Archives de Catégorie: E. Ingénierie, Architecture

1773. Le canal de Sète au Rhône

Le canal du Rhône à Sète : décision de la construction en 1773 et fin de l’ensemble des travaux en 1834. Il relie l’étang de Thau à la hauteur de Sète au Rhône à Beaucaire. Au-delà du Thau, il est prolongé par le canal du Midi.

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  • republication d’une chronique de 2017 : pour accéder à l’ancienne cathédrale de Saint-Pierre sur l’île de la Maguelone, il faut franchir le canal du Rhône à Sète, en empruntant une passerelle piétonne. Quand un bateau de plaisance se présente, la passerelle est barrée et tourne sur un axe pour permettre le passage.

Un corps d’ingénieurs et une école pour la formation (source : site de l’École Nationale des Ponts et Chaussées)

« En France, la construction des routes, ponts et canaux resta très longtemps de la seule compétence des seigneurs, associations de marchands ou ordres monastiques. Avec Colbert, une politique plus efficace vit le jour, mais les techniciens étaient recrutés au coup par coup.

Il fallut attendre l’année 1716 pour qu’un arrêt crée un corps d’ingénieurs régulièrement appointés : le corps des ingénieurs des Ponts et Chaussées.

La mise en place d’une formation spécifique à ce corps fut décidée par l’arrêt du Roi du 14 février 1747, acte fondateur de l’École.

Jusqu’en 1794, l’École fut marquée par la personnalité de son directeur, Jean-Rodolphe Perronet, à la fois ingénieur, administrateur talentueux et érudit participant à l’élaboration de l’Encyclopédie de d’Alembert et Diderot ».

Histoire de la construction du canal selon Wikipédia

1773. Pour affranchir le commerce entre le Rhône et Sète de la navigation sur le Petit-Rhône, les États du Languedoc décident de construire un canal entre Beaucaire et Aigues-Mortes, en 1773, sur un projet d’Isaac Étienne Grangent, directeur des travaux publics de la province du Languedoc.

1789. Les travaux sont arrêtés. Le canal est terminé à cette date entre Aigues-Mortes et Saint-Gilles.

1798. Le fils, Stanislas-Victor Grangent, a suivi la fin de la construction du canal après sa nomination comme ingénieur en chef des ponts et chaussées du département du Gard, en 1798.

1801. La construction est reprise à la suite de la loi du 25 ventôse an IX (16 mars 1801). Un traité passé le 27 prairial (16 juin 1801) suivant entre le gouvernement et une compagnie Perrochel lui a imposé d’achever la construction du canal entre Beaucaire et Aigues-Mortes, de rectifier et de recreuser jusqu’à 1,50 m au-dessous des basses eaux de la mer le canal de Bourgidou et le canal de Sylvéréal. En contrepartie, la compagnie a les droits de navigation, et de jouissance, pendant quatre-vingts ans, de tous les francs-bords (terrains laissés libres le long des canaux), ainsi que la propriété incommutable et perpétuelle de tous les marais, étangs et palus situés dans le département du Gard, entre Beaucaire, Aigues-Mortes et l’étang de Mauguio appartenant à l’État après la confiscation des biens de l’Ordre de Malte. La réalisation du canal devait se terminer avant le 12 septembre 1806. La dépense était évaluée à 2 500 000 francs.

1806. Les premiers bateaux ont pu passer dans le canal en 1806, mais les travaux ne sont pas terminés.

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Toulouse, le canal de Brienne (1776)

Toulouse. Le Canal de Brienne naît au niveau de la Garonne à l’amont des Moulins du Bazacle par l’écluse Saint-Pierre. Il court sur 1 560 mètres (6 mètres de dénivelé), et rejoint le port de l’Embouchure, point de rencontre avec le canal du Midi et le canal latéral à la Garonne.

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Brienne se situe à gauche et au milieu de la carte : il y est dénommé « nouveau canal »

Ci-dessous l’écluse saint-Pierre

Sa construction fut décidée par les États de Languedoc en 1760. Le canal du Midi passait au-delà des murs de la ville et rejoignait la Garonne en aval de la chaussée du Bazacle. La création du canal rendait ainsi le centre de la ville accessible par voie d’eau.

Les travaux furent conduits par l’ingénieur de la Province, Joseph-Marie de Saget.

Ils débutèrent en 1765 et conduisirent au creusement du canal et d’un port à l’embouchure des deux canaux (aux Ponts-Jumeaux).

Il fut inauguré le 14 avril 1776.

Au départ nommé canal Saint-Pierre, il prendra le nom de canal de Brienne, en l’honneur d’Étienne-Charles de Loménie de Brienne (1727-1794), archevêque de Toulouse.

La façade comprise entre les ponts du canal du Midi et du canal de Brienne est ornée d’une sculpture, le bas-relief des Ponts-Jumeaux, œuvre du sculpteur toulousain François Lucas (1736-1813), réalisé entre 1773 et 1775.

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Canal du Midi. Lenain Garipuy Saget

Le Canal du Midi au 18ème : Lenain (intendant du Languedoc), Garipuy (astronome et inspecteur du Canal), Saget (aménageur de Toulouse et auteur du plan de 1777). Chronologie de l’aménagement et de l’entretien du Canal.

La dynastie des Riquet demeure propriétaire du Canal. Les États généraux du Languedoc sont amenés à le financer davantage. L’influence de l’évêque de Montpellier, neveu du grand Colbert, concurrence celle de l’intendant.

Nougaro, Toulouse, L’eau verte du Canal du midi (Youtube 4’23).

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1725. Arrêté de la Cour des comptes de Montpellier qui confirme la propriété héréditaire et incommutable du Canal aux Riquet, in André Maistre, Canal royal du Languedoc puis Canal des deux mers, 1666-1819, Privat, 1968, 308 pages. La notion d’intérêt public et son évolution au XVIIIème siècle à propos de la propriété du canal, de 1715 à 1789, pp. 137-149.

Partie 6. Jean Le Nain (1698-1750), baron d’Asfeld par sa femme, intendant du Languedoc.

« À la fin d’avril 1718, Basville fut remplacé dans ses fonctions d’intendant de justice, police et finances en la province de Languedoc, par Louis de Bernage, chevalier, seigneur de Saint-Maurice, Vaux, Chaumont., conseiller d’État.

Le grand mouvement des Cévennes avait été apaisé ; l’administration n’avait plus besoin de la même fermeté dans le premier fonctionnaire de la province,  mais un autre genre de lutte venait de se produire. C’étaient les querelles du jansénisme et mieux du quesnellisme, et tous les regards du parti, durant près d’un demi-siècle, se portèrent, pour recevoir le mot d’ordre, sur Charles-Joachim Colbert (1667-1738), évêque de Montpellier, second fils du marquis de Croissy. L’influence de l’intendant fut presque annihilée par celle de l’évêque, neveu du grand Colbert ».

« Au mois de janvier 1725, Louis-Basile de Bernage (1691-1767), chevalier, seigneur de Saint-Maurice, Vaux, Chassy, conseiller du Roi, maître des requêtes ordinaire, grand-croix de l’ordre de Saint-Louis, prit les rênes de l’administration provinciale qu’il quitta en août 1743, bien que nommé, au commencement de la même année, aux fonctions de Prévôt, des marchands de Paris. Il ne fut guère plus heureux que son père auprès de l’évêque de Montpellier ».

« Jean Le Nain, chevalier, baron d’Asfeld, conseiller du Roi, maître des requêtes ordinaire, succéda, comme intendant de Languedoc, à Bernage de Saint-Maurice, au mois de septembre 1743. Nommé depuis plusieurs mois, il attendit, pour arriver à Montpellier, d’être remplacé à l’Intendance du Poitou. Il mourut le 28 décembre 1750« .

Partie 7. François Garipuy (1711-1782)

« De 1740 à 1752, François Garipuy concilie ses activités professionnelles et celles d’astronome. Mais en 1752, il doit prendre la suite de M. Carney, directeur des travaux publics de la Sénéchaussée de Carcassonne. Il a réalisé le pont du Sommail, près de Sallèles-d’Aude, érigé entre 1770 et 1774. Il a entrepris en même temps le début de la construction du pont de Rieucros permettant à la route reliant Pamiers à Mirepoix de franchir le Douctouyre. C’est son fils, Bertrand Garipuy qui a terminé la construction de ces ponts.

Parmi ses charges, Garipuy doit inspecter le Canal royal du Languedoc. Les États de Languedoc lui demandent même, en 1768, de tracer le plan de ce canal. La carte est achevée en 1771″.

« L’éloignement de François Garipuy contrarie assez nettement ses travaux astronomiques. De surcroît, en 1765, il devient capitoul, ce qui constitue une charge supplémentaire.François Garipuy avait pourtant aménagé un observatoire au-dessus de sa maison, et l’avait garni de nombreux instruments. Mais sa fonction l’empêche fréquemment d’être à Toulouse, lors de phénomènes célestes remarquables. Il tente malgré tout de poursuivre ses travaux et observe parfois loin de son observatoire, comme l’éclipse de Soleil du 1er avril 1764, dont rapporte le compte rendu de Narbonne.

En 1772, François Garipuy démissionne de sa charge en faveur de son fils, Bertrand, qui le seconde parfois dans ses recherches. Les deux hommes sont emportés, en 1782, par l’épidémie de suette qui sévit alors à Toulouse ».

Partie 8. Joseph-Marie de Saget (1725-1782). 1777, Plan de Toulouse et de ses canaux

« Dès 1748, l’intendant du Languedoc, Jean Lenain d’Asfeld, avait demandé à Garipuy de lui fournir des solutions pour améliorer l’aménagement urbain de la capitale du Haut-Languedoc. Les échanges entre l’intendant et son ingénieur avaient abouti au constat qu’un plan de la ville était nécessaire. Il permettrait de mieux appréhender l’espace urbain et les aménagements à y apporter. En effet, les seuls plans alors à disposition n’étaient pas à jour et ne rendaient donc pas pleinement compte de l’espace urbain ».

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Canal du Midi. Riquet Vauban Niquet

Le Canal du Midi au 17ème : Riquet, Vauban, Niquet. Chronologie de la construction et biographies des principaux concepteurs et ingénieurs du Canal.

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Michel Cotte, Le Canal du Midi, Merveille de l’Europe, Les destinées du patrimoine, Belin Herscher, 2003, 193 pages.

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Partie 1. Le canal du Midi : édit royal de 1766.

« Le canal du Midi est un canal de navigation à bief de partage qui relie Toulouse à la mer Méditerranée depuis la fin du 17ème siècle. D’abord nommé Canal royal de Languedoc, les révolutionnaires le rebaptisent en 1789 Canal du Midi. À partir du 19ème siècle, le Canal latéral à la Garonne, qui double la Garonne de Bordeaux à Toulouse, prolonge le canal du Midi pour fournir une voie navigable de l’océan Atlantique à la mer Méditerranée : l’ensemble des deux canaux est dénommé Canal des Deux-Mers..

Ouvrage d’art exceptionnel, considéré par ses contemporains comme le plus grand chantier du 17ème siècle, le canal du Midi révolutionne le transport fluvial et la circulation dans le Midi de la France de l’Ancien Régime. Le défi, relevé par Pierre-Paul Riquet, son concepteur, est d’acheminer l’eau de la montagne Noire jusqu’au seuil de Naurouze, le point le plus élevé du canal.

Louis XIV autorise le début des travaux par un édit royal d’octobre 1666. Supervisé par Pierre-Paul Riquet, le chantier dure de 1666 à 1681, sous le contrôle de Jean-Baptiste Colbert« .

Longtemps utilisé pour le transport de marchandises, du courrier et de voyageurs, le canal du Midi est aujourd’hui reconverti au tourisme fluvial. Dès le milieu du 19ème siècle, il a été concurrencé par le train, puis par la route après la seconde guerre mondiale.

Partie 2. Pierre-Paul Riquet (1609-1680), le génial inventeur.  

« Affairiste comme son père, il est pendant de nombreuses années banquier privé, petit puis gros prêteur, puis, aspirant à l’anoblissement, se lance dans un grand projet, la construction du canal du Midi. La légende veut que son père, Francois-Guillaume Riquet, se soit opposé au début du siècle à la construction d’un canal reliant l’Atlantique à la Méditerranée. Le projet de Bernard Arribat, comme tant d’autres, ne parvenait pas à résoudre le problème de l’approvisionnement en eau du canal.

Pierre-Paul Riquet passe cet écueil grâce à sa connaissance de la Montagne Noire environnante et en reprenant le projet de Thomas de Scorbiac, conseiller à la Chambre de l’Édit de Castres dont le père et le grand-père en auraient déjà fait la proposition. Il connait un point de partage (le seuil de Naurouze) déjà identifié par ses prédécesseurs, de part et d’autre duquel les cours d’eau s’écoulent soit vers l’océan Atlantique, soit vers la mer Méditerranée. Riquet y positionne le point culminant du canal, à 48 mètres au-dessus du niveau de la Garonne ».

« Le 15 novembre 1662, Pierre-Paul Riquet propose son projet à Colbert sur l’injonction de l’archevêque de Toulouse, Charles-François d’Anglure de Bourlemont. Il avance des arguments économiques (enrichir le Languedoc, notamment en développant le commerce du blé) et politiques (canal suffisamment large pour faire passer les galères du roi en évitant de passer par Gibraltar, évitant ainsi l’Espagne et les Barbaresques). Quelques mois plus tard, le ministre nomme des commissaires chargés d’étudier la faisabilité de l’ouvrage. Après qu’une rigole d’essai entre le torrent de l’Alzeau, sur le versant méridional de la Montagne Noire, et le seuil de Naurouze a été réalisée avec succès, une première tranche des travaux est confiée par Colbert à Riquet (édit royal d’octobre 1666 qui décrète le début des travaux au 1er janvier 1667). Pierre-Paul Riquet est dès lors anobli par lettre de relief de dérogeance du 20 novembre 1666 puis maintenu noble en 1670.

Durant toute la durée des travaux, et profitant de sa fonction de fermier général des Gabelles de Languedoc et Roussillon, Riquet investira sur ses fonds propres deux millions de livres, sur un projet estimé entre 17 et 18 millions de livres de l’époque et qui constitue le deuxième chantier du royaume après celui du château de Versailles. En contrepartie, il reçoit les droits de péage du canal et bénéficie des retombées des échanges commerciaux, ce qui ne l’empêche pas d’être fortement endetté (en raison des retards de paiement de Colbert, les finances de l’État en guerre étant au plus bas), à tel point qu’à sa mort ses héritiers devront vendre la moitié de leurs parts du canal.

Lorsque son ouvrage est mis en doute, Riquet fait preuve d’une étonnante ténacité, allant jusqu’à désobéir aux ordres de Colbert. Ainsi, il n’hésite pas à détourner des ouvriers pour faire percer, malgré les ordres royaux, l’improbable tunnel de Malpas près de Béziers.

L’audace de Pierre-Paul Riquet n’est pas seulement technique, il s’entoure d’hommes compétents comme François Andréossy, son cartographe et dessinateur technique. Il est aussi le premier à instituer la mensualisation des salaires et une mini sécurité sociale pour ses ouvriers (même malades ou s’il pleuvait, ils étaient payés) afin de les fidéliser ».

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Toulouse. Le Pont-Neuf et les crues

Suite des chroniques sur Toulouse (mai 2022).

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Partie 1. Source : extraits de l’article de Wikipédia.  

« La construction du nouveau pont fut initiée par les Capitouls mais elle ne commença réellement qu’en 1541, lorsque le roi François Ier décida d’en financer la construction par un impôt exceptionnel sur la région.

Le projet avait donné lieu à une étude très complète, qui ne permit cependant pas d’éviter une déviation de 20 mètres par rapport aux plans initiaux. La première pierre est posée le 1544 par Jean de Mansencal lors d’une cérémonie. Interrompus en 1560 par les guerres de religion, les travaux furent achevés en 1632.

Le pont fut inauguré par le roi Louis XIV en personne, le 19 octobre 1659.

Partie 2. Source, Jean Mesqui, Le Pont-Neuf de Toulouse sur la Garonne, 2002, pp. 325-338.

Partie 3. Source. Kenza Gros Desormeaux, le Pont-Neuf est le plus vieux pont sur la Garonne, l’Opinion, 3 avril 2022.

« Le pont construit en briques et en pierres de taille blanche, il arbore un style riche aux Toulousains. Sa partie centrale, du côté de la ville, abritait une statue équestre de Louis XIII sculptée par Pierre Affre. Gênant la circulation sur le Pont-Neuf, qui fut longtemps le seul pont sur la Garonne à Toulouse, il a été démoli durant les années 1860.

S’il n’a donc pas été le premier pont toulousain à être construit, le Pont-Neuf demeure le plus ancien à avoir résisté aux multiples crues du fleuve capricieux. Avec un tablier long de 200 mètres de long sur 20 mètres de large, son édification a d’ailleurs été étudiée à cet effet. Un dispositif fructueux, puisqu’il a survécu malgré les terribles crues de 1727, 1772, 1835, 1855 et de 1875.

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Toulouse. Les moulins du Bazacle

Quatre parties et quatre sources en ligne dans cette chronique sur les moulins du Bazacle, établis sur les chaussées de la Garonne à Toulouse du 12ème au 19ème siècle, en aval du Pont Neuf et face au Dôme de la Grave.

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Partie 1. Source : larges extraits de FB Bourse, se référant à Aux origines des sociétés anonymes. Les moulins de Toulouse aux Moyen-âge de Germain Sicard, 1953.

« La première société française de type Société anonyme ou Société par actions trouve son origine à Toulouse au 12ème siècle, sept siècles avant la révolution industrielle. Il s’agit de la Société des Moulins du Bazacle.

A l’époque, Toulouse comptait environ 60 moulins flottants dits à nef sur la Garonne. Ces moulins étaient répartis entre trois lieux distincts : La Daurade, Le Château Narbonnais et Le Bazacle. Les moulins à nef du Bazacle sont signalés pour la première fois dans un acte d’inféodation concédé par le prieur de la Daurade en 1177. Ces types de moulins étaient difficiles d’entretien, peu productifs et sensibles aux crues.

Ils sont donc progressivement remplacés par des moulins fixes à la fin du 12ème. Vers 1180, les propriétaires des moulins du Bazacle reçoivent l’autorisation du prieur de la Daurade d’allonger leur chaussée (sorte de barrage) dans la direction du quartier Saint Cyprien. La chaussée du Bazacle faite de pieux de chêne traversait en biais la Garonne, du Bazacle jusqu’aux abords de l’Hôtel dieu St Jacques, sur une longueur d’environ 450 mètres. La construction des chaussées entraîne la substitution des moulins à nef, par des moulins terriers construits sur la terre ferme. Le premier moulin de ce type est construit en 1183 à Toulouse.

La naissance des premières sociétés par actions et la concentration importante de moulins à Toulouse au Moyen-âge résultent de plusieurs facteurs :

  • la ville de Toulouse comptait entre 30.000 et 60.000 habitants avant la phase l’urbanisation du 19ème siècle. Soit un potentiel de main d’œuvre et de débouché exceptionnel pour l’époque.
  • la production céréalière était l’activité principale des exploitations agricoles de la région.
  • la force motrice sans limite (sauf sécheresse) de la Garonne
  • des besoins en capitaux conséquents, afin de réaliser des investissements importants pour la construction, et l’entretien des moulins ainsi que des barrages. Ces moyens nécessaires à l’établissement et au fonctionnement des moulins étaient difficilement réunis par des propriétaires isolés. D’où l’orientation vers la voie du groupement.

Aux alentours de 1250, le Bazacle comptaient 12 moulins terriers. Les différents propriétaires de ces moulins décident de s’unir et de créer une société commune par action : La société des Moulins du Bazacle. Chaque associé recevait en contrepartie de sa participation dans la société, un papier notarié. La société était composée de 96 Uchaux. Chaque Uchan représentait un huitième de moulin. Les détenteurs de Uchaux sont appelés Pariers.

Au 13ème siècle, la société des Moulins du Bazacle accepte donc la coexistence des droits de propriété individuels sur les parts des moulins, et le principe d’une société collective assurant la gestion des intérêts communs des pariers. Chaque parier peut donc disposer et jouir de son uchan comme de tout autre bien immobilier. Les parts de la société pouvaient se transmettre librement par vente, donation ou héritage. Le prix de l’uchan était fixé en fonction du rendement du moulin et de son fonctionnement, ainsi que par l’environnement économique. Les parts se cèdent donc librement sans contrôle des autres associés.

En 1372, la société se transforme. Elle passe d’une société type Compagnie de meunier à une société anonyme de type moderne. Un capital social unique est mis en place. De fait, les pariers ne possèdent plus des parts de moulins, mais des parts de la société possédant les moulins. Le droit de chacun des pariers porte donc sur l’ensemble de l’entreprise.

Pour gérer cette société, des administrateurs sont désignés. Ils s’occupent de la gestion matérielle de la société. Ils ont donc autorité sur les employés, pour la réception des sacs de grains à moudre, pour la restitution des farines (après prélèvement du droit de mouture de 1/16ème), pour le règlement des dépenses (salaires, paiement des artisans pour réparation…).

Chaque année une assemblée est organisée. Lors de cette assemblée sont élus les administrateurs, le trésorier et le receveur des grains, postes clés dans la gestion des moulins. L’assemblée est chargée de déterminer la contribution des pariers aux dépenses communes (frais d’entretien et de réparation). Les pariers contribuent aux dépenses en fonction de leur participation dans la société. Si le parier ne contribue pas à payer sa part des dépenses communes, il risque que sa ou ses parts soient vendues ou saisies selon la procédure des ventes immobilières devant le Tribunal.

Au niveau des dividendes reçus, le montant est déterminé aussi en assemblée. Chaque parier reçoit en nature (c’est-à-dire en farine) sa part des bénéfices, toujours en fonction de sa participation. Le paiement en nature se fera jusqu’en 1840, date ou il passera en espèces. Les rendements générés par La Société des Moulins du Bazacle pouvaient atteindre entre 10 et 25% par an.

Robert de Hesseln dans son Dictionnaire universel de France écrit en 1771 : que le moulin du Bazacle rapporte environ 120 000 livres par an, soit à valeur constante (hors inflation) environ 1 135 000 euros La société des moulins du Bazacle regroupait environ 60 pariers, qui appartenaient pour la plupart aux catégories aisées de Toulouse. De nombreux pariers devinrent Capitouls.

En 1876, La société des moulins du Bazacle émet pour la première fois des actions nouvelles au nombre de 135, avec les mêmes droits que les anciennes.

En 1887, le site et les équipements du Bazacle sont loués à  La Société Toulousaine d’électricité. Cf. Partie 4 de cette chronique.

Partie 2. 1765. Dans l’article Moulins de l’Encyclopédie de d’Alembert et Diderot, les moulins de Basacle sont « ce qu’il y a de mieux imaginé & de plus simple jusqu’à présent ». Ce sont évidemment les questions techniques qui sont exposées.

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1750-1760. Capitolium de Toulouse

Source principale de la chronique : article de Wikipédia.

Diaporama de 25 photos (Pierre Dubois, mai 2022).

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« La construction d’une Maison commune a été décidée par les Capitouls en 1190, afin d’y établir le siège du pouvoir municipal. Le Capitolium est l’emblème de la ville et l’emplacement du pouvoir municipal depuis plus de huit siècles.

Au XVIIe siècle, les capitouls veulent construire un palais municipal unique en France. Sa construction va durer près de deux cents ans.

1750-1760. La façade du Capitolium, de briques et de pierres, a été construite pendant dix ans sur les plans de Guillaume Cammas (1698-1777).

La base des murs est en grès de couleur grise à gris beige, issu de la molasse de Carcassonne (pierre d’appareil très employée dans le Languedoc).

1771. La façade est peinte à la céruse et reste blanche jusqu’en 1883, date à laquelle les assises de briques et de pierres sont mises à nu. En 1974, puis en 1987 et 1994, les façades et les blasons sont rénovés par sablage.

Le bâtiment est constitué de deux étages, de trois avant-corps couronnés de frontons et d’un entablement supportant un attique. Une plaque de marbre portant les inscriptions Capitolium sous le fronton date de 1759 et a remplacé l’ancienne inscription Capitolium Tolosanum.

Les huit colonnes de la façade, en marbre de Caunes-Minervois, symbolisent les huit premiers capitouls. En ce temps, Toulouse était divisé en huit quartiers : les capitoulats, chacun géré par un capitoul.

La façade est percée de quarante-et-une fenêtres ornées de balcons en fer forgé. Chaque balcon est décoré d’écussons : deux possèdent les écussons colorés des armes de la ville, les autres représentent les armes des capitouls en exercice à l’époque de construction. Ces blasons ont été forgés par Bernard Ortet. Mais en 1760, lors de la pose des écussons, les capitouls n’étaient plus les mêmes. Les blasons furent placés dans les combles du Capitole et remplacés par ceux des capitouls en place. Pendant plusieurs années, à chaque changement des capitouls, les blasons connaissaient le même sort jusqu’en 1770. En 1793, les révolutionnaires arrachèrent les blasons en place mais oublièrent ceux cachés dans les combles. On les a retrouvés en 1827 pour les remettre en place sur les balcons.

La façade est ornée de nombreux mascarons représentant entre autres des figures de la mythologie grecque ».

  • les quatre éléments incarnés par des dieux et déesses : Air / Junon. Eau  / Neptune. Feu  / Jupiter. Feu / Vulcain.
  • les quatre continents : Afrique, Amérique, Asie, Europe.
  • les quatre saisons.

Pour aller plus loin. Brigitte Parent, Conservateur du patrimoine, Les Mascarons de Strasbourg au siècle des Rohan, Copyright 2013, La Frégate Édition, 76 pages.

« Le fronton est surmonté de plusieurs statues qui sont des copies des œuvres du sculpteur Louis Parant. Elles représentent au centre une allégorie de la Justice et de la Force avec deux anges soutenant un écusson aux armes du Roi de France ».

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1751. Maison de l’orfèvre Spach

1751. Maison de l’orfèvre Frédéric Spach.

Suite des chroniques en photos portant sur les édifices privés et publics construits au XVIIIe siècle à Strasbourg. La plupart ont en commun d’avoir une façade en grès rose des Vosges.

Diaporama de 24 photos.

Source 1. Extraits de l’article de Wikipédia.

« La rue du Dôme va du no 21 de la place Broglie au no1 de la rue des Frères, à l’arrière de la cathédrale, d’où son nom. Rue principale orientée nord-sud (ou cardo) à l’époque romaine, au cœur du quartier canonial au Moyen Âge, bordée d’hôtels particuliers au XVIIIe siècle, elle est devenue une artère commerçante.

Au début du XVIII° siècle, la maison située à cet endroit abritait l’atelier d’André Schaaff, tailleur pour dames. La demeure, située à l’angle de l’impasse du Tiroir est reconstruite en 1751 par l’orfèvre Frédéric Spach dans le même style Rococo strasbourgeois que celui du n°17.

La construction a parfois été attribuée à Jacques Gallay, mais l’architecture de celui-ci est plus Régence que Rococo.

La Maison Spach est ornée d’un balcon central sur consoles sculptées, avec une grille que Roland Recht considère comme un véritable morceau de bravoure,  la décrivant faite de courbes et de contre-courbes rehaussées d’ornements en tôle repoussée où se retrouvent des semis de fleurs stylisées, des fèves en relief.

Sept mascarons sur cartouches représentent :

  • au rez-de-chaussée des allégories (l’Espérance, le Temps, la Prudence) ;
  • au premier étage les Quatre Saisons ;
  • au deuxième étage, les Quatre Éléments (eau, terre, feu, air) ».

Source 2. Extraits de la notice du CRDP Strasbourg

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Strasbourg. Marché-Gayot (1769)

Histoire de la Place du Marché-Gayot. Trois sources : articles de Wikipédia, Archi-Wiki, Maisons de Strasbourg.

Diaporama de 12 photos.

A. Histoire de la place. Du camp militaire romain à l’hôtel de Brunswick. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Le camp militaire romain d’Argentorate est divisé en quatre parties par le croisement de la voie prétorienne (via praetoria ou decumanus, l’actuelle rue des Hallebardes et rue des Juifs) et la voie principale (via principalis ou cardo, l’actuelle rue du Dôme). Le prétoire (habitation du commandant de la légion, praetorium) se trouve à l’intersection des deux voies et s’étend jusqu’à l’actuelle impasse de Bière (rue des Frères) où sont installés le secrétariat et les archives (librarium). Au sud-est du prétoire, l’emplacement de l’actuelle place du Marché-Gayot était occupé par l’hôpital des légionnaires (valetudinarium) dont des vestiges ont pu être retrouvés.

Sur l’emplacement de l’angle de la rue des Frères et de la rue des Écrivains s’élevait au début du XIVe siècle l’Hôtel canonial des chanoines Henri et Jean d’Arenberg. Peu après la Réforme, ce bâtiment fut transformé en une école de filles. En 1535, cette école, qui comptait 56 élèves, était dirigée par le musicien Hans Graber, de Landsperg ; en 1565, par Grégoire Graber, également musicien, et en 1587 par un certain Kilian Wyderlin. Mitoyen de cet emplacement, en descendant la rue des Écrivains se dressaient trois vieilles maisons qui avaient façade sur le Hasengesselin, une ruelle tortueuse qui s’enfonçait dans l’îlot de l’actuelle place du Marché-Gayot pour rejoindre la rue des Veaux.

À la Renaissance, le site est celui de l’Hôtel canonial des chanoines de Brunswick. Les membres de la famille de Brunswick se succèdent, en effet, au chapitre de Strasbourg et cet hôtel leur permet de s’acquitter de leur devoir de résidence. Georges de Brunswick, chanoine de Strasbourg à partir de 1520, sera aux côtés du doyen Sigismond de Hohenlohe de ceux qui favoriseront le passage de la ville à la Réforme.

Au début du XVIIe siècle, l’Hôtel de Brunswick est entouré d’un grand nombre de vieilles et noires masures, au centre desquelles se trouve une chapelle faisant partie de l’Auberge du Perdreau (Zum Rebhuhn). C’est dans cette auberge que s’arrêtent les premiers coches qui assurent le service de Paris à Strasbourg. Pendant une nuit de dimanche de l’année 1682, un incendie éclate dans l’auberge. Le feu se propage avec tant de violence que tous les habitants – hommes et chevaux – y trouvent la mort. Le quartier entier est gagné par les flammes et détruit. De là le nom qui lui restera jusqu’aujourd’hui de Cour-Brûlée (Der Verbrennt Hof) ».

B. Édification de la Place du Marché-Gayot en 1769. Source : extraits de l’article d’Archi-Wiki.

« La place du Marché-Gayot est créée en 1769 à l’initiative du préteur royal François Marie Gayot de Bellombre (1761-1768), conseiller d’état, intendant des armées du Roy, prêteur royal de la ville de Strasbourg, et par son fils et successeur Félix-Anne (1767-1769).

Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du plan d’agrandissement et d’embellissement urbain établi par l’architecte parisien Jacques-François Blondel (1705-1774) en 1765, sur les ordres du premier ministre Choiseul. La place, formant un quadrilatère régulier entièrement clos, est destinée à accueillir un marché aux herbes et à la volaille.

Autour d’elle s’élèvent des maisons : d’abord un grenier à sel sur le côté de la rue des Écrivains, puis une vaste auberge du côté de la rue des Sœurs ainsi que des boutiques et des maisons d’habitation à colombages. Les réalisations monumentales prévues à l’origine sont écartées du projet ».

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Les Imlin : une dynastie d’orfèvres

« Strasbourg est un centre important de production d’orfèvrerie durant le 18ème siècle. Cette production était destinée aux familles aristocratiques allemandes, Hanau-Lichtenberg ou Hesse-Darmstadt, mais certaines pièces à usage liturgique partaient en Angleterre ou ailleurs en Europe.

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L’afflux d’une société aristocratique venant occuper des postes militaires ou civils, créés depuis l’annexion de Strasbourg en 1681, eut pour conséquence les commandes de nécessaires de toilette, de couverts armoriés, d’écuelles à bouillon, de nécessaires de chasse, livrés en général dans d’ingénieux écrins de cuir, autre spécialité strasbourgeoise ».

Quatre parties dans cette chronique :

  • La maison Imlin (30 place Kléber). Diaporama de 20 photos.
  • Les Imlin, orfèvres.
  • Un portrait de la famille Imlin.
  • La corporation de l’Échasse.

A. La maison Imlin, 1748-1749, style Rocaille strasbourgeois;

« Les ateliers les plus réputés sont aux mains de dynasties familiales, comme celles des Imlin, des Kirstein, des Fritz, dont les échoppes sont concentrées en principe dans la rue des Orfèvres et dont les demeures d’habitation sont parfois fort belles, telle la maison des Imlin, 30 place Kléber, édifiée en 1748 dans le style rocaille strasbourgeois« .

La maison Imlin fait partie des 39 édifices strasbourgeois, construits au 18ème siècle et photographiés par mes soins. Cliquer ici pour découvrir ces édifices dans quelques dizaines de chroniques et quelques centaines de photos.

B. Les Imlin. Source : extraits d’un article de Wikipédia.

« Plusieurs membres de la famille sont connus comme orfèvres d’art à Strasbourg, certaines de leurs œuvres inscrites aux Inventaire du Patrimoine culturel se trouvent dans des églises ou des musées, notamment au musée des arts décoratifs de Strasbourg.

Jean-Louis Imlin I (1663-1720), orfèvre.

Jean-Louis Imlin II (1694-1764), époux de Marie Boch, père de Jean-Louis III et grand-père de François Daniel, est reçu maître en 1720.

Jean Louis Imlin III, fils de Jean-Louis II Imlin, reçu maître orfèvre à Strasbourg en 1746, et actif jusqu’à sa mort en 1768 (ou 1769).

  • Jean Henri Alberti, qui était employé d’Imlin entre 1756 et 1764 a tenu l’atelier après la mort de Jean Louis, jusqu’à ce que François Daniel Imlin devienne orfèvre. Aussi, plusieurs objets qui portent le poinçon de Jean Louis sont-ils posthumes. Ainsi, un calice d’argent réalisé par son atelier et daté de 1779 se trouve-t-il dans les collections du Victoria and Albert Museum.

François Daniel Imlin, petit-fils de Jean-Louis II Imlin, neveu de Jean-Louis III.

Emmanuel Frédéric Imlin, né en 1757, devient maître orfèvre en 1780″.

C. Un Portrait de la famille Imlin. Source : extrait d’une notice des Musées du Grand-Est.

Scheibner, vers 1818, Verre églomisé, Largeur : 28, Hauteur : 23, Musée Historique de Strasbourg.

« Ce portrait de famille du dernier orfèvre connu de la dynastie des Imlin a été réalisé selon la technique des églomisés par Fr. W. Scheibner (né Potsdam en 1786). Les portraits des deux parents se détachent sur un fond d’or et sont encadrés par une frise de fleurs et feuilles dorées sur fond noir. Les silhouettes en noir de leurs 6 enfants s’inscrivent dans un médaillon ovale doré entourant le portrait des parents, le tout se détachant sur un fond noir.

L’auteur a rendu avec beaucoup de finesse les détails du costume, des bijoux et de la coiffure de chaque silhouette. La délicatesse du trait est rare dans l’art de la silhouette qui se répand au milieu du 18ème siècle et est considéré comme l’ancêtre de la photographie. Elle s’explique probablement par le statut social et la profession d’Emmanuel Frédéric Imlin qui a fait appel à un maître particulièrement raffiné pour effectuer ce précieux portrait ».

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