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1776. Beaumarchais et l’Amérique

1776. Beaumarchais et l’Amérique

Partie 1. Beaumarchais l’Américain. Source. Maurice Lever, in l’Histoire, mensuel 188, mai 1995.

« En 1776, lorsque les colonies d’Amérique proclament leur indépendance, elles ont dans la vieille Europe des monarchies un partisan éclairé : Pierre Augustin Caron de Beaumarchais, qui n’hésita pas, pour faire triompher leur cause, à se transformer en agent secret, chef d’entreprise, marchand d’armes, armateur, stratège, et surtout infatigable propagandiste de la cause démocratique…

De Français que j’étais, je me fis Américain, négociant, politique, armateur, écrivain (Beaumarchais au Congrès des États-Unis, 14 juillet 1783).

J’ai vécu deux cents ans !  plaisantait un jour Beaumarchais. Il n’en fallait pas moins à ce Protée des temps modernes. Qu’on en juge. Horloger à vingt ans, le voici peu après professeur de harpe ; puis, tour à tour, compositeur de vaudevilles, spéculateur et homme d’affaires, auteur dramatique, magistrat, plaideur, pamphlétaire, agent secret, armateur, marchand de canons, éditeur, et j’en passe . Aventurier par nature, libertin par inclination, financier par amusement, au demeurant bon père et ami fidèle, il est par-dessus tout homme d’esprit, d’une gaieté intarissable et d’une bienveillance universelle, malgré ses nombreux ennemis. On s’émerveille de le voir conduire tant d’affaires à la fois. On s’étonne de son aisance à passer de l’une à l’autre »…

Partie 2. Beaumarchais et les Insurgents d’Amérique. Source : André Lebois, Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, Année 1977, 84-3, pp. 173-182. Fait partie d’un numéro thématique : De l’Armorique à l’Amérique de l’indépendance.

« Les études du duc de Castries ou l’énorme Beaumarchais de Grendel (Flammarion, 1973) ont renouvelé la biographie de Pierre-Augustin, qui ne fut auteur dramatique qu’incidemment ; mais, bien davantage, pamphlétaire et agent secret de renseignements, très utile à la Couronne. La révolte des Insurgents contre George III et ses langoustes rouges (Red Lobsters), qu’il avait prévue dès le traité de 1763, lui permit de jouer un rôle dans la difficile alliance de Louis XVI avec la jeune République fédérale. Par des rapports instructifs, obstinément envoyés à Londres, où il est censé rechercher des libelles diffamatoires, Beaumarchais persuade Vergennes, puis le roi, de la nécessité d’aider les Américains, qui seraient ensuite tenus de protéger nos « îles à sucre » : Guadeloupe, Martinique, Saint-Domingue.

D’abord clandestinement, il arme des navires, fait passer des officiers volontaires (La Fayette, Rochambeau, La Rouerie) ; approvisionne les troupes de Washington en hommes, canons et ravitaillement. Il ne fera pas fortune dans ces tractations, car le Congrès ne peut, ou ne veut pas, payer ; mais il y recueillera les fruits d’une immense publicité, et d’une grande popularité. Les Mémoires qu’il adresse au roi témoignent d’indéniables qualités politiques. Déiste rationaliste, Beaumarchais plaide la cause d’opprimés divers (Caraïbes, Noirs, protestants) ; son idéal humanitaire n’est pas différent de celui de Franklin, ni de la franc-maçonnerie qui s’organise dans le Vieux et le Nouveau Monde. Il a même contribué à l’embellissement des villes-champignons, en envoyant outre-Atlantique Houdon ou L’Enfant, qui bâtit la Maison-Blanche et le Capitole à Washington. Les années 1775-1785 ont pu être qualifiées de décade triomphante, dans la vie tumultueuse et sans entractes du père de Chérubin et de Figaro — Pierre-Augustin Caron — ou Carillon, comme prétendait le chevalier d’Eon.

Bien avant 1775, sa conviction était faite. L’Amérique puritaine allait rompre avec Merry old England et l’emporterait, dans le conflit inévitable. Avait-il médité le rapport de Favier ? Jean-Louis Favier (Toulouse, 1711-1784), fils du syndic général des Etats du Languedoc, syndic lui-même, passé dans l’administration, puis la diplomatie secrète, de Louis XV, intrigua contre Choiseul (avec Mme du Barry), fut désavoué par le roi, et… embastillé. Dès la chute du Canada français (1759), Favier avait adressé, sur ordre, un mémoire à Choiseul. Ce ministre (mort en 1785) me dit avoir lu au feu Roy, un extrait, à la même époque  — Beaumarchais avait alors vingt-sept ans — . L’essentiel en était qu’après la perte du Canada et de la Louisiane, les « treize colonies » n’avaient plus rien à craindre de la France, contre laquelle Washington faisait le coup de feu avec succès, depuis le 26 mai 1754, qu’il tua son premier Français. Mais tout, de l’Angleterre, qui voudrait se dédommager des frais de la guerre de Sept Ans. Jalouses du statut octroyé par la Couronne aux Français catholiques du Canada — le Québec Act tolérait langue et religion — les colonies intraitables sur leur droit de n’être jamais taxées sans représentants entreraient en rébellion, suivie d’une révolution républicaine, plus funeste à l’Angleterre, si l’on intervenait à temps, que ne l’aura été pour la France la perte totale du continent de l’Amérique.

Beaumarchais a longtemps convoité (de loin!) l’héritage d’une jeune créole, Pauline Lebreton : un vaste domaine à Saint-Domingue. La traîtresse épouse, en 1765, le chevalier de Séguirand. Mais tout ramène notre informateur à Londres... Vous savez l’anglais ? — Je sais Goddam ; et, avec Goddam, on va loin. Il traque, en 1774, un libelle sur la stérilité de Louis XVI. Il se renseigne, et renseigne sur tout ; sur l’exil du duc de Gloucester, frère du roi, favorable aux Insurgents ; connaît Lord Rochford, confident du premier ministre, qui est maintenant North, après Grenville, Rockingham et le premier William Pitt. Il fréquente John Wilkes (1727-1797), un pittoresque agité dont son roi n’appréciait pas le journal North Briton, fondé en 1762 ; refoulé sur la France, Wilkes y rencontrait Diderot, d’Holbach, peut-être déjà Beaumarchais, qui le retrouvera lord-maire en 1774. Beaumarchais conquiert, quoique plaideur blâmé et frappé de mort civile, l’estime du prudent Vergennes, lequel finit par persuader Louis XVI, malgré Lord Stormont, ambassadeur d’Angleterre, qui couvre Figaro de boue. La calomnie, Monsieur »…

Partie 3. Mylne Vivienne, compte-rendu du livre de Frédéric Grendel, Beaumarchais ou la calomnie, Dix-Huitième Siècle, Année 1974, 6, p. 412. Fait partie d’un numéro thématique : Lumières et Révolution.

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1731. Académie royale de Chirurgie

1731-1793. Académie royale de Chirurgie

Suite des articles du blog sur la Médecine, la Pharmacie, la Chirurgie au 18ème siècle.

Partie 1. 1731-1793. Académie royale de Chirurgie. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« L’académie royale de Chirurgie est une ancienne institution fondée à Paris, où, sous l’Ancien Régime, ont été formés des chirurgiens. Fondée en 1731 pour remplacer la confrérie de Saint-Côme et de Saint-Damien. Supprimée en 1793. Ne pas la confondue avec l’académie nationale de chirurgie, fondée en 1843.

Instituée le 18 décembre 1731, l’académie prend d’abord place dans l’ancien l’amphithéâtre d’anatomie érigé entre 1691 et 1694 par l’architecte Joubert et le sculpteur François Jacquin, pour la confrérie de Saint-Côme et de Saint-Damien dans la rue des Cordeliers et qui subsiste encore (au no 5 de l’actuelle rue de l’École-de-Médecine). Cet édifice était le premier bâtiment scolaire médical en France à avoir été conçu avec selon un modèle architectural propre à sa fonction, inaugurant le genre des écoles de médecine qui se développera aux XVIIIe et XIXe siècles.

De nouveaux bâtiments sont construits sur ordre de Louis XV entre 1769 et 1774 sur le site de l’ancien collège de Bourgogne, un peu plus bas dans la même rue (actuel no 12). L’architecte Jacques Gondoin, influencé par l’Antiquité grecque, construit le corps central avec la façade principale néo-classique, rue de l’École-de-Médecine, la cour d’honneur intérieure, le grand amphithéâtre et la salle du Conseil. Une devise latine, consilio manuque (par le moyen de l’intelligence et de la main) surmontait le blason de l’établissement. Elle est transférée en 1776 dans ces nouveaux bâtiments.

Elle fut ainsi le lieu de bon nombre de progrès opératoires :

L’Académie Royale de Chirurgie, libre de tout lien avec la faculté de médecine et ses dogmes, va permettre à la chirurgie du XVIIIème de franchir des étapes conceptuelles majeures.

Elle va installer les prémices de la méthode anatomo-clinique et d’une pensée médicale fondée sur l’expérimentation. Les chirurgiens de l’Académie notent leurs succès et leurs échecs, dissèquent les patients décédés, observent les lésions des organes, les rapportent aux symptômes observés. Ils en font rapport à l’assemblée, débattent et votent sur les indications opératoires de telle ou telle technique.

L’enseignement dispensé encourage les étudiants à comptabiliser les symptômes et signes cliniques observés afin de poser un diagnostic selon leur nombre. Le diagnostic n’est plus une rhétorique mais s’essaie à devenir une preuve.

Elle sera supprimée tout comme la faculté de médecine de Paris par la Convention le 8 août 1793.

La fondation ultérieure d’une école de médecine en 1794 puis la renaissance en 1806 de la faculté de médecine au sein de l’Université incluront les chirurgiens de l’Académie Royale de Chirurgie et leurs précieux apports, transformant totalement l’abord du concept de clinique et donnant à l’aube du XIXème l’apparence d’une nouvelle pensée médicale ».

Evelyne Lever, Chronique de la cour et de la ville 1757-1789. Source : Tome 2, Tallandier, 2020, Essai  

pp. 387-389. « Louis XV, sensible aux arguments de ses chirurgiens La Peyronnie et La Martinière et pour rendre leur Art indépendant de celui de la médecine, crée une École pratique d’anatomie et d’opérations où les élèves pratiqueront, sous la direction de leurs maîtres, ce qui leur a été enseigné. Trois années d’études seront nécessaires pour obtenir la maitrise en chirurgie.

A cette fin, a été construite l’Académie royale de chirurgie à l’emplacement du collège de Bourgogne qu’on a démoli rue des Cordeliers. C’est l’œuvre du jeune architecte Gondoin, fils d‘un des jardiniers du roi et imposé par S.M. après examen de ses plans. Mais c’est Louis XVI qui a inauguré ce monument royal, dédié à la science et à la chirurgie pour le plus grand besoin de la Nation.

Une audacieuse harmonie caractérise cet édifice dont la modernité fait l‘admiration générale. Un péristyle d’ordre ionique à quatre rangs de colonnes, coiffé d’un étage, se déploie sur la longue façade de  la rue des Cordeliers. Au-dessus de la porte qui s’ouvre sur une large cour, un bas-relief représente Louis XV, accompagné de Minerve et la Générosité accordant des grâces et des privilèges à la chirurgie, aux côtés de laquelle se trouvent la Prudence et la Vigilance. La porte franchie, on découvre trois corps de bâtiment de même hauteur ».

« Dans l‘aile nord, face à l’entrée, l’amphithéâtre qui peut contenir deux cents personnes, décoré de fresques allégoriques, s’achève par une demi-coupole, ornée de caissons et de rosaces. Dans l‘aile droite, au rez-de-chaussée, se trouvent les salles de visite des malades, un hôpital de six lits pour les maladies chirurgicales extraordinaires, une pharmacie, des foyers à l’usage des professeurs en exercice, et un amphithéâtre pour les sages-femmes.

A l’étage, un cabinet contenant des instruments de chirurgie depuis les débuts de cet Art précède les logements réservés aux personnels de l’école.

Dans l‘aile gauche, une bibliothèque et une salle des actes ont été aménagées. A l’étage, se succèdent une antichambre, une vaste salle d’Académie, où l’on voit un écorché, œuvre du sculpteur Houdon, et deux tableaux, l’un représentant une saignée, l’autre un accouchement. Un cabinet est réservé aux archives, un autre pour les préparation anatomiques.

Partie 2. L’amphithéâtre d’anatomie de la communauté des chirurgiens de Paris sis rue des Cordeliers. Source : Pierre-Louis Laget, Bulletin Monumental, Année 1998, 156-4, pp. 369-384.

Partie 3. Présidents, chirurgiens du Roi

Georges Mareschal (1658-1736)

« Premier chirurgien du roi Louis XIV le 14 juin 1703 ; nommé Maître d’hôtel du roi, en avril 1706, et anobli par lettres patentes, en décembre 1707

En septembre 1709, il opère le maréchal de Villars, blessé au genou à la bataille de Malplaquet et lui évite l’amputation en extrayant la balle et en cautérisant la plaie. En novembre 1710, il soigne le duc d’Orléans des suites d’une chute de cheval, puis en novembre 1711 opère le comte de Toulouse d’une pierre grosse et pointue, recevant en récompense dix mille écus, qu’il tente de refuser avant de devoir les accepter.

En août 1715, il veille le roi Louis XIV, atteint de la gangrène, tente une opération pour le sauver, constate sa mort le 1er septembre puis pratique son autopsie et son embaumement

En 1731, il a fondé, avec François Gigot de Lapeyronie, l’Académie royale de chirurgie. On lui doit aussi d’avoir fait progresser la chirurgie lithotomique« .

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1763. Rêver une Amérique française

1763. Dernière année de la guerre de Sept ans : les vainqueurs sont les anglais, les vaincus sont les français (perte du Canada). La Guyane devient le dernière rêve de l’Amérique française.

Suite de la chronique 24 décembre 1770. Choiseul exilé. La décision de Choiseul, en 1763, de créer en Guyane une colonie idéale aboutira à un échec retentissant (17 000 morts en deux ans). Il aurait été logique de compter ce fiasco comme facteur de disgrâce du puissant ministre de Louis XV. Ce ne fut pas le cas.

Partie 1. La Guyane, le dernière rêve de l’Amérique française. Source : ouvrage de Marion F. Godfroy, éditions Vendemiaire*, 2014, 318 pages.

« Créer en Guyane une colonie idéale. Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants parcourant à pied  les routes de France d’est en ouest pour arriver au port de la Rochelle et de là embarquer pour Cayenne : c’est l’extraordinaire aventure que mit en œuvre, en 1763, le duc de Choiseul, dans l’idée de faire pièce à la domination anglaise outre atlantique, et de créer en Guyane une colonie idéale d’où serait banni l’esclavage…

Une histoire de rivalités internationales, entre la France et l’Angleterre, victorieuse de la guerre de Sept ans et triomphante en Amérique du nord. Une histoire de clans concurrents dans l’orbite du pouvoir, de faveur et de disgrâce, Turgot contre Choiseul, et d’un idéal des Lumières dévoyé.

Bilan : 17 000 morts« .

Partie 2. Les Jésuites en Guyane à partir de 1668. Deux sources :

« Présentation générale des résultats des interventions archéologiques conduites à Loyola, une habitation exploitée par les jésuites en Guyane, à partir de 1668 et jusqu’à leur interdiction en 1763. L’habitation Loyola, située à Rémire, à 10 km de Cayenne, couvre une superficie d’un peu plus de 1 000 hectares. Jusqu’à 500 esclaves y travaillèrent à produire des biens dont les revenus finançaient le grand projet des religieux en Amérique : l’évangélisation des Amérindiens par le biais des missions. Cet établissement illustre, de façon éloquente, la relation particulière qu’entretint l’église catholique avec le système esclavagiste.

Historique de cette habitation et de la place qu’occupaient les missionnaires dans cette aventure coloniale. Les recherches ont mis au jour la maison de maître et ses dépendances, la chapelle et le cimetière, une forge, une poterie, une manufacture sucrière complète (moulins, chaufferie, purgerie et étuve) une caféterie, une indigoterie… Un très abondant mobilier céramique, verrier et métallique a été recueilli au cours des opérations archéologiques ; il permet de préciser les conditions de vie et les relations commerciales de cette habitation, exceptionnelle par ses dimensions mais représentative de l’économie coloniale à cette époque.

Une entreprise de mise en valeur du site est actuellement engagée, elle vise à révéler au public un lieu illustrant, de façon éloquente, la mémoire de l’esclavage en Guyane ».

Partie 3. Histoire de la Guyane au 18ème siècle. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« En 1713, le traité d’Utrecht considère le fleuve Maroni comme la frontière ouest de la Guyane française. Par ce traité, le roi Louis XIV abandonne totalement le bassin de l’Amazone aux Portugais, mais la difficulté à fixer les frontières géographiques en Amazonie va être la source de disputes durant deux siècles. Les deux parties ne cessent de rechercher l’extension de leur territoire respectif par l’installation de postes militaires, de missions religieuses et de comptoirs commerciaux. Ces disputes se termineront en 1900 par un arbitrage suisse qui fixe la frontière entre le Brésil et la France.

Vers 1750, de nombreux Amérindiens s’installent sur le territoire.

En 1762, les Jésuites sont expulsés de la Guyane sur ordre de Louis XV : l’expulsion précède l’implantation en Guyane par la volonté du ministre français Choiseul d’une nouvelle colonie de peuplement ; des milliers de personnes sont envoyées de France pour accélérer de manière décisive la colonisation des terres. Cette politique volontariste échoue car rien n’a été préparé pour les accueillir.

En 1763, une campagne de propagande principalement menée en Alsace et en Lorraine conduit environ 15 000 Français dont 12 000 Alsaciens et Lorrains vers le port de Rochefort, à destination des savanes de l’Ouest guyanais. En effet, après la perte du Québec, Choiseul veut faire de la Côte Sauvage une nouvelle colonie de peuplement afin de réaffirmer la position française en Amérique.

Choiseul, qui s’imagine la Guyane comme un paradis luxuriant, a une méconnaissance totale du terrain. Le projet colonial est réalisé dans l’approximation. Les colons, dont un certain nombre est déjà malade sur le bateau surpeuplé, débarquent à Kourou en pleine saison des pluies et dans les marais. 12 000 colons meurent dans l’année de maladies (dysenterie, fièvre jaune, syphilis, paludisme). L’expédition, menée par Choiseul, est un cuisant échec, le paradis guyanais se transforme en enfer. Une soixantaine de familles de survivants au désastre de Kourou se réfugient sur le petit archipel en face de Kourou, baptisé Îles du Salut pour l’occasion, avant de retourner en France.

En 1776, un gouverneur compétent est enfin nommé. Pierre-Victor Malouët, secondé par l’ingénieur Joseph Guisan, d’origine suisse, entreprend un programme de réforme de l’agriculture et d’aménagement de territoires agricoles. Le territoire va connaître une période de relative prospérité jusqu’à la Révolution française.

À partir de 1792, la Révolution fait de Cayenne un lieu de déportation pour les prêtres réfractaires et les ennemis politiques de la Révolution. Le premier bagne, celui de Sinnamary, est créé. Jusqu’en 1805, le territoire est un lieu de déportation pour les opposants politiques aux différents régimes qui se succèdent en France.

En 1794, la République Française abolit l’esclavage mais remplace les esclaves par les religieux français et belges. C’est le conventionnel André Pomme, premier député de Guyane, qui est à l’origine du projet de déportation des religieux français et belges ».

Partie 4. Guyane Française, Données historiques. Source : université Laval.

« Après 1763, la Guyane était demeurée française à la faveur d’une violente tempête qui avait empêché les Britanniques de s’en emparer. Elle restait donc sur la liste des rares colonies françaises à développer. La perte du Canada pouvait être compensée en quelque sorte par la colonisation de la Guyane. Le duc de Choiseul voulait en faire un nouveau Canada sous le nom de France équinoxiale, parce que la durée des jours et des nuits y reste approximativement la même tout au cours de l’année ».

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24 décembre 1770. Choiseul exilé

1770 (24 décembre). Disgrâce de Choiseul.

24 décembre 1770  : disgrâce de Choiseul. Source : 1770 en France. « Les coteries de cour ont un rôle dans cette disgrâce : les dévots réunissant les filles du roi, La Vauguyon, précepteur du Dauphin, d’Aiguillon, hostiles aux parlements, aux idées éclairées, à l’alliance autrichienne, s’opposent aux Choiseulistes.

Choiseul, exilé sur son domaine de Chanteloup (Touraine), y crée un foyer actif d’opposition. Début du triumvirat du duc d’Aiguillon, de l’abbé Terray et de Maupeou. Louis XV s’efforce, avec le chancelier Maupeou de restaurer l’absolutisme et de poursuivre la politique de réforme fiscale.

Partie 1. Choiseul. L’obsession du pouvoir. Source : Monique Cottret, Éditions Tallandier, 2018, 509 pages.

La chute de Choiseul, grand ministre de Louis XV. Source. Franck Ferrand interviewe Monique Cottret, Europe 1, récit intégral, 42 minutes 12, 4 avril 2018.

Partie 2. Étienne François de Choiseul. Source : extraits de l’article de Wikipédia

« Choiseul, progressivement à partir de la mort de madame de Pompadour en 1764, doit utiliser de manière permanente son habileté à maintenir son pouvoir et son influence sur Louis XV, tant celui-ci était l’objet de stratégies concurrentes pour supplanter l’influence du ministre. Par le moyen de la faveur royale, les coteries et autres clans investissaient en utilisant le moyen d’intrigantes, rêvant pour la plupart à un destin similaire à celui de madame de Pompadour. Choiseul sans cesse écrivit à Louis XV pour devancer les attaques et éviter la disgrâce.

L’autre stratégie déployée par Choiseul était de prévenir de manière raffinée les attaques d’intrigantes, jouets, pour la plupart, des diverses coteries de la cour de Versailles. Ce fut le cas dans l’affaire de madame d’Esparbès : cette dernière, parente de Mme de Pompadour, accordait ses faveurs à de nombreux princes, dont Louis-Henri-Joseph, prince de Condé, puis, Mme de Pompadour étant absente, au roi lui-même. À la mort de la Pompadour, le 15 avril 1764, Louis XV réserva à Mme d’Esparbès un appartement à Marly et un autre à Versailles, au point de la faire presque passer pour sa maîtresse déclarée. Choiseul tenta de lui substituer la duchesse de Gramont, qui avait 34 ans et était de son clan ».

« Les Rohan-Soubise soutinrent quant à eux Mme d’Esparbès qui semblait bien devoir triompher, lorsqu’au printemps 1766, Choiseul introduit dans l’intimité de cette dernière une amie infidèle, qui l’interroge sur ses rapports avec le roi, et obtient des confidences scandaleuses qui furent publiées par les nouvellistes. Le roi, informé par Choiseul, donna sur-le-champ ordre à Mme d’Esparbès de se retirer auprès de son mari.

Après la mort de madame de Pompadour, le duc de Choiseul caressait l’espoir de placer auprès du roi sa sœur, la duchesse de Gramont, ou toute autre femme à leur dévotion. Aussi les Choiseul n’accueillirent-ils pas d’un bon œil l’ascension de la nouvelle favorite Mme Du Barry, qui leur fit perdre une part d’influence auprès du roi. Une créature du clan Choiseul, Pidansat de Mairobert, fut le rédacteur des premières attaques, souvent triviales contre Mme Du Barry. Il suscita des chansons grivoises et même des libelles pornographiques (L’Apprentissage d’une fille de modes, ou L’Apothéose du roi Pétaud).

Par la force des choses, Mme Du Barry se retrouva soutenue par le parti dévot, par le fait même qu’il était hostile à Choiseul qui, pour avoir conclu le mariage du nouveau Dauphin Louis-Auguste et de l’archiduchesse Marie-Antoinette d’Autriche, semblait encore intouchable (on pensa même régulariser la situation en la faisant officiellement épouser par le roi). Prévenue contre Mme Du Barry dès son arrivée en France en mai 1770 (chronique du blog Goethe et Marie-Antoinette, la dauphine, jeune et entière, lui voua d’emblée un mépris profond en ne lui parlant pas, ce qui était grave quand on vivait à la cour, moins parce qu’elle était favorite royale que parce qu’elle était non agréée par le parti lorrain de la cour (1770).

Membre de la commission pour la réforme fiscale de L’Averdy, l’abbé Terray est remarqué par René-Nicolas de Maupeou, qui le fait nommer contrôleur général des finances en décembre 1769. Terray l’aide à se débarrasser de Choiseul et de son cousin Choiseul-Praslin, le 24 décembre 1770.

Sa disgrâce se dessine progressivement. L’affaire d’Aiguillon-La Chalotais mécontente Louis XV sur l’orientation libérale de son ministre dont la pratique politique s’apparentait à une cogestion implicite avec les adversaires de la monarchie absolue.

La connaissance d’une négociation menée secrètement par Choiseul avec Charles III d’Espagne pour une reprise de la guerre contre l’Angleterre, guerre dont le roi ne voulait pas, accéléra la disgrâce du ministre à la fin de 1770.

À cette première cause idéologique s’ajoute une raison liée à l’intimité de Louis XV. Ses ennemis, menés par la comtesse du Barry, maîtresse du roi, et le chancelier Maupeou, eurent raison de lui. Ce dernier se rapproche en effet du clan du Barry et dénonce au Roi la politique de soutien de Choiseul envers les parlementaires. Courroucé, le Roi le fut davantage encore en voyant le duc de Choiseul travailler à susciter une guerre au dehors.

Un incident met un comble à l’indignation royale : le roi et Choiseul se rencontrent dans la galerie des glaces alors que le ministre était suivi d’un cortège à la tête duquel il semblait être un souverain, tandis que Louis XV à peine accompagné semblait un souverain en disgrâce. Cette circonstance décide de la chute de Choiseul, représenté aussitôt comme osant se présenter pour rival du souverain.

A la suite d’humiliations répétées contre Mme Du Barry Louis XV décide le renvoi de Choiseul et des siens, et le fait remplacer par le duc d’Aiguillon.

Le neveu du duc d’Aiguillon remet au duc de Choiseul une lettre par laquelle le Roi l’exilait non seulement avec dureté mais de manière menaçante. Le 24 décembre 1770, Choiseul recevait cette lettre du roi : mon cousin, le mécontentement que me causent vos services me force à vous exiler à Chanteloup, où vous vous rendrez dans vingt-quatre heures. Je vous aurais envoyé beaucoup plus loin, si ce n’était l’estime particulière que j’ai pour Mme la duchesse de Choiseul, dont la santé m’est fort intéressante. Prenez garde que votre conduite ne me fasse prendre un autre parti ; sur ce, je prie Dieu, mon cousin, qu’il vous ait en sa sainte garde. Il reçut l’ordre de se retirer dans son château de Chanteloup près d’Amboise.

En 1771, il doit démissionner de sa charge de colonel général des Suisses. Comme l’écrivit un chroniqueur :  jamais un ministre au faîte de la faveur et de la puissance ne fut aussi triomphant que le duc de Choiseul dans sa disgrâce. Malgré tout, le roi Louis XV conserva une haute opinion de Choiseul ; apprenant le démembrement de la Pologne, il s’écria : ah ! Cela ne serait pas arrivé, si Choiseul eût été encore ici. L’impératrice Marie-Thérèse, après avoir formellement déploré cette situation, se satisfît parfaitement du duc d’Aiguillon, qu’elle jugea doué de peu de génie et de talents, sans crédit et harcelé sans cesse par des factions.

Durant son bannissement, Choiseul fut visité par des personnages puissants et apparut comme un véritable chef de l’opposition. Le duc de Choiseul, exilé à Chanteloup, y avait toute la France, observe l’abbé Morellet en 1773. Les libelles fleurirent. Au mois de juillet 1773, Théveneau de Morande, devenu une des créatures du clan Choiseul, s’attaqua alors à la favorite royale, Madame du Barry. Le lieutenant général de police Sartine fait alors perquisitionner les libraires pour connaître l’éditeur. Finalement Théveneau est localisé à Londres, son arrestation échoue et c’est Beaumarchais qui est envoyé, début 1774, pour négocier avec le libelliste. La même année, lors de la constitution du gouvernement de Louis XVI, questionné sur le choix des ministres, Choiseul répond alors : « je ne vois que le comte de Vergennes pour les affaires étrangères ». En effet, malgré ses différends avec Vergennes, celui-ci, issu du courant traditionnel diplomatique du cardinal Fleury, peut être considéré comme le continuateur de la politique de redressement de Choiseul.

Marie-Antoinette considère d’un très mauvais œil le départ de Choiseul, auquel elle pensait devoir son mariage. Pendant toute sa disgrâce, elle lui témoigna une grande fidélité et le fait rappeler à l’avènement de Louis XVI, le 10 mai 1774, lui donnant une audience à Reims au moment du sacre. Cependant, Louis XVI ne pardonnait pas à Choiseul de s’être vivement opposé à son père, le dauphin Louis, à propos de l’expulsion des Jésuites, en 1764, à tel point que lorsque le Dauphin mourut en 1765, le bruit des opposants fit courir la rumeur que Choiseul l’avait fait empoisonner.

Le nouveau  roi, cédant aux instances de la reine, lui permet toutefois de revenir à Paris. Il paraît de nouveau à la Cour dès le 12 juin 1774, mais à cette date, Maurepas domine le Conseil et Vergennes occupe le secrétariat d’État aux Affaires étrangères.

Louis XVI lui réserve un accueil maussade, se bornant à lui dire : Monsieur de Choiseul, vous avez perdu une partie de vos cheveux. Choiseul comprend qu’il n’a plus rien à espérer et repart dès le lendemain pour Chanteloup où il meurt onze ans plus tard, en 1785″.

Partie 3. Disgrâce de Choiseul, in Guy Chaussinand-Nogaret, Choiseul, 1998, pages 289 à 304.

« Pour renverser Choiseul, le parti Maupeou fit choix de deux arguments ou plutôt de deux assertions mensongères, fondées sur des ragots et de faux témoignages, mais susceptibles de faire impression sur le roi qui se laisserait aisément persuader qu’un danger imaginaire le guettait et du moins que sa tranquillité, aspiration dernière de ce vieillard pusillanime, était menacée en même temps que l’idylle dubarrienne, devenue l’obsession sénile de ses dernières années.

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Injuste réforme du lycée pro

12 mesures pour faire du lycée professionnel un choix d’avenir pour les jeunes et les entreprises, Ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse, 4 mai 2023.

L’enfer est pavé de bonnes intentions : c’est le cas pour cette réforme vantée par un important effort de communication dans les médias.

Au cœur de la réforme, la gratification des stages. Celle-ci va non pas renforcer la filière mais elle va l’affaiblir car le montant de la gratification est nettement inférieure à celui du contrat d’apprentissage.

Or le contrat d’apprentissage existe déjà pour les bacheliers professionnels, mais aucune des 12 mesures gouvernementales ne le mentionne et n’en prévoit l’extension. Pourquoi ? Trop cher !  

Partie 1. Préparer un bac pro sous contrat d’apprentissage

Partie 2. À quoi ressemblera le lycée professionnel de demain ? 

12 mesures pour faire du lycée professionnel un choix d’avenir

1 milliard d’euros investi chaque année dans le lycée professionnel de demain.

Un lycéen professionnel mieux accompagné dans son parcours :  Jusqu’à 2 100€ de gratifications de stages sur l’ensemble de la scolarité d’un lycéen

La gratification est une modalité de valorisation de la voie professionnelle, de l’importance accordée aux temps en entreprise comme temps de formation, ainsi que de la responsabilité du jeune, de l’établissement et de l’entreprise à s’investir dans cette démarche.

Parce qu’en voie professionnelle les stages sont complémentaires aux enseignements et au développement des compétences, toutes les périodes de stage des lycéens professionnels seront gratifiées par l’État. L’élève effectuera jusqu’à six mois de stage durant sa scolarité.

Conditions d’éligibilité. Cette allocation de stage concernera tous les lycéens qui préparent un diplôme professionnel de niveau secondaire (CAP, baccalauréat professionnel, mention complémentaire, brevet des métiers d’art), ainsi que les lycéens professionnels engagés dans des formations complémentaires d’initiative locale (FCIL) à l’issue d’un CAP ou d’un baccalauréat professionnel. Les lycéens professionnels devront être en cours de formation et inscrits dans des établissements publics ou privés sous contrat pour en bénéficier.

L’assiduité de l’élève, à l’école comme en entreprise, sera prise en compte au moment du versement de la gratification.

Pour motiver et valoriser l’investissement des élèves, toutes les périodes de formation en milieu professionnel des lycéens professionnels feront l’objet d’une gratification attribuée par l’État :

  • 50 euros par semaine pour les lycéens professionnels inscrits en 1re année de CAP et en seconde du baccalauréat professionnel, soit 300 euros au total sur l’année ;
  • 75 euros par semaine pour les lycéens professionnels inscrits en 2e année de CAP et en première du baccalauréat professionnel, soit 600 euros au total sur l’année ;
  • 100 euros par semaine pour les lycéens professionnels inscrits en terminale du baccalauréat professionnel, permettant ainsi de recevoir une allocation de stage comprise entre 600 et 1 200 euros au total sur l’année, selon le nombre de semaines de stages effectuées.

Un élève de lycée professionnel pourra donc recevoir jusqu’à 2 100 euros de gratification sur un cycle de trois années de formation en baccalauréat professionnel.

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Année 1758. Huit chroniques du blog

621ème chronique d’Histoires d’universités sur le 18ème siècle. Pour chaque année, évolution des relations internationales (alliances, mariages, guerres, traités de paix, échanges commerciaux). Évènements climatiques, politiques, économiques, scientifiques, artistiques.

Sources. Année 1758 sur Wikipédia (France, Amérique, Asie, Europe), sur Kronobase (99 dates). Années déjà publiées sur le blog.

1758, troisième année de la guerre de 7 ans (1756-1763).

Disgrâce du Cardinal de Bernis (décembre 1758)

Homme d’État, prélat et écrivain français  (1715-Rome 1794). Protégé par Mme de Pompadour, ambassadeur à Venise (1752), il négocia, à l’instigation de Louis XV, l’alliance franco-autrichienne consacrée par le premier traité de Versailles (1756), qui préluda à la guerre de Sept Ans.

Nommé lors de ce conflit secrétaire d’État aux Affaires étrangères (1757), il s’opposa à la poursuite des hostilités après la défaite de Rossbach (1757), ce qui provoqua sa disgrâce (1758). Nommé cardinal (1758) puis archevêque d’Albi (1764), il fut envoyé en ambassade à Rome (1768-1791), où il négocia avec Clément XIV la suppression de la Compagnie de Jésus.

1754-1758. Saint-Jean, Sarrebruck

La Basilique Saint-Jean est une église catholique située sur le marché Saint-Jean.Diaporama de 43 photos. Au XVIIIe siècle, sous la domination française de Louis XIV, la population catholique s’accrut. Le pouvoir en place finança alors la construction de la basilique, qui était le seul édifice religieux construit depuis cent ans. Celui-ci fut construit à la place de la chapelle du même nom par l’architecte Frédéric-Joachim Stengel entre 1754 et 1758.

Après que l’emplacement et le style du nouvel édifice aient été déterminés, les dons sont recueillis pour financer les coûts de construction. Parmi ceux-ci, Claude Charles de Rouvroy de Saint-Simon  (1695-1760), évêque (1733-1760) de Metz, fait don de 1 000 francs pour le maître-autel alors que le prince Wilhelm Heinrich fait don du bois en provenance de sa  forêt privée. Quelle que soit leur allégeance religieuse, tous les résidents doivent participer aux corvées sur le site.

1740-1758. Benoit XIV, pape

Prospero Lorenzo Lambertini, né le 31 mars 1675 à Bologne, est le troisième enfant d’une famille noble des États pontificaux. Il devient pape en 1740 sous le nom de Benoît XIV. Il meurt le 3 mai 1758 à Rome.

Pape Moderne et Conservateur. Législateur de l’Église moderne, Benoit XIV a marqué le XVIIIe siècle par son long pontificat de dix-huit ans et par son ouverture d’esprit au siècle des Lumières. C’est un pape moderne qui tente de calmer les querelles religieuses, de ramener l’Église grecque et l’Église arménienne dans le giron de Rome, et, tout en confirmant la bulle Unigenitus, il adoucit les rigueurs que l’on exerçait sur les jansénistes.

Féru de sciences (en particulier de physique, de chimie, de mathématiques), il autorise les œuvres sur les nouvelles représentations du monde (héliocentrisme à cette époque). Devant la preuve optique de la trajectoire orbitale de la Terre apportée par James Bradley, il fait accorder par le Saint-Office l’imprimatur à la première édition des œuvres complètes de Galilée.

Christophe Guérin, graveur (1758-1831)

Christophe Guérin, peintre et graveur, né à Strasbourg le 14 février 1758 et mort dans la même ville le 27 septembre 1831 à l’âge de 73 ans.

Christophe Guérin, dans une famille d’artistes en Alsace.

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Choiseul, 40 ans en 1759

Choiseul (1719-1785), 40 ans en 1759

Choiseul, membre de la Noblesse, a été immensément riche tout au long de sa vie. Destiné à une carrière militaire, il n’y fait pas un parcours particulièrement brillant. Il se tourne alors vers la carrière politique (ambassade de Rome puis de Vienne). Il est proche de Madame de Pompadour. Il remplace Bernis comme principal Ministre d’État du roi Louis XV, le 2 décembre 1758, au cœur de la guerre de Sept ans (1756-1763). Il demeure dans cette fonction-clé jusqu’en 1770. 1758-1770 : une durée exceptionnelle au 18ème siècle. Classique également la suite et la fin : il est exilé dans son château de Chanteloup.

Deux sources principales. Chapitres 1 et 2 du livre de Monique Cottret, Choiseul. L’obsession du pouvoir, Tallandier, 2018, 508 pages.

Extraits de l’article de Wikipédia

Comte puis duc de Choiseul-Stainville (1758) et duc d’Amboise (1764), est né le 28 juin 1719 à Nancy et mort le 8 mai 1785 au château de Chanteloup. Il fut le chef du gouvernement de Louis XV entre 1758 et 1770.

Il était préoccupé par la modernisation de l’État et son renforcement face au pouvoir de l’Église, symbolisant l’alliance sociologique et politique entre une frange libérale de la noblesse européenne et la bourgeoisie progressiste d’affaires, tout comme William Pitt en Grande-Bretagne, Pombal au Portugal, Tanucci à Naples, Du Tillot à Parme et Kaunitz en Autriche.

Il est le fils aîné de marquis François Joseph de Choiseul-Beaupré de Stainville, qui avait 30 000 livres de rente et se livrait au plaisir de la bonne chère, sa passion dominante.

Son frère cadet Jacques Philippe de Choiseul, se consacre à la carrière militaire, tandis que sa sœur, Béatrix de Choiseul-Stainville, duchesse de Gramont, que le duc passait pour aimer d’une affection plus que fraternelle ; celle-ci fut amie de Mme de Pompadour, est une salonnière et bibliophile, aux manières libres et brusques, une femme impérieuse et tranchante, qui a de l’influence sur Étienne François, ce qui a favorisé sa carrière politique.

Sujet du duc Léopold Ier de Lorraine, Étienne-François reçoit les prénoms du fils du duc.

1738 (19 ans). Le Traité de Vienne (1738) donnant la Lorraine et le Barrois à Stanislas Leszszynski, beau-père du roi de France, le duc François III Étienne reçoit en compensation le grand-duché de Toscane et nomme le jeune Choiseul Ministre de Toscane auprès de la cour de France.

1741 (22 ans). Choiseul participe aux campagnes de Bohême en 1741 et d’Italie, notamment la bataille de Coni, pendant la guerre de Succession d’Autriche, dans le régiment de Navarre.

1743 (24 ans). Après la défense du Rhin et la campagne de Flandre, il est promu sous-lieutenant (1739), colonel (1743), puis brigadier et maréchal de camp.

1745 à 1748 (26 à 29 ans). Il est aux Pays-Bas pendant les sièges de Mons, Charleroi et Maastricht et atteint le rang de lieutenant général.

1750 (31 ans). Il fait partie, avec le roi Stanislas Leszczynski, des membres fondateurs de l’Académie de Stanislas à Nancy

1750. Le 22 décembre, Choiseul épouse Louise Honorine Crozat, fille de Louis François Crozat, et petite-fille d’Antoine Crozat, première fortune de France sous Louis XIV. Elle lui apporte 120 000 livres de rente et l’hôtel Crozat, construit en 1706 par Cartault pour Pierre Crozat, grand-oncle de l’épousée.

1753 (34 ans). Brièvement bailli des Vosges, il devient en juillet 1753 maréchal de camp en Flandre, sous les ordres du prince de Soubise.

1753-1757 (34-38 ans). À son retour, en octobre, une lettre du maréchal de Noailles l’informe que le duc de Nivernais quitte l’ambassade de Rome. Choiseul est nommé à sa place.

1756 (37 ans). Il reçoit le cordon bleu du Saint-Esprit, convoité depuis sa nomination comme ambassadeur.

1756. Mais il ne se presse guère pour faire son entrée officielle (avril 1756) dans la fonction d’ambassadeur de Louis XV à Rome auprès de Benoit XIV, pape de 1740 à 1758.

Il mène les négociations concernant les troubles provoqués par la résistance janséniste à la bulle papale Unigenitus. Cette difficile question qui divise sévèrement le royaume de France conduit Benoit XIV à chercher une solution acceptable dans l’encyclique Ex omnibus Christiani orbis. L’autorité de la papauté, progressivement réaffirmée après la crise conciliariste, doit être maintenue.

Diaporama de 5 photos. Ex Omnibus ou la revanche des « Vieillards » (extraits du livre de Monique Cottret)

Pour aller plus loin : article en ligne. L’ecclésiologie de Benoît XIV. Olivier Descamps, pp. 309-322, in Les Clercs et les Princes, Publications de l’École nationale des Chartes

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Mme de Pompadour. Guerre de 7 ans

Madame de Pompadour et la guerre de 7 ans (1756-1763).

Sources. Edmond Dziembowski, La guerre de  Sept ans (1756-1763), Pour l’Histoire, Perrin, Ministère de la Défense, janvier 2015, 670 pages.

Louis XV et Madame de Pompadour. Youtube : 50 minutes

Née à Paris le 29 décembre 1721, Madame de Pompadour a 34 ans au début de la  guerre de 7 ans.

Elle est la maîtresse en titre de Louis XV de 1745 à 1751. Après cette période, elle demeure amie et conseillère du roi.

Le 7 février 1756, le roi annonce sa nomination comme Dame du palais de la Reine et la présentation a lieu le lendemain.

Elle reste auprès de lui jusqu’à sa mort le 15 avril 1764, au château de Versailles.

Les sources mobilisées dans cette chronique dressent un portrait très contrasté et vont même jusqu’à ignorer son existence (partie 1). Les Goncourt en 1888 critiquent impitoyablement ses origines non nobles (partie 3). Pour Jean Beranger, historien contemporain, « Madame de Pompadour joua, dans le renversement des alliances, un rôle discret, mais efficace » (partie 2).

Madame de Pompadour par François Boucher, 1759

Partie 1. Aucune mention d’un rôle joué par Madame de Pompadour

La révolution diplomatique de 1756 : une négociation au sein de l’État royal, Lucien Bély, Books openedition, Expériences de la guerre, pratiques de la paix, Presses universitaires de Rennes, pp. 149-167.

« Nous voyons s’élaborer un discours de substitution qui vient transformer les justifications habituelles de la politique extérieure de la France, sous la pression des événements et de décisions prises dans l’urgence. Cela exige une négociation au cœur même de la sphère gouvernementale, avec l’obligation de concilier des idées contraires, dans une réconciliation inattendue avec un ennemi traditionnel (la dynastie des Habsbourg). Il y a à la fois une évolution lente des conceptions politiques et une réaction face à la situation présente. Le discours royal retrouve quelques références stables : la logique dynastique, la convergence religieuse, la société des princes, l’union des puissances. Mais les risques apparaissent aussi clairement, d’où d’infinies précautions. Si le système ancien est renversé, si un nouveau système d’alliance se dessine, la sagesse diplomatique vient se rappeler à l’audace des princes ».

Partie 2. « Madame de Pompadour joua, dans le renversement des alliances, un rôle discret, mais efficace« 

Analyse d’un historien contemporain, Jean Bérenger, professeur émérite à l’université de Paris IV-Sorbonne. Le traité de Versailles et le renversement des alliances Versailles, 1er mai 1756, Source : France archives, Commémorations Collection 2006.  

« Le traité de Versailles du 1er mai 1756, qui concluait une alliance offensive et défensive entre la France et la monarchie autrichienne, a profondément modifié l’équilibre européen jusqu’à la Révolution française. Connu comme le renversement des alliances, il représente en effet un événement historique pour l’Europe des Lumières. Au système diplomatique en vigueur depuis la fin du règne de Louis XIV, qui plaçait la monarchie autrichienne et la Grande-Bretagne dans un camp, la France, la Prusse et la Bavière dans le camp adverse, se substitue désormais une alliance anglo-prussienne s’opposant à une alliance franco-autrichienne.

Le renversement des alliances permettrait surtout, croyait-on à Versailles, d’empêcher l’expansion coloniale anglaise en laissant à la France toutes ses forces disponibles outre-mer, au moment où les relations franco-anglaises en Amérique du Nord ne cessaient de se détériorer.

L’initiative diplomatique est néanmoins venue de l’impératrice Marie-Thérèse qui, après les affrontements de la guerre de succession d’Autriche, fit de l’alliance française le pilier de son nouveau système diplomatique. À Vienne, Kaunitz, qui avait négocié la paix d’Aix-la-Chapelle, ne cacha pas les avantages d’un rapprochement avec les Bourbons : la France pourrait rester neutre en cas de guerre austro-prussienne, inévitable si Marie-Thérèse voulait récupérer la Silésie.

La mission de Kaunitz, ambassadeur d’Autriche en France de 1750 à 1753, avait été une réussite, car il sut à la fois gagner Mme de Pompadour et déjouer l’hostilité des ministres français, qui demeuraient attachés à l’alliance prussienne. Rappelé à Vienne, Kaunitz fut nommé chancelier d’État et dirigea pendant 40 ans la diplomatie autrichienne. À ce moment l’impératrice Marie-Thérèse, qui voulait à tout prix reconquérir la Silésie, avait compris que la Grande-Bretagne, qui l’avait obligée à céder cette province à la Prusse en 1745, ne l’y aiderait jamais. Or, elle n’osait pas attaquer la Prusse, si elle ne disposait d’aucune aide et si elle n’était pas assurée de la neutralité de ses voisins.

Starhemberg, successeur de Kaunitz à Paris, avait reçu dès 1755 des instructions précises pour négocier un traité d’alliance défensif avec la France. Les ouvertures de Marie-Thérèse furent bien accueillies par le roi et Mme de Pompadour qui joua, dans le renversement des alliances, un rôle discret, mais efficace. Pendant près d’un an, Starhemberg mena avec l’abbé de Bernis de longues et difficiles conversations secrètes, car il ne fallait pas éveiller les soupçons du ministère, foncièrement anti-autrichien.

C’est alors que Frédéric II accomplit le geste qui devait tout déclencher. Par le traité de Westminster du16 janvier1756, il manifesta son rapprochement avec la Grande-Bretagne, en s’engageant à ne pas attaquer le Hanovre, qui appartenait au roi d’Angleterre. Même si Frédéric II n’avait pas l’intention d’abandonner l’alliance française, l’alliance prussienne n’était plus d’aucune utilité pour Louis XV, au cas où le roi de Prusse refuserait d’attaquer le Hanovre.

Le résultat de la volte-face prussienne fut le traité de Versailles du 1er mai 1756. Celui-ci garantissait la neutralité des Pays-Bas autrichiens, les possessions réciproques des parties contractantes et prévoyait une aide militaire au partenaire sous forme d’un corps auxiliaire de 24 000 hommes ou d’une aide financière permettant l’entretien d’un effectif équivalent. Marie-Thérèse ratifia le traité dès le 25 mai, mais l’accord demeurait fragile car il choquait profondément l’opinion française et déplaisait aux ministres de Louis XV, Machault d’Arnouville et d’Argenson. Choiseul lui-même, partant en qualité d’ambassadeur à Vienne, ne s’était pas gêné pour montrer tous les inconvénients de l’alliance.

Un second traité fut signé à Versailles le 1er mai 1757 par le nouveau ministère qui, composé de Belle-Isle à la Guerre, de Silhouette au contrôle général des Finances et de l’abbé de Bernis aux Affaires étrangères, était favorable à l’alliance autrichienne. Louis XV promettait de fournir une armée de 130 000 hommes, de verser à Marie-Thérèse un subside annuel de 12 millions de florins (soit 12 millions d’écus) jusqu’à ce que Frédéric II ait restitué à l’Autriche la Silésie. Louis XV versa en fait à Marie-Thérèse pendant plusieurs années 25 à 30 millions de livres tournois, sans lesquels les Impériaux n’auraient pu fournir un gros effort de guerre en Bohême et en Silésie. C’était pour Kaunitz un triomphe diplomatique, qui ne permit pourtant pas à Marie-Thérèse de récupérer la Silésie à la fin de la guerre de Sept ans.

Tout le projet reposait sur une analyse erronée des capacités de résistance de Frédéric II, qui fit face à une vaste coalition continentale regroupant la Russie de la tsarine Élisabeth Petrovna, la Saxe et la Pologne d’Auguste III, la Suède, la France, la monarchie autrichienne et le Saint-Empire, qui avait déclaré la guerre à Frédéric II à la suite de l’agression prussienne contre la Saxe. Si la guerre de Sept ans se traduisit pour la maison de Brandebourg par un véritable « miracle », dont Frédéric II était parfaitement conscient, elle se révéla pour  Louis XV une opération désastreuse, car la France accumula les défaites sur terre et sur mer. Elle eut en effet à combattre sur deux fronts, sans autre but de guerre que d’aider Marie-Thèrèse, alors qu’elle était engagée dans un conflit maritime et colonial.

L’alliance franco-autrichienne de 1756 permit néanmoins la réconciliation des maisons de Bourbon et de Habsbourg-Lorraine même si, de part et d’autre, de vieilles rivalités demeuraient. Elle a en outre apporté un demi-siècle de paix à la Rhénanie, aux Pays-Bas autrichiens, à l’Italie du Nord et aux provinces françaises du Nord-Est et a facilité l’essor économique et culturel de ces régions au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle ».

Partie 3. Madame de Pompadour, La femme implacable

Source. Edmond & Jules de Goncourt, Madame de Pompadour, France Empire, 2012, chapitre XVIII, pp . 330 à 341. Réédition de l’ouvrage de 1888.

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Joseph II et le royaume de Hongrie

Joseph II (1741-1790) et le royaume de Hongrie.

Partie 1. Bonnes feuilles du livre de François Fejtö, Joseph II, Un Habsbourg révolutionnaire, Librairie Académique Perrin.

Diaporama. Table des matières du livre et pages dédiées à la Hongrie (287 à 310).

La guerre du latin en Hongrie (pages 287 à 292).

Presbourg est devenue Bratislava, capitale de la Slovaquie, sur le Danube.

La lutte contre les privilèges (pages 293 à 310)

Partie 2. Le royaume de Hongrie (Magyar Királyság) entre 1718 et 1867. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Le royaume s’élargit, sous l’égide des Habsbourg au terme de leur Longue Guerre contre l’Empire ottoman, de la Hongrie royale aux territoires de la Hongrie ottomane et du Partium transylvain ayant formé le royaume de Hongrie orientale.

L’échec ottoman devant Vienne (1683) détermine les Habsbourg à repenser leurs stratégie en Hongrie royale, remettant en cause la prééminence obtenue en 1568 par les Ottomans dans la plaine hongroise à la paix d’Andrinople.

Les opérations de conquête des Habsbourg à la fin du XVIIe siècle se concentrent autour de la plaine de Hongrie, occupée par les Ottomans depuis le milieu du siècle. Ainsi, dès le dégagement de Vienne, les généraux des Habsbourg planifient une conquête systématique de la plaine hongroise, menée de façon méthodique à partir de 1684. Les années 1684 et 1685 sont ainsi consacrées à la prise des positions indispensables à un succès en Hongrie centrale, Érsekújvár sur la rive gauche du Danube, Esztergom sur la rive droite, succès de faible importante tactique mais d’une grande importance stratégique ».

La cathédrale Saint-Adalbert est un sanctuaire catholique de la ville d’Esztergom. Édifiée à partir de 1822, elle succède à une ancienne cathédrale médiévale ruinée lors d’une bataille contre les troupes ottomanes.

« Après la conquête de Buda en 1686, les opérations se concentrent rapidement autour de la forteresse de Belgrade, conquise par les Impériaux une première fois en 1688, puis perdue en 1690. Rapidement, ces opérations, ainsi que le succès de Buda, sont utilisées par les Habsbourg et leur propagande, dans les années qui suivent, puis au cours du XIXe siècle.

La conquête de la Hongrie par les Habsbourg est entérinée en 1699 par la paix de Karlowitz, et achevée en 1718 au traité de Passarowitz par le rattachement du Banat.

Le XVIIIe siècle est marqué par la grande révolte nobiliaire hongroise de 1711 coïncidant avec l’arrivée sur le trône de la branche féminine de la famille de Habsbourg, en la personne de Marie-Thérèse. Ensuite, aucune révolte d’importance ne se développe entre 1711 et 1790.

Au cours du XVIIIe siècle, les nobles hongrois s’affirment comme les principaux défenseurs de Marie-Thérèse, notamment le 24 septembre 1741 lors de son sacre comme impératrice ; sans leur soutien, les princes allemands intéressés par le dépeçage des possessions des Habsbourg n’auraient laissé à Marie Thérèse que le royaume de Hongrie, le grand-duché de Transylvanie et le grand-duché de Toscane. Par leur soutien à la nouvelle impératrice, les nobles magyars arriment solidement le royaume de Hongrie à la maison des Habsbourg ».

Carte de la Hongrie en 1911

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Joseph II, empereur de 1765 à 1790

Joseph de Habsbourg-Lorraine, puis Joseph II, né le 13 mars 1741 à Vienne et décédé le 20 février 1790 dans la même ville, était un Empereur du Saint-Empire Romain Germanique de 1765 à 1790. Source : extraits de l’article de Wikipédia. Lire aussi : François Fejtö, Joseph II, Un Habsbourg révolutionnaire, Librairie Académique Perrin, 1982, 384 pages.

« Joseph  était le fils aîné de François de Lorraine et de Marie-Thérèse d’Autriche. De ses deux mariages, il n’eut pas d’enfant qui ait survécu ».

« Il est élu empereur des Romains à la mort de son père en 1765 et devient corégent des possessions héréditaires des Habsbourg d’Autriche dont il hérite en 1780, à la mort de sa mère ».

« Joseph II se montra un souverain moderne et réformiste. Mais ses réformes, trop rapides, n’ont été ni comprises ni acceptées par ses sujets. Il s’allia à la Prusse et à l’Empire russe pour dépecer la Pologne (1772) et faillit déclencher une guerre européenne en 1778 en voulant s’emparer de la Bavière. Il tenta d’influencer la politique étrangère de la France grâce à sa sœur Marie-Antoinette, épouse de Louis XVI. Il essaya également de démembrer l’Empire ottoman en s’alliant à l’Empire russe ».

« Baptisé par un historien d’empereur révolutionnaire, l’œuvre réformatrice de Joseph II est énorme : il publia plus de 6 000 décrets et 11 000 lois en 10 ans. Elle touche tous les domaines. Sitôt maître absolu, il voulut imposer ses réformes en commençant par mettre fin à cette république de femmes qu’était la cour et il renvoya ses deux sœurs Marie-Anne et Marie-Élisabeth dans leurs couvents. D’abord religieuses, inspirées de l’Aufklärung, les réformes politiques consistaient à soumettre l’Église à l’État : réduction du nombre de séminaires, suppression de congrégations et d’ordres contemplatifs jugés inutiles, tolérance à l’égard des chrétiens non catholiques… Ces réformes inquiétèrent si fortement le Saint-Siège que le pape Pie VI fit en personne le voyage depuis Rome pour inciter l’empereur à revenir sur ses intentions.

Il achève de démanteler l’arsenal juridique dédié à la magie noire et la sorcellerie en 1787, achevant l’œuvre entamée par sa mère Marie-Thérèse dès 1740 avec le décret spécifiant que toutes les affaires de sorcellerie relèvent uniquement de la juridiction impériale. En 1766, ce décret avait été renforcé par une Ordonnance générale sur l’attitude à adopter.

Parmi les autres réformes entreprises par ce roi inspiré par l’esprit des Lumières, il faut citer sa réforme territoriale de l’administration, la création d’un statut de la fonction publique réservée aux titulaires de titres universitaires et non plus à la noblesse du royaume, une réforme totale de l’enseignement imitée de Frédéric II, l’instauration d’un mariage civil, la suppression des jurandes, l’abolition du servage et des monopoles de vente seigneuriaux, la possibilité du rachat des corvées, l’accession à la propriété des paysans en tenure.

La réforme la plus audacieuse pour l’époque fut l’institution d’un impôt de quotité (par tête) payable par tous les propriétaires, sans exception, et basé sur un cadastre général. Joseph II entreprend par là de supprimer les privilèges de la noblesse et du clergé. Cette réforme passe généralement comme inspirée par les idées fiscales de la physiocratie et Joseph est parfois même qualifié par les historiens d’empereur physiocrate. En réalité, il mène des réformes principalement mercantilistes et connaît assez mal les théories des physiocrates.

Par ses réformes, il sème le trouble dans la monarchie habsbourgeoise. Ses successeurs reviendront sur la plupart d’entre elles, profitant de son décès le 19 février 1790, d’autant que la Révolution française inquiète de plus en plus l’élite autrichienne et que s’amorce une réaction contre les événements parisiens.

Menant une vie austère et sans fastes, voyageant incognito sans protocole, Joseph II, souverain absolutiste et réformateur, est un exemple parfait de despote éclairé. D’ailleurs, il était admiré par les physiocrates, partisans du despotisme légal.

Il mourut en 1790, à quarante-huit ans, dans la tristesse, sans postérité, incompris, ayant fait l’unanimité contre lui ».

Faute de descendance, il a été suivi sur le trône par son frère Léopold II, jusque-là grand-duc de Toscane. Il ne sera empereur qu’un an et 6 mois. Son fils aîné lui succédera : FRANÇOIS II (1768-1835) empereur germanique (1792-1806), puis FRANÇOIS Ier empereur d’Autriche (1804-1835).

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