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1733. Stengel, architecte des Nassau

Chroniques d’Histoires d’universités sur Sarrebruck et sur Sarreguemines au 18ème siècle.

Partie 1. Biographie de Friedrich Joachim Michael Stengel. Source 1. Article de Wikipédia.

Friedrich Joachim Michael Stengel est un architecte allemand, né le 29 septembre 1694 à Zerbst, mort le 10 janvier 1787 à Sarrebruck.

Au début du 18ème siècle, Nassau-Sarrebruck, Nassau-Ottweiler et Nassau-Usingen s’éteignirent au profit de la branche de Nassau-Usingen. En 1735, cette dernière fut de nouveau divisée entre la Nassau-Usingen et la Nassau-Sarrebruck, qui furent réunies en 1797. En 1806, sous la pression de Napoléon Ier, la Nassau-Weilbourg et la Nassau-Usingen fusionnèrent pour former le duché de Nassau et entrer dans la confédération du Rhin.

Stengel est l’architecte du duc de Gotha, des princes-abbés Constantin de Buttlar et Adolphe de Dalberg, puis des princes de Nassau-Usingen et Sarrebruck-Sarrewerden.

Directeur des constructions des princes de Nassau, il mène l’édification des églises de Harskirchen, Wolfskirchen, Weyer, Berg, Lorentzen et Oermingen. Ces constructions sont ordonnées en 1766 par le prince Guillaume Henri de Nassau-Sarrebruck afin de garantir l’harmonie et la paix entre les confessions catholique et protestante.

Le plus célèbre de ces édifices est la Ludwigskirche de Sarrebruck bâtie de 1762 à 1775.

Source 2. Espace culturel du Temple.

1694. Friedrich Joachim Michael Stengel naît le 29 septembre à Zerbst.

1708 (14 ans). Il commence des études de sciences mathématiques et d’architecture civile à l’Académie de Berlin.

1712 (18 ans). Il part en Italie afin de parfaire ses connaissances en architecture italienne.

1721 (27 ans). Le prince-évêque de Fulda lui confie la mission d’élaborer des plans. Un an plus tard, Stengel poursuit la construction du château résidentiel de Fulda jusqu’à son achèvement.

1729 (35 ans). Stengel n’est pas seulement expert en matière d’architecture mais il s‘intéresse également aux sciences physico-techniques. En 1729, il présente au prince-abbé de Zelle un baromètre lumineux.

1730 (36 ans). Il travaille à Gotha comme ingénieur.

1733 (39 ans). Il est nommé architecte auprès de la cour de Nassau-Usingen où la modernisation du château de Biebrich est une de ses premières missions.

1737 (43 ans). Il crée les plans pour le château résidentiel de Sarrebruck.

1739 (45 ans). La construction commence en 1739. La famille Stengel réside à Sarrebruck.

Vers 1750 (56 ans). La princesse Johanna Elisabeth de Anhalt-Zerbst (la mère de la Tsarine Katharina II de Russie) essaye de convaincre l’architecte Stengel pour la construction d’une résidence attractive de veuvage à Dornburg sur l’Elbe.

1751 (57 ans). Stengel voyage à Zerbst, au moment où commencent les travaux de construction du château de Dornburg. Il donne ses instructions aux artisans locaux et dirige cette construction par correspondance.

1753 (59 ans). Il est nommé au Conseil de chambre et Directeur général de construction.

1762 (68 ans). La première pierre de l’église Ludwigskirche est posée et les constructions du Ludwigsplatz commencent.

1775 (81 ans). Stengel assiste à l’inauguration de la Ludwigskirche.

La Tsarine Katharina II, qui entend parler du talent de Stengel, essaye de le recruter pour la Russie. Stengel décline cette offre, mais son fils Johann Friedrich part pour St Petersbourg où il occupera la fonction d’architecte à la cour impériale.

1787 (93 ans). Stengel décède le 10 janvier à Sarrebruck à l’âge de 93 ans.

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1762-1775. Église Louis de Nassau

1762-1775. Église de Louis de Nassau à Saarbrücken.

Sources. Article de Wikipédia et livret (en français) mis à disposition à l’entrée de l’église (34 pages).

La Ludwigskirche, église du Prince Louis de Nassau est une église protestante de style baroque située à Sarrebruck. Symbole de la ville, elle est avec la Frauenkirche de Dresde et le Michel de Hambourg un des meilleurs exemples d’église protestante bâtie en Allemagne.

Elle est considérée comme le couronnement des travaux de l’architecte baroque Friedrich-Joachim Stengel (photo) et elle compte parmi les églises protestantes baroques les plus connues en Allemagne.

Deux diaporamas : extérieur de l’église (40 photos), intérieur (23 photos).

Guillaume Henri (né le 6 mars 1718 à Usingen) est  prince de Nassau-Sarrebruck de 1741 jusqu’à sa mort en juillet 1768.

Louis (1745-1794) est le dernier prince régnant de Nassau-Sarrebruck. Il règne de 1768 jusqu’à la Révolution française.

Chronique du 27 septembre 2022, Princes de Nassau au 18ème siècle. De 1741 à 1794, deux princes de Nassau-Sarrebruck se succèdent au pouvoir, Guillaume Henri (de 1741 à 1768) et Louis (de 1768 à 1794).

1761. Le Prince Guillaume ordonne le début de la planification pour la construction d’une nouvelle église luthérienne, destinée à l’usage de la Cour et de la paroisse.

1762. Pose de la première pierre sous le patronage du prince Guillaume Henri de Nassau-Sarrebruck. L’église est placée au centre de la place typiquement baroque, à la différence des places royales françaises où c’est la statue du roi qui a seule ce privilège.

1768. A la mort de Guillaume Henri, les travaux sont arrêtés pour raison d’endettement d’État.

1773. Reprise des travaux.

1775. L’église est terminée et inaugurée par le prince Louis de Nassau-Sarrebruck, fils et successeur de Guillaume-Henri, qui lui donne son nom ainsi qu’à la place sur laquelle elle est édifiée.

Le plan de l’église a la forme d’une large salle en croix grecque, avec l’ensemble autel et chaire situé au bout du côté long. C’est le plan qui répond le mieux aux exigences de la prédication protestante.

A l’origine, l’église est couverte de crépi et peinte en blanc comme le sont tous les édifices de la place. La peinture n’a pas résisté au temps ; elle est enlevée à la fin du 19ème,  laissant apparaitre le grès rose et ocre.

Vues de l‘extérieur. Les quatre évangélistes : Matthieu avec l’ange, Marc avec le lion, Luc avec le taureau, et Jean avec l’aigle (photos et détails dans le diaporama). Les quatre statues signifient que l’Église protestante a été construite sur les piliers porteurs de !’évangile.

L’église possède trois portails. Le clocher se trouve sur le côté ouest de l’église. Il est à toit plat, ressemble celui de Saint-Sulpice à Paris.

Le portail Est est couronné par les armoiries de la maison Nassau-Saarbrücken. Il est flanqué des apôtres principaux, Paul et Pierre, et distingué par la double inscription de dédication.

Vues de l’intérieur de l’église

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L’Art Brut et la Collection Wurth

Art Brut. Un dialogue singulier avec la collection Würth.

Le musée Würth d’Erstein a ouvert ses portes en 2008 à côté du nouvel établissement de la firme allemande.

Mon épouse et moi sommes arrivés à Strasbourg en juillet 2009. Nous avons visité et photographié la plupart des expositions Würth  d’Erstein… Mais le joyau de la Collection se trouve en Souabe.

Partie 1. Würth. Exposition dans la Chapelle Saint-Jean de Schwäbisch Hall (Bade-Wurtemberg) et quatre expositions à Erstein (Bas-Rhin).

20 septembre 2019. Escapade culturelle dans le berceau historique de la firme à Schwäbisch Hall (Bade-Wurtemberg). 

2011. Première exposition visitée au musée Würth d’Erstein : celle consacrée à Anselm Kiefer

Cliquer sur les images pour les agrandir

28 novembre 2015. Fernando Botero, 30 ans en 1962. Adam et Eve, 1998

2 mars 2018. 1940. Hélène de Beauvoir a 30 ans. Autoportrait, 1955

29 janvier 2020. Guimaraes, collectionneur d’Art africain

Partie 2. Art brut. Un dialogue singulier avec la collection Würth. Source : présentation de l’exposition sur le site du musée.

Diaporama de 44 photos

Emil NOLDE (1867-1956). Vieil homme barbu et jeune femme (1930-1931)

« Avec l’exposition Art brut. Un dialogue singulier avec la Collection Würth, le Musée Würth propose à ses visiteurs d’emprunter un chemin inhabituel, celui d’un art collecté d’abord dans les institutions psychiatriques, puis découvert chez des autodidactes, souvent en marge de la société.

L’exposition couvre une large période, du début du XXe siècle jusqu’à nos jours, autour d’une cinquantaine d’artistes bruts, aussi dits non-professionnels. Une telle expression artistique individualisée germe la plupart du temps sur le terreau de l’isolement social, affectif ou économique, les auteurs n’ayant jamais constitué d’eux-mêmes un mouvement ou un groupe. Poussées par une nécessité intérieure puissante, dans un contexte asilaire et précaire, ces pratiques du dessin, de la peinture ou encore de l’assemblage se révèlent être, tels des soins auto-prodigués, de véritables actes existentiels de création et des témoignages de vie singuliers.

Si dès le début du XXe siècle, ces œuvres sont remarquées et collectées dans les institutions psychiatriques par des médecins avertis, elles ont ensuite, dans les années 1920, intéressé et attiré les surréalistes, puis été récupérées, à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale, par l’idéologie nazie pour alimenter la propagande autour de l’art dégénéré.

Ce n’est qu’en 1945 que l’artiste Jean Dubuffet théorise le concept d’Art brut, pour remettre en question la définition même de l’art au sortir d’un conflit mondial dévastateur. Depuis, d’autres désignations ont été imaginées et discutées : art singulier, art hors les normes, Outsider Art ou art populaire« .

Jean DUBUFFET (1901-1985), la Dame blanche, 1952

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1776. 50 évènements, 8 chroniques

576ème chronique d’Histoires d’universités sur le 18ème siècle. Pour chaque année, évolution des relations internationales (alliances, mariages, guerres, traités de paix, échanges commerciaux). Chroniques du blog illustrant l’année. Évènements climatiques, politiques, économiques, scientifiques, artistiques (rangés selon le mois et le jour).

Chronique précédente : 1775. 57 évènements, 10 chroniques

1776, deuxième année de la guerre d’indépendance des États-Unis (1775-1783).

3ème année du règne de Louis XVI. Composition du Conseil du Roi après le limogeage de Turgot le 12 mai 1776.

  • Principal Ministre : Comte de Maurepas (mai 1774 – novembre 1781).
  • Garde des Sceaux : Hue de Miromesnil (août 1774 – avril 1787).
  • Contrôleur général des Finances : Clugny de Nuit (mai 1776 – octobre 1776). Taboureau des Réaux (octobre 1776  – juin 1777) ; le 22 octobre, celui-ci  appelle le financier et ministre genevois et protestant Necker pour le servir en tant que conseiller. 
  • Secrétaire d’état aux Affaires étrangères : comte de Vergennes (juillet 1774 – février 1787).
  • Secrétaire d’état à la Guerre : comte de Saint-Germain (octobre 1775 – novembre 1777).
  • Secrétaire d’état à la marine : de Sartines (août 1774 – octobre 1780).
  • Secrétaire d’état à la Maison du Roi : Amelot de Chaillou (mai 1776  – novembre 1783).
  • Secrétaire d’état : Bertin (mai 1774 – juin 1780).

Partie 1. 1776  dans 8 chroniques du blog

1775-1783. La Guerre d’indépendance. Chronique du 18 février 2021. Contraintes de commercer exclusivement avec l’Angleterre, les colonies américaines pratiquent en fait une importante contrebande avec les Antilles françaises et l’Amérique espagnole. L’essor démographique est très important, lié à l’émigration européenne et au système esclavagiste (deux millions d’habitants vers 1770 dont un quart d’esclaves noirs). La rupture avec la Couronne britannique s’explique par la demande croissante de terres de la part des colons et l’alourdissement des prélèvements fiscaux depuis la guerre de Sept Ans (1756-1763), très coûteuse pour l’Angleterre.

1776-1789. L’abolition des Corvées. Les six édits de Turgot (février 1776) concernent :

  • la suppression des corvées, travail imposé d’entretien des voies et ouvrages d’art publics : routes, ponts, fossés, palissades.
  • la suppression des jurandes et maîtrises.
  • la suppression de la Caisse de Poissy.
  • la suppression des droit de hallage sur les grains.
  • la suppression des charges sur les ports.
  • la diminution des droits sur les suifs.

Abolition des Jurandes

Édit du Roi portant suppression des Jurandes, Communautés de Commerce, Arts et Métiers. Le Parlement de Paris refusa de l’enregistrer et il fallut un lit de justice, le 12 mars 1776, pour l’y contraindre. Ces difficultés provoquèrent la disgrâce de Turgot qui fut révoqué par le roi le 12 mai suivant.Un nouvel édit d’août 1776 rétablissait l’organisation corporative des secteurs concernés, mais il en réduisait le nombre et imposait des règles nouvelles qu’il étendait à de nombreuses autres communautés professionnelles (métiers réglés, métiers banaux)… 

Marine Royale. Réforme de septembre 1776

Ordonnance du roi, concernant la régie et administration générale & particulière des Ports & Arsenaux de Marine. Reliées à la suite : ordonnance du roi, pour régler les fonctions dont les Officiers de la Marine seront chargés sur les escadres & à bord des Vaisseaux, relativement aux Consommations & Remplacements des Munitions & des Effets, & aux revues des Équipages dans le cours des Campagnes…

Toulouse, le canal de Brienne (1776).

Le canal naît au niveau de la Garonne à l’amont des Moulins du Bazacle par l’écluse Saint-Pierre. Il court sur 1 560 mètres (6 mètres de dénivelé), et rejoint le port de l’Embouchure, point de rencontre avec le canal du Midi et le canal latéral à la Garonne.

Le Doubs, navigation à vapeur

Claude François de Jouffroy d’Abbansavec l’aide du chaudronnier baumois Pourchot, il construit sa première embarcation, le Palmipède, dont une machine à vapeur actionne des rames en forme de palme. Il parvient à naviguer avec succès pour la première fois de l’histoire de la navigation sur le bassin de Gondé, là ou le Cusancin se jette dans le Doubs, à Baume-les-Dames, aux mois de juin et juillet de la même année. Les deux paires de rames de chaque côté du bateau empêchent le passage aux écluses, et ce relatif échec du procédé de propulsion incite son inventeur à abandonner ce projet.

Ressources d’un Collège Jésuite

Aspects économiques de la présence des Jésuites dans la Région de Molsheim du XVIème au XVIIIème siècle ; elles sont tirées d’innombrables possessions et redevances dispersées entre Vosges et Rhin dans une cinquantaine de localités (5 bailliages), la majorité se trouvant dans un rayon de 5 à 10 kilomètres autour de Molsheim. En fin de période, surface totale atteinte : 1200 hectares (terres labourables, forêts, prairies, vignes), répartis entre plus de 300 fermiers.

18ème. Ingénieurs, Écoles des mines

Bertin souhaitait vivement créer une école des mines ; mais il lui fallait assurer le financement nécessaire. Dans ce but, un arrêt a été rendu le 13 janvier 1776, commettant le caissier de la Petite Poste de Paris pour recouvrer les contributions des exploitants de mines destinées à l’entretien d’une école des mines. Ce caissier est vraiment tout indiqué ; il doit également percevoir les contributions versées par les entrepreneurs de carrosses des villes de Lyon, Bordeaux et autres. La création de l’École des mines de Paris a ainsi été rendue possible ! Elle est cependant combattue par Monnet, qui avait été nommé, le 17 juin 1776, Inspecteur général des mines du Royaume.

Partie 2. 1776 au jour le jour en Amérique (6 évènements)

17 mars 1776. Les Américains reprirent Boston, à la suite de la fortification de Dorchester Heights. Puis George Washington dirigea son armée sur New York, où il avait prévu que se ferait la retraite britannique après la chute de Boston. Un des objectifs des Britanniques était de repousser les attaques des villes côtières pour que les renforts venus par la mer puissent arriver. Le ministère britannique n’avait pas cru d’abord à une résistance si énergique. Les colonies, mises au ban des nations par la métropole, prirent alors une mesure à laquelle presque personne n’avait songé au commencement de la lutte.

Juin. Après que la Virginie se fut dotée d’une déclaration des droits, Thomas Jefferson fut chargé de préparer l’ébauche d’une déclaration d’indépendance.

4 juillet. Le document, qui représente l’un des textes fondamentaux du pays, fut approuvé par le Congrès après remaniement. La proclamation d’indépendance des treize colonies conduisit à une confédération où chaque État conserva sa liberté et sa souveraineté, et qui rompit irrévocablement avec la Grande-Bretagne. Louis XVI, par l’intermédiaire de Beaumarchais, aide financièrement les insurgés américains.

Juin. Les volontaires américains, sans munitions, sans ressources, ne purent d’abord tenir tête aux régiments expérimentés qu’on envoyait contre eux. En juin, le général Howe prit New York et Rhode Island avec 20 000 tuniques rouges. Pendant plusieurs mois, Howe et Washington se battirent pour l’État de New York et finalement, Washington, obligé de battre en retraite par le New Jersey jusqu’au-delà du Delaware, eut la douleur de voir un grand nombre de ses soldats l’abandonner.

25 décembre. De là, Washington fit une tentative imprévue et d’une audace remarquable. À Noël, l’armée continentale avait besoin d’une victoire. Il franchit le fleuve malgré la glace pendant la nuit du 25 décembre, surprit à Trenton un corps de mille Allemands commandés par Johann Rall, tua celui-ci et fit prisonniers ses soldats.

Ce succès, qui dégageait Philadelphie, releva le moral de la population. De nouveaux miliciens accoururent de la Pennsylvanie, et Washington, reprenant l’offensive, força Charles Cornwallis à se replier jusqu’à Brunswick.

3 janvier 1777. L’armée de Washington eut une autre victoire lors de la bataille de Princeton le 3 janvier. Ces succès redonnèrent confiance aux insurgés et entraînèrent l’enrôlement de nouveaux volontaires dans l’armée continentale.

Partie 3. 1776 au jour le jour, en France (32 évènements)

Sources. Wikipédia, Khronobase.

1 janvier. Les appointements de Monge à l’école du génie de Mézières sont portés à 3k livres et il devient officiellement professeur de physique, de mathématiques pratiques, de chimie et d’histoire naturelle.

5 janvier. Turgot propose au conseil du roi un projet de six édits abolissant la corvée royale, supprimant les privilèges commerciaux et les jurandes, imposant la noblesse.

9 janvier : hiver glacial dans le nord de la France. Normal au Centre et dans le Sud du pays. Grand froid à Paris à partir du 9 janvier jusqu’au début février. Température record : -19,1 °C à Paris le 29 janvier. La Seine est gelée du 25 janvier au 6 février.

Janvier : la direction de l’Académie royale de musique est refusée au chevalier de Saint-George ; Mlles Arnould, Guimard, Rosalie et autres actrices ayant adressé un placet à la reine pour représenter à Sa Majesté que leur honneur et la délicatesse de leur conscience ne leur permettraient jamais d’être soumises aux ordres d’un mulâtre .

5 février : des lettres patentes abolissent le droit de sol pour livre sur les suifs et chandelles, remplacé par un impôt sur les bestiaux aux entrées de Paris.

9 février. Panchaud crée à Paris la Caisse d’escompte.

Février. Condorcet traite du financement des travaux sur l’Escaut à la demande de Turgot.

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Les Tiepolo, peintres vénitiens

18ème siècle. Le père, Giambattista Tiepolo, est né à Venise le 5 mars 1696 et mort à Madrid le 27 mars 1770. Source : extraits de l’article de Wikipédia

« Il a travaillé dans plusieurs grandes cours européennes, fait caractéristique de la circulation des artistes dans l’Europe des Lumières.

Représentatives du style rococo, ses œuvres qui ont fait sa réputation sont les grands cycles de fresques qu’il a peints à Venise et dans sa région, mais aussi à Bergame ou Milan et, hors d’Italie, à Madrid et à Wurtzbourg pour décorer palais et églises. Il a également laissé de nombreux tableaux et esquisses peintes.

Il est le mari de Maria Cecilia Guardi, sœur des peintres vénitiens Francesco Guardi et Gianantonio Guardi. Il est le père des peintres Giandomenico Tiepolo (1727-1804) et Lorenzo Tiepolo (1736-1776) ».

Liste de peintures de Giambattista Tiepolo

Trois diaporamas (photos de Pierre Dubois)

Giambattista, Louvre : 17 photos (4 œuvres, cartels, détails).

Giambattista, Beaux-arts Strasbourg, Cognacq-Jay, Petit Palais : 17 photos (4 œuvres, cartels, détails).

Giandomenico (fils de Giambattista), Louvre, Beaux-arts Strasbourg : 19 photos (3 œuvres, cartels, détails).

Partie 1. Biographie de Giambattista Tiepolo. La formation, les premières réalisations (1714-1730) (source : Wikipédia)

1696 (mars). Giambattista naît à Venise. Il est le dernier des six fils de Domenico Tiepolo, capitaine d’un navire marchand, et de sa femme Orsetta Marangon.

1697 (mars). Son père meurt, laissant la famille dans des difficultés économiques persistantes.

1710 (14 ans). Tiepolo entre comme élève dans l’atelier de Gregorio Lazzarini, peintre éclectique, capable de combiner les différents enseignements de la tradition vénitienne. Il en apprend les premiers rudiments, mais aussi le goût du grandiose et du théâtral dans les compositions.

1715 (19 ans). Il commence à peindre les cinq arcs des autels de l’église vénitienne Santa Maria dei Derelitti, avec des figures d’apôtres appariées, avec des clairs obscurs violents et des tons sombres.

1716 (20 ans). Il travaille pour le doge en exercice, Giovanni II Corner, exécutant des peintures et des portraits dans son palais, dont celui de Marco Corer, le premier doge de la famille.

1717 (21 ans). Première mention de l’artiste dans la Fraglia (Corporation) des peintres vénitiens.

1719 (23 ans). Le 21 novembre, Tiepolo  épouse secrètement Maria Cecilia Guardi (1702-1779), un mariage qui durera plus de cinquante ans. Au moins dix enfants naissent de cette union, dont quatre filles et trois garçons survivront.

1719-1720. Il réalise ses premières œuvres profanes, la décoration du hall du premier étage de la villa Baglioni (Padoue-Massanzago).

1721 (25 ans). Il reçoit la commande la Madonna del Carmine pour l’Église Sant’Aponal, qu’il commence en 1722 et livre en 1727.

1724 (28 ans). Il peint la voûte à l’église de l’Ospedaletto avec le Sacrifice d’Isaac, dernier exemple de ses voies initiales sombres. A partir de ce moment, son style s’oriente vers des couleurs vives aux tonalités claires immergées dans une luminosité solaire.

1724 et 1725. Il travaille à la décoration du Palazzo Sandi avec la grande fresque au plafond de la salle dédiée au Triomphe de l’éloquence, thème iconographique probablement dû à la profession du client, l’avocat Tommaso Sandi.

1727 (31 ans). Le 30 août, naît son fils Giandomenico (1727-1804), son futur collaborateur.

1726-1729. Tiepolo partage son travail entre Udine et Venise, toujours pour des commandes reçues des frères Dolfin, et s’organise pour dédier les saisons les plus chaudes aux fresques et les plus froides aux toiles.

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1725. 1ère loge maçonnique à Paris

Source. Extraits de l’article de Frédéric Salin, Franc-maçonnerie, Petite histoire d’un Ordre méconnu. Herodot.net, 1 janvier 2023.

« La franc-maçonnerie moderne est née en Grande-Bretagne dans les premières années du XVIIIe siècle. Elle s’est très vite diffusée dans l’ensemble du monde occidental, accompagnant partout la démocratie et la tolérance religieuse.

Le 24 juin 1717, à l’occasion de la Saint Jean, naît à Londres la Grande Loge de Londres et de Westminster. C’est l’acte fondateur de la franc-maçonnerie moderne. Il se produit dans une taverne au nom pittoresque : L’oie et le gril« .

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« À Paris, une première loge maçonnique anglaise aurait vu le jour en 1725, rue des Boucheries. Elle est restée dans les annales sous le nom emblématique de Saint-Thomas au Louis d’Argent. Elle reçoit en 1732 une patente de la Grande Loge de Londres.

Ne perdons pas de vue que les encyclopédistes et les grands philosophes qui ont valu à notre XVIIIe siècle d’être surnommé plus tard le Siècle des Lumières avaient fréquenté assidument les membres de la Royal Society de Londres et entretenu avec eux des échanges fructueux. Pour l’anecdote, nous pouvons citer Charles de Montesquieu qui avait été reçu maçon en mai 1730 dans une loge londonienne en présence de son compatriote exilé et anglicisé Jean-Théophile Désaguliers.

La franc-maçonnerie prend en France une coloration particulière qui l’éloigne peu à peu de la tutelle londonienne. En quelques années, les affiliés français supplantent les Anglais à l’origine de la première loge parisienne. À l’initiative du duc Anne Charles Sigismond de Montmorency-Luxembourg, plusieurs loges se fédèrent au sein d’une nouvelle obédience, le Grand Orient de France.

Le 22 octobre 1773, le duc de Chartres Louis-Philippe d’Orléans, futur Philippe-Égalité, en devient le Grand Maître, avec essentiellement un rôle de représentation.

Paris et quelques autres grandes villes de France voient croître leurs loges à la porte desquelles se pressent dans l’espoir d’y être admis à peu près tout ce qu’on y compte de notabilités. Les aristocrates, les bourgeois de qualité, certains membres du haut clergé et tous ceux qui se piquent de philosophie  envahissent les loges françaises qui, de ce fait, se multiplient et deviennent un lieu privilégié d’échanges intellectuels. Même engouement dans le reste de l’Europe. À Prague, le divin Mozart offre à la franc-maçonnerie un chef-d’œuvre, La Flûte enchantée

Le célèbre Voltaire mérite une mention particulière : il fut reçu franc-maçon dans une loge parisienne dite des Neuf Sœurs (loge d’écrivains et d’artistes fondée par Helvetius) le 7 avril 1778, soit deux mois avant sa mort. Eu égard à son grand âge, les épreuves d’admission furent allégées pour lui et on imagine bien que, en recevant cet illustre vieillard de quatre-vingt-quatre ans, la loge pensait surtout à donner davantage de lustre à sa matricule ».

Voltaire, d’après un modèle de Jean-Antoine Houdon, vers 1780, Petit Palais.

« À ce propos, notons que les dictionnaires maçonniques ont la fâcheuse habitude d’enrôler sans vergogne des personnalités célèbres en leur temps mais qui n’ont entretenu avec la franc-maçonnerie que des relations distantes et même parfois inexistantes…

Mais on ne saurait faire l’impasse sur une personnalité maçonnique hors du commun : le marquis de La Fayette, né en 1757, reçu en maçonnerie en 1774 (à l’âge de dix-sept ans) dans le sein d’une loge militaire stationnée à Metz et général à moins de vingt ans.

En 1777, il s’embarque pour l’Amérique où, sur la recommandation de son ami et frère Benjamin Franklin, il est nommé major par George Washington (également franc-maçon) et prend le commandement des insurgents désireux d’échapper à la tutelle britannique et de prendre leur indépendance ».

Buste de Benjamin Franklin d’après un modèle de Jean-Antoine Houdon, 1778, Terre cuite, Petit Palais.

« Il ne serait pas excessif d’affirmer, sans réduire le mérite des politiques, que l’indépendance américaine et la Constitution des premiers États-Unis de Philadelphie furent en grande partie une création maçonnique.

Chef de la garde nationale en 1789, député et bardé de tous les honneurs, La Fayette joua un rôle de premier plan dans les périodes révolutionnaire et postrévolutionnaire, professant des idées libérales et sans jamais renier son appartenance à la franc-maçonnerie jusqu’à sa mort en 1834 au soir d’une existence d’une exceptionnelle richesse ».

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19 peintures de Jean-Baptiste Greuze

Jean-Baptiste Greuze (1725-1805) : trois diaporamas

Montpellier, Musée Fabre, 4 œuvres et 13 photos (dont cartels et détails) dans la chronique du 27 août 2017 : Jean-B. Greuze, 30 ans en 1755.

Besançon, Nancy, Nantes, Paris (Petit-Palais et Cognacq-Jay), 5 œuvres et 19 photos.

Paris, Musée du Louvre, 10 œuvres et 35 photos.

et un 20ème tableau au MBA de Strasbourg : Portrait de Pierre-Alexandre Wille, enfant

Liste des tableaux de Greuze (source Wikipédia).

Partie 1. 1725-1762. Source : citations de l’article de Wikipédia.

1725. Jean-Baptiste Greuze naît le 21 août à Tournus en Saône-et-Loire. Fils d’un entrepreneur et architecte, Jean-Baptiste Greuze fut dès sa plus tendre enfance attiré par le dessin, malgré la volonté de son père qui le destinait au commerce. Il fut soutenu dans sa vocation par le peintre lyonnais Charles Grandon, dont il sera l’élève.

1750 (25 ans). Greuze suit son professeur à Paris où il s’installe. Il devient l’élève de Charles-Joseph Natoire à l’Académie royale de peinture et de sculpture, professeur avec lequel il eut des démêlés.

1755 (30 ans). Ses débuts au Salon furent un triomphe. Son Père de famille lisant la Bible à ses enfants connaît un grand succès. Il devient membre associé de l’Académie.

Le petit paresseux, Musée Fabre, Montpellier.

1755-1757 (30-32 ans). Il part étudier à Rome et il y peint Les Œufs cassés peu de temps après son arrivée.

« Aux couleurs claires et lumineuses, à l’attitude légère de la peinture du XVIIIe siècle, Greuze introduit un réalisme d’influence néerlandaise dans la peinture de genre et le portrait français. Par des expressions faciales vives et des gestes dramatiques, ces peintures moralisantes illustrent l’idée selon laquelle la peinture doit se rapporter à la vie. Il capture les détails des décors et des costumes, parle au cœur, éduque les observateurs et cherche à les rendre vertueux ».

1759 (3 février) (34 ans). Il épouse Anne-Gabrielle Babuty, fille d’un libraire du quai des Augustins, François Babuty,

1761 (36 ans). Il en expose le portrait. Cette même année, il suscite l’engouement du public et de la critique au Salon, avec son Accordée de village.

1762 (37 ans). Le 16 avril, à Paris, son épouse donne naissance à une première fille qu’ils prénomment Anna-Geneviève. Elle embrassa la carrière de son père qu’elle soutiendra jusqu’à sa mort.

Partie 2. 1769-1805. Source : Encyclopédie Larousse

1769 (44 ans). Greuze rêve des lauriers du peintre d’histoire et se brouille avec l’Académie quand celle-ci ne le reçoit que comme peintre de genre, malgré son Septime Sévère et Caracalla (Louvre), inspiré de Poussin.

1769 (vers). Autoportrait.

1773 (48 ans). Il donne la Cruche cassée, d’une sensualité ambiguë.

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Accès au Master 1 (8 000 parcours)

Suite de la chronique : Taux de diplômés en hausse. « En 2018 et pour la 1ère fois, plus de 50 % de femmes de 25 à 34 ans sont diplômées du supérieur. A cette date, les hommes ne sont que 43,2 % dans ce cas… Le taux de diplômés à un niveau supérieur à bac+2 est passé de 20,8% en 2003 à 36,5 % en 2020 (taux de 39,6 % pour les femmes, de 33,3 % pour les hommes) ».

L’ouverture de la plateforme pour l’entrée en master 1 ainsi que l’offre de formation (8 000 parcours de Master 1, davantage en M 2) vont vraisemblablement encore booster ces taux. Quelles conséquences ?

Bac + 5. Trop de diplômés ? Une insertion professionnelle dégradée (au niveau de la rémunération en particulier) ? Malgré des données statistiques nombreuses (cinq sources mobilisées couvrant la période 1962-2019), il n’est plus possible de répondre rigoureusement à ces questions.

Source : cliquer sur MESR, 12 décembre 2022.

Une nouvelle plateforme, pourquoi ?

Pour la rentrée universitaire 2023, le processus d’entrée en première année de master évolue. 

À partir de février 2023, les étudiants et personnes en reprise d’études pourront consulter l’intégralité de l’offre de formation en master, via la nouvelle plateforme. Ce sont plus de 3 500 formations, 8 000 parcours proposés par les établissements d’enseignement supérieur publics ou privés en convention avec un établissement public. Les étudiants pourront ainsi nourrir leur réflexion, connaître les spécificités des parcours proposés, les compétences et connaissances attendues, etc.

La plateforme de recrutement et de candidature sera ouverte à partir du 1er mars 2023. Les candidats devront se rendre directement sur la plateforme nationale pour présenter leurs candidatures en master 1 . 

Cette nouvelle plateforme uniformise la procédure de recrutement et facilite les démarches des candidats avec la mise en œuvre d’un dépôt unique de dossier de candidature et la mise en œuvre d’un calendrier commun pour l’ensemble des établissements d’enseignement supérieurs.

Qui est concerné ?

La nouvelle plateforme nationale est destinée aux étudiants titulaires (ou en préparation) d’un diplôme national de licence ou d’un autre diplôme permettant d’accéder au cursus master, qu’ils soient français ou ressortissants de l’Espace économique européen, d’Andorre, de Suisse ou de Monaco.

Certains candidats ne seront pas concernés par ce dispositif :

  • les candidats de nationalité étrangère (à l’exclusion des ressortissants de l’Espace économique européen, d’Andorre, de Suisse ou de Monaco) dont le pays de résidence bénéficie du dispositif Études en France ;
  • les étudiants redoublant leur première année de master ;
  • les candidats souhaitant être admis en première année de master par le biais d’une validation des études supérieures (VES) ou d’une validation des acquis professionnels (VAP) ;
  • les étudiants dont le cursus prévoit automatiquement l’admission en première année de master, notamment les étudiants en cursus master en ingénierie (CMI).

Comment candidater sur la nouvelle plateforme nationale ?

Du 1er mars au 3 avril 2023, les candidats pourront exprimer un maximum de 15 candidatures et disposeront d’un maximum de 15 candidatures supplémentaires dans les formations proposées par la voie de l’alternance.

Le décompte des candidatures s’effectue par mention de master au sein d’un établissement donné : le fait de se porter candidat dans plusieurs parcours de formation au sein d’une même mention de master, d’un même établissement, compte pour une seule candidature.

L’admission en première année de master n’est pas automatique. Selon les établissements, elle peut être soumise :

  • à l’examen du dossier du candidat,
  • à un entretien,
  • au succès à un concours.

Certaines formations présentant des spécificités, des calendriers particuliers, n’opéreront pas leurs recrutements en première année de master via la nouvelle plateforme. Les étudiants devront donc se rapprocher des établissements concernés pour présenter leurs candidatures dans ces formations (ex : formations à vocation internationale).

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1776-1789. L’abolition des Corvées

Louis XVI est roi depuis la mort de son grand-père, Louis XV, le 10 mai 1774. Les six édits de Turgot (février 1776) concernent :

  • la suppression des jurandes et maîtrises.
  • la suppression de la Caisse de Poissy.
  • la suppression des droit de hallage sur les grains.
  • la suppression des charges sur les ports.
  • la diminution des droits sur les suifs.

Ouvrage de référence Anne Conchon, La corvée des grands chemins au 18ème siècle, Presses universitaires de Rennes, 2016. Chapitre VII. Trouver une alternative à la corvée, p. 229-276.

Partie 1. Évolution des Corvées au 18ème siècle. Source : Anne Conchon, Le temps de travail en quête de mesure. La corvée royale au 18ème siècle, Genèses 2011/4, (n° 85), pages 50 à 69.

1738. Généralisation de la corvée royale, travail imposé d’entretien des voies et ouvrages d’art publics : routes, ponts, fossés, palissades.. Elle est amorcée en 1738 par les mesures du contrôleur général des finances Philibert Orry et permet d’agrandir et moderniser le réseau des routes en France.

1776 (5 janvier). Turgot, contrôleur général des finances, présente au roi six projets d’édits.

1776 (janvier). Discussions au sein du Conseil royal. La taxation en argent (au lieu de la corvée) concernait les privilégiés (Noblesse et Clergé). Maurepas et Miromesnil obtiennent finalement l’exemption du Clergé.

1776 (février). Suppression des corvées par édit royal.

1776 (11 mars). Le Parlement s’opposant à l’édit, Louis XVI tient un lit de justice le 11 mars pour le lui imposer.

1776 (12 mai). Renvoi de Turgot.

1776 (11 août). Successeur de Turgot : Clugny, ancien intendant de Guyenne : puisqu’il faut faire parler de soi, je puis toujours culbuter d’un côté ce que M. Turgot a culbuté de l’autre. Il rétablit ainsi les corvées, laissant toutefois liberté aux intendants de leur substituer une taxe en argent.

1777 (8 septembre). Quelques mois après sa nomination comme Directeur général des finances, Necker adresse le 8 septembre aux intendants un questionnaire comportant quatorze items. Cette enquête a d’abord vocation à estimer le nombre de travailleurs nécessaires à la construction et à l’entretien des routes afin d’évaluer le coût de la dépense à engager.

1787 (27 juin). La corvée royale est supprimée définitivement par Ordonnance.

1789 (4 août). La corvée seigneuriale est abolie.

Partie 2. Turgot et les Corvées. Source : Benoît Malbranque, La suppression des corvées par Turgot (février 1776), Institut Coppet, mars 2016.

Turgot. Je crois la corvée injuste en ce que c’est une charge qui ne tombe que sur un certain nombre de paroisses que le hasard rend voisines des grands chemins. Je la crois encore plus injuste, en ce que le fardeau en retombe uniquement sur les journaliers et les laboureurs qui sont les moins intéressés à la bonté des chemins, dont les seuls propriétaires de terre profitent par l’augmentation de leurs revenus. Je crois d’ailleurs impossible de mettre une règle certaine dans leur administration. 

« Arrivé dans Limousin, Turgot comprenait l’ampleur du mal et anticipait parfaitement sa cause. Il songea à remplacer purement et simplement le système des corvées, cet impôt en nature, par une imposition plus juste : une taxe en argent. Sous ce système, le pauvre paysan contribuerait par son argent à la construction ou la réparation de la route et n’irait pas la construire ou la réparer lui-même. Ce difficile travail serait laissé à des spécialistes, rémunérés par les fonds perçus de l’impôt. La construction des routes est un art qui a ses principes et ses règles, ignorés du vulgaire, à plus forte raison des paysans, fera plus tard remarquer Gustave d’Hugues avec raison.

Après son expérience réussie dans le Limousin, Turgot, devenu ministre, supprimera les corvées pour le pays entier. Condorcet, qui le soutenait ardemment dans cette lutte, écrira que cette abolition devait être pour les paysans un bien inappréciable. On peut calculer ce que cette suppression peut épargner d’argent au peuple, ajoutera-t-il, mais ce qu’elle lui épargnera du sentiment pénible de l’oppression et de l’injustice est au-dessus de nos méthodes de calcul. 

Autre grand partisan de la réforme, Voltaire écrira : Je suis enchanté des édits sur les corvées et sur les maîtrises. On a eu bien raison de nommer le lit de justice, le lit de bienfaisance ; il faut encore le nommer le lit de l’éloquence digne d’un bon roi. Lorsque maître Séguier lui dit qu’il était à craindre que le peuple ne se révoltât, parce qu’on lui ôtait le plaisir des corvées, et qu’on le délivrait de l’excessif impôt des maîtrises, le roi se mit à sourire, mais d’un sourire très dédaigneux. Le siècle d’or vient après un siècle de fer. À un autre correspondant, il dira plus simplement : L’abolition des corvées est un bienfait que la France n’oubliera jamais.

Partie 3. Un livre sur Louis XVI, Jean-Christian Petitfils, éditions Perrin, nouvelle édition novembre 2015, 1116 pages, pages 221-222.

Partie 4.  Édit de suppression des corvées (février 1776). Source : texte intégral publié par l’Institut Coppet en 2016.

L’utilité des chemins destinés à faciliter le transport des denrées a été reconnue dans tous les temps. Nos prédécesseurs en ont regardé la construction et l’entretien comme un des objets les plus dignes de leur vigilance.

Jamais ces travaux importants n’ont été suivis avec autant d’ardeur que sous le règne du feu roi, notre très honoré seigneur et aïeul. Plusieurs provinces en ont recueilli des fruits par l’augmentation rapide de la valeur des terres.

La protection que nous devons à l’agriculture, qui est la véritable base de l’abondance et de la prospérité publique, et la faveur que nous voulons accorder au commerce comme au plus sûr encouragement de l’agriculture, nous feront chercher à lier de plus en plus par des communications faciles toutes les parties de notre royaume, soit entre elles, soit avec les pays étrangers.

Désirant procurer ces avantages à nos peuples par les voies les moins onéreuses pour eux, nous nous sommes fait rendre compte des moyens qui ont été mis en usage pour la construction et l’entretien des chemins publics.

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Le crépuscule des Fêtes vénitiennes

Venise au 18ème siècle. Deux tableaux de Canaletto (1697-1768) et de Michele Marieschi (1710-1743). Six de Francesco Guardi (1712-1793) : série dédiée aux fêtes vénitiennes, peinte entre 1770 et 1780.

Diaporama de 40 photos (musée du Louvre, octobre 2022). Huit œuvres (+ détails et cartels).

Le départ du Bucentaure vers le Lido de Venise, le jour de l’Ascension (vers 1770-1780)

Quiz :  le premier tableau (ci-dessous, en noir et blanc) est aussi un tableau de Guardi, mais il n’appartient pas au Louvre. Dans quel musée des Beaux-arts peut-on l’admirer ?

1797 : La fin de Venise. Source : extrait de l’article de Wikipédia. « Après environ un millénaire d’indépendance, la république de Venise fut occupée par les troupes de Napoléon Bonaparte, le mai 1797, au terme de la campagne d’Italie. L’invasion des Français mit ainsi un terme aux libertés politiques des patriciens vénitiens.

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