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1749, 1759. Belle-Isle, les Académies

Deux académies dans la vie du Maréchal de Belle-Isle. En 1749, il est reçu à l’Académie française. En 1759, l’académie royale de Metz des sciences et des arts se donne Belle-Isle pour fondateur et protecteur.

A. 1749. Belle-Isle entre à l’Académie française. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Candidat du maréchal Richelieu à l’Académie, Belle-Isle voulut s’abstenir de faire les visites d’usage, mais il dut céder devant la ferme opposition de Duclos.

Il remplaça, le 7 juin 1749, Amelot de Chaillou et fut reçu par l’abbé du Resnel le 30 juin 1749 ; il répondit au discours de réception du comte de Bissy.

Voltaire a dit de lui : Il écrivait d’une manière simple et commune, et on ne se serait jamais aperçu, par le style de ses dépêches, de la force et de l’activité de ses idées« .

Le Maréchal Duc de Belle-Isle a prononcé le discours qui suit :  

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B. 1757. L’académie royale de Metz des sciences et des arts est créée en avril. Source : extraits de Wikipédia.

« La Société est accueillie au Collège Saint-Louis du Fort par son prieur, Joseph de Saintignon.

En 1759, elle se donne le maréchal-duc de Belle-Isle pour fondateur et protecteur.

Officialisée par lettres patentes de Louis XV en juillet 1760, elle existe sous le nom Société royale des sciences et des arts jusqu’en août 1793, date à laquelle elle est supprimée par la Convention, comme toutes ses semblables.

Sceau de l’Académie

Elle compta parmi ses membres Pierre Louis,  Charles de Lacretelle, Pierre-Louis Roederer, Antoine Parmentier, Maximilien de Robespierre.

Les concours de Metz ont été lancés en 1761 par la Société royale des sciences et des arts. Annuels, ils portaient sur des sujets de toutes sortes. En seront lauréats Robespierre en 1784, l’abbé Grégoire en 1787.

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Gouverneur général ou particulier

Cette chronique fait partie d’une série sur l’Administration du Royaume au 18ème siècle. Lire la chronique sur la Genèse de l’Intendance.

A. Les gouvernements généraux et particuliers (source Wikipédia) étaient des circonscriptions militaires de l’Ancien Régime : chacune constituait une portion du royaume de France soumise à l’administration militaire avec à sa tête un gouverneur nommé par le roi.

Selon l’ordonnance de 1499, le gouverneur avait pour mission de tenir le pays à eux commis en sûreté, le garder de pillerie et visiter les places et forteresses.

Jusqu’au 16ème siècle, il n’existait que 12 gouvernements, mais par suite de démembrements ce nombre s’éleva jusqu’à une quarantaine.

Par ordonnance du 18 mars 1776, le roi Louis XVI distribua les gouvernements généraux des provinces, au nombre de trente-neuf, en deux classes :

  • La première classe comprit dix-huit gouvernements généraux, dont les titulaires percevaient chacun annuellement, soit en appointements, soit en émoluments, une somme de 60 000 livres ;
  • La seconde classe comprit vingt-un gouvernements, à chacun des titulaires desquels il n’était attribué que 30 000 livres par an.

Les dix-huit gouvernements généraux de la première classe étaient les suivants :

  • Gouvernement de l’Isle de France (chef-lieu : Paris) ;
  • Gouvernement de Picardie (chef-lieu : Amiens) ;
  • Gouvernement de Flandre et de Hainaut (chef-lieu : Lille) ;
  • Gouvernement de Champagne et de Brie (chef-lieu : Troyes) ;
  • Gouvernement de Metz et Pays messin, Verdun et Verdunois ou des Évêchés (chef-lieu : Metz) ;
  • Gouvernement de Lorraine et Barrois (chef-lieu : Nancy) ;
  • Gouvernement d’Alsace (chef-lieu : Strasbourg) ;
  • Gouvernement du Comté de Bourgogne (chef-lieu : Besançon) ;
  • Gouvernement du Duché de Bourgogne (chef-lieu : Dijon) ;
  • Gouvernement de Lyonnais, Forez, Beaujolais (chef-lieu : Lyon) ;
  • Gouvernement de Dauphiné (chef-lieu : Grenoble) ;
  • Gouvernement du Pays et Comté de Provence (chef-lieu : Aix) ;
  • Gouvernement de Languedoc (chef-lieu : Toulouse) ;
  • Gouvernement de Roussillon (chef-lieu : Perpignan) ;
  • Gouvernement de Haute et Basse Navarre et Béarn (chef-lieu : Pau) ;
  • Gouvernement de Guyenne et Gascogne (chef-lieu : Bordeaux) ;
  • Gouvernement de Bretagne (chef-lieu : Rennes) ;
  • Gouvernement de Normandie (chef-lieu : Rouen) ».

B. Source Encyclopédie Larousse.

« Commissaires institués par la royauté à partir de la fin du 13ème siècle dans les provinces frontières au-dessus des baillis et des sénéchaux, les gouverneurs étaient nommés par lettres de provisions temporaires et révocables. Issus de la haute noblesse, ils avaient des attributions essentiellement militaires. Aux 15ème et 16ème, ils accrurent leurs pouvoirs au détriment des officiers locaux et, lors des guerres de Religion, ils exercèrent toutes les prérogatives du roi dans leurs gouvernements. Henri IV et Richelieu réduisirent leur rôle. Dépouillés par Louis XIV de leurs pouvoirs, attribués aux intendants et aux lieutenants généraux, ils n’eurent plus qu’un rôle honorifique. Leurs charges furent supprimées le 22 décembre 1789« .

C. Source Encyclopédie Universalis (article de Solange Marin)

« Commissaire ordinaire du roi, le gouverneur chargé de le représenter dans une circonscription administrative appelée gouvernement. Créés au 15ème siècle, ces gouvernements étaient au 16ème au nombre de douze ; ils recouvraient les grandes provinces frontières et en fait la plus grande partie du territoire français, soit la Bretagne, la Normandie, la Picardie, la Champagne, la Bourgogne, la Bresse, le Dauphiné, la Provence, le Languedoc, la Guyenne, l’Orléanais et l’Île-de-France. Les gouverneurs répondaient à une nécessité : celle de maintenir l’ordre et d’assurer la défense des provinces pendant la période troublée de la guerre de Cent Ans. Chefs de l’armée, ils pouvaient en réalité intervenir en toutes occasions où l’ordre public, la sécurité des populations ou l’autorité royale étaient menacés. En raison de leurs pouvoirs militaires, ils étaient choisis exclusivement dans l’ordre de la noblesse.

 N’étant point propriétaires de leur charge, les gouverneurs sont révocables à tout instant, et les souverains ne se privèrent pas d’user de ce droit, surtout à partir du 17ème siècle, estimant que l’influence de ces hauts personnages contrebalançait la leur. Ils leur adjoignent des lieutenants généraux qui prennent le véritable commandement de l’armée, et Louis XIV leur interdit de résider dans leur gouvernement sans sa permission.

Ce sont les Intendants qui ont alors la réalité du pouvoir dans le royaume ainsi que la confiance du roi, et ce sont eux qui sont l’objet de l’hostilité des parlements. Au 18ème siècle, néanmoins, les parlements s’attaqueront aux gouverneurs et lieutenants généraux, comme en témoigne l’affaire de Bretagne ».

D. Bernard Barbiche, Les gouverneurs, in Les institutions de la monarchie française à l’époque moderne, 2012, pages 323 à 333.

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17ème. Genèse de l’Intendance

Michel Antoine, Genèse de l’institution des intendants, Journal des Savants, Année 1982, 3-4, pp. 283-317. Texte intégral en ligne sur Persée.

Page 283 de l’article de Michel Antoine. Cliquer sur les images pour les agrandir

Les deux premières parties de l’article d’Antoine (pages 283 à 301) démontrent l’antériorité de la fonction de Gouverneur par rapport à celle d’Intendant. « Les gouverneurs, représentant le roi dans une ou plusieurs provinces, avaient d’abord une fonction militaire et s’entouraient de conseillers qu’ils connaissaient dans cette fonction. Dès le milieu du 16ème siècle, le roi leur a enjoint de s’entourer également de gens de robe pour affronter les questions judiciaires, administratives et financières ».

Les anciens gouvernements en 1789

Page 291. « Cette solution donnait satisfaction à tous, au Roi et aux gouverneurs : au Roi qui, en les flanquant d’un robin désigné ou au moins agréé par lui, y trouvait un moyen non seulement de leur garantir un concours compétent et indispensable, mais peut-être aussi de les surveiller, et aux gouverneurs, assurés de bénéficier d’une aide éclairée en des matières délicates ».

Page 296. « On voit l’extrême importance de la période des guerres de religion dans l’histoire administrative de la France. L’usage de placer près des gouverneurs des hommes de robe et de plume nommés ou reconnus par le Roi, déjà courant sous Henri II, fut renforcé sous le règne de ses fils par le recours à des commissaires de l’édit » (de droit).

Page 299. « Henri IV, dès 1589, chaussant les bottes de ses prédécesseurs, envoya des intendants de justice auprès des gouverneurs, mais l’on ne relève guère d’innovations de sa part avant 1597 : suppression des offices de trésorier de France qui viendraient à vaquer jusqu’à ce que leur nombre fût réduit à deux par généralité… Même décision pour les officiers des bureaux des finances ».

Page 300. « Par édit de novembre 1608, Henri IV et Sully, ayant contraint les bureaux des finances à l’effacement, députèrent dans les provinces des commissaires chargés  de l’intendance et direction de nosdictes finances… Ces commissaires n’étaient plus mis à la disposition des gouverneurs et n’avaient aucune part à leurs opérations ».

Page 301. « Pour l’observation de l’édit de Nantes ou pour les besognes financières les plus variées, Henri IV envoya dans les provinces de préférence des conseillers d’Etat, des maîtres des requêtes et des officiers des compagnies parisiennes ».

Page 306 et 307. La troisième partie et la conclusion de l’article de Michel Antoine sont plus souvent citées que les deux premières car le 17ème siècle diffuse la fonction d’Intendant dans toutes les provinces du Royaume.

« Rôle clé joué par Pierre Séguier dans le développement de l’institution de l’intendance. Citations de Wikipédia. « Le 28 février 1633, il est nommé garde des sceaux sous le ministère du cardinal de Richelieu puis, à la mort du chancelier Étienne I d’Aligre, devient chancelier de France ; il prête serment le 19 décembre 1635… Rétabli comme garde des sceaux le 8 septembre 1651, Mathieu Molé les garde jusqu’à sa mort le 3 janvier 1656. De 1651 à 1656, le chancelier Séguier revenu au Conseil cohabite avec Molé dans des conditions assez difficiles. À la mort de Molé, les sceaux lui reviennent jusqu’à sa propre mort en 1672.

Tous les officiers de justice dépendent donc de lui pendant à peu près quarante années (1633-1672), ce qui veut dire que toute l’administration du royaume pendant cette période repose sur lui. Laissé dans l’ombre par les fortes personnalités de Richelieu et de Mazarin, il joue pourtant un rôle essentiel dans la continuité des politiques de centralisation et d’acheminement vers un gouvernement qu’on appellera plus tard absolutiste ».

Page 308 du livre d’Antoine

« Déclaration de 1643. Désormais l’intendant de justice, police et finances assurerait l’essentiel de la répartition et de la levée de cet impôt [la taille] et de ses annexes… Cette évolution contribua évidemment à distendre encore davantage les liens entre gouverneurs et intendants sans toutefois les rompre »…

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Saint-Gall. La tombe d’Arnold

Strasbourg. Source Archi Wiki. « Des découvertes archéologiques attestent de la présence d’une zone de nécropole dès l’époque romaine dans le secteur de l’actuelle avenue du Cimetière.

Cimetière Saint-Gall. Cliquer sur les images pour les agrandir

En 1282, le chevalier Gösselin Kurnagel dédie une chapelle à Saint Gall et crée une fondation pour y dire une messe quotidienne.

Des inhumations semblent signalées dès 1522 dans ce secteur connu sous le nom de S’Gallemaettel.

La création du cimetière actuel, qui est contemporain des cimetières Saint-Urbain et Sainte-Hélène, remonte toutefois à l’ordonnance de 1527 du Magistrat de Strasbourg, qui interdit d’inhumer des défunts à l’intérieur de la ville.

Cette nécropole abrite de nombreux monuments d’artistes et de personnalités strasbourgeois ». Parmi les personnalités nées au 18ème siècle, figurent :

Le Marais Saint Gall fait partie des circuits pédestres du Parc Naturel Urbain de Strasbourg : Cimetière Saint-Gall (lire ci-dessus), Cimetière juif, Tour de Schloessel.

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1719-1720. Que la fête commence (1)

Que la fête commence, film de Bertrand Tavernier (1975) avec Philippe Noiret (le Régent), Jean Rochefort (l’abbé Dubois) et Jean-Pierre Marielle en marquis de Pontcallec, révolté breton.

Le film se déroule en 1719 et en 1720, à mi-parcours de La Régence (1715-1723). Louis XIV est mort en 1715. Louis XV, son arrière-petit-fils, est son successeur mais il n’a que 5 ans. La Régence est exercée par Philippe d’Orléans (1674-1723) ; Guillaume Dubois, dit l’Abbé Dubois parce qu’il avait été tonsuré dans son jeune âge, est son principal Ministre d’État.

Interview des acteurs (Christine Pascal, Jean Rochefort, Jean-Pierre  Marielle, Philippe Noiret) sur leur rôle dans le film. Des extraits du tournage et du film illustrent les propos dans un document INA d’une durée de 7’32.

Éléments contextuels pour la Régence, repris par Tavernier. De l’intérêt pédagogique d’un tel type de film !

  • un libertinage assumé par le Régent et l’abbé Dubois,
  • une contestation de la monarchie par la Bretagne (ses nobles et ses paysans),
  • des tensions au sein de l’Europe (l’alliance avec les Anglais et les Provinces Unies et la guerre larvée contre l’Espagne),
  • une éducation militaire du jeune Louis XV par l’incompétent Maréchal de Villeroy,
  • la création du papier-monnaie par John Law, la colonisation de la Louisiane et la course à l’enrichissement rapide et facile (c’est aussi le cas l’abbé Dubois dans sa conquête de bénéfices ecclésiastiques de plus en plus importants),
  • les médecins à l’œuvre, Pierre Chirac en tête.

Cette chronique est dédiée aux biographies résumées des 3 personnages historiques principaux

A. Le Régent Philippe d’Orléans (né en 1674) et l’abbé Dubois (né en 1656) ont une différence d’âge de 18 ans. Mais, hasards de l’Histoire, ils meurent tous les deux en 1723 (le premier le 2 décembre, le second l’a précédé dans la mort, le 10 août).

Louis XV est sacré le 25 octobre 1722. En février 1723, à 13 ans et un jour, il devient  majeur, et la Régence cesse. Philippe d’Orléans continue d’assurer la réalité du pouvoir, d’abord au travers du cardinal Dubois, principal ministre. A la mort de Dubois (22 août 1723), il se fait nommer principal ministre par Louis XV, qui a pour lui la plus vive affection.

Le 2 décembre 1723, Philippe d’Orléans meurt lui aussi. Lui succède l’impopulaire duc de Bourbon, son neveu, chef d’une autre branche cadette de la famille royale et petit-fils de Louis XIV par sa mère, une autre fille légitimée que le feu roi avait eu de madame de Montespan.

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Révolution à Strasbourg : 1789-1795

Georges-Daniel Arnold, né le 18 février 1780 à Strasbourg et mort dans cette même ville le 18 février 1829. Juriste et homme de lettres alsacien. Comment suivre des études de droit et devenir professeur des universités dans une période « agitée » ?

Sources. Citations de Wikipédia et de la Biographie de la Fédération des Sociétés d’Histoire et d’Archéologie d’Alsace.

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1787 (7 ans). Études au gymnase protestant de Strasbourg, interrompues à la suite de la fermeture dudit gymnase en 1794. Il souhaite poursuivre des études à la faculté de droit de Strasbourg.

1795 (15 ans). Il adhère aux idées libérales de la Société des jeunes amis de la Constitution. Alors que ses amis étudiants, dont Ehrenfried Stoeber, poursuivent leurs études en Allemagne à Tübingen ou à Erlangen, Georges Daniel trouve un emploi en 1795 à la Préfecture en qualité de sous-chef de bureau de la guerre et de l’administration départementale du Bas-Rhin. Il en profite pour écrire une Chronique de la Révolution à Strasbourg de 1789 à 1795.

1801-1803 (21-23 ans). Séjour d’études à Göttingen : droit, langues anciennes et modernes, philosophie, antiquités, beaux-arts, sciences naturelles, sciences exactes. Voyages pendant les vacances en Allemagne du Nord (Brême, Hambourg, Lübeck, Berlin, Dresde, Iéna ; à Weimar, il rend visite à Goethe.

1803 (23 ans). A l’automne, il rejoint son maître et professeur Koch (membre du Tribunat) à Paris pour parfaire ses études de droit. Koch l’introduit auprès de Chabot, Sédillez, Cuvier.

1804 (24 ans). Il attend sa nomination comme professeur à l’une des nouvelles Hautes écoles de droit, créées par ordonnance impériale.

1806 (26 ans). Le 1er septembre, par décret impérial, il est nommé professeur de code civil à la Faculté de droit de Koblenz et appelé comme conseiller juridique auprès de Lezay-Marnésia, préfet du département de Rhin-et-Moselle. Il écrit la même année ses Notices littéraires et historiques sur les poètes alsaciens.

1807-1808 (27-28 ans). Cours de pédagogie à l’École normale.

1809 (29 ans). Rentré en Alsace à la suite de Lezay-Marnésia, il est nommé titulaire de la chaire d’Histoire à l’Académie. Les projets audacieux exposés en 1809 en font le précurseur de l’École Historique du Droit dont la faculté de Droit de Strasbourg sera le porte-parole français jusqu’en 1870.

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Carrier. Atrocités de la guerre civile

Jean-Baptiste Carrier, né le 16 mars 1756 et mort guillotiné le 16 décembre 1794 à Paris. Il est un des acteurs de la Révolution française, et particulièrement de la Terreur. Son nom reste associé aux massacres, fusillades et noyades de Nantes qu’il ordonna entre décembre 1793 et février 1794.

Biographie de Jean-Baptiste Carrier. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

1784 (28 ans). Jean-Baptiste Carrier obtient la place de procureur à Aurillac. A noter qu’il appartient non à la noblesse de robe mais à la bourgeoisie de robe.

1789. Son office est supprimé.

1790. Il n’est pas candidat à l’Assemblée constituante. Il continue d’exercer sa profession : il est conseiller pour le bailliage d’Aurillac.

1792 (septembre). Il est élu député à la Convention nationale par le département du Cantal. Il était déjà connu comme orateur et membre influent des clubs des Cordeliers et des Jacobins.

Après la prise de contrôle des Flandres, il y est nommé commissaire par la Convention à la fin de 1792.

1793. Carrier a 37 ans.  Il vote pour l’exécution du roi Louis XVI, puis prend part à l’établissement du second Tribunal révolutionnaire. Il joue un rôle essentiel dans la chute des Girondins. Durant l’été, il est envoyé en mission en Normandie pour y réprimer les fédéralistes girondins.

Septembre. il est envoyé à Nantes pour faire cesser la révolte vendéenne par les moyens les plus extrêmes.

À cette date, la situation militaire s’était un peu améliorée pour les armées républicaines. Mais celles-ci subissent toutefois deux revers : à Tiffauges (18 septembre) et à Montaigu (21 septembre).

1793 (décembre). Les  forces militaires vendéennes finissent par être écrasées le 23 décembre à Savenay. Il ne reste plus que l’Armée de Charette contre laquelle des opérations sont engagées au début de 1794.

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1793 (décembre) – 1794 (février) : les massacres (fusillades et noyades) . Les succès militaires de la République entrainent un nombre considérable de prisonniers dont plusieurs milliers sont amenés à Nantes et entassés dans les prisons. En décembre, une commission militaire, la commission Bignon, s’installe à Nantes.

Carrier prend la ville en charge, forme une brigade de police politique, ainsi qu’un corps d’hommes déterminés, qui multiplient les violences… Entre 8 000 à 9 000 hommes, femmes et enfants sont enfermés à la prison de l’Entrepôt des cafés. Les noyades et les fusillades ajoutées au froid, à la faim et au typhus exterminèrent la population carcérale en quelques semaines. Le bilan sera terrible.

Portrait de Jean-Baptiste Carrier en médaillon au-dessus d’une représentation des noyades de Nantes, Paris, BnF, département des estampes, entre 1798 et 1817.

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Noyades de Nantes (11/1793-2/1794)

La légende noire de Jean-Baptiste Carrier

Les noyades de Nantes, anonyme, musée de l’Histoire de Nantes, fin du 18ème siècle. cliquer sur les images pour les agrandir

Cartel du tableau du musée. « Pour accélérer l’exécution en masse des prisonniers, on procède à des noyades en Loire. Les victimes sont extirpées de leurs prisons, notamment celle de l’entrepôt des Cafés, pour être dirigées vers des bateaux. Les navires sont ensuite sabordés. On estime qu’il y eut plus d’une vingtaine de noyades, soit environ 4 000 victimes.

Le tableau, réalisé peu de temps après les faits, reprend tous les codes utilisés à l’époque pour dénoncer les noyades : Carrier assistant aux meurtres avec ses sbires, une mère implorante et un couple enlacé pour son mariage républicain ».

Source principale. Extraits de l’article de Wikipédia : Noyades de Nantes.

« Les noyades à Nantes sont un épisode de la Terreur qui a eu lieu entre novembre 1793 et février 1794. Des milliers de personnes, suspectes aux yeux de la République (prisonniers politiques, de guerre, de droit commun, prêtres réfractaires…), ont été noyées dans la Loire sur ordre de Jean-Baptiste Carrier. Hommes, vieillards, femmes et enfants meurent ainsi dans ce que Carrier appelle la baignoire nationale. Autres dénominations : déportation verticale, baptême patriotique,  mariage républicain (mode d’exécution qui consistait à attacher nus un homme et une femme avant de les noyer), envoyer au château d’eau.

La crainte de l’épidémie a été avancée pour justifier la décision d’isoler les détenus à la prison de l’Entrepôt des cafés puis sur des navires mouillés dans le port ; elle a servi de prétexte à vider les prisons du centre-ville…

La troisième noyade, dite du Bouffay, est la noyade la plus connue, grâce à l’abondance des témoignages la concernant à cause de la participation du comité révolutionnaire de Nantes. Ces témoignages sont recueillis après l’arrestation des membres du comité le 12 juin 1794.

14 décembre 1793. Un agent entre à la prison du Bouffay avec deux paquets de cordes et un ordre signé du comité de rassembler les 155 détenus. La liste de ces 155 détenus avait été rédigée dans la nuit du 4 décembre lors d’une réunion des corps administratifs. Les prisonniers figurants sur cette liste appartiennent à toutes les conditions sociales ; il s’y trouve quelques nobles et un grand nombre de détenus de droit commun…

22 décembre 1793. Lecture est faite d’un courrier de Carrier lors d’une séance du Comité de salut public : Carrier représentant du peuple près l’armée de l’ouest donne avis au Comité que tout le continent et le marais sur la rive gauche de la Loire sont au pouvoir de la République. Westermann a poursuivi le noyau des brigands qui s’était porté à Châteaubriant ; que cette bande a évacué ce poste et a marché à Savenay. Il ajoute un mot du miracle de la Loire qui vient encore d’engloutir 360 contre-révolutionnaires de Nantes ; que depuis qu’ils ont disparu les armées brigandines ont été battues et ont manqué de tout.

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1788-1789. Robespierre en campagne

Sources de la chronique : extraits de 1788/1789 en Artois : un candidat en campagne électorale, Maximilien de Robespierre, par Bruno Decriem, in Robespierre. De la Nation artésienne à la République et aux Nations, par Hervé Leuwers, Jean-Pierre Hirsch, Gilles Deregnaucourt, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 1994, pp. 61-72.

« L’élection de Robespierre comme représentant du Tiers État aux États généraux ne fut pas une formalité, loin de là. Sur les huit députés du Tiers, il ne sera que le cinquième élu après un échec précédent, battu après ballottage pour le poste de quatrième député contre le modeste Vaillant… Mais quels furent l’étonnement et la douleur de Robespierre, lorsque, tout étant ainsi disposé, au lieu de se voir nommer en tête et par acclamation, comme sa vanité s’en était laissé flatter, il vit successivement sortir les noms de plusieurs députés et le sien toujours oublié, quelquefois même repoussé avec mépris ».

« L’Adresse à la Nation artésienne sur la nécessité de réformer les États d’Artois tient donc lieu de programme électoral du candidat Maximilien Robespierre. Déjà élaborée et publiée en 1788, elle fut éditée à nouveau en février 1789. 83 pages sans chapitre, non signées, mais personne ne peut s’y tromper…

On peut diviser le texte en huit thèmes principaux distincts qui forment le tout de la pensée robespierriste de cette époque électorale. Un ambitieux programme nettement affiché de rupture avec la structure de l’Ancien Régime:

  • une dénonciation de la dilapidation des deniers publics par les États d’Artois ;
  • une énormité injustifiée des contributions ;
  • une injuste répartition inégalitaire de l’imposition en général ;
  • l’inégalité des ordres en particulier ;
  • la volonté des États d’Artois de supprimer les avantages de la province suite à son statut particulier (édit de 1569) ;
  • les méfaits des États d’Artois sur les campagnes et les atteintes aux droits de l’homme ;
  • les pressions électorales inadmissibles exercées sur les Artésiens pour diriger les futurs électeurs ;
  • et enfin pour finir, l’annonce par Robespierre d’un réveil nécessaire du peuple artésien en préconisant le « bon choix », celui de la vertu et du courage ».

Mise en cause de la composition des États d’Artois. »Mais entre l’idéal et la réalité, il y a une énorme distance.. Les droits du peuple sont bafoués car la démocratie électorale et politique n’existe pas dans la désignation des membres des États :

« Ne voyez-vous pas d’abord que la seule composition de ces dernières doit être le principe de tous les abus ? Puisque ce n’est point le suffrage des peuples qui en ouvre l’entrée, mais la faveur des personnages qui en sont membres et surtout des hommes puissants qui les dominent ; il s’ensuit que cet honneur sera le prix de l’intrigue et de la complaisance avec laquelle on sacrifiera les intérêts des peuples à celui des grands »…

La chambre du clergé ? « Un comité où assistent deux évêques, les abbés réguliers des monastères, les députés des chapitres. Les évêques ne représentent personne, parce que personne ne les a choisis… Comme à de nombreuses reprises sous la Constituante et même plus tard, sous la Convention, Robespierre va prendre la défense du bas-clergé, celui des petits curés des paroisses« …

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Robespierre, 30 ans en 1788

Sources de la biographie de Robespierre : extraits de l’article de Wikipédia.

1758. « Naissance de Maximilien à Arras. Il est le fils ainé de François de Robespierre (1732-1777), avocat au Conseil supérieur d’Artois, et de Jacqueline-Marguerite Carraut (1735-1764), fille d’un brasseur d’Arras. Le couple eut encore quatre autres enfants.

Par son père, il descend d’une famille de gens de robe artésiens : son grand-père Maximilien (1694-1762) était également avocat au Conseil supérieur d’Artois, son bisaïeul Martin (1664-1720) procureur à Carvin, son trisaïeul Robert (1627-1707) notaire à Carvin et bailli d’Oignies.

1764. Le benjamin des enfants voit le jour le 4 juillet, mais décède sans qu’un prénom lui soit attribué. La mère ne se releve pas et meurt le 15 juillet, à vingt-neuf ans. Maximilien a six ans et serait de plus orphelin : son père aurait abandonné ses enfants peu après la mort de son épouse.

1765 (Robespierre a 7 ans). Louis de France, dauphin de Louis XV (1729-1765) meurt à l’âge de 36 ans. Il ne sera jamais roi : son père Louis XV meurt en effet en 1774. Mais il sera le père de trois rois, Louis XVI, Louis XVIII, Charles X.

1765 (7 ans). Les garçons Robespierre sont élevés par leur grand-père maternel, Jacques Carraut (1701-1778). Maximilien entre au collège d’Arras (ancienne institution jésuite gérée par un comité local nommé par l’évêque.

1769 (11 ans). Grâce à l’évêque d’Arras, Louis-François de Conzié, Robespierre obtient une bourse de 450 livres annuelles de l’abbaye de Saint-Vaast et entre au collège Louis-le-Grand, à Paris.

1769-1781 (11-23 ans). Il y fait de brillantes études. Il a pour condisciples Camille Desmoulins et Louis-Marie Fréron. Son nom est plusieurs fois proclamé aux distributions de prix du Concours général : d’après l’abbé Proyart, préfet du collège, Maximilien était un élève studieux, se consacrant uniquement au travail, solitaire et rêveur, peu expansif.

1774 (Robespierre a 16 ans). Mort de Louis XV. Louis XVI devient roi, à l’âge de 20 ans. Robespierre et Louis XVI ont presque le même a^ge.

1780-1781 (18-19 ans). Reçu bachelier en droit de la faculté de Paris le 31 juillet, il obtient son diplôme de licence et s’inscrit sur le registre des avocats du Parlement de Paris deux semaines après. Le 19 juillet, sur rapport du principal du collège, une récompense de 600 livres lui fut octroyée.

Maximilien s’inscrit le 8 novembre 1781 au Conseil provincial d’Artois, comme son père et son grand-père paternel.

1782 (24 ans). Il commence à plaider le 16 janvier. Le 9 mars, il est nommé par l’évêque, Monseigneur de Conzié, juge au Tribunal épiscopal.

1783 (25 ans). En novembre, il est accueilli dans l’Académie des sciences, lettres et arts d’Arras. Il participe à plusieurs concours académiques.

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Robespierre peint par Louis Boilly, 1783, Musée des Beaux-Arts de Lille. Cliquer sur les images pour les agrandir

1784 (26 ans). Un de ses mémoires, envoyé à l’Académie nationale de Metz, lui vaut une médaille, ainsi qu’un prix de 400 livres. Cf. la chronique du blog : 1787, Metz. Un polar historique.

1785 (27 ans). Il rédige un Éloge de Gresset pour le concours de l’Académie des sciences, des lettres et des arts d’Amiens. Pas de prix mais cet éloge est publié.

1787 (29 ans). Dans ses fonctions, Robespierre affirme partager le point de vue des cartésiens sur l’égalité des sexes et estsoucieux de favoriser la mixité au sein des sociétés savantes… Les Rosati d’Arras, petit cénacle poétique fondé le 12 juin 1778 par un groupe d’officiers et d’avocats, accueillent dans leurs rangs deux femmes de lettres, Marie Le Masson Le Golft et Louise de Kéralio.

1788 (30 ans). L’Académie royale des Belles-Lettres d’Arras l’élit à l’unanimité, le 4 février, comme directeur.

Maximilien de Robespierre reste célibataire. Toutefois, à Arras, il cultiva les relations féminines.

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Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Hauts-de-France (Nord Pas-de-Calais Picardie), E. Droit et Sciences politiques