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Sarrebruck, Moderne Galerie

Sarrebruck, Moderne Galerie, Œuvres.

Chronique en 4 parties et 64 photos :

  • Franz Marc, Le Petit Cheval Bleu
  • Trois autoportraits. Max Slevogt, Lovis Corinth et Max Liebermann
  • Max Beckmann et Otto Dix
  • Fabienne Verdier. Dans l’œil du cosmos.

« L’extension de la Moderne Galerie a donné un souffle nouveau au Musée. Il dévoile maintenant un large éventail de ses trésors, tels que des impressionnistes et des expressionnistes, des productions de l’École de Paris ou des acquisitions récentes, jamais ou rarement montrées.

La Galerie d’Art Moderne héberge l’une des collections impressionnistes et expressionnistes les plus importantes ainsi que les œuvres artistiques des informels allemands : Die Brücke, Der Blaue Reiter, Die Berliner Secession (Max Liebermann, Lovis Corinth, Max Slevogt, Ernst Ludwig Kirchner, Max Pechstein, Otto Mueller).

La Galerie d’art moderne comprend également le jardin des sculptures aux vastes dimensions qui regroupe de nombreuses créations dont la Vénus sans bras, sculpture en bronze d’Aristide Maillol ».

Partie 1. Parmi la collection, le très célèbre Cheval bleu (1912) de Franz Marc (1880-1916). Source : Le Petit Cheval Bleu, Dossier pédagogique.

Diaporama de 5 photos.

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« À travers un récit presque fantastique, l’album Le Petit Cheval bleu est  l’occasion de découvrir une œuvre expressionniste de Franz Marc mais aussi de travailler sur les couleurs, de s’interroger sur leur pouvoir symbolique et d’aborder, grâce au petit cheval bleu, la peinture animalière ».

Partie 2. Le style Plein air allemand. Trois autoportraits.

Max Slevogt, Lovis Corinth et Max Liebermann figurent parmi les principaux représentants du style Plein air allemand.

Diaporama de 28 photos.

A. Max Slevogt (1868-1932), peintre, graveur et dessinateur allemand impressionniste. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« De 1885 à 1889, Max Slevogt étudie à l’Académie des beaux-arts de Munich. Ses premières toiles s’expriment dans des tons sombres. À la fin de ses études, il vient à Paris et entre à l’académie Julian. En 1896, il donne quelques dessins à des journaux comme Simplicissimus et Jugend et l’année suivante il a droit à sa première exposition à Vienne ».

B. Lovis Corinth (1858-1925). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« 1876. Il entre à l’Académie des beaux-arts locale. En 1880, il continue ses études à l’Académie des beaux-arts de Munich, ayant pour condisciple et ami Ludwig Schmid-Reutte, puis, en 1884, s’installe à Paris où il étudie dans l’atelier de Bouguereau. Entre-temps, en 1882, il fait son service militaire. 1887, Berlin et à nouveau Königsberg ; ensuite, il s’établit à Munich (1891).

En 1896, il commence à vivre de son art après avoir vendu un de ses tableaux, La Déposition (1895, musée Wallraf-Richartz de Cologne), au peintre Martin Feuerstein.

En 1901, il s’installe de nouveau à Berlin, où il fonde une école privée de peinture. Il devient l’un des membres les plus actifs de la Sécession berlinoise avec Max Liebermann ».

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Allemagne. 4 musées d’Art moderne

Quatre Musées d’Art moderne et contemporain en Allemagne : la Galerie d’Art moderne à Sarrebruck, le Musée Frieder Burda à Baden-Baden, le Musée Wurth à Schwäbisch Hall, l’Orangerie de Karlsruhe.

Partie 1. Galerie d’Art moderne à Sarrebruck. Source : site Archello, extraits de l’article L’extension de la Galerie.

Diaporama de 17 photos.

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« En 2009, les travaux d’agrandissement de la Moderne Galerie à Sarrebruck ont débuté, mais ils se sont arrêtés en 2011, laissant le bâtiment inachevé. L’année suivante, un appel d’offres public pour un nouveau concept de façade a été remporté par le cabinet d’architecture Kuehn Malvezzi avec l’artiste Michael Riedel. Leur projet part des controverses qui ont accompagné l’agrandissement du musée pour repenser la relation entre le musée et la sphère publique.

Bien que le cahier des charges se soit limité à la façade, Kuehn Malvezzi et Riedel ont étendu le projet à l’espace ouvert autour de la Moderne Galerie. Ils ont étudié la grille du plan moderniste de Hanns Schönecker et l’ont transformée en une surface continue et pavée qui maintient ensemble les galeries et le jardin de sculptures. La façade du nouveau bâtiment est ensuite créée simplement en coupant et en pliant la surface autour de ses murs.

Riedel est connu pour ses travaux théoriques basés sur des techniques d’enregistrement, d’étiquetage et de lecture. À Sarrebruck, il a utilisé la transcription du débat final qui s’est tenu au Parlement sarrois le 22 avril 2015 sur l’agrandissement de la Moderne Galerie. Il a disposé le texte en surface, en agrandissant chaque occurrence du mot « musée ». Les lettres sont imprimées directement sur les panneaux de pierre de 4 x 4 m, rendant ainsi le débat politique visible par tous ».

« L’intervention de Kuehn Malvezzi et Michael Riedel se focalise sur l’interface publique du musée – la nouvelle membrane crée une continuité entre l’espace ouvert et les salles d’exposition. Ainsi, l’art repositionne la Moderne Galerie dans l’espace public après une période de désaccord sur son avenir. Le projet suggère que l’architecture peut être quelque chose de plus qu’un exercice de création de formes – elle peut être un moyen de reconceptualiser et d’exposer ce qui existe déjà ».

La galerie d’art moderne de Sarrebruck, après 15 mois de fermeture pour travaux, s’est agrandie d’une nouvelle aile, de huit salles et d’un espace central ».

Partie 2. Baden-Baden, musée Frieder Burda. Sources : ci-dessous.

Hommage à Frieder Burda, né le 29 avril 1936, décédé 14 juillet 2019. Imprimeur, devenu collectionneur d’art, fondateur du Musée éponyme, et citoyen honoraire de Baden-Baden. Source : ma chronique d’Histoires d’universités : Frieder Burda, collectionneur.

Pour aller plus loin : neuf chroniques sur les expositions chez Burda, depuis 2010.

Le musée Frieder Burda. Source : article de Wikipédia.

Exposition en cours : Les Peintres du Cœur-Sacré.

Architecte du Musée : Richard Meier.

Exposition 2010 : Tout Miro.

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La Belle Strasbourgeoise pleure

Strasbourg, samedi 17 septembre 2022, place du château devant l’entrée du Palais Rohan, la belle Strasbourgeoise pleure.

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Toile de Nicolas de Largillierre (1656-1746), peintre français, l’un des portraitistes les plus réputés des 17ème et 18ème siècles. A sa mort, il aurait laissé plus de 4 500 portraits. Ma chronique du 9 septembre 2021 n’en présente que cinq !

Diaporama de 15 photos.

La centaine de manifestants semble chanter Brel : Ne nous quitte pas, Belle Strasbourgeoise !

Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
À savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
À coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Il faut oublier la déraisonnable et assassine réforme des jours et des heures d’ouverture de 8 musées strasbourgeois, imposée par la mairie de Strasbourg. La rejeter en bloc et totalement. Maintenir le statu quo au-delà du 1er octobre 2022.  Ne commencer la négociation que lorsque sera sur la table un dossier-bilan écrit, reprenant chaque point de l’argumentaire de la mairie, et le publier sur le site de l’euro métropole.

J’ai publié ma contribution au débat dans la chronique Strasbourg. Braderie des musées : 1 proposition générale et 7 propositions particulières.

Partie 2. Comment et quand m’est venu l’Amour de l’Art ? C’était en 1965 grâce à Pierre Bourdieu.

In Memoriam, Pierre Bourdieu, Chronique d’Histoires d’universités, 7 février 2022.

« Pierre Bourdieus associait des étudiants aux recherches qu’il menait. Celle sur la fréquentation des musées, en 1965.

L‘enquête. Nous sommes trois étudiants, positionnés dans le hall d’entrée du musée des Beaux-arts de Lille. Pour chaque visiteur ou groupe, nous notons l’heure d’arrivée et les moyens de reconnaître chacun/e, une fois la visite terminée. Nous posons alors et rapidement quelques questions : fréquence de visite de musées, catégorie sociale d’appartenance, heure d’arrivée et de sortie. L’hypothèse générale de la recherche : les classes supérieures fréquentent davantage les musées que les classes populaires, ces dernières s’y ennuyant quelque peu (visite de durée plus longue que celle notée par nous). La problématique n’est pas originale mais les résultats en sont prouvés par des enquêtes. Ils ne procèdent pas d’opinions ».

Partie 3. Les résultats sont publiés dans Pierre Bourdieu et Alain Darbel, L’Amour de l’Art : les musées et leur public, Paris, Éditions de Minuit, 1966.

« L’accès aux trésors artistiques est à la fois ouvert à tous et interdit en fait au plus grand nombre. Qu’est-ce qui sépare des autres ceux qui fréquentent les musées ? Les amoureux de l’art vivent leur amour comme affranchi des conditions et des conditionnements. Ne fallait-il pas qu’ils fussent prédisposés à recevoir la grâce pour aller à sa rencontre et pour l’accueillir ? Pourtant, le musée est un des lieux où l’on ressent le plus vivement le poids des obligations mondaines : la pratique obligée peut-elle conduire à la vraie délectation ou bien le plaisir cultivé est-il irrémédiablement marqué par l’impureté de ses origines ? Chaque visiteur des musées est enclin à suspecter la sincérité des autres : mais ne trahit-il pas par là qu’il sait que son amour doit aux arguments de la raison et à la force de la coutume autant qu’à l’inspiration du cœur ?

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Faire-part de décès des 18 et 19ème

Partie 1. Exposition d’Hervé Bohnert & Collections Privées. Immortels. Collectionner la mort. 1850-1950. Source : La Trézorerie, 35 rue du Fossé des Treize, Strasbourg.

Les faire-part de décès. Diaporama de 22 photos.

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Texte en latin ou en français. Professions : un clerc, une femme d’avocat, un professeur de philosophie émérite, un médecin du Corps de S.A.C. de la Souveraine Justice de Liège, une femme sans profession, épouse de…

Christ en croix. Dessin plume milieu XIX sur papier froissé. Écriture en bas de dessin : Pour Mesdemoiselles A et L de W. Vendu Hors cadre. Prix 320 euros.

Marie. Imagerie Religieuse. Wissembourg – Imprimerie Wentzel (Frédéric-Charles, 1839-1877), lithographie rehaussée. Dans un cadre Louis Philippe. Format : 41 x 50 com. Prix 120 euros.

Partie 2. Des faire-part pas comme les autres : l’exemple des billets de décès. Source : Anne-Charlotte Pivot, Patrimoine du Grand Troyes, 29 octobre 2021.

« Si le faire-part de naissance ou le faire-part de mariage est une tradition connue de tous, la coutume du faire-part de décès s’est peu à peu effacée dans nos sociétés modernes au profit des rubriques nécrologiques par voie de presse, avant de prendre une forme dématérialisée sur les sites internet consacrés aux avis de décès, oscillant ainsi entre sphère privée et sphère publique ».

« Mais qu’est-ce qu’un faire-part de décès ? Plus communément appelés billet  ou placard de décès sous l’Ancien régime, ces feuillets de papier avaient pour fonction première d’annoncer la mort d’une personne en indiquant le nom de défunt, ses proches parents, son adresse, son lieu et sa date de naissance et de mort, ainsi que le jour, l’heure et l’église où avait lieu l’office pour l’enterrement.

Traditionnellement, aux 17e et 18e siècles, des crieurs publics arpentaient les rues des villes pour annoncer le décès et préparer la pompe funèbre, pendant que des sermonneurs distribuaient des billets de morts aux habitants afin de les convier à l’enterrement du trépassé.

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Strasbourg. H. Bohnert, Immortels

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Strasbourg. Expo Hervé Bohnert, Immortels. La mort, avenir du genre humain ?

Diaporama de 26 photos.

Partie 1. La Trézorerie. Espace collaboratif à Strasbourg dédié à la valorisation des collections privées et des fonds du patrimoine collectif. Source : site de la Trézorerie.

Collection • Collectionneur • Collectionnisme

« Le collectionnisme consiste en une série d’actes automatiques ou semi-automatiques concourant à rechercher et à réunir en un lieu donné des objets d’une ou plusieurs espèces sans qu’il y ait à cette recherche et à cette réunion un but utile, logique et pratique pour la collectivité ou pour l’espèce, avec ce caractère essentiel que le sujet éprouve une joie ou un sentiment de satisfaction en faisant sa récolte, tend à la conserver jalousement et ressent pour elle un attachement plus ou moins vif ».

Partie 2. Hervé Bohnert expose à la Trézorerie : Immortels. Collectionner la mort (1850-1950). Présentation de l’artiste sur le site FondationFrances.

« Né à Strasbourg en 1967, Hervé Bohnert s’inscrit dans l’art brut, boulanger au petit matin, l’après-midi il quitte les fourneaux pour son atelier strasbourgeois. Son indépendance et son apprentissage autodidacte le projettent dans une liberté totale. Pluridisciplinaire son œuvre gravite autour de thématiques évoquant la mort, un univers sombre et hors normes qui laisse place à une créativité inépuisable.

Il retravaille des sculptures les dotant d’une tête squelettique reprenant des iconographies religieuses, il dessine et peint des formes cadavériques et crée des installations nous ramenant dans des cimetières ornés de croix funéraires. La vanité et le spectre des défunts rodent dans son travail, l’artiste arpente les vides greniers à la recherche  d’objets anciens à exploiter. De manière paradoxale, il redonne vie à une matière, la confrontant à celle qui l’enlève ».

Partie 3. Présentation d’Hervé Bohnert par Patrick Bailly-Maître-Grand. Source : site de l’artiste.

« Pas vraiment photographe ni sculpteur, pas vraiment plasticien, pas du tout dans le système et donc totalement libre, Hervé Bohnert est un de ces artistes intuitifs et spontanés qui œuvrent comme d’autres respirent. Une seconde vie accordée par la grande faucheuse qui semble s’amuser à tendre ses deux doigts en V au-dessus des têtes, pour un gag triomphant.

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1717-1756. François-A. de Rohan

François-Armand-Auguste de Rohan (1717-1756) : une carrière ecclésiastique hors-pair. En partie 2 de la chronique : son discours de réception à l’Académie française en 1741.

Estampe allégorique de congratulation au Cardinal de Rohan Ventadour (François-Armand-Auguste de Rohan). Estampe photographiée en novembre 2021 au Cabinet des Estampes et des Dessins de Strasbourg

Diaporama de 9 photos.

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Partie 1. Brève biographie de François-Armand de Rohan, dit cardinal de Soubise. Source : article de Wikipédia.

« Homme d’Église français, né à Paris le 1er décembre 1717 et mort le 28 juin 1756 à Saverne, prince de Rohan. Jeune, on l’appelle prince de Tournon, puis abbé de Ventadour.

Il est le petit-neveu de son prédécesseur à Strasbourg, Armand Gaston Maximilien de Rohan dont il fut le coadjuteur et le frère de Charles de Rohan, prince de Soubise.

1730 (13 ans). Chanoine de l’église cathédrale de Strasbourg.

1736 (19 ans). Abbé de Saint-Epvre au diocèse de Toul.

1737 (20 ans). Abbé-prince de Murbach et de Lure.

1738 (21 ans). Louis XV offrant la Paix à l’Europe, esquisse du frontispice de la thèse soutenue en Sorbonne le 7 mars 1738 par François Armand de Rohan-Soubise. Musée des Arts Décoratifs (Palais Rohan, Strasbourg). Œuvre de François Lemoyne. Lire la chronique du blog.

1739 (22 ans). Recteur de l’université de Paris.

1741 (24 ans). Membre de l’Académie française le 15 juillet.

1742 (25 ans)Coadjuteur de Strasbourg puis quatre mois après, évêque in partibus de Ptolémaïde en Palestine.

1745 (28 ans). Louis XV le choisit comme grand aumônier de France.

1747 (30 ans). Cardinal.

1749 (32 ans). Prince-évêque de Strasbourg et abbé commendataire de La Chaise-Dieu. Il se défait de l’abbaye de Saint-Epvre. Chronique du blog : De Rohan, abbés commendataires.

1756 (39 ans). Meurt à Saverne d’une phtisie » ».

Partie 2. Discours de réception à l’Académie française par M. L’Abbé de ROHAN-VENTATOUR, lorsqu’il fut reçu à la place de M. le Duc Charles-Armand-René de la Trémoille. Discours prononcé le 30 Décembre 1741. Source : Académie française.

« Messieurs, 

JE me préfente à vous plein de vénération, de refpect & de reconnoiffance. Je fais tout ce qui eft dû à vos talens & à l’utilité dont ils font pour les Lettres & pour la gloire de la Nation Françoife. Je fais auffi tout ce que je vous dois perfonnellement ; & mon cœur eft pénétré de ces deux objets, qu’il m’eft impoffible de développer ici ce qui fe paffe en moi. Pourrois-je y parvenir, quand même pendant une longue fuite d’années j’aurois eu l’avantage de profiter des inftructions qu’on puife dans cette illuftre Compagnie, pour exprimer dignement ce que l’on fent & ce que l’on doit fentir ?

 Je n’entreprendrai donc point de porter aujourd’hui à l’Académie le jufte tribut des éloges qu’elle s’affure chaque jour de plus en plus par fes glorieux travaux, encore moins de lui expliquer toute l’étendue de mes fentimens pour elle. Si je ne fuis pas affez heureux pour les rendre tels qu’ils font, j’ai la consolation de pouvoir dire avec confiance qu’ils font tels qu’ils doivent être, & qu’ils ne s’effaceront jamais.

Au refte, lorfque le concours de vos fuffrages a déterminé votre choix en ma faveur, lorfqu’ajoutant un fecond bienfait au premier, vous m’avez autorifé à m’écarter de vos ufages, & à différer ma réception pour ne point interrompre le cours des études auxquelles j’étois livré, je crois avoir démêlé le motif de vos bontés, & la fageffe de vos vues.

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Élisabeth II couronnée. Souvenir

« Élisabeth II accède au trône britannique le 6 février 1952, à l’âge de 25 ans, à la mort de George VI. Son couronnement, le 2 juin 1953, est le premier à être retransmis à la télévision« .

Le 2 juin 1953, j’ai un peu plus de huit ans et demi. Je suis le cadet de quatre enfants. J’habite Tourcoing dans le Nord (59).

Ma maison natale, vendue après la mort des parents en 1997, photographiée en 2013

Partie 1. Souvenirs. Sur le trottoir, posté devant la vitrine d’un magasin d’électroménager de la rue du Brun-Pain, à 500 mètres de la maison de mes parents, je regarde, fasciné, une petite télé en noir et blanc ; on n’en entend pas le son.

En cours, une émission sur le mariage d’un couple important, vue la richesse et la complexité du décorum. Quelques adultes, scotchés sur le trottoir comme moi, parlent d’un mariage royal, celui de la reine d’Angleterre Élisabeth 2, avec le duc d’Édimbourg.

J’ai mémorisé précisément cette scène, pour toujours et sans le vouloir, comme si c’était une photo que je venais de sortir d’une boite.

La mémoire est sélective. Ce que j’observe alors, c’est un film projetable chez soi sur tout petit écran. Un modèle réduit de cinéma. Qu’importe pour moi ce que cette machine nouvelle donne à voir, en l’occurrence ici, des gens du monde. J’aimerais qu’il y en ait une chez moi. Pire, je pense qu’il faut en avoir une chez soi.

La télévision n’est arrivée chez les parents que bien plus tard. Au milieu des années 60… quand les quatre enfants furent partis de la maison.

L’église Sainte-Anne, sur la place bordant la rue du Brun-Pain, photographiée en 2013.

Partie 2. Pour en savoir plus. Isabelle Gaillard, Télévision et chronologies, Hypothèses, 2004/1 (7), pages 171 à 180.

« Au début des années 1950, le téléviseur est présent dans moins d’un pour cent des foyers français. En 1984, 92 % des ménages disposent d’un récepteur de télévision. Ils regardent le petit écran près de deux heures et demie par jour, soit 20 heures par semaine environ, chiffre qu’atteignait à peine l’offre télévisuelle en 1951. Pourtant, au cours de ces trente années, la télévision ne semble pas se contenter de s’inscrire quantitativement dans le temps des Français mais, comme l’indiquent Gisèle Bertrand et Pierre-Alain Mercier : elle participe à la construction et à la structuration du temps quotidien. Elle semble introduire dans le quotidien, en même temps que son objet, sa propre chronologie, la grille de programmes. Trois étapes paraissent marquer ce redécoupage progressif et cette restructuration des temps quotidiens.

Les années 1950 seraient celles d’une chronologie souple, encore tâtonnante et peu coercitive. La télévision fait ses débuts. Elle cherche son public. Elle expérimente de nouveaux cadres chronologiques. Avec les années 1960, la télévision fixe sa chronologie. Elle s’appuie sur un outil efficace et contraignant, la grille de programmes. Alors que l’étrange lucarne gagne une grande partie des foyers français, un nouveau calendrier quotidien semble s’élaborer. Des repères chronologiques neufs se fixent, ceux du petit écran. Avec les années 1970 et le début des années 1980, un double mouvement d’assouplissement et de réappropriation semble se faire jour avec la diversification et la hausse de l’offre des programmes, la banalisation de la télévision, et l’apparition de nouveaux outils pour maîtriser le temps télévisuel, le magnétoscope et la télécommande.

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Strasbourg. Braderie des musées

A propos de l’excellent article de Danae Corte et Jean-François Gérard, Les musées de Strasbourg fermeront deux jours par semaine et de 13h à 14h, Rue89 Strasbourg, 31 août 2022.

Je suis un inlassable visiteur de musées. A Strasbourg, en Alsace, en France et en Europe (je serai prochainement à Sarrebruck). Depuis 2009, 624 visites de Musées, chroniquées sur mon blog Histoires d’universités et plus de 10 000 photos d’œuvres.

Tout est mauvais dans la réforme pointilliste orchestrée par la Ville. Il faut la jeter. Sinon, la fréquentation des 8 musées, par les touristes étrangers en particulier, va inéluctablement diminuer, conduire à la fermeture de certains d’entre eux, ou à celle d’une partie de leurs salles, ou à l’enfermement dans les réserves d’une partie croissante des collections. Les expositions temporaires se raréfieront.

Le développement de la culture muséale n’est-il pas aussi bénéfique pour la Vie que celui des pistes cyclables ?

Une contre-proposition générale et 7 propositions particulières.

Je propose à la Ville et à l’Eurométropole d’abandonner leur projet et d’annoncer : toutes les salles des huit musées de Strasbourg seront ouvertes, tous les jours de la semaine de 10 à 18 heures de mars à octobre, de 11 à 17 heures de novembre à février.

Proposition 1. Accroître l’emploi. Il faut cesser de jeter la pierre aux personnels absentéistes (La Lapidation de Saint Étienne).

Il faut augmenter le nombre de fonctionnaires territoriaux, de contractuels de droit public, tout en allégeant le coût de la main-d’œuvre par le recrutement de jeunes apprentis de la fonction publique territoriale et de stagiaires rémunérés, choisis dans les filières de formation ad hoc de l’enseignement supérieur.

Proposition 2. Organiser des braderies chaque trimestre pour vendre, à des prix attractifs, les œuvres jamais ou rarement exposées.

Proposition 3. Proposer, en billetterie, d’acheter des bons de soutien aux 8 musées, en particulier aux visiteurs bénéficiant d’un accès gratuit (du type Pass Musées).

Propositions 4. Faire réaliser des audits indépendants et en attendre des bilans financiers et des propositions sur les points suivants :

Avenir du 5ème lieu ? Chronique du 19 février 2020.

Legs opérés pour des raisons fiscales ? Devenir des œuvres, passée leur présentation dans une exposition temporaire ? Chronique du 15 décembre 2019. La collection de Jeannine Poitrey et Marie-Claire Ballabio comprend 17 peintures et 40 dessins et gravures,

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1725. Delft, Cavaliers et démons

Manufacture et Musée de Sèvres, Restauration. Cavaliers et démons. Panneau de 63 carreaux. Manufacture de Grieksche, faïence stannifère, décor de grand feu, Delft (Pays-Bas), vers 1720-1725, acquis en 1988. Extraits de la Lettre d’information, septembre 2022.

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« S’inspirant des paravents chinois, de grands panneaux de carreaux sont créés à Delft au XVIIIe siècle. Ils ornent alors piscines, luxueuses cuisines et salles de bains ou lieux de réception des palais européens. Les jardins et pagodes, peuplés de guerriers, de divinités, de démons et de dragons représentés sur ce panneau répondent parfaitement au goût de l’époque pour l’exotisme ».

« Jusqu’alors conservé dans les réserves du musée, ce panneau a fait l’objet d’une restauration de 6 mois, à Sèvres, coordonnée par la conservatrice Laure Chambert-Loir et effectuée par Célia Casado, Marie-Christine Nollinger et Agathe Petit ».

« Les 63 carreaux ont été nettoyés, consolidés, collés et, quand c’était nécessaire, comblés et repris sur la couleur. La perception d’ensemble de la scène a donc été restituée tout en conservant à l’œuvre les marques de son histoire ».


Découvrez en exclusivité la vidéo de l’accrochage du panneau
 
Vidéo Youtube de 2’26

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1774-1778. Voltaire se meurt

François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778) est un écrivain, philosophe et encyclopédiste qui a marqué le XVIIIe siècle.

Musée Antoine Lecuyer, Saint-Quentin. Cliquer sur les images pour les agrandir

Sources : Extraits d’articles de Wikipédia : Voltaire (1694-1778), D’Alembert (1717-1783), Condorcet  (1743-1794). 

Voltaire par Quentin de la Tour, vers 1735

Partie 1. Correspondance secrète entre Voltaire, D’Alembert, Condorcet : 150 lettres entre 1770 et 1778, publiées par Linda Gil en 2021, chez Payot-Rivages.

Bonnes feuilles pour les lettres de l’année 1774 : diaporama de 16 photos.

1773. Depuis le début de février, Voltaire, exilé à Ferney, souffre d’un cancer de la prostate (diagnostic rétrospectif établi de nos jours grâce au rapport de l’autopsie pratiquée le lendemain de son décès). La dysurie est majeure, les accès de fièvre fréquents ainsi que les pertes de connaissance.

Le 8 mai, il informe d’Alembert : Je vois la mort au bout de mon nez. Les mictions sont difficiles. L’été 1773, des forces reviennent.

1774. Mais la crise de rétention aiguë d’urines de février 1773 le reprend en mars.

1774 (10 mai). Louis XV meurt de la petite vérole. Louis XVI lui succède.

Lettre 69 (15 juin 1774), Voltaire à D’Alembert. « Le feu roi ne voulait et ne pouvait vouloir que le bien, mais il s’y prenait mal. Son successeur semble inspiré par Marc Aurèle. Il veut le bien et il le fait ».

Lettre 71 (22 juillet 1774), Condorcet à Voltaire. « Vous savez sans doute le nomination de M. Turgot. Il ne pouvait rien arriver de plus heureux à la France et à la raison humaine. Jamais il n’est entré dans aucun conseil de monarque d’homme qui réunit à ce point la vertu, le courage, le désintéressement, l’amour du bien public, les Lumières et le zèle pour les répandre ».

Lettre 75 (28 septembre 1774), Voltaire à D’Alembert et Condorcet. « Le chevalier de La Barre (1745-1766) subit en personne son horrible supplice, et le fils du président d’Etallonde fut exécuté en effigie sous les yeux de son père qui demanda aussitôt pour lui la confiscation du bien que le jeune homme tenait de sa mère ; il garda ce bien, et n’a jamais assisté son fils. Il y a de belles âmes ».

« Ce martyr alla se faire soldat à Wesel… Le roi de Prusse lui a donné une sous-lieutenance et me l’a envoyé au mois d’avril dernier. Vous saurez que ce jeune homme est le plus sage, le plus doux, le plus circonspect que j’aie jamais vu… Je voulais lui faire obtenir sa grâce par la protection du feu roi ; celui-ci mourut au mois de mai… Je m’adressai à M. le chancelier de Maupeou (1714-1792) qui me promit la grâce, qui arrangea tout pour favoriser pleinement d’Etallonde ».

Mais aussitôt il est envoyé en exil pour Roncheroles. « Sur les conseils de Maurepas, Louis XVI renvoie Maupeou en lui retirant les sceaux le 24 août 1774, rappelle les anciens magistrats de leur exil et rétablit, deux mois plus tard, les Parlements dans leur état antérieur, anéantissant la réforme du chancelier » (chronique d’Histoires d’Universités, 15 décembre 2020, 1771. Maupéou réforme la Justice).

Dans l’affaire d’Etallonde, Voltaire perd aussi le soutien de Turgot.

1776 (13 mai). « Avec tous ces ennemis, la chute de Turgot (1727-1781) est certaine, mais il tente de rester à son poste assez longtemps pour finir son projet de la réforme de la Maison du roi, avant de démissionner. Cela ne lui est même pas accordé : le 12 mai, on lui ordonne d’envoyer sa démission. Il se retire, dès le 13 mai 1776, partant pour La Roche-Guyon au château de la duchesse d’Enville, puis retourne à Paris, où il consacre le reste de sa vie aux études scientifiques et littéraires ».

Les autres lettres de 1774 portent également sur les affaires De La Barre et Etallonde.

Pour aller plus loin : Christiane Mervaud, Voltaire et Frédéric II : une dramaturgie des Lumières, 1736-1778, compte-rendu par Desné Roland, Dix-Huitième Siècle, Année 1986, 18, pp. 532-533.

Diaporama de 4 photos.

Partie 2. 1778, La dernière année : la reconnaissance inespérée, le retour à Paris, une confession et un  enterrement rocambolesques. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

Musée de la Folie Marco, Barr (67)

1778 (février). « Les nouvelles autorités font comprendre à ses amis qu’on fermerait les yeux si Voltaire  se rendait aux répétitions parisiennes de sa dernière tragédie. Après beaucoup d’hésitations, il décide de rallier la capitale en février à l’occasion de la création d’Irène à la Comédie-Française. Il arrive le 10 février et s’installe dans un bel appartement de l’hôtel du marquis de Villette.

Voltaire a la surprise de voir des dizaines de visiteurs envahir la demeure du marquis de Villette qui va devenir pendant tout son séjour le lieu de rendez-vous du Tout-Paris Philosophe ».

1778 (30 mars). « C’est le jour de son triomphe à l’Académie, à la Comédie-Française et dans les rues de Paris. Sur son parcours, une foule énorme l’entoure et l’applaudit. L’Académie en corps vient l’accueillir. Il assiste à la séance, assis à la place du directeur. À la Comédie-Française, l’enthousiasme redouble. Le public est venu pour l’auteur, non pour la pièce. La représentation d’Irène est constamment interrompue par des cris. À la fin, on lui apporte une couronne de laurier dans sa loge et son buste est placé sur un piédestal au milieu de la scène. La foule s’exclame : Vive le défenseur des Calas !

Buste de Voltaire, atelier de Jean-Baptiste Lemoyne, non daté. Musée Antoine Lecuyer

Voltaire peut mesurer ce soir-là l’indéniable portée de son action, même si la cour, le clergé et l’opinion antiphilosophique lui restent hostiles et se déchaînent contre lui et ses amis du parti philosophique, ennemis de la religion catholique ».

1778 (mars). Voltaire a 83 ans. Atteint d’un mal qui progresse insidieusement pour entrer dans sa phase finale, Voltaire se comporte comme s’il était indestructible. Son état de santé et son humeur changent pourtant d’un jour à l’autre. Il envisage son retour à Ferney pour Pâques, mais il se sent si bien à Paris qu’il pense sérieusement à s’y fixer. Madame Denis, ravie, part à la recherche d’une maison. Il veut se prémunir contre un refus de sépulture. Dès le 2 mars, il fait venir un obscur prêtre de la paroisse de Saint-Sulpice, l’abbé Gaultier, à qui il remet une confession de foi minimale (qui sera rendue publique dès le 11 mars) en échange de son absolution.

1778 (28 mars). Il écrit à son secrétaire Wagnière les deux lignes célèbres : Je meurs en adorant Dieu, en aimant mes amis, en ne haïssant pas mes ennemis, et en détestant la superstition.

1778 (à partir du 10 mai). « Malgré l’assistance du docteur Théodore Tronchin, ses souffrances deviennent intolérables. Pour calmer ses douleurs, il prend de fortes doses d’opium qui le font sombrer dans une somnolence entrecoupée de phases de délire.

La conversion de Voltaire, au sommet de sa gloire, aurait constitué une grande victoire de l’Église sur la Secte philosophique. Le curé de Saint-Sulpice et l’archevêque de Paris, désavouant l’abbé Gaultier, font savoir que le mourant doit signer une rétractation franche s’il veut obtenir une inhumation en terre chrétienne. Mais Voltaire refuse de se renier. Des tractations commencent entre la famille et les autorités soucieuses d’éviter un scandale. Un arrangement est trouvé. Dès la mort de Voltaire on le transportera comme malade à Ferney. S’il décède pendant le voyage, son corps sera conduit à destination.

1778 (30 mai). Voltaire meurt dans l’hôtel de son ami le marquis de Villette.  

1778 (31 mai). « M. Try, chirurgien, assisté d’un M. Burard, procède à l’autopsie ».

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