Archives de Catégorie: E. Ingénierie, Architecture

Strasbourg. Plan-relief (1725-1728)

Strasbourg. Quatre sources pour présenter le Plan-relief (1725-1728).

Diaporama de 19 photos.

Source 1. Citations de Thierry Hatt, Le plan-relief : une pièce exceptionnelle à de multiples égards, CRDP Canopé, avril 2014.

« Le relief de Strasbourg est une pièce exceptionnelle pour ses qualités intrinsèques et quelques hasards historiques conjugués.

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Les plans relief sont au XVIIe et XVIIIe siècle ce que sont les images 3D du cinéma d’aujourd’hui : une production de très haute technologie, ce que l’on fait de mieux en matière de repérage et de positionnement géographique, de qualité de rendu des volumes, de précision documentaire au service du roi de France. Les coûts de production des plans-reliefs sont importants au point que Vauban estime qu’ils entrent en concurrence avec le prix de la construction des places fortes.

La période de 1725 à 1760 correspond à l’âge d’or de cette fabrication. Élaboré entre 1725 et 1728 (on en a la preuve par une lettre du 19 mars 1727 du Ministre de la Guerre qui lui demande d’accélérer la fabrication) par l’ingénieur François de Ladevèze, le relief de Strasbourg a derrière lui une longue tradition technique commencée sous Louis XIV en 1663 avec le relief de Pignerol, 1725 est sa troisième version. Les deux premiers plans sont perdus. Toutes les compétences techniques nécessaires sont entre les mains des ingénieurs géographes militaires : qualité des instruments pour une grande précision des mesures de terrain en différences de niveaux et angles, calculs trigonométriques simplifiées par le recours aux tables de logarithmes.

Le corps des ingénieurs géographes est capable, en quelques semaines, d’établir les levés détaillés nécessaires, et mettent au point une démarche systématique en choisissant une échelle unique, soit, selon la valeur du pied et de la toise le 1/600, un pied pour 100 toises, échelle qui est conservée jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Il y eut à peu près 260 reliefs fabriqués. On connaît la date de 230 d’entre eux. On remarque le pic entre 1663 et la mort de Louis XIV en 1715. Il représente 138 reliefs, soit 60 % du total connu.

Ladevèze est un ingénieur expérimenté, à la tête d’une équipe solide. On lui attribue une dizaine de plans de 1710 à 1726 (il meurt en 1729). Sept d’entre eux sont conservés. Celui de Strasbourg est un des derniers réalisés. Son équipe est donc, à cette date, d’une maturité efficace ».

Source 2. Plan-relief de 1725-1728, conservé au Musée historique de Strasbourg. Citations de Maisons de Strasbourg

« L’état des Plans en relief des Places fortes (1794) mentionne que le plan relief (douze mètres sur six) de Strasbourg date de 1725-1728 et qu’il a été réparé en 1783. L’époque de sa construction est corroborée par une lettre du ministre de la Guerre à l’ingénieur ordinaire du roi à Strasbourg, Ladevèze, datée du 10 mars 1727, et par le séjour de Ladevèze au poêle des Charpentiers en 1726-1727.

Séjour de l’ingénieur Ladevèze à la tribu des Charpentiers (1726-1727). Texte du protocole des Conseillers et des Vingt-et-Un. Argument : L’ingénieur Ladevèze (Ladevesse) loge depuis quelque temps au poêle de la tribu des Charpentiers. Le maître de la tribu demande en décembre 1726 que les autres tribus soient tenues d’indemniser les Charpentiers des frais et du manque à gagner.

Le lundi 16 décembre, le représentant du maître de la tribu expose aux Conseillers et aux Vingt-et-Un que l’ingénieur qui lève les dessins de la ville loge au poêle des Charpentiers le temps de son travail. Il demande que chacune des autres tribus verse une indemnité aux Charpentiers. L’avocat Scheffmacher estime la demande fondée et propose de nommer une commission chargée d’estimer exactement le préjudice. Le Préteur royal appuie la proposition. L’assemblée l’adopte en nommant deux chargés de mission.

Lundi 23 décembre, les chargés de mission exposent leurs conclusions. Ils ont dressé un état des localités qu’occupe l’ingénieur Ladevèze et ont estimé que le manque à gagner s’élève à 54 livres, sans compter les frais de mise en état avant et après le séjour. Les échevins demandent que chaque tribu verse trois livres par an. Le Préteur royal approuve cette proposition pour toute la durée du séjour de l’ingénieur. Les Conseillers et les Vingt-et-Un adoptent la proposition.

Le plan relief qui faisait partie de la collection particulière des rois de France a d’abord été exposé dans la grande galerie du Louvre. Devenu propriété nationale à la Révolution, il a été transporté aux Invalides où le général prussien Blücher l’a fait enlever en 1815 après la défaite de Napoléon à Waterloo. Il a alors rejoint les collections prussiennes à l’Arsenal (Zeughaus) de Berlin en même temps que celui d’autres des villes du nord et de l’est (Fort-Louis, Landau, Sarrelouis, Bitche, Thionville, Longwy, Mézières, Sedan, Givet, Philippeville, Maubeuge, Avesnes, Le Quesnoy, Condé, Valenciennes, Cambrai, Lille, Ecluse de Graveline).

Il a quitté Berlin pour Strasbourg en 1903 après que l’empereur Guillaume eut signé le 13 juin 1902 à l’instigation du maire Back l’ordre de le remettre à la Ville de Strasbourg. Le plan-relief a d’abord été conservé au château des Rohan (1903-1923) avant d’entrer au Musée historique de la Grande Boucherie ».

Source 3. Œuvres du musée historique de Strasbourg : le plan-relief.

« Une ville pour le prestige et l’art de la guerre. Occupant 72m², réalisé en 23 tables, le plan-relief de Strasbourg par Ladevèze, ingénieur du roi, séduit par la profusion de détails.

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Strasbourg entre 1765 et 1775

Strasbourg entre 1765 et 1775. 1765. Louis XV, alors âgé de 55 ans, confie la modernisation de Strasbourg à son architecte royal, Jacques-François Blondel (1705-1774).

Carte du Plan Blondel. Cliquer sur les images pour les agrandir

1765. Louis de France, dauphin de Louis XV, meurt à l’âge de 36 ans. Il ne sera jamais roi (son père Louis XV meurt en effet après-lui, en 1774). Mais il sera le père de trois rois : Louis XVI, Louis XVIII, Charles X… Chronique du blog : 1729-1765. Louis de France, dauphin.

Sources. Citations des textes de l’exposition du Palais Rohan, Galerie Heitz, du 16 décembre 2020 au 31 mai 2021, Goethe à Strasbourg. L’éveil d’un génie.

Diaporama de 31 photos (Pierre Dubois, mai 2021).

« Les nouveaux plans d’aménagement que Blondel conçoit comprennent la création d’une place centrale (actuelle place Kleber) encadrée de deux bâtiments monumentaux.

Faute de ressources, un seul des bâtiments est finalement réalisé : l’Aubette (1766-1767). Il s’agit d’un long immeuble de facture classique ». Diaporama de 24 photos de l’Aubette aujourd’hui.

Pour sa part, l‘architecte strasbourgeois, Samuel Werner, dessine les deux bâtiments qui auraient dû jouxter l’Aubette. Chronique du blog : S. Werner (1720-1775), architecte.

« Parmi les loisirs des Strasbourgeois auxquels Goethe s’adonne régulièrement, la promenade occupe une place importante. Les Contades, le Waken ou la Montagne Verte figurent parmi les lieux incontournables ».

Avril 1770 – août 1771, Goethe est à  Strasbourg. Il y mène ses études de droit (1770-1771. Goethe à Strasbourg). Il assiste à la remise de Marie-Antoinette au représentant du roi (1770. Goethe et Marie-Antoinette).

Au final cependant, il faut bien conclure à l’Échec du plan Blondel.

« Le séjour de Goethe coïncide avec l’un des plus importants chantiers de la cathédrale, visant à supprimer les boutiques qui jalonnaient le monument. L’architecte Jean-Laurent Goetz les remplace, peu après le départ de Goethe, par des galeries toujours en place aujourd’hui ».

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Patrick Bastardoz, Terre de Ciel

Patrick Bastardoz, Terre de Ciel

L’Industrie magnifique à Strasbourg, édition 2021.

Diaporama de 22 photos.

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Mardi 1 juin 2021, 17 heures 45. Devant le Palais de Justice de Strasbourg. Trois containers gris, peints en gris taupe. Sur celui placé au centre, des pièces métalliques d’un m² environ, percées, assemblées en une tour bancale. Chutes d’une entreprise mécanique de la région, récupérées par l’artiste. Le titre de l’œuvre : Eros et Tetanos. 

Je n’ai pas envie d’un monde de containers, qui se disséminent partout comme de gros virus patauds ; et je regrette qu’une entreprise révèle aux yeux de tous qu’elle ne recycle pas tous ses déchets métalliques. Eros et Tetanos, représentés par des morceaux de métal rouillé qui peuvent blesser et provoquer l’infection : un clin d’œil trop facile à Eros et Thanatos.  

Mardi 1 juin, 18 heures. J’ai l’humeur triste en gagnant la place Broglie, par la rue de la Fonderie. Découverte d’une autre œuvre. Aucune explication n’en est donnée. Normal. L’édition 2021 de l’Industrie magnifique ne commence que le 3 juin. Visible du milieu de la place et en son extrémité, un cône de briques de couleur rouge, ocre, brune / noire. J’aime.

 

Oui, j’aime les briques du Nord, celles de surface rouge et vernissée de la maison de mes parents construite à Tourcoing au début des années 30.

A Strasbourg, à la base de l’œuvre de l’industrie magnifique, une importante couche de briques cassées, comme jetées au hasard.  La conséquence d’un bombardement aérien ? Je me rappelle aussitôt que mes parents ont vécu la première et la seconde guerre mondiale en territoire occupé.

Deux œuvres et une inquiétude : demain sera-t-il encore un monde de millions de containers, de déchets industriels non recyclables ou non recyclés, de briques creuses volatilisées par des bombardements ?

Le lendemain, mardi 2 juin, 18 heures, soleil, chaleur, et belle lumière du soir. Le cône de briques sous un autre angle : bien sûr, c’est une Tour de Babel !

L’artiste plasticien est présent. Patrick Bastardoz vit et travaille à Strasbourg. Études d’Arts Plastiques à l’UFR arts de Strasbourg et CAPES d’Arts Plastiques en 1992. Liste des expositions.

Terre de Ciel. Appeler l’œuvre Tour de Babel aurait mis le doigt sur l’impossibilité technique de construire un édifice permettant de s’élever jusqu’au ciel, une des raisons de l’échec étant l’impossibilité de faire coopérer efficacement des hommes qui parlent des langues différentes.

Patrick Bastardoz a peint une dizaine de Tours de Babel avant d’en concevoir et de pouvoir en réaliser une en trois dimensions.

Pour en savoir plus sur la Tour de Babel.  

Présentation de l’œuvre, Patrick Bastardoz, Terre de Ciel.

« Le travail artistique de Patrick Bastardoz porte sur l’espace de la ville. Son regard est fasciné par les formes architecturales aux perspectives complexes. Il peint des lieux en devenir, des bâtiments en cours de transformation, plusieurs séries s’inspirent également du mythe de la tour de Babel. Terre de Ciel. L’artiste repense ces ouvrages à travers un jeu de lumière et de relief, s’appuyant sur des couleurs rompues, des terres d’ombre ou terres de sienne, auxquelles il superpose des glacis.

De la terre nait la brique, de la brique nait la tour qui s’élève vers le ciel, symbole d’une construction libre et créative. L’œuvre Terre de Ciel prolonge en 3 dimensions le travail du peintre.

Habillée de tuiles et de briques fabriquées dans les 3 usines du groupe Wienerberger en Alsace, cette sculpture monumentale de plus de 7 mètres de haut appelle à l’imaginaire de chacun. Les produits en terre cuite, façonnés, coupés et sélectionnés par l’artiste sont une source d’inspiration multiple, mêlant diversité des formes et des teintes ».

Près de 400 heures de travail ont été nécessaires pour réaliser Terre de Ciel.

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18ème. 5 architectes pour Dijon

18ème siècle. Cinq architectes embellissent Dijon.

  • A. Aménagement de la Place Royale et Statue équestre de Louis XIV.
  • B. Transformations du Palais des Ducs et du Palais des États au 18ème siècle. Diaporama de 33 photos.
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A. Dijon, 1686-1792. Place Royale et Statue équestre de Louis XIV. Source : citations d’un document du Musée des Beaux-arts.

1686-1692. « Aménagement de la Place Royale par l’architecte Martin de Noinville, place en hémicycle constituée d’une succession d’arcades couronnées d’une balustrade devant servir d’écrin à la statue royale. Les Élus des États de Bourgogne avaient en effet décidé de faire élever une statue équestre de Louis XIV.

Le 18 mai 1686, un marché est passé avec Étienne Le Hongre (1628-1690), sculpteur ordinaire des bâtiments du roi, formé dans l’atelier de J. Sarrazin, bronzier réputé.

Le modèle est achevé en 1690. La fonte est entreprise immédiatement. En 1692, la statue du roi et le cheval sont acheminés par la Seine et l’Yonne jusqu’à Auxerre. Le mauvais état des routes et le poids de l’œuvre empêchent de continuer le transport ».

Source : Musée des Beaux-arts de Dijon

« Les sculptures sont alors remisées dans une grange du village de La Brosse pendant 27 années.

Ce n’est qu’en 1718 que l’on réussit à acheminer par route la statue jusqu’à Dijon : elle est déposée dans la Cour du Logis du Roi ; il faut attendre encore quatre années pour que les Etats décident de faire dessiner un socle, celui choisi à l’origine n’étant plus de leur goût. Ils s’adressent à Jacques-Ange Gabriel, architecte ordinaire du roi, pour le piédestal qui sera achevé en 1725 ; l’inauguration a enfin lieu le 15 avril 1725, mais le décor du socle ne sera complètement achevé et entouré d’une grille qu’en 1742 ; les plaques des inscriptions commémoratives ne seront posées qu’en 1747.

Pas moins de 62 ans et de nombreuses péripéties auront été nécessaires pour que le monument soit enfin achevé.

La statue va disparaître 45 ans plus tard, victime du vandalisme révolutionnaire. La sculpture est brisée le 15 août 1792. Le bronze est envoyé, partie à la Monnaie de Dijon, partie aux fonderies de canons du Creusot ».

B. Dijon, 18ème siècle. Palais des ducs et Palais des États. Source : Musée des Beaux-Arts, Histoire de l’Architecture.

En 1688, l’architecte Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) propose de transformer les bâtiments disparates du palais en un ensemble cohérent, avec une cour d’honneur dans l’axe de la place et deux ailes en retour.

1710. A l’arrière, du côté du jardin des ducs, Robert de Cotte (1656-1735) édifie une nouvelle aile pour les appartements du Prince de Condé.

1731-1736. Jacques Gabriel (1667-1742) édifie le grand escalier des États et, en 1736-1738, la chapelle des Élus (chronique à venir).

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Mausolée de Maurice de Saxe

Strasbourg, Église Saint-Thomas, Mausolée de Maurice de Saxe (1696-1750), par le sculpteur Jean-Baptiste Pigalle.

Diaporama de 18 photos de Pierre Dubois (mai 2021).

Mausolée de Maurice de Saxe par Jean-Baptiste Pigalle

Sources. Citations des articles de Wikipedia (Maurice de Saxe) et du blog Eve-lyne (mausolée baroque de Maurice de Saxe)  

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A. Brève biographie de Maurice de Saxe

« Maurice de Saxe, comte de Saxe, est né le 28 octobre 1696 à Goslar (ville libre d’Empire).

Les victoires décisives dans la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748). En août 1741, il traverse le Rhin à la tête d’une division de cavalerie. C’est le début de la campagne de Bohême durant laquelle il contribue de façon déterminante à la prise de la ville de Prague.

En 1744-1745, il dirige l’armée française qui envahit les Pays-Bas autrichiens. Il réclame sur le front la présence de Sa Majesté qui, selon lui, équivaut à un renfort de 50 000 hommes. Cette campagne est marquée par une succession ininterrompue de victoires : Tournai, Fontenoy, Rocourt, Bruxelles, Maastricht,

Tous les Pays-Bas autrichiens, la Zélande et la principauté de Liège sont occupés par les troupes du Roi Très Chrétien. Celui-ci nomme alors le comte de Saxe Maréchal général des camps et armées, plus haute distinction militaire française qui avait été confiée seulement à Turenne et à Villars avant lui.

Enfin, Louis XV fait annoncer lors des préliminaires de paix, Faire la paix en roi et non en marchand, et, au Traité d’Aix-la-Chapelle en 1748, il renonce à l’annexion des Pays-Bas autrichiens, au grand dam du maréchal de Saxe. Les troupes françaises évacuent le pays tandis que l’allié prussien réussit à conserver la Silésie.

Les Français s’étaient battus en vain. L’opinion publique a résumé le traité par deux litotes : Bête comme la paix, Se battre pour le roi de Prusse.

 Maurice de Saxe meurt deux ans plus tard, fin novembre 1750, au château de Chambord. Il avait 54 ans.

Une cérémonie funèbre fut célébrée à Paris, mais le grand militaire, protestant, ne pouvait être inhumé dans la capitale catholique du Royaume de France. Son corps fut donc envoyé à Strasbourg (la principale ville protestante du royaume) pour y être inhumé.

La dépouille y arriva le 7 février 1751 et fut d’abord placée dans l’église du Temple-Neuf où le pasteur et théologien Jean Léonard III Froereisen prononça sa Harangue.

B. Le Mausolée du Maréchal de Saxe

Louis XV commanda alors à Jean-Baptiste Pigalle un mausolée. La conception, les études, les dessins, les réalisations sous la forme de modèles réduits en terre, en plâtre puis en marbre demandèrent du temps, beaucoup de temps.

L’élévation du Mausolée sur place, dans le chœur de l’église, aurait commencé en 1771 et aurait été terminée après cinq années. Les restes du corps, qui, à la demande du maréchal, avaient été mis dans de la chaux vive, furent transférés dans un caveau sous le mausolée.

Citations de l’article du blog. « Le thème choisi pour le mausolée est classique : la Mort appelle le maréchal au tombeau, tandis que la France sous les traits d’une figure féminine en pleurs le retient du bras. Des drapeaux brisés, un aigle, un lion, et un léopard rappellent les pays vaincus par ce grand soldat lors de la bataille de Fontenoy (l’Autriche, les Provinces-Unies et la Grande-Bretagne). Sa statue altière, cuirassée, arbore un visage étonnement réaliste mais serein ».

« Devant une pyramide, symbole de l’immortalité, le maréchal descend vers son tombeau.

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D’Ixnard, architecte néo-classique

Pierre Michel dit d’Ixnard (1723-1795) est architecte dès 1754 et est célèbre pour son style néo-classique précoce. Il a travaillé surtout en Allemagne Méridionale. De 1780 à 1795, il est installé à Strasbourg.

Sources principales pour sa biographie : Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg, citations de l’exposition Archi-Classique : dessins d’architecture 1770-1780 et du billet d’Archi-Wiki sur Pierre Michel d’Ixnard.

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1723. Naissance à Nîmes de Pierre Michel.

1743 (20 ans). Maître-menuisier (comme son père).

1751 (28 ans). Mariage avec Thérèse Isnard.

1751-1755 (28-32 ans). Établi à Cadenet (près d’Avignon). En 1754, il se fait appeler maître-architecte-menuisier.

1755-1763 (32-40 ans). Installé à Paris. A sans doute travaillé pour le prince de Rohan-Montauban, frère du cardinal Louis-Constantin de Rohan, puis pour l’évêque de Metz et le prince-évêque de Trèves.

Avis critique de Blondel, architecte du roi, sur Pierre Michel (vers 1755) : j’ai vu ses desseins et me suis transporté chez lui pour examiner quelques modèles qu’il avait faits. En général il sait très peu de théorie ; il entend davantage la pratique, mais il ne peut être employé qu’en second, sous la direction d’un habile homme. D’ailleurs il me paraît laborieux, avec de bonnes mœurs et s’offre pour très peu, s’avouant sobre et sans ambition. Chroniques du blog Histoires d’Universités sur Blondel.

1763 (40 ans). La piste de Michel est claire. Il accompagne comme dessinateur Jean Servandoni, architecte et décorateur de théâtre à Stuttgart, puis reste sur place comme décorateur indépendant. A cette date, il est encore Michel architecte.

1764 (41 ans). Mais en février, il ajoute le nom Dixnard (s’inspirant du patronyme de son épouse) à son patronyme Michel, dont il fait un second prénom. Et à partir de 1767, il détache le d initial par une apostrophe, pour signer désormais d’Ixnard.

Sa carrière commence alors vraiment : il est directeur des bâtiments du prince Joseph Guillaume de Hohenzollern-Hechingen.

1764 (41 ans). Il est très mobile, comme le montrent ses résidences successives ou simultanées : 1764-1766 à Hechingen, 1767 à Buchau en Haute Souabe, 1769-1774 à St-Blasien en Forêt-Noire, 1774 à Ellingen en Franconie, 1775 à Constance.

À partir de 1768 (45 ans), chantier de l’abbaye Sankt-Blasien (Saint-Blaise) en Forêt-Noire. Le complexe abbatial est reconstruit au 18ème siècle dans le style baroque. Après l’incendie de 1768, la nouvelle église est refaite en style classique : l’imposante abbatiale, œuvre de Pierre-Michel d’Ixnard, est surmontée d’un dôme de 46 mètres de large et de 63 mètres de haut. L’abbaye, dirigée par le prince-abbé Martin Gerbert, était en plein épanouissement. Les moines dirigeaient de nombreuses écoles populaires et trois collèges à Constance, Blinggau et bien sûr à Saint-Blaise. Ils avaient charge de 20 000 âmes.

« Ce n’est que vers la fin du 18ème siècle que les travaux de la cathédrale Notre-Dame de Constance reprennent, sur le modèle du classicisme français. L’architecte d’églises et de châteaux réputé Pierre Michel d’Ixnard, qui avait reçu peu auparavant la charge de l’aménagement d’une église par l’abbaye de Salem, dessine pour la cathédrale de Constance un maître-autel (1774) et une réorganisation autour de l’autel, de la croisée et des bras du transept dans un style antique ».

1777-1779 (54-56 ans). Pierre-Michel d’Ixnard travaille à Coblence.

1780 (57 ans). Il s’installe définitivement à Strasbourg.

Certains projets, qui correspondent à une commande, ne sont pas réalisés car la ville manque de moyens financiers pour assurer la mise en œuvre de grands travaux, sans compter les difficultés liées aux opérations d’expropriation et de démolition dans une ville engoncée dans les fortifications de Vauban. Pierre-Michel d’Ixnard signe presque systématiquement ses plans.

Projet de salle de spectacle pour Strasbourg

1782-1785 (59-62 ans). Construction de la façade du poêle de la corporation du Miroir (sur la rue Gutenberg) à Strasbourg. A partir de 1785, il a son logement au-dessous de la salle Mozart. Chronique et photos d’Histoires d’universités : Le Poêle du Miroir.

1785-1787 (62-64 ans). Salle des actes et bibliothèque du collège royal de Colmar (actuel lycée Bartholdi).

1790 (67 ans). Église Saint-Georges d’Epfig. La première église datant du 8ème siècle a probablement été détruite en 1198 et remplacé par un édifice de style roman. L’église actuelle est reconstruite à la fin du 18ème par l’architecte d’Ixnard.

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1772. Luthériens au bord de l’Ill

Église et Fondation Saint-Thomas, Consistoire et Séminaire protestants au bord de l’Ill, 1 quai Saint-Thomas, Strasbourg. Source. Temples de Strasbourg.

Diaporama de 22 photos de Pierre Dubois (mai 2021).

Église Saint-Thomas. Cliquer que les images pour les agrandir

« Les chanoines de Saint-Thomas adoptèrent la Réforme au 16e siècle et le chapitre fut sécularisé. Les revenus de ses biens servirent dès lors et servent encore à des fins éducatives (Gymnase Jean Sturm, Séminaire protestant) et charitables.

L’édifice du 1 quai Saint-Thomas regroupe aujourd’hui les directions et services des deux Églises protestantes concordataires d’Alsace et de Moselle, et héberge le Séminaire protestant, qu’on a l’habitude d’appeler Le Stift (foyer d’hébergement et restaurant universitaire), et le secrétariat de la Fédération des Œuvres évangéliques (FOE).

On y trouve également la célèbre bibliothèque du Collegium Wilhelmitanum, qui comprend environ 70 000 volumes, dont plus de 2 000 du 16ème siècle et une bonne centaine d’incunables ».

1772. Samuel Werner est l’architecte de l’imposant bâtiment néo-classique du quai saint-Thomas, à côté de l’église protestante éponyme, sur les bords de l’Ill.

Il comporte un corps principal à trois niveaux flanqué de deux pavillons à quatre étages.

Il accueille aujourd’hui le Directoire et Consistoire de l’Église de la Confession d’Augsbourg et le Séminaire protestant.

  • Lire aussi la chronique : Samuel Werner (1720-1775), architecte
  • 1763. Werner opte pour un parti plus classicisant.
  • 1770. Il est choisi comme Architecte de la Ville de Strasbourg et du Chapitre Saint-Thomas.
  • 1771. Son orientation néo-classique se confirme à la Maison des Orphelins, mise en chantier en 1771, aujourd’hui Lycée professionnel Oberlin, au n° 4 rue de l’Académie,

1803. Le Séminaire protestant de Strasbourg est créé par le décret consulaire du 30 floréal an X (20 mai 1803) afin de former les ministres de la Confession d’Augsbourg. Né sous le nom d’Académie des protestants de la confession d’Augsbourg, il change de dénomination en 1808. Source : article de Wikipédia, Séminaire protestant de Strasbourg.

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S. Werner (1720-1775), architecte

Suite des chroniques d’Histoires d’universités sur le 18ème siècle.

Samuel Werner (1720-1775). Architecte de la Ville de Strasbourg et du Chapitre Saint-Thomas de 1770 à 1775. Source : citations d’Archi-wiki.

Samuel Werner (source : BNUS). Légende corrigée : merci pour le signalement

Samuel Werner est architecte de la ville depuis 1770 quand il fait construire la Maison des orphelins (1772-1775). Celle-ci deviendra le siège de l’Académie (appellation de l’université) à partir de 1824. Aujourd’hui ce bel édifice néo-classique du 18ème accueille le Lycée professionnel Jean-Frédéric Oberlin.

Diaporama de 13 photos de Pierre Dubois (mai 2021).

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1720. Né à Strasbourg le 7 février, fils de Jean-Jacques Werner, maréchal-ferrant et de Catherine Marguerite Frantz.

1743 (23 ans). Mariage à l’église Saint-Pierre-le-Jeune avec Marie Marguerite Fischer, 11ème enfant de Laurent Fischer, aubergiste au Paysan Bleu et de sa deuxième épouse Anne Marie Schweighaeuser. Lors de son mariage, il est décrit comme tailleur de pierre et maçon ainsi que bourgeois.

1745 (25 ans). Échevin de la tribu des Maçons.

1757 (37 ans). Maître d’œuvre du « Mauerhof », il succède à François Pierre Pflug, inspecteur des Bâtiments de la Ville.

Il acheva d’abord l’ancien Hôtel de la tribu des Marchands, dit Poêle du Miroir (aujourd’hui maison Mozart) au 29, rue des Serruriers, commencé par son prédécesseur dans le style fleuri du rococo strasbourgeois. Cf. chronique du blog  1757-1759. Le Poêle du Miroir.

1760 (40 ans). Il construit sur ses propres plans la Maison de la Taille (2, rue du Vieux-Marché-aux-Grains), dans un style plus apaisé, si l’on fait abstraction de l’étonnant ondoiement des entablements de fenêtres du premier étage.

1763 (43 ans). Werner opte pour un parti plus classicisant : l’Hôtel Waldner de Freundstein (17, rue des Charpentiers) surprend par son austérité après les grâces et les opulences du rococo strasbourgeois.

1765 (45 ans). En dehors de Strasbourg, il reconstruit, avec des réemplois gothiques, l’église protestante de Schiltigheim.

1770 (50 ans). On lui confère le titre d’architecte de la Ville.

Il est également l’auteur des décorations éphémères (arcs de triomphe et portiques) élevées pour la réception de Marie Antoinette.

1772-1775 (52-55 ans). Maison des Orphelins (ou des enfants trouvés), aujourd’hui Lycée professionnel Oberlin, au n° 4 rue de l’Académie.

  • Plan classique en fer à cheval, retour à un décor d’une grande sévérité qui annonce le néo-classicisme.
  • A partir de 1824, l’Université de Strasbourg y est installée sous le nom d’Académie.
  • Louis Pasteur y donne des cours de 1848 à 1854.

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Strasbourg 1751, Architecture

Le service d’architecture de la ville de Strasbourg au 18ème siècle

Source : Archives de Strasbourg, Archi classique ! Dessins d’architecture 1770-1810. Citations d’un texte de l’Exposition du 20 mars au 24 juin 2011.

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1757. Organisation du service jusqu’en 1757.

– commission détachée de la Chambre des XIII, composée de trois membres appelés directeurs des Bâtiments (Oberbauherren), compétente pour toutes les questions architecturales publiques et privées ;

l’inspecteur des travaux de la Ville (Stadt-Lohnherr ou Stadtlohner), fonctionnaire au rôle à la fois administratif et technique et qui n’était pas obligatoirement un architecte.

le maître maçon de la ville (Werkmeister auf dem Städtischen Mauerhof)

le maître charpentier de la ville  (Werkmeister auf dem Städtischen Zimmerhof).

1757. Suppression du poste d’inspecteur des travaux de la Ville : les fonctions sont désormais assumées par le Werkmeister qui prend aussi le titre d’ingénieur de la ville.

1771. Création d’un poste de contrôleur des Bâtiments chargé de la paie des ouvriers, des marchés avec les fournisseurs, de la surveillance des ateliers.

Le service d’architecture de la Ville de Strasbourg était situé au Luxhof (n°1 de l’actuelle rue de la Comédie). Il était chargé d’entretenir les bâtiments publics et de proposer aux édiles des plans et projets pour de nouvelles constructions.

Sous l’autorité du Werkmeister, travaillaient douze ouvriers plus des dessinateurs répartis entre les différents dépôts et ateliers de la ville :

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1771. La Monnaie, Antoine, Huvé

1771-1775. Hôtel des Monnaies à Paris. Architectes, Antoine et Huvé

Jean-Jacques Huvé (1742-1708) travaille auprès de Jacques-Denis Antoine entre 1767 et 1773. Là encore, il est le principal collaborateur de l’architecte. Le projet est de premier ordre puisqu’il s’agit de construire le nouvel hôtel des Monnaies.

« La première pierre fut posée par l’abbé Terray le 1771. La façade sur le quai, longue de 117 m, fut achevée en 1773 et le gros œuvre, ainsi que l’essentiel du décor, en 1775. Cet édifice, très admiré, valut à Antoine d’entrer en 1776 à l’Académie royale d’architecture.

Hôtel des Monnaies, quai de Conti, Anonyme, 19ème siècle

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Huvé participe à la réalisation des plans de l’édifice, puis à la construction du bâtiment en tant qu’inspecteur des travaux..

A. Source principale de la chronique : larges extraits du résumé de la thèse de Sébastien Chaufour, Jean-Jacques Huvé, architecte. Retour à Palladio

Jean-Jacques Huvé par Suvée, 1775 (source Wikipédia)

Première partie. Les années de jeunesse et d’apprentissage (1742-1773). La jeunesse et la formation théorique

« L’entrée de Jean-Jacques Huvé dans la carrière d’architecte est étroitement liée à la protection de la famille Savalette, des fermiers généraux qui emploient le père d’Huvé comme régisseur de leur domaine de Magnanville, près de Mantes. Les Savalette permettent à Huvé de développer son talent pour le dessin et l’envoient à Paris suivre l’enseignement de l’École des Arts de Jacques-François Blondel (1705-1774).

Là, Huvé bénéficie de la meilleure formation de l’époque en architecture. Étienne-Louis Boullée (1728-1799), Richard Mique (1728-1794), Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), Alexandre-Théodore Brongniart (1739-1813) ont été les élèves de Blondel. Celui-ci a été le premier à mettre en place une institution qui rassemble toutes les disciplines permettant de former un architecte honnête homme. L’enseignement se partage entre des cours théoriques, des visites de monuments, des leçons de danse et d’escrime.

Chez Blondel, Huvé est formé au grand goût du style Louis XIV. Le maître est un partisan du classicisme de François Mansart (1598-1666) et de Claude Perrault (1613-1688). En 1763, lorsqu’il devient professeur à l’Académie royale d’architecture, Huvé le suit. L’intérêt de l’école de l’Académie ne réside pas tant dans son enseignement que dans la reconnaissance que peut apporter le succès aux concours.

Les sujets proposés s’inscrivent parfaitement dans l’actualité politique ou artistique comme la réorganisation militaire du pays ou le développement des loisirs urbains. Huvé remporte ainsi deux prix sur des projets d’établissements de bains, puis le Grand Prix, en 1770, sur un projet d’arsenal.

Rétrospectivement, l’architecte minore l’influence que Blondel a pu avoir sur lui. Il dénonce le conservatisme du vieux professeur et valorise au contraire l’enseignement de son adjoint Julien-David Leroy (1724-1803). L’auteur des Ruines des plus beaux monuments de la Grèce (1758) a régénéré l’architecture en introduisant parmi les élèves de l’Académie le goût de l’antique ».

L’apprentissage pratique

« La formation des architectes est longue et laborieuse. L’école de l’Académie réunit un vivier d’élèves particulièrement brillants. Tous concurrents, ils ne remportent le Grand Prix que tardivement.

Le travail sur les chantiers leur permet de patienter tout en leur apportant une formation pratique. Huvé débute cette formation en 1762, avant même son entrée à l’école de l’Académie. Il travaille pour le cercle d’architectes qui s’est constitué autour de Jacques-François Blondel. Les projets sur lesquels il est employé sont liés aux préoccupations architecturales de l’époque : la reconstruction de bâtiments monastiques en rapport avec la réforme des ordres, l’aménagement des places royales et des centres urbains en rapport avec l’embellissement des villes.

D’abord employé par Samson‑Nicolas Lenoir (1726-1810) au château de Pouilly-lès-Dijon, Huvé travaille de nouveau auprès de lui sur le projet de reconstruction de l’abbaye de Cîteaux, entre 1762 et 1764, puis sur celui de l’abbaye de Saint-Antoine à Paris en 1765. Dans le même temps, il est employé par l’architecte François II Franque (1709-1794) pour aménager la place du Peyrou, à Montpellier ».

Enfin, entre 1765 et 1766, Huvé est le principal collaborateur de Blondel sur les projets d’urbanisme de Metz (chroniques  du blog Histoires d’universités) et de Strasbourg (chroniques  du blog Histoires d’universités).

Jean-Jacques Huvé travaille auprès de Jacques-Denis Antoine entre 1767 et 1773.

« Là encore, il est le principal collaborateur de l’architecte. Le projet est de premier ordre puisqu’il s’agit de construire le nouvel hôtel des Monnaies. Huvé participe à la réalisation des plans de l’édifice, puis à la construction du bâtiment en tant qu’inspecteur des travaux.

Dans ses souvenirs, l’architecte insiste particulièrement sur l’importance de sa formation auprès d’Antoine. Elle lui a permis de suivre les différentes étapes de la construction d’une œuvre, d’apprendre à traiter avec les commanditaires et les entrepreneurs, de faire face aux imprévus d’un chantier.

L’influence d’Antoine se remarque très clairement chez Huvé. Le maître est issu d’une famille de maçons rompus aux règles de l’appareillage, il a donné à son élève le goût de la solidité et de la performance technique. Ses leçons se traduisent chez Huvé par une recherche d’austérité qui puisse rivaliser avec l’architecture des Anciens. Afin de suivre le chantier de la Monnaie, Huvé a repoussé son départ pour l’Académie de France. Ses fonctions ayant pris fin en 1773, il peut partir pour Rome »…

Deuxième partie. Le voyage en France et en Italie (1773-1776).

« Les maîtres de la Renaissance, au premier rang desquels Huvé place Palladio (1508-1580), doivent permettre de retourner aux principes qui guident l’architecture antique. Huvé considère Palladio comme le meilleur connaisseur de l’architecture des Anciens, et comme celui qui a su adapter leur architecture aux besoins de la vie moderne. Huvé trouve dans les œuvres de Palladio, et notamment dans ses villas, la dignité et la simplicité de l’antique qu’il recherche tant. Il les trouve également dans les temples grecs de la Sicile. Chez lui, la volonté de remonter toujours plus loin aux sources de son art est une obsession ».

Vicence, Palladio, Villa Rotonda, 1566-1571. Photos de Pierre Dubois, avril 2012

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