancienne folie Gobelin qu’il achète et embellit après avoir obtenu des lettres de naturalité.

Appréciant la qualité des productions de l’enclos des Gobelins, Colbert réussit à convaincre Louis XIV de donner les moyens nécessaires au lustre censé glorifier la monarchie. Voulant donner une tout autre organisation à l’œuvre d’Henri IV, il ne renouvelle pas à Hippolyte de Comans la concession en 1661 : il emprunte afin d’acheter le 6 juin 1662 au sieur Leleu l’hôtel des Gobelins (environ 3,5 hectares, maintes fois agrandi) pour la somme de 40 775 livres. Ainsi nait la Manufacture royale des Gobelins qui dépend du surintendant des bâtiments et est soumise par lui à l’autorité du premier peintre du Roi, Charles Le Brun, lequel, nommé officiellement en 1663, a par la suite sous ses ordres des équipes entières d’artistes, bons peintres, maîtres tapissiers en haute lisse, orfèvres, fondeurs, graveurs lapidaires et ébénistes

La Manufacture des Gobelins reçoit de l’édit royal de novembre 1667 son organisation définitive, d’importants avantages étant octroyés à ses habitants : exemption d’impôts, renoncement au droit d’aubaine, entretien des apprentis choisis. Charles Le Brun y déploie jusqu’à sa mort le 12 février 1690 une prodigieuse activité, en implantant les premiers travaux de haute lisse – 19 tentures (197 pièces) et 34 en basse lisse (286 pièces) – les œuvres de la Manufacture, destinées à l’ameublement des Maisons royales et aux présents diplomatiques, acquièrent par leur magnificence une réputation internationale qui subsiste trois siècles plus tard. Différents successeurs tels Pierre Mignard et Robert de Cotte continuent et développent le dessein de Le Brun.

En 1674, Jean Glucq épouse Marie Charlotte Jullienne, sœur d’un fabricant de drap et teinturier réputé auquel il s’associe, François Jullienne, qui possède de son côté un secret pour le bleu de roi. Jean de Jullienne, neveu de Marie Charlotte, seconde par la suite son oncle François à la direction des manufactures royales de draps fins et teintures de toutes couleurs, façon d’Angleterre, d’Espagne et de Hollande.

Le passage du Rhin par Louis XIV en juin 1672 (manufacture des Gobelins, 1682 à 1684)

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Compiègne. Chasses de Louis XV

Château de Compiègne (source). « Galerie des chasses, présentant cinq grandes tapisseries appartenant à la tenture des Chasses de Louis XV, tissée à la Manufacture des Gobelins, dans l’atelier de Mathieu Monmerqué, entre 1736 et 1746, d’après les cartons de Jean-Baptiste Oudry, ainsi que des peintures de Desportes et de Oudry, toutes ces œuvres provenant de l’appartement de Louis XV à Compiègne ».

Scènes de chasse : diaporama de 35 photos.

1725, Louis XV a 15 ans ; en septembre, il est marié à Marie Leszczinska. La même année, il assiste à la séance de pose des lévriers Misse et Turlu, peints par Oudry. « Il arrive pour la première fois à Compiègne le 4 juin 1728. Il a choisi de s’établir au palais pendant qu’est réuni à Soissons le congrès qui discute de la paix avec l’Espagne. Prenant un grand plaisir à chasser dans la forêt, il va chaque été y passer un à deux mois ».

Le thème de la chasse dans le décor des châteaux royaux sous Louis XV, par Françoise Maison (source Histoire de Compiègne, 5 pages)

Tableaux (François Desportes) et Cartons pour les Tapisseries de Haute Lisse (Jean-Baptiste Oudry).

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1736. Strasbourg. Hôtel de ville

Chroniques sur l’Histoire du 18ème siècle. Suite de la chronique Princes possessionnés en Alsace

1728. Régnier III de Hanau-Lichtenberg décide la construction d’un nouvel hôtel à Strasbourg. Celui-ci prendra le nom de Hanau.

1731-1736. L’hôtel est édifié par Joseph Massol (1706-1771), architecte de l’Évêché et du Grand Chapitre. Les  plans, élaborés par Robert de Cotte (1656-1735), premier architecte du Roi, ont été modifiés par Massol.

Trois albums sur l’Hôtel de Hanau (Hôtel de ville de Strasbourg. 69 photos

  • Le portail (rue Brûlée) et la façade de la Cour intérieure: 32 photos
  • La façade et ses 17 fenêtres (place de Broglie) : 14 photos
  • Les salons de l’étage : 23 photos.

Source principale du texte : citations de Maryla Boutineau, Bernard Rohfritsch, A la découverte de l’Hôtel de Ville de Strasbourg, L.D. L’Édition, 2017, 113 pages.

Le plan du palais s’apparente à celui d’un grand hôtel parisien du style Régence de la première moitié du 18ème siècle. La vaste demeure en forme de fer à cheval est située entre la cour d’honneur rectangulaire et un espace libre qui servait principalement de marché aux chevaux (place de Broglie aujourd’hui).

Le portail (rue Brulée aujourd’hui)

La Cour d’honneur est fermée au sud par un mur concave, percé en son milieu d’un portail solennel surmonté du blason de la Ville de Strasbourg.

Il est entouré d’armes et de drapeaux, d’ailes, de tambours, de boucliers et de trompettes ; l’ensemble évoque la force militaire, la victoire, le courage et la renommée.

Deux trophées militaires et deux vases sont posés sur le parapet. L’un d’entre eux est composé d’une armure romaine, d’un casque à panache, de haches, d’un faisceau de licteur, de piques, d’un bouclier…

Les trophées d’applique, célébrant la chasse et la guerre, encadrent le portail. Sur le bas-relief de gauche, des flèches, un arc et un carquois. Sur celui de droite, une épée, un sabre, une hache et une masse d’armes.

Corps de logis principal

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18ème siècle. Abbaye Saint-Étienne

Chroniques sur l’Histoire du 18ème siècle. En 1687, l’église de l’abbaye Saint-Étienne de Strasbourg est rendue au culte catholique. En 1718, les Visitandines y ouvrent un pensionnat pour l’éducation des jeunes filles nobles (chronique à venir).

Quatre albums (photos en grand format)

718. « Fondation du monastère Saint-Étienne (Strasbourg) par le duc d’Alsace Adalbert, frère de sainte Odile, décédé en 722. Celle-ci en devient la première abbesse. 12ème siècle (3ème quart). Les reliques de sainte Attale, fille d’Adalbert et première abbesse du lieu, attiraient tant de pèlerins que leurs dons permirent de reconstruire l’église durant le dernier quart du 12e siècle ». Source, Route romane d’Alsace, église Saint-Étienne

Vues générales de l’abbaye, hier et aujourd’hui. 16 photos

15ème siècle, deux tapisseries. 1450 (vers). Tenture de la vie de sainte Attale, laine et lin. 1470-1480. Tenture de la vie de sainte Odile, laine et lin.

15ème siècle. Tapisseries de sainte Odile et de sainte Attale. 29 photos

« Bâle et Strasbourg ont constitué au XVe siècle les deux grands centres de production de tapisserie du Rhin Supérieur. L’art réputé de la tapisserie strasbourgeoise subsiste en particulier à travers les longues bandes conçues pour l’ornementation des chœurs, des autels ou des stalles des églises. Les tentures de chœur, accrochées lors des jours de fête, relatent généralement l’histoire du saint patron de l’église. Par leurs dimensions considérables, elles se prêtent à d’importants développements narratifs.

Ces deux séries provenant de l’église Saint-Étienne de Strasbourg, un couvent de chanoinesses nobles, sont consacrées à la vie de sainte Odile et à celle de sainte Attale, nièce d’Odile et fille du duc Adalbert, le fondateur de l’abbaye. Au-dessus des scènes qui décrivent les différents épisodes de la vie des saintes, des phylactères portent des inscriptions qui en expliquent le sens.

Les deux tentures, d’une seule pièce à l’origine, ont été séparées en deux par la suite. La tapisserie de sainte Attale raconte par le texte et par l’image l’histoire de la fondation du couvent au début du VIIIe siècle et celle des reliques qu’il possède. Celle de sainte Odile, plus tardive, présente différentes scènes de sa vie. Elle témoigne d’une évolution stylistique : son arrière-plan n’est plus purement ornemental, mais présente des décors architecturaux et paysagers qui tendent à plus de réalisme ».

Pour aller plus loin : Xavier Ohresser, Les tapisseries de l’église Saint-Étienne de Strasbourg, Lyon, 1968.

1501. Déploration du Christ par Nicolas de Haguenau

16ème siècle. Déploration du Christ. 9 photos

17ème et  18ème siècles. Schlaefli Louis, Cent cinquante images de Saint-Étienne à Strasbourg, Imprimerie Scheuer, 2011, 64 pages.

« Les dessins de J. J. Arhardt et de Silbermann, les lithographies de Sandmann ou d’A. Straub permettent de se faire une idée de l’église romane et de l’abbaye aux XVIIe et XVIIIe siècles.

1661. La crucifixion. Source : citation du cartel du tableau. Toile commandée en 1661 à un maître resté anonyme par la prieure du couvent saint Marguerite et Agnès. Restaurée en 1820 par un dénommé Diebold, elle a été acquise par l’abbé Mühe pour l’église Saint-Etienne.

17ème siècle. Crucifixion. 12 photos

S’inspirant de Rembrandt et de Dürer, l’artiste y présente plusieurs scènes différentes de la mise en croix du Christ dans lesquelles se répartissent une cinquantaine de personnages.

1687. Après la capitulation de Strasbourg en 1681, l’abbaye est rendue au culte catholique par la France. Des Antonins s’y installent.

1702. Ils sont remplacés par des Visitandines.

1710. Un orgue est attesté. 1716. Construction d’un orgue neuf par André Silbermann.

1718. Les Visitandines ouvrent un pensionnat pour l’éducation des jeunes filles nobles. Pour aller plus loin : Chantal Grell et Arnaud Ramière de Fortanier, L’éducation des jeunes filles nobles en Europe, XVII – XVIIIèmes siècles, Presses de l’université Paris-Sorbonne, 2004.

1792. Les Visitandines sont expulsées.

1944. Les bâtiments romans sont détruits au cours d’un bombardement aérien. Le transept et le chœur, moins endommagés, sont restaurés. La nef est moderne (1961).

Déjà très endommagée au cours du 19e siècle alors qu’elle servait de salle de spectacle, l’église romane fut victime des bombardements aériens de 1944. Seuls subsistent le transept et le chevet à trois absides voûtées en cul de four. Un beau linteau roman représentant deux dragons affrontés est visible dans le croisillon sud.

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Nantes, St-Pierre, François, Anne

Visite de la Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes lors de mon dernier passage dans la ville, en mars 2019 à l’occasion de l’enterrement de mon ami Bernard Bolo de Batz sur-Mer.

Je n’imaginais pas alors qu’un incendie criminel viserait un jour la destruction de la cathédrale. La Justice jugera l’auteur du méfait. Celui-ci connaissait certainement les statues des 4 vertus cardinales encadrant le tombeau du dernier duc de Bretagne : la Force morale, la Tempérance, la Justice, la Prudence. S’est-il plutôt inspiré par le portail central de la façade occidentale, son Jugement dernier et les feux de l’Enfer ?

Tombeau de François II, duc de Bretagne et de sa femme Marguerite de Foix.

Nantes, Saint Pierre, François II, Anne de Bretagne. « Le monument funéraire a été réalisé en matériaux nobles dont le marbre de Carrare au début du XVIe siècle par Michel Colombe (sculpteur, avec son atelier) et Jean Perréal (architecte)… L’ensemble, commandé par Anne de Bretagne pour honorer la mémoire de ses parents, est considéré comme un chef-d’œuvre de la sculpture de la Renaissance française.

Il est également un mémorial de la dynastie des Montfort, et apparaît, dans une vision romantique, comme un symbole marquant de l’histoire de la Bretagne, en tant que tombeau de la nationalité bretonne dans cette époque charnière où l’hommage au dernier duc de Bretagne est rendu par celle dont le mariage conduit l’union de la Bretagne à la France

La Justice, sous les traits de laquelle on croit voir Anne de Bretagne

Les gisants. François II et Marguerite de Foix sont représentés les mains jointes et les yeux clos, portant un costume d’apparat (grands manteaux doublés d’hermine) et une couronne fleurdelisée. Le duc porte en collier l’insigne de l’Ordre de l’Hermine et de l’Épi.

Les quatre vertus cardinales indiquent le chemin vertueux que le prince et que tout homme sont appelés à suivre.

La Force est représentée en armure avec un casque guerrier, car il s’agit d’une vertu virile. Dans l’iconographie de cette vertu, elle est souvent représentée appuyée contre une colonne ou une tour. Ici elle extirpe le dragon de la tour crénelée où il s’est retranché et symbolise donc la force morale qui triomphe du vice et de la tentation. L’expression de son visage reflète une certaine douleur rentrée, comme si l’effort d’arracher le dragon (le Mal) de la tour (le Bien, le for intérieur) ne se faisait pas sans combat intérieur. Elle rappelle le rôle du chevalier chrétien dans la défense de la foi. Elle est coiffée de la dépouille d’un lion dont on aperçoit le mufle, rappelant le premier travail d’Héraclès contre le lion de Némée.

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Les Frères des écoles chrétiennes

1680. Fondation à Reims de la Congrégation des Frères des écoles chrétiennes par Jean-Baptiste de la Salle. 1724. Reconnaissance de la congrégation par Louis XV. 1725. Reconnaissance par le pape Benoît XIII. Source : citations extraites de l’article de Wikipédia.

Album de 13 photos (juin 2020).

Reims. Hôtel des parents de Jean-Baptiste de La Salle

1680. Fondé à Reims par saint Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719) et voué à l’enseignement et à la formation des jeunes, en particulier des plus défavorisés, l’institut des Frères des écoles chrétiennes est une congrégation laïque masculine de droit pontifical à vœux simples. Les frères ne sont pas prêtres. Aux vœux traditionnels de pauvreté, chasteté, obéissance, les frères ajoutent une consécration totale de leur personne à la Sainte Trinité qui conduit à un engagement de stabilité dans la société pour tenir ensemble et par association les écoles gratuites.

1719. A la mort du fondateur, 274 frères enseignaient à 9 885 élèves dans vingt-trois écoles.

1724. La Congrégation obtint de Louis XV des lettres patentes qui lui conféraient la personnalité civile.

1725. Le pape Benoît XIII, par la bulle In Apostolicae dignitatis solio, lui octroya le rang de congrégation religieuse.

Au cours du XVIIIe siècle, l’Institut se développa rapidement. Les programmes d’études étaient particulièrement innovants pour l’époque. Ainsi, au pensionnat d’Angers, comme à Saint-Yon de Rouen, outre le programme des écoles primaires, on enseignait : l’histoire, la géographie, l’histoire naturelle, l’hydrographie, la mécanique, la cosmographie et les langues. On y donnait des cours de sciences et de dessin industriel, des cours de mathématiques et d’architecture. On y pratiquait certains métiers : tissage, travail du fer et du bois.

Principales innovations. Jean-Baptiste de La Salle et ses premiers disciples n’ont pas ouvert un seul type d’école. Ils ont su répondre aux diverses demandes. Ils ont créé :

  • des écoles primaires, gratuites, organisées par classe, adaptées aux enfants : Jean-Baptiste de La Salle recommande l’apprentissage de la lecture dans la langue maternelle. Jusque-là, on apprenait d’abord à lire en latin. Chez les Frères, l’enseignement est simultané, les élèves sont groupés par niveau. Auparavant le maître, l’écolâtre, s’occupait individuellement des enfants.
  • des écoles normales. Jean-Baptiste de La Salle eut pour souci constant d’assurer une sérieuse formation des maîtres, une formation tout à la fois chrétienne et pédagogique, il inaugura un premier Séminaire (ou école normale) de maîtres pour la campagne, à Reims, en 1684 ; un second, en 1685, et un troisième, à Paris, en 1699, ce qui lui valut le titre d’Instituteur des Instituteurs.
  • des cours d’adultes qui permettent à l’ouvrier, à l’apprenti, après sa journée de travail, de perfectionner sa culture intellectuelle, en vue d’élever sa situation, ou tout au moins de l’améliorer. Ainsi des écoles dominicales sont-elles ouvertes, à Paris en 1698 et 1703.
  • des classes de formation professionnelles (préparant à un métier) pour les fils de bourgeois commerçants, où le sens pratique est développé. Les élèves travaillent sur des contrats, des imprimés et autres documents dont ils sauront se servir plus tard. La première école professionnelle est établie à Paris, à la paroisse Saint-Sulpice, en 1699, une seconde est créée à Saint-Yon en 1705.
  • des pensions de force pour la rééducation des enfants difficiles et des jeunes délinquants.

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Peintures du 18ème à Strasbourg

Suite de la chronique, Quiz. 8 peintures françaises du 18ème siècle, musée des Beaux-arts de Strasbourg.

9 peintures du 18ème siècle (Espagne, Flandres, Hollande, Italie), collections du Musée des Beaux-arts de Strasbourg. Ci-dessous citations de quelques notices en ligne.

Album de 23 photos

La Vierge en gloire avec saint Laurent et à saint François de Paule, Gian Domenico Tiepolo (Venise, 1721 – Venise, 1804).

« Ce grand tableau ornait au XVIIIe siècle l’autel principal de l’église de Campolongo al Torre, petite ville du Frioul au nord-est de Venise. Au XIXe siècle, il fut vendu afin de subvenir aux frais de reconstruction du campanile et, vers 1895, acheté par le musée des Beaux-Arts de Strasbourg chez un marchand de Florence.

Il était alors attribué à Giambattista Tiepolo, le plus célèbre des peintres italiens du XVIIIe siècle. À cette époque, on confondait souvent l’œuvre de ce peintre avec celle de son fils Giandomenico, au style très proche, et l’on attribuait volontiers les plus beaux tableaux au père. Ce n’est qu’au cours des dernières décennies que les historiens d’art ont pu départager les œuvres de l’un et de l’autre, mettant en lumière l’originalité et la grandeur de l’art de Giandomenico et lui rendant nombre d’œuvres importantes parmi lesquelles le tableau de Strasbourg ».

Vue de l’église de la Salute depuis l’entrée du Grand Canal, Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto (Venise, 1697 – Venise, 1768), vers 1727.

« Canaletto, peintre vénitien renommé, s’est surtout adonné au genre pictural de la veduta. Ce type particulier du paysage, centré sur la représentation d’une vue de ville, tend à rendre avec précision la réalité, sans pour autant que l’œuvre soit dénuée d’une certaine poésie rendue par la transparence lumineuse.

Canaletto privilégie la représentation des sites et monuments célèbres de la ville de Venise ou de sa lagune et reprend souvent le même sujet dont il donne de multiples variantes.

Le tableau, grâce au support, rayonne de clarté et de luminosité. L’éclairage venant du sud-ouest indique une heure déjà avancée dans l’après-midi et la peinture lisse et fluide donne un effet d’ »après la pluie ».

Canaletto, à destination des riches touristes anglais, rend compte également de la vie quotidienne à Venise, à proximité du Grand Canal : les gondoliers, la présence de marchands, des diplomates venus d’Orient »…

Allégorie du Bon conseil, Francesco Zugno, vers 1750.

« Cette peinture de plafond qui ornait une pharmacie vénitienne est remise dans sa position d’origine et accompagnée d’une élévation dessinée des meubles de l’officine ».

Portrait de Don Bernardo Iriarte,  Francisco de Goya y Lucientes (Saragosse, 1746 – Bordeaux, 1828).

« Bernardo Iriarte était lié d’amitié avec Goya. Il faisait partie de ces Illustrados (« hommes éclairés ») qui entreprirent à la fin du XVIIIe siècle de sortir l’Espagne de sa léthargie intellectuelle et sociale, et de l’ouvrir au « siècle des lumières ». Libéraux, ils sympathisèrent avec les idées de la Révolution française. Plusieurs devaient s’engager aux côtés du roi Joseph, le frère de Napoléon, de 1808 à 1813. Iriarte fût de ceux-là et dût s’exiler comme Goya, après la guerre d’Espagne.

Le portrait a été exécuté en 1797, au moment où ces Illustrados étaient provisoirement arrivés au pouvoir et où Iriarte avait été nommé ministre de l’Agriculture. Que Goya portraiture plusieurs des hommes les plus éminents de ce parti libéral, ainsi que Guillemardet, ambassadeur de la République française est d’ailleurs l’une des indications les plus fiables quant à ses inclinations idéologiques personnelles. La première personnalité étrangère qu’il ait peinte, en 1798 précisément, était un régicide !

On doit relever l’extraordinaire qualité picturale du tableau et ce qu’elle annonce de l’impressionnisme par la fragmentation de la touche ».

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Dürrenmatt. La Satire angoissante

Friedrich Dürrenmatt, La satire dessinée. Strasbourg, Musée Tomi Ungerer, exposition du 3 juillet au 31 octobre 2020.

Autoportrait (sans date)

Une exposition d’une actualité troublante. Je l’aurais intitulée, pour ma part et en pensant à la pandémie Covid-19, Dürrenmatt. La Satire angoissante.

Album de 28 photos (3 juillet 2020).

Les dessins de Friedrich Dürrenmatt sur les dérives du pouvoir donnent froid dans le dos.

De même, dans un livre pour les enfants, La patrie dans l’affiche, illustre l’épidémie de typhus qui a contaminé en 1963 la célèbre station de Zermatt, et que les autorités ont voulu dissimuler. A travers ce fait d’actualité, il se livre à une critique acerbe de la société suisse.

Dans le même livre pour enfants, des dessins féroces contre les enseignants suisses, Devenez enseignants.

Biographie. « Friedrich Dürrenmatt, fils de pasteur, naît en 1921 à Konolfingen dans l’Emmental et décède à Neuchâtel en 1990, où il a vécu 38 ans. Il a avant tout acquis une notoriété internationale avec ses pièces de théâtre, Les fous de Dieu (1947), La Visite de la Vieille Dame (1956) et Les Physiciens (1962), ainsi qu’à travers les adaptations cinématographiques de ses romans policiers tels que Le Juge et son Bourreau (1952) ou La Promesse (1958). Ses essais philosophiques et son œuvre tardive autobiographique, de même que son œuvre picturale, sont moins connus ».

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