Archives de Catégorie: E. Droit et Sciences politiques

David. Serment du Jeu de Paume

David et le Serment du Jeu de Paume (20 juin 1789).

Le Serment du Jeu de paume, 20 juin 1789, esquisse commandée en 1790 au peintre Jacques-Louis David par la Société des amis de la constitution pour la salle des séances de l’assemblée nationale et réalisée en 1791 (plume et encre brune, avec reprises en certains endroits à la plume et encre noire, lavis brun et rehauts de blanc sur traits de crayon).

Source, L’Histoire par l‘image. Texte et Vidéo de 3’40.

Photo RMV – Grand Palais. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

« Cet événement fondateur de la Révolution française constitue une étape symbolique dans la destruction de l’absolutisme.

L’ouverture des états généraux avait suscité une querelle de procédure : le tiers état souhaitait la réunion des trois ordres ainsi que le vote par tête, le vote par ordre donnant nécessairement la majorité au clergé et à la noblesse. Face au refus du roi, le tiers état se proclama Assemblée nationale et appela les deux autres ordres à le rejoindre. Louis XVI fit fermer la salle de réunion des députés. Ces derniers se portèrent alors dans la salle du Jeu de paume. Le 20 juin 1789, ils prêtèrent serment de ne jamais se séparer avant d’avoir rédigé une Constitution.

La scène prend place dans la salle du Jeu de paume dont David (1748-1825) dessina l’architecture in situ. Dans la composition d’ensemble connue par le grand et magnifique dessin de Versailles exposé au Salon de 1791, les députés sont regroupés au-delà d’une ligne fictive comme sur la scène d’un théâtre, laissant ainsi au public l’illusion d’appartenir à l’autre moitié (invisible) des spectateurs de la scène. Cette théâtralité est encore relevée par la gestuelle des députés prêtant serment.

Sur la toile inachevée, la nudité suggérée sous les vêtements concourt encore à l’idéalisation de la scène à laquelle David n’assista pas, mais qu’il souhaita hisser au rang d’acte universel. Tous les regards convergent vers Bailly, maire de Paris, ébauché sur la toile au crayon blanc, comme l’ensemble des figures encore nues. C’est Bailly, doyen du tiers état, qui répond au marquis de Dreux-Brézé, émissaire du roi : Je crois que la nation assemblée ne peut pas recevoir d’ordres. Sur ces dessins à l’anatomie parfaite, héroïque, sont esquissés les habits à la peinture grise, puis les corps sont à nouveau, toujours nus, remodelés à la peinture grise ombrée de bistre.

Le grand fragment de la toile inachevée de David présente quatre portraits presque finis : Barnave, Michel Gérard, Dubois-Crancé et Mirabeau. Parmi les personnages ébauchés, on distingue Robespierre, Dom Gerle, l’abbé Grégoire, Rabaud-Saint-Étienne, le docteur Guillotin et Treilhard. Quant au grand dessin d’ensemble, même si plusieurs personnages, dont Bailly, y sont déjà reconnaissables, le livret du Salon de 1791 précisait curieusement que l’Auteur n’a pas eu l’intention de donner la ressemblance aux membres de l’Assemblée. David n’en avait pas moins commencé à peindre quelques têtes.

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Épitaphes pour Schoepflin et Koch

Jean-Daniel Schoepflin (1694-1771) et Christophe-Guillaume Koch (1737-1813) ont été professeurs d’Histoire à l’Académie de Strasbourg.

Jean-Daniel Schoepflin. Cliquer sur les images pour les agrandir

Le second a succédé au premier, après en avoir été l’assistant et le bibliothécaire. Ils sont morts au même âge, 76 ans, et bénéficient tous deux d’un  monument funéraire dans l’église protestante de Saint-Thomas à Strasbourg.

Christophe-Guillaume Koch

Diaporama de 18 photos de Pierre Dubois (juin 2021).

Source de la chronique. Jean Arbogast, Christophe Hamm (photographie), Épitaphes et monuments funéraires de l’Eglise Saint-Thomas, Strasbourg, éditions du Signe, octobre 2013, 144 pages, 20 euros. Une dizaine de monuments concernent des personnalités actives au 18ème siècle (certaines le sont encore au début du 19ème).

4ème de couverture. « L’église Saint-Thomas de Strasbourg abrite une riche collection de monuments funéraires et épitaphes, dont le visiteur pressé ne soupçonne pas l’intérêt historique et religieux. À son intention, le pasteur Jean Arbogast, entouré de quelques amis, a entrepris d’en dresser l’inventaire et d’en décrypter les messages. Cette publication soutenue par le Chapitre de Saint-Thomas contient :  

Quelques repères historiques concernant les rites de la mort et leur évolution en Alsace depuis la période romaine jusqu’à la fin du XlXème siècle.

Une présentation chronologique de chaque monument avec reproduction photographique, transcription des épitaphes, traduction du texte en français, commentaires et indications bibliographiques.

Une brève analyse des structures des épitaphes pour comprendre les modes de communication, suivre l’évolution des pratiques et saisir l’importance des engagements du Chapitre de Saint-Thomas au service de l’éducation, et l’implication culturelle, politique et religieuse de ses membres les plus éminents.

Un tableau récapitulatif des emplacements des monuments, suivi d’un plan ».

A. Monument funéraire du professeur Jean-Daniel Schoepflin (1694-1771)

Source : article de Wikipédia.

« L’œuvre principale de Schoepflin est l’Alsace Illustrée en deux volumes, associé à l’Alsace diplomatique, tous deux écrites en latin. Par son exhaustivité et la rigueur de ses démonstrations, elle constitue la plus importante compilation de données sur l’histoire alsacienne et reste aujourd’hui une référence, même si des découvertes postérieures ont permis d’en contester ou compléter certaines parties.

Schoepflin meurt le 7 août 1771 à Strasbourg, sans avoir pu exécuter son Alsace sacrée et son Alsace littéraire« .

L’église Saint-Thomas de Strasbourg abrite son monument funéraire. « Au centre d’un ensemble architectural en grès, une grande urne sépulcrale en marbre blanc repose sur un piédestal orné du portrait de Schoepflin, entre deux colonnes corinthiennes cannelées surmontées d’un fronton circulaire. Le médaillon est l’œuvre du sculpteur Jean-Baptiste Pertois (1733-1812) ».

Épitaphe

à Jean-Daniel Schoepflin, enseveli en ce lieu, à l’initiative des premiers de la cité,

Sophie Elisabeth, sa sœur et héritière, fit ériger ce monument.

Il est décédé le 7 août de l’année du Christ 1771, à l’âge de soixante-seize ans, et onze mois.

B. Monument funéraire de Christophe-Guillaume Koch (1737-1813). Chronique du blog.

Source sur le monument funéraire et l’épitaphe : Jean Arbogast, op. cité, pp 96-97.

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Goethe et Koch (1737-1813)

Goethe (1749-1836) et Koch (1737-1813).

Goethe est inscrit en licence de droit à Strasbourg entre avril 1770 et août 1771. Il suit des cours de Koch, assistant de Schoepflin, professeur d’Histoire à l’université.

Schoepflin meurt le 7 août 1771 (à l’âge de 76 ans). Durant son séjour, Goethe a-t-il eu l’occasion de rencontrer le vieux professeur avant de rentrer en Allemagne ?

Portrait de Christophe-Guillaume Koch, anonyme d’après Robert Lefèvre, après 1807.

Notice de la gravure : Koch (33 ans en 1770) fut l’ami et le condisciple de Goethe (21 ans en 1770) durant ses études à Strasbourg, avant de devenir juriste et professeur à Strasbourg.

Source : Goethe à Strasbourg. L’éveil d’un génie, exposition Palais Rohan, Galerie Heitz, du 16 décembre 2020 au 31 mai 2021.

Cliquer sur les images pour les agrandir

« Christophe-Guillaume Koch est un juriste, universitaire et homme politique alsacien. Source : Article de Wikipédia. Il naît en 1737 à Bouxwiller dans une famille luthérienne au service de la régence des Hesse-Darmstadt qui ont succédé au dernier comte de Hanau-Lichtenberg, décédé sans héritier mâle.

1750. Études aux gymnases protestants de Bouxwiller puis de Strasbourg, où résident ses parents à partir de 1750.

1752-1762. Il étudie l’histoire et le droit à l’Université luthérienne de cette ville. Licencié en droit, il séjourne à Paris où il se perfectionne en français, fréquente la Bibliothèque Royale et divers savants.

1762. Docteur en Histoire. Commentatio historico-juridica de collatione dignitatum ac beneficiorum ecclesiasticorum in Imperio romano-germanico, 1762 (lire en ligne).

Élève, disciple et collaborateur pendant huit ans de Jean-Daniel Schoepflin, son cousin, Christophe-Guillaume est nommé bibliothécaire de la ville de Strasbourg.

Comme l’indique la liste des professeurs d’Universitas Argentinensis (ci-dessous), Schoeplin, de 1746 à 1756 est professeur d’Histoire et professeur d’Éloquence (son assistant, Lorentz, lui succède en 1756 sur la chaire d’Éloquence). De 1746 à la date de sa mort, Schoepflin (76 ans en août 1771) est seul professeur d’Histoire de l’université. Koch qui était également son assistant n’obtient cette même chaire d’Histoire qu’en 1772 et non sans mal (extrait du livre de Voss)

Extrait de Jean-Daniel Schoepflin. Un Alsacien de l’Europe des Lumières. par Jürgen Voss, 1999.

1772. Koch succède à Schoepflin à la direction de l’École diplomatique de la ville et y enseigne le droit public, le droit international et l’histoire des traités et des systèmes politiques à de jeunes nobles de toute l’Europe.

Il est nommé professeur extraordinaire de droit public à l’Université protestante de Strasbourg.

1773. Il obtient le doctorat en philosophie.

1776. Obtention du doctorat en droit.

1787 à 1788. Il est recteur de l’Université.

La révolution de 1789 ouvre une parenthèse politique dans la vie universitaire de Koch.

1792. A 55 ans,  il devient professeur titulaire d’histoire politique et de droit public et chanoine du chapitre de Saint-Thomas.

1802. Table des traités entre la France et les puissances étrangères : depuis la paix de Westphalie jusqu’à nos jours ; suivie d’un Recueil de traités qui n’ont pas encore vu le jour (lire en ligne).

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Goethe. 25 ans en 1774

Goethe (1749-1832) est né à Francfort. Il commence son droit à Leipzig en 1765 et obtient sa licence à Strasbourg en 1771 à l’âge de 22 ans. Il publie Les souffrances du jeune Werther en 1774 ; il a alors 25 ans « et, selon les dires de Napoléon en 1809, devient l’auteur allemand le plus lu ».

Inscription de Goethe à l’université de Strasbourg

Diaporama de 14 photos de Pierre Dubois (mai 2021).

à Leipzig. « Le père de Goethe voulait faire de son fils un juriste et l’envoya étudier le droit à Leipzig, grande cité marchande comme Francfort, mais qui avait une université, fondée en 1409. Le jeune Goethe y arriva au cours de l’automne 1765 et y demeura trois ans ; il y fit du droit, sans plaisir, mais surtout il y connut la vie d’étudiant et fit ses débuts poétiques.

Plus que les professeurs de droit, il visita les maîtres du Parnasse allemand qui enseignaient à Leipzig : le majestueux Gottsched (1700-1766), le fabuliste et romancier Gellert (1715-1769). Leipzig avait la réputation d’être un petit Paris.

Il chanta les charmes de Käthchen Schönkopf.

Il connut une série d’amitiés décisives : après Ernst Wolfgang Behrisch (1738-1809) à Leipzig, Herder à Strasbourg et Johann Heinrich Merck (1741-1791) à Darmstadt ».

à Strasbourg. Cinq chroniques du blog déjà parues :

« Goethe fait de grandes rencontres : la cathédrale tout d’abord, qu’il visita le jour même de son arrivée en avril 1770″.

« Ce chef-d’œuvre lui donna sa première grande émotion architecturale : il avait devant les yeux l’œuvre  incommensurable d’une suite de génies. Devant la flèche, il a évoqué la figure de Prométhée, le titan qui brave les dieux. Il fait aussi d’Erwin de Steinbach, architecte badois de la cathédrale, un génie spécifiquement allemand ».

Grafiti de Goethe sur la plateforme de la cathédrale

« Il se garda de pousser plus loin son voyage et d’aller à Paris. Il savait bien le français ; il s’en est servi pour des lettres et des œuvrettes de sa jeunesse. Pourtant, il lui apparut clairement à Strasbourg qu’il était mieux fait pour demeurer en pays allemand, loin des fastes trompeurs et des artifices. Herder (1744-1803), pasteur de Courlande qui revenait justement de Paris et qui faisait étape à Strasbourg, le confirma dans son sentiment : la poésie allemande pouvait revivre, mais en puisant dans la tradition populaire des Volkslieder et, au théâtre, en se mettant à l’école de Shakespeare. Ce sont là les sujets des premiers écrits en prose de Goethe, publiés avec Herder en 1773″.

Herder peint par Anton Graff, 1785

« À cet étudiant peu assidu, l’université de Strasbourg délivra en 1771 une licence en droit« .

à Francfort et Wetzlar. « Goethe retourna à Francfort avec son parchemin et devint avocat stagiaire, comme le souhaitait son père. Un an plus tard, il était auditeur à la Chambre d’Empire de Wetzlar. Celle-ci avait à connaître des litiges entre les États qui formaient le Saint Empire. Elle travaillait très lentement ; Goethe continua à faire des vers et surtout des visites à Charlotte Buff (1753-1828), qui était fiancée à Johann Christian Kestner (1741-1800), un de ses collègues.

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1726-1743. Fleury, 1er ministre

Source : extraits d’André Larané, 11 juin 1726. 11 juin 1726, Fleury, Premier ministre de Louis XV, Hérodote-net, novembre 2019.

« Le 11 juin 1726, André-Hercule de Fleury (73 ans) devient Ministre d’État de Louis XV suite à la disgrâce du duc de Bourbon. Tout en prétextant se passer de Premier ministre comme son trisaïeul Louis XIV, le jeune roi (16 ans) va de fait lui confier la direction des affaires.

L’ancien précepteur du jeune roi de France (16 ans) reçoit peu après du pape la barrette de cardinal. Il sera le quatrième chef du gouvernement dans ce cas, comme avant lui Richelieu, Mazarin et Dubois.

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F. Rude (1784-1855), sculpteur

« François Rude, né le 4 janvier 1784 à Dijon et mort le 3 novembre 1855 à Paris, est un sculpteur, représentatif de la transition entre le néoclassicisme et le romantisme, dont il est un des maîtres ». Source : article Wikipédia.

« Il a débuté sa carrière artistique à l’École des Beaux-arts de Dijon. En 1815, il doit partir en exil à Bruxelles. Lors de son retour en France, il s’installe à Paris et devient un grand statuaire reconnu pour l’importance de son œuvre ». Source : notice du Musée des Beaux-arts de Dijon.

Le musée Rude occupe le transept et le chœur de l’église Saint-Étienne. Il abrite les moulages des œuvres monumentales du sculpteur dijonnais.

Diaporama de 30 photos (Pierre Dubois, mai 2021). Réponses au Quiz d’hier.

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Dans le musée, des œuvres sculptées par Rude, en mémoire d’évènements et d’hommes célèbres du 18ème siècle (chroniques du blog sur l’Histoire du 18ème siècle).

Jacques-Louis David (1748-1825), œuvre de 1826 (surmoulage en plâtre).

Jean-François de La Pérouse (1741-1788), œuvre de 1828 (surmoulage en plâtre).

Le Départ des volontaires de 1792 (plus connu sous son surnom populaire de La Marseillaise), œuvre de 1834-1836 (surmoulage en plâtre).

Le Maréchal de Saxe (1696-1750), œuvre de 1838. Lire également la chronique du blog : le Mausolée de Maurice de Saxe par Pigalle (Église Saint-Thomas Strasbourg).

Gaspard Monge (1746-1818), œuvre de 1849 (surmoulage en plâtre).

Biographie résumée. Source : citations de la notice du Musée des Beaux-arts de Dijon.

« La jeunesse dijonnaise. François Rude est né le 4 janvier 1784, rue Poissonnerie à Dijon, où son père est établi « maître poêlier ». Il entre en 1800 à l’École de Dessin de François Devosge pour suivre un enseignement fondé sur le dessin et le modelage d’après l’antique et le modèle vivant. En 1807, muni d’une lettre de recommandation de son maître auprès de Vivant Denon, directeur des Musées impériaux, François Rude quitte sa ville natale pour Paris.

Il travaille successivement dans l’atelier d’Edme Gaulle et de Pierre Cartellier avant d’être admis à l’École impériale des Beaux-arts en 1809 avec la figure de Marius méditant sur les ruines de Carthage, puis il obtient le premier Prix de Rome de 1812 avec Aristée déplorant la perte de ses abeilles. Ses premières compositions, très empreintes des leçons de l’Académie (portraits, drapés…) marquent un souci constant pour le fini des détails et le rendu des textures.

A la chute de l’Empire, Rude accompagne son protecteur dijonnais, Louis Fremiet, dans son exil bruxellois, et, de 1815 à 1827, réalise de nombreux travaux décoratifs. Les moulages d’après les bas-reliefs de l’Histoire d’Achille (Musée Rude, Dijon) et le fonds de dessins légué au Musée des Beaux-arts de Dijon par Albert Joliet en gardent le souvenir.

Un artiste parisien. Peu de temps après son retour définitif à Paris, le Mercure rattachant sa talonnière (Salon de 1828) et le Petit pêcheur napolitain (Salon de 1831 et de 1833) le désignent comme l’un des principaux sculpteurs de sa génération. L’équilibre des mouvements opposés du Mercure, et la modernité du sujet du Petit pêcheur napolitain, nourrissent les débats critiques du temps. Rude est associé au programme du sculpteur de l’Arc de Triomphe de l’Etoile, où il réalise en 1836 le haut relief du pied-droit, le Départ des volontaires de 1792 (plus connu sous son surnom populaire de La Marseillaise). Les caractères particuliers d’expressivité et de mouvement donnent à la composition sa ferveur d’épopée romantique. Ce sens de l’histoire, augmenté du goût archéologique du détail, est manifeste avec les figures du Maréchal de Saxe (Musée du Louvre) et de Louis XIII adolescent (Musée des Beaux-arts de Dijon)

Ses œuvres monumentales. Le Réveil de Bonaparte (Parc Noisot, Fixin), commandé en 1845 par Claude Noisot, ancien commandant des grenadiers de l’Ile d’Elbe, est dédié à l’empereur. La première esquisse représente Napoléon, mort, veillé par l’aigle impérial ; l’exécution définitive le montre s’éveillant à l’Immortalité. La Jeanne d’Arc (1852) semble, elle aussi, transfigurée. Rude renonce à l’image convenue de la Pallas chrétienne, lui préférant celle de la sainte visionnaire. Les statues du Général Bertrand (1850-52, Châteauroux), du Maréchal Ney (1852, Paris) et la figure gisante de Godefroy Cavaignac (1845-47 Cimetière Montmartre, Paris) concluent ce panthéon de héros anciens et modernes ».

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1770-1771. Goethe à Strasbourg

Entre avril 1770 et août 1771, Goethe, âgé de 21 ans, séjourne à Strasbourg pour y poursuivre des études de droit.

Portrait de Goethe par Georg Melchior Kraus, 1775-1776

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Johann Wolfgang von Goethe, né en août 1749 à Francfort et mort en mars 1832 (à 82 ans) à Weimar, est un romancier, dramaturge, poète, scientifique, théoricien de l’art et homme d’État allemand.

Sources. Citations de Goethe à Strasbourg. L’éveil d’un génie, exposition Palais Rohan, Galerie Heitz, du 16 décembre 2020 au 31 mai 2021.

Un regret : prévue pour 5 mois et demi, l’expo n’a été visible que 15 jours en présentiel. Pourquoi n‘est-elle pas prolongée ?

Diaporama sur le séjour strasbourgeois de Goethe : le logement et les études (22 photos de Pierre Dubois, mai 2021). Prochain diaporama : Marie-Antoinette passait par là.

Lord Abington. Vue prise du Balcon de l’Hôtel de l’Esprit (sans date).

Visite virtuelle : vidéo de 11 minutes. Présentation par le commissariat de l’exposition, Florian Siffer, responsable du Cabinet des Estampes et des Dessins, et Aude Therstappen, conservatrice en charge des collections germaniques et scandinaves de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.

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Toussaint Louverture, St. Domingue

18ème siècle. Saint-Domingue, une colonie disputée entre la France, l’Espagne et l’Angleterre, riche de ses cultures vivrières (sucre et café en particulier), cultivées par plus de 400 000 esclaves en 1788.

Saint-Domingue et ses conflits. 1800, Toussaint Louverture, général en chef de la colonie.

Le Conflit-clé. Législation Pour ou contre l’abolition de l’esclavage (chronique du blog : 1685-1802. De l’esclavage)

Conflits et guerres entre trois puissances coloniales : la France, l‘Espagne, l’Angleterre ; dans le dernier quart de siècle, dans les conflits commerciaux, intervient un quatrième acteur, les États-Unis, qui se sont déclarés indépendants de l’Angleterre en 1776 et qui ont gagné la Guerre d’indépendance (1775-1783). Chronique du blog.

Conflits entre différents groupes sociaux : conflits entre les 3 Ordres de l’Ancien Régime (ordres qui sont interdits à Saint-Domingue), conflits entre sujets de l’intérieur du Royaume et colons blancs, entre colons et esclaves, entre esclaves et esclaves affranchis, entre troupes expédiées du continent et troupes recrutées sur place.

Conflits de personnalités entre militaires blancs, noirs, et mulâtres.

Plan de cette chronique

  • La colonie de Saint-Domingue : page 1
  • Saint-Domingue au XVIIIe siècle : l’apogée économique : page 2
  • L’assistance militaire aux États-Unis et l’apparition d’officiers de couleur : page 3
  • La période de la Révolution française : page 4
  • Toussaint Louverture et les généraux mulâtres : page 5
  • Saint-Domingue sous l’autorité de Toussaint Louverture (1800-1802) : page 6.

A. La colonie de Saint-Domingue, située sur la partie occidentale de l’île d’Hispaniola, a été officiellement une possession française du 20 septembre 1697 (traité de Ryswick) au 1er janvier 1804, date de son indépendance sous le nom d’Haïti avec pour premier chef d’État un collaborateur de Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines.

Traité de Ryswick ou Traité de Nimégue (17 septembre 1678) ? Les droits de la France sur la colonie de Saint Domingue et le traité de Ryswick par François Blancpain, Outre-Mers. Revue d’histoire, Année 2007, 354-355, pp. 305-329.

De plus dès la fin des années 1620, les Français étaient déjà présents dans l’ouest d’Hispaniola, sous le ministère de Richelieu, notamment dans l’île de la Tortue. Jusqu’au début des années 1680, Saint-Domingue est principalement un repaire de flibustiers.

Entre 1680 et 1700, les gouverneurs français désarment progressivement ces flibustiers afin de développer une économie de plantation. Saint-Domingue va prendre une place de premier plan dans la production sucrière française et même mondiale comptant en 1788 plus de 400 000 esclaves et 22 000 affranchis.

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1633-1789. Le parlement de Metz

« Le parlement de Metz est une Cour de justice souveraine du royaume, créée en 1633 et supprimée en 1789, dont le ressort correspondait principalement au territoire des Trois-Évêchés, les principautés épiscopales de Metz, Toul et Verdun, conquises par Henri II en 1552 ; il incluait aussi les territoires du Luxembourg français (Thionville) et de la Frontière de Champagne (Sedan).

Les Trois-Évêchés, qui relèvent de l’Empire, sont conservés par la France lors des traités de Cateau-Cambrésis (1559) et de Vervins (1598) ; leur annexion au royaume de France est reconnue par l’Empereur au traité de Münster (1648) ».

Ouvrage de 1845 (Gallica). Cliquer sur les images pour les agrandir

A. Le parlement de Metz. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

1633. Ce parlement est créé le 15 janvier par Louis XIII. « L’édit de création précise que les évêques de Metz, Toul et Verdun, l’abbé de Saint-Arnoul de Metz et le gouverneur de Metz sont et demeurent des conseillers de droit de cette cour, à qui sont accordés les mêmes droits, honneurs, prérogatives et privilèges qu’aux autres parlements de France.

Le parlement a le droit de remontrance à l’égard des nouvelles lois ; mais le roi peut le contourner en exerçant, en sa présence, un lit de justice.

Le parlement assume aussi les fonctions de Chambre des comptes, de Cour des aides et de Cour des monnaies.

L’édit de création du 15 janvier 1633 prévoit un premier président, six présidents à mortier et cinquante-quatre conseillers qui pouvaient siéger par semestre, sauf le chef de la Cour. Pour former cette première Cour, Richelieu a choisi d’y placer des magistrats d’autres ressorts dont les familles étaient restées fidèles au roi pendant les troubles de la Ligue.

Le parlement de Metz a été ensuite composé d’un Premier président, de douze présidents à mortier, de six conseillers d’honneur, de quatre conseillers chevaliers, de quatre-vingt-onze conseillers, tant clercs et laïcs, d’un procureur général, de deux avocats généraux et de sept substituts.

À la différence de la plupart des autres parlements, ses chambres sont renouvelées tous les six mois.

1634-1637. Pendant l’occupation du duché de Lorraine par les armées de Louis XIII, une cour souveraine est créée à Nancy, composée en majeure partie de magistrats détachés du parlement de Metz.

Par lettres patentes du 10 mai 1636, le parlement est transféré à Toul. L’entrée solennelle a lieu le 16 avril 1637.

1658. Le parlement a séjourné vingt ans à Toul. Il réintègre Metz le 1er décembre, après des années de tractations.

En septembre 1658, le roi Louis XIV lui accorde ses lettres de noblesse. Les membres du parlement sont automatiquement anoblis au bout de vingt ans de carrière (ou s’ils meurent en fonction avant 20 ans).

1661. Une chambre des requêtes du palais est créée pour juger en première instance les causes des chapitres, des communautés et de certains privilégiés.

1679-1686. Il existe dans le parlement une Chambre de réunion, destinée à étudier les droits que Louis XIV pouvait avoir sur certains territoires, ce qui a fourni le prétexte de la guerre de la ligue d’Augsbourg.

1697. Le traité de Ryswick restitue des territoires réunis au Royaume de France par la Chambre de réunion du Parlement de Metz. Chronique du blog, Ryswick : Louis XIV restitue.

1766. Le duché de Lorraine intègre le royaume de France, à la mort de Stanislas Leczinski selon les termes du traité de Vienne de 1738 qui met fin à la guerre de succession de Pologne. Chronique du blog

B. Un parlement singulièrement entreprenant, 1766-1771. Source 2 : citations de René Bour, Histoire de Metz, Éditions Serpenoise, 2007, pp. 142-148.

1766. « Devenu une Cour provinciale, le parlement reprit son ancien rôle et s’occupa davantage des intérêts du Pays messin. Ceux-ci étaient bien connus car depuis la fin du siècle précédent, les deux tiers de ses  membres appartenaient à des familles du terroir. On le vit se pencher sur les problèmes économiques, essayer, par exemple, de ranimer le commerce du cuir (objet d’un mémoire en 1768) et prendre des mesures pour empêcher la cherté des vivres.

Les protestations du Parlement dégénérèrent en lutte ouverte. Lors du conflit qui avait opposé le duc d’Aiguillon au parlement de Rennes, Calonne, alors intendant à Metz, avait accusé plusieurs conseillers bretons d’avoir décrié le roi. Dans un esprit de solidarité, les conseillers messins décidèrent que l’intendant ne serait plus invité à siéger au parlement tant qu’il ne se serait pas justifié de ses imputations calomnieuses.

Calonne, peint par Vigée Le Brun

Le roi chargea le gouverneur militaire de tenir une sorte de lit de justice pour obliger le parlement à rayer la délibération concernant Calonne. Mais la cour protesta et fit de nouvelles démonstrations, cette fois en faveur de parlement de Paris.

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Metz, la Place d‘armes de Blondel

Source 1 : extraits de WiKipédia.

« La Place d’armes est située entre la cathédrale Saint-Étienne et l’hôtel de Ville. Elle constitue la pièce majeure d’un aménagement urbain caractéristique du 18ème siècle souhaité par le maréchal Belle-Isle et son successeur le maréchal d’Estrées, conçue par Jacques-François Blondel.

Cliquer sur les photos pour les agrandir. Source : Pierre Dubois, juillet 2020

Diaporama de 34 photos (juillet 2020).

La cathédrale gothique, église des évêques, a représenté historiquement le centre spirituel et religieux de la ville qui fut longtemps gouvernée par ses évêques.

Au Moyen Âge, un cloître et de nombreuses églises s’élevaient à l’emplacement actuel de la place d’Armes : Saint-Gorgon et son cimetière, Saint-Pierre-le-Vieux, Saint-Paul, la chapelle des Lorrains et Saint-Pierre-aux-Images. Devant la façade de la cathédrale se dressaient le Palais de l’Évêché, séparés par une cour. Il n’existait donc qu’une petite place devant le portail de la Vierge.

L’aménagement de la place d’Armes est commencé en 1754 par ordre du gouverneur Belle-Isle. Louis XV avait demandé la création d’une place autour de laquelle seraient rassemblés tous les pouvoirs. La place dite de la Grande Église est agrandie en détruisant les églises et le cloître situés sur le flanc gauche de la cathédrale. Le palais des Treize face à la cathédrale est détruit vers 1765. Le nouvel hôtel de Ville est terminé en 1788.

En 1792 lors de la Révolution, la place est dénommée place de la Loi.

La place est ainsi investie d’un rôle représentatif de la ville et de l’exercice des pouvoirs. Sur l’un de ses grands côtés, à l’est, l’Hôtel de Ville dévolu aux autorités municipales est le plus long bâtiment créé par le plan de Blondel. Il fait pendant à la façade de la cathédrale gothique laquelle avait originellement été flanquée d’une galerie basse à arcades, occupée par des officines, assurant l’unité esthétique de la place ».

Source 2 : extraits de Jacques-François Blondel, Architecte des Lumières à Metz, Connaissance des Arts, hors série, 2018.

« Pour l’édifice majeur qui doit orner la nouvelle place d’armes, Blondel tient compte de l’actualité architecturale du milieu du 18ème siècle. L’Hôtel de ville de Metz s’inspire des grandes lignes de l’Hôtel de la Marine construit à Paris à partir de 1757 par le Premier architecte du roi, Ange-Jacques Gabriel. Grand chantier du règne de Louis XV, la place parisienne éponyme passait alors pour un modèle à imiter.

A Metz, les ordres colossaux sont simplement évoqués. La place d’armes, outre un projet jamais abouti de statue équestre vers 1755-1756, présente donc, par la nature de son plan, par l‘élévation de ses façades, mais aussi par la volonté monarchique d’embellir cet espace, toutes les caractéristiques d’une place royale à la française. Chroniques du blog sur les statues équestres de Louis XV« .

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