Archives de Catégorie: E. Ingénierie, Architecture

1765. Façade de St-Thomas-d’Aquin

Saint-Thomas-d’Aquin, Paris (de 1683 à 1765). Architecte Pierre Bullet, pour l’ensemble de l’église. Père Claude Navan pour la façade (1765).

Diaporama de 23 photos (Pierre Dubois, septembre 2021).

A. Source : citations de Patrimoine – Histoire – Paris.

« En 1632, au cœur du faubourg Saint-Germain, les Dominicains installèrent le noviciat général de l’ordre de Saint-Dominique. Une chapelle dédiée bien sûr au saint patron de leur ordre fut édifiée. La population du quartier s’accroissant et les largesses du cardinal de Richelieu s’ajoutant à celles des fidèles, c’est tout un monastère qui fut construit en 1682.

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La construction de la nouvelle église commença dès 1683 sur les plans de l’architecte Pierre Bullet (1639-1716), ingénieur du Roi et de la ville de Paris. Elle est de style classique, d’inspiration baroque italien. Sous une voûte en berceau, la nef est séparée des bas-côtés par des arcades en plein-cintre. Les piliers sont ornés de pilastres surmontés de chapiteaux corinthiens.

La chapelle Saint-Louis est ajoutée en 1722.

Le plafond est décoré de la peinture de François Lemoyne (1688-1737) : La Transfiguration.

La façade n’est élevée qu’en 1765 selon les dessins d’un religieux du couvent, le père dominicain Claude Navan (1697-1774). De style classique, elle présente un ordre dorique en bas et ionique en haut.

Le tympan du fronton est une œuvre de François-Charles Butteux (1732-1788). Intitulée La Religion, elle est datée de 1769. Appuyée sur la Vérité, elle fait face aux tables de la Loi.

Bas-relief : la Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique de Théodore-Charles Gruyère (1814-1885). Œuvre de 1867.

À la Révolution, les ordres et les congrégations sont supprimés, les religieux expulsés. Le couvent devient manufacture d’armes, puis musée d’Artillerie. L’église est érigée en paroisse en 1791 et dédiée à saint Thomas. Dépouillée de ses biens, elle est confiée au club des Jacobins en 1793 et devient Temple de la Paix.

L’église Saint-Thomas-d’Aquin est rendue au culte catholique en 1803. Aux XIXe et XXe siècles, ses richesses perdues furent remplacées par de nombreuses œuvres d’art données par la Ville de Paris ».

B. Source : citations du site de la paroisse.

« L’église du couvent des dominicains a été construite en 1631 sur l’ancien emplacement du jardin de la reine Margot. Elle n’est pas «orientée» et se trouvait alors dans l’axe d’une allée de tilleuls, face à l’Hôtel de LUYNES. Couvent et église sont démantelés en 1791. L’église est rendue au culte en 1803 et devient la paroisse Saint Thomas d’Aquin mais elle ne sera de nouveau consacrée par Monseigneur FELTIN qu’en 1950.

Le mur de l’abside de l’église s’étant effondré en 1722, les dominicains décident de créer leur propre chœur. Ils confient la réalisation de la Transfiguration sur le plafond de leur chapelle à François LEMOYNE (1688-1737). La statue de la chapelle de la Vierge est de Gilles GUÉRIN (qui a réalisé les chevaux du bassin d’Apollon à Versailles). 

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Ch. de Saxe, princesse et abbesse

Christine de Saxe, princesse et abbesse. Née en 1735, elle est la fille de Frédéric Auguste III, électeur de Saxe et roi de Pologne. Venue en France en 1762, elle entre au chapitre noble de Remiremont en 1763 et en est élue abbesse en 1773. En 1779, elle achète la maison du 27 rue des Juifs à Strasbourg. Elle meurt à Brumath en 1782.

Hôtel de Saxe : diaporama de 21 photos.

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A. Biographie résumée. Citations de Christian Wolff (1985), Christine de Saxe, Princesse de Saxe, Varsovie (12. 2. 1735 – Brumath, 19. 11. 1782).

« Fille de Frédéric Auguste III, électeur de Saxe et roi de Pologne, et de Marie Josèphe de Habsbourg, archiduchesse d’Autriche. Sœur de la dauphine Marie Josèphe, tante de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

1762. Venue en France, elle entra grâce à Louis XV au chapitre noble de Remiremont en 1763, mena cependant grande vie et fut élue abbesse en 1773.

1775. Elle quitta Remiremont pour louer le château de Brumath qu’elle habita dès lors en été, séjournant en hiver à Strasbourg dans l’hôtel qu’elle avait acquis au 27, rue des Juifs.

Sa présence contribua beaucoup au développement de la vie de cour et des salons en Alsace sous Louis XVI.

Infirme de naissance, elle était dépensière, aimait la bonne chère au point de ne plus pouvoir marcher seule, mais son embonpoint ne l’empêchait pas de monter à cheval et de se livrer avec passion à la chasse, qu’elle allait pratiquer jusqu’à Porrentruy, chez le prince-évêque de Bâle, Frédéric de Wangen.

Le château de Brumath, où elle reçut nombre de grands personnages, en particulier son cousin le Maréchal de Saxe, ne fut plus habité après sa mort. Il devint en 1804 l’actuelle église protestante ».

B. Christine de Saxe et son Hôtel du 27 rue des Juifs. Source : citations de la notice érudite des Maisons de Strasbourg. La première construction est mentionnée en 1228.

« L’ancienne maison du stettmestre Henri Balthasar de Kippenheim (v. 1608-1679), chancelier de l’université, appartient ensuite à différentes familles nobles au service des Hanau (Geiling d’Altheim puis Buch) avant qu’un banquier strasbourgeois ne l’achète en 1765. Il a l’intention d’y faire des travaux d’après la demande qu’il présente aux directeurs du bâtiment mais l’affaire n’aura pas de suite. C’est jusqu’alors, comme sa voisine à l’est, une maison à encorbellement dont le prix de vente augmente lors des transactions successives.

1767. Le capitaine Claude Marie Rend de Purgerot de Wardener fait entièrement reconstruire la maison comme en témoignent les demandes que présente le maître maçon Georges Michel Müller.

Mardi 10 février 1767. Le maître maçon Georges Michel Müller demande l’autorisation de faire un balcon à la maison que M. Purgerot vient d’acheter au sieur Ritzhaub rue des Juifs. Décision, refus.
Mercredi 22 avril 1767. Visite des lieux rue des Juifs à la maison de M le stettmestre d’Oberkirch qui a un pignon commun avec la maison de M. Purgerot. Une poutre qui soutient l’encorbellement de M le stettmestre se trouve au premier étage de ce pignon que M. Purgerot croit avoir le droit de couper pour moitié. Comme M le stettmestre est depuis un temps immémorial en possession de cette poutre et que suite à sa visite le Petit Sénat a jugé que M. Purgerot était certes autorisé à couper sa part de mur commun mais sans porter dommage ni préjudice à la maison de M le stettmestre, celui-ci estime qu’il y a lieu de rejeter la demande et de lui assurer la paisible possession de ladite poutre. Décision, comme la demande n’est pas du ressort des Directeurs du bâtiment, elle sera portée devant le juge compétent. Les préposés laissent cependant M le stettmestre seul juge, à son titre de préposé général du bâtiment, du préjudice que pourrait subir l’encorbellement si la poutre était endommagée.

Mardi 28 avril 1767. Georges Michel Müller au nom de M. Purgerot. Le maître maçon Georges Michel Müller demande l’autorisation de placer quelques étais sous l’encorbellement de la maison qui appartient à M le stettmestre d’Oberkirch rue des Juifs. Il est en effet le maître d’œuvre de M. Purgerot chargé de couper pour moitié une poutre qui repose sur le mur commun aux deux maisons et qui soutient ledit encorbellement, ce qui pourrait l’exposer à un grand danger s’il n’était pas étayé. Décision, on invite le demandeur à prendre patience le temps de réunir davantage d’informations à ce sujet.

1779. La maison, achetée 5 250 livres strasbourgeoises en 1767, est revendue pour la somme de 13 750 livres en 1779 à Christine de Saxe, abbesse de Remiremont qui a longtemps passé pour la commanditaire. Elle possède non seulement la maison (27 rue des Juifs) mais aussi celle dans la rue des Charpentiers (actuel n° 17) qui communiquent par leur partie arrière.

Les transformations que Christine de Saxe apporte ne semblent pas modifier la maison elle-même, comme en témoigne le prix de vente de 1784 (12 750 livres) inférieur de mille livre à celui de 1779, d’autant qu’une partie de la cour de la maison rue des Charpentiers échoit à celle de la rue des Juifs lors du partage des maisons.

1784. Après la mort de Christine de Saxe en 1782, l’abbaye de Neubourg, près de Pfaffenhoffen, acquiert la maison pour remplacer son pied-à-terre de Strasbourg, jusqu’alors situé rue Sainte-Elisabeth.

1792. Particulièrement bien décrite lors de sa vente comme bien national, la maison échoit à Wolff Levy, un des gendres de Cerf Beer, préposé de la nation juive d’Alsace.

1806. Vendue par adjudication forcée à un agent de change insolvable, Jean Philippe Nerking, elle revient en 1806 à Louis Champy, maître des forges de Framont près de Schirmeck ».

1859. Elle entre ensuite dans la famille du médecin Joseph Auguste Bach et appartient depuis la fin de la Première Guerre mondiale à une Fondation diocésaine.

C. 27 rue des Juifs. Ancien hôtel Purgerot de Wardener dit hôtel de Saxe. Source : citations de l’article du Dictionnaire des monuments historiques d’Alsace, pp. 536-537.

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Paris, 18ème. Enseignes de boutiques

Paris, 18ème siècle. Enseignes de boutiques.

Parcours historique dans les 31 salles du Musée Carnavalet qui concernent le 18ème siècle. Dans certaines, ont été remontées des boiseries et apportés des plafonds peints. Les regroupements et subdivisions majeurs pour la période sont les suivants : Paris de 1715 à 1740, Paris de 1751 à 1788, Claude Nicolas Ledoux (chronique de ce blog), Paris au siècle des Lumières.

Diaporama de 33 photos (Pierre Dubois, 24 septembre 2021).

A. Histoire du musée Carnavalet / Histoire de Paris, le plus ancien musée de la Ville de Paris. « Il ouvre au public le 25 février 1880. Il est aujourd’hui composé de deux hôtels adjacents dans le quartier historique du Marais.

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Au 23 rue de Sévigné, l’Hôtel des Ligneris (dit Carnavalet) est, avec la Cour carrée du Louvre, l’un des rares témoins de l’architecture de l’époque Renaissance à Paris. Construit au milieu du 16e siècle (1548-1560) pour Jacques des Ligneris, président au parlement de Paris. À partir de 1660, le célèbre architecte François Mansart surélève le porche de l’hôtel et crée deux nouvelles ailes.

Au 29 rue de Sévigné, l’Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau est construit entre 1688 et 1690, sur les plans de Pierre Bullet (1639-1716), architecte du Roi et de la Ville, pour le compte de Michel Le Peletier de Souzy (1640-1725).

En octobre 2016, le musée a fermé au public pour engager un grand chantier de rénovation, mené par l’architecte en chef des Monuments historiques François Chatillon« .

Après plus de 4 années de travaux, le Musée est ré-ouvert. Source : extraits du site : Le nouveau Musée.

« Les donations constituent le mode d’acquisition principal. Depuis la création du musée, des dizaines de milliers de donateurs ont ainsi contribué à la constitution et l’enrichissement des collections,

Le musée rassemble plus de 625 000 œuvres, de la préhistoire à nos jours. Peintures, sculptures, maquettes, enseignes, dessins, gravures, affiches, médailles et monnaies, objets d’histoire et de mémoire, photographies, boiseries, décors et pièces de mobilier.

Escalier de l’ancien Hôtel de Luynes, élevé en 1660-1661 par l’Architecte Pierre Le Muet pour la duchesse de Chevreuse. Première grande demeure de la rue Saint-Dominique, cet hôtel reçoit en 1747 un imposant décor pour son escalier. Paolo Antonio Brunetti (1723-1783), spécialiste de la perspective, y déploie une architecture en trompe-l’œil animée d’une élégante assemblée, incarnant les thèmes de l’amour et de la musique.

B. Visite des salles concernant le 18ème siècle (Source : citations des cartels à l’entrée de certaines salles).

« Enseignes parisiennes. La première salle des enseignes du musée est inaugurée le 4 juillet 1914 ; elle remporte un succès public immédiat. La commission du Vieux Paris a joué un rôle important dans les acquisitions, signalant au musée les enseignes pittoresques menacées de disparition. Une majorité d’entre elles provient de la rive droite de la Seine, où l’activité marchande était plus largement implantée.

L’enseigne placée en devanture d’un commerce a pour fonction de le signaler ; elle facilité aussi le repérage dans la ville, à une époque où les adresses ne sont pas encore individualisées. Tout au long du 18ème siècle, des dispositions successives fixent les dimensions, la hauteur et la pose, saillante ou non, des enseignes.

Peintes, sculptées, forgées ou émaillées, les enseignes peuvent être composées en différents matériaux : pierre, bois, plomb, fer, toile, céramique… Leurs formes, couleurs et messages sont variés. Leurs thèmes montrent également une grande diversité, évoquant un roi, portant le nom d’une ville, d’un saint, figurant un animal, un personnage, un symbole. Certaines indiquent clairement le type de commerce, tandis que d’autres sont présentées sous formes de devinette ou de rébus. Un corps de métier concentré dans une rue peut lui donner son nom.

Les noms des rues étaient parfois inscrits sur des plaques, mais celles-ci ne sont devenues obligatoires à Paris qu’à partir du 30 juillet 1729″.

C. Enseignes à travers les âges : fruits d’une inspiration goguenarde égayant maisons et rues. Source. Extraits d’après Le Petit Journal. Supplément du dimanche, paru en 1914.

« Même, la fureur des grandes enseignes parlantes prend à cette époque un développement considérable. Chacun veut avoir une enseigne plus volumineuse que celle de son voisin. Et tous ces attributs gigantesques qui se balancent en avant des maisons, au bout de longues potences, ne vont pas sans quelques inconvénients.

Si bien qu’au XVIIIe siècle, le lieutenant de police Antoine de Sartine (1759-1774) se résolut à mettre ordre à cet abus. Par ordonnance de 1766, il prescrivit la suppression de ces potences menaçantes et ordonna que les enseignes seraient dorénavant appliquées en tableaux sur les murs, scellées de plâtre et cramponnées en haut et en bas. Le pittoresque y perdit, mais la sécurité des passants y gagna.

Mercier, dans son Tableau de Paris, a applaudi à cette réforme. Les enseignes, écrit-il, sont maintenant (1780) appliquées contre le mur des maisons et des boutiques ; au lieu qu’autrefois elles pendaient à de longues potences de fer ; de sorte que l’enseigne et la potence, par les grands vents, menaçaient d’écraser les passants dans les rues. Quand le vent soufflait, toutes ces enseignes, devenues gémissantes, se heurtaient et se choquaient entre elles ; ce qui composait un carillon plaintif et discordant… De plus, elles jetaient, la nuit, des ombres larges qui rendaient nulle la faible lueur des lanternes.

Ces enseignes avaient pour la plupart un volume colossal, et en relief. Elles donnaient l’image d’un peuple gigantesque, aux yeux du peuple le plus rabougri de l’Europe. On voyait une garde d’épée de six pieds de haut, une botte grosse comme un muid, un éperon large comme une roue de carrosse, un gant qui aurait logé un enfant de trois ans dans chaque doigt, des têtes monstrueuses, des bras armés de fleurets qui occupaient toute la largeur de la rue. La ville, qui n’est plus hérissée de ces appendices grossiers, offre pour ainsi dire, un visage poli, net et rasé.

Et Mercier termine son article par un brillant éloge d’Antoine de Sartine, qui supprima impitoyablement le pittoresque des enseignes à potence. D’ailleurs, dès cette époque, les rues portaient des noms inscrits sur des plaques de tôle à toutes les encoignures ; de ce fait, les enseignes étaient moins indispensables qu’auparavant. Mais les maisons n’étaient pas encore numérotées. Une ordonnance de 1768 avait bien prescrit ce numérotage, mais les habitants n’en avaient guère tenu compte ; et ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que, dans les voies les plus importantes de la capitale, les maisons portèrent régulièrement des numéros ».

D. La boutique à Paris au XVIIIe siècle

Source. Extraits de Natacha Coquery, La boutique à Paris au XVIIIe siècle, Histoire, Université Paris I Panthéon Sorbonne, dossier en vue de l’obtention d’une habilitation à diriger des recherches, 26 juin 2006.

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C-N. Ledoux, architecte néoclassique

Histoires d’universités : 6 chroniques et 97 photos sur Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), architecte néoclassique.

1762. Les lambris du Café militaire (album de 12 photos).

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1771. Ledoux a 35 ans. Œuvres de jeunesse (album de 24 photos).

1763. Château de Mauperthuis

1773. Il entre à l’Académie royale d’architecture

1774-1779. La Saline royale de Chaux, dite d’Arc-et-Senans (album de 30 photos).

1775-1784. Le Théâtre de Besançon : les innovations (album de 11 photos).

Il devient Architecte de la Ferme générale.

1784. Construction du Grenier à sel de Compiègne (album de 22 photos).

La gabelle ayant été officiellement supprimée en mai 1790, les bâtiments servant de grenier à sel ont été soit aliénés soit réemployés à d’autres usages administratifs. 

1784-1787. Construction des Barrières de Paris, pour taxer les marchandises entrant dans la capitale (album de 16 photos).

Les travaux sont suspendus en 1787, une des raisons étant leur coût excessif. Ledoux est révoqué de ses fonctions. Le 23 mai 1789, il est définitivement suspendu par Necker.

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1745. Fontaine des Quatre-saisons

Edme Bouchardon (1698-1762), Fontaine des Quatre-saisons (1739-1745), Paris, 57 et 59 rue de Grenelle.

Quatrième chronique d’Histoires d’universités sur Edme Bouchardon, sculpteur du roi (cf. ci-dessous : partie C).

Diaporama de 23 photos. Comme on peut le constater, le monument n’est guère entretenu : les sculptures des deux fleuves placés de chaque côté de Paris, au centre du monument, sont abimées ; de la végétation s’introduit dans les fissures. Les putti des bas-reliefs sont recouverts d’une couche de pollution grise. Cette fontaine, la plus coûteuse en son temps, est aujourd’hui indigne de Paris. Quand son ravalement est-il prévu ?

A. Source 1. Extraits de l’article de Wikipédia : Fontaine des Quatre-saisons (1739-1745)

« Édifiée sur un terrain donné par le couvent des Récolettes, la fontaine a fait l’objet d’un marché public passé le 1739. La construction représenta un très grand chantier entrepris par la Ville de Paris, sous la responsabilité de Michel-Étienne Turgot, prévôt des marchands et père du ministre de Louis XVI. Elle était destinée à procurer de l’eau au quartier mais aussi à être un monument commémoratif en l’honneur du roi Louis XV. Son coût a été considérable (plus de 139 000 livres). Le maître d’œuvre et l’ensemble de son décor sculpté sont confiés à Edme Bouchardon. Les travaux sont terminés en 1745.

L’importance du projet dans une si étroite rue suscita des réactions dont celle de Voltaire dans une lettre au Comte de Caylus en 1739 dans laquelle il raille le gigantisme et la prétention du projet pour un si petit service rendu. Cependant Michel-Étienne Turgot fut très satisfait du travail de Bouchardon et lui fit accorder une pension annuelle de 1500 livres.

La fontaine des Quatre-Saisons, nommée ainsi tardivement en raison des quatre bas-reliefs et des quatre statues représentant les saisons qui la décorent, est une fontaine unique à Paris de par son ampleur, son décor et son architecture. Elle se présente comme une façade de palais de style classique d’une dizaine de mètres de hauteur et qui se développe sur près de vingt mètres au long de la rue de Grenelle »…

B. Le chantier de la fontaine des Quatre-Saisons par Dominique Massounie, Livraisons de l’histoire de l’architecture, 16 | 2008, Openedition.

« L’histoire de la fontaine des Quatre-Saisons est sans conteste l’épisode le plus prestigieux de la carrière du sculpteur qui en réalisa le décor, Edme Bourchardon, qualifié par la Ville, le commanditaire de ce monument royal d’un nouveau genre, de Phidias moderne. L’exceptionnelle qualité des rondes-bosses du corps central et des niches latérales ainsi que des bas-reliefs a relégué au second plan l’étude de la construction de l’édifice dont les dimensions et le coût le classent également parmi les exceptions.

Les archives du bureau de la Ville et les archives notariales nous permettent de comprendre dans quelles circonstances il a vu le jour. Elles nous renseignent sur l’achat des terrains, celui des marbres statuaires et des pierres de Tonnerre, sur les émoluments de l’artiste, la nature des ouvrages de maçonnerie, le prix des mascarons de bronze et la rémunération de l’inspecteur des travaux.

Si la qualité des ouvrages est parfaitement connue, le coût global de la construction ne peut qu’être l’objet d’une estimation. En effet, le marché passé le 3 juin 1739 avec Jacques Mégrelin, sur la base du devis rédigé par Jean-Baptiste-Augustin Beausire, comporte uniquement le prix de la toise fixé pour chacun des ouvrages. En l’absence du toisé, est-il possible d’évaluer la dépense ? Elle a été considérable puisque ce chantier s’élevait déjà, hors paiements des ouvrages de maçonnerie et de plomberie, à plus de 139 000 livres. Elle fait de ce monument public, à la fois fontaine et monument commémoratif, vraisemblablement l’édifice le plus coûteux jamais construit pour l’embellissement des villes à l’époque moderne.

Entre 1739 et 1745, Edme Bouchardon, sculpteur du roi, travaille à la réalisation du décor de la nouvelle fontaine du faubourg Saint-Germain.

En 1902, dans un article consacré à l’édifice, Alphonse Roserot expliquait le caractère exceptionnel de cette commande par l’amitié qui liait à l’artiste le commanditaire, le prévôt des marchands Michel-Étienne Turgot, et par l’attention que le cardinal de Fleury, premier ministre, auteur de l’inscription du frontispice, porta à l’érection de ce monument. Ce chantier se signalait effectivement déjà par la qualité des acteurs, commanditaire et artiste, mais aussi par l’intérêt qu’il suscita, jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir.

Le troisième traité de Vienne, signé le 18 novembre 1738, qui mettait fin à la guerre de succession de Pologne, inspira sans doute une modification du programme. L’événement est signalé sur la table de marbre noir qui surmonte la figure de la Ville.

Deux des dispositions de ce traité :

  • L’Électeur de Saxe, devenu en 1733 roi de Pologne sous le nom d’Auguste III, est maintenu sur le trône de Pologne, son rival Stanislas Lezczyński, aussi élu en 1733, abandonnant toutes ses prétentions, tout en conservant le titre de roi de Pologne.
  • En dédommagement, Stanislas reçoit les duchés de Lorraine et Bar à titre viager ; à sa mort, ils seront réunis au royaume de France (ce qui surviendra en 1766).

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1722-1733. Strasbourg, l’archevêché

A. Chapitre de la cathédrale de Strasbourg : un Grand doyen franco-germanique, Frédéric-Constantin de La Tour d’Auvergne. Source 1 : citations de Personnages d’Alsace.

Visite guidée lors des Journées Européennes du Patrimoine, dimanche 19 septembre 2021.

Diaporama de 32 photos.

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« Au lendemain de la réunion de Strasbourg au royaume de France en 1681, le roi Louis XIV cherche à faire entrer des Français dans le chapitre de la  cathédrale alors entièrement occupé par les rejetons des grandes familles de l’aristocratie de l’Empire.

Il se heurte cependant aux conditions rigoureuses d’accès dans cette institution, à savoir les seize quartiers de grande noblesse. Frédéric-Constantin de La Tour d’Auvergne constitue un parfait candidat : par son père, il appartient à une famille française de noblesse immémoriale, issue de la province du même nom ; par sa mère, une Hohenzollern-Hechingen, il possède un parfait pedigree de prince germanique.

En 1695, à l’âge de treize ans, il fait donc son entrée parmi les vingt-quatre comtes-chanoines du Grand Chapitre de Strasbourg.

En 1722, au moment de l’abdication de Jean-Ernest de Loewenstein, évêque de Tournai, il profite de la nouvelle règle édictée par Louis XIV, qui réserve la dignité de grand doyen à un Français, pour se faire élire.

Il reprend aussitôt le projet de construction d’un splendide hôtel en lieu et place de la bâtisse médiévale destinée au logement du doyen. Conçu “à la française”, entre cour et jardin, ce bâtiment constitue le premier édifice d’une série qui donnera, entre autres, le palais des Rohan et la mairie.

Le Grand Doyen de La Tour d’Auvergne a hélas peu le temps d’en profiter. Il meurt le 4 avril 1732, alors que son hôtel, devenu aujourd’hui la résidence épiscopale, n’est pas entièrement achevé ».

B. 1722-1733. Construction de l’Hôtel du Grand-Doyenné, devenu plus tard le Palais épiscopal, ou Archevêché, 3 rue du Parchemin et 16 rue Brûlée, Strasbourg. Source 2. Citations d’Archi Wiki, Architecte Malo Auguste Saussard.

Mano Auguste Saussard, né à Paris vers 1690 et mort après 1737, sans que la date et le lieu de son décès aient pu être précisés. Il était fils d’un suisse au service du duc d’Antin.

A partir de 1712, il fut élève de l’Académie royale de Paris. Il fut admis à l’Académie de France à Rome en 1716, où il se fit remarquer dès 1717 par la création de parterres pour la villa Borghèse à Frascati.

En 1721, il obtint un congé pour se mettre à la disposition du prince Frédéric-Constantin de la Tour d’Auvergne, grand doyen du chapitre de la cathédrale de Strasbourg.

De 1722 à 1728, il construisit à Strasbourg l’Hôtel du Grand Doyenné, aujourd’hui Archevêché, la première des demeures dans le style parisien de Robert de Cotte, qui a participé à l’élaboration des plans. Parallèlement, il éleva le magasin à grains voisin (1722). Quelques années plus tard, il fut chargé de l’entreprise de maçonnerie du Palais Rohan.

En 1734, il signa un projet d’aménagement du chœur de la cathédrale.

Il acquit le droit de bourgeoisie à Strasbourg en 1726 et fut élu échevin de la tribu des Maçons en 1729. En 1737, il disparaît des listes officielles, ce qui signifie, soit son décès, soit son départ ».

Source 2bis. Citations d’archi wiki : construction de l’Ancien Hôtel du Grand-Doyenné.

« D’après le dictionnaire historique des rues de Strasbourg, cet hôtel est le premier construit dans le style d’une demeure parisienne pour le prince de Turenne, Frédéric-Constantin de la Tour d’Auvergne (1682-1732).

La façade est de style Régence, avec un archaïsme dans l’utilisation de tuiles en queue de castor.

On apprend dans l’ouvrage Panorama Monumental que l’édifice est dû à l’architecte exécutant Malo Auguste Saussard, architecte des bâtiments du Roi et ancien élève de l’Académie de France à Rome, et à l’entrepreneur Arnaud Lagardelle.

L’ouvrage précédemment cité ajoute même qu’il est probable que les extérieurs soient de Robert de Cotte, Premier Architecte du Roi. Cet architecte ayant été consulté sur les intérieurs et le jardin. Il a en effet été consulté pour les trois cheminées des salons, et a donné des conseils à l’architecte Saussard pour le lambrissage des salons et le perron avec l’escalier extérieur. Et de conclure : Les belles proportions de l’édifice, sa calme simplicité, portent en tout cas la marque de son influence.

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J. Massol (1706-1771), architecte

1. Brève biographie de Joseph Massol. Source : citations de l’article de Wikipédia

« Joseph Massol, architecte français né en 1706 et mort en 1771. Il est l’auteur de nombreux bâtiments strasbourgeois. Il a notamment continué les travaux de Robert de Cotte au palais épiscopal de Strasbourg entre 1728 et 1729 avec le titre d’Architecte de l’Évêque et du Grand Chapitre de la Cathédrale.

Il réalise les plans de l’Hôtel de Klinglin pour le compte du prévôt royal François-Joseph de Klinglin. Ce dernier, mécontent du projet confie la réalisation du bâtiment à l’architecte de la ville Jean-Pierre Pflug. On estime cependant que celui-ci s’est inspiré des plans de Massol qui réalisera lui-même, en 1758, une aile, dite de l’intendance, au bâtiment initial ainsi que le portail d’entrée (rue Brulée) ».

2. Histoire de la Maison du 36 rue des juifs, reconstruite à neuf en 1751 par Joseph Massol. Source : citations de l’article de Maisons de Strasbourg.

Diaporama de 12 photos (Pierre Dubois, septembre 2021).

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« 1677. Le Grand Chœur du Grand Chapitre vend au remueur de grains Jean Georges Merckel la maison qui comprend un bâtiment avant et un bâtiment arrière.

1700. Le préteur royal Ulric Obrecht l’achète en même temps que plusieurs maisons dans le voisinage qui reviennent à la veuve de Georges Geoffroi de Rathsamhausen à la Pierre.

1748. La maison appartient ensuite au maître maçon Jean Nicolas Gœbel puis à la femme de l’entrepreneur du Roi Guillaume Bernard qui commence à y faire faire des travaux. Elle s’endette auprès de l’architecte de l’évêché Joseph Massol qui achète la maison en 1748, avec l’autorisation des Conseillers et des Vingt-et-Un puisqu’il n’est pas bourgeois de Strasbourg.

1751. Il est autorisé à y établir un balcon quand il la fait reconstruire à neuf en 1751 dans le goût de l’époque par un entrepreneur qui reste inconnu.

1752. Les travaux intérieurs se poursuivent. Un litige apprend en effet que les plâtriers ne sont pas sous l’autorité d’un maître, Georges Michel Müller qu’ils citent démentant les avoir engagés. Les contrôleurs des maçons constatent que les compagnons plâtriers Joseph Sébastien Kuntzelmann et Joseph Pschutt travaillent dans la maison de l’architecte Massol sans être sous l’autorité d’un maître. Ils répondent que leur associé Joseph Zieger leur a demandé de faire ce travail et qu’ils croient que Massol a passé commande au maître maçon Georges Michel. Celui-ci dément avoir engagé les défendeurs ou leur associé. Le conseil des maçons condamne chacun des ouvriers à une amende.

La maison estimée 800 livres strasbourgeoises en 1740 passe à 2 250 livres à la mort de Joseph Masso en 1771.

Elle appartient ensuite au médecin Augustin Meinrad Lachausse (1773-1793), à l’aubergiste (1793-1823) Jacques Donat Kimmich puis aux manufacturiers Gau des Voves avant de revenir à des veuves d’officiers (le chef d’escadron Antoine Martin Hirn, le maréchal de camp Georges Adolphe Bœrner) ».

Caractéristiques de la maison. « La façade parementée comporte des chaînes à refends, trois travées de baies et un avant-corps central.

Le linteau légèrement arqué des fenêtres du deuxième étage ressortit au style en vogue. Les linteaux arrondis au troisième étage, les linteaux droits au premier étage et l’ondulation qui surmonte la fenêtre du balcon seront ensuite repris sur d’autres édifices.

La porte est la seule ouverture d’origine à subsister au rez-de-chaussée.

La fenêtre du balcon est surmontée d’un mascaron représentant Minerve ».

Récapitulatif des propriétaires au 18ème siècle

1677. Grand Chœur du Grand Chapitre
Jean Georges Merckel, remueur de grains, et Anne Dorothée Acker
1700. Ulric Obrecht, docteur en droit, préteur royal, et (1671) Anne Marie Bœckler
1705. Anne Eléonore de Venningen femme (1672) de Georges Geoffroi de Rathsamhausen à la Pierre
1739. Louise de Rathsamhausen à la Pierre, femme de Joseph Bibereck baron de Reding, puis Anne François Davy de la Pailleterie, capitaine de cavalerie
1740. Jean Nicolas Gœbel, maître maçon, et Catherine Thérèse Villinger puis (1738) Marie Hélène Schiller
1741. Jean Michel Guth, maître maçon, et (1741) Marie Hélène Schiller, veuve de Jean Nicolas Gœbel
1745. Marie Elisabeth Brunelot dit Duchemin et (1745) Guillaume Bernard, entrepreneur des hôpitaux royaux en Flandres, veuf de Barbe Lombard
1748. Joseph Massol, architecte, et Marie Louise Rely, manants
1773. Marguerite Madeleine Kugler
1773. Augustin Meinrad Lachausse, médecin, et Marie Thérèse Françoise Josephe Walburge Carové
1793. Jacques Donat Kimmich, aubergiste, et (1761) Marguerite Elisabeth Hebenstreith

3. Biographie plus détaillée. Source : citations de la rubrique d’Archi-Wiki.

« Joseph Massol est né le 15.10.1700 à Avignon, fils de Guillaume Massol, maître maçon, et de Marie Blanchette. Il a été baptisé en l’église Saint-Pierre d’Avignon le 16.10.1700. Il se marie en 1725 à Paris avec Marie Louise Relly, qui lui survit, et dont il a eu 2 fils, qui lui survivent. Il est décédé le 12.3.1771 à Strasbourg. Le décès est enregistré dans les registres de Saint-Etienne, mais il a été inhumé dans l’église Saint-Antoine (donc le couvent des Antonins).

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Restaurer le portail Saint-Laurent

Journées européennes du Patrimoine, Strasbourg, Cathédrale Notre Dame, Le portail Saint-Laurent, Samedi 18 septembre 2021.

Visite du chantier de conservation-restauration (2020-2024). Montée dans les échafaudages. Explications fournies par Alexandre Cojannot conservateur à la DRAC, Frédéric Degenève tailleur de pierre et responsable des ateliers de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, Aymeric Zabollone tailleur de pierre et chargé des études, et il y avait aussi Nicolas Eberhardt tailleur de pierre et appareilleur. La voûte en béton recouvert de plomb n’est évidemment pas d’origine et pose bien des problèmes ; le béton n’est pas l’ami du grès !

Source écrite : larges extraits du dossier de l’Œuvre Notre-Dame.

48 photos de Pierre Dubois (19 septembre) : monter sur le toit du portail (diaporama de 24 photos), dessin du portail et statues du musée de l’œuvre Notre Dame (diaporama de 24 photos).

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« La façade de l’ancienne chapelle Saint-Laurent, dite portail Saint-Laurent, située sur le côté nord de la cathédrale, est érigée entre 1494 et 1505 sous la direction du maître d’œuvre Jacques de Landshut. Ce chef-d’œuvre est un parfait exemple de l’art gothique flamboyant où s’entremêlent prouesses techniques et artistiques.

L’Œuvre Notre-Dame, Loge Suprême du Saint Empire Romain Germanique depuis 1459, est au sommet de sa notoriété grâce à l’achèvement de la flèche de la cathédrale, vingt ans plus tôt. Elle fait notamment appel à deux sculpteurs de renom Conrad Sifer et Jean d’Aix-la-Chapelle qui réaliseront le programme iconographique du portail Saint-Laurent.

Ce programme est consacré au martyre de saint Laurent, le saint patron de la paroisse du même nom dont l’ancienne chapelle paroissiale était située dans l’aile nord du transept de la cathédrale.

L’iconographie des contreforts reflète en partie celle de l’ancien portail du transept nord avec la représentation de la Vierge à l’Enfant, entourée des trois Rois mages (détruit lors de la Révolution).

  • Le contrefort est du portail présente ainsi la Vierge à l’Enfant et les trois Rois mages, accompagnés d’un serviteur Maureé.
  • Le contrefort ouest du portail figure aujourd’hui saint Laurent, accompagné du pape Sixte, saint Étienne, saint Jacques et saint Maurice. Le dessin conservé au Musée de l’œuvre depuis plus de cinq siècles (ci-dessous) figure effectivement saint Laurent, mais les saintes femmes sont disparues. Qui a pris la décision de substitution?

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1790, Nantes. Palais de la Bourse

1790, Nantes. Palais de la Bourse. Source 1. Visite guidée pédestre dans le cadre de la croisière CroisiEurope sur la Loire (chroniques précédentes) et larges extraits de l’article de Wikipédia.

Diaporama de 17 photos de deux édifices néo-classiques de la fin du 18ème : le Théâtre Graslin et le Palais de la Bourse.

« 1641. Premier palais de la Bourse. Le bureau de la ville, dont le maire est alors Pierre Poullain de la Vincendière, décide de faire construire une bourse de commerce. La réalisation en est confiée à Hélie Brosset.

1686. Il est déjà question de remplacer l’édifice, dont la qualité laisse à désirer. Au début du XVIIIe siècle, le bâtiment menace ruine.

1718. La démolition est décrétée.

1722-1724. La commande de construction d’une nouvelle Bourse est effectuée. L’ingénieur du roi David Delafond en établit le projet, et l’architecte Jean Laillaud obtient l’adjudication. L’ancien ouvrage est détruit en 1723, et les travaux commencent en 1724.

Pendant les travaux, le maire, Gérard Mellier, met à disposition des commerçants le Jeu de boules du Bouvet qui est une halle plus longue que l’ancienne Bourse, et où les commerçants qui la fréquentent se plaisent. La nouvelle Bourse est implantée en bord de Loire, pour satisfaire les propriétaires des immeubles dont la vue risquerait d’être gênée par le bâtiment. Celui-ci est installé, en partie, sur pilotis. La chapelle Saint-Julien est incluse dans ce nouveau palais de la Bourse, qui est apprécié, et où se tiennent, outre son activité principale, des réunions, la plus prestigieuse étant celle des États de Bretagne, en 1764.

1725-1734. Le Pont de la Bourse, qui relie la partie est du quai à l’île Feydeau, dont le lotissement à destination des plus fortunés de la ville est lancé par Gérard Mellier, est construit en 1725. Mais l’ouvrage s’écroule en juillet 1729 et doit être reconstruit par Jean Laillaud entre 1731 et 1734. Il s’appelle alors le Pont Feydeau jusqu’à son remplacement en 1869.

1736. La nature du sol, instable à cause de la vase sur laquelle les remblais ont été déposés, menace de faire s’écrouler Le palais de la Bourse. Jean Laillaud en est réduit, dès 1736, à venir la nuit pour reboucher les fissures.

1769. Le bâtiment est finalement détruit.

1767. Après l’évacuation du bâtiment, devenu dangereux, Jean-Baptiste Ceineray, devenu architecte de la ville, répond à la demande des négociants de construire un bâtiment provisoire. C’est donc dans une loge en bois, située place de la Petite-Hollande, qu’ils sont installés. Puis Ceineray propose successivement trois plans pour la reconstruction d’une Bourse de commerce à Nantes.

1790. C’est finalement son successeur, Mathurin Crucy, un architecte nantais qui a fait ses preuves en dressant les plans du théâtre Graslin et de la place Royale, qui est sollicité pour construire le bâtiment. Celui-ci est commencé le 1er juillet. C’est la 3ème bourse de Nantes.

1792-1799. La construction de la Bourse s’interrompt dans les premières années de la Révolution, la municipalité ne disposant alors plus des fonds nécessaires à la poursuite du projet. Seul le gros œuvre est achevé, et sans toiture l’édifice est inutilisable. La loge en bois de la place de la Petite-Hollande n’ayant pas été conçue pour durer aussi longtemps, la mairie, propose aux négociants d’installer la Bourse sous le péristyle du théâtre Graslin, puis, devant le mécontentement des intéressés, dans la Salle haute de la halle au blé en 1795, puis de nouveau sur la place de la Petite-Hollande en 1799″.

1815. Achèvement du Palais de la Bourse.

Pour aller plus loin : liste des Architectes ayant exercé à Nantes au XVIIIéme.

Source 2. Statues du Palais de la Bourse, larges extraits de Nantes Patrimoine, 22 juillet 2021.

« Le Palais Crucy est un monument rectangulaire de style néo-grec. La façade ouest (côté jardin) est constituée d’un portique d’ordre ionique composé de dix colonnes ornées de statues allégoriques. Ces statues, placées en 1812, mesuraient six pieds de hauteur (soit environ deux mètres) et ont été réalisées par Jean-Baptiste-Joseph Debay père. Dès la fin du 19e siècle, suite aux travaux d’agrandissement de la Bourse, des copies ornent la façade.

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1788, Nantes. Le Théâtre Graslin

Nantes, 1788. Inauguration du Théâtre Graslin. Sources. Visite guidée pédestre dans le cadre de la croisière CroisiEurope sur la Loire (chroniques précédentes) et larges extraits de l’article de Wikipédia.

Diaporama de 17 photos de deux édifices néo-classiques de la fin du 18ème : le Théâtre Graslin et le Palais de la Bourse.

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« Au XVIIIe siècle, le commerce nantais est florissant. De nombreux armateurs s’enrichissent, notamment par la traite négrière. Cet enrichissement des négociants nantais entraîne la construction d’hôtel particuliers et de bâtiments publics. Pour pouvoir réaliser ces projets, des opérations immobilières sont menées. La plus spectaculaire est la réalisation de l’île Feydeau. Après des débuts difficiles, cette opération démontre la possibilité de faire des profits sur la vente de biens immobiliers.

1760. À partir de la nomination de Jean-Baptiste Ceineray comme architecte-voyer, en 1760, la transformation de la ville s’accélère. Le problème principal est le manque de place.

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1727. Le Théâtre des Variétés possède une salle jugée trop petite, et l’académie de musique, fondée par le maire Gérard Mellier en 1727, ne dispose pas de lieu approprié pour donner ses concerts. La demande est donc forte pour la construction d’une nouvelle salle de spectacle.

1755. L’architecte Pierre Vigné de Vigny envisage la construction de ce type d’équipement à la place d’une halle au blé et aux poissons. Ceineray conçoit d’édifier une salle de spectacle et une salle de concert tout d’abord au sud de la place Royale alors en projet. Mais à chaque fois, le manque d’espace disponible empêche la réalisation des projets.

1758. Jean-Joseph-Louis Graslin (1728-1790) n’avait encore que trente ans, quand il acheta, en 1758, du titulaire lui-même la charge de Receveur général des fermes du roi à Nantes, fonctions qu’il devait exercer avec intégrité jusqu’à sa mort.  

À la fin des années 1770, receveur général des fermes du roi, il décide de financer une opération immobilière privée d’envergure, dans un but spéculatif. Il achète des terres agricoles afin d’y faire construire des hôtels particuliers et de rapport dans le but de les revendre. Pour en augmenter la valeur, il compte les desservir par des voies publiques de qualité, le long desquelles seront implantés des bâtiments publics de prestige, destinés à attirer la fraction la plus fortunée de la population. L’ouverture et l’attraction d’une salle de spectacle de prestige ont suffi à déplacer le centre de gravité de la ville vers le nouveau quartier (rive droite de la Loire).

1780. Jean-Joseph-Louis Graslin confie à Mathurin Crucy (1749-1826) la mission de dresser le plan de la salle de spectacles. L’architecte, plus au fait des nouveautés en matière de construction de ce type de bâtiments, œuvre dans une optique plus moderne que son prédécesseur Jean-Baptiste Ceineray.

Le modèle en vogue à l’époque où Crucy conçoit ses plans est celui de l’opéra de Lyon, réalisé par Jacques-Germain Soufflot entre 1753 et 1756. Lorsqu’il prend en main la conception du théâtre, en 1780, d’autres nouvelles salles marquent cette époque : le Grand Théâtre de Bordeaux, inauguré cette année-là ; le théâtre de l’Odéon, en construction, inauguré en 1782 ; le lancement de l’aménagement du théâtre du Palais-Royal, inauguré en 1784 ; et enfin le théâtre de Besançon, commencé en 1778 et inauguré en 1784 (Claude-Nicolas Ledoux, Théâtre de Besançon : chronique et photos du blog).

L’aménagement intérieur est guidé par des considérations liées à la visibilité et à l’acoustique. Les références des architectes français sont italiennes, Par contre, Crucy choisit un plafond en coupole et des loges non pas fermées, comme le modèle italien, mais seulement séparées par des cloisons s’arrêtant à hauteur d’appui.

1783-1785. Jean-Joseph-Louis Graslin fait procéder aux excavations et nivellement pour permettre l’installation des fondations, anticipant l’accord du bureau de la ville et celui de l’Académie royale d’architecture, qui sont obtenus en septembre 1784. L’accord de construction est donné en février 1785. La durée prévue des travaux est alors de 18 mois ; ils vont durer quatre ans.

Durant cette période, les conflits d’intérêt entre Graslin, Crucy, le bureau de la ville et les entrepreneurs sont nombreux. Une des principales causes de ces heurts est la volonté d’économie de la ville… Les conflits financiers sont également nombreux, Graslin ayant du mal à obtenir les remboursements de frais qu’il avait engagés pour accélérer l’avancement des travaux.

1784. Le budget estimé par Crucy, 263 233 livres, est énorme, et la capacité financière du promoteur et de la ville ne suffisent pas : il faut recourir à un emprunt, autorisé par le Roi en mars 1784, et à un appel aux dons. Mais le devis initial ne tenait compte que du gros-œuvre : il fallait ajouter le décor de la salle, les sculptures, le décor de scène, les machineries… Le dépassement du budget provoque tensions et retards.

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