Archives de Catégorie: E. Ingénierie

1784, Compiègne, grenier à sel

Histoire de greniers à sel, à céréales, et d’abondance. Greniers de Compiègne (1784), de Metz (1457), de Strasbourg (1441).

Diaporama de 22 photos

A. 1784, Compiègne, Grenier à sel, architecte Nicolas Ledoux. Texte de François Callais, Président d’honneur de la Société historique de Compiègne.

« Par une charte de Charles VI, le grenier à sel de Compiègne avait été transféré en 1396 de Noyon pour dédommager la ville d’avoir perdu les tournois qui s’y faisaient autrefois et le commerce du vin de bourgogne. On y trouvait l’entrepôt, l’administration et la juridiction de la gabelle, l’impôt sur le sel créé par Philippe VI en 1341.

Son emplacement compiégnois a varié. Tout d’abord installé sur les quais de l’Oise à proximité du port à vin, il est déplacé   par l’intendant Bertier de Sauvigny  à la place de l’ancienne prison, en face de laquelle les condamnés à mort avaient été pendant si longtemps suppliciés.

Les travaux, qui s’achevèrent en 1784, furent dirigés par l’architecte Claude Nicolas Ledoux, le constructeur des Salines d’Arc et Sénans (Franche-Comté) et des pavillons d’entrée de l’ancien mur d’octroi à Paris. Le manque de recul s’explique par les contraintes d’un terrain placé obliquement et exigu.

L’appareillage des murs en refend, le fronton creusé d’une niche et reposant sur des consoles contribuent à l’aspect monumental de ce bâtiment fonctionnel. Les motifs sculptés du fronton sont malheureusement très abîmés et ont souffert du vandalisme révolutionnaire: statues décapitées, couronne et armes de France martelées. Une large ouverture en plein cintre permettait d’accéder à l’entrepôt du rez-de-chaussée et, par un escalier, aux locaux judiciaires ». 

« La gabelle ayant été officiellement supprimée en mai 1790, les bâtiments servant de grenier à sel ont été soit aliénés soit réemployés à d’autres usages administratifs ». Lire la suite du texte.

Pour aller plus loin. Greniers à sel, article de Wikipédia.

« Les greniers à sel, créés en 1342, sont des entrepôts pour le sel de gabelle. Ils sont aussi des tribunaux pour juger les litiges sur la gabelle jusqu’à la valeur d’un minot (soit environ 52 litres). Les quantités supérieures sont du ressort des cours des aides.

Sous Charles VI, l’administration des greniers à sel est confiée à des agents royaux qui font office de vendeurs du sel, assistés de mesureurs et de regrattiers chargés de la vente à la petite mesure, de receveurs de la gabelle, et de juges des contentieux relatifs à la perception de la gabelle.

Au XVIe siècle, l’affermage de la gabelle se généralise. Les agents des greniers sont alors déchargés de leurs activités commerciales et fiscales. Ils se consacrent principalement à des fonctions de police et justice pour lesquelles sont créés des offices de lieutenants, procureurs, sergents, greffiers, et contrôleurs.

Avant la Révolution de 1789, il y avait 250 greniers à sel dans les pays de grande gabelle et 147 dans les pays de petite gabelle »;

B. 1457, Metz, Musée de la Cour d’Or, Grenier de Chévremont

« Le grenier de Chèvremont est construit par la cité messine vers 1457. Il est doté de murs-écrans , surmontés de merlons. Son aspect géométrique est renforcé par le percement strict des fenêtres, alignées en série sur ses façades. Le rez-de-chaussée, divisé en quatre travées, repose sur des arcades en plein cintre. Ce niveau était ouvert à l’origine sur une cour intérieure, formée avec les bâtiments voisins. Les quatre étages, soutenus par de forts piliers à l’aplomb des arcades, sont conçus pour le stockage. Un maillage de poutres de chêne, au niveau des planchers, assure la stabilité de l’ensemble.

Conçu d’abord pour servir d’arsenal, le bâtiment est transformé en grenier à céréales dès la fin du XVe siècle. Il sert ensuite d’entrepôt pour la ville. Comme son nom l’indique, l’usage du bâtiment fut pendant longtemps utilitaire. Le grenier de Chèvremont est aujourd’hui partie intégrante des musées de Metz, dont il abrite, au niveau de la cour, une galerie dédiée à la statuaire religieuse lorraine.

C. 1441, Strasbourg, Ancien grenier d’abondance

« Au moyen âge, le grenier à grain mesurait 130 mètres de long, il est de nos jours partiellement conservé.

Pour sa construction on a utilisé les restes de l’enceinte du castrum Romain. Au milieu du XVIe siècle, installation d’une 2e rangée de piliers.

Le grenier à grain servait de réserve pour les mauvaises récoltes. Il servait aussi de réserve en cas de siège de la ville (au moyen-âge) lorsque Strasbourg avait encore ses remparts.

Pour l’anecdote, les réserves ont déjà contenu suffisamment de nourriture pour nourrir toute la ville pendant une année. A l’époque de la ville libre, Strasbourg était riche.

En 1805, une réorganisation des archives s’ impose pour trouver une solution, le préfet Shee obtient de la ville l’ancien grenier d’ abondance, elles déménagent en 1896 rue Fischart, devenu par la suite le magasin de décors du théâtre. L’ancien grenier à Grain est occupé aujourd’hui par le stock de costumes de l’opéra du Rhin.

Pour aller plus loin. Grenier d’Abondance, Strasbourg, compte-rendu par Koch Jacky, Persée, Archéologie médiévale, Année 1999, 29 p.

Pour aller plus loin. Histoire de la culture des céréales au 18ème siècle.

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Louis XV et l’église St-Jacques

Après avoir lancé la reconstruction du Palais de Compiègne (chronique du blog), Louis XV (1710-1774), à l’aube de sa vie, veut rendre l’intérieur de l’église Saint-Jacques, plus chaleureux, plus chaud. Il fait habiller la pierre gothique par des marbres et des boiseries. Il enrichit le mobilier (chaire, orgue). Source : citations extraites de Wikipédia.

Album de 16 photos. Architecture extérieure et intérieure de l’église.

Album de 34 photos. Orgue, Chaire, Vitraux, Peintures.

« Deux périodes distinctes de construction de l’église : le chœur, le transept et la nef avec ses bas-côtés ont été bâtis entre 1235 et 1270, sauf la partie haute de la nef ; cette dernière, le clocher, les chapelles le long des bas-côtés et le déambulatoire ont été ajoutés entre 1476 et le milieu du XVIe siècle. Ces extensions reflètent le style gothique flamboyant, sauf le lanternon au sommet du clocher, qui est influencé par la Renaissance…

L’élément le plus marquant de l’église est le haut clocher-tour érigé hors œuvre. Sa construction s’échelonne sur une quarantaine d’années, commençant vers 1456 / 1461 et se termine seulement à la fin du siècle. La tour ne comporte que deux étages, qui sont d’une hauteur considérable…

Niches à statues aux dais finement ciselés. Sept abritent toujours des statues, fait assez rare. Ces statues représentent saint Ambroise, saint Théodore, saint Jérôme, saint Christophe, saint Jacques le Majeur, saint Roch et saint Crépin.

Entre le XIVe siècle et le XVIe siècle, les murs gouttereaux des bas-côtés ont été évidés entre les colonnes engagées et sous les formerets. Des petites chapelles rectangulaires ont été construites entre les contreforts. Cet agrandissement répond à un usage largement répandu, et trouve sa motivation dans la multiplication de la fondation de chapellenies et de confréries. En effet, des messes de fondation sont initialement dites dans chacune de ces chapelles.

Transformations dans la seconde partie du XVIIIème siècle, sous Louis XV. Une flèche en pierre du XIIIe siècle se dressait initialement au-dessus de la croisée du transept, abattue en 1760. Une transformation de l’église selon le goût du style classique commence en 1750. À l’intérieur, le jubé est supprimé ; entre 1772 et 1774, la toiture est refaite ; en 1773, les grandes arcades autour du chœur reçoivent un revêtement en marbre.

Les boiseries de la nef, des bas-côtés et des chapelles, commandées en 1767, sont en bois de chêne ciré. En revanche, les six autels et retables des chapelles latérales sont indépendants, et ont été installés entre 1750 et 1780. Les boiseries ont une hauteur de 530 cm environ dans la nef et sur les grandes arcades, et de 500 cm dans les chapelles. Elles prennent la forme de panneaux de fenestrages à trois registres, en l’occurrence un soubassement de faible hauteur, un registre principal, et un entablement.

En 1773, les arcades trouvent leur aspect actuel grâce à la générosité du roi Louis XV et au curé de la paroisse, l’abbé Boulanger. Habillées de marbre veiné rouge, gris et noir, elles sont désormais en plein cintre, séparées par des pilastres, et surmontées d’un entablement, dont la corniche en encorbellement supporte une balustrade. Le revêtement en marbre concerne aussi les piliers orientaux du carré du transept. L’immense gloire au-dessus de l’arcade dans l’axe du chevet fait partie intégrante de cet aménagement. Les pilastres, la gloire, les clés d’arc, les motifs rocaille et les guirlandes sont en bois doré ».

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Musée de Marsal. Sels et Saints

Marsal. Le musée départemental du sel est « abrité dans l’une des deux anciennes portes fortifiées, dite Porte de France, vestige des fortifications de Vauban. Il est la propriété du Conseil Départemental de la Moselle et fait partie du réseau des sites Moselle Passion.

Marsal se situe au cœur du pays du Saulnois. Il y a 200 000 millions d’années, la mer du Nord descendait jusqu’en Lorraine. Dès l’âge du fer, une exploitation des mares salées s’est développée à une échelle quasi-industrielle : elle produisait 20 000 tonnes de sel par an.

Les nombreuses sources salées sur le territoire Marsal, fortifié dès le XIIIe siècle, suscite la convoitise des ducs de Lorraine, des évêques de Metz et des rois de France ».

Sels et Saints. Album de 30 photos (août 2020).

Nouvelle muséographie. » Le musée tente de restituer au visiteur le processus d’exploitation de « l’or blanc », à travers les techniques de production depuis la préhistoire et évoque également l’histoire de l’ancienne place forte de Marsal. Il présente une partie des collections provenant des fouilles du briquetage de la Seille, qui illustrent les relations complexes de l’homme au sel au cours de l’histoire ».

Trois œuvres religieuses exposées dans le Musée. Sels et Saints. Citations des cartels.

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Quiz. Les de Klinglin

Suite de la chronique : 1741. Strasbourg. Hôpital civil. Histoire résumée de l’Hôpital civil de Strasbourg, insistance étant mise sur le long bâtiment construit après l’incendie de 1716. Travaux de reconstruction effectués en deux temps entre 1717 et 1741.

Quiz. François Joseph de Klinglin était-il préteur royal en 1724 ?

Album de 25 photos (juin 2020) : le nouveau bâtiment.

Au fronton des deux portails, des inscriptions latines commémorent l’achèvement des travaux en 1724 (MDCCXXIV) et en 1741 (MDCCXXXXI). Elles sont toutes deux postérieures à 1741.

1724, fin de la première phase des travaux
1741. Fin de la seconde phase des travaux
  • Les noms des deux architectes sont mentionnés : François-Rodolphe Mollinger pour la première phase des travaux, Jean-Pierre Pflug pour la seconde phase.
  • Est également mentionné en tête de chacun des textes gravés : sous les auspices de François Joseph de Klinglin, préteur royal.

Quiz. François Joseph de Klinglin était-il préteur royal en 1724 ?

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1741. Strasbourg. Hôpital civil

Histoire résumée de l’Hôpital civil de Strasbourg, insistance étant mise sur le long bâtiment construit après l’incendie de 1716. Travaux de reconstruction effectués en deux temps entre 1717 et 1741. Cette chronique fait partie de la saison 8 du blog : Histoire du 18ème siècle.

1119. « La première trace écrite mentionnant l’existence d’un hôpital à Strasbourg date de 1143. Il s’agit de la charte de l‘évêque Burcard, situant la fondation en l’année 1119. Une confrérie religieuse, suivant probablement la règle de Saint Augustin, était chargée des soins des malades et des mendiants ».

1200-1250. Construction de la Tour, dite Porte de l’hôpital.

1398. L’hôpital devenu civil (fondé et agrandi par le magistrat-municipalité de Strasbourg) est définitivement installé sur les terrains qu’il occupe encore aujourd’hui dans la ville.

1428. La construction de la chapelle gothique est achevée. De l’hôpital de cette époque, il subsiste la belle cave à colonnes.

1537. Fondation de l’ancienne pharmacie, composée de trois bâtiments (source Archi-Wiki). La date figure au-dessus de la porte d’entrée (photo). L’imbrication de ces bâtiments s’explique par la création de passages de communication internes. Le bâtiment central (vers 1530) devait servir au départ à stocker des denrées dans sa cave voûtée et au rez-de-chaussée, avec des appartements pour religieuses à l’étage.

1673. « La Tour-Porte est remaniée au 17e siècle. De la terrasse, se faisaient les observations du ciel. En raison des intempéries, Julius Reichelt (1637-1719), alors titulaire de la chaire de mathématiques, s’en plaignit à la Municipalité, qui finalement, en 1673, protégea la tour par un toit à quatre pans muni d’une tourelle octogonale d’où pouvaient se faire les observations ».

1716. « Le 4 novembre, un incendie se déclare dans la chambre des copeaux, où une laveuse était allée chercher des copeaux avec une chandelle. Le feu s’étend de façon incontrôlable et tout le grand édifice est en cendres. A grand peine, on réussit à sauver les maisons situées face au bâtiment principal, l’économat, la chancellerie, la boulangerie, les écuries, le chœur polygonal gothique de la chapelle Saint Erhrard et enfin la cave, qui avait commencé à brûler, mais dont on a pu éteindre le feu avec de la bière (source CHRU).

1717. La ville entreprend la reconstruction de l’hôpital, qu’elle confie au chef des travaux de la ville, François-Rodolphe Mollinger, architecte.

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1736. Strasbourg. Hôtel de ville

Chroniques sur l’Histoire du 18ème siècle. Suite de la chronique Princes possessionnés en Alsace

1728. Régnier III de Hanau-Lichtenberg décide la construction d’un nouvel hôtel à Strasbourg. Celui-ci prendra le nom de Hanau.

1731-1736. L’hôtel est édifié par Joseph Massol (1706-1771), architecte de l’Évêché et du Grand Chapitre. Les  plans, élaborés par Robert de Cotte (1656-1735), premier architecte du Roi, ont été modifiés par Massol.

Trois albums sur l’Hôtel de Hanau (Hôtel de ville de Strasbourg. 69 photos

  • Le portail (rue Brûlée) et la façade de la Cour intérieure: 32 photos
  • La façade et ses 17 fenêtres (place de Broglie) : 14 photos
  • Les salons de l’étage : 23 photos.

Source principale du texte : citations de Maryla Boutineau, Bernard Rohfritsch, A la découverte de l’Hôtel de Ville de Strasbourg, L.D. L’Édition, 2017, 113 pages.

Le plan du palais s’apparente à celui d’un grand hôtel parisien du style Régence de la première moitié du 18ème siècle. La vaste demeure en forme de fer à cheval est située entre la cour d’honneur rectangulaire et un espace libre qui servait principalement de marché aux chevaux (place de Broglie aujourd’hui).

Le portail (rue Brulée aujourd’hui)

La Cour d’honneur est fermée au sud par un mur concave, percé en son milieu d’un portail solennel surmonté du blason de la Ville de Strasbourg.

Il est entouré d’armes et de drapeaux, d’ailes, de tambours, de boucliers et de trompettes ; l’ensemble évoque la force militaire, la victoire, le courage et la renommée.

Deux trophées militaires et deux vases sont posés sur le parapet. L’un d’entre eux est composé d’une armure romaine, d’un casque à panache, de haches, d’un faisceau de licteur, de piques, d’un bouclier…

Les trophées d’applique, célébrant la chasse et la guerre, encadrent le portail. Sur le bas-relief de gauche, des flèches, un arc et un carquois. Sur celui de droite, une épée, un sabre, une hache et une masse d’armes.

Corps de logis principal

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Princes possessionnés en Alsace

Les princes possessionnés « étaient des princes allemands qui avaient conservé des fiefs enclavés dans le Royaume de France après l’annexion de l’Alsace par Louis XIV (traités de Westphalie de 1648 et traité de Ryswick de 1697) ». Parmi eux, les Hanau-Lichtenberg et les Hesse-Darmstadt étaient princes possessionnés à Strasbourg, propriétaires successifs de l’Hôtel de Hanau (aujourd’hui Hôtel de ville de Strasbourg, donnant sur la rue Brûlée et la place Broglie).

« À la Révolution française, la République voulut établir l’unité du territoire national. Ces sujets ou princes de l’Empire s’attachèrent alors à défendre légalement leurs propriétés, souvent d’importantes seigneuries, face aux initiatives révolutionnaires ».

Source essentielle des citations de cette chronique. Maryla Boutineau, Bernard Rohfritsch, A la découverte de l’Hôtel de ville de Strasbourg, L.D. L’Édition, 2017, 113 pages.

Dès le XIIIe siècle, la famille des Ochsenstein possédait un hôtel sur l’emplacement de l’actuel no 9, rue Brulée.

1573. Le Comte Philippe de Hanau, seigneur de Lichtenberg, devient propriétaire de cet hôtel.

1618-1648. La guerre de Trente Ans se solde par un affaiblissement du Saint Empire romain germanique. Louis XIV en a profité pour mettre en œuvre la politique des Réunions ; l’Alsace devient française. Le Comté de Hanau Lichtenberg (capitale Bouxwiller) se retrouve à cheval entre la France et l’Empire germanique, et le comte (landgrave) reçut le statut de prince possessionné. En Royaume de France, il possédait cent trente-six villages, regroupés en 6 bailliages. Cinq autres bailliages se trouvaient du côté allemand.

Le dernier descendant de la famille est Régnier III de Hanau-Lichtenberg (1665-1736). Il a reçu une formation correspondant à son rang. Après des études à Strasbourg, il entreprend un Grand tour, en compagnie de son frère, comme nombre de jeunes aristocrates de son époque. Ils visitent la Suisse, l’Italie, la Hollande, l’Angleterre et l’Autriche. Ils s’imprègnent des goûts et des manières du grand monde qui, à cette époque, était résolument francophile.

Peinture photographiée au Musée Historique de Strasbourg

1731-1736. L’hôtel de Hanau est édifié par Joseph Massol (1706-1771), architecte de l’Évêché et du Grand Chapitre.

1736. Régnier III de Hanau-Lichtenberg meurt sans descendant mâle. Sa fille Charlotte (1700-1726) épousa Louis VIII de Hesse-Darmstadt (1691-1768).

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1703-1766. Château de Lunéville

1703-1766. Le château de Lunéville de Léopold 1er à Stanislas Leszczyński.

Album de 33 photos, prises le 12 juillet 2020.

« Le château de Lunéville, possession des ducs de Lorraine depuis le XIIIe siècle, a été construit pour le compte du duc Léopold Ier entre 1703 et 1720 (voire 1723, date d’installation définitive de la Cour à Lunéville).

Léopold Ier, né en exil pendant l’occupation française, ne prit possession de ses duchés de Lorraine et Bar qu’avec la signature du traité de Ryswick (1697).

Il découvrit alors Nancy, sa capitale et son palais datant du Moyen Âge, en piteux état, et dont la rénovation dépassait de beaucoup ses capacités financières.

La guerre de succession d’Espagne (1701-1714) entraîna une énième occupation militaire des duchés par l’armée française. Le duc Léopold se retira à Lunéville, fit  entièrement reconstruire le château, en s’inspirant du château de Versailles.

L’héritier de la couronne ducale, François-Étienne, que son père avait envoyé terminer son éducation en Autriche, laisse la régence de ses États à sa mère, Élisabeth-Charlotte d’Orléans.

La fin de la guerre de Succession de Pologne (1733-1738) oblige la duchesse régente Élisabeth-Charlotte d’Orléans à quitter à son tour Lunéville pour se retirer à Commercy (6 mars 1737).

La Lorraine est cédée à titre viager à Stanislas Leszczyński (1677-1766), ex-roi de Pologne et père de la reine de France. A la mort de Stanislas, la Lorraine devient pleinement française.

A. Première phase de la construction du château de Lunéville : 1703 à 1723. Trois architectes dot Germain Boffrand (1667-1754)

La première période des travaux consiste dans la création d’une avant-cour bordée par deux nouveaux bâtiments. Elle est menée de 1703 à 1705 par Pierre Bourdict nommé en 1700 Premier architecte et directeur des ouvrages de sculpture du duc.

En 1708, l’architecte Nicolas Dorbay, qui travaille également au château de Commercy, prend la direction du chantier. S’ouvre alors une seconde campagne qui sera très active jusqu’en 1718.

Château de Commercy

Enfin, une troisième campagne, qui comprend les travaux les plus importants, commence après un incendie en janvier 1719. C’est alors le plus grand chantier de Lorraine, dans lequel de nombreux artisans et artistes sont engagés.

Le nom de l’architecte français Germain Boffrand, qui est associé à la construction du château de Lunéville, n’apparaît en réalité qu’à partir de 1709, année où il présente à l’Académie les Plans et élévations qu’il a faits pour le chasteau de Lunéville, que Monsieur le Duc de Lorraine commence à faire rebastir selon ses desseins. Boffrand, disciple et collaborateur de Jules Hardouin-Mansart, entre au service du duc et devient en 1711 son Premier architecte. Les plans préparés par lui sont soumis au duc Léopold Ier qui choisit le projet définitif. Six projets différents sont aujourd’hui connus, toujours selon un plan général en forme de H..

Outre la contrainte financière, l’architecte doit vaincre les obstacles naturels. Le terrain offre une dénivellation importante d’est en ouest, tout en dominant la rivière du côté nord, où le sol est très marécageux. De plus, l’emplacement de l’ancien château était trop limité pour une construction d’une telle ampleur, d’où l’obligation d’acheter et de démolir des maisons, notamment pour la réalisation du parc.

Le parc et les jardins prolongeant sont appelés les Bosquets. À partir de 1710, ils prennent une extension considérable et sont aménagés par Yves des Hours, un disciple de Le Nôtre. À partir de 1724, Louis de Nesle complète l’œuvre d’Yves des Hours »…

B. Seconde phase. Le château de Lunéville sous Stanislas Leszczyński. Architecte Emmanuel Héré (1705-1763). On lui doit également la place Stanislas à Nancy.

Portrait de Stanislas par Jean-François Foisse, milieu du 18ème, Musée du Château de Lunéville

« A défaut de pouvoir politique, Stanislas se contente de mener une vie princière au milieu d’une cour importante. Il ne garde en effet une grande liberté que dans le domaine intellectuel et artistique, et place ainsi la Lunéville parmi les plus brillantes cours européennes du XVIIIe siècle…

En arrivant à Lunéville en 1637, Stanislas trouve un château en parfait état, tout à fait adapté à une vie princière. Il ne lui reste qu’à mettre à son goût l’aménagement et la décoration intérieurs qui ont été démontés sur l’ordre de François III…

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1730-1751. Lunéville, St-Jacques

Saison 8 du blog : 55ème chronique sur le 18ème siècle, le siècle des Lumières qui voit le déclin et la suppression des universités par la Loi le Chapelier.

Lunéville, construction de l’église St-Jacques en deux temps. Faute d’argent, les travaux vont durer plus de 20 ans (1730-1751), avec de longues périodes d’arrêt. Citations extraites de l’article de Wikipédia.

Album de 36 photos, prises le 13 juillet 2020.

« Le duc Léopold quitta Nancy et s’installa à Lunéville en 1702. La ville devint alors la capitale de la Lorraine connut une transformation architecturale.

L’église Saint-Jacques de Lunéville, à cette époque église de l’abbaye Saint-Rémy de Lunéville, a été réédifiée dans le style baroque à partir de 1730. Le duc de Lorraine François III , fils de Léopold et futur Empereur du Saint-Empire, a posé la première pierre le 19 juillet.

François III, duc de Lorraine, vers 1730, Musée du château de Lunéville

Les plans de l’église peuvent être attribués principalement à Jean-Nicolas Jennesson pour le premier niveau. On connaît surtout l’entrepreneur, appareilleur, conducteur de travaux Romain Chasseur qui semble avoir joué un rôle assez important dans la construction pour obtenir d’être inhumé dans le caveau des chanoines en 1750.

Stanislas Leszczynski devient duc de Lorraine en 1737 et va intervenir dans le chantier de l’église Saint-Remy. En 1743, il a proposé d’y transférer l’église paroissiale Saint-Jacques. Les chanoines semblent accepter cette proposition, mais les paroissiens ont levé de nombreuses objections.

Buste de Stanislas Leszczynski, par Pierre-Louis Cyfflé, vers 1770, Musée du château de Lunéville

L’année suivante, le roi Stanislas a levé les objections des paroissiens en leur offrant 19 000 livres pour le parachèvement de la dite église, la construction des tours, de l’orgue et des ornements, et il confia les travaux à son architecte Emmanuel Héré. Plan de l’édifice et propositions pour les tours.

L’église est consacrée le 20 octobre 1745 par l’évêque de Toul, Scipion-Jérôme Bégon, en présence des chanoines, de leur abbé le R. P. Dominique Bexon et du roi Stanislas. La construction n’est pas encore achevée.

Le groupe de l’horloge au-dessus du fronton est érigé aux frais des habitants en 1749, sculpté par Joseph Béchamp, conformément au modèle que le roi a agréé..

Emmanuel Héré a fait réaliser les deux imposantes tours de 52 mètres, surmontées des statues de saint Michel terrassant le Dragon et de saint Jean Népomucène dues au sculpteur Barthélemy Guibal.

Saint Michel

L’orgue est un très rare exemple d’instrument sans tuyaux apparents. Caché derrière un décor de colonnes et de balustrades, il a été  construit entre 1749 et 1751 par le facteur d’orgue nancéien Nicolas Dupont.

L’intérieur est de facture baroque, mais reste assez sobre. Le badigeon coloré procure une agréable lumière jaune (jaune Marie-Thérèse) ».

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1765. Le château de Mareuil-sur-Ay

« L’origine du château de Mareuil-sur-Ay remonte au XVIIIe siècle. Le général Jean-Baptiste-Nicolas Thomas, seigneur de Domangeville, baron de Mareuil, hérite du domaine. Il est le fils cadet du marquis de Pange, et de Marie-Pauline Josèphe Chalvet de Rochemonteix de Vernassal, héritière d’une famille possessionnée en Auvergne. La famille vit surtout dans le quartier parisien où réside la fleur de l’aristocratie Française, le Marais, ainsi que dans son domaine de Mareuil-sur-Ay en Champagne que le baron a hérité de sa mère ».

Thomas de Domangeville décide d’offrir à sa jeune épouse une demeure digne d’elle : le château sera terminé en 1765. Les époux n’en profiteront guère : lui meurt à 46 ans le 29 août 1774, elle à 31 ans le 13 décembre suivant«  (source 2).

La construction au bord de la Marne, conçue par les architectes Chevotet et Chaussard, sera achevée en 1765, dans le style Louis XV, en souvenir du château Louis XIII à Pange que Thomas de Domangeville affectionnait enfant. Le château se caractérise par un décor qui utilise la brique dans les chaînages et les encadrements de baies (source 3).

Source 1. « En 1774, à la mort de leurs parents, leurs trois enfants continueront à vivre au château, recevant de nombreux amis, parmi lesquels le poète André Chenier dont les poèmes chantent les vins de Champagne.

En 1788, suite à une discorde familiale, le château sera mis en vente et racheté par le Duc d’Orléans, Philippe Egalité, lequel perdra la vie sur l’échafaud en 1793.

De multiples propriétaires lui succéderont jusqu’en 1830 où le fils aîné du Maréchal de Lannes, Napoléon-Auguste, Duc de Montebello, rachète le domaine et sa centaine d’hectares de vignes de Champagne. Il s’associe avec deux de ses frères, Alfred, le premier Comte de Montebello, et Gustave, Général-baron de Montebello, pour fonder en 1834 la Maison de champagne Alfred de Montebello, faisant prospérer le domaine, malgré les crises et les guerres. Les frères Montebello feront l’objet de sévères caricatures dans le journal satirique « Charivari » en particulier par Honoré Daumier ».

Armoiries des De Lannes

1929. A la suite de la crise, Domaine et Château sont rachetés par un jeune rémois, René Chayoux, qui sera ensuite choisi par ses collègues pour présider l’Union des Maisons de Champagne durant les pénibles années de la 2ème guerre mondiale. A ce titre, il organisera la création du Comité Champagne (CIVC).

Décédé sans héritier, René Chayoux désignera son collaborateur direct et Homme de confiance, Jean-Michel Ducellier, comme légataire universel.

Les héritiers de Jean-Michel Ducellier céderont ensuite le château à une autre famille de la Champagne (Jean-Jacques Frey) qui assure maintenant la sauvegarde du Château comme élément du patrimoine de la Champagne.

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