Strasbourg, Hôtel des couples

Strasbourg, Hôtel des couples ou ancien Hôtel Hammerer (vers 1760). Diaporama de 19 photos (Pierre Dubois, mai 2021).

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Source 1. Extraits de l’article de Wikipédia.

« L’édifice devrait son nom (Kuppel) au Kuppelhof, Cour des Couples, bâtiments appartenant à deux propriétaires, mais dont les deux cours étaient contiguës (en quelque sorte accouplées). Cependant Roland Recht y voit plutôt un lien avec l’accouplement des chevaux destinés à la cavalerie urbaine, pratiqué au haras municipal qui s’y trouvait jusqu’en 1548.

À l’origine, il s’agit de l’une des nombreuses impasses du quartier qui permettaient d’accéder aux immeubles édifiés à proximité de la muraille lors de la seconde extension de l’enceinte de Strasbourg au 13ème siècle. En 1881, elle est prolongée en rue débouchant sur la place des Orphelins.

No 9 de La Cour des Couples : édifice reconstruit vers 1760 pour le marchand Jean Hammerer, échevin à la tribu du Miroir, d’où son appellation Ancien hôtel Hammerer.

C’est un exemple du style Rococo strasbourgeois. Disposé en fer à cheval autour d’une cour, il présente deux façades caractéristiques du 18ème siècle.

La façade qui donne sur la rue des Couples comprend trois étages de huit travées, avec un portail d’honneur à droite. Le décor sculpté se concentre sur ce portail et sur les clés de cintre du premier étage par un motif rocaille.

Le conseil des Maçons traite le 14 octobre 1776 une affaire de factures non payées que le maître maçon Laurent Gœtz a remises seize années auparavant à Jean Hammerer, maître d’ouvrage de l’hôtel des Couples. Les factures datent donc de 1760 environ ».

Depuis 2000, le bâtiment accueille l’école primaire du collège épiscopal Saint-Étienne« .

Source 2. Extraits d’Archi-Wiki : L’architecte Jean-Laurent Goetz.

Date de construction : 1760. Structure : Hôtel particulier. Courant architectural : rococo. Architecte : Jean-Laurent Goetz (1723-1809).

Roger Lehni (1936-2011), fascicule n°13, du Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, pages 1222 et 1223.

« Jean-Laurent Goetz a fait son apprentissage de 1742 à 1744 dans l’entourage de la cour de Nassau. Le 3.12.1749, il est admis à la maîtrise de Strasbourg, où il acquiert le droit de bourgeoisie le 21.3.1750, à la suite de son mariage avec Marie Sophie Conrad, veuve du maître maçon, Johann Gottfried Bluttner.

Il devient Untermeister de la tribu des maçons et des tailleurs de pierre en 1758, puis Obermeister en 1759, et enfin Zunftmeister en 1762.

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1757 et 1783. Haguenau, Hôpitaux

Source. Hôpital militaire et bourgeois de Haguenau. Extraits de Wikipédia.

Lire aussi, pour le 18ème siècle : Rochefort, Hôpital de la Marine ; Hôpital civil de Strasbourg, reconstruction en deux temps entre 1717 et 1741.

« 1757. Reconstruction de l’Hôpital civil de Haguenau : nouveau bâtiment, imaginé par Georges-Joseph Barth.

Hôpital civil de Haguenau. Cliquer sur les images pour les agrandir

1783-1788. Construction de l’Hôpital militaire. Le bâtiment est construit à l’initiative de l’Intendant d’Alsace, Antoine de Chaumont de la Galaizière, sur les plans de Charpentier, directeur des Ponts et Chaussées. Il est destiné aux militaires de la province ainsi qu’aux bourgeois de Haguenau.

Le plan de l’hôpital est conçu pour être un bâtiment fonctionnel et régulier. Le bâtiment de style de Louis XVI est émaillé de motifs néo-classiques, de triglyphes, de guirlandes et de pommes de pin. Tout cela est concentré sur le portail central. Les bâtiments sont construits en grès, briques, pierres avec briques de remplissage, avec un toit à longs pans.

1788. Une ordonnance royale supprime les hôpitaux militaires régionaux, mais l’endroit continue d’abriter des soldats blessés pendant la Révolution et l’Empire.

1812. Il sert alors de dépôt de mendicité pour le département, de caserne entre 1815 et 1818.

1822.  Les locaux sont confiés au Ministère de la Justice qui les transforme en Maison centrale pour femmes. Cette prison est jusqu’en 1957 la plus importante de France.

La prison en 1889

1883. Le bâtiment de l’ancien hôpital militaire est rattaché à l’hôpital civil.

1964-1986. Par la suite, l’établissement est transformé afin d’accueillir des détenus (hommes ou femmes) à problèmes psychiatriques, ainsi le Centre pénitentiaire de réadaptation est officiellement ouvert le 21 avril 1964. Il sert jusqu’à sa fermeture totale en 1986″.

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1768. Strasbourg, Homme de fer

Source : extraits des Maisons de Strasbourg. Immeuble de style rococo (1768), 2 place de l’Homme de fer. Maître d’ouvrage, Philippe Jacques Faudel, sellier. Maître d’œuvre, Georges Frédéric Hüttner.

Diaporama de 31 photos.

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1665. La ville met en vente la maison à la montée dite Kuppenlinder.

« Le menuisier Valentin Würtz se propose de l’acquérir mais son voisin Jean Philippe Kuntzmann, secrétaire adjoint à la Tour aux deniers, finit par l’acheter pour éviter les différends. Il obtient quelques mois plus tard le droit de poser un auvent de 21 pieds de long en saillie de deux pieds et demi à titre gracieux. Sa veuve vend la maison au tailleur Jean Schmidt.

1721. Après sa mort, la partie nord à côté du Petit pont des bouchers revient à sa fille Marie Elisabeth, femme du cordonnier Frédéric Notter, les deux autres enfants vendent en 1721 la partie sud au consul Jérémie Adam Leitersperger qui meurt quelques mois plus tard après avoir construit un nouveau bâtiment comprenant une remise, une écurie et un bûcher à demi-toit, estimé à 900 livres.

1733-1736. Le cafetier Martin Loos est propriétaire.

1751. Le sellier Jean Georges Faudel se plaint de l’échoppe qui se trouve devant sa remise.

1768. Comme il a l’intention de construire un nouveau bâtiment, Philippe Jacques Faudel demande en mars que la Ville supprime les deux échoppes. Il ne donne pas suite à l’affaire quand les préposés lui demandent de contribuer pour moitié au prix de leur achat. Il construit sur les anciennes fondations un nouveau bâtiment, terminé en mai lors d’une nouvelle demande. Le maître maçon Georges Frédéric Hüttner expose aux Préposés aux feux en décembre les travaux qu’il va faire dans la maison.

1776. Jean Georges Faudel finit par contribuer au rachat des échoppes. La maison se trouve face à l’Homme de fer dans la demande présentée en 1776. Il en résulte que la statue se trouve alors sur le bâtiment qui appartient à l’armurier François Hilbert, le long du fossé des Tanneurs.

Propriétaires

  • 1830. Jean Pierre Ungemach, marchand épicier.
  • 1861. Mathieu Hirtz, docteur en médecine.
  • 1872. Georges (Joseph) Haag, propriétaire.
  • 1893. Alfred Eugène Schwarz, pharmacien.
  • 1901. Charles Cornelius, rentier.
  • 1921. Société Immobilière Alsacienne et Lorraine.
  • 1933. Edmond Beretz, pharmacien.

Architecture de l’immeuble Homme de Fer. Source : extraits de Archi-Wiki.

« La façade en pierres de taille (grès rose), haute de quatre étages et large de sept travées, est divisée, horizontalement, par des bandeaux en forte saillie.

Le rez-de-chaussée appareillé à refends comprend deux arcades en anse de panier de chaque côté de la porte centrale. L’arcade de celle-ci est décorée d’un paon qui doit faire allusion au nom du constructeur (Faudel, paon se disant Pfau, petit paon Pfauel).

Les cintres au 1er étage sont en anse de panier ; ils portent, soit une agrafe en rocaille, soit une clé de cintre à tête sculptée, celle de la fenêtre axiale étant surmontée d’un fronton curviligne.

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Mme Roland, guillotinée à 39 ans

8 novembre 1793. Manon Roland (1754-1793) est guillotinée à l’âge 39 ans.

Sources.

A. Biographie 1791-1793. « Acquise aux idées des Lumières, Manon Roland (1754-1793) écrit des articles politiques pour le Courrier de Lyon.

1791. La Révolution, qui l’enflamme d’un ardent patriotisme, lui donne l’occasion de mettre un terme à sa vie terne et monotone. En raison de l’ascension politique du mari, le couple s’installe à Paris en décembre 1791 à l’hôtel Britannique. Enthousiasmée par le mouvement qui se développe, elle se jette avec passion dans l’arène politique ».

L’égérie des Girondins

« Manon Roland décide d’accueillir dans son salon de nombreux hommes politiques influents, dont Brissot, Pétion, Robespierre« .

Cliquer sur les images pour les agrandir (source : Gallica Bnf in Wikipédia)

1792. « Grâce à ses relations au sein de la Gironde, Jean-Marie Roland (1734-1793) devient ministre de l’Intérieur le 23 mars. Dès lors, dans l’hôtel ministériel de la rue Neuve-des-Petits-Champs, Manon Roland devint l’égérie du parti girondin. Barbaroux, Brissot, Louvet, Pétion, et aussi Buzot auquel la lie une passion partagée, assistent aux dîners qu’elle offre deux fois par semaine. Manon Roland, cependant, reste fidèle à son mari, ce vénérable vieillard qu’elle chérit comme un père« .

« À ses côtés, elle joue, au ministère de l’Intérieur, un rôle essentiel, rédigeant notamment la lettre dans laquelle Roland demande au roi de revenir sur son veto, lettre qui provoque son renvoi le 13 juin 1792. Lorsque son mari retrouve son portefeuille après la prise des Tuileries, le 10 août, Manon Roland dirige plus que jamais ses bureaux.

Après les massacres de Septembre, elle voue à Danton une haine féroce. Dans une lettre en date du 9 septembre, elle écrit sans illusions : Danton conduit tout ; Robespierre est son mannequin, Marat tient sa torche et son poignard ; ce farouche tribun règne et nous ne sommes que des opprimés, en attendant que nous tombions ses victimes. Danton lui réplique : Nous avons besoin de ministres qui voient par d’autres yeux que ceux de leur femme. Manon Roland, dès lors, devient furieuse. Les Montagnards multiplient les attaques contre les Girondins, en particulier contre Roland.

1793. Lassé des attaques, le ministre de l’Intérieur démissionne le 23 janvier 1793. Son épouse et lui s’éloignèrent du pouvoir, sans renoncer à jouer dans l’ombre, un rôle politique ».

La prison, le procès, l’exécution

« Le 31 mai 1793, lors de la proscription des Girondins, elle ne fuit pas, comme elle aurait pu le faire et comme le font, entre autres, son mari et Buzot. Son époux s’échappe vers Rouen, mais Manon Roland se laisse arrêter le 1er juin 1793 à son domicile ; elle est incarcérée dans la prison de l’Abbaye. Elle ressent son arrestation comme un soulagement qu’elle décrit à Buzot dans une de ces pages de la correspondance passionnée et déchirante qu’ils échangent alors : Je chéris ces fers où il m’est libre de t’aimer sans partage. Relâchée le 24 juin, pendant une heure, elle est à nouveau arrêtée et placée à Sainte-Pélagie puis transférée à la Conciergerie où elle reste cinq mois.

En prison, certains privilèges lui sont accordés. Elle peut ainsi avoir de quoi écrire et recevoir des visites occasionnelles de ses amis. C’est à la Conciergerie qu’elle écrit son Appel à l’impartiale postérité, mémoires destinés à sa fille Eudora.

Elle est jugée le 8 novembre 1793. Tout de blanc vêtue, elle se présente devant le Tribunal révolutionnaire. La sentence est mise à exécution le soir même, en même temps qu’un autre condamné, Simon-François Lamarche, ancien directeur de la fabrication des assignats ».

« Quand la charrette arriva devant Saint-Roch, des forcenés les accablèrent d’injures, leur montrant le poing et criant : À la guillotine ! La charrette s’arrêta au pied de l’échafaud à 5 heures et quart. Elle est exécutée ».

Les Mémoires de Mme Roland (1793)

« Ils se situent à la croisée du public et du privé, de l’Histoire et de l’intime. Elle les a rédigés lors de son incarcération à la prison de l’Abbaye en 1793. Ils sont divisés en deux parties très ­distinctes : d’une part des Mémoires proprement historiques (Notices historiques, Interrogatoire de Mme Roland, Portraits et anecdotes, Brissot, Danton, Premier ministère, Second ministère, Seconde Arrestation, Anecdotes) ; d’autre part des Mémoires particuliers qui sont une chronique de la vie privée de la moyenne bourgeoisie parisienne entre 1760 et 1780, et fournissent un document socio-historique précieux sur la sensibilité, les mœurs, les idées et le goût à la fin de l’Ancien Régime, tout en permettant d’entrer dans l’intimité de la jeune Marie-Jeanne dite Manon Philipon ».

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La salonnière et les philosophes

Source des extraits cités dans la chronique : Cécile Berly, Trois femmes, Madame du Deffand, Madame Roland, Madame Vigée Le Brun, Passés composés, 2020.

La salonnière et épistolière Madame du Deffand (1696-1780) n’aime ni les Encyclopédistes, ni l’Encyclopédie, « un ouvrage ennuyeux à en mourir« .

« Le 18ème siècle est le siècle de l’écriture de soi. La salonnière Madame du Deffand écrit ainsi pour fuir son ennui, véritable maladie de l’âme. Baignée de culture aristocratique, mondaine, elle incarne la société d’Ancien Régime dans ce qu’elle a de plus frivole, de plus mélancolique aussi.

Source : Projet Voltaire, les salons littéraires. Cliquer sur les images pour les agrandir

Page 29. 1747, après un séjour à Forges les Eaux, Madame du Deffand retrouve Paris et le Président Hénault. Au fil du temps, les deux amants deviennent amis. L ‘appartement qu’elle occupe est bien trop petit pour accueillir une société nombreuse mais choisie. Hénault l’aide financièrement et par ses conseils pour choisir le lieu idéal afin d’y tenir salon. Ce sera un appartement loué au couvent Saint-Joseph, situé rue Saint-Dominique, autrefois occupé par Madame de Montespan.

Madame du Deffand est âgée de 50 ans et est en train de perdre la vue. L’hôtesse de la rue Saint-Dominique est considérée comme une figure exemplaire de ce qu’est le bel esprit à la française« …

Pages 42-44. « Julie de Lespinasse se rapproche de Jean Le Rond d’Alembert. Tous deux sont des enfants abandonnés, des adultes blessés, fréquentant les élites. Julie l’admire profondément. A la fin novembre 1754, il est enfin élu à l’Académie française. Cette élection marque le triomphe de Madame du Deffand, qui a tant œuvré pour défendre celui qu’elle considère comme son protégé et ami.

Dans les salons parisiens, la présence des philosophes est devenue commune. Ils ont besoin de la protection, y compris financière, des élites. Chez la marquise, d’Alembert introduit ses amis philosophes et pousse l’audace jusqu’à lire des articles rédigés pour l’Encyclopédie. Les nouveautés philosophiques amusent Madame du Deffand. Elles la distraient de son ennui mais ne la convainquent pas.

Elle finît même par prendre ses distances avec ces penseurs qui font de la raison pure l’unique moyen pour accéder à la connaissance. Et c’est là que la marquise exercé, quand elle converse ou quand elle écrit, toute l’indépendance de son esprit. Si elle partage le scepticisme matérialiste de nombreux philosophes, elle dénonce, dans le même temps, leur arrogance. Non, ils ne sont pas les seuls tenants de la lumière.

Elle se montre très intéressée par une approche sensualiste, développée par Condillac ; pour elle, il n’y a rien en dehors des sens.

En revanche, elle ne supporte pas le discours messianique de ces nouveaux penseurs. Non, la nature n’est pas au-dessus de tout. D’ailleurs, la nature ne l’intéresse absolument pas et elle juge bien bête un naturaliste comme Buffon qui se consacre, pour l’essentiel, à l’étude de la terre et des animaux.

Elle s’oppose à l’idée que le bonheur terrestre dépend de la fin des superstitions, elle qui n’a pourtant aucune foi religieuse. Elle envie même les croyants, car leurs pratiques de dévotion les sauvent peut-être de l’ennui. Avec les philosophes, elle n’hésitera pas à se quereller. Pire, à ses yeux morts, l’Encyclopédie est un ouvrage ennuyeux à en mourir.

Source : Wikipédia et Bibliothèque interuniversitaire de santé

Madame Du Deffand ne peut s’entendre avec Diderot, comme elle l’écrit à son complice d’Alembert. Avec Rousseau, l’antipathie est réciproque, sévère et implacable… Dans la querelle qui l’oppose à Voltaire, il sait pertinemment quelle est la position, tranchée de la salonnière.

Rousseau écrira dans ses célèbres Confessions : j’avais d’abord commencé par m’intéresser fort à Madame du Deffand que la perte de ses yeux faisait aux miens un objet de commisération ; mais sa manière de vivre, si contraire à la mienne que l’heure du lever de l’un était presque celle du coucher de l’autre, sa passion sans bornes pour le petit bel esprit, l’importance qu’elle donnait, soit en bien soit en mal, aux moindres torche-culs qui paraissaient , le despotisme et l’emportement de ses oracles, son engouement outré pour ou contre toutes choses, qui ne lui permettait de parler de rien qu’avec des convulsions, ses préjugés incroyables, son invincible obstination, l’enthousiasme de déraison où la portait l’opiniâtreté de ses jugements passionnés, tout cela me rebuta bientôt des soins que je voulais lui rendre.

Je la négligeai ; elle s’en aperçut ; ce fut assez pour la mettre en fureur ; et quoique je sentisse assez combien une femme de ce caractère pouvait être à craindre, j’aimai mieux encore m’exposer au fléau de sa haine qu’à celui de son amitié« …

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Quiz. Manif 1er mai 20.. ?

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Photo ci-dessus. Quiz, en quelle année, cette manifestation du 1er mai à Strasbourg ?

1er mai 2021. Une occasion pour revoir en photos des manifestations qui se sont déroulées à Strasbourg.

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Rouget de Lisle, la Marseillaise

1792. Rouget de Lisle chante la Marseillaise par Fabienne Manière, Hérodote.net, 24 avril 2021.

« Le soir du 24 avril 1792, à Strasbourg, dans le salon du Baron de Dietrich, maire de la ville et ami de Lafayette, l’effervescence est à son comble. Cinq jours plus tôt, la France a déclaré la guerre à l’Autriche…

Rouget de Lisle en 1792. Cliquer sur les images pour les agrandir

Le maître de maison s’adresse au jeune Joseph Rouget de Lisle (1760-1836), officier de son état et violoncelliste à ses heures, originaire de Lons-le-Saunier (32 ans). Monsieur de Lisle, vous qui parlez le langage des Dieux, vous qui maniez la harpe d’Orphée, faites-nous quelque beau chant pour ce peuple soldat qui surgit de toutes parts à l’appel de la patrie en danger et vous aurez bien mérité de la nation, lui aurait demandé son hôte.

Le lendemain 25 avril, Rouget de Lisle donne à entendre son œuvre au lieutenant Masclet puis à de Dietrich. L’un et l’autre sont conquis… ce que l’on a aujourd’hui du mal à comprendre, les paroles et l’air de ce chant martial n’ayant rien de sublime ! Le soir même, de Dietrich organise un dîner au cours duquel lui-même reprend le chant, accompagné par une dame au clavecin et par Rouget de Lisle au violon ».

Musée historique de Strasbourg

« Un succès fulgurant. D’abord baptisé Chant de guerre pour l’Armée du Rhin, le nouveau chant patriotique apparaît moins cru que les chants traditionnels des sans-culottes comme la Carmagnole ou le Ca ira. Cela lui vaut un succès fulgurant. De Strasbourg, des voyageurs colportent les paroles et l’air dans toute la France »…

Lire aussi. Claude Joseph Rouget dit de Lisle, article de Wikipédia.

« Face à l’invasion des armées coalisées, l’Assemblée déclare la Patrie en danger, et les fédérés des provinces gagnent Paris pour participer à la défense de la Patrie. Des fédérés marseillais entonnent et répandent sur leur chemin le chant de Rouget de Lisle, qui était déjà parvenu chez eux. C’est ainsi que Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin devient la Marche des Marseillois, puis La Marseillaise.

Rouget de Lisle quitte Strasbourg le 13 juin 1792 pour diriger la forteresse de Huningue. Le 10 août 1792, il est destitué de ses fonctions de capitaine par Lazare Carnot pour avoir protesté contre l’internement de Louis XVI à la suite de la prise des Tuileries.

Rapidement réhabilité, il rejoint l’armée du Nord comme capitaine au corps de génie et devient aide de camp du général Valence à l’armée des Ardennes où il se lie d’amitié avec le général Le Veneur et l’adjudant général Hoche. Il s’illustre en tant qu’ingénieur lors du siège de Namur, dont la citadelle est prise aux Autrichiens le 2 décembre 1792. Il ajoute alors deux couplets à la Marseillaise, intitulés couplets aux Belges, qui sont imprimés à Namur.

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Le PAS au port du Rhin

Suite de la chronique : 1732-1734. Hôtel Andlau-Klinglin.

1853. Acquisition de l’hôtel d’Andlau-Klinglin par le baron Renouard de Bussière, banquier, qui y établit le siège de la Société de la navigation à vapeur sur le Rhin.

1872. Génie militaire, en partie pour le service de la garnison, en partie logements pour le service de la garnison.

1926. L’hôtel d’Andlau-Klinglin devient la propriété du Port Autonome de Strasbourg (PAS).

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2017-2020. Le bâtiment est mis en vente.   

2021. Nouveau siège du PAS au Port du Rhin, deuxième port fluvial de France. Source : site du PAS.

« Une proposition architecturale en cohérence avec les activités du PAS. Lancé par un concours de maîtrise d’œuvre en février 2017, le projet de construction a été confié à l’atelier d’architecture Rey-De Crécy.

Ce projet de 8,4 millions d’euros symbolise un nouveau départ pour le PAS. Implanté depuis près d’un siècle dans l’hôtel d’Andlau, rue de la Nuée bleue, le PAS entame une nouvelle page de son histoire, ancrée sur son territoire, au plus proche des bassins et voies ferrées où est réalisée près de 70 % de l’activité fluviale et ferroviaire du port.

Le nouveau bâtiment comporte 70 postes de travail sur 2 800 m². Il met au centre de ses préoccupations le bien-être au travail avec des espaces de travail, d’échanges et de convivialité, des terrasses extérieures et un traitement acoustique.

La durabilité et la sobriété énergétique sont également au cœur du projet avec l’emploi de matériaux comme le bois et le métal, des produits de construction à faible impact environnemental, une consommation d’énergie maîtrisée, des clauses d’insertion sociale dans les marchés de travaux ».

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1732-1734. Hôtel Andlau-Klinglin

L’ancien Hôtel d’Andlau-Klinglin est situé au 25 rue de la Nuée-Bleue à Strasbourg.

Sources : extraits des Maisons de Strasbourg et de Archi-Wiki.

Diaporama de 25 photos de Pierre Dubois (avril 2021).

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16ème siècle. L’origine de l’hôtel remonte au début du 16ème. « Les éléments les plus anciens proviennent de cinq maisons établies sur ce site dès le 15ème. Un certain nombre de vestiges réutilisés dans l’édifice actuel évoquent ces constructions. Pour le Moyen Age et la Renaissance, on notera surtout la porte gravée Claus Berer et datée de 1516, ou la tourelle d’escalier en vis sur cour, de plan octogonal. D’après le dictionnaire historique des rues de Strasbourg : à l’intérieur, porte flamboyante avec la devise de Claus Berer : INANIS APTA, Prépare le Néant ».

Source : Maisons de Strasbourg

Vers 1568, Bernard de Botzheim unifie des constructions disparates par l’édification d’une façade à deux oriels.

1587. La maison qui appartient à Bernard Botzheim porte le nom de Zum Wolckenberg d’après un des propriétaires précédents, le barbier Jean Wolckenberg.

1667. La maison comprend trois bâtiments (bâtiment avant, bâtiment arrière et bâtiment latéral) comme le montre la vente à Gérard von Stœcken, docteur en droit originaire du Danemark, professeur à l’Université.

1707. Ses enfants vendent la maison au chirurgien major des hôpitaux du Roi, Pierre Duconte.

1713. Celui-ci la cède à Antoine d’Andlau, lieutenant-colonel et assesseur au Directoire de la Noblesse immédiate de Basse-Alsace, et son épouse Marie-Anne de Klinglin. Acquis au nouveaux courant architecturaux, ils entament la modernisation des deux ailes sur cour et notamment escalier d’honneur à rampe ouvragée en ferronnerie.

1730-1732. Antoine d’Andlau achète un terrain et un bâtiment détachés de la même parcelle. Le maçon Jean Martin Pfundstein est autorisé à remettre un oriel sur la façade en reconstruction et à employer autant de compagnons en surnombre qui seront nécessaires.

  • Jean-Martin Pfundstein (1680-1742) est né à Marktheidenfeld, près de Wurtzbourg, vers 1680 (selon l’hypothèse de Théodore Rieger).
  • Le 5 avril 1712, il se marie une première fois en l’église Saint-Pierre-le Vieux catholique, à Strasbourg, avec Marie Madeleine Mentzinger, déjà veuve deux fois et qui décède en 1728. Il se remarie alors en l’église Saint Marc, le 17 janvier 1729, avec Anne Eve Nické.
  • Il est reçu maître-maçon en 1712 à Strasbourg et présente son chef-d’œuvre de maîtrise.

1732-1734. Marie Anne de Klinglin, veuve d’Antoine d’Andlau et remariée au maréchal du Bourg, gouverneur de la province d’Alsace, achète la maison voisine Zum Koch. La construction est achevée en 1734 lors du partage de ses biens auquel est jointe une estimation qui fait état des changements intervenus depuis 1730.

L’hôtel est reconstruit par l’Architecte Jean-Martin Pfundstein. « La nouvelle façade en grès rose allie une élévation à la française à des réminiscences locales de la Renaissance germanique perceptible dans la toiture comme dans les balcons à l’allemande un peu anachroniques. L’un des deux, au nord, réutiliserait les consoles d’un oriel antérieur. A mettre au compte du classicisme, scansion verticale de la façade par des pilastres et la présence de larges bandeaux déterminant trois niveaux d’inégale hauteur ».

1737. Un fronton triangulaire coiffe les trois travées médianes ;  jusqu’en 1872, on pouvait y identifier les armoiries du grand prévôt du chapitre de la cathédrale, le prince Henri-Oswald de la Tour d’ Auvergne, à qui l’hôtel fut cédé en 1737.

  • Jean-Martin Pfundstein n’accède qu’en 1737 à la fonction d’échevin des Maçons. On lui doit essentiellement l’Hôtel d’Andlau (1732-1734). Théodore Rieger souligne que « l’harmonieuse façade de grès rose, d’allure parisienne, s’orne néanmoins de deux oriels de tradition strasbourgeoise« .
  • Il meurt le 9 avril 1743, l’inhumation ayant lieu en l’église Saint-Pierre-le-Vieux, âgé de 58 ans.

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Camille Brès : Coloration Maison

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« La Galerie Ariane C-Y a présenté en décembre 2020 six œuvres de Camille Brès, marquant l’entrée de l’artiste à la galerie. Ce printemps, une plus large sélection regroupe principalement des gouaches peintes entre 2018 et 2021.

En 2018, l’artiste opère un changement dans sa pratique en passant de la peinture à l’huile sur toile à la gouache sur papier. Ce medium lui impose de nouvelles contraintes : maîtrise de la charge en eau, des craquelures, reprises différentes de celles autorisées par l’huile… C’est toute une technique que l’artiste s’approprie au fil des mois. L’exigence de la gouache affirme son style. Une palette vive, de larges aplats vibrants, une touche lisse, des compositions rigoureuses, une place laissée par endroit au motif : tout ceci constitue les lignes de force du style de Camille Brès.

Il y a quelques mois, la peintre opère le mouvement inverse et reprend la pratique de l’huile sur toile. Coloration maison est l’une des premières huiles de cette nouvelle génération. Elle donne son nom à l’exposition. La coloration ou l’action par laquelle un corps devient coloré (Littré) résume en un mot la peinture. Celle de Camille Brès est « maison», à la fois intime et profondément révélatrice de notre époque ».

2020. Retour en vidéo (3’27) sur la fresque participative réalisée à l’entrée du 2b rue de Brantôme au Neuhof à strasbourg,  avec Sherley Freundenreich et Camille Brès, en partenariat étroit avec l’Agate Neuhof et Ophéa la semaine du 22 juin 2020.

2017. Chronique du blog Histoires d’universités : Galeristes, peintres, critiques d’art. Camille Brès ou les perspectives quotidiennes, Galerie Jean-François Kaiser, Strasbourg

2013. J’ai découvert Camille Bres dans son atelier du Bastion 14 à Strasbourg. Un coup de cœur pour une de ses premières peintures, La boxe. Je l’ai achetée. C’était la première fois de ma vie que j’acquérais une toile d’un « vrai peintre ». Aider une jeune diplômée de l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg (devenue aujourd’hui HEAR)… Mécène d’un instant ! Mécène, un métier incontournable dans le marché de l’Art.

2015. Je suis retourné aux Ateliers ouverts du Bastion 14. En 2015, Camille commençait sa série intitulée les Plateaux. Des grands tableaux. J’ai adoré celui de droite en particulier.

2016. Nouvelle visite au Bastion 14 (chronique du blog et photos). En parallèle à la série Plateaux, Camille peint également une autre série en format plus petit : Lavabos. Marché de l’art et taille des appartements obligent !

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