Archives de Catégorie: E. Ingénierie, Architecture

1764-1770. Échec du plan Blondel

Strasbourg, 1764-1770. Le pourquoi du Plan Blondel ? Le pourquoi de son échec? Source 1 : citations de la notice sur Jacques-François Blondel dans Alsace-Histoire.org.

« Appelé à Strasbourg pour deux semaines en août 1762 pour étudier les problèmes de la reconstruction de la tour de croisée de la cathédrale détruite par la foudre en 1759, Jacques-François Blondel intervint également dans la décoration du chœur de l’édifice, réalisée sous la direction de J. Massol, et notamment en automne 1765 en ce qui concerne le remaniement du dessin de la grande grille de ferronnerie exécutée par J.-B. Pertois.

Grâce aux appuis conjugués de Marigny, du duc de Choiseul, premier ministre de Louis XV, et du préteur royal Gayot, Blondel fut nommé, le 2 juin 1764, architecte chargé de proposer un plan général d’embellissement de Strasbourg. Il  séjourna trois semaines à Strasbourg à partir du 18 juin 1764, puis revint en septembre en proposant un premier plan accepté par la ville, mais rejeté en 1765 par Choiseul qui le jugea décevant.

 Il fit un nouveau séjour à Strasbourg de juin à septembre 1765 pour élaborer un deuxième plan, approuvé officiellement par la ville le 19 octobre suivant, puis par Choiseul en avril 1766, avec de nombreux amendements.

Le plan comportait essentiellement la régularisation de la place d’Armes (actuelle place Kléber), la construction d’un nouvel hôtel de ville sur la future place royale (actuelle place Gutenberg), le redressement d’un grand nombre d’alignements dans les vieilles rues de la ville et la construction de nouvelles casernes ».

J-F. Blondel, Hôtel de Ville de Strasbourg, projet de la façade latérale, 1765, dessin à l’encre, lavis couleur, Archives municipales, Strasbourg

« Début des travaux de la place d’Armes au printemps 1766 par le bâtiment de l’Aubette, achevé au cours de l’été 1767 (chronique à suivre sur l’Aubette – photo ci-dessous).

Approbation royale officielle du plan de Blondel en 1768, mais arrêt des travaux dès 1770« .

Publication en 1771 du Cours d’architecture civile où figurent les plans pour Strasbourg. Élaboration enfin d’un dernier ouvrage, l’Homme du monde éclairé par les arts, qui parut au printemps 1774, trois mois après la mort de l’architecte.

Source 2. Jörg Garms, Le plan d’urbanisme de Strasbourg dressé par Jacques-François Blondel en 1764-1769, Cahiers Alsaciens d’Architecture d’Art et d’Histoire, tome XXI, 1978, pp. 103-141, larges extraits de l’article Blondel dans Maisons de Strasbourg.

« Le 10 avril 1764, le Magistrat de Strasbourg s’adresse au duc de Choiseul pour le prier de « lui nommer un architecte habile » qui puisse dresser un « plan invariable de la ville ». C’est le préteur royal Gayot qui a fait savoir, peu de temps auparavant au Magistrat, le désir du premier ministre de se voir adresser une telle demande. La réponse était donc toute prête et c’est Jacques François Blondel qui est désigné.

Théoricien célèbre pour son enseignement, âgé alors de quarante-sept ans, Blondel a pourtant encore peu de réalisations à son actif. Mais il vient justement de diriger de 1761 à 1764, à la demande du maréchal d’Estrées, l’aménagement des abords de la cathédrale de Metz et des édifices publics qui l’entourent.

Rapidement dressé, approuvé par le Magistrat dès octobre 1765 puis par Choiseul en avril 1766, ce plan de rénovation urbaine devait rapidement rencontrer des difficultés de toute sorte et surtout des oppositions, de sorte qu’en 1774, à la mort de son auteur, il est pratiquement abandonné, tout en restant de longues années encore, le document auquel se réfèrent les architectes successifs de la ville, lorsqu’ils doivent prévoir des aménagements.

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1720-1730. Maison au blaireau

La place du Marché-aux-Poissons est une place du centre de Strasbourg, située au bord de l’Ill, au pied de la cathédrale et à proximité immédiate du Palais Rohan.

Selon Adolphe Seyboth (1890), l’emplacement aurait successivement été désigné ainsi : Holzmerket, Forum lignorum (1240, 1350, 1466, 1587), Holzstaden (1600), Krautmarkt (1672, 1680), marché aux herbes (1680), marché aux choux (1765, 1771), nouveau marché aux poissons (1812, 1815), place du blaireau (1820), Dachsstaden (1820), place de la halle au poisson (1815).

n°2 : Cette maison dite Au blaireau se situe sur l’emplacement d’une construction mentionnée au XIIIe siècle sous le nom de Domus ad nasum in aqua (la maison au nez dans l’eau), renommée Zum langen Nasen (au long nez) au 18ème siècle.

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Les encadrements et moulurations des fenêtres du premier étage témoignent de survivances Renaissance, auxquelles se sont ajoutées quelques innovations, telles que les fenêtres cintrées du second étage et le toit à la Mansart.

no3 : Ancienne maison d’artisan, elle a probablement été reconstruite au 18ème siècle, mais conserve des réminiscences de la Renaissance, tel l’encorbellement supporté par une console ornée d’un masque dans un décor végétal, à l’angle de la rue du Dévidoir.

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18ème. Thionville en Luxembourg

A. 1659-1790. Thionville, capitale du Luxembourg français. Source : citations de l’article de Wikipédia

  • B. Les gouverneurs militaires de Thionville au 18ème siècle
  • C. Les fortifications de la citadelle aux 17ème et 18ème siècles

« Prise par le prince de Condé en 1643, la ville est cédée à la France par le traité des Pyrénées, qui consacre la défaite de l’Espagne (1659). Thionville devint alors la capitale du Luxembourg français, tout en étant réunie à la province des Trois-Évêchés (Évêché de Metz).

Les Français reprennent aussitôt les travaux de fortifications de la cité et Thionville devient, à la suite d’un édit de novembre 1661, le siège d’un bailliage rattaché au parlement de Metz et régi par la coutume de Luxembourg. La ville connaît alors une période de prospérité. Le nombre des communautés comprises dans le bailliage de Thionville était de 120 (ou 143 avec la seigneurie de Rodemack).

Thionville était le siège d’un archiprêtré faisant partie de l’archidiaconé de Marsal, auquel appartenaient environ 23 paroisses.

En 1790, la ville devient le chef-lieu d’un district qui comprend neuf cantons.

En 1792, la ville est assiégée par les troupes autrichiennes, renforcées par des bataillons de français émigrés, dont fait partie François-René de Chateaubriand. Les victoires et les annexions françaises ôtent à Thionville son rôle de ville frontalière et son importance stratégique.

B. 1643-1790. Les gouverneurs militaires de Thionville, Source : extraits du blog de Michel Persin, Histoire de Thionville, novembre 2020.

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Les gouverneurs de Thionville n’étaient pas des gouverneurs généraux mais des gouverneurs particuliers. Ils gouvernaient des places, en l’occurrence ici la citadelle de Thionville.

  • Lire la chronique du 24 mars 2021. Gouverneur général ou particulier. La chronique de ce jour fait en effet partie d’une série sur l’Administration du Royaume au 18ème siècle.
  • Les gouvernements généraux et particuliers (source Wikipédia) étaient des circonscriptions militaires de l’Ancien Régime : chacune constituait une portion du royaume de France soumise à l’administration militaire avec à sa tête un gouverneur nommé par le roi.
  • Selon l’ordonnance de 1499, le gouverneur avait pour mission de tenir le pays à eux commis en sûreté, le garder de pillerie et visiter les places et forteresses.
  • Jusqu’au 16ème siècle, il n’existait que 12 gouvernements, mais par suite de démembrements ce nombre s’éleva jusqu’à une quarantaine.

Lire la suite, page 2…

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Metz Cathédrale, portails gothiques

Cathédrale de Metz, deux portails gothiques dédiés au Christ et à la Vierge. Suite de la chronique sur le portail classique de Blondel (1766), démonté à la fin du 19ème pour être remplacé par le portail gothique de Tornow, dédié au Christ.

Trois pages pour cette chronique.

Le portail de la Vierge. Cliquer sur les images pour les agrandir

Page 1. La Cathédrale unifiée et unique. Sources. P-E Wagner, Metz, Cathédrale Saint-Étienne, Éditions du Patrimoine. Cathédrale de Metz. Histoire, Architecture (Wikipédia). René Bour, Histoire de Metz (la cathédrale, pages 102 à 106), Éditions Serpenoise, 2007.

La cathédrale est unifiée : elle est de style gothique, de plan basilical classique, construite en pierre de Jaumont, pierre calcaire blonde. Unifiée car les différentes phases de construction, puis de restauration ont toujours respecté et globalement maintenu le projet originel de la première moitié du 13ème siècle.

Elle est unique parce qu’elle a un plan tout à fait bizarre. Elle possède deux tours (la tour de Mutte et la tour du Chapitre), mais celles-ci ne bordent pas la façade occidentale : de hauteurs inégales, elles sont situées de part et d’autre de la nef en son milieu. Elle possède plusieurs portails, mais deux d’entre eux (le portail du Christ et le portail de la Vierge) sont presque mitoyens. Des contreforts stabilisent les murs de la nef et du chevet, mais il n’est pas recouru aux arcs-boutants pour la façade sud jusqu’au transept…

Deux raisons principales pour rendre compte de l’unicité de la cathédrale de Metz. Les bâtisseurs du monument gothique ont dû composer avec l’existant : préexistaient la cathédrale romane ottonienne et la collégiale Notre-Dame-la-Ronde (les 3 premières travées de la nef). Le mur qui la séparait de la cathédrale n’a pas été détruit tout de suite.

L’autre raison principale de l’unicité est liée à la succession de plusieurs périodes de construction. Première campagne (1237-1380) : construction de la nef et reconstruction, dans le style gothique, de la collégiale Notre-Dame-la-Ronde. Deuxième campagne (1440-1552) : destruction puis reconstruction du transept et du chœur ottoniens. Troisième grande campagne : la refonte néogothique (1874-1903). Les derniers ajouts de Blondel (portail de 1764) sont détruits en 1898, pour faire place à un portail de style néogothique inauguré en 1903 par l’empereur Guillaume II, sous la direction de l’architecte Paul Tornow. Les sculptures, sur le tympan du portique, représentent le Jugement dernier« .

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1766. Metz. Le portail de Blondel

Cathédrale de Metz. Le portail occidental de Blondel (1764-1766). Suite des chroniques sur Metz au 18ème siècle.

1766. Jacques-François Blondel, architecte du roi, a terminé le portail occidental de la cathédrale de Metz, portail de style classique. Des photos du début du 20ème siècle en montrent l’état : un portail triste car noirci par presque un siècle et demi de pollution.

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1903. L’œuvre de Blondel est démontée et remplacée par un portail néo-gothique, conçu par Paul Tornow (1848-1921).

Diaporama de 25 photos prises dans les expositions 2018 à Paris et à Metz ou extraites de Jacques-François Blondel, Architecte des Lumières à Metz, Connaissance des Arts, hors série, 2018.

A. La cathédrale Saint-Étienne. Source 1 : extrait de Coupefilart.

« Symbole de toute une ville, la cathédrale Saint-Étienne se dresse fièrement depuis plus de sept siècles au centre de Metz. Avec des voûtes culminant à 42 mètres, cet impressionnant vaisseau en pierre est l’un des plus hauts édifices gothiques de France.

Jusqu’au milieu du 18ème siècle, la bâtisse ne possède cependant pas d’entrée principale sur sa façade occidentale. Différentes campagnes d’agrandissement l’ont fait rencontrer d’autres édifices, notamment l’église Notre-Dame la Ronde. Après l’absorption de cette église par le géant de pierre, l’entrée se fait côté sud, par un modeste portail, le massif occidental se heurtant toujours à d’autres édifices ».

B. Le portail de Blondel (1764-1766). Source 2 : extrait du Républicain Lorrain, juin 2017.

« Après ses victoires en Flandre, le roi Louis XV voulant rejoindre l’armée d’Alsace, dont la région est envahie par les impériaux, sous la conduite du duc Charles V de Lorraine, se rend à Metz, le 4 août 1744 ; il ne doit y rester que quelques jours.

Dans la nuit du 7 au 8 août, le roi tombe malade et se plaint de douleurs au ventre et de maux de tête violents. La maladie empire et l’on craint une issue fatale. Aussi, le 13 août, Louis XV, afin de recevoir les derniers sacrements, doit se séparer de sa maîtresse, Marie-Anne de Mailly-Nesle, marquise de la Tournelle, duchesse de Châteauroux. Il la prie de quitter Metz pour se réfugier à Autun.

Quelques jours plus tard, le roi se remet. Rapidement.

On décide alors de construire un nouveau portail à la cathédrale pour célébrer sa guérison. L’architecte parisien Jacques-François Blondel, membre de l’Académie royale et professeur réputé, vient à Metz le 2 septembre 1761 ; il y reste dix-neuf jours, afin de lever des plans et d’établir des projets (hôtel de ville, arcades le long de la cathédrale, portail).

Au sujet du nouveau portail, Jacques-François Blondel explique, dans son cours d’architecture : En 1764, lorsque nous fûmes chargés de faire ouvrir une porte principale, à la cathédrale de Metz, nous proposâmes de faire un portail d’un dessin gothique ; mais, comme ce monument a une très grande élévation, on hésita de faire cette dépense, et l’on se détermina d’y faire un portique, et de pratiquer une place au devant, prise dans le terrain de l’Évêché, qui, anciennement, masquait le frontispice de la cathédrale.

Nous fûmes alors obligés de renoncer à cette idée, mais nous composâmes une ordonnance dorique, qui, régulière dans son entablement, offrit, néanmoins, une composition analogue, en quelque sorte, avec la partie supérieure de cet ancien édifice : on en trouvera le dessin dans les volumes suivants, où nous rendrons compte des moyens dont nous nous sommes servis pour concilier ce nouveau genre d’architecture avec l’ancien gothique, aussi bien qu’avec la fabrique des bâtiments qui doivent l’environner, tels que le Parlement et le Palais épiscopal de Metz qui s’exécutent aussi sur nos dessins.

Le porche du nouveau portail est divisé verticalement en trois parties.

Des colonnes cannelées encadrent la porte et soutiennent un entablement dorique. Un double rang de feuilles d’acanthe orne leurs chapiteaux.

Sur l’architrave basse, surmontée d’une frise décorée de triglyphes et de métopes, se trouve une inscription commémorant la maladie et la guérison du roi Louis XV à Metz.

Dans les niches latérales du porche, se trouvent, à gauche, la statue de la France et, à droite, celle de la Religion. Elles sont l’œuvre de Pierre-François Le Roy.

Les travaux sont terminés au cours de l’été 1766″.

C. Le portail néogothique de Paul Tornow. Source 3. Extrait du catalogue de l’exposition de la Cité de l’architecture (2018).

Démontage du portail de Blondel

« Le portail élevé en 1764 par Jacques-François Blondel est remplacé par le portail néo-gothique, inauguré en 1903. Les photographies et documents rassemblés dans l’exposition retracent l’histoire de cette transformation ; ils soulignent aussi la manière dont les deux portails ont chacun servi de support à la manifestation et à l’expression du pouvoir politique. Le roi Louis XV tout d’abord, à qui l’œuvre de Jacques-François Blondel rendait hommage ; Guillaume II ensuite, kaiser du Second Reich immortalisé sous le traits du prophète Daniel sur le portail néo-gothique conçu par son architecte, Paul Tornow (1848-1921).

La massivité et la dissonance du vocabulaire classique du portique élevé par Jacques-François Blondel avec le style gothique de la cathédrale, maintes fois décriées dès le début du 19ème siècle, ont certainement contribué à cette métamorphose.

Cependant, dans le contexte de l’annexion de l’Alsace-Moselle par la Prusse, son démantèlement au profit du portail néo-gothique de Paul Tornow invite aussi à interroger la portée politique du geste architectural : entre francisation et germanisation d’un territoire, le nouveau pouvoir n’a-t-il pas tenté de faire disparaître les traces d’un certain passé pour inscrire sa propre histoire ? ».

Lire la suite page 2…

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Metz. Blondel, le palais épiscopal

Metz. Blondel et le palais épiscopal inachevé. Suite des chroniques sur Metz au 18ème siècle.

En 1738, le centre historique de Metz est occupé par l’Église : la cathédrale avec son chapitre et son jardin, l’évêché et sa cour d’entrée, les maisons des chanoines. Il ne faut pas oublier que Metz avait longtemps été gouverné par un Prince-Évêque.

Mais déjà le gouverneur Belle-Isle, à Metz depuis 1727, veut moderniser, embellir et laïciser cet espace sis sur le promontoire naturel qui domine la Moselle.

Centre historique en 1738. Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Diaporama de 16 photos (Pierre Dubois, juillet 2020).

Source 1 : extrait de Jacques-François Blondel, Architecte des Lumières à Metz, Connaissance des Arts, hors série, 2018.

« Entre 1761 et 1771, le projet pensé par Jacques-François Blondel prend forme : trois places, un nouvel  hôtel de ville, un nouveau parlement, un nouvel évêché sortent de terre. Surtout, la cathédrale reçoit un portique monumental, souvenir de la maladie et de la guérison du roi à Metz en 1744, épisode clé de la guerre de succession d’Autriche.

C’est un ensemble urbain remarquable, rationnel et surtout d’envergure que signe là l’architecte du roi. Conformément à l’esprit d’embellissement des Lumières, ces plans peuvent rivaliser avec les plus belles places du Royaume, que ce soit à Nancy, Bordeaux ou même Paris ».

Blondel. Le portail de la cathédrale, la place d’armes, le palais épiscopal inachevé

Source 2 : extrait de Wikipédia. « La construction d’un nouveau palais pour l’évêque de Metz (il s’agit de Louis-Joseph de Montmorency-Laval) est planifiée dès 1762.

L’architecte en est Jacques-François Blondel. Cependant les retards de financements de l’autorité épiscopale repousseront le début de la construction. La Révolution française interrompt vite les travaux qui n’avaient alors abouti à la sortie de terre que d’un seul niveau d’un édifice devant s’élever sur trois étages. lire la suite page 2

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Metz, la Place d‘armes de Blondel

Source 1 : extraits de WiKipédia.

« La Place d’armes est située entre la cathédrale Saint-Étienne et l’hôtel de Ville. Elle constitue la pièce majeure d’un aménagement urbain caractéristique du 18ème siècle souhaité par le maréchal Belle-Isle et son successeur le maréchal d’Estrées, conçue par Jacques-François Blondel.

Cliquer sur les photos pour les agrandir. Source : Pierre Dubois, juillet 2020

Diaporama de 34 photos (juillet 2020).

La cathédrale gothique, église des évêques, a représenté historiquement le centre spirituel et religieux de la ville qui fut longtemps gouvernée par ses évêques.

Au Moyen Âge, un cloître et de nombreuses églises s’élevaient à l’emplacement actuel de la place d’Armes : Saint-Gorgon et son cimetière, Saint-Pierre-le-Vieux, Saint-Paul, la chapelle des Lorrains et Saint-Pierre-aux-Images. Devant la façade de la cathédrale se dressaient le Palais de l’Évêché, séparés par une cour. Il n’existait donc qu’une petite place devant le portail de la Vierge.

L’aménagement de la place d’Armes est commencé en 1754 par ordre du gouverneur Belle-Isle. Louis XV avait demandé la création d’une place autour de laquelle seraient rassemblés tous les pouvoirs. La place dite de la Grande Église est agrandie en détruisant les églises et le cloître situés sur le flanc gauche de la cathédrale. Le palais des Treize face à la cathédrale est détruit vers 1765. Le nouvel hôtel de Ville est terminé en 1788.

En 1792 lors de la Révolution, la place est dénommée place de la Loi.

La place est ainsi investie d’un rôle représentatif de la ville et de l’exercice des pouvoirs. Sur l’un de ses grands côtés, à l’est, l’Hôtel de Ville dévolu aux autorités municipales est le plus long bâtiment créé par le plan de Blondel. Il fait pendant à la façade de la cathédrale gothique laquelle avait originellement été flanquée d’une galerie basse à arcades, occupée par des officines, assurant l’unité esthétique de la place ».

Source 2 : extraits de Jacques-François Blondel, Architecte des Lumières à Metz, Connaissance des Arts, hors série, 2018.

« Pour l’édifice majeur qui doit orner la nouvelle place d’armes, Blondel tient compte de l’actualité architecturale du milieu du 18ème siècle. L’Hôtel de ville de Metz s’inspire des grandes lignes de l’Hôtel de la Marine construit à Paris à partir de 1757 par le Premier architecte du roi, Ange-Jacques Gabriel. Grand chantier du règne de Louis XV, la place parisienne éponyme passait alors pour un modèle à imiter.

A Metz, les ordres colossaux sont simplement évoqués. La place d’armes, outre un projet jamais abouti de statue équestre vers 1755-1756, présente donc, par la nature de son plan, par l‘élévation de ses façades, mais aussi par la volonté monarchique d’embellir cet espace, toutes les caractéristiques d’une place royale à la française. Chroniques du blog sur les statues équestres de Louis XV« .

Cliquer ici pour accéder à la page 2 de la chronique.

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Belle-Isle : « Metz, ma maîtresse »

Dans la première partie de sa vie, Belle-Isle a construit sa carrière militaire, en commençant par le bas. Dans la guerre de succession de Pologne (1733-1738), il a de plus été un diplomate avisé.

Dès 1733, ses succès militaires ont contribué à le faire nommer Gouverneur de Metz, ville dans laquelle il résidait depuis 1727. En 1740, il reçoit la récompense militaire suprême : il est nommé Maréchal de France. Chronique du blog : Belle-Isle, le vieux maréchal

Gouverneur militaire, il empiète progressivement sur les fonctions de l’Intendant qui, durant la période, est Jean-François de Creil de Bournezeau (1684-1762). Chronique du blog : Intendants de Metz au 18ème siècle

Le nom de Belle-Isle reste comme celui qui a pensé la politique urbaine, a conduit l’extension et l’embellissement de Metz, la consolidation de ses fortifications, l’amélioration des conditions de vie de ses habitants.  On lui attribue cette déclaration : la ville de Metz est ma maîtresse.

Le 18ème siècle messin, tout au moins jusqu’à la Révolution, c’est le développement d’un patrimoine urbain d’exception, accompagnant et permettant l’expansion démographique (liée partiellement à la présence des garnisons militaires) et économique.

Il fut un temps La Lorraine : Metz au 18ème siècle (vidéo de 26 minutes)

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Le Plan Belle-Isle (1738). Source. Extraits de Jacques-François Blondel, Architecte des Lumières à Metz, Connaissance des Arts, hors série, Galerie d’exposition de l’Arsenal de Metz, 2018.

Le plan général des rues de la ville de Metz, dit Plan Belle-Isle, commencé en 1735 et terminé en 1738, est un document presque unique. Par sa taille d’abord – 3,65 mètres par 4,24 mètres, soit près de 16 mètres² -, mais aussi par la nature des renseignements qu’il fournit à propos de la voirie de la cité : nom des propriétaires riverains, largeur des voies, irrégularité des rives, empiètement et obstacles (marches, entrées de caves, bornes, piliers…).

Contrairement à un cadastre, dressé pour des raisons fiscales, le plan Belle-Isle s’apparente plus à un Plan Local d’Urbanisme, outil chargé d’aider les décideurs politiques dans leurs arbitrages quant à l’aménagement de la ville ou du territoire ; c’est sur ce document que Belle-Isle s’appuie pour concevoir et ordonner les embellissements de Metz dans la première moitié du 18ème siècle ».

Belle-Isle pense la conception de l’ensemble urbain et suit la construction d’édifices-clés dans la ville.

A. Église Saint-Simon-Saint-Jude de style néo-classique (1735-1740). « Dès 1735, Belle-Isle envisage d’édifier une église dans la Ville-Neuve, sur la double couronne du Fort Moselle construite par Cormontaigne.

Lire la suite page 2…

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1733. Belle-Isle, Gouverneur de Metz

Biographie de Belle-Isle (1684-1761), de sa naissance à sa nomination comme gouverneur militaire de Metz-Trois-évêchés en 1733 (il le sera jusqu’en 1756 – chronique à venir), puis comme Maréchal de France en 1740. Il commence tôt la carrière militaire et en a franchi avec succès toutes les étapes.

Source 1. Extrait de la notice d’Encyclopédie Universalis

« Petit-fils du surintendant Fouquet, Belle-Isle est le fils de Louis Fouquet, marquis de Belle-Isle (1661-1738) et de Catherine Agnès de Lévis (1660-1728). Il est apparenté à la plus haute aristocratie française. Par sa seconde femme, une Béthune, il devient cousin issu de germains de l’électeur de Bavière et proche parent d’une multitude de princes allemands.

Un véritable métis social donc, ce qui explique sans doute une formidable ambition et la variété des moyens employés pour la satisfaire. Avec son frère, le chevalier de Belle-Isle, tout dévoué à l’aîné de la maison, il entreprend une longue ascension ».

Source 2. Extraits de Pierre d’Echérac. La jeunesse du maréchal de Belle-Isle (1684-1726), compte rendu par Cordey  Jean, Bibliothèque de l’École des chartes, Année 1909, 70, pp. 127-128.

« Belle-Isle étudie au collège de Sorèze en même temps que son frère, Louis Charles Armand Fouquet de Belle-Isle, qui sera par la suite son conseiller.

1701 (17 ans). Il entre aux Mousquetaires du Roi. Il se distingue sous Louis XIV dès le début de la guerre de Succession d’Espagne.

1702 (18 ans). Il obtient une commission de capitaine au Royal-cavalerie, dont sa grand-mère, la surintendante, acquitte le prix.

1705 (21 ans). Grâce à sa bonne conduite et à la générosité de Mme Fouquet, il obtient d’être mestre de camp d’un régiment de cavalerie. Il part aussitôt pour l’Italie. Il combat sous les ordres du duc de Vendôme, puis du duc d’Orléans, jusqu’à l’échec de Turin.

1708 (24 ans). Au siège de Lille, il donne la mesure de son courage. Il est blessé d’un éclat de grenade et gagne le grade de brigadier.

1709 (25 ans). Sa valeur réelle l’ayant fait connaître à la Cour, la rancune du roi contre Fouquet le grand père diminue. Mme de Maintenon s’intéresse au petit-fils et la charge importante de mestre de camp général des dragons lui est accordée.

1713 (29 ans). Portrait par Hyacinthe Rigaud

Catalogue raisonné de Hyacinthe Rigaud, Portraits

1715-1723. Sous la Régence, il cède Belle-Isle, terre qui ne rapporte rien, contre le comté de Gisors et d’autres domaines valant 80 000 livres de revenu annuel.

1718 (34 ans) à 1720. Il sert dans la guerre de la Quadruple Alliance. Son enthousiasme à combattre lui vaut le grade de maréchal de camp lors de la courte guerre franco-espagnole.

1721 (37 ans). Il épouse Henriette-Françoise de Durfort de Civrac (1678-1723).

1723 (39 ans). A la mort du cardinal Dubois puis du Régent, Belle-Isle, détesté, jalousé, et sans appui, compromis dans le procès de l’extraordinaire des guerres, tombe dans une complète disgrâce. Embastillé, la haine de la marquise de Prie le retint longtemps en prison. Il n’en sortit que pour l’exil.

1726 (42 ans). La chute du duc de Bourbon (et de la marquise de Prie) met fin à ses malheurs. La fortune lui revient. Il reprend  aussitôt à la Cour son rang, ses emplois et son appartement ».

Source 3 : extraits de Guillaume Lasconjarias, Garder la frontière.  Le comte de Belle-Isle dans les Trois-Évêchés, de la crise de 1727 à l’ouverture de la guerre de Succession de Pologne (1733-1738), Hypothèses, 2005/1, 8, pages 107 à 118.

1727 (43 ans). « Il est nommé commandant dans les trois évêchés (Metz). Il reçoit de Versailles un cadre d’ordres qui l’amène à se rendre dans la première semaine de mars à Strasbourg auprès de Du Bourg. Le maréchal a vu ses prérogatives militaires étendues sur la Franche-Comté et sur les Évêchés.

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1697, Ryswick : Louis XIV restitue

Les traités, signés les 20-21 septembre 1697 à Ryswick, ville hollandaise des faubourgs de La Haye, mirent fin à la guerre entre Louis XIV et la ligue d’Augsbourg.

A. La guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« À la suite de la guerre de Hollande de 1678, Louis XIV, devenu le souverain le plus puissant d’Europe, avait agrandi le territoire du royaume, mais il restait insatisfait. En usant d’une combinaison d’agressions, d’annexions et de moyens quasi légaux, dont le paroxysme fut la brève guerre des Réunions (1683 – 1684), Louis XIV chercha immédiatement à étendre ses gains pour stabiliser et renforcer les frontières du royaume. La trêve de Ratisbonne qui en résulta garantissait l’extension des frontières de la France pour 20 ans.

Toutefois les actions de Louis XIV, en particulier la révocation de l’édit de Nantes en 1685 et ses tentatives d’expansion au-delà du Rhin, entraînèrent une détérioration de sa domination militaire et politique. La décision royale de franchir le Rhin et d’assiéger Philippsburg en septembre 1688 était destinée à empêcher une attaque contre la France par l’empereur Léopold Ier et à forcer le Saint-Empire romain germanique à accepter les revendications françaises. Cependant, l’empereur et les princes allemands étaient déterminés à résister et après que le Parlement hollandais et Guillaume III eurent déclaré la guerre à la France, Louis XIV devait faire face à une puissante coalition résolue à restreindre ses ambitions.

Les combats principaux eurent lieu aux frontières françaises : dans les Pays-Bas espagnols, la Rhénanie, le duché de Savoie et la Catalogne. Le conflit fut dominé par des batailles de siège comme à Mons, Namur, Charleroi et Barcelone, tandis que les batailles rangées comme à Fleurus ou à La Marsaille furent plus rares.

Ces engagements tournèrent souvent à l’avantage des armées françaises, mais à partir de 1696 la France dut faire face à une grave crise économique. Les puissances maritimes (Angleterre et Provinces-Unies) étaient également ruinées ; lorsque la Savoie quitta l’Alliance, toutes les parties furent d’accord pour trouver un compromis ».

B. Les traités de Ryswick (1697). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

Carte de l’Europe en 1700 après le traité de Ryswick et avant la guerre de succession d’Espagne (source : Wikipédia)

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« Le diplomate suédois Nils Lillieroot remplit la fonction de médiateur entre les belligérants. Les négociations traînaient en longueur. Louis XIV fit un ultimatum aux coalisés. La paix devait être signée avant le 20 septembre. Un délai supplémentaire fut accordé à l’Empereur Léopold Ier.

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