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1773. 27 évènements, 12 chroniques

Suite des chroniques sur le 18ème siècle, année par année. Sources : articles de Wikipédia.

1773. 27 évènements et 12 chroniques dédiées à 1773.

Quiz. Cet édifice strasbourgeois a été construit entre 1772 et 1775. Comment s’appelle-t-il et quel est son architecte ? Indice : une chronique du blog lui est consacrée.

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Partie 1. L’Europe : quelles alliances et quels rapports de force entre les nations ?

En 1773, en France, Louis XV vit sa dernière année de règne ; il a osé confier la réforme de la Justice à Maupeou et exilé les membres du Parlement de Paris. Bannis du pays, les jésuites voient leur Ordre dissout par le Pape. Le jeune duc de Berry, un des petits-fils de Louis XV, sait qu’il va devoir régner. Il a 19 ans et sera Louis XVI. Son mariage avec Marie-Antoinette en 1770 incarne l’alliance de la France et de l’Autriche. Ces deux pays ne sont pas en guerre.

En 1773, l’Angleterre n’est pas en guerre non plus. Elle s’assure de la maitrise du trafic colonial par le Tea Act. Elle confie à Cook une exploration maritime lointaine. Début des troubles dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord. Angleterre et France vont bientôt s’affronter dans la guerre d’indépendance des États-Unis.

En 1773, à l’est de l’Europe, la guerre entre la Russie et la Turquie reprend. Son enjeu : le  contrôle de l’accès à la mer Noire. La Prusse a réussi à se faire une place reconnue dans le concert des nations européennes.

En 1773, la Pologne ratifie le traité de Saint-Pétersbourg de 1772 sous la menace de nouvelles amputations. Cela ne suffit pas ; elle disparaîtra après les partages de 1792 et 1795 entre la Russie, La Prusse et l’Autriche.

En 1773, l’Espagne et la Suède n’ont plus l’influence qu’elles avaient en Europe un siècle plus tôt.

Partie 2. 1773, les évènements, mois par mois. Références aux 10 chroniques du blog déjà publiées.

17 janvier. L’expédition Cook passe le cercle polaire Antarctique. 17 février. Il observe sa 1ère aurore australe dans l’Océan Indien. 16 août : Il passe par Tahiti. Grâce à la méthode de calcul par les distances lunaires puis grâce à la mise au point des chronomètre, le travail des navigateurs va se trouver facilité à la fin du XVIIIe siècle, à partir de 1770.

31 janvier. Frédéric II de Prusse crée par décret la province de Prusse-Occidentale.

13 février. Beaumarchais lit sa comédie « Le Barbier de Séville » chez le fermier général Lopès : « Un vieillard amoureux prétend épouser demain sa pupille mais un jeune amant plus adroit, le jour même, en fait sa femme ».

Chronique du blog (1). Beaumarchais l’insolent (1732-1799). Pierre-Augustin Caron prendra le nom de Beaumarchais en 1756.

20 février. Début du règne de Victor-Amédée III de Sardaigne (1726-1796).

24 février. Arrêt du conseil réorganisant le recouvrement de la capitation bourgeoise de Paris. Les loyers sont recensés par l’intendant Bertier et l’imposition est calculée de manière proportionnelle ; le rendement de l’impôt passe de 850 000 livres à 1 400 000 livres.

8 mars. Condorcet est élu « pensionnaire surnuméraire, adjoint avec survivance » au Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, Grandjean de Fouchy

22 mars. Rupture de la conférence de Bucarest. Reprise de la guerre russo-turque.

  • 7 juin : victoire des Russes du général Weissmann d’Alexandre Souvorov sur les Turcs à Karasou en Bulgarie.
  • 21-27 juin : les troupes russes de Piotr Alexandrovitch Rumyantsev passent le Danube.
  • 21 juillet : Le général russe Weissmann est tué par les Turcs à Kaïnardji. Piotr Alexandrovitch Roumiantsev est battu par les Ottomans à Silistrie et doit repasser le Danube.
  • 20 novembre : Pougatchev assiège Orenbourg. Les Cosaques de l’Oural, les serfs et les ouvriers de Bachkirie, Mordovie, Oudmourtie, de Touva, les Tatars et les Mariis se rallient. Catherine II de Russie charge Bibikov (dictateur de l’Est) de réprimer le soulèvement.
  • 21 octobre : échec des Russes devant Varna.
  • 21 novembre : Pougatchev subit un échec à Berda.
  • 26 décembre : Pougatchev bat les troupes régulières russes de Tchernychev sur les bords de la Sakmara.

7 avril. Paris : les loges maçonniques françaises sont réorganisées au sein du Grand Orient de France dans un vaste système relationnel hiérarchisé par les affiliations. Au nombre de 200 en 1773, elles passent à 300 en 1778, plus de 600 en 1789 avec 40 000 adeptes estimés.

27 avril. Vote du Tea Act, qui prend effet le 10 mai. La métropole tente de rétablir le régime de l’exclusive. Tout le trafic colonial passe sous contrôle britannique.

9 mai. Émeutes de la faim à Bordeaux.

11 juin. Diderot quitte Paris pour La Haye. Il est logé à l’ambassade de Russie, chez le prince Galitzine. 20 août, il arrive à Saint-Pétersbourg. Du 8 octobre au 5 mars 1774 : Diderot séjourne cinq mois à Saint-Pétersbourg à l’invitation de Catherine II de Russie. Il rédige à sa demande un projet pour l’organisation de l’enseignement en Russie.

Huit chroniques sur Diderot, dont chronique (2) : Diderot, dessine-moi une université ! Plan d’une université pour le Gouvernement de Russie (1775-1776), projet réalisé à la demande de Catherine II, impératrice.

13 juin. Espagne : le comte d’Aranda quitte ses fonctions de président du conseil de Castille sous l’influence du haut clergé pour devenir ambassadeur à Paris.

21 juin. Le Regulating Act prend force de loi. Il place les acquisitions indiennes sous l’autorité du parlement britannique. Calcutta devient la capitale des Indes britanniques.

3 juillet. La Comédie française reçoit la comédie Le Barbier de Séville de Beaumarchais, dans une version en 4 actes.

21 juillet. Le pape Clément XIV prononce la dissolution de la Compagnie de Jésus par le bref Dominus ac Redemptor. Il aurait été élu sur ordre des monarchies Bourbon en échange de l’engagement de supprimer la Compagnie. 

« Il y a alors 23 000 Jésuites, prêtres et frères, répartis en 39 provinces, en 1 600 résidences et 800 établissements d’enseignement. 15 000 d’entre eux se trouvent ramenés à l’état séculier et deviennent prêtres diocésains. Ils doivent abandonner leur postes d’enseignants.

Les collèges jésuites en Autriche sont attribuées aux piaristes, tandis que l’université de Prague en Bohême passe aux mains du clergé régulier. La Bibliothèque de Vienne, jusqu’alors entre les mains des jésuites, est donnée à l’université.

En Hongrie, on compte 7 collèges et 41 gymnases jésuites ainsi que plusieurs facultés à l’université de Nagyszombat et aux académies de Kassa et de Kolozsvár.

Frédéric II de Prusse (calviniste) et Catherine II de Russie (orthodoxe) refusent que le décret papal soit promulgué dans leurs États. Les collèges jésuites continueront à y fonctionner jusqu’au rétablissement de la Compagnie en 1814″.

Histoire de la chute des jésuites au dix-huitième siècle (1750-1782).

Chronique du blog (3). 1759-73. La fin des Jésuites ? La suppression de la Compagnie de Jésus, ordre religieux fondé par Ignace de Loyola en 1540, est prononcée par le pape Clément XIV en 1773.

Septembre. Le cardinal de Bernis est chargé de faire pressentir à Rome s’il serait possible de faire annuler le mariage de mademoiselle de Vaubernier avec le comte Guillaume Dubarry, sans succès. Le projet de mariage entre Louis XV et Madame du Barry échoue.

Chronique du blog (4). Mme du Barry, guillotinée fin1793. Dès la mort de Louis XV, son petit-fils et successeur Louis XVI, probablement influencé par sa femme, la jeune reine Marie-Antoinette et ses tantes, fait délivrer une lettre de cachet contre la comtesse du Barry.

11 septembre. Soufflot est nommé contrôleur général des bâtiments et embellissements de la ville de Lyon.

Chronique du blog (5). Paris. Soufflot, architecte de l’École de droit, construite de 1771 à 1773, ouverte en 1774 et inaugurée en 1783.

17 septembre. Le chef Cosaque Pougatchev (1742-1775) se proclame tsar sous le nom de Pierre III et promet aux paysans l’abolition du servage. Début de la Guerre des Paysans russes.

19-20 septembre. Révolte populaire à Palerme. Menacé, le vice-roi Fogliani quitte la ville. Ferdinand IV de Naples confie aux corporations le maintien de l’ordre public à Palerme. Un gouvernement provisoire est institué sous la présidence de l’archevêque Serafino Filangieri.

30 septembre. La Diète de Pologne ratifie le traité de Saint-Pétersbourg de 1772 sous la menace de nouvelles amputations. Tadeusz Reytan tente d’empêcher la légalisation de la première partition.

Chroniques du blog (6 et 7). La Pologne partagée, 1772, 1793, 1795. Suite de la chronique Pierre 1er le Grand et Catherine II : accéder à la mer Noire et à la mer Baltique.

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1759-73. La fin des Jésuites ?

« La suppression de la Compagnie de Jésus, ordre religieux fondé par Ignace de Loyola en 1540, est prononcée par le pape Clément XIV en 1773.

Après avoir été expulsée du Portugal et de ses colonies en 1759, de France en 1763, d’Espagne et de ses colonies et du royaume de Naples en 1767, de Parme en 1768, la Compagnie de Jésus est supprimée universellement par le bref apostolique Dominus ac Redemptor du pape Clément XIV (21 juillet 1773). Elle survivra dans les pays dont les souverains -non catholiques- interdisent la publication du bref ».

Diaporama de 13 photos dont 4 reproduisant une gravure archivée au Cabinet des estampes et des dessins de Strasbourg.

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Partie 1. L’Expulsion des Jésuites. Source : extrait d’un article de Wikipédia.

« L’expulsion des Jésuites est un ensemble de décisions prises pour interdire les activités de la Compagnie de Jésus, dissoudre ses institutions, confisquer ses biens et obliger les Jésuites à s’exiler dans un pays étranger s’ils voulaient conserver leur état religieux. L’aboutissement en fut la suppression de l’ordre par le pape Clément XIV en 1773.

En 1763, les Jésuites sont expulsés de France. Ce renvoi part d’une importante faillite financière du R. P. Antoine Lavalette à la Martinique. Ayant été assigné par ses créanciers, les Jésuites refusent d’éponger ses dettes. Le responsable des missions jésuites fait appel au Parlement de Paris. Les magistrats jansénistes du parlement profitent de l’occasion pour réclamer un examen des statuts de l’ordre en 1761. Ils sont condamnés par le Parlement de Paris où une alliance gallicane-janséniste saisit cette occasion de régler leur compte aux Jésuites en dépit du soutien de Louis XV.

Le Parlement déclare finalement que leur ordre nuit à l’ordre civil, viole la loi naturelle, détruit la religion et la moralité, corrompt la jeunesse et la Compagnie de Jésus est bannie de France. Ses collèges sont fermés les uns après les autres. Cependant les Jésuites peuvent résider en France comme fidèles sujets du Roi et exercer leur ministère sous l’autorité des évêques locaux ».

Partie 2. Les Jésuites expulsés du Portugal en 1759.

Source : Le marquis de Pombal (1699-1782). Les Lumières contre les colères de la Terre (extraits de l’article de Fabienne Manière, Hérodote.net, mai 2020).

Le marquis de Pombal, peint par Louis-Michel van Loo, 1766, Musée de Lisbonne

« Né Sebastião José de Carvalho e Melo, le marquis de Pombal est l’un des grands esprits éclairés du Siècle des Lumières.

Il participe au gouvernement du Portugal à l’avènement du roi Joseph 1er, en 1750, et devient Premier ministre après le tremblement de terre de Lisbonne. Il révèle alors ses talents d’organisateur et sa clairvoyance. Pragmatique, il lance une enquête dans tout le pays sur les indices avant-coureurs du séisme. C’est la première fois que l’on tente une explication scientifique des tremblements de terre.

Le Premier ministre encourage autant que faire se peut l’industrie portugaise (notamment le commerce du vin de Porto). Il modernise surtout l’administration et bride la noblesse.

Il engage un bras de fer avec les Jésuites, auxquels il reproche leur monopole sur l’éducation. Ils sont finalement expulsés du pays sous le fallacieux prétexte d’avoir inspiré un attentat contre le roi.

Le Premier ministre n’en reste pas là. Il use de son pouvoir et de son argent pour contraindre le pape Clément XIV à supprimer la Compagnie de Jésus dans toute la chrétienté en 1773 (ce n’est sans doute pas ce qu’il a fait de mieux car les Jésuites étaient d’excellents pédagogues et, en Amérique latine, protégeaient les Indiens contre les colons).

À 70 ans, enfin, Carvalho e Melo est honoré par le roi du titre de marquis de Pombal, nom sous lequel il restera dans l’Histoire ».

Expulsion du Portugal

Partie 3. Bannissement du royaume de France (1763-1764). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« En France le processus est plus lent et, au départ, plus idéologique : les jésuites ont toujours eu quelque difficulté avec l’université et le Parlement de Paris. La fidélité inconditionnelle des jésuites au Saint-Siège les rend toujours quelque peu suspects lorsqu’un pouvoir tend vers l’absolutisme.

Ce qui permet au parlement d’agir plus résolument, c’est le scandale financier causé par le père Antoine Lavalette, chargé de la gestion financière de la mission de la Martinique. Il est engagé dans des opérations commerciales à grande échelle entre les Caraïbes et l’Europe — le commerce de sucre et de café — et cela malgré les interdictions réitérées de ses supérieurs religieux. Lavalette doit déclarer faillite lorsque plusieurs de ses bateaux sont capturés par des corsaires anglais. Les pertes sont considérables. Les jésuites de France refusent d’en porter la responsabilité.

Des actions légales sont introduites contre les jésuites à Marseille, Paris et ailleurs. Ils sont condamnés à rembourser les pertes de Lavalette. Le 8 mai 1761, le Parlement de Paris auquel ils ont fait appel confirme le jugement. L’attitude négative du provincial de France amplifie le scandale financier. L’existence même de la Compagnie de Jésus en France est mise en question. Certains, conduits par l’abbé de Chauvelin, croient découvrir dans les Constitutions de l’Ordre la source même du comportement répréhensible des jésuites.

Le 6 août 1761, le parlement de Paris ordonne que les écrits de 23 jésuites, dont Bellarmin, Toledo et Lessius, soient bannis comme contraires à la morale et nuisibles à la jeunesse. Interdiction leur est faite de recevoir des novices. Dans les villes où existent d’autres écoles, les collèges jésuites doivent fermer le 1er octobre 1761 et ailleurs ils sont fermés en avril 1762. Louis XV, favorable aux jésuites, intervient plusieurs fois, temporise et obtient quelques délais. Cela tourne au conflit politique entre le parlement et le roi. Des compromis successifs sont proposés aux jésuites, tous à tendance gallicane (pratiquement une séparation vis-à-vis de Rome), et sont rejetés comme inacceptables.

Défiant le roi, le parlement de Paris, le 6 août 1762, déclare que la Compagnie de Jésus nuit à l’ordre civil, viole la loi naturelle, détruit la religion et la moralité, corrompt la jeunesse et la bannit de France… Le roi, de nouveau, obtient un délai, mais doit finalement s’incliner tout en mitigeant les mesures prises. En novembre 1764, Louis XV édicte ce qui devient la mesure pour toute la France : son édit royal entérine l’expulsion des Jésuites. La Compagnie de Jésus est proscrite en France, et ses biens sont confisqués. Les jésuites sont cependant autorisés à y demeurer comme bons et fidèles sujets, sous l’autorité des évêques.

Si l’exécution de l’édit royal se passe moins dramatiquement qu’au Portugal les conséquences en sont tout aussi graves. L’enseignement en France est désorganisé, de nombreux jésuites ayant choisi de partir en exil. Outre-mer, les missions des jésuites français sont confiées aux pères de Missions étrangères de Paris, mais ils ne suffisent pas à la tâche. De nombreux postes sont fermés.

Une alliance de circonstance entre jansénistes, gallicans et philosophes des Lumières a raison des jésuites. En 1761, dans une lettre à Voltaire, D’Alembert écrit : Que la canaille janséniste nous débarrasse des polissons jésuites. Ne fais rien pour empêcher que ces araignées se dévorent les unes les autres. En 1763 il triomphe : Les jésuites étaient les troupes régulières et disciplinées luttant sous l’étendard de la Superstition […] Les jansénistes ne sont que des cosaques dont la Raison va vite se débarrasser maintenant qu’ils doivent se battre seuls« .

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18ème. Gravures de camp militaire

Deux gravures de Striedbeck, photographiées en novembre 2021 au Cabinet des Estampes de Strasbourg

Diaporama de 11 photos : Plan du Camp d’Erstein en Alsace (1753) et Carte du Camp de Blopsheim en  Alsace (1754), villes distantes de 10 kms.

Partie 1. Que nous apprennent ces gravures ? Quelles questions posent-elles ?

Les légendes des gravures livrent le nom et les titres de ceux qui commandaient l’inspection des camps. Il s’agit de deux figures de la Noblesse d’épée.

Erstein. Plan commandé par Mr le Marquis de St. Pern (1716-1795), Lieutenant Général des Armées du Roy, Commandeur de l’Ordre Royal et militaire de St. Louis, Inspecteur Commandant du Corps de Grenadiers de France et Inspecteur Général d’Infanterie.

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Blopsheim. Carte commandée par Mr le Comte de Maillebois (1715-1791), Lieutenant Général des Armées du Roy, Inspecteur Général d’Infanterie, Gouverneur de la Ville et Citadelle de Douay, et Maître de la Garde-robe du Roy.

Les gravures classent les troupes en plusieurs catégories et les symbolisent par des logos, qui indiquent leur emplacement sur le terrain : postes d’infanterie, sentinelles, gardes de cavalerie, vedettes (bateaux), canons, gardes du camp, hussards, chapelle.

Partie 2. Les gravures des camps d’Erstein et de Plobsheim ont-elles été portées à la connaissance de l’intendant et du gouverneur de l’Alsace ?

Jacques Pineau de Lucé a été Intendant de la Généralité d’Alsace de 1753 à 1764, année de sa mort, à l’âge de 55 ans. Il a été seigneur de Viennay, président au Grand Conseil, maître des requêtes, intendant à Tours, intendant de Hainaut, puis conseiller d’État en 1761.

Source. Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, Sans cela une ville ne peut être heureuse : le rôle des gouverneurs et des commandants dans l’aménagement des villes-frontières au XVIIIe siècle, par Guillaume Lasconjarias dans Persée.

« Strasbourg, en 1732, les contrôles de troupes font état de dix bataillons d’infanterie accompagnés d’un bataillon d’artillerie et d’une compagnie d’ouvriers, soit près de six mille hommes. Encore en 1776, cette forte présence militaire est toujours attestée : il n’y a pas moins de onze bataillons (dont un d’artillerie) et six escadrons dans la cité alsacienne, sans compter un détachement de quatre cent quinze soldats formant la garnison de fort Louis.

Une partie conséquente de ces éléments est affectée à des tâches de surveillance et dans la première moitié du siècle, il monte journellement sept cent quatre-vingt-dix hommes dont trente-cinq sergents et cinq capitaines et onze lieutenants. Pas moins d’un cinquième des troupes prend part aux gardes, aux contrôles et aux patrouilles, souvent une fois la nuit tombée.

Dans la cité alsacienne, outre la garde des portes et des lieux les plus dignes d’intérêt et de conservation (l’hôtel de ville, le pont principal sur le Rhin, les hôtels du gouverneur et du commandant…), des éléments militaires patrouillent dans tous les quartiers.

En théorie, on pourrait imaginer une séparation entre monde civil et monde militaire. Il n’en est rien, ne serait-ce que parce que les troupes se répartissent entre la ville et la citadelle, en théorie interdite aux civils ».

Partie 3. Le contexte politico-militaire : entre la guerre de succession d’Autriche (1740-1748) et la guerre de Sept Ans (1756-1763).

Les deux gravures des camps d’Erstein et de Blopsheim (en 1753 et 1754) me paraissent des outils militaires de faible utilité pour le déroulement et l’issue de la guerre qui arrive. Une des raisons est que la guerre se déroulera ailleurs qu’en Alsace, ailleurs que sur le Rhin.

« La guerre de Sept Ans est un conflit majeur de l’histoire de l’Europe, le premier qui puisse être qualifié de guerre mondiale. Elle concerne en effet les grandes puissances européennes de cette époque, regroupées en deux systèmes d’alliance, et a lieu sur des théâtres d’opérations situés sur plusieurs continents, notamment en Europe, en Amérique du Nord et en Inde.

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Classement de Shanghai : STOP !

Lors de la création du blog Histoires d’Universités en 2009, j’ai consacré une chronique critique à ce classement : Pamphlet contre Shanghai. J’ai récidivé chaque année qui a suivi : le marronnier de Shanghai. Cette fois, je dis STOP !

Partie 1 : Ne plus se référer au classement de Shanghai.

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur de Rechercher doit donner l’exemple, doit cesser de publier des communiqués d’autosatisfaction. Depuis 2009, celui-ci, qu’il soit de droite ou de gauche, mène la même politique : les établissements doivent se regrouper, voire fusionner, pour progresser dans le classement.

Cette politique, encore accentuée par la création d’Établissements Publics Expérimentaux en 2019, va conduire à la mort des universités publiques et de leurs valeurs séculaires : la démocratie universitaire y est sacrifiée (les personnels et les étudiants ne sont plus majoritaires dans le conseil d’administration), la défense de l’intérêt collectif est combattue. Domine l’intérêt individuel des présidents dont certains resteront accrochés à leur fonction bunkerisée pendant deux tiers de leur vie professionnelle, jusqu’à leur retraite.

Extraits du Communiqué du MENESR de juillet 2022 : le classement thématique de Shanghai 2022 conforte l’excellence des établissements de l’enseignement supérieur.

« Mme Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche se félicite de ces reconnaissances, et de la prise en compte dans ce classement des nouveaux périmètres des établissements publics expérimentaux (EPE) créés en 2022 (Montpellier, Lille et Nantes). 11 EPE, sur les 14 officiellement créés à ce jour, figurent dans le classement thématique de Shanghai.

Ces résultats confortent la politique d’investissement de l’État en recherche sur le temps long avec les centres d’excellence IDEX/ISITE et les programmes de France 2030 comme Excellences. De plus, les leviers mis à disposition des établissements dans le cadre de la loi de programmation de la recherche (création de chaires de professeur junior, augmentation des crédits alloués à l’ANR et aux laboratoires, valorisation du doctorat) permettront d’améliorer à la fois la production scientifique de nos laboratoires et l’attractivité de nos établissements pour les chercheurs internationaux ».

Extraits du Communiqué du 15 août 2022. La stabilité de la France dans le classement général de Shanghai illustre le rayonnement scientifique français à l’international.

« Comme en 2021, 4 établissements sont classés dans le Top 100 dont 3 dans le Top 50.  Le classement de l’Université Paris-Saclay au rang de 16e université mondiale (1re université française et 3e européenne) permet également à la France de conserver pour la 3e année consécutive sa 3e place mondiale, sur la base du nombre d’établissements dans le Top 20. Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, félicite les 28 établissements classés. Elle salue également le passage dans la tranche supérieure des universités de Toulouse 3 Paul Sabatier (201-300), Lille (301-400), Paris Est Créteil (801-900) et de l’INSA Toulouse (701-800) ainsi que la prise en compte des nouveaux périmètres des établissements publics expérimentaux (EPE), y compris ceux créés en 2022 (Université de Montpellier, Université de Lille et Nantes Université) »

Partie 2.  L’université Paris Saclay, 1ère université française pour Shanghai, est un exemple de politique de transports publics ratée ; elle est responsable du dérèglement climatique dans sa zone géographique (riches terres agricoles du plateau de Saclay mangées par des immeubles de faible hauteur et des parkings pour voitures). Parkings à vélos inutiles : pour monter sur le plateau, il faut être un cycliste amateur de bon niveau.

L’université Paris Saclay selon Wikipédia

« L’université Paris-Saclay est une université française créée le 6 novembre 2019 par décret paru au Journal officiel en tant qu’établissement expérimental public à caractère scientifique, culturel et professionnel. Elle est l’une des douze universités parisiennes, héritière de l’université Paris-Sud-XI, créée le 1er janvier 1971.

Elle est membre et coordonne l’alliance universitaire européenne European University Alliance for Global Health depuis le 1er septembre 2019 et de Udice depuis 2020.

Jusqu’en novembre 2019, l’université Paris-Saclay était une communauté d’universités et d’établissements (ComUE). Sa création a pour but initial de constituer le pôle de formation et de recherche de la grappe industrielle Paris-Saclay.

L’université Paris-Saclay succède à l’université Paris-Sud, supprimée le 1er janvier 2020, et intègre l’École normale supérieure Paris-Saclay, CentraleSupélec, l’Institut d’Optique et AgroParisTech en tant que établissements-composantes ; ainsi que l’Institut des hautes études scientifiques (IHES) en tant qu’organisme de recherche.

Elle a pour perspective à terme (en 2025) de fusionner avec ses deux universités membres-associés, l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et l’université d’Évry-Val-d’Essonne« .

2025, une année horribilis en perspective : la fusion avec ses deux membres associés va mécaniquement plomber la place de Paris-Saclay dans le classement de Shanghai. Raison de plus pour oublier tout de suite ce classement international.

Partie 3. 1976, l’École Polytechnique s’installe en bordure du plateau de Saclay

« Le transfert de l’École polytechnique à Palaiseau est un épisode connu dans ses principaux aspects : décision de principe en 1961, inscription dans le Ve Plan en 1965, confirmation par le général de Gaulle en 1968, début des travaux en 1970, début de la construction en 1972, installation de l’École à Palaiseau en 1976 » …

Alain Piffaretti, Les Échos, Polytechnique à Palaiseau : un transfert mouvementé, 10 août 2021.

« 30 Août 1976. La promotion 76 des élèves découvre les locaux flambant neufs de la toute nouvelle école Polytechnique à Palaiseau. En pénétrant sur l’immense espace de 152 hectares, ils n’ignorent surement pas que ce jour marque la fin d’un long processus d’une quinzaine d’années. L’installation aura en effet connu plusieurs rebondissements politiques et essuyé une résistance acharnée. Car le déménagement sur le plateau de Saclay de la prestigieuse école constitue aux yeux de nombreux anciens élèves une véritable déchéance ».

Partie 4. Le serpent de mer des transports publics de grande capacité.

Chronique du blog du 31 octobre 2019. Paris Saclay, Empreinte Carbone. « Un communiqué final qui me laisse pantois… Novlangue de bois, défis modernistes consensuels, banalités grandiloquentes, méthode Coué. Et concrètement ? Rien ?

Rien ? Non ! à part une contribution au réchauffement climatique…

  • quelle Empreinte carbone laissée par 300 participants dont la plupart sont venus par avion, en provenance de quatre continents !
  • quelle Empreinte carbone laissée par plusieurs milliers de voitures stationnant sur les parkings créés sur le plateau de Saclay, en l’absence de transports en commun performants et/ou en cas d’incidents? Le 5 juillet 2019, HDR au CEA Saclay Neurospin. Temps mis entre la gare de Strasbourg et la gare de l’Est : 1 heure 48 ; temps mis entre la gare de l’Est et le CEA Saclay, en passant par Denfert-Rochereau et Massy-Palaiseau : 2 heures 25.

Le Métro – ligne 18 du Grand Paris Express… en 2030

« La future ligne de métro 18 s’inscrit dans le projet du Nouveau Grand Paris. Cette ligne automatique, qui reliera Orly à Versailles, en passant par la Communauté d’agglomération Paris-Saclay, sera réalisée en deux phases : d’Orly Aéroport au CEA Saint-Aubin, au plus tard en 2027, et du CEA Saint-Aubin à Versailles Chantiers, en 2030.

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De Rohan, abbés commendataires

Louis-René de Rohan (1734-1803), prince-évêque de Strasbourg de 1779 à 1790, a bénéficié, au cours de sa vie, d’abbayes commendataires : Sauxillanges, La Chaise Dieu, Montmajour, Saint Vaast.

L’abbaye commendataire n’est pas une charge royale (elle ne s’achète, ni ne se vend). Elle est souvent associée à une position dans la hiérarchie de l’église : des évêques coadjuteurs, des évêques, des archevêques, des cardinaux obtiennent des abbayes commendataires.

Elle est, pour le Clergé noble ou anobli, une marque de confiance royale, une récompense pour services rendus ou attendus. Ce qui veut dire que, quand la confiance n’existe plus, la commende est retirée (ce sera le cas pour Louis-René de Rohan au moment de l’affaire du Collier de la Reine, en 1784).

La commende constitue une source de revenus fort variable, entre 1 000 livres et 130 000 livres par an (ce dernier montant est celui de l’abbaye de Saint-Germain des Près quand le cardinal Charles-Antoine de la Roche-Aymon en obtint la commende en 1771). Ce revenu est cumulable avec d’autres commendes (le montant de la dernière obtenue étant plus élevé que celui de l’avant-dernière). J’ai noté 25 commendes dont le revenu est égal ou supérieur à 40 000 livres par an.

Les commendes ne constituent pas la seule source de revenus de Louis-René de Rohan. Il faut y ajouter le poste d’ambassadeur à Vienne durant deux ans, la principauté épiscopale de Strasbourg à partir de 1779, le provisorat de Sorbonne, l’Hôpital des Quinze-Vingts…

Autre avantage financier pour le Clergé : la non–imposition. Mais, à partir de Louis XIV, le don gratuit, contribution aux finances royales, devient coutumier et est exigé à chaque assemblée du clergé. Le montant des sommes versées a été très variable. Entre 1715 et 1788, le clergé aurait contribué pour 288 millions de livres, soit 2,7 % des revenus du Trésor royal d’après Necker.

L’Almanach Royal annuel existe depuis 1699 (une quinzaine d’années sont consultables à la BNU de Strasbourg). Celui de 1777 recense plus de 700 abbayes commendataires pour hommes.

De gauche à droite : année de la nomination du titulaire de la commende; nom de l’abbaye; nom du titulaire; nom du diocèse où se trouve l’abbaye; montant, en florins, de la somme versée à Rome pour la nomination; montant, en livres, du revenu annuel de l’abbaye.

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L’Almanach de 1777 recense près de 300 abbayes commendataires pour « filles ». La plus importante est l’Abbaye Royale de Fontevraud. Julie Pardaillon d’Antin, abbesse depuis 1766, est la 36e et dernière abbesse. L’Almanach affiche un revenu de 80 000 livres. Sept autres revenus d’abbayes féminines se situent entre 30 000 et 55 000 livres. Les Abbesses commendataires sont-elles pénalisées financièrement par rapport aux Abbés ? Je ne sais !

1789-1790. L’Assemblée nationale prend  les décisions qui mettent un terme à la vie monastique, et, de fait, au système de la commende. « Le 2 novembre, les biens ecclésiastiques sont mis à la disposition de la Nation ; le 13 novembre, les communautés doivent déclarer leurs biens mobiliers et immobiliers. Le 13 février 1790, les vœux monastiques sont interdits et les ordres religieux supprimés. En 1792, la République décide la vente des biens nationaux ».

Parties 1 à 4 : les commendes de Louis-René de Rohan. Cette chronique ne dit rien – hélas – de l’investissement personnel de l’abbé commendataire dans chacune d’entre elles. Revenus annuels : Sauxillanges (non mentionné dans l’Almanach), La Chaise Dieu (10 000 livres), Montmajour (20 000), Saint Vaast (40 000). En 1715, Armand-Gaston de Rohan, prince-évêque de Strasbourg, était abbé commendataire de Saint-Vaast ; le revenu annuel était déjà de 40 000 livres.

Partie 1. 1745 (11 ans). Louis-René de Rohan nommé prieur commendataire du monastère de Sauxillanges en Auvergne.

Source : Le prieur clunisien de Saxillanges

« L’histoire de Sauxillanges est liée à la puissante abbaye de Cluny, fondée en 910 par Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine et comte d’Auvergne. Monastère important qui accroît son patrimoine grâce aux donations de l’aristocratie locale : 41 églises, mais aussi champs, vignes et terres forment un important réseau de dépendances religieuses et de revenus agricoles. Le cartulaire est un inestimable recueil de 979 actes, précieuse ressource documentaire sur la vie de la communauté et le réseau clunisien.

L’empreinte monastique. De forme rectangulaire, la place centrale du bourg traduit toute l’emprise du monastère, autrefois bordée des bâtiments des moines, écuries, hôtellerie, infirmerie, dortoir, salle capitulaire, château du prieur. Si l’abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul a disparu, une partie de l’ancien cloître est intégrée dans une propriété privée. La chapelle Notre-Dame du Bois du 15e siècle, conserve des clefs de voûtes aux armes de France, de Cluny et de prieurs de Sauxillanges.

Au pied du monastère, un bief dérive l’eau de la rivière Eau-Mère pour irriguer les jardins, alimenter les moulins fariniers et fournir force motrice à tout un quartier d’artisans, tanneurs, tisserands, qui ont fait la richesse du bourg au 18e siècle ».

Partie 2. Nommé évêque coadjuteur en 1759, le dernier des Rohan reçoit du roi Louis XV, en commende, l’abbaye de La Chaise-Dieu en Auvergne.

Sources : extraits du site de l’Abbaye de la Chaise-Dieu et de l’article de Wikipédia.

« Devenu roi en 1515, François Ier (1494-1547) signe un an plus tard, à Bologne, un concordat avec le Pape Léon X par lequel le roi de France peut nommer les évêques et abbés. Les rois abusent rapidement de cette facilité pour récompenser des proches, en particulier à La Chaise-Dieu. Les abbés nommés par le roi n’étaient pas tous ordonnés. S’ils venaient à La Chaise-Dieu au moins une fois pour prendre possession de leur charge, ils ne s’intéressaient guère à l’abbaye et se faisaient représenter par un vicaire général. Ainsi Henri d’Angoulême, fils naturel d’Henri II, fut abbé de 1562 à 1586.

Le cardinal Richelieu, devenu abbé commendataire de la Chaise-Dieu en 1629, a décidé en 1640 d’attacher les monastères sous la Chaise-Dieu à la Congrégation de Saint-Maur, qu’il avait fait créer en 1618, mais en gardant pareillement l’ancienne communauté, qui était autorisée d’y rester. Il s’agissait d’une réforme liturgique avec ce que les Mauristes ont apporté, à savoir le bréviaire de Saint-Maur approuvé par le pape Paul V et le missel romain tridentin de Pie V.

En même temps, ils entreprenaient de remettre en état l’abbatiale ravagée par les huguenots. Le tombeau du pape Clément VI fut reconstruit au milieu du chœur et le gisant put y être replacé. Le maître-autel, ceux des chapelles latérales ainsi que les retables datent de cette époque

La doctrine du jansénisme apparaît en 1640. L’abbaye devint un foyer d’accueil pour les jansénistes. Elle accueillit notamment Jean Soanen, évêque de Senez, l’un des plus farouches appelants, qui avait été suspendu de ses fonctions épiscopales et que le roi avait contraint à se retirer à La Chaise-Dieu, où il vécut de 1727 à sa mort en 1740 à l’âge de 93 ans.

L’abbé Hyacinthe Serroni fit construire un orgue, qui fut amélioré au début du XVIIIe siècle.

1695. Un incendie a détruit la plupart des bâtiments conventuels. Ils ont été reconstruits aux XVIIe et XVIIIe siècles.

1759. Devenu évêque-coadjuteur de Strasbourg, Louis-René de Rohan reçoit en commende La Chaise-Dieu. Il en devient le dernier abbé.

1785-1786. Il est mêlé à l’affaire du collier de la reine Marie-Antoinette. Valeur estimée de ce collier : 1 600 000 livres payables par tranche en deux ans.

En dépit de l’arrêt du 31 mai 1786 le déchargeant de toute accusation, il est exilé à la Chaise Dieu. En fait, son séjour n’a duré que trois mois et demi. A la Chaise, on ne voulait pas de lui. Dès lors, les moines lui donnent la maison qu’on voit encore près de l’escalier qui mène à l’église.

Arrêté en raison de sa compromission dans l’affaire du collier, il démissionne également de sa charge de grand aumônier. La charge en est transmise le 9 juin 1786 à Louis-Joseph de Montmorency-Laval, évêque de Metz.

1789. L’abbaye de La Chaise-Dieu compte encore une quarantaine de moines à la Révolution. Elle ne lui a pas survécu.

1790. La fermeture de l’abbaye de la Chaise-Dieu se fit sans incident en février 1790. Le dernier prieur, dom Pierre Terrasse, et tous les moines furent relevés de leurs vœux. La plupart se dispersèrent. Dom Pierre Terrasse fut désigné maire. Il veilla à ce que l’Inventaire fut établi en mars 1790 dans le calme. Il organisa la dispersion de l’importante bibliothèque de 5 853 volumes soit à l’évêché de Saint-Flour soit à la municipalité de Brioude. Le 3 mai 1790, jour de la prise de possession du monastère par le corps municipal, il demanda de s’abstenir des fonctions municipales.

1793. Si l’église abbatiale fut relativement protégée par la population de La Chaise-Dieu, en revanche les bâtiments abbatiaux, abandonnés, furent pillés. En 1793, la plupart furent vendus aux enchères à des habitants du pays, dont certains moines rendus à la vie civile.

1801. Le Concordat signé en 1801 par le Premier Consul Bonaparte et le Pape Pie VII permet de rétablir une relative sérénité ».

Partie 3. 1759. Nommé évêque coadjuteur, Louis René  reçoit du roi Louis XV, en commende, l’abbaye de Montmajour en Provence.

Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« L’abbaye Saint-Pierre de Montmajour est une abbaye bénédictine fondée en 948, à environ quatre kilomètres du centre historique d’Arles.

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Louis-René de Rohan, de 45 à 69 ans

Louis-René de Rohan : sa vie de 45 à 69 ans, prince-évêque de Strasbourg de 1779 à 1790, exilé à Ettenheim (pays de Bade) de 1790 à 1803. Source principale de la chronique : extraits de l’article de Wikipédia.

1779 (45 ans). « Louis-René de Rohan est ordonné évêque de Strasbourg le 11 mars. Il devient ainsi prince-évêque, à la mort de son grand-oncle, Louis-Constantin de Rohan-Guéméné (1697-1779) ».

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1779. « Le château de Saverne, d’abord château médiéval, est transformé en résidence princière par Robert de Cotte au XVIIIe siècle.

Il est détruit par un incendie le 8 septembre 1779. Louis-René de Rohan décide de le faire reconstruire en résidence plus fastueuse. Il fait appel à l’architecte Nicolas-Alexandre Salins de Montfort, pour concevoir les plans du nouveau palais ».

1782 (48 ans). Source : Les Rohan, Histoire d’une grande famille, page 98. « Pour les Rohan Rohan, les choses tournent mal à la fin du siècle. Le Prince de Guéméné, criblé de dettes fait une faillite retentissante, dépose le bilan d’une banque qu’il a fondée à Brest, et ruine un grand nombre de ses créanciers. Les Guéméné et les Soubise s’unissent pour tenter de rembourser les dettes selon un plan de liquidation dont ils confient la direction au cardinal René-Louis René de Rohan. Le roi vient à la rescousse en rachetant les droits séculaires de la famille sur le port de Lorient ».

1783 (49 ans). Source : blog Histoire de l’Europe. » Jeanne de Valois Saint-Rémy fait un voyage à Saverne pour rejoindre une amie qui lui présente Louis-René de Rohan. Elle fait appel à lui pour sortir de la misère avec laquelle elle continue de se débattre plus ou moins, puis devient sa maîtresse ».

1784-1786 (50-52 ans). Source : article de Wikipédia. « Arrêté en août 1785 en raison de sa compromission dans l’affaire du collier de la Reine, le prince-évêque doit démissionner de sa charge de grand aumônier. Celle-ci est transmise le 9 juin 1786 à Louis-Joseph de Montmorency-Laval, évêque de Metz.

En dépit de l’arrêt du 31 mai 1786 le déchargeant de toute accusation, le roi exile de Rohan en son abbaye de la Chaise-Dieu.

1788 (54 ans). Ce n’est qu’au bout de trois ans, le 17 mars que le roi l’autorise à retrouver son diocèse de Strasbourg ».

1788. Source : blog Haspres et son histoire. « Par un arrêt du 20 décembre, le conseil d’état établit le séquestre des biens et revenus de la prévôté d’Haspres et place les religieux sous l’autorité et l’administration de Louis Marie Joseph Liger, directeur des économats au département d’Artois.

Cet arrêt ordonne la mise sous scellé des titres, papiers, vases sacrés et effets de la dite prévôté. Il est également spécifié aux religieux ainsi qu’au Cardinal de Rohan alors abbé commendataire de Saint Vaast de ne pas troubler le Sieur Liger dans sa mission d’économe séquestre de la prévôté. Cet arrêt provoque de vives réactions chez les religieux de la prévôté.

Louis XVI appuie son arrêt sur le fait que l’abbaye est de fondation royale transmise par ses ancêtres. Il semble que cet arrêt ait été sollicité par le cardinal de Rohan, qui vise par ce moyen l’augmentation de ses propres revenus. D’ordinaire l’abbé commendataire touche le tiers des revenus de l’abbaye ».

1789 (55 ans). Source : extraits de l’article de Wikipédia. « Le nouveau château et son parc sont pratiquement achevés. L’architecte Nicolas-Alexandre Salins de Montfort n’a pas pu terminer complètement son œuvre puisqu’il a émigré en Allemagne en 1790, pour participer activement à la contre-révolution.

Louis-René est élu député de l’Assemblée nationale aux États Généraux par le clergé de Haguenau-Wissembourg, et à l’Assemblée constituante le 23 juillet. Il refusa la constitution civile du clergé, ne reconnut donc pas comme successeur l’évêque constitutionnel François-Antoine Brendel. Il s’opposa également à l’abolition de la monarchie.

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1712. Victoire de Villars à Denain

Le 24 juillet 1712, le maréchal-duc Claude de Villars (1653-1734) remporte à Denain une victoire inespérée sur les Austro-Hollandais commandés par le prince Eugène.

Extraits de l’article d’Alban Dignat, 24 juillet 1712. Victoire inespérée de Villars à Denain, Hérodote-net, juillet 2022.

« La bataille de la dernière chance. Située sur l’Escaut, dans le Hainaut français, entre Douai et Valenciennes, Denain est une place forte à partir de laquelle les forces coalisées contre la France menacent Landrecies, dernière place forte française avant… Paris. Elles sont fortes de 130 000 hommes.

Pour mettre fin à l’interminable guerre de la Succession d’Espagne, Louis XIV confie sa dernière armée au duc de Villars. Au total 70 000 hommes. Le souverain de 72 ans, accablé par les deuils et les revers militaires, fait à Marly, le 16 avril 1712, des adieux émouvants à son vieux maréchal, tout de même déjà âgé de 59 ans.

Villars apprend de source diplomatique que le prince Eugène, qui commande les forces ennemies, a prévu une attaque le 31 juillet. Il en a prévenu le Grand Pensionnaire de Hollande Heinsius. Dans le même temps, le Parlement anglais et la reine Anne se montrent désireux d’arrêter les frais et seraient disposés à une suspension d’armes avec la France… Ces dissensions vont servir les Français.

En attendant, les coalisés font le siège du Quesnoy, entre l’Escaut à l’ouest et la Sambre à l’est. La place forte se rend le 3 juillet sans résistance excessive («honteusement» au dire du maréchal). Le 18 juillet, désireux de hâter la bataille, Villars fait battre la générale et déploie son armée sur la rive gauche (ouest) de l’Escaut. Mais le prince Eugène préfère consolider ses positions en faisant le siège de la dernière place forte à lui résister, Landrecies, sur la Sambre.

Par un plan audacieux et qu’il ne déroule qu’au fur et à mesure à son état-major, le maréchal fait traverser la Sambre à son armée, de nuit, en faisant mine de se diriger vers Landrecies. Les 21 et 22 juillet, le prince Eugène rejoint sans attendre la place forte avec ses troupes d’infanterie. Mais le maréchal de Villars laisse Landrecies sur sa droite, traverse très vite l’Escaut et attaque par le côté nord le camp retranché de Denain, défendu par seulement 17 bataillons soit 14.000 hommes. Le maréchal-comte Pierre de Montesquiou (72 ans) mène l’opération avec 40 bataillons (plus de 30.000 hommes). 

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Quiz. Saverne, le château et le canal

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Saverne. Le château est celui des Rohan (façade sur le parc) et le canal, celui de la Marne-au Rhin à la hauteur de l’écluse double.

Quiz. Sur la photo de juin 2020, le château actuel et le canal existent.

Question 1. A quelle date, ni l’un ni l’autre n’existaient ?

Question 2. Depuis quand le château et le canal existent-ils tous les deux ?

Question 3. Lequel, du château ou du canal, a-t-il été construit le premier ? Indiquer les dates de début et de fin de chacun des chantiers.

Des indices dans :

« Après plus de deux mois de travaux, la grande écluse de Saverne sera remise en eau, dans une version modernisée, à la fin du mois de mars. Juste à temps pour la saison touristique sur le canal de la Marne au Rhin, dont la ville est une escale clé.

Il a fallu ériger un barrage en amont de la grande écluse, vider le port de la ville de ses bateaux, avant d’attaquer les travaux début janvier : remplacement des vannes, des portes, réparation de la pierre et des joints… Un large lifting à 1,4 millions d’euros, entrepris par Voies navigables de France pour rendre l’ouvrage plus fiable et plus économe en eau ».

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Université de Dole. La guerre l’a tuée

Les guerres du 17ème siècle ont tué l’université de Dole (Jura). Chroniques sur Dole.

Partie 1. 1287. Une université est fondée à Gray. Source : Histoire de Gray.

« Gray fut au 13ème et 14ème siècle une ville d’importance dans l’Europe d’alors. Si en 1287 il semble que le comte Othon IV de Bourgogne ait fondé une petite institution littéraire à Gray, la ville devint les années qui suivirent un pôle universitaire majeur par l’entremise de Nicolas IV (pape de 1288-1292, né en 1227 à Ascoli) également fondateur par la bulle Quia Sapientia des universités de Montpellier, d’Ascoli et de Macerata.

Située à un emplacement stratégique, aux confins de la Bourgogne et de la Franche-Comté, entre les deux métropoles régionales de Besançon et Dijon, la ville de Gray constitue un des principaux pôles économiques et urbains du département de la Haute-Saône.

En 1423, Philippe le Bon transféra l’université à Dole, à partir de quoi la ville de Gray perdit de son rayonnement ».

Partie 2. 1423-1636. L’université de Dole. Source : Archives départementales du Doubs, Besançon.

« L’Université de Dole fut autorisée et créée par une bulle de Martin V et des lettres patentes du duc Philippe le Bon, en 1423. Elle fut dotée par les États de la Province, la ville de Dole et les Comtes de Bourgogne. Elle suscita les rivalités des villes de Gray et de Besançon.  

Blason de l’université de Dole. De gueules à un bras de carnation, paré d’or et tenant un livre du même, issant d’une nuée d’argent mouvant du chef.

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En 1423, le duc assembla les États à Salins pour le vote d’un subside de plus de 9000 francs garantis par le revenu des salines. Alors Philippe le Bon engagea le recrutement des professeurs et informa les territoires proches pour recruter des étudiants. Ces derniers arrivent dès 1424. Le duc veilla au respect des statuts, à un bon enseignement.

1432. Ses statuts, analogues à ceux de l’Université de Paris, et ses privilèges (exemption de charges et d’impôts) furent confirmés par les Comtes en 1483, 1531.

1479-1484. Après le siège et la prise de la ville, en 1479, le roi Louis XI fit transférer l’université à Besançon en 1481, puis à Poligny en 1483, mais elle n’eut pas d’exercice réel. C’est le roi Charles VIII sollicité par les Dolois, conseillé par Guillaume de Rochefort (qui avait étudié à Dole) qui la rétablit en 1484.

1537. La faculté de théologie fut érigée par une bulle de 1537.

En 1570, le Roi, Comte de Bourgogne, interdit par lettres patentes aux Comtois d’aller étudier en dehors de la province, sauf à Rome. La chaire d’anatomie fut dotée par les archiducs en 1619.

L’Université comprenait 5 facultés : théologie depuis 1537; droit canon et droit civil, médecine, arts. Elle était administrée par un collège composé du recteur, de professeurs, des procureurs. Les étudiants, à l’origine, participaient à l’administration. Les distributeurs s’occupaient de la police, de la comptabilité ».

Partie 3. Des professeurs. Source : Wikipédia, Louis Gollut.

D’illustres professeurs enseignèrent à Dole dont V. A. Beaune et J. d’Arbaumont.

« 1570-1595. Louis Gollut est un historien, enseignant et homme politique franc-comtois du 16ème siècle né en 1535 à Pesmes et mort le 22 octobre 1595 à Dole. Il est considéré comme le premier véritable historien de la Franche-Comté. Il est également maire de Dole de 1591 à 1595.

Très jeune, avec sa famille il part vivre dans la capitale comtoise, là d’où sa mère était originaire. Il commence ses études au collège puis les poursuit à l’université de Dole, il y fait la connaissance de Claude de la Baume, futur archevêque de Besançon. Il devient ensuite l’élève de Gilbert Cousin à Nozeroy. Ensemble, avec également son camarade de la Baume, ils passent plusieurs années vers 1559 en Italie. Il décide au cours de ce voyage de partir seul pour l’Espagne avant de regagner la comté.

À son retour, il étudie le droit et exerce la profession d’avocat au parlement. Dans l’exercice de sa fonction, il jouit alors d’une grande renommée qui parvient jusqu’à Madrid. En 1570, il est nommé à la chaire de littérature latine de l’université de Dole créée pour lui par Philippe II d’Espagne ».

1562. Source : article de Wikipédia. « Dole compte 268 étudiants, dont 45 comtois et 223 étrangers, ainsi que plusieurs professeurs flamands et italiens, ce qui montre le rayonnement international de l’université de Dole, en cette fin du Moyen Âge.

1613. Les enseignants, désireux de transformer leur université en un Magisteruniversität, à l’instar de celles de Louvain et de Douai, députent un émissaire auprès du couple ducal, en résidence à Bruxelles, afin d’en formuler la requête, qui leur est accordée par plusieurs édits de 1616 à 1618″.

Partie 4. Une université à Dole : le saviez-vous ?

« Les responsables de l’Université doloise achètent une maison près de l’hôpital Notre-Dame d’Arans, non loin de la tour de la ville et du couvent des Cordeliers. Les locaux étant insuffisants, il est probable que des cours ont pu se dérouler chez des professeurs bien logés« .

Ancien portail d’entrée de l’université (32 rue des arènes, Dole) ?

« La turbulence des étudiants n’est pas une légende. De nombreuses affaires surgissent à Dole dès 1424 à l’ouverture de l’établissement et se poursuivra. Un jour de mai 1669, une troupe d’étudiants se procurèrent un âne et accompagnés de musiciens s’introduisirent dans la cour du collège de l’Arc en dansant. Les cours étant dispensés à ce moment là, ils visitèrent les classes les unes après les autres avant de repartir à travers la ville. Souvent, des rixes éclataient entre étudiants. Pourtant, afin d’éviter les désordres, l’université de Dole détenait certaines prescriptions. Il était interdit de jouer au ballon dans les salles sauf autorisation du recteur ou encore de fréquenter les lieux publics ».

Partie 5. 1636-1691. Un demi-siècle de guerres en Europe

Hôtel-Dieu, siège de la médiathèque et des Archives municipales

1636. « Le Siège de Dôle par les Français est la première grande bataille de la guerre de Dix Ans, épisode franc-comtois de la guerre de Trente Ans, au cours duquel Dole, alors capitale comtoise, fut assiégée pendant plus de 80 jours (28 mai –15 août) par les troupes du roi de France Louis XIII. Cette bataille a opposé les troupes d’Henri II de Bourbon-Condé aux troupes comtoises de Louis de la Verne.

1636, 14 août. Alors qu’une armée de secours composée de l’armée franc-comtoise, de mercenaires lorrains et de troupes du Saint-Empire, commandée par Charles IV de Lorraine est en approche de Dole, Condé reçoit l’ordre de lever le siège pour conduire ses troupes en Picardie contre les Espagnols. 15 août. Les troupes françaises évacuent : la ville est sauvée.

1668 (10-14 février). Le siège de Dole oppose les troupes françaises de Louis XIV et les troupes bourguignonnes. Celle-ci capitulent au bout de quelques jours..

Par le traité d’Aix-la-Chapelle du 2 mai 1668, la France doit restituer Dole et le reste de la Franche-Comté aux Habsbourg d’Espagne.

Le siège de 1674. Source : Dole plein de culture. La guerre de Hollande. Louis XIV inquiet de la puissance commerciale de la hollande attaque tour à tour les alliés des Provinces-Unies. C’est le cas de la Franche-Comté espagnole, l’Espagne étant un allié des Provinces-Unies ».

1673 (12 octobre). La déclaration de Guerre espagnole.

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Dole 18ème. La dynastie des Attiret

Dole, 4 œuvres de la seconde moitié du 18ème créées par un des membres de la dynastie des Attiret (architecte, avocat, missionnaire jésuite, peintre, sculpteur)…

Partie 1. Jean-Denis Attiret, né le 31 juillet 1702 à Dole et mort le 8 décembre 1768 à Pékin (Chine), est un jésuite français, missionnaire et peintre de renom dans la Chine impériale.

1750-1760. Portrait en buste d’une concubine, attribué à Jean-Denis Attiret, Musée des Beaux-arts de Dole.

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« Attiret reçut une première initiation artistique de son père même. Encore adolescent, il passa deux ans à Rome parrainé par le marquis de Broissia, un seigneur de la région de Dole qui, de passage dans l’atelier de son père, avait remarqué le talent du jeune Jean-Denis. Toute sa vie, il restera en contact avec lui. Sa carrière de peintre (surtout de portraits et de thèmes religieux) semblait déjà bien lancée lorsqu’il décida d’entrer dans la Compagnie de Jésus (1735) à l’âge de 33 ans.

Lorsque les missionnaires jésuites de Chine demandèrent l’envoi d’un artiste peintre (à la demande expresse de l’empereur), Attiret se porta volontaire.

Il quitta le port de Lorient le 8 janvier 1738 et arriva en Chine le 7 août. et à Pékin l’année suivante. Sous la direction d’un autre fameux peintre jésuite, l’italien Giuseppe Castiglione arrivé en Chine une vingtaine d’années plus tôt, Attiret se familiarisa avec les thèmes favoris de l’empereur, les fleurs, les animaux et surtout les scènes de guerre. Comme l’empereur insistait sur l’utilisation de méthodes et motifs chinois, Attiret s’orienta vers un art de plus en plus sinisé.

Il vécut 31 ans dans la cité interdite décorant plusieurs palais impériaux et réalisant au moins 200 portraits des membres de la cour et autres dignitaires. De cette époque, datent également quelques œuvres religieuses, des scènes de la vie du Christ et des saints, telle que l’ange qui montre le ciel à un enfant« .

Partie 2. Antoine-Louis Attiret. 1763-1768 : Pavillon des officiers dans l’ancienne caserne Bernard, actuel Musée des beaux-arts et d’archéologie de Dole.

« Antoine-Louis Attiret est un avocat au parlement de Besançon et architecte, né à Dole le 14 septembre 1713, et mort dans la même ville le 15 août 1783. Il s’est marié à Dole, le 4 novembre 1741 avec Anne Thèrèse Saillard. Il a eu de ce mariage quatorze enfants, dont Jean-Baptiste-François Attiret (1747-1794), peintre et architecte, guillotiné à Paris, Claude-François-Marie Attiret (1750-1823), architecte à Riom, Claude-André Attiret (1751-1813), architecte ».

Partie 3. 1779, la fontaine Attiret, ou fontaine d’Arans, ou fontaine de la porte d’Arans, est une fontaine publique située rue des Arènes, à Dole. Elle a été sculptée en 1779 par Claude-François Attiret dans le style de la villa Franca de Brunelleschi à Rome.

Diaporama de 10 photos.

« Claude-François Attiret, né le 14 décembre 1728 à Dole et mort le 15 juillet 1804 dans cette même ville, était un sculpteur franc-comtois ».

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