Archives de Catégorie: E. Ingénierie, Architecture

1756. La manufacture de Sèvres

Sources de cette chronique :

Page 1. Historique de la manufacture au 18ème siècle

1740. « La Manufacture de Vincennes est fondée, grâce au soutien de Louis XV et de Madame de Pompadour, afin de concurrencer les productions de Chantilly et de Meissen.

1756. La manufacture est transférée à Sèvres dans un bâtiment construit à l’initiative de Madame de Pompadour, à proximité de son château de Bellevue.

Longue de 130 mètres et haute de quatre étages, la manufacture est édifiée entre 1753 et 1756 par l’architecte Laurent Lindet (mort en 1769), à l’emplacement de la ferme dite de la Guyarde. De part et d’autre du pavillon central, surmonté, à l’étage des combles, d’un fronton sans sculpture portant l’horloge de l’ancienne Verrerie royale, le bâtiment se développe sur deux longues ailes terminées, aux deux extrémités, par des pavillons d’angle. Le pavillon central est précédé d’une cour dite du public, fermée par une grille en fer forgé. Face à la manufacture est aménagée une demi-lune pour permettre le stationnement des carrosses des visiteurs.

Au rez-de-chaussée, le bâtiment renfermait les réserves de terres, le bûcher et les dépôts de matières premières. Le premier étage abritait les ateliers de moulage, de plâtrerie, de sculpture et de gravure ainsi que les fours. Au deuxième étage se trouvaient les sculpteurs, tourneurs, réparateurs et garnisseurs. Enfin, l’étage sous comble abritait les peintres, doreurs, animaliers et figuristes.

1759. La manufacture est rattachée à la Couronne.

1768. La mise au point de la porcelaine dure. À l’origine, la manufacture produisait une porcelaine tendre. En 1768, le pharmacien bordelais Vilaris et son ami Jean-Baptiste Darnet découvrent le premier gisement de kaolin sur le sol français, à Saint-Yrieix-la-Perche au sud de Limoges.

1770. La porcelaine dure est commercialisée à Sèvres.

1771. Le 13 février, le Comte de Thy de Milly de l’Académie royale des sciences de Paris communique à l’académie royale des sciences un mémoire sur la composition de la porcelaine dure. Ces travaux sont issus de ses observations effectués dans les différentes manufactures établies en Allemagne notamment en Saxe. Jusqu’à cette époque, on n’avait fait dans les manufactures de porcelaine établies en France, sans excepter celle de Sèvres, que des porcelaines vitreuses, qui n’avaient aucune des qualités réelles »…

Commentaires fermés sur 1756. La manufacture de Sèvres

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Ile-de-France, D. Allemagne, E. Arts Lettres Langues, E. Ingénierie, Architecture

1711. Cathédrale de St-Dié, façade

« L’origine de l’église de Saint-Dié remonte à Déodat, moine irlandais qui fonda au VIIe siècle la cité qui porte encore son nom. D’abord église abbatiale, elle devint la collégiale d’un chapitre de chanoines séculiers.

René II la considérait comme la quatrième cathédrale de son duché, après celles des Trois-Évêchés lorrains, Metz, Toul et Verdun. En 1777 l’église fut élevée au rang de cathédrale lorsque le pape Pie VI octroya la bulle d’érection de l’évêché de Saint-Dié.

Photos de Pierre Dubois, octobre 2020. Cliquer sur les images pour les agrandir

Plusieurs fois incendiée au cours de son histoire, la cathédrale fut dynamitée par les Allemands en novembre 1944 et perdit l’ensemble de sa voûte ». Photos des immeubles sinistrés : vidéo de 2’47.

« Reconstruite à l’identique, elle reçut un nouveau mobilier et fut à nouveau consacrée en 1974 ».

Intérieur et extérieur de la cathédrale : diaporama de 24 photos

  • Sources. Extraits de l’article de Wikipédia et photos inédites d’octobre 2020.
  • Visite guidée (office du tourisme) : vidéo de 8’15
  • page 1 de la chronique : extérieur de la cathédrale
  • page 2 : intérieur de la cathédrale (dont vitraux)
  • page 3 : cloître de la cathédrale et église romane Notre-Dame de Galilée accolée au cloître.

« La façade fut élevée de 1711 à 1714 par l’Italien Giovan Betto, qui participa par ailleurs à la construction de plusieurs églises lorraines (dont la cathédrale de Nancy).

La façade, sans les tours, possède des proportions palladiennes et son modèle le plus rapprochant est la basilique palladienne San Giorgio Maggiore à Venise.

Photo de Pierre Dubois, août 2015

Sobre et massive, de style classique, la façade est rythmée par un avant-corps encadré de quatre colonnes doubles supportant un fronton triangulaire. Deux tours surmontées de bulbes complètent l’ensemble.

La nef romane, élevée après le second des trois incendies qui ravagèrent l’édifice (1065, 1155 et 1554), possède un style caractéristique de la Lorraine du Sud. Elle est animée d’un décor de cordons et d’entrelacs. Les chapiteaux romans de la deuxième moitié du XIIe siècle ont été prodigieusement épargnés après le dynamitage criminel par les nazis fin novembre 1944.

Commentaires fermés sur 1711. Cathédrale de St-Dié, façade

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AH. Histoire 19-20èmes siècles, AI. Art médiéval et moderne, BA. Photos, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Ingénierie, Architecture

1757-1780. Soufflot, le Panthéon

« Prévu à l’origine, au XVIIIe siècle, pour être une église qui abriterait la châsse de sainte Geneviève, le Panthéon a depuis la Révolution française vocation à honorer de grands personnages ayant marqué l’Histoire de France. Les premiers à y être transférés en grande pompe furent Mirabeau, suivi de Voltaire et de Jean-Jacques Rousseau ».

Le Panthéon. Photos de Pierre Dubois, mars 2009. Cliquer sur les images pour les agrandir

Diaporama de 15 photos : le Panthéon, l’Église Sainte-Geneviève.

Architecture du monument (extraits de l’article de Wikipédia)

« Le Panthéon est un bâtiment long de 110 m et large de 84 m. La façade principale est décorée d’un portique aux colonnes corinthiennes, surmonté d’un fronton triangulaire réalisé par David d’Angers. Ce fronton représente la Patrie (au centre) donnant la Liberté et protégeant à sa droite les Sciences.

Le projet architectural de Jacques-Germain Soufflot est une église à dôme, en forme de croix grecque, c’est-à-dire avec quatre branches courtes, égales en longueur et en largeur.

L’édifice est couronné par un dôme haut de 83 mètres, coiffé d’un lanterneau.

La plupart des pierres viennent des carrières du Bassin parisien. Les parties inférieures, jusqu’à neuf pieds de hauteur, viennent des carrières d’Arcueil et sont constituées de banc franc réputé comme le cliquart pour sa finesse et la dureté de son grain ».

Historique du chantier (extraits de l’article de Wikipédia)

1744. « Alors qu’il se trouve à Metz souffrant d’une grave maladie, Louis XV fait le vœu, s’il survit, de faire ériger une église dédiée à sainte Geneviève. Rétabli, et de retour à Paris, il charge le marquis de Marigny, directeur général des bâtiments, d’édifier le monument en lieu et place de l’ancienne abbaye Sainte-Geneviève, alors en ruine.

Commentaires fermés sur 1757-1780. Soufflot, le Panthéon

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Ile-de-France, E. Ingénierie, Architecture

1774 Paris. Soufflot, École de droit

Soufflot, architecte de l’École de droit de Paris, construite de 1771 à 1773, ouverte en 1774 et inaugurée en 1783.

Faculté de droit. Photos de Pierre Dubois, mars 2009. Cliquer sur les images pour les agrandir

Source 1. Wikipédia

Avec l’Édit de Saint-Germain d’avril 1679, rétablissant l’enseignement du droit romain à Paris (interdit depuis la décrétale Super Specula d’Honorius III), la faculté s’intitula Faculté de droit civil et canonique.

La Faculté de Décret de Paris, renommée Faculté des Droits, avait été logée, à titre provisoire, dans le Collège Royal. Cet arrangement dura près d’un siècle.

1753. Louis XV, par lettres patentes du 16 novembre, ordonne la construction, au sommet de la montagne Sainte-Geneviève, d’un édifice convenable et suffisant pour accueillir les étudiants en droit et leurs professeurs.

L’honneur en échut à Jacques-Germain Soufflot, architecte et contrôleur des bâtiments du Roi. Lire aussi sur ce blog : Soufflot, 30 ans en 1743. A 28 ans, au retour de son séjour en Italie, Jacques-Germain Soufflot est choisi comme architecte pour reconstruire l’Hôtel-Dieu de Lyon.

2 Commentaires

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, BA. Photos, C. Ile-de-France, E. Droit et Sciences politiques, E. Ingénierie, Architecture

Soufflot, 30 ans en 1743

A 28 ans, au retour de son séjour en Italie, Jacques-Germain Soufflot est choisi comme architecte pour reconstruire l’Hôtel-Dieu de Lyon.

Photo de Pierre Dubois, avril 2019

Sources des extraits cités dans cette chronique biographique :

1713. Jacques-Germain Soufflot naît à Irancy, près d’Auxerre, le 22 juillet. Il est l’aîné des treize enfants de Germain Soufflot, avocat au parlement de Bourgogne et lieutenant au bailliage d’Irancy, et de Catherine Milon (1692-1743). Il sera un des grands architectes français du 18ème siècle et exercera une profonde influence sur le mouvement néoclassique.

 1724. Lyon. Existence d’une Académie des Sciences, des Belles Lettres et des Beaux-arts, divisée en deux compagnies : Sciences et Belles Lettres d’une part, Beaux-arts de l’autre avec vie indépendante mais un seul protecteur, celui qui avait sollicité et obtenu les Lettres patentes de 1724, le maréchal duc de Villeroy.

1732 (Soufflot a 19 ans). Selon la légende familiale, il commence des études de droit à Auxerre puis à Paris car il aurait dû hériter de la charge de lieutenant au bailliage de son père, mais il se prend de passion pour l’architecture. Il aurait alors emporté un sac contenant 1 000 livres de la maison familiale, pour quitter son foyer contre l’avis de ses parents.

1733-1738 (20-25 ans). Sur un coup de tête, cet autodidacte part étudier l’Antiquité ainsi que les œuvres de Palladio en Italie. Il reste à l’Académie de France à Rome, sans avoir remporté le Grand prix.

1737-1748. L’Hôtel-Dieu de Lyon a une excellente réputation à cette époque. On note une mortalité de un sur quatre à l’Hôtel-Dieu de Paris, contre un sur quatorze à celui de Lyon.

1738 (Soufflot a 25 ans). Sur le chemin du retour en France, il a marqué une halte à Viviers sur le Rhône au sud de Lyon (alors siège d’un évêché) et a pris part à l »inauguration de l’hôtel particulier de Roqueplane.

Cathédrale Saint-Vincent de Viviers, photo de Pierre Dubois (avril 2019)

1738-1749 (25-36 ans). Le premier séjour lyonnais de Soufflot a duré 11 ans. C’est durant cette période qu’il a réalisé ses principaux travaux ou en a posé les bases. Il put bénéficier de la protection des plus hautes autorités : le duc de Villeroy, gouverneur, et le cardinal de Tencin, archevêque de Lyon. Son arrivée dans la capitale des Gaules coïncidait par ailleurs avec le départ à la retraite de Ferdinand Delamonce, qui tenait le premier rang parmi les architectes de la ville.

Commentaires fermés sur Soufflot, 30 ans en 1743

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, C. Rhône-Alpes Auvergne, E. Ingénierie, Architecture

1783. École des mines de Paris

Suite des chroniques sur les Académies royales, les Écoles Royales, fondées au 18ème siècle en dehors des universités : École des Ponts et Chaussées, École Polytechnique, Académie Royale de Peinture, Sculpture et Architecture…

Deux parties dans cette chronique. La première (page 1) est dédiée à l’Histoire de l’École des Mines entre sa fondation en 1783 et 1816. La seconde (page 2) concerne les prémisses de l’école en 1750 et 1783.

Source de la chronique : article de Wikipédia. « Fondée le 19 mars 1783 sur ordonnance du roi Louis XVI, dans le but de former des directeurs intelligents pour les mines du royaume de France, l’École nationale supérieure des mines de Paris est l’une des plus anciennes et sélectives écoles d’ingénieurs françaises.

À l’époque de sa fondation, l’exploitation des mines était à la fois une industrie d’excellence et un secteur stratégique, où se retrouvaient toutes sortes de problèmes allant de la géophysique au génie des procédés en passant par la sécurité minière, la gestion économique des ressources et la stratégie géopolitique. Les ingénieurs des mines étaient alors formés pour les résoudre.

La bibliothèque des Mines est créée en 1783 afin de permettre aux élèves de jouir d’une documentation pratique. Des choix dans les dépôts littéraires permettent de l’enrichir pendant la Révolution. Les fonds se constituent parallèlement à l’émergence des sciences comme la minéralogie ou la géologie. Le fonds ancien est également marqué par les documents en langue étrangère, particulièrement en allemand, pays où se développent d’abord ces sciences.

La première école des mines est établie à l’hôtel des Monnaies de Paris. Disparue en 1791 dans la tourmente révolutionnaire, puis reconstituée par un arrêté du Comité de salut public le 13 messidor an II (1794), elle fut transportée à Peisey-Nancroix en Savoie, à ce moment française, après l’arrêté des consuls du 23 pluviôse an X (1802). L’école prend le nom d’École pratique des Mines du Mont-Blanc. L’administration de l’école est installée dans les locaux de l’ancien grand séminaire de Moûtiers.

Les élèves-ingénieurs, qui portent un uniforme, sont rémunérés durant leur scolarité. Les promotions annuelles comportent une demi-douzaine d’élèves. La formation est à la fois théorique et pratique, sur le site de la mine de Peisey, mais aussi dans toute la région au moyen de cours géologiques et de «voyages métallurgiques. Un examen sanctionne la fin de la scolarité, avec la rédaction d’un mémoire.

Les lauréats sont nommés dans un grade d’aspirant puis d’ingénieur pour être affectés dans un département de l’Empire. Durant ses douze années de fonctionnement, l’école a formé entre 60 et 70 élèves. L’invasion sarde de 1814 interrompt le fonctionnement de l’école.

Après les événements de 1814, avec le même personnel, l’école est définitivement reconstituée à Paris, par l’ordonnance du 6 décembre 1816, et établie à l’hôtel de Vendôme, longeant le jardin du Luxembourg,

Pour aller plus loin. Alexis Chermette, Un ingénieur des mines au XVIIIe siècle : Johann Gottfried Schreiber (1746-1827), publications de la Société Linnéenne de Lyon, Année 1975, 44-10, pp. 33-42.

Ivan Cadenne et  Patrick Givelet, L’École des Mines de Peisey-Nancroix en Savoie (1802-1814), Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d’ethnologie, Année 1996, 24-2-4, pp. 169-182.

Commentaires fermés sur 1783. École des mines de Paris

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AH. Histoire 19-20èmes siècles, C. PACA Corse, D. Allemagne, E. Ingénierie, Architecture, E. Sciences

Mutation des routes au 18ème

Suite des chroniques 1713. nomination de onze Ingénieurs des ponts et chaussées, 1747. Trudaine et l’École des ponts

  • Daniel-Charles Trudaine et la modernisation du réseau routier français (page 1)
  • Guy Arbellot, La grande mutation des routes de France au XVIIIe siècle (page 2)
  • Jean-Rodolphe Perronet, premier directeur de l’École des ponts et chaussées, premier ingénieur du roi en 1763 (page 3).

Trudaine et la modernisation du réseau routier français, in Pierre Gaxotte, Le siècle de Louis XV, Fayard, 1983, p. 381-383.

Cliquer sur les images pour les agrandir

Commentaires fermés sur Mutation des routes au 18ème

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, E. Ingénierie, Architecture, E. Sciences

1747. Trudaine, l’École des ponts

Source. Article de Wikipédia, L’École nationale des Ponts et Chaussées. Le recrutement des ingénieurs est assuré par la création en 1747 de l’École des ponts et chaussées, école qui ne prend ce nom qu’à partir de 1760.

« À la suite de la création du Corps des ponts et chaussées en 1716, un arrêt du conseil du roi décide le 14 février 1747 de la mise en place d’une formation spécifique des ingénieurs d’État, l’École royale des ponts et chaussées, mise en place par Daniel-Charles Trudaine. Il s’agit alors du début du contrôle progressif et efficace par l’État de la construction des routes, ponts et canaux et de la formation des ingénieurs du génie civil pour l’aménagement du territoire. Auparavant, seigneurs, guildes et ordres monastiques partageaient avec l’État cette compétence et le recrutement des techniciens se faisait au coup par coup.

Daniel-Charles Trudaine (1703-1769) est un administrateur français. Intendant des finances, il a principalement œuvré dans le développement du corps des ponts et chaussées et du réseau routier français.

Il est aussi connu par l’Atlas de Trudaine, l’un des plus précis concernant les routes et paysages de la fin du XVIIIe siècle, établi de 1745 à 1780 pour les Ponts et Chaussées.

Jean-Paul Grandjean de Fouchy, secrétaire perpétuel de l’Académie royale des Sciences : Éloge de M. Trudaine, à l’occasion de sa mort, in Histoire de l’Académie royale des sciences, année 1769, Imprimerie royale, Paris,1772, p. 135-150.

Commentaires fermés sur 1747. Trudaine, l’École des ponts

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, E. Ingénierie, Architecture, E. Sciences

1713. Onze Ingénieurs des Ponts

Source des citations. Article de Wikipédia : Ingénieurs des Ponts et Chaussées

1701. « Michel Chamillart est contrôleur général des finances et secrétaire d’État de la Guerre. Ne pouvant remplir ces deux fonctions correctement, il fait nommer deux directeurs chargés de l’administration. Joseph Fleuriau d’Armenonville est nommé directeur ayant dans son département la charge du détail des ponts et chaussées, les turcies et levées de la Loire, le barrage et pavé de Paris. Il est rapporteur au conseil des finances de ces matières.

1705 (26 mai). C’est au cours de la gestion des finances du royaume par Chamillart qu’est pris l’arrêt du conseil posant une règle d’art du tracé des routes qui est une première règle d’expropriation pour cause d’utilité publique. Cet arrêt va permettre la réalisation des grandes routes alignées et larges. Ce premier arrêt ne concerne d’abord que les chemins pavés, mais il va progressivement s’étendre aux chemins non pavés.

1708. Nicolas Desmarets remplace Michel Chamillard comme contrôleur général des finances. Il supprime le poste de directeur chargé des ponts et chaussées.

1712 (avant). Desmarets a rétabli un poste équivalent en l’attribuant à un de ses intendants des finances, Charles Henri de Malon, seigneur marquis de Bercy.

1713. Un arrêt du 28 novembre désigne onze inspecteurs généraux des ponts et chaussées« .

Commentaires fermés sur 1713. Onze Ingénieurs des Ponts

Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, E. Ingénierie, Architecture

Saint-Dié. 10 ans de reconstruction

Saint-Dié-des-Vosges, exposition Le Corbusier / Jean Prouvé, proches à distance, prolongée jusqu’au 3 janvier 2021 inclus. 8ème chronique dédiée à une visite virtuelle de l’expo : le Plan de Reconstruction de la ville, conçu par Le Corbuisier en 1945.

Le musée Pierre Noël  de Saint-Dié-des-Vosges comprend une petite dizaine de sections, dont une dédiée à Le Corbusier. Lorsque le moment arriva de reconstruire la ville après le dynamitage allemand de 1944, un projet audacieux de l’architecte fut envisagé. Très en avance sur son temps, donnant la priorité aux espaces verts et aux piétons, celui-ci proposa une vision globale de la ville du futur, que ses opposants jugèrent trop collectiviste. Ses idées ne furent donc pas retenues.

La salle François Cholé s’organise autour d’une grande maquette de la ville telle que Le Corbusier l’avait imaginée au moment de la reconstruction. Cette présentation en trois dimensions est complétée par des plans, perspectives et photos diverses, notamment celles liés au seul projet effectivement réalisé par l’architecte-urbaniste à Saint-Dié-des-Vosges, l’usine Claude et Duval, une bonneterie qui est aussi le seul bâtiment industriel dans une œuvre abondante par ailleurs (lire la chronique du blog : 1947-52. Le Corbusier, l’usine Duval)

Deux sources mobilisées pour cette chronique :

A. La lente reconstruction

« La reconstruction tarde dans un pays qui sombre économiquement au plus bas en 1947. Le théoricien et architecte Le Corbusier, nommé conseil auprès de l’architecte en chef Jacques André, propose un projet au ministre de la Reconstruction Raoul Dautry : une cité jardin assemblage de grandes tours au centre de la vallée et des maisons de loisirs parsemées aux abords des collines. Mais la pénurie de matériel et de fonds entrave l’amorce de cette réalisation modèle dont le plan d’ailleurs tarde du fait des désaccords entre architectes et/ou fonctionnaires. Différentes associations de sinistrés ou assemblées de propriétaires et d’habitants s’offusquent et finissent par se rassembler autour du plan simple et pratique, conciliant avec les propriétaires car en grande partie restaurateur de l’ancien plan cadastral urbain, de l’architecte en chef départemental Georges Michau, secondé par Paul Résal. Le 31 janvier 1946, le conseil municipal adopte sans appel un projet d’un fonctionnaire du ministère, inspiré par la proposition Michau.

En 1946, le ciment est rare et les soubassements des logements provisoires ne peuvent être réalisés qu’en bois. Début 1952, la rue Thiers n’est encore qu’amas de pierres. La lente reconstruction du cœur de la ville commence. Fin 1952, la rue Dauphine commence à renaître et une première maison apparaît rue Thiers. Quelques rares habitants peuvent réintégrer le centre en reconstruction, mais l’immense majorité des habitants qui n’ont pas quitté la ville vivent en baraques. Le camp de la Vaxenaire ouvert en 1944 et qui commence à se vider à partir de 1956 était un des plus grands camps boueux. Les hauteurs de la Vigne Henry couvertes de baraques en bois aux planches disjointes, sans réseau d’eau, ni électricité, ressemblent en 1948 à un vaste bidonville que de nombreux habitants essaient de quitter souvent en vain. C’est la réalité quotidienne de la plupart des gens de Saint-Dié ».

B. Le plan de reconstruction de Saint-Dié (1945). L’échec de Le Corbusier

Long texte de Daniel Grandidier, conservateur du musée de Saint-Dié, publié dans Transvosges n°12. Photos de la maquette exposée au musée de Saint-Dié-des-Vosges.

En rose, l’église Saint-Martin et la cathédrale. En rouge les voies pour les voitures. En jaune, les voies piétonnes

« Un jeune industriel déodatien en bonneterie, Jean-Jacques Duval, qui avait fait ses études à l’École polytechnique de Zurich où il avait entendu parler de Le Corbusier, décide de rencontrer ce dernier dans son atelier de la rue de Sèvres à Paris, vers 1935 (rencontre de le Corbusier).

En 1943, Jean-Jacques Duval demande à l’architecte-urbaniste de réfléchir au développement futur d’une ville industrielle et en particulier de se pencher sur le cas de Saint-Dié. A cette époque, personne n’imagine le désastre de novembre 1944 où les nazis feront dynamiter et incendier tout le centre historique de la ville. C’est donc finalement un plan de reconstruction qu’il faudra concevoir.

Le bilan de novembre 1944 est en effet catastrophique : 10 585 sinistrés totaux, 1200 sinistrés partiels (la ville comptait 17 500 habitants en 1940, 15 000 en 1944).  Plus de 2000 immeubles, 400 commerces, tous les édifices publics sont atteints ou anéantis. Depuis le début du conflit, la ville a payé un lourd tribut humain : 1107 déportés dont 943 le 8 novembre 1944, 249 requis pour le S.T.O. en Allemagne, 28 tués.

Certains architectes originaires de Lorraine et résidant à Paris voient dans ce cataclysme une aubaine et proposent immédiatement leurs services au Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (le MRU), avançant le nom de Jacques André de Nancy comme urbaniste.

Jean-Jacques Duval pense, quant à lui, que se présente là « l’occasion unique de réaliser un plan d’urbanisme exceptionnel ». Tout d’abord Le Corbusier, consulté par Jean-Jacques Duval, décline l’offre. Amer, car le Ministère ne lui a confié que le port de La Pallice (La Rochelle) – reconstruction et extension – et l’extension de Saint-Gaudens en liaison avec l’exploitation du gaz naturel dans ce secteur, l’architecte est également méfiant : dès lors qu’il aura accepté, il sait qu’il consacrera « tout son temps, tout son enthousiasme et toute son énergie pour un résultat très aléatoire ».

Jean-Jacques Duval s’emploie à sensibiliser la municipalité et certaines personnalités locales. Une des deux associations de sinistrés de la ville adhère au mouvement. Finalement au printemps 1945, Le Corbusier, après un voyage à Saint-Dié, accepte, séduit par le site et stimulé par l’amitié, d’être urbaniste-conseil de la ville.  En juin 1945, le plan pour Saint-Dié est prêt. C’est André Wogenscky qui a dessiné tout le projet d’après les croquis de Le Corbusier.

Commentaires fermés sur Saint-Dié. 10 ans de reconstruction

Classé dans AH. Histoire 19-20èmes siècles, C. Grand-Est (Alsace Lorraine Champagne-Ardenne), E. Ingénierie, Architecture