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Noyades de Nantes (11/1793-2/1794)

La légende noire de Jean-Baptiste Carrier

Les noyades de Nantes, anonyme, musée de l’Histoire de Nantes, fin du 18ème siècle. cliquer sur les images pour les agrandir

Cartel du tableau du musée. « Pour accélérer l’exécution en masse des prisonniers, on procède à des noyades en Loire. Les victimes sont extirpées de leurs prisons, notamment celle de l’entrepôt des Cafés, pour être dirigées vers des bateaux. Les navires sont ensuite sabordés. On estime qu’il y eut plus d’une vingtaine de noyades, soit environ 4 000 victimes.

Le tableau, réalisé peu de temps après les faits, reprend tous les codes utilisés à l’époque pour dénoncer les noyades : Carrier assistant aux meurtres avec ses sbires, une mère implorante et un couple enlacé pour son mariage républicain ».

Source principale. Extraits de l’article de Wikipédia : Noyades de Nantes.

« Les noyades à Nantes sont un épisode de la Terreur qui a eu lieu entre novembre 1793 et février 1794. Des milliers de personnes, suspectes aux yeux de la République (prisonniers politiques, de guerre, de droit commun, prêtres réfractaires…), ont été noyées dans la Loire sur ordre de Jean-Baptiste Carrier. Hommes, vieillards, femmes et enfants meurent ainsi dans ce que Carrier appelle la baignoire nationale. Autres dénominations : déportation verticale, baptême patriotique,  mariage républicain (mode d’exécution qui consistait à attacher nus un homme et une femme avant de les noyer), envoyer au château d’eau.

La crainte de l’épidémie a été avancée pour justifier la décision d’isoler les détenus à la prison de l’Entrepôt des cafés puis sur des navires mouillés dans le port ; elle a servi de prétexte à vider les prisons du centre-ville…

La troisième noyade, dite du Bouffay, est la noyade la plus connue, grâce à l’abondance des témoignages la concernant à cause de la participation du comité révolutionnaire de Nantes. Ces témoignages sont recueillis après l’arrestation des membres du comité le 12 juin 1794.

14 décembre 1793. Un agent entre à la prison du Bouffay avec deux paquets de cordes et un ordre signé du comité de rassembler les 155 détenus. La liste de ces 155 détenus avait été rédigée dans la nuit du 4 décembre lors d’une réunion des corps administratifs. Les prisonniers figurants sur cette liste appartiennent à toutes les conditions sociales ; il s’y trouve quelques nobles et un grand nombre de détenus de droit commun…

22 décembre 1793. Lecture est faite d’un courrier de Carrier lors d’une séance du Comité de salut public : Carrier représentant du peuple près l’armée de l’ouest donne avis au Comité que tout le continent et le marais sur la rive gauche de la Loire sont au pouvoir de la République. Westermann a poursuivi le noyau des brigands qui s’était porté à Châteaubriant ; que cette bande a évacué ce poste et a marché à Savenay. Il ajoute un mot du miracle de la Loire qui vient encore d’engloutir 360 contre-révolutionnaires de Nantes ; que depuis qu’ils ont disparu les armées brigandines ont été battues et ont manqué de tout.

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1788-1789. Robespierre en campagne

Sources de la chronique : extraits de 1788/1789 en Artois : un candidat en campagne électorale, Maximilien de Robespierre, par Bruno Decriem, in Robespierre. De la Nation artésienne à la République et aux Nations, par Hervé Leuwers, Jean-Pierre Hirsch, Gilles Deregnaucourt, Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 1994, pp. 61-72.

« L’élection de Robespierre comme représentant du Tiers État aux États généraux ne fut pas une formalité, loin de là. Sur les huit députés du Tiers, il ne sera que le cinquième élu après un échec précédent, battu après ballottage pour le poste de quatrième député contre le modeste Vaillant… Mais quels furent l’étonnement et la douleur de Robespierre, lorsque, tout étant ainsi disposé, au lieu de se voir nommer en tête et par acclamation, comme sa vanité s’en était laissé flatter, il vit successivement sortir les noms de plusieurs députés et le sien toujours oublié, quelquefois même repoussé avec mépris ».

« L’Adresse à la Nation artésienne sur la nécessité de réformer les États d’Artois tient donc lieu de programme électoral du candidat Maximilien Robespierre. Déjà élaborée et publiée en 1788, elle fut éditée à nouveau en février 1789. 83 pages sans chapitre, non signées, mais personne ne peut s’y tromper…

On peut diviser le texte en huit thèmes principaux distincts qui forment le tout de la pensée robespierriste de cette époque électorale. Un ambitieux programme nettement affiché de rupture avec la structure de l’Ancien Régime:

  • une dénonciation de la dilapidation des deniers publics par les États d’Artois ;
  • une énormité injustifiée des contributions ;
  • une injuste répartition inégalitaire de l’imposition en général ;
  • l’inégalité des ordres en particulier ;
  • la volonté des États d’Artois de supprimer les avantages de la province suite à son statut particulier (édit de 1569) ;
  • les méfaits des États d’Artois sur les campagnes et les atteintes aux droits de l’homme ;
  • les pressions électorales inadmissibles exercées sur les Artésiens pour diriger les futurs électeurs ;
  • et enfin pour finir, l’annonce par Robespierre d’un réveil nécessaire du peuple artésien en préconisant le « bon choix », celui de la vertu et du courage ».

Mise en cause de la composition des États d’Artois. »Mais entre l’idéal et la réalité, il y a une énorme distance.. Les droits du peuple sont bafoués car la démocratie électorale et politique n’existe pas dans la désignation des membres des États :

« Ne voyez-vous pas d’abord que la seule composition de ces dernières doit être le principe de tous les abus ? Puisque ce n’est point le suffrage des peuples qui en ouvre l’entrée, mais la faveur des personnages qui en sont membres et surtout des hommes puissants qui les dominent ; il s’ensuit que cet honneur sera le prix de l’intrigue et de la complaisance avec laquelle on sacrifiera les intérêts des peuples à celui des grands »…

La chambre du clergé ? « Un comité où assistent deux évêques, les abbés réguliers des monastères, les députés des chapitres. Les évêques ne représentent personne, parce que personne ne les a choisis… Comme à de nombreuses reprises sous la Constituante et même plus tard, sous la Convention, Robespierre va prendre la défense du bas-clergé, celui des petits curés des paroisses« …

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Robespierre, 30 ans en 1788

Sources de la biographie de Robespierre : extraits de l’article de Wikipédia.

1758. « Naissance de Maximilien à Arras. Il est le fils ainé de François de Robespierre (1732-1777), avocat au Conseil supérieur d’Artois, et de Jacqueline-Marguerite Carraut (1735-1764), fille d’un brasseur d’Arras. Le couple eut encore quatre autres enfants.

Par son père, il descend d’une famille de gens de robe artésiens : son grand-père Maximilien (1694-1762) était également avocat au Conseil supérieur d’Artois, son bisaïeul Martin (1664-1720) procureur à Carvin, son trisaïeul Robert (1627-1707) notaire à Carvin et bailli d’Oignies.

1764. Le benjamin des enfants voit le jour le 4 juillet, mais décède sans qu’un prénom lui soit attribué. La mère ne se releve pas et meurt le 15 juillet, à vingt-neuf ans. Maximilien a six ans et serait de plus orphelin : son père aurait abandonné ses enfants peu après la mort de son épouse.

1765 (Robespierre a 7 ans). Louis de France, dauphin de Louis XV (1729-1765) meurt à l’âge de 36 ans. Il ne sera jamais roi : son père Louis XV meurt en effet en 1774. Mais il sera le père de trois rois, Louis XVI, Louis XVIII, Charles X.

1765 (7 ans). Les garçons Robespierre sont élevés par leur grand-père maternel, Jacques Carraut (1701-1778). Maximilien entre au collège d’Arras (ancienne institution jésuite gérée par un comité local nommé par l’évêque.

1769 (11 ans). Grâce à l’évêque d’Arras, Louis-François de Conzié, Robespierre obtient une bourse de 450 livres annuelles de l’abbaye de Saint-Vaast et entre au collège Louis-le-Grand, à Paris.

1769-1781 (11-23 ans). Il y fait de brillantes études. Il a pour condisciples Camille Desmoulins et Louis-Marie Fréron. Son nom est plusieurs fois proclamé aux distributions de prix du Concours général : d’après l’abbé Proyart, préfet du collège, Maximilien était un élève studieux, se consacrant uniquement au travail, solitaire et rêveur, peu expansif.

1774 (Robespierre a 16 ans). Mort de Louis XV. Louis XVI devient roi, à l’âge de 20 ans. Robespierre et Louis XVI ont presque le même a^ge.

1780-1781 (18-19 ans). Reçu bachelier en droit de la faculté de Paris le 31 juillet, il obtient son diplôme de licence et s’inscrit sur le registre des avocats du Parlement de Paris deux semaines après. Le 19 juillet, sur rapport du principal du collège, une récompense de 600 livres lui fut octroyée.

Maximilien s’inscrit le 8 novembre 1781 au Conseil provincial d’Artois, comme son père et son grand-père paternel.

1782 (24 ans). Il commence à plaider le 16 janvier. Le 9 mars, il est nommé par l’évêque, Monseigneur de Conzié, juge au Tribunal épiscopal.

1783 (25 ans). En novembre, il est accueilli dans l’Académie des sciences, lettres et arts d’Arras. Il participe à plusieurs concours académiques.

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Robespierre peint par Louis Boilly, 1783, Musée des Beaux-Arts de Lille. Cliquer sur les images pour les agrandir

1784 (26 ans). Un de ses mémoires, envoyé à l’Académie nationale de Metz, lui vaut une médaille, ainsi qu’un prix de 400 livres. Cf. la chronique du blog : 1787, Metz. Un polar historique.

1785 (27 ans). Il rédige un Éloge de Gresset pour le concours de l’Académie des sciences, des lettres et des arts d’Amiens. Pas de prix mais cet éloge est publié.

1787 (29 ans). Dans ses fonctions, Robespierre affirme partager le point de vue des cartésiens sur l’égalité des sexes et estsoucieux de favoriser la mixité au sein des sociétés savantes… Les Rosati d’Arras, petit cénacle poétique fondé le 12 juin 1778 par un groupe d’officiers et d’avocats, accueillent dans leurs rangs deux femmes de lettres, Marie Le Masson Le Golft et Louise de Kéralio.

1788 (30 ans). L’Académie royale des Belles-Lettres d’Arras l’élit à l’unanimité, le 4 février, comme directeur.

Maximilien de Robespierre reste célibataire. Toutefois, à Arras, il cultiva les relations féminines.

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Intendants de la marine royale

Après les réformes de Colbert, le fils poursuit le travail du père et l’ordonnance du 15 avril 1689 (23 Livres) vient parachever l’œuvre entreprise à partir des années 1660. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Cette ordonnance fixe pour longtemps les cadres et les principes de gestion de la marine qui ne seront remis en cause qu’en 1765 (ordonnance de Choiseul). Dès lors, la marine est confiée à un corps d’officiers civils appelés officiers de plume. Ce corps est hiérarchisé depuis les écrivains ordinaires jusqu’aux intendants de la marine, en passant par les commissaires.

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Les écrivains de la marine sont nommés par le roi qui leur délivre un brevet.

Les écrivains ordinaires forment la masse des employés aux écritures. L’on en dénombre 52 à Rochefort en 1744 (sur un total de 105 officiers de plume). les tâches de l’écrivain consistent à prendre note de tout: compter les matériaux de construction (bois, fer, cordes…), les deniers (les dépenses, les recettes), les hommes (les gens de mer appelés au service du roi, les ouvriers, les soldats à embarquer…), les marchandises (boissons, farine, légumes, poudre…).

Les écrivains généraux sont peu nombreux : deux seulement occupent cette place en 1744 à Rochefort.

En revanche, les écrivains principaux peuvent aspirer au grade de commissaire ordinaire. Il y en a quatorze à Rochefort en 1744, n’ayant aucune autre fonction que celle de distribuer le travail aux écrivains  ordinaires… Il fallait des chefs d’écrivains pour les diriger et pour répondre en l’absence des commissaires.

Les commissaires de la marine sont nommés par le roi qui leur délivre une commission.

Le commissaire ordinaire est l’interface entre le service dont il a la responsabilité et l’intendant. Il dirige, coordonne, surveille, le détail dont il est chargé afin que les ordres donnés par l’intendant soient le plus promptement exécutés. Obtenir le grade de commissaire ordinaire, c’est atteindre le seuil d’une carrière honorable.

Peu d’officiers atteignent ce grade en réalité. Pour l’année 1748, les commissaires ordinaires ne représentent que 7,2 % des effectifs administratifs à Toulon, 8,5 % à Rochefort et 9,5 % à Brest.

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18ème. Le cauchemar du Scorbut

Le cauchemar du Scorbut au 18ème siècle.

Photographié au Musée de l’École de médecine navale de Rochefort. Cliquer sur les images pour les agrandir

A. Le voyage du Commodore Anson est une circumnavigation (source : Wikipédia). « En 1740, pendant la Guerre de l’oreille de Jenkins qui opposa la Grande-Bretagne et l’Espagne de 1739 à 1748, le Commodore George Anson reçut du roi Georges II le commandement d’une escadre, avec la mission d’aller harceler les colonies espagnoles de l’océan Pacifique, et si possible de capturer le Galion de Manille.

Anson passa dans le Pacifique par le cap Horn, remonta le long des côtes de l’Amérique du Sud, puis traversa le Pacifique jusqu’à Macao. Il captura le galion de Manille près des côtes des Philippines, et revint en Grande-Bretagne (en 1744) par le cap de Bonne-Espérance.

Son exploit maritime est assombri par les pertes humaines que ses équipages subirent (seulement 188 hommes revinrent sur les 2 000 environ qui avaient pris la mer), mais il annonce la suprématie maritime du Royaume-Uni, dont Anson sera un promoteur actif ».

Routes commerciales de l’Empire portugais (en bleu) et celles de l’Empire espagnol avec le galion de Manille (en blanc). Source Wikipédia

B. L’histoire du scorbut par P. Berghe, Revue de Biologie médicale, n°347, mars 2019.

Extraits de l’article. « Le scorbut est une avitaminose par carence en acide ascorbique ou vitamine C. Souvent associée à des épisodes de malnutrition et de famine, cette maladie est longtemps restée d’origine mystérieuse. Entre les XVIe et XXe siècles, elle a été un terrible fléau de la navigation à voile au long cours, entraînant une forte mortalité chez les marins. Le médecin de la marine James Lind fut le premier à démontrer expérimentalement l’efficacité du jus de citron sur le scorbut.

Tout indique que le scorbut était probablement une maladie assez rare dans l’Antiquité et au Moyen Âge. Les marins semblaient épargnés car on pratiquait une navigation de cabotage de courte durée, avec de nombreuses escales de ravitaillement en Méditerranée et sur les côtes d’Afrique et d’Arabie.

Au XVIIIe siècle, le scorbut frappait beaucoup plus les flottes de guerre que les navires de la marine marchande. En effet, les grandes compagnies commerciales britanniques et hollandaises apprirent à juguler le mal en embarquant des vivres frais et en organisant un réseau d’escales judicieusement disposées. On peut citer l’exemple des Portugais qui avaient planté des citronniers et des arbres fruitiers dans l’île de Sainte-Hélène, une étape sur le chemin de l’Asie. En revanche, les vaisseaux de guerre naviguaient souvent sur de longs parcours sans escale pour des raisons de discrétion et de sécurité.

Il existe d’innombrables relations d’épidémies de scorbut dans les vaisseaux de la marine de guerre au XVIIIe siècle. Certaines sont restées célèbres, telle que l’aventure malheureuse du Mercure du duc d’Anville en 1746 ou le voyage à l’Île-de-France (la Réunion), en partance de Lorient, de Bernardin de Saint-Pierre en 1768.

Cependant, le plus tristement célèbre désastre lié au scorbut dans la marine de guerre est celui du tour du monde du commodore George Anson entre 1740 et 1744, qui reste en mémoire comme l’une des pires tragédies en mer.

À cette époque, l’Angleterre disputait à l’Espagne le contrôle des Caraïbes et des Amériques. L’amirauté britannique confie à ce capitaine anglais la mission de dévaster la côte pacifique de l’Amérique du Sud, une importante zone de commerce espagnol. George Anson part en septembre1740 avec six vaisseaux et un équipage de 2 000 marins, qu’il a eu beaucoup de mal à recruter. Plus que les Espagnols, c’est le scorbut que redoutaient les Anglais. Certes, la Royal Navy avait fourni aux équipages plusieurs traitements parmi les plus populaires d’alors, mais en réalité tous inefficaces, tels que le vinaigre, l’élixir de vitriol (un mélange d’acide sulfurique et d’alcool) et un médicament laxatif appelé Ward’s drop and pill.

Les marins resteront plusieurs mois sans accès aux fruits frais et aux végétaux. La maladie frappa au pire moment possible, après le franchissement du Cap Horn à l’extrémité de l’Amérique du Sud. Essuyant de nombreuses tempêtes, le commodore perdit trois de ses vaisseaux et une épidémie de scorbut apparut. Il réussit à rallier l’île Juan Fernandez dans le Pacifique, un havre riche de fruits et de végétaux frais.

Après la traversée du Pacifique, un seul bateau arrivera à Canton ! L’équipage était réduit à 227 personnes. Par un coup de chance incroyable, le 20 juin 1743, Anson captura un riche galion espagnol venant des Philippines après un bref combat où il perdit seulement trois hommes.

Il  se souviendra toujours du fait que, parti avec un équipage de 2 000 hommes, il en a ramené à peine 200. Malgré les très fortes pertes en vies humaines, l’Amirauté a considéré cette mission comme un succès, notamment du fait de la capture du vaisseau espagnol. Le commodore Anson devint riche et célèbre, et sera nommé Premier Lord de l’Amirauté en 1751″.

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1730-1736. L’état du Royaume

Sous le ministère d’Orry, Enquêtes annuelles du Contrôle Général des Finances auprès des Intendants des généralités. André J. Bourde, thèse complémentaire, Université de Paris, mars 1959, Imprimerie Louis-Jean, Gap, 196 pages.

Selon André J. Bourde, 37 intendants de Province / Généralité, intendants des Finances ont répondu à une ou plusieurs enquêtes entre 1730 et 1736. Les principales étapes de leur carrière sont résumées dans les notes de l’ouvrage.

Fonctions occupées ou non par ces 37 personnalités (tableau de 4 pages) : conseiller ou avocat au parlement, maitre des requêtes, intendant de généralité, conseiller d’État, intendant des finances, contrôleur général des finances, autres fonctions. Date d’entrée dans la fonction

Page 1 du tableau des fonctions : cliquer sur l’image pour l’agrandir

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1730-1745. Orry aux Finances

Carrière professionnelle de Philibert Orry (1689-1747).

1730 (Orry a 41 ans). « Le 1er janvier, Le Peletier des Forts, contrôleur général des finances, est promu Ministre d’État. Il n’avait pas craint de reprendre certaines des idées de son prédécesseur, John Law : rétablir l’équilibre des finances par la relance économique et provoquer celle-ci en utilisant la Bourse, y suscitant une hausse des actions de la Compagnie des Indes. Mais il eut tort de couvrir des manœuvres frauduleuses. Il fut renvoyé ». Sa succession était ouverte.

Grâce à la protection du cardinal Fleury, dont il partageait le goût de l’ordre et l’austérité, Orry est nommé contrôleur général des finances. Il le restera jusqu’en 1745.

Le Contexte. Le Ministre, l’époque, et le choix fiscal in Mireille Touzery, L’invention de l’impôt sur le revenu.

« La cour découvrit un bœuf échappé dans le parc de Versailles. Philibert Orry, nouveau Contrôleur général des finances, avait la réputation de posséder un caractère entier, une intégrité parfaite, une volonté sans détours qui le faisaient volontiers taxer de balourdise dans ce royaume de l’intrigue. Or ce bœuf , quinze ans après le duc de Noailles, relance avec persévérance le chantier de la réforme de la fiscalité directe, bénéficiant à cet égard d’un calme politique et financier particulièrement favorable.

Après trois banqueroutes en 1716 (Noailles), 1720 (Law) et 1726 (Le Peletier Des Forts), l’ordre monétaire s’installe en 1726 avec la fixation de la valeur du louis destinée à durer jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. A partir de l’arrivée aux affaires du cardinal de Fleury, commence une période d’égale stabilité du personnel politique propice aux réformes. Le principal ministre reste en place dix-sept ans (1726-1743). Orry garde quinze ans le Contrôle général (1730-1745).

C’est un véritable record en cet « hôtel des déménagements », hormis les vingt-deux ans du ministériat de Colbert achevé par la mort du titulaire (1661-1683). La durée permettra à Fleury de mettre fugitivement le budget en équilibre en 1728, pour l’unique fois du siècle. Mais tout autant que dans la stabilisation gouvernementale, la réforme fiscale trouve un aiguillon dans l’aspiration des finances provoquée par les guerres de succession de Pologne (1733-1738) et de succession d’Autriche (1740-1748). L’amélioration des recettes est plus que jamais nécessaire. L’urgence est toujours au rendez-vous du Contrôleur général ».

1730-1736. Sous le ministère d’Orry, Enquêtes annuelles du Contrôle Général des Finances auprès des Intendants des généralités. André J. Bourde, thèse complémentaire, Université de Paris, mars 1959, Imprimerie Louis-Jean, Gap, 196 pages. Ces enquêtes, leurs objectifs, leurs résultats seront analysés dans la chronique qui suit.

Livre en ligne : cliquer ici

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Contrôleur Général des Finances

Le contrôleur général des finances au 18ème siècle. Source : copie de l’article de Wikipédia. Dans la partie 2 de la chronique : liste des contrôleurs en fonction au cours du siècle.

Les biographies, les projets, les politiques menées, les résultats seront exposés dans une série de chroniques à venir. La première sera dédiée à Philibert Orry, contrôleur général des finances de 1730 à 1745.

« Le contrôleur général des finances est le responsable ministériel des finances royales en France, après la suppression de la charge de surintendant des finances en 1661. Jean-Baptiste Colbert fut le contrôleur le plus célèbre, de 1665 à 1683. Il cumula cette charge avec le portefeuille de la Marine (1669-1683) et celui de la surintendance des bâtiments (1664-1683).

Le contrôleur général des finances dirigeait les finances, l’agriculture, l’industrie, le commerce, les ponts et chaussées et une partie de l’administration intérieure.

La fonction était très rémunératrice : outre le traitement de 200 000 livres par an, pouvaient s’ajouter 20 000 livres en tant que ministre d’État, et les pots de vin divers en particulier lors du renouvellement des baux de la Ferme générale.

Le contrôleur général est toujours membre du Conseil privé, où il vient rarement, du Conseil des dépêches, du Conseil royal des finances et du Conseil royal de commerce. Il finit presque toujours par être créé ministre d’État, ce qui lui donne accès au Conseil d’en haut. Au-delà de l’administration des finances (gestion du Trésor, perception des impôts, monnayages, etc.), il dirige toute l’économie et une large part de l’administration provinciale. C’est notamment sur sa proposition que sont nommés la plupart des intendants des provinces.

Le contrôleur général était généralement choisi parmi les intendants des finances ou les maîtres des requêtes. C’était le responsable ministériel dont la position était la moins assurée, notamment sous les règnes de Louis XV et Louis XVI, à tel point que son hôtel était surnommé l‘Hôtel des déménagements.

À la différence des autres ministères, le contrôle général des finances était organisé de manière collégiale. Il était divisé en plusieurs départements dont le contrôleur général dirigeait effectivement le plus important (il comprenait notamment le Trésor royal) tandis que les autres l’étaient chacun par un intendant des finances, le contrôleur général n’en exerçant qu’une assez lointaine supervision. Les intendants des finances étaient au nombre de six à la fin de l’Ancien Régime. De la même manière, le contrôleur général était assisté par quatre puis cinq intendants du commerce ».

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Abbé Henri Grégoire, 50 ans en 1800

Source : extraits de la chronique de Wikipédia. Résumé. « L’abbé Henri Jean-Baptiste Grégoire (1750-1831) est un prêtre catholique, évêque constitutionnel et homme politique, l’une des principales figures de la Révolution française. Il se rallie au Tiers état et, à l’Assemblée constituante, il réclame non seulement l’abolition totale des privilèges et de l’esclavage mais prône aussi le suffrage universel masculin. Fondateur du Conservatoire national des arts et métiers et du Bureau des longitudes« .

1750. « L’époque est marquée par la ruralisation du bas clergé qui reste alors un moyen d’ascension sociale. Henri Grégoire commence ses études avec le curé de son village qui remarque ses dispositions intellectuelles dès l’âge de cinq ans.

1758 (8 ans). Il rejoint ensuite l’abbé Cherrier dans le village voisin d’Emberménil. Il étudie, en compagnie de fils de hauts fonctionnaires au service du duc de Lorraine.

1763-1768 (13 à 18 ans). Grégoire est ensuite orienté par l’abbé Cherrier pour suivre des études au collège jésuite de Nancy.

Il est ensuite orienté vers l’université de Pont-à-Mousson. Lorsque la Compagnie de Jésus est bannie de France en 1763, l’enseignement est réorganisé par le diocèse et Grégoire rejoint la toute neuve Université de Nancy où il a comme professeur Antoine-Adrien Lamourette, futur évêque constitutionnel de Lyon.

1769 à 1771 (19 à 21 ans). A Nancy, il étudie la philosophie et la théologie, pour faire suite aux humanités et à la rhétorique qu’il avait étudiées auparavant. Parallèlement, il suit des cours au séminaire de Metz tenu par les Lazaristes.

1773 (23 ans). Alors qu’il passe une année comme régent de collège hors du séminaire, Grégoire commence à se lancer dans le monde. Il consacre notamment une grande partie de son temps à la poésie. Son premier succès public est le prix de l’Académie de Nancy, décerné en 1773 pour son Éloge de la poésie.

1774 (24 ans). Voyageant constamment entre Nancy et Metz, il doit à l’automne de 1774, rentrer au séminaire de Metz pour la préparation à son ordination sacerdotale.

1775 (25 ans). Il est finalement ordonné prêtre le 1er avril. Durant ses années de formation, il est passé par une phase de doute sur sa foi et sa vocation religieuse… Il ne cache pas dans ses Mémoires avoir goûté aux philosophes des Lumières et être revenu à la foi après d’intenses réflexions. Il devient vicaire de paroisse, d’abord à Château-Salins

1776 (26 ans). Il devient membre de la Société philanthropique et charitable de Nancy.

1780 (30 ans). Les mauvaises conditions économiques de la décennie pré-révolutionnaire touchent de plein fouet les curés des paroisses modestes et accentuent une aigreur qui se fait plus grande encore quand la réaction nobiliaire ferme l’accès aux évêchés et même aux chapitres cathédraux (celui de Metz est anobli en 1780).

1787 (37 ans). L’Académie de Metz organise un concours intitulé Est-il des moyens de rendre les Juifs plus utiles et plus heureux ? L’Abbé Grégoire est candidat. Il reprend son premier mémoire en le remaniant. C’est son Essai sur la régénération physique, morale et politique des juifs. Il partage le prix avec deux autres candidats. Son intérêt pour la question juive pourrait trouver son origine dans une philanthropie d’inspiration piétiste mais aussi du fait de l’importance de la communauté juive en Lorraine.

  • Le concours de l’Académie de Metz est au cœur du roman historique, L’Abbé Grégoire s’en mêle, Anne Villemin-Sicherman, Éditions 10-18, Grands détectives, 2018  (juin 2020 pour l’édition de poche), 616 pages.

Dans cet essai, Grégoire affirme qu’il tient une partie de sa documentation de ses relations dans le milieu des érudits juifs, et notamment d’Isaac Berr Bing et Simon de Gueldres. Il fustige l’attitude des gouvernements européens, qu’il accuse de cruauté et d’injustice envers les Israélites. Il considère que la discrimination qui frappe les juifs est contraire à l’utilité sociale.

1788-1789 (38-39 ans). Lettre du Roi Louis XVI (24 janvier) pour la convocation des États généraux à Versailles, le 26 avril 1789.

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1783-1787. Calonne : réformer !

Calonne est un des personnages historiques, au centre du roman policier d’Anne Villemin-Sicherman, L’Abbé Grégoire s’en mêle, Éditions 10-18, Grands détectives, 2018  (juin 2020 pour l’édition de poche), 616 pages. L’intrigue se déroule au printemps 1787.

Charles-Alexandre de Calonne (1734-1802), une carrière typique de la Noblesse de robe sous les règnes de Louis XV et Louis XVI. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Il est récompensé pour ses remarquables talents d’administrateur en étant nommé à Metz, intendant des Trois-Évêchés en 1766 (à l’âge de 32 ans). Sous le règne de Louis XVI, il est nommé intendant de Flandre et Artois à Lille (1778). Il est contrôleur général des finances en novembre 1783, ministre d’État de janvier 1784 à 1787. Il est renvoyé le 10 avril 1787.

Le programme de Calonne. Trouver le vrai secret d’alléger les impôts dans l’égalité proportionnelle de leur répartition, aussi que dans la simplification de leur recouvrement. Il a d’abord cherché, de manière avant tout pragmatique, à rétablir le crédit pour se lancer dans une politique d’emprunts forcenée. Celle-ci a eu pour effet de relancer l’activité, mais aussi d’alimenter la spéculation. Redoutant un effondrement de la bourse et à bout d’expédients, Calonne s’est alors engagé, mais trop tard, dans une réforme de fond et de grande ampleur en convoquant l’Assemblée des notables, mais celle-ci l’a conduit à sa perte.

La relance de l’activité économique

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La réforme monétaire et le retournement de l’opinion.

Au bout du compte, l’état de grâce de Calonne n’aura guère duré plus d’un an. Très positive au départ, l’opinion publique commence à se retourner au début de 1785. Plusieurs facteurs se conjuguent : la réforme monétaire suscite le mécontentement ; les parlements grondent contre les emprunts, et notamment celui de la fin de 1785 ; le clergé s’inquiète de projets de taxation des biens de l’Église ; les chambres de commerce protestent contre le traité de commerce franco-britannique ; une partie de la finance, mécontente des mesures prises pour lutter contre l’agiotage, se détourne également du contrôleur général.

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