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Rochefort 18è. Médecine, chirurgie

Suite de la chronique 1722. Médecine navale à Rochefort. Biographies de cinq personnalités qui ont enseigné dans l’école de médecine navale. Les 3 premières – Jean Cochon-Dupuy, Gaspard Cochon-Dupuy, Pierre Cochon-Duvivier – ont été nommées à la Direction de cette école. Les deux autres : René Primevère Lesson, Amédée Lefèvre.

Jean et Gaspard Cochon-Dupuy. Cliquer les images pour les agrandir

Les trajectoires professionnelles s’organisent selon des strictes hiérarchies :

  • hiérarchie des Réseaux d’appui : Ministre ou secrétaire d’État, Intendant, Commandant de la marine.
  • hiérarchie des Ordres : Noblesse, Clergé, Tiers État. Aucune de ces personnalités ne fait, à l’origine, partie d’une famille noble. Le titre de Noblesse est accordé pour services rendus ; il se matérialise par un mariage et/ou par l’attribution d’un fief.
  • hiérarchie des Disciplines : médecine, pharmacie, chirurgie. Cette dernière n’est pas enseignée dans les facultés de médecine ; elle fait partie des Arts mécaniques.
  • hiérarchie des Fonctions : médecin en second au port de, premier médecin…
  • hiérarchie des Classes : de la 3ème à la 1ère classe dans la fonction.
  • hiérarchie des Organisations savantes : l’entrée dans une Académie est plus prestigieuse que la nomination comme professeur d’université.
  • hiérarchies des Récompenses : la Légion d’honneur plutôt que l’Ordre de Saint-Michel

Sources. Citations de Wikipédia, du livret École de médecine navale de Rochefort (les Carnets de bord du Musée national de la marine, 2006).

Diaporama de 27 photographies (Pierre Dubois, octobre 2014 et octobre 2015).

A. Jean Cochon-Dupuy (1674-1757), fondateur de la première école de santé navale de Rochefort, correspondant à l’Académie des sciences.

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« Fils d’un médecin originaire de La Rochelle et devenu maire de Niort, Jean Cochon-Dupuy reçut son grade de docteur à la faculté de médecine de Toulouse. Il s’installe comme médecin ordinaire du roi à La Rochelle où il gagne une solide réputation.

C’est alors que l’intendant de la marine, Michel Bégon, l’attire à lui. En 1704, Jean Cochon-Dupuy devient médecin en second au port de Rochefort, puis premier médecin en 1712. Il fonde la première école de santé navale (école d’anatomie et de chirurgie, 1715).

Sa renommée le conduit à devenir correspondant de l’Académie des sciences (1726) et le comte de Maurepas, secrétaire d’État de la marine, fait le déplacement depuis Versailles jusqu’à Rochefort pour assister à deux leçons d’anatomie du médecin, en 1727.

Cochon-Dupuy a les faveurs de la Cour. En 1753, il est anobli. Cette ascension sociale se concrétise par le mariage de sa fille qu’il donne au chef d’escadre, marquis de L’Estenduère.

La bibliothèque de l’ancienne école de médecine conserve les trois volumes de ses cours dispensés à ses élèves. Sur décision ministérielle, ils avaient été diffusés dans les autres arsenaux du royaume (Brest et Toulon). Malgré son savoir-faire, il ne peut rien contre l’épidémie de scorbut de l’escadre du bailli de Piosin, ramenée en 1745 depuis Louisbourg (île royale). L’hôpital perd alors 150 chirurgiens, apothicaires et aumôniers, pendant que Rochefort compte 3 000 victimes. La charge de médecin et de directeur de l’école de santé navale n’est pas une sinécure dans une ville qualifiée par ses contemporains de tombeau de la marine.

B. Gaspard Cochon-Dupuy (1710-1788), fils de Jean Cochon-Dupuy. « Docteur en médecine de la faculté de Paris. Directeur de l’École de médecine navale de Rochefort. Marié avec Marie Olive Desherbiers de Letanduere, fille d’Henri François, chef d’escadre, commandant de la Marine à Rochefort.

1735 : il est nommé médecin du port de Rochefort pour aider son père Jean et pour s’occuper de l’école d’anatomie et de chirurgie.

1741 : il est nommé Directeur du jardin botanique. Enseignant, son apport à l’École fut essentiel pour la botanique et le classement des plantes. 1743 : il est nommé second médecin du port en remplacement de Louis Gilet de Champoury.

1757 : au décès de son père, il est promu premier médecin du port et Directeur de l’École de chirurgie. Il le reste jusqu’à son décès en 1788.

1758 : il hérite du titre d’écuyer attribué à son père et il est fait chevalier de l’ordre de St Michel.

1768 : il rédige le règlement des Écoles de chirurgie qui fixe, articles VIII et IX, les modalités pratiques de l’enseignement de la botanique pour les médecins des Écoles. Associé régnicole de la Société royale de médecine ».

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Rochefort. Musée Médecine navale

Suite des chroniques sur l’Histoire de la médecine, de la pharmacie et de la chirurgie au 18ème siècle.

L’École de médecine navale de Rochefort, fondée en 1722, est devenue Musée en 1998, rattaché au Musée national de la Marine. Il a pris place dans l’ancien Hôpital de la Marine.

Visite virtuelle du musée. Diaporama 1 : 34 photos de la bibliothèque et de certains instruments et planches des collections. La prochaine chronique poursuivra la visite virtuelle : les personnalités médicales qui ont fait l’histoire de l’école.

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« L’école  formait les chirurgiens embarqués à bord des navires de guerre. En 1788, elle s’installe dans un pavillon du nouvel hôpital de la Marine. Les officiers de santé de Rochefort participaient aux voyages d’exploration. Une bibliothèque scientifique a été créée. En 1890, l’école de Rochefort devient simple établissement préparatoire mais accueille des étudiants jusqu’en 1964. En 1983, l’hôpital ferme ses portes et trois ans après, le Musée de la Marine est sollicité pour mettre le lieu en valeur. Le pavillon de l’ancien hôpital de la Marine a fait l’objet d’un réaménagement de ses salles pour une reconversion en musée. Il a été ouvert au public en 1998.

Sur trois niveaux, le musée présente les instruments pour enseigner et pratiquer la médecine, à savoir les objets, les ouvrages, les modes de présentation, de classement et de mise en scène du savoir proposés par les scientifiques et médecins il y a 150 ans.

La collection d’anatomie comporte ainsi des fioles où sont conservés des tissus humains, des squelettes, des fœtus dans du formol et elle est composée de supports à l’enseignement de la médecine navale tels que les panneaux d’artériologie, les crânes phrénologiques, les caisses de chirurgie.

Prothèse de jambe de bois. Planche de l’encyclopédie de Diderot

« La construction de ces sortes d’instruments, doit être dirigée par le chirurgien intelligent, afin d’imiter la nature autant qu’on le peut, et suppléer aux fonctions dont on est privé par la perte d’un membre. La nature du moignon plus ou moins court dans l’amputation de la cuisse, ou dans celle de la jambe ; les difformités naturelles ou accidentelles de la partie ; les complications permanentes de certains accidents incurables, telles que des tumeurs, des cicatrices, etc. toutes ces choses présentent des variations, qui obligent à chercher des points d’appui variés pour l’usage libre et commode d’une jambe de bois. Il faut choisir un ouvrier ingénieux, qui sache saisir les vues qu’on lui donne, et qui puisse les rectifier en cas de besoin. Ambroise Paré a recueilli dans ses œuvres la figure de diverses inventions de jambes, de bras, et de mains artificielles, qui réparent les difformités que cause la perte des membres, et qui servent à remplir l’action qu’ils exerçaient, et il en fait honneur à un serrurier de Paris, homme de bon esprit, nommé le petit Lorrain. La jambe de bois dont les pauvres se servent est assez connue ; mais il y en a d’autres qu’on modèle sur la jambe saine, qu’on chausse comme elle, qui par des charnières et ressorts artistement placés dans le pied facilitent la progression. Lorsque la personne veut s’asseoir, elle tire un petit verrou, qui donne la liberté de fléchir le genou. Cette jambe est gravée dans Ambroise Paré, et la description est faite dans les termes connus des ouvriers, pour qu’on puisse la leur faire exécuter sans difficulté. Ce grand chirurgien, dont les écrits ne respirent que l’amour de l’humanité et le bien public, donne pour ceux qui ont la jambe courte, après quelque accident, une béquille très-utile, inventée par Nicolas Picard, chirurgien du duc de Lorraine. Il y a un étrier de fer pour soutenir le pied, et un arc boutant qui embrasse le moignon de la fesse, et qui fait que l’homme en marchant est comme assis du côté dont il boite. On ne peut trop faire connaître les ressources que l’on a dans la multitude des maux qui affligent l’humanité ».

Le pulvérisateur de Lucas Champonnière, à pression et température constantes pour une peau saine et belle.

« Autrefois, les outils des blocs opératoires étaient stérilisés par pulvérisation. Pour sa part, Docteur Lucas Champonnière a adopté l’acide phénique en faisant appel à un appareil spécifique. Aujourd’hui, son pulvérisateur est utilisé dans le contexte de la beauté et fait partie des accessoires fondamentaux pour les spécialistes en matière de cosmétique. En diffusant les lotions sous forme de fines gouttelettes, il nettoie la peau, optimise les effets du maquillage et prépare la peau à recevoir les soins après la pulvérisation ».

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1722. Médecine navale à Rochefort

Source des extraits cités : Wikipédia, Histoire de l’École de médecine navale de Rochefort. Photos prises par Pierre Dubois dans le Musée de l’École en octobre 2014. Cette école est marquée par trois personnages appartenant à la même famille :

Cliquer sur les images pour les agrandir. Photos de Pierre Dubois en 2014

1666. « Dès la création de l’arsenal de Rochefort voulu par Colbert, il a été décidé d’y installer un Hôpital de la Marine. Son implantation a d’abord eu lieu à Tonnay-Charente, dans le prieuré Saint-Éloi.

Hôpital de la Marine de Rochefort, photo de Pierre Dubois (2014).

1683. Par manque de place, la structure est transférée à l’intérieur de l’arsenal de Rochefort, à proximité du magasin des vivres.

1704. Sous les auspices de l’intendant Michel Bégon, Jean Cochon-Dupuy devient second médecin de la marine à Rochefort.

1712. À la mort de son supérieur, le docteur Gallot, il devient premier médecin. Il est le précurseur de l’enseignement clinique hospitalier.

1715. Les premières traces officielles d’enseignement apparaissent. La principale ambition de Jean Cochon-Dupuy est d’ouvrir une école d’anatomie et de chirurgie.

Mais la décision de créer cette école n’est prise que sous la Régence de Philippe d’Orléans.

1722. Grâce au soutien constant de l’intendant François de Beauharnais, un premier amphithéâtre est ouvert.

1725. L’école connaît un spectaculaire développement. On compte huit chirurgiens ordinaires et douze élèves.

1727. L’essor est en partie dû au soutien du comte de Maurepas. En 1727, l’école accueille le secrétaire d’État de la marine, venu assister à deux leçons dans l’amphithéâtre et à une démonstration de dissection par les élèves. Maurepas prend alors conscience de l’intérêt de telles structures. Il fait ouvrir une école à Brest en 1731.

1740. A Rochefort, les effectifs sont tombés à dix pour les chirurgiens mais sont passés à trente pour les élèves.

1759. L’école compte trente chirurgiens et une centaine de subalternes.

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La médecine des années 1724-1750

Suite des chroniques 1. Années 1700-1715. Médecine sous Louis XIV. 2. Années 1715-1723. La médecine sous la Régence de Philippe d’Orléans

3. Années 1724-1750. La Médecine avant l’Encyclopédie (Tome 1 publié en 1751)

Sources. André Hercule de Fleury, ecclésiastique (cardinal en 1726) et principal ministre du jeune roi Louis XV de 1726 à 1743. État de la médecine au 18ème siècle, Université de Paris, BIU Santé médecine, BIU Santé, Pharmacie.

1724Louis XV nomme 5 professeurs au Collège des chirurgiens Saint Côme.
E. GUYOT décrit dans l’Histoire de l’Académie royale des sciences un instrument pour seringuer la trompe d’Eustache par la bouche.
1727Une chaire d’obstétrique est créée à la Faculté de Strasbourg.
François POURFOUR du PETIT publie un mémoire dans lequel est démontré que les nerfs intercostaux fournissent des rameaux qui portent des esprits dans les yeux.
Jean-Baptiste SILVA, Traité de l’usage des différentes sortes de saignées, principalement de celle du pied.
1728Pierre FAUCHARD, Le chirurgien dentiste ou traité des dents.
1730Henri-François LE DRAN, Parallèle des différentes manières de tirer la pierre hors de la vessie.
1731 L’ACADÉMIE ROYALE DE CHIRURGIE est créée en 1731 par Louis XV. François Gigot de Lapeyronie, célèbre chirurgien, en sera le Président. Cette création démontre la suprématie chirurgicale sur la médecine au 18ème siècle. L’académie avait pour mission de rassembler tous les chirurgiens de France, de recueillir et de publier leurs travaux.
Charles Georges MARESCHAL de Bièvre et Jean-Louis PETIT en seront les chevilles ouvrières. Elle remportera très vite un grand succès tant en France qu’à l’étranger. Son organisation était sensiblement la même que celle de l’Académie des sciences, elle comprenait 60 membres, 10 académiciens, des conseillers, des associés étrangers et régnicoles. Elle publiera des mémoires entre 1743 et 1774. Elle aura un rôle capital pour le rayonnement de la chirurgie au 18ème siècle.
1732 Jacques-Bénigne WINSLOW, Exposition anatomique de la structure du corps humain.
1736Jean ASTRUC, De morbis venereis. La syphilis viendrait d’ Amérique.
1741Nicolas ANDRY de Boisregard, L’orthopédie ou l’art de corriger dans les enfants les difformités du corps
1742Joseph LIEUTAUD, Essais anatomiques
1743  Le statut de chirurgien est reconnu par ordonnance royale.
Jean-Louis PETIT propose la cholécystostomie dans la lithiase vésiculaire et J. ASTRUC le terme « réflexe » pour la réaction sensitivo-motrice élémentaire.
Robert. BUNON, Essai sur les maladies des dents
1744Jean-Louis PETIT pratique une trépanation mastoïdienne.
1745Jacques DAVIEL pratique dans l’opération de la cataracte, l’extraction du cristallin.
1746Claude MOUTON, Essai d’odontechnie ou dissertation sur les dents artificielles » (couronne dentaire en or tenant à la racine par un pivot).
1748 L’abbé Jean-Antoine NOLLET pratique des expériences sur la pression osmotique.
1749  Jean-Baptiste SENAC, Traité de la structure du cœur. Il préconise le quinquina dans la cas de palpitations et la ponction péricardique dans les péricardites.

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18ème. Toxicité de la suie, du plomb

Suite des chroniques sur l’Histoire de la médecine du travail. Percival Pott et la toxicité de la suie pour les ramoneurs (1775). Benjamin Franklin, Amédée Lefebvre et la toxicité du plomb pour les marins (1796).

A.La toxicité de la suie. « Percivall Pott (1713- 1788) est un chirurgien britannique qui a identifié pour la première fois une substance chimique comme étant la cause d’un cancer professionnel : en 1775 il a prouvé que la suie était responsable du cancer du scrotum des petits ramoneurs de Londres et a mis en cause les conditions de travail très dures des enfants qui devaient se faufiler à travers d’étroits conduits de cheminées encore brûlant et avaient en permanence la peau imprégnée de résidus de combustion de houille grasse.

Il explique la localisation des tumeurs par l’accumulation de particules fines de suie au niveau de la peau fine et plissée des bourses, facilitée par la sueur et incrimine aussi l’irritation par le frottement du pantalon et de la corde dont se servaient les ramoneurs pour descendre dans les cheminées.

À cette époque les ramoneurs commençaient à travailler vers l’âge de 5 ans et le cancer apparaissait après la fin de leur activité professionnelle vers l’âge de 30 ans. Malgré cette étude, le travail des petits ramoneurs n’a été réglementé qu’en 1840″.

B. La toxicité du plomb in Histoire et évolution de la santé au travail. « Benjamin Franklin (17 janvier 1706 – 17 avril 1790) qui en plus d’être un homme politique et un des pères fondateurs des états unis d’Amérique était un physicien et un scientifique curieux de tout, étudia la toxicité du plomb et son rôle dans l’apparition du saturnisme maladie qu’il diagnostiqua chez des cristalliers et des céramistes. Ses découvertes sont présentées dans une lettre datée de 1796, mais il fait remonter le début de ses travaux à plus de 60 ans auparavant.

Cliquer sur les images pour les agrandir. Amédée Lefebvre, in École de médecine navale de Rochefort

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1700. Des maladies des artisans

Source 1 : extraits de Histoire de la médecine du travail

« Bernardino Ramazzini (1633–1714), professeur de médecine à Padoue, fut un des précurseurs de la médecine du travail, dans le domaine des accidents du travail et des pathologies professionnelles. Il précisa certaines mesures d’hygiène et de sécurité, essaya d’améliorer les conditions de travail, en se déplaçant sur les lieux de travail.

Son ouvrage, De morbis artificum diatriba, Traité des maladies des artisans, servira pendant deux siècles de référence absolue. Il fut publié à Padoue en 1700, puis réédité en 1713, traduit en plusieurs langues au 18ème siècle, puis traduit en français, commenté et enrichi par le comte de Fourcroy en 1777, repris et complété par le docteur Patissier en 1822.

Dans la préface du Traité, Ramazzini écrit : Il y a beaucoup de choses qu’un médecin doit savoir, soit du malade, soit des assistants ; écoutons Hippocrate sur ce précepte : quand vous serez auprès du malade, il faut lui demander ce qu’il sent; quelle en est la cause, depuis combien de jours, s’il a le ventre relâché; quels sont les aliments dont il a fait usage. » […] mais qu’à ces questions il me soit permis d’ajouter la suivante : quel est le métier du malade ?

Ramazzini identifiait alors les deux principales causes des maladies préfigurant l’étiologie moderne : la mauvaise qualité des agents chimiques voire biologiques utilisés, et les mouvements violents, irréguliers, ou mauvaises situations des membres induites par le travail ».

Un texte qui contextualise la question : fondateur ? précurseur ? médecin spécialisé ? Julien Vincent, Ramazzini n’est pas le précurseur de la médecine du travail, Médecine, travail et politique avant l’hygiénisme, Genèses,  2012/4 (n° 89), pages 88 à 111.

Extraits de l’article. « Le culte du précurseur a récemment atteint des proportions inédites lorsque des recherches archéologiques ont été engagées pour identifier ses dépouilles (Marin et al. 2003). Il est vrai que son traité, publié d’abord en 1700, puis dans une deuxième édition en 1713, se distinguait à la fois par sa qualité littéraire et par son souci de l’observation de terrain, issu de la science expérimentale du 17ème siècle.

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1715-1723. Médecine sous la Régence

Suite de la chronique 1. Années 1700-1715. Médecine sous Louis XIV

2. Années 1715-1723. La médecine sous la Régence de Philippe d’Orléans

Sources. La Régence (1 septembre 1715 – 2 décembre 1723). État de la médecine au 18ème siècle, Université de Paris, BIU Santé médecine, BIU Santé, Pharmacie.

1717La femme de l’ambassadeur britannique Mary Wortley MONTAGU après avoir fait varioliser son fils, part en campagne pour que cette méthode soit développée.
BESNIER, docteur régent de la Faculté de Médecine de Paris, édite le Traité de la matière médicale de Joseph PITTON de TOURNEFORT, dans lequel celui-ci explique que l’action médicamenteuse d’une substance est liée à sa composition chimique.
1718  Le chirurgien Pierre DIONIS décrit dans son Traité général des accouchements un cas de grossesse extra-utérine.
Daniel-Gabriel FARENHEIT crée le 1er thermomètre à mercure.
Le chirurgien Henri-François LE DRAN pratique une désarticulation humérale.
1719  Une grave épidémie de variole fait 14.000 victimes à Paris.
1720  La peste ravage la région de Marseille et la Provence et fait 48.000 morts.
1721  Guillaume MAUQUEST de la MOTTE, « Traité des accouchements naturels, non naturels et contre nature
1723  La variole tue encore 20.000 personnes.
Création d’une École de chirurgie.
Des étudiants en médecine sont autorisés à faire des stages à l’hôpital.
René-Jacques CROISSANT de GARENGEOT, Traité des instruments de chirurgie
Le médecin hollandais Jan PALFIJN fait une communication à l’Académie royale des sciences sur un tireur de tête, sorte de forceps.

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1700-1715. Médecine sous Louis XIV

Source. Université de Paris, BIU Santé médecine, BIU Santé, Pharmacie. État de la médecine au 18ème siècle.

« Le XVIIIe siècle voit naître la philosophie sociale et expérimentale. Certains médecins adhéreront aux idées nouvelles de Diderot et de Voltaire, de nombreux articles traitant de la médecine et de la chirurgie seront publiés dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. A la fin du siècle la recherche médicale sera également influencée par les progrès des sciences, de la chimie et de la physique.

La médecine du XVIIIe siècle est moins spectaculaire que celle du XVIIème siècle avec les grandes découvertes comme celle sur la circulation du sang, ou du XIXème. Cependant l’anatomie et la physiologie vont s’enrichir grâce à Cowper, Albinus, Haller, Scarpa ou Soemmering spécialiste du système nerveux, Sénac et ses études sur le cœur ou Galvani et ses expériences sur l’électricité. Morgagni fondera l’anatomie pathologique et étudiera sur le cadavre les désordres produits par la maladie sur les organes. Auenbrugger inventera la percussion, méthode permettant de connaître l’état des poumons et du cœur par le son perçu dans la poitrine lorsqu’on percute celle-ci , mais ses travaux ne seront reconnus qu’au début du XIXe siècle grâce à Corvisart . Le grand Laënnec joindra cette méthode à celle de l’auscultation médiate. Lorry étudiera les maladies de la peau. Mesmer, charlatan de génie, fit courir le « Tout Paris » de l’époque avec sa théorie sur le magnétisme animal. L’électrisation fut également une thérapeutique à la mode, Marat ouvrira d’ailleurs une boutique d’électricité médicale. Lavoisier établira la théorie de la respiration. Enfin la découverte de la vaccine (ou variole de la vache) – éruption pustuleuse qui se produit sur le pis de la vache -, sera capitale dans l’histoire de la médecine du XVIIIe siècle ».

1. Années 1700-1715, fin du règne de Louis XIV

1700B. RAMAZZINI, De morbis artificum diatriba, important ouvrage pour la médecine du travail.
1701H. BOERHAAVE, professeur à Leyde, développe l’enseignement de la médecine clinique..
1704G. BAGLIVI, Opera omnia medico-practica et anatomica, Lyon
1705J.-L. PETIT, L’art de guérir les maladies des os où l’on traite des luxations et des fractures, Paris. L’auteur emploie pour la 1ère fois le terme ostéomalacie.
1706E. NARABAYASHI traduit en japonais les Œuvres complètes d’Ambroise PARE.
M. BRISSEAU, Nouvelles observations sur la cataracte, Tournay. Cette maladie a son siège dans le cristallin.
G.B. MORGAGNI, Adversaria anatomica, entre 1706 et 1743, Bologne.
1707Pierre DIONIS, Cours d’opérations de chirurgie, démontrées au Jardin Royal.
Antoine MAITRE-JAN, en accord avec les travaux de BRISSEAU sur la cataracte, Traité des maladies de l’œil, Troyes.
1710F. POURFOUR DU PETIT, thèse sur l’innervation collatérale, Trois lettres d’un médecin sur un nouveau système du cerveau.
1711Charles de SAINT-YVES ouvre une clinique pour les maladies des yeux, véritable cabinet ophtalmologique, Paris.
1713D. ANEL, Nouvelle méthode de guérir les fistules lacrymales, Turin.
R.A.F. REAUMUR démontre la corrélation existant entre l’action du suc gastrique et sa composition.
E. TIMONI se fait le défenseur de la variolisation en expliquant que les femmes circassiennes la pratiquent pour ne pas être défigurées par la variole.
F. HOFFMANN crée l’expression « anatomie pathologique ».
1714Jean ASTRUC, « Traité des causes de la digestion » (sécrétion s’effectuant dans le tube digestif), Paris
1715R. VIEUSSENS, « Traité nouveau de la structure et des causes du mouvement naturel du cœur« 

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1787, Metz. Un polar historique

L’Abbé Grégoire s’en mêle par Anne Villemin-Sicherman, Éditions 10-18, Grands détectives, 2018  (juin 2020 pour l’édition de poche), 616 pages.

Biographie de l’auteur sur Wikipédia et sur son site personnel. Anne Villemin Sicherman, née en février 1951 à Pont-à-Mousson, est un écrivain français. Elle est l’auteur d’une série de romans policiers historiques dont l’intrigue se déroule essentiellement à Metz, à la fin du XVIIIe siècle.

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Son avant dernier roman, L’Abbé Grégoire s’en mêle a été récompensé en 2019 par le prix Historia du roman policier historique, et le dernier, Rumeur 1789 par le prix Littré du roman. Quatre autres romans les ont précédés depuis 2017.

Le roman, dont l’action se déroule essentiellement entre le 20 avril et le 31 mai 1787, met en scène des personnages de fiction et dix figures historiques. Leurs chemins s’entrecroisent, au plus grand plaisir du lecteur, curieux d’en connaître davantage sur les personnages réels. Aujourd’hui, vu la richesse de la toile qui permet de vérifier les informations, je pense que le roman historique bien fait peut devenir un outil pédagogique performant pour les élèves et les étudiants.

Le héros du roman est un personnage de fiction.  Augustin Duroch est vétérinaire à Metz et fait fonction de médecin légiste quand il s’agit d’enquêter sur des morts suspectes et quand le lieutenant de police Camus ne parvient pas à régler l’énigme. Choix intéressant car l’auteur était-elle-même médecin au cours de sa vie professionnelle.

L’action se déroulant principalement à Metz, l’auteur, Anne Villemin-Sicherman, donne un plan de la ville, localisant les édifices réels mentionnés dans le roman.

Bonnes feuilles. Page 13, 1ère page du chapitre 1. Vendredi 20 avril 1787, sur la route de Paris à Strasbourg.

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1749. 1ère variolisation à Genève

Se faire ou non vacciner contre le Covid 19 ? Les débats et les polémiques ne datent pas d’aujourd’hui. A Genève au 18ème siècle, – Suisse oblige -, les banquiers ont inventé un système de rentes viagères, limitant les risques financiers de la variolisation des enfants et intitulé Les Immortelles.

Bonnes feuilles de l’article d’Alexandre Wenger, “De petites considérations doivent-elles arrêter lorsqu’il s’agit d’un grand intérêt général ? L’inoculation à Genève au XVIIIe siècle », Canadian Bulletin of Medical History. Bulletin canadien d’histoire de la médecine, vol. 21/1, 2004, p. 103-120.

Introduction de l’article d’Alexandre Wenger

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