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Abbé Henri Grégoire, 50 ans en 1800

Source : extraits de la chronique de Wikipédia. Résumé. « L’abbé Henri Jean-Baptiste Grégoire (1750-1831) est un prêtre catholique, évêque constitutionnel et homme politique, l’une des principales figures de la Révolution française. Il se rallie au Tiers état et, à l’Assemblée constituante, il réclame non seulement l’abolition totale des privilèges et de l’esclavage mais prône aussi le suffrage universel masculin. Fondateur du Conservatoire national des arts et métiers et du Bureau des longitudes« .

1750. « L’époque est marquée par la ruralisation du bas clergé qui reste alors un moyen d’ascension sociale. Henri Grégoire commence ses études avec le curé de son village qui remarque ses dispositions intellectuelles dès l’âge de cinq ans.

1758 (8 ans). Il rejoint ensuite l’abbé Cherrier dans le village voisin d’Emberménil. Il étudie, en compagnie de fils de hauts fonctionnaires au service du duc de Lorraine.

1763-1768 (13 à 18 ans). Grégoire est ensuite orienté par l’abbé Cherrier pour suivre des études au collège jésuite de Nancy.

Il est ensuite orienté vers l’université de Pont-à-Mousson. Lorsque la Compagnie de Jésus est bannie de France en 1763, l’enseignement est réorganisé par le diocèse et Grégoire rejoint la toute neuve Université de Nancy où il a comme professeur Antoine-Adrien Lamourette, futur évêque constitutionnel de Lyon.

1769 à 1771 (19 à 21 ans). A Nancy, il étudie la philosophie et la théologie, pour faire suite aux humanités et à la rhétorique qu’il avait étudiées auparavant. Parallèlement, il suit des cours au séminaire de Metz tenu par les Lazaristes.

1773 (23 ans). Alors qu’il passe une année comme régent de collège hors du séminaire, Grégoire commence à se lancer dans le monde. Il consacre notamment une grande partie de son temps à la poésie. Son premier succès public est le prix de l’Académie de Nancy, décerné en 1773 pour son Éloge de la poésie.

1774 (24 ans). Voyageant constamment entre Nancy et Metz, il doit à l’automne de 1774, rentrer au séminaire de Metz pour la préparation à son ordination sacerdotale.

1775 (25 ans). Il est finalement ordonné prêtre le 1er avril. Durant ses années de formation, il est passé par une phase de doute sur sa foi et sa vocation religieuse… Il ne cache pas dans ses Mémoires avoir goûté aux philosophes des Lumières et être revenu à la foi après d’intenses réflexions. Il devient vicaire de paroisse, d’abord à Château-Salins

1776 (26 ans). Il devient membre de la Société philanthropique et charitable de Nancy.

1780 (30 ans). Les mauvaises conditions économiques de la décennie pré-révolutionnaire touchent de plein fouet les curés des paroisses modestes et accentuent une aigreur qui se fait plus grande encore quand la réaction nobiliaire ferme l’accès aux évêchés et même aux chapitres cathédraux (celui de Metz est anobli en 1780).

1787 (37 ans). L’Académie de Metz organise un concours intitulé Est-il des moyens de rendre les Juifs plus utiles et plus heureux ? L’Abbé Grégoire est candidat. Il reprend son premier mémoire en le remaniant. C’est son Essai sur la régénération physique, morale et politique des juifs. Il partage le prix avec deux autres candidats. Son intérêt pour la question juive pourrait trouver son origine dans une philanthropie d’inspiration piétiste mais aussi du fait de l’importance de la communauté juive en Lorraine.

  • Le concours de l’Académie de Metz est au cœur du roman historique, L’Abbé Grégoire s’en mêle, Anne Villemin-Sicherman, Éditions 10-18, Grands détectives, 2018  (juin 2020 pour l’édition de poche), 616 pages.

Dans cet essai, Grégoire affirme qu’il tient une partie de sa documentation de ses relations dans le milieu des érudits juifs, et notamment d’Isaac Berr Bing et Simon de Gueldres. Il fustige l’attitude des gouvernements européens, qu’il accuse de cruauté et d’injustice envers les Israélites. Il considère que la discrimination qui frappe les juifs est contraire à l’utilité sociale.

1788-1789 (38-39 ans). Lettre du Roi Louis XVI (24 janvier) pour la convocation des États généraux à Versailles, le 26 avril 1789.

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1783-1787. Calonne : réformer !

Calonne est un des personnages historiques, au centre du roman policier d’Anne Villemin-Sicherman, L’Abbé Grégoire s’en mêle, Éditions 10-18, Grands détectives, 2018  (juin 2020 pour l’édition de poche), 616 pages. L’intrigue se déroule au printemps 1787.

Charles-Alexandre de Calonne (1734-1802), une carrière typique de la Noblesse de robe sous les règnes de Louis XV et Louis XVI. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Il est récompensé pour ses remarquables talents d’administrateur en étant nommé à Metz, intendant des Trois-Évêchés en 1766 (à l’âge de 32 ans). Sous le règne de Louis XVI, il est nommé intendant de Flandre et Artois à Lille (1778). Il est contrôleur général des finances en novembre 1783, ministre d’État de janvier 1784 à 1787. Il est renvoyé le 10 avril 1787.

Le programme de Calonne. Trouver le vrai secret d’alléger les impôts dans l’égalité proportionnelle de leur répartition, aussi que dans la simplification de leur recouvrement. Il a d’abord cherché, de manière avant tout pragmatique, à rétablir le crédit pour se lancer dans une politique d’emprunts forcenée. Celle-ci a eu pour effet de relancer l’activité, mais aussi d’alimenter la spéculation. Redoutant un effondrement de la bourse et à bout d’expédients, Calonne s’est alors engagé, mais trop tard, dans une réforme de fond et de grande ampleur en convoquant l’Assemblée des notables, mais celle-ci l’a conduit à sa perte.

La relance de l’activité économique

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La réforme monétaire et le retournement de l’opinion.

Au bout du compte, l’état de grâce de Calonne n’aura guère duré plus d’un an. Très positive au départ, l’opinion publique commence à se retourner au début de 1785. Plusieurs facteurs se conjuguent : la réforme monétaire suscite le mécontentement ; les parlements grondent contre les emprunts, et notamment celui de la fin de 1785 ; le clergé s’inquiète de projets de taxation des biens de l’Église ; les chambres de commerce protestent contre le traité de commerce franco-britannique ; une partie de la finance, mécontente des mesures prises pour lutter contre l’agiotage, se détourne également du contrôleur général.

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1771. Maupéou réforme la Justice

Le chancelier de Maupeou, une réforme de la justice manquée, entretien audio (20 minutes) avec Maître Jean-Luc Chartier par Laetitia de Witt, Canal Académie, 3 janvier 2010.

La réforme Maupeou. Source : extraits de l’article de Wikipédia

Pour mettre un terme à la guerre ouverte menée par les Parlements au pouvoir royal, De Maupéou impose une série d’édits qui remodèlent le système judiciaire. Alors que le Parlement de Paris réitère le 18 janvier 1771 son refus de siéger pour entériner les décisions royales, Maupeou convainc le roi de briser cette opposition systématique.

  • Les parlementaires parisiens sont arrêtés et exilés (arrêt du Conseil du 20 janvier 1771),
  • leurs charges confisquées puis rachetées par l’État (édit d’avril 1771).
  • L’immense ressort du Parlement de Paris fut divisé en six circonscriptions avec au sein de chacune un Conseil supérieur, nouvelle juridiction souveraine, le Parlement de Paris subsistant mais à la tête d’une circonscription plus réduite (édit du 23 février 1771).
  • Pour ces nouvelles juridictions, la vénalité des offices est abolie,
  • la justice rendue gratuite, les magistrats étant désignés par le roi et rétribués par l’État.

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1771. Études de droit superficielles

Suite de la chronique 1771-1774. Soufflot, architecte de l’École de droit de Paris

Le 20 janvier 1771, Louis XV et Maupeou exilent le Parlement de Paris, puis Maupeou réforme en profondeur la justice : fin de la vénalité des offices et de leur transmission successorale, épices supprimées, juges payés par l’État. Les officiers dont la charge a été annulée sont remplacés par des commissaires. Mais, dès son accession au trône en 1774, Louis XVI annule la réforme et rétablit les parlements dans leurs anciennes prérogatives.

Première partie de la chronique : dans son livre, Le Siècle de Louis XV (1933), Pierre Gaxotte propose une vision critique de la Révolution française en même temps qu’il entreprend une réhabilitation de Louis XV, alors très décrié. Dans le chapitre final – Le Roi -, il soutient la Réforme Maupéou. Parmi les arguments de son antiparlementarisme, il mentionne la superficialité des études de droit.

Dans la seconde partie de la chronique, Daniel Feutry, dans l’article L’historien, Sisyphe et les parlements (2015), critique les positions monarchistes de Pierre Gaxotte et part à la recherche des historiens contemporains qui ont réhabilité les Parlements.

Extraits. Page 458 du livre de Pierre Gaxotte (édition Fayard de 1974). « Les anciens magistrats avaient régné par la crainte ; tant qu’ils avaient paru redoutables, personne n’avait osé se déclarer contre eux ; quand ils furent abaissés, leur impopularité éclata. Ils s’étaient fait beaucoup d’ennemis par leur égoïsme et par leur orgueil. D’Alembert les disait abrutis par l’esprit intolérant et persécuteur… ni magistrats, ni même citoyens. Certains étaient d’une immoralité affichée »…

Page 459. « Durant tout le siècle, le prix des charges n’a cessé de baisser. A Rennes, une charge de conseiller qui se payait de cinquante à cent mille livres sous Louis XIV n’en valait plus que douze à trente mille en 1753 et la Bretagne ne fait pas exception. A Paris, entre 1720 et 1753 (années de démissions et d’exils), les charges du même ordre se dévalorisent de moitié (de cent mille à cinquante, certaines années même trente-quatre, trente-six) et elles ne se relèveront jamais. C’est l’indice d’une baisse de prestige.

Si le recrutement reste le même, c’est-à-dire nobiliaire et souvent familial, la qualité s’en ressent. Non seulement les études de droit sont presque toujours superficielles et hâtives, mais les examens prescrits [la possession d’une licence de droit] sont de plus en plus des examens de complaisance. Le plus souvent les sujets d’interrogation sont communiqués à l’avance aux intéressés. Le doyen du Parlement breton, Desnos des Fossés, écrit que si sa compagnie examine avec minutie les quartiers de noblesse des candidats-conseillers, elle n’y regarde pas de si près à l’égard de la science« …

En principe, on ne peut être conseiller avant vingt-cinq ans, président avant quarante. M. Bluche a calculé qu’à Paris l’âge moyen d’entrée en charge pour les conseillers est de vingt-deux ans. A Dijon, sur  cent vingt parlementaires étudiés par M. Colombet, cent ont obtenu des dispenses d’âge ;  trois ont été conseillers à dix-sept ans, douze à dix-huit, une dizaine à dix-neuf.

L’apprentissage, qui se faisait au sein même des Chambres par l’assiduité aux audiences et par les conseils des anciens, est de plus en plus compromis par l’agitation politique ».

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1774 Paris. Soufflot, École de droit

Soufflot, architecte de l’École de droit de Paris, construite de 1771 à 1773, ouverte en 1774 et inaugurée en 1783.

Faculté de droit. Photos de Pierre Dubois, mars 2009. Cliquer sur les images pour les agrandir

Source 1. Wikipédia

Avec l’Édit de Saint-Germain d’avril 1679, rétablissant l’enseignement du droit romain à Paris (interdit depuis la décrétale Super Specula d’Honorius III), la faculté s’intitula Faculté de droit civil et canonique.

La Faculté de Décret de Paris, renommée Faculté des Droits, avait été logée, à titre provisoire, dans le Collège Royal. Cet arrangement dura près d’un siècle.

1753. Louis XV, par lettres patentes du 16 novembre, ordonne la construction, au sommet de la montagne Sainte-Geneviève, d’un édifice convenable et suffisant pour accueillir les étudiants en droit et leurs professeurs.

L’honneur en échut à Jacques-Germain Soufflot, architecte et contrôleur des bâtiments du Roi. Lire aussi sur ce blog : Soufflot, 30 ans en 1743. A 28 ans, au retour de son séjour en Italie, Jacques-Germain Soufflot est choisi comme architecte pour reconstruire l’Hôtel-Dieu de Lyon.

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1780. Joseph II, un empereur lorrain

Deux articles, deux visions différentes de la même personne, des évènements différemment datés…

Source Wikipédia. « Joseph de Lorraine (1741-1790) est le fils aîné de l’empereur François de Lorraine et de Marie-Thérèse d’Autriche ; à la mort de son père en 1765, il est élu roi des Romains et devient corégent des possessions héréditaires des Habsbourg d’Autriche dont il hérite en 1780, à la mort de sa mère.

Joseph II se montra un souverain moderne et réformiste, mais ses réformes, trop rapides, n’ont été ni comprises ni acceptées par ses sujets. Il s’allia à la Prusse et à l’Empire russe pour dépecer la Pologne (1772) et faillit déclencher une guerre européenne en 1778 en voulant s’emparer de la Bavière. Il tenta d’influencer la politique étrangère de la France grâce à sa sœur Marie-Antoinette, épouse de Louis XVI. Il essaya également de démembrer l’Empire ottoman en s’alliant à l’Empire russe ».

Source Hérodote.net. Fabienne Manière, 29 novembre 1780. Avènement de Joseph II à Vienne

Les réformes de Joseph II. « Dans un premier temps, en 1781, il remplace les entités féodales par une structure administrative plus rationnelle, avec des provinces et des cercles. À leur tête sont placés des fonctionnaires impériaux (les révolutionnaires français agiront de même avec la création des départements). En 1784, Joseph II fait du haut allemand la langue officielle de l’empire, à la grande fureur des populations hongroises, slaves et italiennes.

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1778. Société Royale de Médecine

Louis XV meurt le 10 mai 1774. Lui succède son petit-fils le plus âgé, qui prend le nom de Louis XVI. Celui-ci, né le 23 août 1754, n’a pas vingt ans.

En matière de santé publique, Louis XVI poursuit les efforts menés sous Louis XV contre les épidémies, en accentuant le pilotage et le contrôle central. Source des citations ci-dessous : François Lebrun, Médecins, saints et sorciers aux 17ème et 18ème siècles, Temps actuels, 1983, pages 171 et 172.

  • 1776. Le roi demande à l’anatomiste Vicq d’Azyr (28 ans) de faire une enquête dans les régions les plus touchées et d’en communiquer les résultats à son Premier médecin, Lassone.
  • Les médecins auprès de chaque intendant demeurent isolés et ne peuvent unir leurs efforts pour enrayer les maladies.
  • Lassone propose la création d’une commission nationale chargée de correspondre avec les médecins du royaume. L’idée d’une telle commission date de 1732 ; elle ne fut pas créée car elle fit l’objet d’une violente opposition de la faculté de Médecine de Paris.
  • Le 29 avril 1776, un arrêt du Conseil du Roi crée une commission de huit membres ; le 29 juillet, le nombre est porté à quatorze. Lassone est président et Vicq d’Azyr commissaire général. Le Contrôleur Général des Finances (Turgot de 1774 au 13 mai 1776) veut faire de la commission un rouage gouvernemental.
  • Les commissaires peuvent être envoyés en province, en cas d’épidémie en particulier. Ils doivent se réunir chaque semaine pour répondre aux demandes de renseignements.
  • La Faculté de médecine de Paris tente de réduire la commission à l’impuissance. En vain.
  • Lettres patentes du 28 août 1778. La commission est remplacée par la Société Royale de Médecine, installée au Louvre.
Trois figures allégoriques (le zèle du bien public, l’observation et l’étude) contemplent le portrait de Louis XVI, fondateur et protecteur de la Société Royale de Médecine. Source Wikipédia

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Turgot (1727-1781), 30 ans en 1757

Anne Robert Jacques Turgot, baron de l’Aulne (1727-1781), 30 ans en 1757. 30 années au cours desquelles Turgot suit une trajectoire fidèle à ses origines familiales. En tant que cadet, il est destiné à entrer dans les Ordres, mais y renonce à l’âge de 22 ans. Il commence alors une carrière juridico-administrative : maître des requêtes à l’âge de 26 ans, intendant de la Généralité de Limoges à l’âge de 34 ans. En parallèle, il publie de nombreux ouvrages en économie et en science politique.

Biographie (sources : Wikipédia ; JP. Poirier, Turgot.

1727. « Naissance à Paris. Anne Robert Jacques Turgot, baron de l’Aulne

  • est le plus jeune fils de Madeleine Françoise Martineau de Brétignolles et de Michel-Étienne Turgot, prévôt des marchands de Paris, un poste important où il est en contact tant avec le lieutenant général de police, qu’avec l’intendant de la généralité de Paris ou avec le ministre chargé de l’ordre public. Sa famille vient de Normandie.
  • son grand-père paternel  Jacques-Étienne a été intendant successivement à Metz, Tours et Moulins.
  • son frère aîné, Michel-Jacques, est magistrat au Parlement de Paris.
  • un autre frère, Étienne-François, fait une carrière dans l’armée.
  • sa sœur épouse le duc de Beauvillier de Saint-Aignan.

Fils cadet, Jacques Turgot est destiné à entrer dans les ordres. Jeune, il a un précepteur qui ne lui impose rien. La lecture le passionne et il observe ; surtout, il est doté d’une bonne mémoire.

1737 (10 ans). Il entre au collège du Plessis, puis étudie « la philosophie de Locke et la physique de Newton » au collège de Bourgogne. S’il étudie les auteurs classiques, il lit également des auteurs plus récents tels que Fénelon et Voltaire.

1743 (16 ans). Il commence les études en Sorbonne.

1747 (20 ans). Il devient bachelier. Trop jeune pour entamer une licence de théologie, il passe un an au séminaire de Saint-Sulpice où il étudie les œuvres de Descartes, Spinoza, Maupertuis et Buffon. C’est surtout John Locke qu’il loue pour être le premier à nous avoir appris que les idées viennent des sens.

1749 (22 ans). Il intègre la maison de Sorbonne, annexe de la faculté de théologie, qui accueille des membres du clergé et douze bacheliers. Nombre de ces bacheliers occuperont plus tard des postes importants, comme Loménie de Brienne, qui est cardinal et contrôleur général des finances. Il remet deux dissertations latines remarquées, Les avantages que la religion chrétienne a apportés à l’espèce humaine, et L’Histoire du progrès dans l’esprit humain.

1749 (22 ans). Le premier signe de son intérêt pour l’économie est une lettre sur le billet de banque, écrite à son camarade l’abbé de Cicé, et réfutant la défense par l’abbé Terrasson du système de Law. Sa traduction du quatrième livre de l’Énéide est accueillie par Voltaire comme la seule traduction en prose où il ait trouvé le moindre enthousiasme.

1750 (23 ans). Turgot décide de ne pas entrer dans les ordres et s’en justifie, selon Dupont de Nemours, en disant qu’il ne peut porter un masque toute sa vie.

1751 (24 ans). Plan de deux discours sur l’histoire universelle (texte en ligne). Plan d’un ouvrage sur la géographie politique (texte en ligne).

1752 (25 ans). Il devient substitut, et puis conseiller au Parlement de Paris,

1753 (26 ans). Il est maître des requêtes. Il traduit les Questions sur le commerce de l’anglais Josiah Tucker, et rédige ses Lettres sur la tolérance, et un pamphlet, Le Conciliateur, en défense de la tolérance religieuse.

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Hommage au professeur Samuel Paty

Cérémonie d’hommage national à Samuel Paty à la Sorbonne. Conclusion du discours d’Emmanuel Macron, président de la République (publié le 21 octobre 2020)

Photo Ville de Conflans Sainte-Honorine

« Samuel PATY fut la victime de la conspiration funeste de la bêtise, du mensonge, de l’amalgame, de la haine de l’autre, de la haine de ce que profondément, existentiellement, nous sommes.

Samuel PATY est devenu vendredi le visage de la République, de notre volonté de briser les terroristes, de réduire les islamistes, de vivre comme une communauté de citoyens libres dans notre pays, le visage de notre détermination à comprendre, à apprendre, à continuer d’enseigner, à être libres, car nous continuerons, professeur.

Nous défendrons la liberté que vous enseigniez si bien et nous porterons haut la laïcité. Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d’autres reculent. Nous offrirons toutes les chances que la République doit à toute sa jeunesse sans discrimination aucune.

Nous continuerons, professeur. Avec tous les instituteurs et professeurs de France, nous enseignerons l’Histoire, ses gloires comme ses vicissitudes. Nous ferons découvrir la littérature, la musique, toutes les œuvres de l’âme et de l’esprit. Nous aimerons de toutes nos forces le débat, les arguments raisonnables, les persuasions aimables. Nous aimerons la science et ses controverses. Comme vous, nous cultiverons la tolérance. Comme vous, nous chercherons à comprendre, sans relâche, et à comprendre encore davantage cela qu’on voudrait éloigner de nous. Nous apprendrons l’humour, la distance. Nous rappellerons que nos libertés ne tiennent que par la fin de la haine et de la violence, par le respect de l’autre.

Nous continuerons, professeur. Et tout au long de leur vie, les centaines de jeunes gens que vous avez formés exerceront cet esprit critique que vous leur avez appris. Peut-être certains d’entre-eux deviendront-ils enseignants à leur tour. Alors, ils formeront des jeunes citoyens. À leur tour, ils feront aimer la République. Ils feront comprendre notre nation, nos valeurs, notre Europe dans une chaîne des temps qui ne s’arrêtera pas.

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De Sartine. De l’histoire au polar

Antoine de Sartine (1729-1801), lieutenant général de police de 1759 à 1774 (année de la mort de Louis XV) est une figure historique du 18ème siècle (partie 1 de cette chronique). Il est devenu un personnage de fiction dans le polar de Jean-François Parot (1946-2018), L’énigme des Blancs-Manteaux (partie 2).

Antoine de Sartine  (1729-1801). Extraits de Wikipédia. « Il obtient des lettres de nationalité en 1752, achète la charge de lieutenant criminel au Châtelet la même année, il est anobli en 1755, et épouse, en 1759, la petite-fille de Charles Colabeau, Marie-Anne Hardy du Plessis.

Bien en cour, il est nommé successivement aux offices de lieutenant général de police (du 22 novembre 1759 au mois de mai 1774), de maître des requêtes (9 décembre 1759), et quelques années plus tard de directeur de la Librairie (1763-1774). En 1767, il est nommé conseiller d’État

S’attachant à améliorer les services de la capitale, notamment ceux de l’approvisionnement (il active la construction de la halle au blé), de l’éclairage, il fait installer des lanternes à réverbère qui contribuent à améliorer la sécurité publique, et substitue également aux tripots clandestins des maisons de jeu surveillées par ses agents et taxés au profit du fisc.

Excellent administrateur, habile politique, Sartine se préoccupe aussi des problèmes d’hygiène, d’approvisionnement et de police en général durant sa lieutenance.

Les libelles fleurissent. Au mois de juillet 1773, Théveneau de Morande qui est devenu une des créatures du clan Choiseul s’attaque alors à la favorite royale, Madame du Barry : Choiseul bien qu’en disgrâce continue le combat… Sartine s’en agace et fait perquisitionner les libraires pour connaître l’éditeur. Finalement Théveneau est localisé à Londres, son arrestation échoue, c’est Beaumarchais qui sera envoyé début 1774 pour négocier avec le libelliste ».

Jean-François Parot, diplomate et auteur de romans policiers. L’énigme des Blancs-Manteaux, Grands détectives, 10/18, 2001. Ce polar se déroule en 1761 ; Sartine a alors 32 ans.

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