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1740. Belle-Isle, le vieux maréchal

1740-1761. Belle-Isle, le vieux maréchal. Suite de la chronique : 1733. Belle-Isle, Gouverneur de Metz.

Belle-Isle (1684-1761) est nommé maréchal de France en 1740. Il a 56 ans et il lui reste 21 années à vivre, dont 13 années de guerre.

Deux guerres mais la gloire militaire est finie pour lui. Mais il reste en Cour pour acquérir d’autres honneurs importants.

  • Chroniques à venir : Belle-Isle et les Académies,
  • Belle-Isle et l’Art,
  • Belle-Isle et l’extension et l’embellissement de Metz,
  • Belle-Isle, Blondel et la place d’armes de Metz.

La guerre de succession d’Autriche (1740-1748) est gagnée par la France, mais ce n’est pas grâce à lui. Le Maréchal Maurice de Saxe triomphe à Fontenoy en 1745. Au Traité d’Aix-la Chapelle (1748), Louis XV rejette toute annexion. Il en résultera deux phrases célèbres et insultantes : Faire la guerre pour le roi de Prusse, Bête comme la Paix.

La guerre de Sept ans (1756-1763) aboutit à une défaite de la France (perte de la plupart des colonies d’Amérique). C’est un échec cuisant pour Belle-Isle et pour Louis XV dont il est devenu ministre d’État (en 1756) et secrétaire d’État à la guerre (en 1758). Il le demeure jusqu’en 1761, date de sa mort.

De plus, son fils unique est tué au combat en 1758, à l’âge de 26 ans. Comment le père a-t-il vécu la mort de son enfant, rendue encore plus violente par l’absence de succession familiale au duché de Gisors et par la disparition du nom Fouquet dans les Grandes familles de la Cour.

A. Portraits

Source : extrait de la notice de l’Encyclopédie Universalis. « C’est un bon officier, un administrateur zélé qui transforme la ville et les fortifications de Metz, un grand seigneur de la Cour. En 1740, chef du parti de la guerre contre l’Autriche, il est nommé maréchal de France pour être envoyé en Allemagne comme ambassadeur et commandant des troupes françaises. Il préside fastueusement à l’élection impériale de Charles VII de Bavière, mais ses plans de dépècement de l’Autriche échouent comme ses opérations militaires. Duc de Gisors, grand d’Espagne et chevalier de la Toison d’or, prince du Saint-Empire, académicien français, ministre de la Guerre en 1757, il a réussi ; mais la guerre qu’il a voulue n’a rien apporté à la France ».

Source : extrait du blog Le Tisserand de Sayrac. « Le maréchal de Belle-Isle, dit Voltaire (ceci se rapporte à l’année 1741), sans avoir fait de grandes choses, avait une grande réputation. Il n’avait été ni ministre ni général et passait pour l’homme le plus capable de conduire un État et une armée ; mais une santé très faible détruisait souvent en lui le fruit de tant de talents. Toujours en action, toujours plein de projets, son corps pliait sous les efforts de son âme ; on aimait en lui la politesse et d’un courtisan aimable et la franchise apparente d’un soldat : il persuadait sans s’exprimer avec éloquence, parce qu’il paraissait toujours persuadé ».

 

B. 1740-1748. La guerre de Succession d’Autriche. Sources : extraits de l’article de Wikipédia.

« Lorsque l’empereur Charles VI meurt en octobre 1740, remplacé à la tête des possessions héréditaires des Habsbourg par sa fille Marie-Thérèse, Belle-Isle est à la tête du parti de la guerre. Il pousse le roi Louis XV et son ministre, le cardinal de Fleury à s’engager dans un conflit avec l’Autriche en soutenant l’électeur de Bavière Charles-Albert, cousin issu de germains de son épouse.

La guerre de Succession d’Autriche commence dès décembre 1740 par l‘occupation de la Silésie par la Prusse de Frédéric II, avec qui la France et la Bavière concluent une alliance en juin 1741.

Le 25 janvier 1741, à la mort de Chauvelin, Belle-Isle est nommé ambassadeur extraordinaire en près de la diète d’Empire (Reichstag), à Ratisbonne, pour soutenir l’élection comme empereur de l’électeur de Bavière (celui-ci sera élu seulement en janvier 1742, sous le nom de Charles VII).

Durant l’été 1741, Belle-Isle participe à l’offensive franco-bavaroise, d’abord vers l’Autriche où Linz est prise en septembre, puis la Bohême où Prague est prise en octobre.

Mais à partir de juin 1742, Marie-Thérèse ayant rétabli la situation, une armée autrichienne établit le siège autour de Prague et l’armée française doit renoncer à défendre la ville : le maréchal de Broglie  évacue un premier corps en septembre, le maréchal de Belle-Isle un second (14 000 hommes) en décembre. La retraite a lieu dans des conditions difficiles, mais il parvient à quitter la Bohême.

1746. Par la suite, Belle-Isle est chargé de défendre le Dauphiné et la Provence, que menacent les armées de l’Autriche et du royaume de Sardaigne.

1748. Le traité d’Aix-la-Chapelle met fin à la guerre de Succession d’Autriche ».

C. La guerre de Sept ans (1756-1763). Source : extraits de l’article de Wikipédia.

En 1756, Belle-Isle a 72 ans quand cette guerre mondiale commence en Europe, en Amérique, en Inde.

« La paix séparée conclue par les Prussiens en 1745 et leur alliance avec les Britanniques en 1756 ont fortement contrarié la France et, encouragé par sa cour (dont la marquise de Pompadour, favorite du roi), Louis XV se résigne à un renversement d’alliance pour abandonner la Prusse et s’allier avec l’Autriche. Ce traité d’alliance, signé en mai 1756 à Versailles, vise à contrecarrer la montée en puissance de la Prusse et met fin à plusieurs siècles d’inimitié avec Vienne.

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1733. Belle-Isle, Gouverneur de Metz

Biographie de Belle-Isle (1684-1761), de sa naissance à sa nomination comme gouverneur militaire de Metz-Trois-évêchés en 1733 (il le sera jusqu’en 1756 – chronique à venir), puis comme Maréchal de France en 1740. Il commence tôt la carrière militaire et en a franchi avec succès toutes les étapes.

Source 1. Extrait de la notice d’Encyclopédie Universalis

« Petit-fils du surintendant Fouquet, Belle-Isle est le fils de Louis Fouquet, marquis de Belle-Isle (1661-1738) et de Catherine Agnès de Lévis (1660-1728). Il est apparenté à la plus haute aristocratie française. Par sa seconde femme, une Béthune, il devient cousin issu de germains de l’électeur de Bavière et proche parent d’une multitude de princes allemands.

Un véritable métis social donc, ce qui explique sans doute une formidable ambition et la variété des moyens employés pour la satisfaire. Avec son frère, le chevalier de Belle-Isle, tout dévoué à l’aîné de la maison, il entreprend une longue ascension ».

Source 2. Extraits de Pierre d’Echérac. La jeunesse du maréchal de Belle-Isle (1684-1726), compte rendu par Cordey  Jean, Bibliothèque de l’École des chartes, Année 1909, 70, pp. 127-128.

« Belle-Isle étudie au collège de Sorèze en même temps que son frère, Louis Charles Armand Fouquet de Belle-Isle, qui sera par la suite son conseiller.

1701 (17 ans). Il entre aux Mousquetaires du Roi. Il se distingue sous Louis XIV dès le début de la guerre de Succession d’Espagne.

1702 (18 ans). Il obtient une commission de capitaine au Royal-cavalerie, dont sa grand-mère, la surintendante, acquitte le prix.

1705 (21 ans). Grâce à sa bonne conduite et à la générosité de Mme Fouquet, il obtient d’être mestre de camp d’un régiment de cavalerie. Il part aussitôt pour l’Italie. Il combat sous les ordres du duc de Vendôme, puis du duc d’Orléans, jusqu’à l’échec de Turin.

1708 (24 ans). Au siège de Lille, il donne la mesure de son courage. Il est blessé d’un éclat de grenade et gagne le grade de brigadier.

1709 (25 ans). Sa valeur réelle l’ayant fait connaître à la Cour, la rancune du roi contre Fouquet le grand père diminue. Mme de Maintenon s’intéresse au petit-fils et la charge importante de mestre de camp général des dragons lui est accordée.

1713 (29 ans). Portrait par Hyacinthe Rigaud

Catalogue raisonné de Hyacinthe Rigaud, Portraits

1715-1723. Sous la Régence, il cède Belle-Isle, terre qui ne rapporte rien, contre le comté de Gisors et d’autres domaines valant 80 000 livres de revenu annuel.

1718 (34 ans) à 1720. Il sert dans la guerre de la Quadruple Alliance. Son enthousiasme à combattre lui vaut le grade de maréchal de camp lors de la courte guerre franco-espagnole.

1721 (37 ans). Il épouse Henriette-Françoise de Durfort de Civrac (1678-1723).

1723 (39 ans). A la mort du cardinal Dubois puis du Régent, Belle-Isle, détesté, jalousé, et sans appui, compromis dans le procès de l’extraordinaire des guerres, tombe dans une complète disgrâce. Embastillé, la haine de la marquise de Prie le retint longtemps en prison. Il n’en sortit que pour l’exil.

1726 (42 ans). La chute du duc de Bourbon (et de la marquise de Prie) met fin à ses malheurs. La fortune lui revient. Il reprend  aussitôt à la Cour son rang, ses emplois et son appartement ».

Source 3 : extraits de Guillaume Lasconjarias, Garder la frontière.  Le comte de Belle-Isle dans les Trois-Évêchés, de la crise de 1727 à l’ouverture de la guerre de Succession de Pologne (1733-1738), Hypothèses, 2005/1, 8, pages 107 à 118.

1727 (43 ans). « Il est nommé commandant dans les trois évêchés (Metz). Il reçoit de Versailles un cadre d’ordres qui l’amène à se rendre dans la première semaine de mars à Strasbourg auprès de Du Bourg. Le maréchal a vu ses prérogatives militaires étendues sur la Franche-Comté et sur les Évêchés.

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Intendants de Metz au 18ème siècle

Suite des chroniques dédiées à l’Administration du Royaume de France au 18ème siècle.

Parmi les grandes fonctions administratives territorialisées, il faut distinguer :

  • l’Intendance (police, justice et finances), créée en 1635 par un édit de Louis XIII, à la demande de Richelieu pour mieux contrôler l’administration locale. Elle dépend, au niveau du pays, du Contrôle général des finances. il est fréquent qu’un Intendant soit nommé dans une généralité puis dans une autre. Chroniques du blog.
  • le Gouvernement militaire. Chronique du blog.

Intendant et Gouverneur n’ont pas de lien de dépendance hiérarchique entre eux, mais l’Intendant, vu ses domaines de compétences étendus, est considéré avoir une importance politique plus importante que celle du Gouverneur. Exception à la règle : à Metz, le Gouverneur, le Maréchal de Belle-Isle (chroniques à venir) a eu un influence décisive sur l’évolution de Metz, en particulier sur le plan urbanistique, ce qui ne figurait pas a priori dans la compétence d’un Gouverneur militaire.

Autres administrations :

Intendants de Metz au 18ème siècle. La Généralité de Metz est la circonscription des intendants de Metz, pays Messin et des Trois-Évêchés. Le siège est à Metz.

18ème Siècle. Liste chronologique des Intendants de justice, police et finances de la Généralité de Metz

5 mai 1700Dominique-Claude Barberie de Saint-Contest (2 novembre 1668-22 juin 1730)
seigneur de Saint-Contest, fils de Michel Barberie de Saint-Contest,
intendant à Limoges
conseiller au Châtelet par provisions du 21 décembre 1687 reçu le 14 janvier 1688,
conseiller au parlement de Paris le 25 août 1689,
maître des requêtes le 14 janvier 1696,
intendant de la généralité de Metz, frontière de la Sarre et Luxembourg (1700-1715).
Le 18 septembre 1715 il est conseiller au conseil de guerre (polysynodie),
conseiller d’État semestre le 26 novembre 1716,
maître des requêtes honoraire le 23 mars 1717,
ambassadeur au congrès de Cambrai le 1er février 1721,
conseiller d’État ordinaire le 25 février 1724

1716Louis-Auguste-Achille de Harlay de Cély ou de Bonneuil (4 février 1679-27 décembre 1739)
comte de Cély, fils de Nicolas-Auguste Harlay de Bonneuil,
intendant de Bourgogne en 1683
conseiller au parlement de Paris en 1696,
maître des requêtes ordinaire en 1707,
intendant de Béarn (1712-1716), il est nommé le 9 octobre 1715
intendant du département de Metz, frontières de Champagne, du Luxembourg et de la Sarre,
maître des requêtes honoraire en 1719,
conseiller d’État en 1723, puis intendant d’Alsace (1724-1728),
intendant à Paris en 1728

1721Jean-François de Creil de Bournezeau (1684-1762)
marquis de Creil, Bournezeau, baron de Brillac et autres lieux, fils de Jean de Creil, marquis de Creil-Bournezeau (1651-1709),
intendant à Moulins (1684-1686)
puis intendant à Orléans (1686-1694)
maître des requêtes,
intendant à La Rochelle (1716-1720)

1754
Antoine-Louis-François Lefebvre de Caumartin (1725-1803)
marquis de Saint-Ange, comte de Moret
maître des requêtes,
ancien président au Grand Conseil,
le 29 mars 1754 il était nommé intendant au département de Metz, frontières de Champagne du Luxembourg et de la Saare,
puis le 21 mars 1756, intendant en Flandre et y resta jusqu’en août 1778.
Chancelier et garde des sceaux de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis,
prévôt des marchands de Paris (1778-1784)

1756Jean-Louis de Bernage de Vaux
seigneur de Vaux
maître des requêtes,
intendant à Moulins (1744-1756),
intendant de la généralité de Metz,
grand croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis

1766Charles Alexandre de Calonne (20 janvier 1734-30 octobre 1802)
procureur du roi au parlement de Douai,
maître des requêtes,
intendant à Metz, puis intendant en Flandre le 13 mai 1778.
Il est appelé le 3 novembre 1783 pour être contrôleur général des finances. il le restera jusqu’en 1787
Chronique du blog, Calonne : réformer !

1778 – 1790Jean Samuel de Pont de Monderoux (1725-1805)
seigneur de Monderoux
maître des requêtes en 1755,
intendant à Moulins (1766-1777)

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Casanova, 30 ans en 1755

Giacomo Casanova (1725 – 1798). Bourreau des cœurs , par Pénélope Pélissier, Hérodote.net, avril 2021.

Extraits de la 1ère partie de l’article. « De tous les libertins de l’Ancien Régime, Giacomo Casanova est le plus célèbre. C’est au point que son nom est devenu un mot commun pour désigner un séducteur à la fois aimable et troublant. Sa vie exubérante, sa curiosité et ses talents ne sauraient cependant se réduire à ce cliché.

Giacomo Girolamo Casanova est né le 2 avril 1725 à Venise dans une famille de comédiens. Il est élevé par sa grand-mère dans un milieu de femmes et reçoit une éducation soignée.

Le jeune homme mène ses études avec sérieux. Il se consacre au droit et à la théologie de 1735 à 1742, obtient son doctorat à l’université de Padoue et se prépare à devenir abbé : il prononce ses vœux et officie à l’église San Samuele.

Après en avoir été chassé pour cause d’ivresse, il profite de la protection du sénateur Malipiero et du cardinal Acquaviva pour continuer à prêcher à Venise, Naples et Rome. Ses aventures féminines sont alors mises au grand jour ; il doit abandonner ses habits de prêtre pour se tourner vers une autre voie : celle d’aventurier ».

Casanova par Francesco Narici (source Wikipédia). Cliquer sur l’image pour l’agrandir

« Dès lors, Casanova enchaîne les petits boulots à travers le monde : marin, violoniste, (faux) guérisseur, il reçoit l’appui de la famille Grimani. Il joue beaucoup aux casinos et a des aventures avec de nombreuses femmes, 142 selon ses dires.

Contrairement à l’image laissée par le personnage de Don Juan, Casanova n’est pas un cynique ou un dominant. Chaque conquête renouvelle son désir et sa passion. Chaque rupture est ressentie comme un échec. Sans doute est-ce qui lui vaut d’être apprécié par les soubrettes comme par les princesses »… 

Lire aussi l’article de Wikipédia. Giacomo Girolamo Casanova

« Né le 1725 à Venise et mort le juin 1798 à Dux en Bohême. Aventurier, il est tour à tour violoniste, écrivain, magicien (dans l’unique but d’escroquer Madame d’Urfé), espion, diplomate, puis bibliothécaire, mais revendique toujours sa qualité de Vénitien »…

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1780. Paucton, père de la métrologie

Source : citations de Alexis Paucton (1732-1798), un mécontent, et un père de la métrologie scientifique moderne ; calculateur du Bureau du Cadastre de Gaspard Prony et pour la Connaissance des temps de 1794 à 1798, par Guy Boistel (Centre François Viète, université de Nantes), 12/03/2021. Publié dans Les procès-verbaux du Bureau des longitudes. Un patrimoine numérisé (1795-1932).

1732. Alexis Paucton est né le 10 février, en Mayenne près de Lassay, d’une famille très modeste. Remarqué par un ecclésiastique, c’est à partir de ses 18 ans qu’il fit ses études de mathématiques et de pilotage à Nantes où il dut manifester quelques talents. Puis il se rendit à Paris où il gagna sa vie en tant que précepteur.

1768. Il publie une Théorie de la Vis d’Archimède, peut-être destinée à concourir pour un prix proposé par l’Académie de Berlin.

1780. Il se fait très certainement connaître de l’Académie des sciences par son traité modèle, Métrologie ou Traité des mesures, poids et monnoies des anciens peuples & des modernes, dans lequel il défend l’idée d’une base métrologique commune partagée par les peuples anciens, idée forte de l’époque. En outre, Paucton suggère de rattacher les étalons métrologiques à des quantités prises dans la nature et propose un étalon de longueur lié de manière simple à la circonférence terrestre. Cet ouvrage forge la métrologie scientifique. Il est attesté que Lalande a contribué à cet ouvrage et l’a sans doute même encouragé.

1781. Il publie une Théorie des Lois de la Nature ou la Science des causes et des effets, suivie d’une dissertation sur les Pyramides d’Égypte dans lequel il poursuit ses considérations sur les normes de mesures antiques et tente de montrer que la coudée pharaonique se rattachait au degré de méridien terrestre.

La source du Bureau des Longitudes et la source Wikipédia ne mentionnent pas l’année de nomination de Paucton au professorat à Strasbourg. Elles divergent dans l’interprétation.

  • 1ère source. Ses qualités remarquables lui permettent d’obtenir une chaire de mathématiques à l’Université de Strasbourg.
  • 2nde source. Tous ses travaux améliorèrent peu la situation de Paucton ; il obtint seulement une chaire de mathématiques à Strasbourg.
  • Cette divergence est permise par une lacune documentaire : L’abbé Angot a fait faire des recherches infructueuses à Strasbourg par MM. Bezard pour y retrouver les traces du professorat d’Alexis Paucton.

1792-1793. La place de Strasbourg ayant été menacée d’un blocus par les Autrichiens, et le Magistrat ayant ordonné aux habitants de se pourvoir de vivres pour le temps du siège, ou de quitter la ville, Paucton, qui n’avait pas de quoi acheter des provisions d’avance, fut obligé de sortir de la ville avec sa femme et ses trois enfants.

Il se rend alors à Dôle où il trouve un emploi de précepteur chez un particulier dans des conditions déplorables qu’il fustige dans un opuscule intitulé Défense contre le citoyen F.

1794. Paucton se fâche avec son logeur qui veut le payer en assignats hors de cours, ce qui anéantit son salaire et le plonge dans une grande maladie.

De retour à Paris, il est recruté par Gaspard Prony pour calculer au Bureau du Cadastre dans l’ombre de Cornelier-Lémery et aux côtés des futurs calculateurs du Bureau, Jean-Baptiste Marion et Charles Haros.

1796. D’une certaine manière « père » de la métrologie moderne, évoluant au beau milieu de la révolution métrologique et de la réforme des poids et mesures, Paucton est dans la foulée élu membre associé non résidant de la section des Arts méchaniques de la 1ère Classe de l’Institut national, le 28 février 1796 (9 Ventôse an IV) et reçoit un secours de 3 000 francs de la Convention.

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Bertrand Tavernier aimait l’Histoire

Hommage à Bertrand Tavernier, mort ce jour, 25 mars 2021 ; il allait avoir 80 ans. Par ses films historiques, il nous a montré qu’il connaissait et aimait l’Histoire ; il nous a fait comprendre et aimer l’Histoire. Sa filmographie.

J’ai récemment publié une chronique sur son film Que la fête commence (1975, accessible aujourd’hui en VOD).

Dans son film, Bertrand Tavernier a mis en valeur six personnages historiques de la Régence qui a suivi la mort de Louis XIV en 1715. Les évènements mis en scène se situent dans les années 1719 et 1720.

Interview du cinéaste et des acteurs (Christine Pascal, Jean Rochefort, Jean-Pierre  Marielle, Philippe Noiret) sur leur rôle dans le film. Des extraits du tournage illustrent les propos dans un document INA d’une durée de 7’32.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Brève histoire de la Régence (1715-1723) :

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Gouverneur général ou particulier

Cette chronique fait partie d’une série sur l’Administration du Royaume au 18ème siècle. Lire la chronique sur la Genèse de l’Intendance.

A. Les gouvernements généraux et particuliers (source Wikipédia) étaient des circonscriptions militaires de l’Ancien Régime : chacune constituait une portion du royaume de France soumise à l’administration militaire avec à sa tête un gouverneur nommé par le roi.

Selon l’ordonnance de 1499, le gouverneur avait pour mission de tenir le pays à eux commis en sûreté, le garder de pillerie et visiter les places et forteresses.

Jusqu’au 16ème siècle, il n’existait que 12 gouvernements, mais par suite de démembrements ce nombre s’éleva jusqu’à une quarantaine.

Par ordonnance du 18 mars 1776, le roi Louis XVI distribua les gouvernements généraux des provinces, au nombre de trente-neuf, en deux classes :

  • La première classe comprit dix-huit gouvernements généraux, dont les titulaires percevaient chacun annuellement, soit en appointements, soit en émoluments, une somme de 60 000 livres ;
  • La seconde classe comprit vingt-un gouvernements, à chacun des titulaires desquels il n’était attribué que 30 000 livres par an.

Les dix-huit gouvernements généraux de la première classe étaient les suivants :

  • Gouvernement de l’Isle de France (chef-lieu : Paris) ;
  • Gouvernement de Picardie (chef-lieu : Amiens) ;
  • Gouvernement de Flandre et de Hainaut (chef-lieu : Lille) ;
  • Gouvernement de Champagne et de Brie (chef-lieu : Troyes) ;
  • Gouvernement de Metz et Pays messin, Verdun et Verdunois ou des Évêchés (chef-lieu : Metz) ;
  • Gouvernement de Lorraine et Barrois (chef-lieu : Nancy) ;
  • Gouvernement d’Alsace (chef-lieu : Strasbourg) ;
  • Gouvernement du Comté de Bourgogne (chef-lieu : Besançon) ;
  • Gouvernement du Duché de Bourgogne (chef-lieu : Dijon) ;
  • Gouvernement de Lyonnais, Forez, Beaujolais (chef-lieu : Lyon) ;
  • Gouvernement de Dauphiné (chef-lieu : Grenoble) ;
  • Gouvernement du Pays et Comté de Provence (chef-lieu : Aix) ;
  • Gouvernement de Languedoc (chef-lieu : Toulouse) ;
  • Gouvernement de Roussillon (chef-lieu : Perpignan) ;
  • Gouvernement de Haute et Basse Navarre et Béarn (chef-lieu : Pau) ;
  • Gouvernement de Guyenne et Gascogne (chef-lieu : Bordeaux) ;
  • Gouvernement de Bretagne (chef-lieu : Rennes) ;
  • Gouvernement de Normandie (chef-lieu : Rouen) ».

B. Source Encyclopédie Larousse.

« Commissaires institués par la royauté à partir de la fin du 13ème siècle dans les provinces frontières au-dessus des baillis et des sénéchaux, les gouverneurs étaient nommés par lettres de provisions temporaires et révocables. Issus de la haute noblesse, ils avaient des attributions essentiellement militaires. Aux 15ème et 16ème, ils accrurent leurs pouvoirs au détriment des officiers locaux et, lors des guerres de Religion, ils exercèrent toutes les prérogatives du roi dans leurs gouvernements. Henri IV et Richelieu réduisirent leur rôle. Dépouillés par Louis XIV de leurs pouvoirs, attribués aux intendants et aux lieutenants généraux, ils n’eurent plus qu’un rôle honorifique. Leurs charges furent supprimées le 22 décembre 1789« .

C. Source Encyclopédie Universalis (article de Solange Marin)

« Commissaire ordinaire du roi, le gouverneur chargé de le représenter dans une circonscription administrative appelée gouvernement. Créés au 15ème siècle, ces gouvernements étaient au 16ème au nombre de douze ; ils recouvraient les grandes provinces frontières et en fait la plus grande partie du territoire français, soit la Bretagne, la Normandie, la Picardie, la Champagne, la Bourgogne, la Bresse, le Dauphiné, la Provence, le Languedoc, la Guyenne, l’Orléanais et l’Île-de-France. Les gouverneurs répondaient à une nécessité : celle de maintenir l’ordre et d’assurer la défense des provinces pendant la période troublée de la guerre de Cent Ans. Chefs de l’armée, ils pouvaient en réalité intervenir en toutes occasions où l’ordre public, la sécurité des populations ou l’autorité royale étaient menacés. En raison de leurs pouvoirs militaires, ils étaient choisis exclusivement dans l’ordre de la noblesse.

 N’étant point propriétaires de leur charge, les gouverneurs sont révocables à tout instant, et les souverains ne se privèrent pas d’user de ce droit, surtout à partir du 17ème siècle, estimant que l’influence de ces hauts personnages contrebalançait la leur. Ils leur adjoignent des lieutenants généraux qui prennent le véritable commandement de l’armée, et Louis XIV leur interdit de résider dans leur gouvernement sans sa permission.

Ce sont les Intendants qui ont alors la réalité du pouvoir dans le royaume ainsi que la confiance du roi, et ce sont eux qui sont l’objet de l’hostilité des parlements. Au 18ème siècle, néanmoins, les parlements s’attaqueront aux gouverneurs et lieutenants généraux, comme en témoigne l’affaire de Bretagne ».

D. Bernard Barbiche, Les gouverneurs, in Les institutions de la monarchie française à l’époque moderne, 2012, pages 323 à 333.

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Classé dans AA. Histoire 18ème siècle, AF. Histoire 16-17èmes siècles, E. Droit et Sciences politiques, E. Economie Gestion

18ème. Administrer le Royaume

Administrer le Royaume de France. La monarchie ne peut se passer d’une administration et d’administrateurs. Quelles en ont été les principales évolutions au 18ème siècle, tout au moins avant la Révolution de 1789 ?

Problèmes contemporains évoqués : centralisation versus décentralisation, concentration des pouvoirs versus déconcentration. Au niveau territorial : tensions entre élus et représentants de l’État. Deux sources introductives pour le 18ème :

L’administration n’est pas encore unifiée au 18ème siècle. Elle garde les traces de l’histoire du Royaume : pays d’élection, pays d’État, pays d’imposition. Le 18ème siècle, c’est la volonté d’unifier le droit tout en n’attaquant pas de front les particularités locales. La volonté peut n’être que velléité.

Pays d’élection, Pays d’Etat, Pays d’imposition. Cliquer sur les miages pour les agrandir

Le Roi n’est pas seul. Conseillers, Contrôleurs généraux des Finances, Ministres et Secrétaires d’État font partie de son entourage proche ; ces fonctions politiques ont leur propre administration centrale. Je n’en ferai pas l’analyse pour l’instant.

La monarchie repose sur une société d’Ordres. Noblesse d’épée et de robe, Clergé, Tiers-État (bourgeoisie ou roture). Les fonctions administratives sont réservées à tel ou tel Ordre, mais il existe bien des exceptions. Les abbés, les évêques ou les archevêques n’ont pas tous été ordonnés prêtres ou l’ont été tardivement : le cas de l’abbé Dubois, premier ministre sous la Régence, est célèbre (chronique du blog : la carrière de l’abbé Dubois). Les gouverneurs peuvent avoir été anoblis en cours de carrière, en récompense de leurs succès militaires.

Dans les prochaines chroniques, je m’intéresserai à plusieurs administrations organisées au niveau du territoire (de la province ou généralité) ou de plusieurs territoires associés.

Je retiendrai six entités : les gouvernements, les armées, les intendances, les parlements, les évêchés, les communes. Leurs prérogatives font toujours l’objet d’édits royaux, enregistrés en Parlement. Le 18ème est un siècle de nombreuses réformes… qui peuvent être abolies au terme de quelques années seulement. La suppression de la vénalité des charges (offices) est une question récurrente dans la seconde partie du siècle.

Les personnalités à la tête de ces administrations territoriales sont toujours nommées et révocables, à deux exceptions près : celle des charges (offices) qui sont achetées et qui sont ou non transmissibles à la parentèle, et des élus qui constituent le magistrat municipal, qui possède d’ailleurs sa propre administration (le magistrat de Strasbourg subsiste aux côtés de l’administration royale jusqu’à la révolution – chronique du blog).

L’influence de chacune de ces administrations dans l’ensemble de l’organisation du Royaume et le rapport de forces entre elles évoluent au cours du siècle, et pas seulement en conséquence d’une réforme du droit. Les hommes qui sont à leur tête en modèlent les contours selon leur personnalité, leur histoire, leur ancienneté dans la fonction.

Ainsi l’Intendant, à la tête d’une généralité, a un pouvoir plus étendu que le Gouverneur dont les fonctions sont d’abord militaires… Il a plus d’influence car il couvre le champ des finances et de l’économie. Selon les estimations, la moitié des effectifs de toutes les administrations réunies concernerait les finances (recettes et dépenses). Chronique du blog : Turgot, intendant du Limousin.

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1719-1720. Que la fête commence (2)

Suite de la chronique dédiée au film de Bertrand Tavernier, Que la fête commence (1) : biographie de trois personnalités-clés de la Régence et plus particulièrement des années 1719 et 1720 : le Régent, Philippe d’Orléans, son principal ministre d’État, l’Abbé Dubois, le Révolté breton, le marquis de Pontcallec.

Cette seconde chronique présente les biographies résumées de trois autres acteurs importants de la Cour en 1719-1720 : le maréchal de Villeroy (1644-1730), le médecin Pierre Chirac (1657-1732), le financier John Law (1671-1729).

A. François de Neufville de Villeroy (1644-1730 mort à l’âge de 86 ans). En 1719, il est gouverneur de Louis XV, chargé de l’éducation militaire du roi (dans le film : scène de l’essai d’un nouveau canon léger, qui tourne au désastre).

« Marquis, puis 2e duc de Villeroy et pair de France (de 1675 à 1694), c’est un militaire français. Il est élevé à la dignité de maréchal de France au printemps 1693. Profondément présomptueux, il se révèle incapable de commander en chef. Dès lors, sa carrière militaire n’est qu’une accumulation de désastres comme au siège de Namur de 1695, à la bataille de Chiari en 1701, et en particulier à la bataille de Ramillies, en 1706, qui met à nu son ineptie.

Villeroy est chef du conseil royal des Finances et ministre d’État sous Louis XIV (1714), puis chef du conseil des Finances et membre du conseil de Régence (1715), et chef du conseil du Commerce (1716). Présentant peu de dispositions pour ces emplois, il n’y figure qu’à titre honorifique. De 1717 à 1722, il exerce jalousement les fonctions de gouverneur de Louis XV. Obstacle à la politique du Régent et du cardinal Dubois, il est exilé dans le Lyonnais de 1722 à 1724″.

B. Pierre Chirac, « né en 1657 et mort en 1732 à l’âge de 75 ans, est médecin du roi Louis XV depuis 1716. En juillet 1719, le Régent l’appelle d’urgence au chevet de sa fille, Marie-Louise-Élisabeth d’Orléans, duchesse de Berry. Mais Pierre Chirac ne peut sauver la jeune princesse. Mal relevée de précédentes couches, alcoolique notoire et prématurément usée par une vie dissolue, elle meurt dans la nuit, à l’âge de 24 ans. Elle était fille du Régent Philippe II d’Orléans et de Françoise Marie de Bourbon (1677-1749), fille de Louis XIV et de Mme de Montespan .

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1719-1720. Que la fête commence (1)

Que la fête commence, film de Bertrand Tavernier (1975) avec Philippe Noiret (le Régent), Jean Rochefort (l’abbé Dubois) et Jean-Pierre Marielle en marquis de Pontcallec, révolté breton.

Le film se déroule en 1719 et en 1720, à mi-parcours de La Régence (1715-1723). Louis XIV est mort en 1715. Louis XV, son arrière-petit-fils, est son successeur mais il n’a que 5 ans. La Régence est exercée par Philippe d’Orléans (1674-1723) ; Guillaume Dubois, dit l’Abbé Dubois parce qu’il avait été tonsuré dans son jeune âge, est son principal Ministre d’État.

Interview des acteurs (Christine Pascal, Jean Rochefort, Jean-Pierre  Marielle, Philippe Noiret) sur leur rôle dans le film. Des extraits du tournage et du film illustrent les propos dans un document INA d’une durée de 7’32.

Éléments contextuels pour la Régence, repris par Tavernier. De l’intérêt pédagogique d’un tel type de film !

  • un libertinage assumé par le Régent et l’abbé Dubois,
  • une contestation de la monarchie par la Bretagne (ses nobles et ses paysans),
  • des tensions au sein de l’Europe (l’alliance avec les Anglais et les Provinces Unies et la guerre larvée contre l’Espagne),
  • une éducation militaire du jeune Louis XV par l’incompétent Maréchal de Villeroy,
  • la création du papier-monnaie par John Law, la colonisation de la Louisiane et la course à l’enrichissement rapide et facile (c’est aussi le cas l’abbé Dubois dans sa conquête de bénéfices ecclésiastiques de plus en plus importants),
  • les médecins à l’œuvre, Pierre Chirac en tête.

Cette chronique est dédiée aux biographies résumées des 3 personnages historiques principaux

A. Le Régent Philippe d’Orléans (né en 1674) et l’abbé Dubois (né en 1656) ont une différence d’âge de 18 ans. Mais, hasards de l’Histoire, ils meurent tous les deux en 1723 (le premier le 2 décembre, le second l’a précédé dans la mort, le 10 août).

Louis XV est sacré le 25 octobre 1722. En février 1723, à 13 ans et un jour, il devient  majeur, et la Régence cesse. Philippe d’Orléans continue d’assurer la réalité du pouvoir, d’abord au travers du cardinal Dubois, principal ministre. A la mort de Dubois (22 août 1723), il se fait nommer principal ministre par Louis XV, qui a pour lui la plus vive affection.

Le 2 décembre 1723, Philippe d’Orléans meurt lui aussi. Lui succède l’impopulaire duc de Bourbon, son neveu, chef d’une autre branche cadette de la famille royale et petit-fils de Louis XIV par sa mère, une autre fille légitimée que le feu roi avait eu de madame de Montespan.

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