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18ème. Nattier, beau-père de Tocqué

Deux portraitistes du 18ème siècle. Jean-Marc Nattier (1685-1766), beau-père de Louis Tocqué (1696-1772).

Les lignées familiales de peintres ne sont pas rares au 18ème siècle. Jean-Marc Nattier (1685-1766) est le fils du portraitiste Marc Nattier et de la miniaturiste Marie Courtois, et frère du peintre Jean-Baptiste Nattier.

Le père de Louis Tocqué (1696-1772), peintre de portraits médiocre, destinait son fils à la même carrière que lui. Resté orphelin à l’âge de 10 ans, le jeune Louis fut recueilli par Nattier, qui lui fit faire des copies de portraits.

La lignée familiale s’élargit par une sorte d’adoption. Elle se poursuit par un mariage. Jean-Marc Nattier devient le beau-père de Louis Tocqué : celui-ci épouse sa fille aînée en 1747.

Les deux peintres ont aussi en commun d’être des portraitistes célèbres. Sous le long règne de Louis XV, ils ont obtenu régulièrement des commandes de la famille royale. Cf. les réponses au Quiz : 2 peintres et 2 portraits

Enfin, ils ont tous les deux peint l’autre.

1739. Nattier peint le portrait de Tocqué.

Source : Wikipédia. Cliquer sur les images pour les agrandir

1740. Tocqué peint Nattier.

Source : Wikipédia

Toutefois, une différence importante les a séparés en fin de vie : Nattier est mort dans la misère. Tocqué abandonna entièrement la peinture pour jouir tranquillement de la fortune que lui avaient procurée ses ouvrages.

A. Jean-Marc Nattier. Source : larges extraits de l’article de Wikipédia

« Nattier eut un talent précoce : à quinze ans il remporta le premier prix de dessin de l’Académie.

Jouvenet, son parrain, sollicita pour lui une place vacante à l’Académie de France à Rome, mais le jeune lauréat préféra rester à Paris.

1702-1704. Nattier. L’Éducation de Marie de Médicis, Estampe, Bibliothèque nationale de France, Paris. Le tout jeune Jean-Marc Nattier a obtenu l’autorisation de dessiner et de faire graver les vingt-quatre tableaux peints par Rubens entre 1621 et 1625 et représentant l’Histoire de Marie de Médicis (1575-1642). Ces tableaux retracent des épisodes de la vie de la Reine en les associant à des thèmes mythologiques.

En 1713, il fut reçu membre agréé de l’Académie. Deux ans plus tard, cédant aux instances de l’envoyé de Pierre Ier le Grand à Paris, il consentit à se rendre à Amsterdam, d’où il devait passer en Russie à la suite du tsar. il revint sur sa détermination première, et étant revenu à Paris ne put se décider à quitter son pays, la France.

Portraitiste officiel de la famille d’Orléans puis de la cour de Louis XV en 1748, il peignit tous les personnages marquants de son temps, et parmi eux le maréchal de Saxe (musée de Dresde), l’impératrice Marie-Thérèse (musée de Bruxelles), la reine Marie Leszczyńska ; mesdames Henriette et Adélaïde, filles du roi, qui figurèrent au salon de 1758.

Portrait de Marie-Adélaïde de France, fille de Louis XV, 1750-1751, musée Cognacq-Jay

Agréé en 1713, il avait été élu membre de l’Académie le 29 octobre 1718, sur la présentation d’un tableau de Phinée et ses compagnons pétrifiés par la tête de Méduse (musée de Tours).

Le 26 mars 1746, il fut nommé professeur. Mélangeant réalisme et fantaisies en insérant des personnages mythologiques dans ses œuvres, il exposa aux différents salons de 1737 à 1763 et figure aujourd’hui comme l’un des plus grands portraitistes du XVIIIe siècle.

Portrait de la Comtesse Tessin, 1741, Musée du Louvre

Autant le début de sa carrière avait été brillant, autant les dernières années de Nattier furent remplies de chagrin. Bien avant que d’être hors d’état de pouvoir toucher le pinceau, il fut malheureux. La guerre, le fléau des arts, l’inconstance du public, le goût de la nouveauté, tout se réunit pour lui faire éprouver le plus triste abandon… Aux chagrins qu’il ressentit de l’abandon du public et de ses anciens protecteurs vint se joindre une douleur plus grande encore… Six mois après son arrivée à Rome, son fils se noya en se baignant dans le Tibre.

Les trois filles de Nattier avaient épousé, deux d’entre elles les peintres Challe et Tocqué, la troisième, Brochier, secrétaire d’ambassade. Réduit à un état voisin de la misère, ayant échoué à obtenir une pension qu’il avait sollicitée le 27 juin 1754, ressentant les premières atteintes du mal qui le retint au lit pendant les quatre dernières années de sa vie. Vieux, pauvre et malade, Nattier fut recueilli par son gendre Challe, chez lequel il mourut, en 1766, à l’âge de 81 ans« .

Liste des peintures de Jean-Marc Nattier

Lire aussi. Revue universelle des arts, Nécrologie des artistes et des curieux : Nattier, pp. 118-122.

B. Louis Tocqué. Source : larges extraits de l’article de Wikipédia.

« Resté orphelin à l’âge de 10 ans, le jeune Louis Tocqué fut recueilli par Nattier, qui lui fit faire des copies de portraits que l’on doit aux plus grands maîtres en ce genre. Tocqué acquit ainsi une manière belle, large, et parvint à donner à ses copies la même perfection que les originaux…

Ses ouvrages, quoiqu’ils se distinguent par une touche franche, spirituelle, et par une belle marche de lumière, se ressentent du goût de son temps ; ses poses ont quelque chose de prétentieux et d’affecté qui donne à ses personnages un air théâtral et tout à fait opposé au naturel.

1731. Agréé à l’Académie, sur présentation de la Famille de Peirenc de Moras, il y fut reçu en même temps que Boucher, au commencement de 1734, avec des portraits en trois-quarts de Louis Galloche et de Jean-Baptiste Lemoyne (aujourd’hui au Louvre).

1737 à 1759. Tocqué exposa à presque tous les Salons sans voir son succès fléchir.

1739-1740. Il eut à peindre, en 1739, le portrait du grand dauphin, l’an d’après celui de la reine Marie Leczinska (Paris, musée du Louvre). Toutefois le portrait de celle-ci est ici la pièce maîtresse du peintre, la reine en pied et debout, le corps un peu tourné à gauche, la tête de face, la main droite désignant la couronne royale posée sur une console dorée ; la robe est de satin blanc fleuri de pavots rouges, de feuillages verts et d’or. D’une coloration souple et puissante qui n’exclue ni la force, ni la douceur, elle a un air de majesté aimable, d’autorité souriante qui fait de cette peinture, du plus incontestable mérite.

Portrait en pied de Marie Leczinska, 1740. Ce tableau, copié plusieurs fois, est conservé en plusieurs exemplaires se trouvant au Musée du Louvre, au Musée des châteaux de Versailles et des Trianons, à L’Assemblée nationale, et au musée chinois du musée national du château de Fontainebleau.

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Ch. de Saxe, princesse et abbesse

Christine de Saxe, princesse et abbesse. Née en 1735, elle est la fille de Frédéric Auguste III, électeur de Saxe et roi de Pologne. Venue en France en 1762, elle entre au chapitre noble de Remiremont en 1763 et en est élue abbesse en 1773. En 1779, elle achète la maison du 27 rue des Juifs à Strasbourg. Elle meurt à Brumath en 1782.

Hôtel de Saxe : diaporama de 21 photos.

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A. Biographie résumée. Citations de Christian Wolff (1985), Christine de Saxe, Princesse de Saxe, Varsovie (12. 2. 1735 – Brumath, 19. 11. 1782).

« Fille de Frédéric Auguste III, électeur de Saxe et roi de Pologne, et de Marie Josèphe de Habsbourg, archiduchesse d’Autriche. Sœur de la dauphine Marie Josèphe, tante de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

1762. Venue en France, elle entra grâce à Louis XV au chapitre noble de Remiremont en 1763, mena cependant grande vie et fut élue abbesse en 1773.

1775. Elle quitta Remiremont pour louer le château de Brumath qu’elle habita dès lors en été, séjournant en hiver à Strasbourg dans l’hôtel qu’elle avait acquis au 27, rue des Juifs.

Sa présence contribua beaucoup au développement de la vie de cour et des salons en Alsace sous Louis XVI.

Infirme de naissance, elle était dépensière, aimait la bonne chère au point de ne plus pouvoir marcher seule, mais son embonpoint ne l’empêchait pas de monter à cheval et de se livrer avec passion à la chasse, qu’elle allait pratiquer jusqu’à Porrentruy, chez le prince-évêque de Bâle, Frédéric de Wangen.

Le château de Brumath, où elle reçut nombre de grands personnages, en particulier son cousin le Maréchal de Saxe, ne fut plus habité après sa mort. Il devint en 1804 l’actuelle église protestante ».

B. Christine de Saxe et son Hôtel du 27 rue des Juifs. Source : citations de la notice érudite des Maisons de Strasbourg. La première construction est mentionnée en 1228.

« L’ancienne maison du stettmestre Henri Balthasar de Kippenheim (v. 1608-1679), chancelier de l’université, appartient ensuite à différentes familles nobles au service des Hanau (Geiling d’Altheim puis Buch) avant qu’un banquier strasbourgeois ne l’achète en 1765. Il a l’intention d’y faire des travaux d’après la demande qu’il présente aux directeurs du bâtiment mais l’affaire n’aura pas de suite. C’est jusqu’alors, comme sa voisine à l’est, une maison à encorbellement dont le prix de vente augmente lors des transactions successives.

1767. Le capitaine Claude Marie Rend de Purgerot de Wardener fait entièrement reconstruire la maison comme en témoignent les demandes que présente le maître maçon Georges Michel Müller.

Mardi 10 février 1767. Le maître maçon Georges Michel Müller demande l’autorisation de faire un balcon à la maison que M. Purgerot vient d’acheter au sieur Ritzhaub rue des Juifs. Décision, refus.
Mercredi 22 avril 1767. Visite des lieux rue des Juifs à la maison de M le stettmestre d’Oberkirch qui a un pignon commun avec la maison de M. Purgerot. Une poutre qui soutient l’encorbellement de M le stettmestre se trouve au premier étage de ce pignon que M. Purgerot croit avoir le droit de couper pour moitié. Comme M le stettmestre est depuis un temps immémorial en possession de cette poutre et que suite à sa visite le Petit Sénat a jugé que M. Purgerot était certes autorisé à couper sa part de mur commun mais sans porter dommage ni préjudice à la maison de M le stettmestre, celui-ci estime qu’il y a lieu de rejeter la demande et de lui assurer la paisible possession de ladite poutre. Décision, comme la demande n’est pas du ressort des Directeurs du bâtiment, elle sera portée devant le juge compétent. Les préposés laissent cependant M le stettmestre seul juge, à son titre de préposé général du bâtiment, du préjudice que pourrait subir l’encorbellement si la poutre était endommagée.

Mardi 28 avril 1767. Georges Michel Müller au nom de M. Purgerot. Le maître maçon Georges Michel Müller demande l’autorisation de placer quelques étais sous l’encorbellement de la maison qui appartient à M le stettmestre d’Oberkirch rue des Juifs. Il est en effet le maître d’œuvre de M. Purgerot chargé de couper pour moitié une poutre qui repose sur le mur commun aux deux maisons et qui soutient ledit encorbellement, ce qui pourrait l’exposer à un grand danger s’il n’était pas étayé. Décision, on invite le demandeur à prendre patience le temps de réunir davantage d’informations à ce sujet.

1779. La maison, achetée 5 250 livres strasbourgeoises en 1767, est revendue pour la somme de 13 750 livres en 1779 à Christine de Saxe, abbesse de Remiremont qui a longtemps passé pour la commanditaire. Elle possède non seulement la maison (27 rue des Juifs) mais aussi celle dans la rue des Charpentiers (actuel n° 17) qui communiquent par leur partie arrière.

Les transformations que Christine de Saxe apporte ne semblent pas modifier la maison elle-même, comme en témoigne le prix de vente de 1784 (12 750 livres) inférieur de mille livre à celui de 1779, d’autant qu’une partie de la cour de la maison rue des Charpentiers échoit à celle de la rue des Juifs lors du partage des maisons.

1784. Après la mort de Christine de Saxe en 1782, l’abbaye de Neubourg, près de Pfaffenhoffen, acquiert la maison pour remplacer son pied-à-terre de Strasbourg, jusqu’alors situé rue Sainte-Elisabeth.

1792. Particulièrement bien décrite lors de sa vente comme bien national, la maison échoit à Wolff Levy, un des gendres de Cerf Beer, préposé de la nation juive d’Alsace.

1806. Vendue par adjudication forcée à un agent de change insolvable, Jean Philippe Nerking, elle revient en 1806 à Louis Champy, maître des forges de Framont près de Schirmeck ».

1859. Elle entre ensuite dans la famille du médecin Joseph Auguste Bach et appartient depuis la fin de la Première Guerre mondiale à une Fondation diocésaine.

C. 27 rue des Juifs. Ancien hôtel Purgerot de Wardener dit hôtel de Saxe. Source : citations de l’article du Dictionnaire des monuments historiques d’Alsace, pp. 536-537.

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Beaumarchais l’insolent (1732-1799)

Le Musée Carnavalet / Histoire de Paris consacre une salle à Pierre-Augustin Caron, né en 1732. Celui-ci prendra le nom De Beaumarchais en 1756. Partisan de la Révolution, il s’exilera cependant sous la Terreur, avant de revenir à Paris. Il mourra en 1799, dans la gêne. Il avait 67 ans.

Diaporama de 21 photos

Beaumarchais en 1773, eau-forte d’Augustin de Saint-Aubin

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S’appuyant sur les œuvres du Musée, cette chronique n’évoque que certaines des périodes de la vie de Beaumarchais : A. L’horlogerie. B. L’opéra Tarare (1787), C. L’Hôtel particulier proche de la Bastille, confié de 1787 à 1789 à l’architecte Lemoine le Jeune.

Se référer à l’article de Wikipédia pour une biographie complète. Beaumarchais l’insolent est La référence filmique pour une biographie fondée sur des faits réels. Comédie d’Édouard Molinaro, en 1996, Fabrice Luchini jouant avec brio le rôle de Beaumarchais. Bande annonce du film (1’52). Musique originale (2’40). Film à la demande (VOD).

A1. Beaumarchais et l’horlogerie. Source : extraits de Wikipédia

« Pierre-Augustin, après des études dans une école d’Alfort de 1742 à 1745, entre en apprentissage dans l’atelier paternel à l’âge de 13 ans. Il donne du fil à retordre à son père, qui le chasse quelque temps de la maison familiale, mais finit par devenir un artisan compétent, puisqu’il invente, en 1753, un nouveau mécanisme d’échappement, dit « à hampe » ou « à double virgule » (peu utilisé aujourd’hui du fait des problèmes de frottement) ; ce sera l’occasion d’une première controverse : l’horloger du Roi Jean-André Lepaute s’attribue l’invention et Beaumarchais doit faire appel à l’Académie des sciences pour que lui soit reconnue la propriété de l’invention. Il devient fournisseur de la famille royale. Il ne tarde toutefois pas à abandonner l’horlogerie ; Jean-Antoine Lépine qui le remplace dans l’atelier paternel, devait épouser sa sœur Fanchon et devenir l’associé en 1756, puis le successeur d’André-Charles Caron.

Il prend le nom de Beaumarchais en 1756. Il épouse Madeleine Catherine Aubertin, de dix ans son aînée. La mort de celle-ci, un an plus tard, marque le début d’une longue série de conflits juridiques ».

A2. Bibliothèque Nationale de France (BNF), Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers. Article Horlogerie, réveil à poids.

« Pierre-Augustin Caron apprend le métier auprès de son père, grand horloger parisien. Ingénieux, il invente à 21 ans un nouveau système qui améliore l’exactitude des horloges (c’est l’échappement à double virgule). Or Jean-André Lepaute, horloger du roi, s’en attribue le mérite dans Le Mercure de France. Pierre-Augustin Caron lui intente un procès, fait appel à l’Académie des sciences et obtient gain de cause.

Il est maintenant connu à la Cour et nommé Horloger du roi.

Horloge de Caron / Beaumarchais

En 1759, faveur insigne, il est nommé professeur de harpe de Mesdames, les quatre filles du roi Louis XV, qui résident à la cour.

Il perfectionnera par la suite le mécanisme des pédales de harpes« .

A.3. Musée Carnavalet, Harpe à pédales. Jean-Henri Naderman (1734-1799)

« Originaire de Westphalie, Jean-Henri Naderman s’installe à Paris dès 1762. Luthier, éditeur et marchand de musique à partir de juin 1773, il devient luthier ordinaire de Madame la Dauphine puis luthier de la Reine. Naderman fait preuve d’un sens artistique développé qui le démarque de ses confrères. Il produit un type de harpe à l’ornementation sculptée, peinte, vernie ou dorée, d’un grand raffinement, qui dès lors fait de la harpe un objet de luxe et un élément décoratif important de l’ameublement des maisons élégantes ».

A.4. Beaumarchais, aventurier, espion… et avant tout horloger, par Judikael Hirel, Le Figaro, 3 septembre 2019.

« Avant d’être auteur à succès, éditeur, espion, créateur des droits d’auteur, Pierre-Augustin Caron, devenu de Beaumarchais par la suite, était avant tout horloger et fils d’horloger. Le seul garçon d’André-Charles Caron et de Louise Pichon naît en 1732, et son destin semble tout tracé : prendre la relève de cette lignée d’horlogers huguenots. Son père, maître horloger, abjure le protestantisme en 1721. Mais c’est surtout, plus que cette conversion forcée, son invention de la première montre squelette que l’histoire horlogère a retenue.

Vers 1760, sans doute inspiré par la pensée des Lumières, il imagine que les amateurs de garde-temps aimeraient en découvrir les arcanes, être éclairés sur leur fonctionnement. Il a alors l’idée d’en dévoiler les rouages complexes via une montre squelette, permettant d’admirer la complexité du mouvement. C’est finalement à Jean Antoine L’épine, qu’il forme au métier d’horloger et deviendra son gendre, qu’il s’associe, et non à son fils. Ce sera un disciple talentueux puisqu’il contribuera à affiner les montres en inventant le calibre qui porte son nom, et que ses complications horlogères feront de lui l’horloger du Roi Louis XV, à qui il présentera une montre astronomique associant équation du temps et quantième perpétuel.

Dépossédé de son invention par… l’horloger du Roi. Pour autant, en tant qu’horloger, Pierre Augustin Carton n’était pas, lui non plus, dénué de talent. Entré en apprentissage chez son père dès ses 13 ans, il invente en 1753, un nouveau mécanisme d’échappement, dit à hampe ou à double virgule, améliorant la précision des montres. Une invention qui le portera jusqu’à la cour, pour ne pas s’être laissé faire, malgré son âge : quand l’horloger du Roi en personne, Jean-André Lepaute s’attribue son invention, le jeune homme de 20 ans ne se laisse pas déposséder et en appelle à l’Académie des Sciences. Non seulement cette découverte horlogère lui est attribuée, mais il devient ainsi fournisseur de la famille royale. En 1755, il remplace même Lepaute comme horloger du Roi.

Son ascension sociale commence, mais ce n’est pas à ses montres, plutôt à sa musique puis à ses mots que celui désormais nommé Beaumarchais la devra : Qu’étais-je donc? Je n’étais rien que moi, et moi tel que je suis resté, libre au milieu des fers, serein dans les plus grands dangers, faisant tête à tous les orages, menant les affaires d’une main et la guerre de l’autre, paresseux comme un âne et travaillant toujours ; en butte à mille calomnies, mais heureux dans mon intérieur, n’ayant jamais été d’aucune coterie, ni littéraire, ni politique, ni mystique, n’ayant fait de cour à personne, et partant repoussé de tous. Un homme libre, qui survivra à la Terreur, mort à Paris en 1799, maître en son temps du temps comme du en même temps« .

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C-N. Ledoux, architecte néoclassique

Histoires d’universités : 6 chroniques et 97 photos sur Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), architecte néoclassique.

1762. Les lambris du Café militaire (album de 12 photos).

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1771. Ledoux a 35 ans. Œuvres de jeunesse (album de 24 photos).

1763. Château de Mauperthuis

1773. Il entre à l’Académie royale d’architecture

1774-1779. La Saline royale de Chaux, dite d’Arc-et-Senans (album de 30 photos).

1775-1784. Le Théâtre de Besançon : les innovations (album de 11 photos).

Il devient Architecte de la Ferme générale.

1784. Construction du Grenier à sel de Compiègne (album de 22 photos).

La gabelle ayant été officiellement supprimée en mai 1790, les bâtiments servant de grenier à sel ont été soit aliénés soit réemployés à d’autres usages administratifs. 

1784-1787. Construction des Barrières de Paris, pour taxer les marchandises entrant dans la capitale (album de 16 photos).

Les travaux sont suspendus en 1787, une des raisons étant leur coût excessif. Ledoux est révoqué de ses fonctions. Le 23 mai 1789, il est définitivement suspendu par Necker.

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Strasbourg.10 peintures du 18ème

Exposition temporaire. Peintures européennes des 17, 18 et 19ème siècles du Musée des Beaux-arts, du 18 août 2021 au 14 février 2022.

Cette exposition est riche et, de ce fait, se trouve un peu à l’étroit dans la Galerie Heitz du Palais Rohan. Mais il y a un avantage certain à ces regroupements rapprochés : les tableaux sont disposés à hauteur de visage.

10 tableaux du 18ème européen : un diaporama de 44 photos.

Pour aller plus loin : la peinture française du 18ème siècle

1. La Belle Strasbourgeoise de Nicolas de Largillière. Cette toile a été présentée dans la chronique d’hier, Largillerre et ses 4 500 portraits

Détail du tableau. Cliquer sur les images pour les agrandir

2. Dernière acquisition du musée. Louis de Boullogne le Jeune (1654-1733), Le Triomphe de Galatée, peint vers 1700, huile sur toile, 72 x 103 cm. Notice du Musée.

Détail du tableau

« Louis de Boullogne est un artiste fascinant, dont la vie et l’œuvre se situent entre les grands décors du château de Versailles dirigés par Charles Le Brun et la « génération de 1700 » (comprenant Boucher et Chardin) qui incarne le Siècle de Louis XV…

Fils d’un bon peintre, Louis entreprit, comme son frère Bon, la même carrière. Il compléta sa formation à l’Académie de France à Rome et dès son retour fut employé à Versailles. Reçu en 1681 à l’Académie royale de Peinture et de Sculpture, son talent lui permit de recevoir tous les honneurs jusqu’à être nommé Premier Peintre de Louis XV et même anobli…

Le sujet est tiré des Métamorphoses d’Ovide. On voit à gauche le cyclope Polyphème qui tomba amoureux de Galatée représentée triomphante sur les mers, sur une conque tirée par un dauphin et entourée de naïades, putti et tritons. L’artiste a choisi de ne pas représenter Acis, rival malheureux de Polyphème.

Un tableau sur ce sujet fut exposé par l’artiste aux Salons de 1699 puis de 1704. Il est préparé par un important dessin préparatoire conservé au Louvre ».

3. François Boucher (1703-1770). Béthuel accueillant le serviteur d’Abraham, vers 1725, Huile sur toile, 100 x 83 cm. Notice du musée.

« Boucher est considéré comme un des géants de la peinture française du XVIIIe siècle. Il fut le peintre préféré de Madame de Pompadour et des fastueux financiers de son temps. Il eut tous les honneurs académiques, finissant sa carrière comme Premier Peintre de Louis XV en 1765.

D’après le texte de la Genèse, Abraham cherchait une jeune femme digne d’épouser son fils unique Isaac. Il envoya donc son serviteur Eliezer vers Béthuel, père de Rébecca. Le moment représenté est celui où le mariage est accepté par le père de Rébecca et où les servantes admirent les bijoux donnés à la jeune fille. Ces textes bibliques offraient l’intérêt de représenter des scènes orientales rustiques et très pittoresques.

Boucher a sans doute regardé les œuvres des Vénitiens (dont Véronèse et Ricci) et s’est inspiré de leur style enlevé et très coloré. Mais bien française est la manière de traiter le sujet un peu solennellement et de conserver une certaine réserve dans la touche. Dans cette peinture, une des premières œuvres du style rococo français, se ressent ainsi le souvenir de l’art maniériste de l’école de Fontainebleau, celui des peintres au service de François Ier« .

4. Giandomenico Tiepolo (1727-1804). La Vierge en gloire avec Saint Laurent et Saint François de Paule, Huile sur toile, 220 x 119 cm.

Détail. Le gril, instrument du martyre de Saint Laurent

« Ce grand tableau ornait au XVIIIe siècle l’autel principal de l’église de Campolongo al Torre, petite ville du Frioul au nord-est de Venise. Au XIXe siècle, il fut vendu afin de subvenir aux frais de reconstruction du campanile et, vers 1895, acheté par le musée des Beaux-Arts de Strasbourg chez un marchand de Florence.

Il était alors attribué à Giambattista Tiepolo, le plus célèbre des peintres italiens du XVIIIe siècle. À cette époque, on confondait souvent l’œuvre de ce peintre avec celle de son fils Giandomenico, au style très proche, et l’on attribuait volontiers les plus beaux tableaux au père. Ce n’est qu’au cours des dernières décennies que les historiens d’art ont pu départager les œuvres de l’un et de l’autre, mettant en lumière l’originalité et la grandeur de l’art de Giandomenico et lui rendant nombre d’œuvres importantes parmi lesquelles le tableau de Strasbourg ».

L’Immaculée Conception avec saint Laurent et saint François de Paule

« Le tableau représente Marie, mère de Jésus comme l’ Immaculée , apparaissant à Saint Laurent , qui la regarde, et à François de Paule , qui regarde le spectateur en pointant sa main gauche vers l’apparition. En raison de sa virtuosité flamboyante et de son expressivité, on a longtemps pensé que l’œuvre avait été peinte par le père de Giovanni Domenico, Giovanni Battista, mais depuis 1939, il est accepté comme un chef-d’œuvre précoce par le jeune Tiepolo. En raison des ressemblances stylistiques avec les peintures de Giovanni Battista, on pense qu’il a été peint peu de temps après sa mort, c’est-à-dire 1770, lorsque Giovanni Domenico portait encore le manteau de son père tout en commençant à développer son propre style, plus réaliste et même naturaliste (ici visible dans la corbeille en trompe-l’œil au bord inférieur du tableau).

Le tableau fut acheté en 1898 par Wilhelm von Bode au marchand d’art florentin Elia Volpi, et entra dans les collections en 1900″.

5. Jean-Baptiste Siméon Chardin. Nature morte, 1756, Huile sur toile.

« Jean Siméon Chardin, né à Paris  le 2 novembre 1699 et mort dans la même ville le 6 décembre 1779. Il est considéré comme l’un des plus grands peintres français et européens du XVIIIe siècle. Il est surtout reconnu pour ses natures mortes, ses peintures de genre et ses pastels.

Chardin se consacre à nouveau à la nature morte depuis 1748.. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres… Il semble s’intéresser davantage aux volumes et à la composition qu’à un vérisme soucieux du détail, voire des effets de trompe-l’œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière ».

Pierre Rosenberg : En un premier temps, l’artiste peint par larges touches qu’il dispose côte à côte sans les fondre entre elles (…) ; après avoir pendant quelques années, vers 1755-1757, multiplié et miniaturisé les objets qu’il éloigne du spectateur, tenté d’organiser des compositions plus ambitieuses, il accordera une place de plus en plus grande aux reflets, aux transparences, au « fondu »; de plus en plus ce sera l’effet d’ensemble qui préoccupera l’artiste, une vision synthétique qui fera surgir d’une pénombre mystérieuse objets et fruits, résumés dans leur permanence.

6. Joseph-Marie Vien (Montpellier, 1716 – Paris 1809), La Vertueuse athénienne, 1762, huile sur toile

Détail

« Élève de Natoire, languedocien comme lui, Vien remporta le grand prix en 1743 et partit l’année suivante pour Rome, où il resta jusqu’en 1750. Fortement influencé par J.-F. de Troy, alors directeur du palais Mancini, il donna quelques tableaux hérités du style de ce dernier et de celui des maîtres bolonais (Guerchin). 

Vien fut agréé en 1751 et reçu académicien en 1754 (Dédale et Icare). C’est vers la fin des années 1750 qu’il rompit brusquement avec la tradition rococo d’un Boucher (mort en 1770) et s’orienta vers un nouveau style, qui devait déterminer la peinture française pour de nombreuses années.

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Largillerre et ses 4 500 portraits

Nicolas de Largillierre (1656-1746), peintre français. Il est l’un des portraitistes les plus réputés des 17ème et 18ème siècles. A sa mort, il aurait laissé plus de 4 500 portraits. Cette chronique n’en présente que cinq ! Sources : Wikipédia et visite des musées mentionnés (Lille, Montpellier, Nantes, Strasbourg, Tours).

Fin 17ème. Autoportrait. Cartel de l’œuvre (musée de Nantes). « Comme souvent dans ses autoportraits, l’artiste s’est représenté avec une certaine magnificence, un port de tête altier et le buste de profil, regardant le spectateur. Cette pose élégante et fière, qui affirme son statut social, est souvent utilisée dans les portraits de la fin du 17ème

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Sa pratique artistique se nourrit de son apprentissage à Anvers et puis en Angleterre avec le peintre hollandais Peter Lely, de son vrai nom Pieter Van der Faes (1618-1680, est un peintre d’origine néerlandaise. Il a connu une immense popularité comme portraitiste en Angleterre où il s’établit dans les années 1640. C’était aussi un grand amateur d’art, qui possédait une belle collection de dessins d’artistes. Après cette formation, Largillerre retourne à Paris et entre à l’Académie ».

1686. « Alternant les commandes officielles pour des ex-voto ou des allégories avec les portraits de la noblesse et de la haute bourgeoisie, son talent lui permet de gravir les échelons de la hiérarchie de l’Académie royale de peinture et de sculpture, où il est admis le 30 mars 1686, non seulement comme peintre de portraits, mais en qualité de peintre d’histoire, avec le portrait en pied de Le Brun (Paris, musée du Louvre) comme morceau de réception ».

1699. « Il épouse Marguerite-Élisabeth Forest, la fille d’un peintre de paysages nommé Jean Forest, peintre du roi et officier en l’Académie. Le portrait de son beau-père (palais des beaux-arts de Lille) où il reconnait sa dette envers Rembrandt, Rubens, Van Dyck, est curieux ».

Dans son Histoire des Peintres, Charles Blanc écrit à propos de ce tableau : Forest était un homme original, fantasque. Son gendre se fit un plaisir de le peindre dans le bizarre costume qui lui était familier, d’autant plus qu’il devait être las d’avoir toujours devant les yeux les mêmes modèles, toujours des magistrats avec leurs perruques in-folio et des bourgeois avec leurs perruques à boudin. Il représenta donc son beau-père en cheveux courts avec une sorte de bonnet de margrave à fond de soie et une hongreline doublée de fourrure. Assis dans un fauteuil, la main, le sourcil en mouvement, l’œil mouillé, le portrait respire, il est vivant.

1703. La Belle Strasbourgeoise (musée des Beaux-arts Strasbourg).

« Portraitiste célèbre de la haute bourgeoisie parisienne et protecteur du jeune Chardin, Largillierre, lui même auteur de natures mortes, a été formé en Flandre où il acquiert une grande richesse chromatique et un goût prononcé pour le rendu somptueux des étoffes et des matières. La même attention au réel caractérise le portraitiste et le peintre de nature morte.

Le costume porté par cette jeune femme est celui du patriciat de la Cité entre 1688 et 1730. Sous Louis XIV ce costume connaît son plus somptueux épanouissement. Il est composé d’une jupe rouge recouverte d’un grand tablier noir, de manches larges serrées au coude par des rubans plissés et terminées par des manchettes de dentelles, d’un buste lacé, d’un châle blanc bordé de dentelle et surtout d’un extravagant chapeau garni de dentelle noire. C’est l’étrangeté de ce chapeau qui a incité l’artiste à en faire le nœud du tableau.

L’identité du modèle reste encore mystérieuse, vraie strasbourgeoise, Parisienne portant un costume ou peut être la sœur du peintre ».

1707. L’Autoportrait de Nicolas de Largillierre (Musée de Tours) est une belle réplique d’atelier de l’autoportrait acquis par la National Gallery de Washington. L’original signé et daté 1707 représente l’artiste âgé alors de cinquante et un an dans l’intimité de son atelier.

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Hommage au Président Axel Kahn

6 juillet 2021. « Le professeur Axel Kahn, ancien président de la Ligue contre le cancer, est mort à l’âge de 76 ans. L’ancien généticien luttait lui-même contre un cancer à un stade très avancé (France info).

Axel Khan, 11 mai 2011

En hommage à Axel Kahn, je publie de nouveau mon entretien avec lui. Chronique d’Histoires d’universités, 28 mai 2011 : Président Kahn (Paris Descartes).

« Esquisser une biographie d’Axel Kahn, retracer les étapes d’une trajectoire professionnelle d’excellence. Folie prétentieuse pour un blogueur ! Une solution : du culot et de l’humilité. Je n’avais jamais rencontré Axel Kahn avant le séminaire de Prospective et développement de l’université de Strasbourg, le 5 mai 2011 : Qu’est-ce que l’excellence à l’université? 

Photos du 5 mai 2011

Une question et une réponse sur le processus de rapprochement entre les universités, et un rendez-vous est pris : mercredi 11 mai 2011 à 19 heures au siège de la présidence de Paris Descartes, boulevard Saint-Germain.

Je me suis interrogé : pourquoi ai-je été immédiatement subjugué par ce docteur en médecine et en sciences, chercheur en génétique ? Est-ce à cause de son sourire permanent, de sa jovialité, de ses analyses claires, convaincantes et toujours optimistes ? Optimisme : la clé ! Il n’y a pas de gène de l’optimisme ! Et pourtant, le président de Paris Descartes ne pouvait être qu’optimiste : conçu début 1944 dans un pays occupé et dans un contexte où la victoire des forces alliées n’était pas encore assurée, il naît le 5 septembre, en Indre et Loire, dans un pays libéré. Ses parents, tout au moins à cette époque de leur vie, avaient confiance en l’avenir ; Axel Kahn donne l’impression d’avoir toujours eu confiance dans l’avenir. Il n’est pas l’homme qui se morfond du déclin de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Il aime l’université (Livre : Controverses Axel Kahn / Valérie Pécresse ; vidéo de 3 minutes). Non pas un homme du passé, mais un homme du futur. Un chercheur qui pense projets, qui les met en œuvre et qui les fait connaître. Et c’est ainsi fort bien qu’il soit devenu une « bête » de médias. L’optimisme permet une confiance en soi, fait surmonter les doutes.

J’ai toujours été passionné par les cours de sociologie que je faisais sur la mobilité sociale et professionnelle, sur les outils de connaissance qualitative et quantitative (les « tables de mobilité »). Reproduction sociale, mobilité ascendante, déclassement, conversions et reconversions… Chances pour un(e) fils/fille d’ouvrier(s) d’accéder à l’enseignement supérieur et de devenir cadre ? Aujourd’hui encore je me passionne pour les enquêtes sur le devenir des entrants à l’université et des diplômés de l’enseignement supérieur, sur la démocratisation de celui-ci.

J’expliquais à mes étudiants que les trajectoires de vie sont « contraintes » et « libres », qu’il n’y a, dans une vie, que quelques grandes décisions, décisions au sens fort du terme : « je vais par ici ou par là ». Bien sûr, une trajectoire étant engagée, il y a encore des décisions à prendre, mais ce sont des décisions induites, cohérentes avec celle prise devant l’aiguillage : « je vais à droite ou à gauche ». L’analyse de ces moments-clés n’est d’ailleurs pas simple : il y a autant de biographies que de biographes ; mais il y a aussi bien des autobiographies possibles !

Je peux deviner les moments où Axel Kahn s’est trouvé dans une gare de triage : quelle voie prendre ? Le dialogue avec Valérie Pécresse donne quelques pistes, mais aussi le livre écrit avec son frère Jean-François (Comme deux frères, Stock, 2006). Le lecteur de ces livres pourra tenter lui aussi des hypothèses ; une forte présence d’Axel Kahn sur le Web lui fournira d’autres éléments (un CV parmi d’autres : celui d’EducPros).

« Choix » des études, du métier (faire le chercheur plutôt que le professeur), de l’engagement puis du retrait politique, de la prise de responsabilités dans l’enseignement supérieur et la recherche en France et à l’international, de la publication d’une dizaine d’essais, du positionnement sur les questions d’éthique, de la présidence de la Fondation internationale du handicap, de l’intervention dans les médias, de l’acceptation des plus hautes décorations, de la candidature à la présidence d’une grande université parisienne (cas exceptionnel pour un directeur de recherche d’un grand organisme)… Parmi ces « choix », lesquels Axel Kahn considère-t-il comme des « grandes » décisions ? Et un point aveugle, celui que les sociologues dénomment : « la situation matrimoniale ».

Axel Kahn dans son bureau de Président, 11 mai 2011.

Mais revenons à l’entretien du 11 mai 2011. Je résume les propos. « Pour une éthique de la responsabilité » (INRA Éditions, 1996). « Comment expliquez-vous l’extension du plagiat chez les étudiants et chez les enseignants ? Que faire » ?  Le développement de l’Internet a multiplié les sources de documentation pour les étudiants comme pour les enseignants. Les étudiants doivent produire de plus en plus de dossiers, de mémoires ; les enseignants doivent de plus en plus publier. En découle la tentation d’écrire sans pour autant apporter une valeur ajoutée personnelle à la documentation consultée. La tentation du copier-coller est alors évidente. Il faut certes rappeler et faire respecter les règles du « devoir », par exemple par le moyen de codes de bonne conduite. Mais il faut aussi se donner des outils et des procédures, des outils de détection du plagiat (tous les dossiers des étudiants doivent être rendus sous forme de .pdf). Quand il y une suspicion de plagiat, il faut d’abord créer une commission d’enquête ; selon les conclusions de celle-ci, il faut convoquer ou non la section disciplinaire.

L’évaluation des enseignants-chercheurs par le CNU ? C’est une demande née des États généraux de la recherche et qui a été soutenue par le Collectif Sauvons la recherche : évaluer les trois missions (pilotage et engagement, recherche, formation). Les chercheurs sont évalués tous les deux ans ; il est normal que les enseignants-chercheurs le soient aussi. Il n’est pas acceptable que certains d’entre eux ne fassent pas de recherche, ne soient pas actifs dans une équipe ; ils sont payés par la Nation. L’évaluation, ce n’est pas une procédure punitive : il ne faut pas laisser tomber les non-produisants. Les promotions peuvent se faire à l’ancienneté, au piston, au hasard et par évaluation. Seule cette dernière procédure est légitime.

Le futur du PRES Sorbonne Paris Cité ? On ne peut se contenter du statu quo. Deux voies sont possibles. 1. Parvenir à la fusion des universités qui veulent fusionner (la fusion de Paris V Descartes et de Paris VII Diderot est inscrite dans le contrat quadriennal 2010-2013) ; la fusion serait également logique avec Paris III Sorbonne nouvelle (Les Langues en commun avec Paris V) ; elle n’est pas impossible avec Paris XIII Nord. Il ne s’agirait cependant pas de reconstituer l’université de Paris forte de 120.000 étudiants, de recréer des facultés autonomes ! 2. Évoluer vers une université fédérale, organisée autour d’axes thématiques (en médecine, en langues…) et structurée par des sortes de collegiums. Le PRES ne doit pas se limiter à la mutualisation des fonctions supports et à la recherche ; il faut coopérer pour la formation et rationaliser l’offre de formation, ce qui n’est pas simple pour les enseignants (chronique sur les investissements d’avenir de Sorbonne Paris Cité).

La réforme des formations post-bac ? Axel Kahn estime que la moitié des étudiants en échec en licence sont « rattrapables ». Il défend une réforme du 1er cycle qui s’appuierait sur l’expérience et les points forts des IUT (Controverses avec La ministre). La fusion des BTS et des DUT lui paraît souhaitable. Il faut garder le 1er cycle dans l’université, celle-ci devant se montrer plus attractive par sa recherche. Il serait intéressant d’expérimenter des instituts post-bac avec internat ; Paris Descartes et Paris XI Orsay y pensent.

Tenter une biographie plus « étayée » d’Axel Kahn ? La retraite approche pour lui (son frère aîné, Jean-François, a annoncé son retrait du journalisme aujourd’hui). Un homme toujours tourné vers le futur prendrait-il le temps de penser « gares de triage, aiguillages, voies empruntées et trajets encore possibles » ? Je suis né six semaines après lui, mais nos chemins ne se sont croisés qu’en mai 2011… Un bout de chemin commun pour une biographie ? Toutes les chroniques du blog sur les présidents et anciens présidents d’université« .

Axel Kahn et Alain Beretz, Strasbourg, 5 mai 2011

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Peintres du 18ème : les Van Loo

Les Van Loo sont une dynastie de peintres des 17ème et 18ème siècles, d’origine néerlandaise et installés en France.

Diaporama de 21 photos (mai 2021).

Deux membres de la famille van Loo sont présents au musée des Beaux-arts de Dijon : le plus célèbre d’entre eux, Charles André (1705-1765) et un de ses neveux, Charles Amédée Philippe (1719-1795).

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Les dynasties familiales de métiers sont monnaie courante au 18ème siècle : la famille royale donne évidemment l’exemple (chronique du blog : Les Condé, Gouverneurs de la Bourgogne). La reproduction sociale est facilitée par les conditions d’exercice des arts mécaniques (apprentissage dans les ateliers et accès à la maitrise au sein de corporations spécialisées) et par les alliances matrimoniales.

A. Charles André van Loo, dit Carle van Loo, né le 15 février 1705 à Nice (alors ville des États de Savoie) et mort le 15 juillet 1765 à Paris. Source : extraits de l’article de Wikipédia.

« Il est le fils du peintre Louis-Abraham van Loo et le frère du peintre Jean-Baptiste van Loo (1684-1745). Il connut une carrière brillante et devint immensément célèbre. Il est le plus connu des membres de la dynastie.

1720 (15 ans). Il vint à Paris en 1720 et produisit sa première toile, Le Bon Samaritain (1723).

1725 (20 ans). Il reçut sa première commande pour La Présentation du Christ au Temple. Il remporta le prix de Rome en 1724 avec Jacob purifiant sa demeure avant son départ pour Béthel.

1728 (23 ans). Un manque de fonds publics ne lui permit pas de devenir pensionnaire de l’Académie de France à Rome. Il dut financer lui-même son séjour en Italie, et n’arriva à Rome qu’en mai 1728, en même temps que son futur rival, François Boucher, et ses neveux Louis Michel van Loo et François van Loo. En Italie, il se fit connaître par son habileté à peindre en trompe-l’œil des plafonds ornés de scènes mythologiques ou religieuses et fut remarqué par le pape Benoît XIII. Son œuvre la plus importante de cette période reste son Énée portant Anchise (1729).

1732 (27 ans). Il retourne à Turin via Florence, où il se marie. Il travaille pour le roi Charles-Emmanuel III de Sardaigne, peignant pour lui Diane et ses nymphes se reposant.

1733-1734 (28-29 ans). Lorsque la guerre de Succession de Pologne éclata, il retourna à Paris où il arriva en 1734. Il fut agréé en août.

1735 (30 ans). Il devint membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture, en tant que peintre d’histoire, avec Apollon faisant écorcher Marsyas.

Carle Van Loo fait partie de la génération de peintres comme Natoire, Boucher et Trémolières qui va dominer l’art français après la mort de François Lemoyne en 1737, dont ils adoptent sa palette claire et ses nudités voluptueuses.

1737 (32 ans). Il fut nommé professeur à l’Académie et travailla à une série de dessus-de-porte à sujets mythologiques pour l’hôtel de Soubise…

Saint Georges terrassant le dragon, 1741

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École de dessin, Dijon, 1766

Source principale de la chronique : extraits du site Apprendre à dessiner dans le siècle des Lumières, Tristan, université de Bourgogne.

« La première tentative d’établir une école de dessin à Dijon remonte au 19 janvier 1727. Jacques-Philippe Gilquin (1680-1761), peintre de son altesse le prince de Condé, propose l’établissement d’une espèce d’Académie où l’on dessinera à la lampe d’après la bosse les meilleurs modèles formés sur l’antique. Si Gilquin est autorisé à tenir école, l’initiative semble avoir végété au stade de leçons particulières.

C’est François Devosge (1732-1811), qui, après avoir dirigé une école de dessin privée (1764), réussit à institutionnaliser cette initiative (1766-1767), au moment où de nombreuses écoles de dessin se mettent en place dans différents villes (Rouen, 1741 ; Bordeaux, 1744 ; Reims, 1748 ; Aix, 1765 ; Saint-Omer, 1767 ; Arras, 1770 ; Douai, 1770).

Portrait de François Devosge par Pierre Paul Prud’hon, 1788, Musée des Beaux-arts de Dijon

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Le processus est donc le même que celui qui aboutit à la fondation de l’École royale gratuite de dessin, créée en 1766, ouverte en 1767 sous la direction du peintre Jean-Jaccques Bachelier (1724-1806).

En 1766, l’Académie avait ouvert un prix sur le sujet : l’utilité des établissements des écoles gratuites de dessin en faveur des métiers. Et Jean-Baptiste Descamps (qui avait ouvert à Rouen une école publique de dessin en 1741) remporta le prix et vit son ouvrage Sur l’utilité des établissements des écoles gratuites de dessein publié en 1767.

François Devosge nait à Gray en 1732 dans une famille de menuisiers et de sculpteurs. A quinze ans, il est placé dans l’atelier parisien de Guillaume II Coustou (1716-1777). Au bout de trois ans, menacé de perdre la vue, il est contraint d’interrompre son apprentissage. Opéré de la cataracte et affaibli physiquement, il est obligé de renoncer à la sculpture. En 1759, il entre dans l’atelier de Jean-Baptiste Deshays (1729-1765) pour y apprendre la peinture.

En 1760, Devosge est appelé à Dijon par Philibert Fyot de la Marche (1694-1768), ancien Président du Parlement de Bourgogne désireux de faire illustrer son Histoire de la législation française. Vers 1764, Fyot introduit Devosge dans une société d’artistes pour dessiner d’après nature. Devosge dirigeait la pose du modèle et était l’instructeur de cette réunion. Au bout d’un an, il transfère ces assemblées dans une maison, rue Chanoine. Il y fonde alors une école gratuite de dessin désormais ouverte aux enfants.

Cette entreprise est un succès et le nombre d’élèves passe de vingt-cinq en 1765 à quatre-vingt en 1766. Encouragé par son mécène, Bénigne Legouz de Gerland (1695-1774), grand bailli du Dijonnais, Devosge présente aux États de Bourgogne un projet d’établissement d’une École de dessin à Dijon. La requête est approuvée le 24 décembre 1766 et les Élus généraux de la Province attribuent à Devosge une somme de 600 livres pour l’année 1767. Ils  consentent à lui accorder par la suite un meilleur traitement, sous réserve que soit reconnue l’utilité de l’École de dessin. En 1768, les appointements sont fixés à 1800 livres, puis à 2400 livres en 1769 et enfin à 3600 livres en 1783.

Dans sa requête du 24 décembre 1766, Devosge résume ainsi l’importance d’une École de dessin : Le dessin ne s’applique pas seulement à la peinture et à la sculpture ; il est pour ainsi dire, l’âme de tous les Arts ; la menuiserie, la serrurerie ne peuvent être poussées à la perfection sans cette connaissance du dessin. Il est également essentiel aux manufactures d’indienne et de porcelaine qui s’établissent avec succès dans cette province. Le projet de Devosge est encouragé le 31 juillet 1767, à l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres. En janvier 1768, Legouz de Gerland favorise la réception de Devosge à l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon.

Rapidement, l’initiative de Devosge est rapprochée de l’École royale gratuite de dessin fondée par Jean-Jacques Bachelier (1724-1806). Ces deux établissements sont tous deux créés en 1766 et partagent le même intérêt pour l’enseignement des arts mécaniques. Le modèle de l’École de dessin de Dijon est imité à Beaune (1784) et à Macon (1785).

La biographie de Devosge se confond alors avec l’histoire de l’École de dessin, dont il est le directeur et l’unique professeur. Il assure seul la réalisation et l’achat des modèles pour l’étude. Les fonds de l’école comprennent différents dessins que Devosge exécuta à l’intention de ses élèves. Dès 1783,  les Élus accordent au professeur une somme de 400 livres afin d’augmenter la collection des meilleurs Ouvrages de l’art, dans tous les genres pour l’usage & à l’avancement des Élèves. Artiste laborieux (voir son Martyre de saint Marcel, église de Saint-Marcel-lès-Chalons), Devosge se veut un pédagogue attentif qui s’applique à donner les premiers principes avec tout le soin qu’il apporte à instruire les étudiants les plus avancés, & cela [sans causer] dans l’École ni confusion, ni découragement.

Pour l’enseignement théorique, Devosge se sert du quart d’heure de repos du modèle pour lire et expliquer des ouvrages de l’art. Son enseignement paraît avoir été solide et prudent. Chacun de ses élèves parvient à se forger une manière personnelle sans pour autant cesser de mettre en pratique les conseils du maître.

L’établissement est ouvert du premier Novembre jusqu’au premier Mars, depuis cinq heures du soir jusqu’à sept heures & demie ; et le reste de l’année depuis quatre heures du soir jusqu’à six heures et demie. Il accueille quelques cent-cinquante élèves. 

L’enseignement est organisé en six puis en huit classes : de peinture d’après nature ; sculpture d’après nature ; dessin ou modelage d’après la bosse ; dessin de la figure (têtes et autres parties du corps) ; sculpture d’ornement ; dessin d’ornement ; dessin de figures entières d’après les dessins du directeur et classe des débutants, dits commençants.

Paradoxalement, malgré son succès et ses prestigieux protecteurs, l’École de dessin demeure longtemps sans local fixe. Elle fut tout d’abord installée dans la galerie de Bellegarde au Logis du Roi avant d’être transférée dans la salle des Festins (actuelle Salle de Flore dans le Palais ducal). Mais, tous les trois ans, la tenue des États l’oblige à déménager au couvent des Cordeliers. En 1781, les États décident de la construction de l’aile occidentale du Palais, qui sera réalisée de 1782 à 1787 par l’architecte du prince de Condé, Charles-Joseph Le Jolivet (1727-1794). L’École de dessin ainsi qu’un musée sont alors implantés dans ces nouveaux locaux.

Durant les années troublées de la période révolutionnaire, Devosge réussit à maintenir l’École de dessin. En 1790, celle-ci prend le nom d’École départementale et se retrouve alors soumise à l’autorité du Département de Côte-d’Or. En 1795, elle devient Classe de dessin de l’École centrale, en 1802, École spéciale de dessin, avant de devenir l’École nationale supérieure des Beaux-arts.

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Condé, Gouverneurs de Bourgogne

Source 1. La maison de Condé (Wikipédia). Liste des cinq gouverneurs de Bourgogne qui se succèdent de 1659 à 1789.

Pierre-Paul Prud’hon, 1786-1787. Plafond à la gloire du Prince de Condé, gouverneur de Bourgogne, Musée des Beaux-arts de Dijon. Diaporama de 9 photos.

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1659-1676. Prince de Condé dit le Grand Condé. Le traité des Pyrénées de 1659 lui assura le pardon royal et Condé recouvra le gouvernement de Bourgogne.

Le passage du Rhin par l’armée française sous le commandement du Grand Condé en 1672, peinture de Bénigne Gagneraux, Musée des Beaux-arts de Dijon, 1790. Diaporama de 8 photos.

1676-1709. Henri-Jules de Bourbon, Prince de Condé, dit Monsieur le Prince.

1709-1710. Louis III de Bourbon, Prince de Condé.

1710-1740. Louis-Henri, duc de Bourbon, Princ de Condé, dit M. le duc, surnommé  vice-roi de Bourgogne.

1740-1754. Paul-Hippolyte de Beauvillier, duc de Saint Aignan qui assure à titre intérimaire la charge de gouverneur.

1754-1789. Louis-Joseph de Bourbon, Prince de Condé, dernier gouverneur de la province.

Parade des régiments de Condé à Strasbourg entre 1779 et 1781, Musée historique de Strasbourg.

Diaporama de 8 photos.

Source 2. Le Gouverneur

« Le premier maître de la province au nom du roi est le gouverneur. Depuis le XVIIème siècle, les gouverneurs de la Bourgogne sont presque tous issus de l’illustre famille des Condé, premiers princes du sang. En théorie, ils contrôlent les forces militaires, avec l’assistance d’un commandant en chef, de la milice, qui est une sorte d’armée de conscription, et de la maréchaussée. En réalité, leur pouvoir réel dans le domaine militaire est limité. En effet, la Bourgogne, qui n’est plus une province frontalière, accueille peu de troupes à cette époque.

Le Gouverneur n’a pas le droit de résider en Bourgogne. Il n’y vient que tous les trois ans pendant quelques semaines. Il représente la région auprès du roi et intervient souvent à Versailles dans les services et dans les ministères. Il contrôle la nomination de nombreux fonctionnaires, les officiers, et indirectement, par l’influence qu’il exerce sur les États, des maires et des échevins. Rien d’important ne se fait en Bourgogne sans le gouverneur, qui y est populaire ».

Source 3. Stéphane Pannekoucke, Des princes en Bourgogne. Les Condé gouverneurs au XVIIIe siècle, CTHS-Histoire, 2011. Compte-rendu de l’ouvrage par Marie-Anne Vandroy-Schaumasse. 

« Agrégé d’histoire, Stéphane Pannekoucke étudie la famille de Condé au XVIIIème siècle. Cet ouvrage est issu de sa thèse de doctorat, soutenue en 1997. Il pose la question du rôle du gouverneur dans la France du XVIIIème siècle mais aussi celles de l’exercice du pouvoir dans un pays d’états (la Bourgogne) et de la place de la haute aristocratie dans les rouages de l’État monarchique.

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