Archives de Catégorie: E. Economie Gestion

Rennes Université : la désunion

Rennes Université (projet UNIR) : la désunion institutionnalisée. En conclusion de cette chronique : les deux tentatives de regroupement d’établissements, au niveau de la Bretagne (en 2007), puis au niveau de la Bretagne et des Pays de Loire (en 2016) !

David Alis, né le 7 mars 1968, professeur de sciences de gestion, est réélu, en juin 2020, président de l’Université de Rennes 1. pour la mandature 2020-2024. Le président sortant a été réélu au premier tour de scrutin à la majorité absolue des voix (il a recueilli 23 voix, Yvan Lagadeuc 5 voix et 7 administrateurs se sont abstenus).

Entre 2008 et 2016, David Alis a été premier vice-président et vice-président du conseil d’administration de Rennes 1, en charge des ressources humaines depuis 2012. Chronique d’Histoires d’universités relative à la situation financière (1 mars 2017) : Rennes 1 : encore des efforts !

Si le projet UNIR (Université de Rennes) voit le jour en janvier 2023, si David Alis en est élu président et s’il est réélu 4 ans plus tard, il aura alors occupé les plus hautes fonctions administratives dans l’université de Rennes pendant une durée cumulée de 23 ans. En 2031, il aura 63 ans, bénéficiera d’une année sabbatique et pourra partir en retraite.

La loi française permet à un enseignant-chercheur de ne plus l’être durant la seconde partie de sa vie active. Faut-il changer la loi pour ne plus avoir de présidents, élus à l’âge de 40 ans, et qui sont désireux et décidés à l’être à vie ? Ma réponse est : OUI !

Les statuts du projet UNIR n’ont pas encore été votés. Certains Conseils d’administration des établissements, parties prenantes d’UNIR, vont peut-être entrer en résistance. La prétention d’UNIR de réunir sept établissements ne résiste pas aux faits : UNIR institutionnalise la désunion.  

Mercredi 19 janvier 2022, les deux universités et les cinq grandes écoles rennaises ont annoncé la création de l’Université de Rennes, un établissement public expérimental (EPE) qui verra le jour le 1er janvier 2023.

  • l’Université de Rennes 1 se transforme en EPE, ses composantes de formation et de recherche ainsi que ses services deviennent ceux de l’Université de Rennes,
  • l’École nationale supérieure de chimie de Rennes, l’ENS Rennes et Sciences Po Rennes se positionnent comme établissements-composantes au sein de l’EPE et conserveront à ce titre leur personnalité morale et juridique.

A quoi correspond le statut d’établissement-composante ?

  • l’Université Rennes 2, moteur pour l’interdisciplinarité sur le site, souhaite devenir université associée,
  • l’INSA Rennes opte pour le positionnement d’établissement associé,
  • l’EHESP envisage de devenir établissement-composante ou établissement associé de l’EPE et se positionnera d’ici la fin du premier trimestre.

Pour comprendre le constat de la désunion, il faut lire deux dossiers, disponibles sur le site de Rennes 1 : le modèle rennais et le dossier de presse qui l’accompagne.

La désunion, c’est la juxtaposition de cinq types d’établissements. Rennes 1 est seule à demander le statut d’établissement public expérimental (EPE), l’université de Rennes 2 n’étant qu’associée (c’est-à-dire sans aucune obligation réelle). L’échec de la fusion entre les deux universités va donc être gravé dans le marbre de la loi. 14 ans de retard pour UNIR ; les trois universités de Strasbourg n‘ont-elles pas fusionné au début de 2009 ?

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1746. Créer une papeterie royale

Jean-Frédéric Schoepfflin de Colmar, petit frère de Jean-Daniel, professeur d’histoire à l’université de Strasbourg, observe en 1742 qu’il n’y a pas en Alsace de papier qui soit employable pour l’écriture ou l’imprimerie et qu’il faut en importer, de Bâle en particulier. Il crée cette entreprise dans la vallée de Saint-Grégoire près de Munster, dépense beaucoup d’argent pour la construction du bâtiment et pour l’achat des ustensiles nécessaires. Le papier produit est de fort bonne qualité. Il est prêt à investir davantage si le Roi Louis XV en son Conseil d’État accepte ses deux requêtes.

La première est que son entreprise soit reconnue comme Manufacture royale de papier. La seconde est que soit interdite et pénalisée l’exportation de vieux linges, drapeaux et chiffons, drilles et pates, rogneures de peaux et parchemins.

Schoepfflin de Colmar indique qu’il a d’ailleurs le soutien de François-Mathias Müller, conseiller au Conseil souverain d’Alsace, Préteur royal de Colmar et subdélégué de l’Intendant de la dite province.

Gravure photographiée au Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg

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Le Conseil d’État, par son arrêt du 16 juillet 1746, autorise le recours à la mention Manufacture Royale de Papier, à la charge par ledit Sr. Schoepfflin de se conformer aux Règlements pour les différentes sortes de papier qui se fabriquent dans le Royaume.

Par ailleurs, sous peine de confiscation et d’une amende de trois mille livres, il lui est rappelé que, selon les règlements en vigueur, il est interdit d’amasser et de convoyer au-delà de la frontière du Royaume toutes les matières usagées qui pourraient servir à la fabrication du papier.

Il est intéressant de noter que l’initiative de créer une manufacture royale peut être suscitée par le marché, mais que sa création comme telle est régie par une décision d’État. Il s’ensuit que, pour la protéger de la concurrence du marché intérieur et extérieur, des règles de fabrication, volontiers tatillonnes (cf. infra point B), sont édictées d’en haut et peuvent nuire aux innovations de produits et de techniques. Ce reproche est également fait aux corporations de métiers et sera utilisé comme argument, au début de la Révolution, pour les supprimer.

B. Arrêt du Conseil d’État du roi du 18 septembre 1741, en interprétation de l’arrêt du conseil du 27 janvier 1739, portant règlement pour les différentes sortes de papiers qui se fabriquent dans le royaume. Source : Citation in extenso des registres du Conseil d’État.

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1745. Cinq chroniques du blog

Sources additionnelles : 1745 en Europe et 1745 en France.

Évènements principaux. Répression du protestantisme calviniste. Premier mariage du dauphin. Sixième année de la guerre de Succession d’Autriche (victoire de Fontenoy). La duchesse de Pompadour, favorite de Louis XV. Machault d’Arnouville, contrôleur général des finances.

8 janvier. Guerre de Succession d’Autriche : quadruple Alliance de Varsovie entre l’Autriche, la Grande-Bretagne, les Provinces-Unies et la Saxe contre l’extension de la Prusse.

1er février. Une ordonnance condamne aux galères à perpétuité ceux qui assistent aux assemblées protestantes. La répression anti-huguenote reprend entre 1745 et 1752, marquée par des envois aux galères pour calvinisme, des exécutions de pasteurs (Grenoble, Montpellier, Toulouse) et des rebaptisations forcées dans la région de Nîmes (1751-1752). La répression s’adoucira après 1756.

23 février. Marie-Thérèse d’Espagne (1726-1746) épouse le Dauphin Louis de France (1729-1765) dans la chapelle du château de Versailles. Elle mourra en couches en 1746.

15 avril. Victoire autrichienne sur la France à la bataille de Pfaffenhofen.

22 avril. Traité de Füssen entre l’Autriche et la Bavière. À la mort de Charles VII (20 janvier), son fils Maximilien III Joseph, le nouvel électeur de Bavière, traite avec Marie-Thérèse dont l’époux, François de Lorraine, est élu empereur en septembre. Maximilien III Joseph renonce, pour lui et sa postérité, à toutes prétentions sur les États de la maison d’Autriche, en échange de la restitution des places conquises en Bavière par les Autrichiens.

7 mai. Traité d’Aranjuez entre la France, l’Espagne, Naples et Gènes.

11 mai. Victoire française à la bataille de Fontenoy (Flandre). L’armée française, placée sous le commandement du maréchal Maurice de Saxe, remporte une victoire difficile sur les armées britanniques, Hanovrienne, Hollandaise et Autrichienne aux ordres du duc de Cumberland, général britannique et troisième fils du roi George. La France peut conquérir les Pays-Bas autrichiens.

18 mai. Alliance de Leipzig entre l’Autriche et la Saxe conclue dans l’intention de reprendre la Silésie à la Prusse.

4 juin. Victoire de Frédéric II de Prusse sur l’Autriche à la bataille de Hohenfriedberg en Silésie. Il envahit immédiatement la Bohême puis la Saxe fin novembre.

7 juillet. Jeanne Antoinette Poisson, dame Le Normant d’Étiolles, est faite marquise de Pompadour. Présentée à la cour en février, elle devient maîtresse officielle du roi. Aidée par un petit cercle de conseillers personnels (les frères Paris, le duc de Richelieu, futur maréchal de France, le cardinal de Tencin et sa sœur, son médecin François Quesnay), elle exerce une grande influence sur le monarque, et gouverne véritablement jusqu’à sa disparition (1764). Elle fait disgracier le contrôleur général Philibert Orry, hostile aux Pâris. Madame de Pompadour, peinte par François Boucher en 1750.

  • chronique du blog à venir.

9 juillet. Victoire française à la bataille de Melle.

11 juillet. Prise de Gand par les Français. Le château se rend le 15.

Second soulèvement en Écosse des Jacobites, partisans de Charles Édouard Stuart (Bonnie Prince Charlie), aux trônes d’Angleterre et d’Écosse. Charles Édouard Stuart débarque le 2 août, prend Édimbourg puis pénètre jusqu’au centre de l’Angleterre avec l’appui des tories.

Juillet-août. Les états de l’Enquête sur les facultés des peuples, lancée par le contrôleur général des finances Philibert Orry dans toutes les généralités du pays, sont remis à la Cour.

24 juillet. Un arrêt du conseil du roi accorde pour vingt ans à Charles Adam, prête-nom du marquis Orry de Fulvy, le privilège pour l’établissement de la Manufacture de porcelaine façon de Saxe, au château de Vincennes.

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SUP privé. Frais de scolarité

Août 2021. Dans la cale 2 de l’île de Nantes, 10ème édition de l’expo de l’École de Design Nantes Atlantique.

Diaporama : 16 photos de l’exposition.

Cliquer sur les images pour les agrandir

1 janvier 2022, l’École de Design Nantes Atlantique est labellisée EESPIG. A ce titre, elle contractualise avec l’État : elle bénéficie d’un financement annuel de 587 euros par élève, montant bien inférieur au coût de la formation.

Des frais élevés de scolarité en sont la conséquence inéluctable. Qu’en résulte-t-il du point de vue du recrutement ? Deux possibilités pour les étudiants sélectionnés : avoir des parents qui ont les moyens financiers, emprunter auprès d’une banque. Les bourses obtenues sur critères sociaux ne couvrent le coût des études. Les contrats en alternance ne sont possibles qu’à partir de la 3ème année post-bac.

Octavio Castillo, stage de fin d’études 2020

L’École fournit quelques données pour l’accès à l’emploi de la promotion 2018 de Master : 31 150 euros en brut annuel, un an après l’obtention du diplôme, soit à peine plus de 2 000 euros nets par mois. Combien de temps faudrait-il aux diplômés emprunteurs durant trois à cinq années pour rembourser la banque ? Le crac boursier dû aux emprunts étudiants non remboursés est évoqué depuis quelques années. Les banques limitent leurs risques au maximum.

DN MADE, Diplôme National des Métiers d’Arts et du DEsign, Architecture de l’habitat et aménagement commercial.

Apprentissage et Voie scolaire, Enseigné en français, Nantes / En entreprise

Majeure Espace
Spécialité Architecture de l’habitat et aménagement commercial
Mineure Objet

Diplôme national Bac+3 en design d’espace, 2 années en voie scolaire et 1 année de perfectionnement en apprentissage, ou en voie scolaire en anglais

Nombre de candidats admis : 30

Frais de scolarité

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Forte croissance du SUP privé

Billet d’humeur : débattre. La progression continue de l’enseignement supérieur privé est-elle inexorable et souhaitable ? Les frontières entre SUP public et SUP privé sont-elles en train de s’estomper ? Public ou privé : créés en 2013, les Établissements d’enseignement supérieur privé d’intérêt général (EESPIG : cf partie 3 de cette chronique). Le contexte : Parcoursup 2021 : c’est parti !

Chroniques déjà publiées dans Histoires d’universités. SUP privé 2017-2018 : +2,9%, Progression constante des effectifs étudiants dans l’enseignement supérieur privé de 2000 à 2016.

Chronique à venir : Le financement public et bancaire du SUP privé.

Partie 1. CHAPITRE 6. LES ÉTUDIANTS (source RERS 2021). Les effectifs du supérieur : évolution Indicateur 6.01.

« À la rentrée 2019, on recense 2 725 300 inscriptions d’étudiants dans l’enseignement supérieur en France métropolitaine et dans les DROM, soit une hausse de 1,6 % par rapport à l’an dernier.

L’enseignement privé rassemble 561 100 étudiants en 2019, soit 20,6 % des effectifs du supérieur. À l’exception des rentrées 2014 et 2015, les inscriptions dans l’enseignement privé progressent proportionnellement, depuis 1998, plus rapidement que dans l’enseignement public. Depuis 1998, les inscriptions dans le privé ont doublé tandis qu’elles n’ont augmenté que de 15% dans le public. Entre 2018 et 2019, elles augmentent de 3,8% contre 1,1 % dans les établissements publics.

À la rentrée 2019, le nombre d’étudiants à l’université augmente de 1,3 % (+ 20 500 étudiants), ceci à périmètre constant. En effet, en 2020, de grands ensembles universitaires se sont créés ou modifiés par décrets, en application de l’ordonnance sur les établissements expérimentaux, intégrant, en tant que membres ou composantes, principalement d’autres établissements d’enseignement universitaire et des écoles d’ingénieurs ».

Source. RERS 2021. Cliquer sur les images pour les agrandir

Partie 2. Une croissance dynamique du SUP privé dans les formations d’ingénieurs et les écoles de commerce, gestion et vente.

« Entre 2018 et 2019, les effectifs progressent de 3,0 % dans la filière CPGE et préparations intégrées, mais restent stables en STS. Les inscriptions dans les formations d’ingénieurs (y compris en partenariat) restent très dynamiques (+ 2,1 %), dans le prolongement des années précédentes. La hausse est également très forte (+6,3 %) dans les écoles de commerce, gestion et vente (hors STS, DCG et DSCG) ».

Source : RERS 2021

Partie 3. Création en 2013 de la qualification EESPIG (Établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général).

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Université de Paris Quartier Latin

Siège de l’Université de Paris : 12 rue de l’école de médecine, au cœur du Quartier latin. « Implantation stratégique au cœur de la capitale qui participe au rayonnement international de l’établissement… Un emplacement idéal, au barycentre des différents campus de l’université… Une vocation universitaire qui remonte à la Révolution française. Ancré au cœur du quartier latin étudiant, un lieu qui est un symbole fort de l’héritage universitaire français ».

Nouveau nom pour l’Université de Paris Quartier Latin, U P Q L ?

U P Q L, un drapeau qui Qlaque dans le vent et qui déploie les aiLes de toutes les énergies.

Changer de nom ? « L’Université de Paris sommée de changer de nom par le Conseil d’État«  (article de Soazig Le Nevé dans Le Monde du 30 décembre 2021). « L’établissement issu de la fusion de deux universités parisiennes (Paris V Descartes et Paris VII Diderot) est en effet accusé d’avoir capté une identification historique et géographique qui remonte au Moyen Age »…

L’université de Paris s’est mal défendue face à ce contentieux. Elle aurait pu dire que le ministère aurait dû contrôler de plus près la rédaction du décret, déposer sa marque auprès de l’Institut de la propriété intellectuelle (INPI), invoquer la banalisation de Paris dans les noms de la plupart des universités franciliennes, exiger un alinéa d’article du décret indiquant précisément quand, pourquoi, et par qui la décision du nom avait été prise.

La Nature se dévoilant devant les Sciences, œuvre d’Ernest Barrias (1841-1905).

Photo de 2011 par Pierre Dubois

Suite de l’article du Monde. « Cet établissement public expérimental (EPE), créé par le décret du 20 mars 2019, a été rappelé à l’ordre par un arrêt du 29 décembre qui annule son décret fondateur. Cette décision clôt juridiquement une bataille pas seulement sémantique tant les questions de noms et de marques sont devenues stratégiques dans l’enseignement supérieur. Exister à l’international est érigé en priorité notamment depuis que le classement de Shanghaï a imposé ses critères, en 2003″.

« La haute juridiction administrative a accédé à la requête de l’université Paris-II Panthéon-Assas, qui avait lancé une procédure en 2019, sitôt créée l’Université de Paris. Le président de Paris-II, à l’époque Guillaume Leyte, contestait la captation d’un nom collectif et d’une identification historique et géographique commune à toutes les universités issues de l’université de Paris.

Université de Paris. Mais quid de Sorbonne Université ? Un recours en contentieux pour captation du nom historique de Collège Robert de Sorbon, créé en 1257 avec l’aide et le soutien de Saint Louis ? C’est peu vraisemblable !

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Jean Castex, la CPU et l’innovation

Jean Castex, la CPU et l’innovation. Suite de ma chronique critique du 2 décembre 2021, Innovation : le serpent de mer.

Par définition, un serpent de mer se montre très régulièrement. C’est encore le cas en ce mois de décembre : il a réussi à se glisser entre les variants Delta et Omicron du Covid.

Le 1er ministre, Jean Castex, a rendu visite à la Conférence des présidents d’université : accélérer le transfert technologique, valoriser le rôle des universités dans l’innovation.

Communiqué de la CPU et textes des discours de Jean Castex et du président de la CPU, Manuel Tunon de Lara.

  • 50ème anniversaire de la CPU : lire aussi les 250 chroniques d’Histoires d’universités sur la CPU, publiées depuis 2009.
  • « Le jeudi 16 décembre 2021, Jean Castex a longuement échangé avec les présidentes et présidents d’université, et lancé trois dispositifs liés à France 2030 pour accélérer le transfert de technologie, les stratégies de développement des établissements d’enseignement supérieur et la formation aux métiers d’avenir ».

Le plan France 2030 ?

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Paris, 18ème. Enseignes de boutiques

Paris, 18ème siècle. Enseignes de boutiques.

Parcours historique dans les 31 salles du Musée Carnavalet qui concernent le 18ème siècle. Dans certaines, ont été remontées des boiseries et apportés des plafonds peints. Les regroupements et subdivisions majeurs pour la période sont les suivants : Paris de 1715 à 1740, Paris de 1751 à 1788, Claude Nicolas Ledoux (chronique de ce blog), Paris au siècle des Lumières.

Diaporama de 33 photos (Pierre Dubois, 24 septembre 2021).

A. Histoire du musée Carnavalet / Histoire de Paris, le plus ancien musée de la Ville de Paris. « Il ouvre au public le 25 février 1880. Il est aujourd’hui composé de deux hôtels adjacents dans le quartier historique du Marais.

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Au 23 rue de Sévigné, l’Hôtel des Ligneris (dit Carnavalet) est, avec la Cour carrée du Louvre, l’un des rares témoins de l’architecture de l’époque Renaissance à Paris. Construit au milieu du 16e siècle (1548-1560) pour Jacques des Ligneris, président au parlement de Paris. À partir de 1660, le célèbre architecte François Mansart surélève le porche de l’hôtel et crée deux nouvelles ailes.

Au 29 rue de Sévigné, l’Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau est construit entre 1688 et 1690, sur les plans de Pierre Bullet (1639-1716), architecte du Roi et de la Ville, pour le compte de Michel Le Peletier de Souzy (1640-1725).

En octobre 2016, le musée a fermé au public pour engager un grand chantier de rénovation, mené par l’architecte en chef des Monuments historiques François Chatillon« .

Après plus de 4 années de travaux, le Musée est ré-ouvert. Source : extraits du site : Le nouveau Musée.

« Les donations constituent le mode d’acquisition principal. Depuis la création du musée, des dizaines de milliers de donateurs ont ainsi contribué à la constitution et l’enrichissement des collections,

Le musée rassemble plus de 625 000 œuvres, de la préhistoire à nos jours. Peintures, sculptures, maquettes, enseignes, dessins, gravures, affiches, médailles et monnaies, objets d’histoire et de mémoire, photographies, boiseries, décors et pièces de mobilier.

Escalier de l’ancien Hôtel de Luynes, élevé en 1660-1661 par l’Architecte Pierre Le Muet pour la duchesse de Chevreuse. Première grande demeure de la rue Saint-Dominique, cet hôtel reçoit en 1747 un imposant décor pour son escalier. Paolo Antonio Brunetti (1723-1783), spécialiste de la perspective, y déploie une architecture en trompe-l’œil animée d’une élégante assemblée, incarnant les thèmes de l’amour et de la musique.

B. Visite des salles concernant le 18ème siècle (Source : citations des cartels à l’entrée de certaines salles).

« Enseignes parisiennes. La première salle des enseignes du musée est inaugurée le 4 juillet 1914 ; elle remporte un succès public immédiat. La commission du Vieux Paris a joué un rôle important dans les acquisitions, signalant au musée les enseignes pittoresques menacées de disparition. Une majorité d’entre elles provient de la rive droite de la Seine, où l’activité marchande était plus largement implantée.

L’enseigne placée en devanture d’un commerce a pour fonction de le signaler ; elle facilité aussi le repérage dans la ville, à une époque où les adresses ne sont pas encore individualisées. Tout au long du 18ème siècle, des dispositions successives fixent les dimensions, la hauteur et la pose, saillante ou non, des enseignes.

Peintes, sculptées, forgées ou émaillées, les enseignes peuvent être composées en différents matériaux : pierre, bois, plomb, fer, toile, céramique… Leurs formes, couleurs et messages sont variés. Leurs thèmes montrent également une grande diversité, évoquant un roi, portant le nom d’une ville, d’un saint, figurant un animal, un personnage, un symbole. Certaines indiquent clairement le type de commerce, tandis que d’autres sont présentées sous formes de devinette ou de rébus. Un corps de métier concentré dans une rue peut lui donner son nom.

Les noms des rues étaient parfois inscrits sur des plaques, mais celles-ci ne sont devenues obligatoires à Paris qu’à partir du 30 juillet 1729″.

C. Enseignes à travers les âges : fruits d’une inspiration goguenarde égayant maisons et rues. Source. Extraits d’après Le Petit Journal. Supplément du dimanche, paru en 1914.

« Même, la fureur des grandes enseignes parlantes prend à cette époque un développement considérable. Chacun veut avoir une enseigne plus volumineuse que celle de son voisin. Et tous ces attributs gigantesques qui se balancent en avant des maisons, au bout de longues potences, ne vont pas sans quelques inconvénients.

Si bien qu’au XVIIIe siècle, le lieutenant de police Antoine de Sartine (1759-1774) se résolut à mettre ordre à cet abus. Par ordonnance de 1766, il prescrivit la suppression de ces potences menaçantes et ordonna que les enseignes seraient dorénavant appliquées en tableaux sur les murs, scellées de plâtre et cramponnées en haut et en bas. Le pittoresque y perdit, mais la sécurité des passants y gagna.

Mercier, dans son Tableau de Paris, a applaudi à cette réforme. Les enseignes, écrit-il, sont maintenant (1780) appliquées contre le mur des maisons et des boutiques ; au lieu qu’autrefois elles pendaient à de longues potences de fer ; de sorte que l’enseigne et la potence, par les grands vents, menaçaient d’écraser les passants dans les rues. Quand le vent soufflait, toutes ces enseignes, devenues gémissantes, se heurtaient et se choquaient entre elles ; ce qui composait un carillon plaintif et discordant… De plus, elles jetaient, la nuit, des ombres larges qui rendaient nulle la faible lueur des lanternes.

Ces enseignes avaient pour la plupart un volume colossal, et en relief. Elles donnaient l’image d’un peuple gigantesque, aux yeux du peuple le plus rabougri de l’Europe. On voyait une garde d’épée de six pieds de haut, une botte grosse comme un muid, un éperon large comme une roue de carrosse, un gant qui aurait logé un enfant de trois ans dans chaque doigt, des têtes monstrueuses, des bras armés de fleurets qui occupaient toute la largeur de la rue. La ville, qui n’est plus hérissée de ces appendices grossiers, offre pour ainsi dire, un visage poli, net et rasé.

Et Mercier termine son article par un brillant éloge d’Antoine de Sartine, qui supprima impitoyablement le pittoresque des enseignes à potence. D’ailleurs, dès cette époque, les rues portaient des noms inscrits sur des plaques de tôle à toutes les encoignures ; de ce fait, les enseignes étaient moins indispensables qu’auparavant. Mais les maisons n’étaient pas encore numérotées. Une ordonnance de 1768 avait bien prescrit ce numérotage, mais les habitants n’en avaient guère tenu compte ; et ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que, dans les voies les plus importantes de la capitale, les maisons portèrent régulièrement des numéros ».

D. La boutique à Paris au XVIIIe siècle

Source. Extraits de Natacha Coquery, La boutique à Paris au XVIIIe siècle, Histoire, Université Paris I Panthéon Sorbonne, dossier en vue de l’obtention d’une habilitation à diriger des recherches, 26 juin 2006.

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1790, Nantes. Palais de la Bourse

1790, Nantes. Palais de la Bourse. Source 1. Visite guidée pédestre dans le cadre de la croisière CroisiEurope sur la Loire (chroniques précédentes) et larges extraits de l’article de Wikipédia.

Diaporama de 17 photos de deux édifices néo-classiques de la fin du 18ème : le Théâtre Graslin et le Palais de la Bourse.

« 1641. Premier palais de la Bourse. Le bureau de la ville, dont le maire est alors Pierre Poullain de la Vincendière, décide de faire construire une bourse de commerce. La réalisation en est confiée à Hélie Brosset.

1686. Il est déjà question de remplacer l’édifice, dont la qualité laisse à désirer. Au début du XVIIIe siècle, le bâtiment menace ruine.

1718. La démolition est décrétée.

1722-1724. La commande de construction d’une nouvelle Bourse est effectuée. L’ingénieur du roi David Delafond en établit le projet, et l’architecte Jean Laillaud obtient l’adjudication. L’ancien ouvrage est détruit en 1723, et les travaux commencent en 1724.

Pendant les travaux, le maire, Gérard Mellier, met à disposition des commerçants le Jeu de boules du Bouvet qui est une halle plus longue que l’ancienne Bourse, et où les commerçants qui la fréquentent se plaisent. La nouvelle Bourse est implantée en bord de Loire, pour satisfaire les propriétaires des immeubles dont la vue risquerait d’être gênée par le bâtiment. Celui-ci est installé, en partie, sur pilotis. La chapelle Saint-Julien est incluse dans ce nouveau palais de la Bourse, qui est apprécié, et où se tiennent, outre son activité principale, des réunions, la plus prestigieuse étant celle des États de Bretagne, en 1764.

1725-1734. Le Pont de la Bourse, qui relie la partie est du quai à l’île Feydeau, dont le lotissement à destination des plus fortunés de la ville est lancé par Gérard Mellier, est construit en 1725. Mais l’ouvrage s’écroule en juillet 1729 et doit être reconstruit par Jean Laillaud entre 1731 et 1734. Il s’appelle alors le Pont Feydeau jusqu’à son remplacement en 1869.

1736. La nature du sol, instable à cause de la vase sur laquelle les remblais ont été déposés, menace de faire s’écrouler Le palais de la Bourse. Jean Laillaud en est réduit, dès 1736, à venir la nuit pour reboucher les fissures.

1769. Le bâtiment est finalement détruit.

1767. Après l’évacuation du bâtiment, devenu dangereux, Jean-Baptiste Ceineray, devenu architecte de la ville, répond à la demande des négociants de construire un bâtiment provisoire. C’est donc dans une loge en bois, située place de la Petite-Hollande, qu’ils sont installés. Puis Ceineray propose successivement trois plans pour la reconstruction d’une Bourse de commerce à Nantes.

1790. C’est finalement son successeur, Mathurin Crucy, un architecte nantais qui a fait ses preuves en dressant les plans du théâtre Graslin et de la place Royale, qui est sollicité pour construire le bâtiment. Celui-ci est commencé le 1er juillet. C’est la 3ème bourse de Nantes.

1792-1799. La construction de la Bourse s’interrompt dans les premières années de la Révolution, la municipalité ne disposant alors plus des fonds nécessaires à la poursuite du projet. Seul le gros œuvre est achevé, et sans toiture l’édifice est inutilisable. La loge en bois de la place de la Petite-Hollande n’ayant pas été conçue pour durer aussi longtemps, la mairie, propose aux négociants d’installer la Bourse sous le péristyle du théâtre Graslin, puis, devant le mécontentement des intéressés, dans la Salle haute de la halle au blé en 1795, puis de nouveau sur la place de la Petite-Hollande en 1799″.

1815. Achèvement du Palais de la Bourse.

Pour aller plus loin : liste des Architectes ayant exercé à Nantes au XVIIIéme.

Source 2. Statues du Palais de la Bourse, larges extraits de Nantes Patrimoine, 22 juillet 2021.

« Le Palais Crucy est un monument rectangulaire de style néo-grec. La façade ouest (côté jardin) est constituée d’un portique d’ordre ionique composé de dix colonnes ornées de statues allégoriques. Ces statues, placées en 1812, mesuraient six pieds de hauteur (soit environ deux mètres) et ont été réalisées par Jean-Baptiste-Joseph Debay père. Dès la fin du 19e siècle, suite aux travaux d’agrandissement de la Bourse, des copies ornent la façade.

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1788, Nantes. Le Théâtre Graslin

Nantes, 1788. Inauguration du Théâtre Graslin. Sources. Visite guidée pédestre dans le cadre de la croisière CroisiEurope sur la Loire (chroniques précédentes) et larges extraits de l’article de Wikipédia.

Diaporama de 17 photos de deux édifices néo-classiques de la fin du 18ème : le Théâtre Graslin et le Palais de la Bourse.

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« Au XVIIIe siècle, le commerce nantais est florissant. De nombreux armateurs s’enrichissent, notamment par la traite négrière. Cet enrichissement des négociants nantais entraîne la construction d’hôtel particuliers et de bâtiments publics. Pour pouvoir réaliser ces projets, des opérations immobilières sont menées. La plus spectaculaire est la réalisation de l’île Feydeau. Après des débuts difficiles, cette opération démontre la possibilité de faire des profits sur la vente de biens immobiliers.

1760. À partir de la nomination de Jean-Baptiste Ceineray comme architecte-voyer, en 1760, la transformation de la ville s’accélère. Le problème principal est le manque de place.

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1727. Le Théâtre des Variétés possède une salle jugée trop petite, et l’académie de musique, fondée par le maire Gérard Mellier en 1727, ne dispose pas de lieu approprié pour donner ses concerts. La demande est donc forte pour la construction d’une nouvelle salle de spectacle.

1755. L’architecte Pierre Vigné de Vigny envisage la construction de ce type d’équipement à la place d’une halle au blé et aux poissons. Ceineray conçoit d’édifier une salle de spectacle et une salle de concert tout d’abord au sud de la place Royale alors en projet. Mais à chaque fois, le manque d’espace disponible empêche la réalisation des projets.

1758. Jean-Joseph-Louis Graslin (1728-1790) n’avait encore que trente ans, quand il acheta, en 1758, du titulaire lui-même la charge de Receveur général des fermes du roi à Nantes, fonctions qu’il devait exercer avec intégrité jusqu’à sa mort.  

À la fin des années 1770, receveur général des fermes du roi, il décide de financer une opération immobilière privée d’envergure, dans un but spéculatif. Il achète des terres agricoles afin d’y faire construire des hôtels particuliers et de rapport dans le but de les revendre. Pour en augmenter la valeur, il compte les desservir par des voies publiques de qualité, le long desquelles seront implantés des bâtiments publics de prestige, destinés à attirer la fraction la plus fortunée de la population. L’ouverture et l’attraction d’une salle de spectacle de prestige ont suffi à déplacer le centre de gravité de la ville vers le nouveau quartier (rive droite de la Loire).

1780. Jean-Joseph-Louis Graslin confie à Mathurin Crucy (1749-1826) la mission de dresser le plan de la salle de spectacles. L’architecte, plus au fait des nouveautés en matière de construction de ce type de bâtiments, œuvre dans une optique plus moderne que son prédécesseur Jean-Baptiste Ceineray.

Le modèle en vogue à l’époque où Crucy conçoit ses plans est celui de l’opéra de Lyon, réalisé par Jacques-Germain Soufflot entre 1753 et 1756. Lorsqu’il prend en main la conception du théâtre, en 1780, d’autres nouvelles salles marquent cette époque : le Grand Théâtre de Bordeaux, inauguré cette année-là ; le théâtre de l’Odéon, en construction, inauguré en 1782 ; le lancement de l’aménagement du théâtre du Palais-Royal, inauguré en 1784 ; et enfin le théâtre de Besançon, commencé en 1778 et inauguré en 1784 (Claude-Nicolas Ledoux, Théâtre de Besançon : chronique et photos du blog).

L’aménagement intérieur est guidé par des considérations liées à la visibilité et à l’acoustique. Les références des architectes français sont italiennes, Par contre, Crucy choisit un plafond en coupole et des loges non pas fermées, comme le modèle italien, mais seulement séparées par des cloisons s’arrêtant à hauteur d’appui.

1783-1785. Jean-Joseph-Louis Graslin fait procéder aux excavations et nivellement pour permettre l’installation des fondations, anticipant l’accord du bureau de la ville et celui de l’Académie royale d’architecture, qui sont obtenus en septembre 1784. L’accord de construction est donné en février 1785. La durée prévue des travaux est alors de 18 mois ; ils vont durer quatre ans.

Durant cette période, les conflits d’intérêt entre Graslin, Crucy, le bureau de la ville et les entrepreneurs sont nombreux. Une des principales causes de ces heurts est la volonté d’économie de la ville… Les conflits financiers sont également nombreux, Graslin ayant du mal à obtenir les remboursements de frais qu’il avait engagés pour accélérer l’avancement des travaux.

1784. Le budget estimé par Crucy, 263 233 livres, est énorme, et la capacité financière du promoteur et de la ville ne suffisent pas : il faut recourir à un emprunt, autorisé par le Roi en mars 1784, et à un appel aux dons. Mais le devis initial ne tenait compte que du gros-œuvre : il fallait ajouter le décor de la salle, les sculptures, le décor de scène, les machineries… Le dépassement du budget provoque tensions et retards.

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