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L’esthétique des Trente Glorieuses

Il faut rouvrir les musées (chronique du blog du 17 mars 2021). D’ailleurs… pourquoi sont-ils fermés depuis cinq mois et demi ?

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Quels arguments ont été avancés ? Trop facile de dire que c’était pour éviter ou réduire la diffusion du virus. Que le gouvernement prouve donc qu’il y a eu des contaminations à partir des musées quand ils été rouverts pendant le 1er déconfinement. Qu’il prouve qu’il aurait été impossible de fixer une jauge pour leur fréquentation, de vendre leurs billets en ligne, d’établir un parcours de visite sans retour en arrière possible, tout en fermant leurs cafétérias.

La publication de L’esthétique des Trente Glorieuses renforce ma furieuse envie de retourner dans les musées, en particulier dans ceux mentionnés dans le bel ouvrage publié sous la direction de Gwenaële Rot et François Vatin : Paris, Caen, Le Havre, Saint-Lô, Nancy, Strasbourg…

  • L’esthétique des Trente Glorieuses sous la direction de Gwenaële Rot et François Vatin avec la collaboration de 24 spécialistes, Illustria Librairie des musées, 2021, format : 240 x 320 mm, environ 240 illustrations en couleurs, 296 pages, prix public : celui d’un ouvrage d’art, 45,00 €.

Titres principaux de la table des matières. Construire plus fonctionnel et plus beau, Un nouveau décor. Représenter l’industrie. Art et économie dans la France du redressement industriel…

4 pages de l’éditeur : couverture, liste des auteurs, table des matières, 4ème de couverture

Extrait de la 4ème de couverture. « On considère avec nostalgie les Trente glorieuses comme si, dans les années 1945-1975, avait régné l’abondance économique, alors qu’il fallait d’abord reconstruire un pays en ruine, mais on dénigre son bilan idéologique et culturel, qui aurait été dominé par une croyance illusoire au progrès. Pollution, urbanisme sans âme, matières plastiques imputrescibles, tels seraient les seuls legs de ce temps d’inconscience. Aussi, l’architecture et l’art monumental des Trente Glorieuses, encore mal-aimés, ont subi beaucoup de destructions et commencent à peine à être patrimonialisés.

Or, comme le montrent les études réunies ici, en dépit de l’urgence de la reconstruction, on a accordé à cette époque une grande importance aux questions esthétiques. On faisait confiance aux nouveaux moyens techniques pour faire du beau moins cher à destination du plus grand nombre. Esthétique fonctionnelle et démocratisation artistique sont étroitement liées. On comprend dès lors le rôle central de l’industrie dans les représentations de ce temps. Contre l’opposition romantique du beau et de l’utile, il fallait réinstaller le monde industriel dans les valeurs humaines. Les usines, aussi, devaient être belles comme fonctionnelles, et constituer un objet d’intérêt pour l’art. La démocratisation du beau exigeait qu’il s’impose dans les lieux de travail. Inversement, l’expérience industrielle de la simplicité, de la cohérence, pouvait nourrir l’inspiration artistique ».

Pour aller plus loin

Le Corbusier et Jean Prouvé, proches à distance, Exposition du Musée Pierre Noël, Saint-Dié-des-Vosges. Appareil photo en action, j’ai pu visiter cette expo rétrospective en octobre 2020. Lire la suite, page 2

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Quatre portraits de Belle-Isle

1713, 1743, 1748, 1758. Belle Isle, quatre portraits.

Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Source : texte de la 4ème de couverture de Portrait dit du comte de Gacé, Catalogue d’exposition, Musée des Beaux-arts de Caen, L’œuvre en question n° 3, 2006, 32 pages.

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« Né à Perpignan, quelques mois avant le rattachement de la Roussillon à la France, le peintre arrive à Paris en 1681. Alliant avec talent le souci de la ressemblance, l’imitation de la nature, la richesse des couleurs à l’ordonnance et la magnificence classique, il devient, en une décennie, le portraitiste le plus fameux du règne de Louis XIV.

Sa renommée le porte jusqu’à la fonction éminente de directeur de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Dans son atelier, se pressent rois, princes de l’église, aristocrates et bourgeois fortunés, tous désireux de voir leurs traits immortalisés par le pinceau du Van Dyck français.

Pour satisfaire ses multiples commandes, l’artiste se fait aussi chef d’entreprise, s’entourant de nombreux collaborateurs spécialisés et de copistes. Reprenant une composition à succès employée par Rigaud pendant près de deux décennies, le Portrait du Comte de Gacé permet d’évoquer l’évolution du portrait militaire d’apparat et la place de la gravure dans la diffusion de son œuvre ».

1713. Belle-Isle a 29 ans. Il est peint par Hyacinthe Rigaud. Source : extrait du Catalogue d’exposition.

« Charles-Louis-Auguste Fouquet (1684-1761) expose son visage au pinceau de Rigaud en 1713. Plutôt qu’une nouvelle attitude, il s’agit de la fusion de deux compositions, celle du Grand Dauphin et de la série Vauban. L’ample ceinture disparaît pour laisser place à un manteau doublé de fourrure. Ainsi se trouve justifiée la présence de la mention [Habillement répété] au Livre de raison.

En 1714, Charles Sevin de la Penaye est chargé, pour 52 livres, d’habiller le portrait en grand de Monsieur le comte de Belle-Isle, sûrement l’original puisque la même année cet aide est payé 50 livres pour avoir habillé l’original du maréchal de Montrevel .

La bataille de cavalerie et le paysage en arrière-plan sont une nouvelle fois repris du portrait du maréchal de Luxembourg de 1693″.

1743. Jean-Georges Wille, d’après Hyacinthe Rigaud, Portrait du duc de Belle-Isle, Caen, musée des Beaux-arts. Source : extrait du catalogue raisonné.

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1748. Portrait de Belle-Isle par Quentin de La Tour (1704-1788), 5 chroniques du blog Histoires d’universités. Source de la reproduction : images Google.

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1749, 1759. Belle-Isle, les Académies

Deux académies dans la vie du Maréchal de Belle-Isle. En 1749, il est reçu à l’Académie française. En 1759, l’académie royale de Metz des sciences et des arts se donne Belle-Isle pour fondateur et protecteur.

A. 1749. Belle-Isle entre à l’Académie française. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Candidat du maréchal Richelieu à l’Académie, Belle-Isle voulut s’abstenir de faire les visites d’usage, mais il dut céder devant la ferme opposition de Duclos.

Il remplaça, le 7 juin 1749, Amelot de Chaillou et fut reçu par l’abbé du Resnel le 30 juin 1749 ; il répondit au discours de réception du comte de Bissy.

Voltaire a dit de lui : Il écrivait d’une manière simple et commune, et on ne se serait jamais aperçu, par le style de ses dépêches, de la force et de l’activité de ses idées« .

Le Maréchal Duc de Belle-Isle a prononcé le discours qui suit :  

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B. 1757. L’académie royale de Metz des sciences et des arts est créée en avril. Source : extraits de Wikipédia.

« La Société est accueillie au Collège Saint-Louis du Fort par son prieur, Joseph de Saintignon.

En 1759, elle se donne le maréchal-duc de Belle-Isle pour fondateur et protecteur.

Officialisée par lettres patentes de Louis XV en juillet 1760, elle existe sous le nom Société royale des sciences et des arts jusqu’en août 1793, date à laquelle elle est supprimée par la Convention, comme toutes ses semblables.

Sceau de l’Académie

Elle compta parmi ses membres Pierre Louis,  Charles de Lacretelle, Pierre-Louis Roederer, Antoine Parmentier, Maximilien de Robespierre.

Les concours de Metz ont été lancés en 1761 par la Société royale des sciences et des arts. Annuels, ils portaient sur des sujets de toutes sortes. En seront lauréats Robespierre en 1784, l’abbé Grégoire en 1787.

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Pâques, la résurrection de Jésus

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

12ème chronique. Pâques, la résurrection de Jésus.

Diaporama de 27 photos (Pierre Dubois, 2017-2020).

Mathias Grunewald, La résurrection, 1512-1516, Retable d’Issenheim, Colmar, Musée Unterlinden.  

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« Il s’agit certainement de l’une des Résurrection les plus célèbres de l’art. Cette scène fait partie du retable d’Issenheim, conservé à Colmar. Dans une ambiance cosmique, le Christ s’élève triomphant vers le ciel, les deux bras levés. Une belle lumière émane de sa tête. Autour de lui, le paysage est sombre et les soldats semblent aveuglés par cette lumière vive qui surgit. Le linceul blanc, symbole de mort, change de couleur et devient rouge flamboyant, comme si tout ce que touchait le Christ se trouvait alors transfiguré ».

La descente dans les Limbes (source : Wikipédia). « Les Limbes des patriarches, entre le Paradis, l’Enfer et le Purgatoire, lieu des âmes des morts d’avant la Résurrection du Christ, sont visitées par lui entre le Vendredi saint et le jour de Pâques, selon la première épître de Pierre, laquelle indique que Jésus est allé prêcher aux esprits en prison (3:19), un épisode nommé aussi Descente aux Enfers. Il ne s’agit donc pas des Limbes des enfants (lieu des âmes des enfants morts sans baptême), absents dans la scène représentée ».

Martin Schongauer, Retable de la Passion du Christ, vers 1480, Colmar, Musée Unterlinden

L’apparition à Marie de Magdala, Jean 20, 11-18

« Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : Femme, pourquoi pleures-tu ? Elle leur répond : On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre.

Jésus lui dit alors : Marie ! S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : Rabbouni ! c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : J’ai vu le Seigneur ! et elle raconta ce qu’il lui avait dit ».

Martin Schongauer, Retable de la Passion du Christ, vers 1480, Colmar, Musée Unterlinden

Noli me tangere. Interprétation. « Selon certains auteurs tel Maurice Zundel, en demandant à Marie Madeleine de ne pas le toucher, Jésus indique qu’une fois la résurrection accomplie, le lien entre l’humanité et sa divine personne n’est plus physique, mais passe désormais par le lien de cœur et la communion eucharistique. Il faut qu’Il établisse cet écart, il faut qu’elle comprenne (et toute l’humanité) que la seule voie possible, c’est la Foi, que les mains ne peuvent atteindre la personne et que c’est du dedans, du dedans seulement, que l’on peut s’approcher de Lui« .

L’incrédulité de l’apôtre Thomas (sourece Wikipédia). « Dans les évangiles synoptiques, Thomas n’est pas autrement mentionné que dans les listes d’apôtres. En revanche, dans l’évangile de Jean, il lui est donné une certaine prééminence. Il se révèle d’abord fougueux et généreux lorsqu’il réagit aux paroles de Jésus qui annonce sa mort : Allons, nous aussi, et nous mourrons avec lui (Jean 11:16). On perçoit aussi son esprit critique dans le dialogue qui suit la Cène. À Jésus qui dit Quant au lieu où je vais, vous en savez le chemin (Jean 14:4), Thomas répond avec vivacité : Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas. Comment en connaîtrions-nous le chemin ?

Mais c’est son incrédulité qui lui donne une place unique dans le récit des apparitions de Jésus. Dans le même évangile, Thomas refuse de croire avant d’avoir vu les marques de la Crucifixion ».

« Thomas n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai pas. Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d’eux, et dit : La paix soit avec vous ! Puis il dit à Thomas : Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais sois croyant. Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru ! (Jean 20, 24-29). Cette incrédulité lui vaut le surnom de Thomas le sceptique ».

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Près de la Croix, Marie et Jean

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

11ème chronique. Au pied de la Croix, les peintres ont représenté parfois Marie, la mère de Jésus, Marie, sa sœur et femme de Clopas, et Marie de Magdala, ainsi que Jean, le disciple bien aimé. Les trois Marie sont quelquefois appelées Les saintes femmes.

Lucas Cranach l’Ancien, vers 1515. Cliquer sur les images pour les agrandir

Près de la croix (Évangile de Jean 19 : 25-28). Source : Biblegateway.com

25. « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.

26. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait (Jean), dit à sa mère: Femme, voilà ton fils.

27. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.

28. Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l’Écriture fût accomplie : J’ai soif ».

Diaporama de 12 photos. Deux groupes sculptés au pied de la Croix (1470-1480) : celui de la Vierge, de saint Jean et des saintes femmes, celui du centurion avec Nicodème et Joseph d’Arimathie, Musée de l’œuvre Notre-Dame, Strasbourg.

Commentaire de la Scène sur le blog Vie chrétienne.catholique.org. « Dans ce passage saint Jean nous raconte un des derniers instants avant la mort de Jésus. Jésus est en train de mourir sur la croix. C’est le moment culminant de sa mission, où son amour pour nous le mène à nous donner sa vie jusqu’à la dernière goutte de son sang. Il nous a tout donné. Mais comme si ce n’était pas suffisant, Il veut nous laisser son dernier grand « cadeau » : sa Sainte Mère.

On peut dire que tout ce qui était sien, Il nous l’a donné. Dieu nous connaît bien, il connaît notre besoin de tendresse, d’affection maternelle et de soutien inconditionnel, c’est pourquoi Il a voulu nous donner la même mère que celle qu’Il a choisie pour son Fils. De la même façon que la Sainte Vierge a pris soin de son Fils, l’a éduqué, l’a soutenu, l’a consolé, l’a aimé de tout son cœur de mère et ne l’a jamais abandonné jusqu’au moment de sa mort, elle le fait avec chacun d’entre nous. Quelquefois il est difficile de le voir car, comme nous le montre l’Évangile, elle agit avec beaucoup de discrétion.

Elle ne veut pas faire ombrage à son Fils, mais elle est bien là, comme elle l’a toujours été avec Jésus au cours de sa vie mais de différentes façons suivant ses besoins. Tout ce qu’elle a fait pour Jésus, elle le fera pour nous ; car son cœur de mère est pour tous. C’est profondément touchant et presque « scandalisant » de voir que tout ce que Dieu le Père a donné à son Fils unique, Il veut aussi nous le donner : Il nous fait ses fils à l’image de son Fils unique, Il nous fait participer de sa vie divine au travers des sacrements, Il nous fait don du Saint Esprit, qui demeure dans notre cœur, et Il nous donne Marie pour mère… Dieu est vraiment fou d’amour pour chacun d’entre nous »…

Près de la croix, se tenaient la mère de Jésus, Marie, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala, ainsi que Jean.

Diaporama de 40 photos (avec des détails de la plupart des œuvres). Toiles de

Mathias Grünewald, Le Christ sur la croix avec Marie et Jean, vers 1525, Musée des Beaux-arts de Karlsruhe

Mathias Grünewald, scène de la crucifixion, retable d’Issenheim, Colmar, Musée Unterlinden

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St-Pierre-le-Jeune : 3 Passions

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

10ème chronique. Les trois Passions de l’église protestante Saint-Pierre-le-Jeune (Strasbourg). Sources : citations de Wikipédia, du Guide de visite, des documents du CRDP.

Album de 21 photos (Pierre Dubois, mars 2021).

L’église, commencée dans la seconde moitié du 13ème siècle par le chœur, est consacrée en 1320. Des chapelles s’ajoutent aux 14 et 15èmes siècles. Les fresques murales sont réalisées à la même période.

Crucifixion, fresque murale. Cliquer sur les images pour les agrandir

En 1524, l’église passe à la Réforme. Toutes les peintures intérieures sont recouvertes d’une épaisse couche de badigeon, renouvelée en 1707, 1753 et 1822.

Flagellation et Portement de la croix. On remarquera l’anachronisme : les soldats portent un « chapeau pointu infamant en forme de cône ou d’entonnoir renversé, blanc ou jaune, porté par les Juifs dans l’Europe médiévale« .

En 1682, Louis XIV restaure une paroisse catholique à laquelle il donne le chœur ; un mur de séparation prenant appui sur le Jubé sépare alors le chœur de la nef.

Au cours de la période allemande, après la défaite française de1870, le mur de séparation entre les deux confessions chrétiennes est supprimé lorsque, en 1898, après la construction de l’église catholique Saint Pierre le Jeune, toute l’église redevient protestante.

Lors de la restauration de la fin du 19ème siècle, sous la direction de Karl Schäfer, les couches de badigeon sont éliminées et on tente de reconstituer le décor du Moyen-âge sur les murs : grandes briques rouges séparées par un liseré blanc coupé par une rainure noire. Certaines fresques sont repeintes avec le même sujet, d’autres sont éliminées et remplacées par de nouveaux sujets.

Les fresques restaurées retracent, au sud, une généalogie de Jésus-Christ, à l’ouest et au nord des épisodes de la Passion du Christ.

Le chœur de Saint-Pierre le Jeune date du 13ème siècle. Les huit nervures au fond de la voûte sont réunies en une seule clef de voûte. Les boiseries baroques et la chaire ont été ajoutées au milieu du 18ème siècle. Le panneau central du retable dédié à la passion du Christ est daté de 1518.

Karl Schäfer, architecte, professeur, restaurateur

  • Né le 18 Janvier 1844 à Kassel et décédé le 5 Mai 1908 à Carlsfeld. Il était fils de Johannes Schäfer, couturier et aubergiste.
  • De 1858 à 1862, il a poursuivi des études d’ingénieur et d’architecte à Kassel. Il a ensuite séjourné successivement à Munich (1867-1868), à Kassel (1868-1871), à Marbourg (1871-1878), à Berlin (1878-1894) et à Karlsruhe (1894-1908).
  • Il a publié de nombreuses études sur l’architecture gothique, sur la peinture et le vitrail médiévaux, sur l’ornement et les objets d’art.
  • De 1897 à 1901 / 1902, il a restauré l’église protestante Saint-Pierre-le-Jeune à Strasbourg.
  • Schäfer fut professeur d’architecture à Berlin et plus tard auprès de l’école supérieure technique de Karlsruhe.
  • Dans l’ouvrage Strasbourg, de la Grand-Ile à la Neustadt, on peut lire « Schäfer était réputé pour son enseignement à première vue conservateur et illustré par des exemples médiévaux, ayant tout de même une influence moderne sur ses élèves étant donné qu’il accentuait les liens entre fonction, construction, matériel et forme« .
  • Ainsi il développa auprès de ses élèves sa pensée sur le Heimatstil, le style régionaliste, et sur l’alliance entre art et artisanat. Parmi eux, on trouve les architectes strasbourgeois Théo Berst, Gustave Oberthur, et pour l’administration municipale, Édouard Schimpf et Fritz Beblo.

La restauration en cours. Source des citations : église Sainte-Pierre-le-Jeune

« Toutes les trois générations, il faut restaurer les merveilleuses peintures.

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Crucifixion par Baldung Grien

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

9ème chronique : Hans Baldung Grien (1485-1545) : Crucifixion, Descente de Croix, Déploration.

Diaporama de 27 photos. Exposition de Karlsruhe, Hans Baldung Grien, Sacré / Profane (2009-2010). Scènes de la vie du Christ, œuvres réalisées entre 1506 et 1517.

Lieux de séjour d’Hans Baldung Grien.

  • 1503-1508 : il travaille dans l’atelier de Dürer à Nuremberg
  • 1509-1512 : il est à Strasbourg.
  • 1512-1516 : séjour à Fribourg-en-Brisgau. Exécution du maître-autel de la cathédrale.
  • 1517. Il acquiert pour la seconde fois le droit de bourgeoisie à Strasbourg. Il y travaillera jusqu’à sa mort.

Les scènes de la Vie du Christ sont des œuvres de jeunesse, réalisées entre 18 et 32 ans. Scènes religieuses d’avant les thèses de Luther (1517), d’avant la diffusion de la Réforme (à partir des années 20), d’avant la brève période d’iconoclasme (vers 1524-1525 à Strasbourg).

Crucifixion avec Marie de Magdala, saint Jean et la Vierge, vers 1510-1512,

Gravure sur bois en clair-obscur réalisée au moyen de deux bois, Musée Royal, Amsterdam

Notice de l’exposition. La Bible rapporte qu’au moment de la Crucifixion, le ciel s’est obscurci. Pour restituer cet élément du récit, Baldung a utilisé une planche de teinte sombre qui fait ressortir les personnages et leur donne plus de plasticité.

La souffrance se lit sur le visage du Christ dont le regard est tourné vers le sol. La croix semble placée non pas dans l’image, mais au devant de celle-ci, ce qui rapproche la scène de l’observateur.

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Vitrail de la crucifixion, Poitiers

Le vitrail de la crucifixion de la Cathédrale Saint-Pierre de Poitiers est l’un des chefs-d’œuvre de l’art du vitrail. Datation (entre 1161 et 1173). Source. 20 siècles en cathédrales, éditions Monum, 2001.

Diaporama de 34 photos (Pierre Dubois, avril 2018).

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Il se décompose aisément en trois parties. La principale est la partie centrale où se tient la croix du Supplicié sur presque la moitié de la hauteur totale. La croix est en rouge surligné de bleu, ce qui la fait bien ressortir de l’ensemble de la composition. A gauche se tiennent la Vierge et Longin (le centurion romain qui plongea sa lance dans le flanc du Crucifié). A droite, on trouve saint Jean et Stéphaton (le légionnaire qui, selon la tradition, présenta à Jésus une éponge imbibée de vinaigre).

Au-dessus des bras de la croix se tiennent les dix apôtres accompagnés de la Vierge. Ensemble, ils sont tournés vers l’Ascension. Dans cette partie se trouve le Christ en gloire dans une mandorle. Il bénit d’une main tandis que l’autre tient un livre. La mandorle est entourée par deux anges complètement étirés et courbés qui tiennent lieu de fleurs décoratives ou de branches de rameau.

La partie inférieure du vitrail contient un carré central orné de quatre lobes. Dans le lobe supérieur, les Saintes Femmes visitent le tombeau. Le lobe de gauche relate la condamnation de saint Pierre et de saint Paul. Le carré central illustre le martyre de saint Pierre (crucifié la tête en bas) tandis que le lobe droit montre le supplice de saint Paul (décapité).

Enfin le lobe inférieur représente les donateurs : une reine et un roi agenouillés et suivis, chacun, de deux enfants. Les têtes couronnées ont été identifiées comme étant Aliénor d’Aquitaine et Henri II Plantagenêt. Les historiens en déduisent une fourchette pour la création de ce vitrail : entre 1161 (naissance du quatrième fils du couple royal) et 1173 (date de la rébellion des fils contre leur père Henri II).

L’intérêt de ce vitrail repose également dans le fait qu’il rappelle les modèles syriens et hellénistiques des Ve et VIe siècles : le visage du Christ est barbu, le perizonium – morceau d’étoffe qui cache la nudité de Jésus – a la forme que l’on voit dans ces modèles, les pieds qui reposent sur un suppedaneum et enfin quatre clous et non pas trois.

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Jésus couronné d’épines, flagellé

Chroniques sur la Semaine sainte dans l’Art :

7ème chronique : Jésus couronné d’épines, flagellé.

Matthieu 27, Jésus conduit chez Pilate

« L’aube s’était levée. L’ensemble des chefs des prêtres et des responsables du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire condamner à mort. Ils le firent lier et le conduisirent chez Pilate, le gouverneur, pour le remettre entre ses mains.

En voyant que Jésus était condamné, Judas, qui l’avait trahi, fut pris de remords : il alla rapporter aux chefs des prêtres et aux responsables du peuple les trente pièces d’argent et leur dit : J’ai péché en livrant un innocent à la mort ! Mais ils lui répliquèrent : Que nous importe ? Cela te regarde ! »

Martin Schongauer. Scènes de la Passion du Christ, Colmar, Musée Unterlinden Le retable des Dominicains (vers 1480).

Album de 13 photos. De l’entrée du Christ dans Jérusalem à sa condamnation à mort. Chronique du 10 avril 2020.

Marc 15, 16-20. Jésus est flagellé et couronné d’épines

« Les soldats emmenèrent Jésus à l’intérieur du palais, qui est le Prétoire. Ils Le revêtent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d’épines, ils la Lui mettent. Et ils se mirent à Le saluer : « Salut, roi des Juifs ! » Et ils Lui frappaient la tête avec un roseau et ils Lui crachaient dessus, et ils ployaient le genou devant Lui pour Lui rendre hommage. Puis, quand ils se furent moqués de Lui, ils Lui ôtèrent le manteau de pourpre et Lui rendirent Ses vêtements ».

Le Caravage à Rome (1592-1606), Musée Jacquemart-André, janvier 2019. Diaporama de 29 photos

Ponce Pilate présente Jésus au jugement du peuple et dit Ecce Homo ! (Voici l’Homme)

Le Caravage (1571-1610). Le Christ à la colonne (entre 1606 et 1607), Musée des Beaux-Arts de Rouen,

Le Caravage, Vélasquez, 19 photos.

Extrait de l’article d’Isabelle Majorel, Panorama de l’Art, avril 2015. Le style réaliste initié par Le Caravage se fonde sur l’étude des figures d’après des modèles vivants… Les biographes du peintre racontent qu’il se vantait de choisir ses modèles dans la rue, pour plus de vérité et pour se moquer des raffinements de ses prédécesseurs. Les bourreaux de La Flagellation donnent la certitude qu’ils ont été peints d’après des gens du peuple, aux visages marqués et aux mains rudes. Ils sont pauvrement vêtus et l’un deux porte même une chemise avec un accroc à la manche. Mais l’artiste décrit leur humanité simple sans caricature. Même si l’artiste suit la règle d’observer la nature pour peindre ses figures, une recherche de la beauté reste perceptible dans le motif du buste athlétique du Christ. Il rappelle le modelé classique du torse du Belvédère, une œuvre de l’antiquité célèbre que le peintre a pu copier à Rome.

Caravage, Flagellation, musée de Naples, 1607

Évangile de Jean, 19.

« Pilate donna l’ordre d’emmener Jésus et de le faire fouetter.

Les soldats lui mirent sur la tête une couronne tressée de rameaux épineux et ils l’affublèrent d’un manteau de couleur pourpre et, s’avançant au-devant de lui, ils s’écriaient : Salut, roi des Juifs ! Et ils lui donnaient des gifles.

Pilate sortit de nouveau du palais et dit aux Juifs : Voilà ! Je vous le fais amener ici dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucune raison de le condamner. Jésus parut donc dehors, portant la couronne d’épines et le manteau de couleur pourpre. Pilate leur dit : Voici l’homme.

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La Cène selon les évangiles

Chroniques sur la semaine sainte dans l’Art :

Chronique 4, première partie : La dernière Cène selon les évangiles (source des citations Wikipédia). La seconde partie de la chronique présentera d’autres cènes dans l’Art (dont celle de Giotto et celle de Léonard de Vinci).

Église d’Antigny (Vienne), La cène, fresques de la chapelle Sainte-Catherine, 15ème siècle

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Selon Matthieu (26, 26-28) : Pendant le repas, Jésus prit du pain et, après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit ; puis, le donnant aux disciples, il dit : Prenez, mangez, ceci est mon corps. Puis il prit une coupe et, après avoir rendu grâce, il la leur donna en disant : Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés.

La dernière cène, Bâle, Cathédrale Notre-Dame, élément de retable, vers 1525

Selon Jean : Avant le repas proprement dit, Jésus lave les pieds de ses disciples. Cette action n’est pas mentionnée dans les autres évangiles. Jésus ne prononce pas les paroles qui instituent l’Eucharistie, Prenez, mangez, ceci est mon corps.

Il donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres, Jean (13, 34). Dans ce que l’on appelle le Discours de la Cène (Jean, chapitres 14 à 17) : Jésus transmet une sorte de testament sur les commandements à garder par les disciples qu’il considère, non plus comme ses serviteurs, mais comme ses amis. C’est cette partie de la Cène qui est la seule relatée par Jean dans son évangile.

Selon les quatre évangiles (Matthieu 26, 20-25, Marc 14, 17-21, Luc 22, 21-23, Jean 13, 21-30), Jésus annonce ensuite que l’un des disciples va le trahir : Judas. Celui-ci quitte la pièce.

Selon les quatre évangiles également (Matthieu 26-34, Marc 14-30, Luc 22-34, Jean 13-8), Jésus dit à Pierre qu’il le reniera par trois fois avant que le coq ne chante.

Le reniement de Pierre par Ribera (Expo 2015, Galerie Heitz, Strasbourg, Beaux-Arts, Ribera à Rome)

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